« On se construit, on se déconstruit, on essaie, on rate, on refait. »

par Lorely



CHAPITRE HUIT

« ON SE CONSTRUIT, ON SE DECONSTRTUIT, ON ESSAIE, ON RATE, ON REFAIT. »






DOSSIER NUMERO 010125

Séance du 13/09/2016 15:10-16:17

Capitaine Orochimaru YAMAGUCHI, Lieutenant Jiraya GAMMA, de la brigade du Commissaire Hiruzen SARUTOBI.

Docteur Tsunade SENJU.

Remarque(s): Ne semble plus suspect.


Retranscription de la deuxième séance.


Ça fait deux semaines qu'Hinata est morte.

Dix jours qu'elle est enterrée.

Sept depuis le début de votre enquête.

Et pourtant, depuis sa disparition, j'ai l'impression d'avoir juste battu des cils.

Ce me fait beaucoup réfléchir tout ça. Faut dire que j'ai le temps pendant mes insomnies d'y penser. Je dors plus beaucoup, ou plus du tout. Hier encore, il était trois heures du mat', et je buvais du café et c'était comme si je mangeais mes cigarettes. Et j'ai pas pleuré. Parce que je dois être vide, creux. Je pleure plus parce que je n'ai plus de stock. Plus de sentiments. Plus d'émotions.

Ça me fait tout drôle qu'Hinata soit morte. J'ai l'impression que c'est pas vrai, que c'est une blague. Hinata a toujours été là. Elle a toujours été ce pilier solide. Je lui parlais pas souvent, mais sa présence apportait quelque chose au groupe, quelque chose de paisible et de maternel.

Ouais, c'est ça. C'était notre maman, Hinata. Et depuis deux semaines, on est orphelins.


[Pause de quinze minutes.]


Bref, comme je vous l'ai dit, je sortais avec Karin depuis le mois de Septembre. Depuis le trois, précisément ; c'est elle qui m'a forcé à retenir la date. C'est aussi mon code pour déverrouiller mon portable, et aussi le sien en fait.

Je vais vous abréger un peu, mais pour vous résumer ; ça s'est rapidement fini avec Sakura. En fait, au Nouvel An, Naruto et Hinata se sont embrassés à minuit. Alors dans la matinée, quand il faisait encore noir, j'ai pris mon courage à deux mains et j'ai tiré Sakura à l'extérieur. Je sais plus trop ce que je lui ai dit, je crois que j'ai juste été sincère. Je lui ai raconté que moi j'avais jamais approuvé cette mise en couple, et que tout ça ce n'était qu'un masque. Elle voulait compenser Sasuke, elle voulait le remplacer. Mais j'étais qu'un pansement moi, et ça guérit pas. On s'est séparés d'un accord commun. Elle s'est même excusée.

Et là, devinez quoi ? Karin qui débarque le lendemain et raconte qu'on est en couple ! Heureusement j'ai tiré la situation à mon profit, disant que c'était une blague mais je l'ai échappé belle.

En janvier, la vie reprenait son petit train tain habituel.


[Silence pesant.]


Je dois vous dire un truc...

Je vous ai un peu menti. Plus ou moins volontairement.

J'me suis déjà retrouvé seul avec Hinata. Je m'en souviens, il faisait vachement froid. J'avais mis des jolies chaussettes en laine, avec plein de couleurs. J'avais envoyé la photo à Karin qui m'avait répondu en me montrant ses propres chaussettes. J'avais pouffé et puis j'étais descendu dans le salon du Nothing Hill, parce que j'habite juste au dessus. J'avais un cahier de maths à la main ; je voulais faire croire à mes parents que je révisais.

Tu pars déjà ?

M'a dit mon frère alors que j'allais à la porte.

Comme je tirais une drôle de tronche, il m'a pointé le fond de la salle avec son pouce. Parmi toutes les chaises empilées sur les tables et les chansons acoustiques qui tournaient, se tenait Hinata. Même si elle portait un gros pull de Noël et ses bottes à ponpons, elle me semblait vraiment petite. Minuscule. Elle m'avait pas vu ; elle était penchée sur un cahier. Son bic au capuchon mordillé bougeait au rythme de son écriture, et sa frange lui gâchait la vue parce qu'elle n'arrêtait pas de la remettre en place.

Alors j'ai fait un chocolat chaud que je lui ai apporté avant de m'asseoir à côté d'elle.

T'as une vie Hinata, des fois ?

Elle a pas répondu. J'ai poussé un peu plus le chocolat vers elle, et mon épaule a touché la sienne. Et ça, malgré nos couches de vêtements. Je ne quittais pas ses cheveux du regard parce qu'ils me fascinaient. Elle, elle n'arrêtait pas d'écrire. On aurait dit que la bille de son stylo griffait le papier. Il le grattait pas, non, c'était plus agressif que ça. C'était en contraste avec la souplesse de ses mèches sombres qui s'entortillaient maladroitement devant son visage, ou derrière son oreille, ou en tombant sur son épaule. On aurait dit une cascade.

Hé, Hinata, t'es devenue sourde ? Aveugle ? Ou alors je suis mort et tu ne vois pas mon fantôme !

J'ai rigolé à ma blague mais me suis tout de suite stoppé en remarquant enfin ce qu'Hinata écrivait depuis tout à l'heure.

Je l'ai pris en photo quand elle est partie aux toilettes. Tenez.


[Il nous tend son téléphone. ]

[ La photo révèle une page de cahier où un mot est répété en continu : H E L P (Cf.annexe) ]


Sur le chemin pour aller à l'école, j'ai essayé de lui en toucher deux mots, mais elle a pris les devants.

Dis, Suigetsu... Tu ne diras rien de ce que tu as vu, n'est-ce pas ?

Pourquoi ? Quelque chose ne va pas Hinata ?

J'ai voulu poser ma main sur son épaule mais elle a reculé. Il y a eu un blanc avant qu'on ne reprenne notre route. Nos pieds dans la neige faisaient scroutch scroutch.

J'ai besoin de... réfléchir.

Elle hésitait. Plus que d'habitude. Puis elle a levé les yeux vers le ciel, des cristaux dans le regard. Sa voix craquait.

Par quoi est-ce qu'on est défini ? Qui sommes-nous vraiment ?

Elle a laissé flotté ses questions qui ne m'atteignaient absolument pas avant de rire tout bas, tout en baissant la tête. Elle a enfoncé un peu plus son bonnet orange sur ses oreilles. J'ai remarqué que c'était le bonnet de Naruto, et j'ai trouvé ça vraiment mignon. J'ai pensé à Karin qui portait mes t-shirt pour dormir et s'inventait un style avec mes pulls. J'ai pensé à Karin et comme à chaque fois que je pensais à elle mon cœur s'est remis à bouger. Je le sentais jamais vivre, mon cœur. Mais quand cette crétine de rouquine revenait dans ma tête – parce qu'elle y restait souvent, ce fichu organe me rappelait sa présence en gigotant dans tous les sens.

Bon.

Hinata a alors repris notre conversation alors qu'on s'approchait des grilles du lycée.

Hé, Suigetsu... Tu me définirais comment ? Non, laisse-moi reformuler...

Elle a tapoté son menton avec son index. Ça aussi c'était mignon.

Si tu devais me présenter à quelqu'un, tu dirais quoi ? « Voici Hinata Hyûga, une amie, elle est ... » ?

Alors déjà je dirais plutôt : « Voici Hinata, c'est une de mes meilleures amies ».

Elle a sourit. Ses joues étaient rouges.

Et je finirais par... « Elle est gentille ». Je suppose. Ouais, je dirais ça, elle est gentille. Et si vraiment tu ressens le besoin d'être complimentée je continuerais par : elle est intelligente, sérieuse, appliquée, douce, et on peut vraiment compter sur elle !

Et c'est à ce moment-là que j'ai dit exactement ce qu'Hinata ne voulait pas entendre ;

Bref, voici Hinata, une des mes meilleures amies, et tu es parfaite.

Elle a grimacé un genre de sourire avant de chercher une cigarette dans ses poches, un peu précipitamment. Comme si il lui fallait sa dose, maintenant. Là. Tout de suite. C'était bizarre, parce qu'Hinata ne fumait jamais d'elle-même. C'était surtout si on lui proposait une fin, ou si tout le monde s'en grillait une. Ça me faisait toujours bizarre de voir toute cette fumée sortir... Non attendez j'ai plus joli comme mot... Émaner. Ouais, ça me faisait toujours bizarre de voir toute cette fumée émaner de sa bouche. C'était comme si Blanche-Neige se grillait un joint ; le tableau était improbable.

Donc je n'ai pas le droit à l'erreur ?

Ça sonnait presque comme un reproche.

Bah non...

J'ai alors voulu changer de sujet et c'est vraiment là que je l'ai achevé, sans m'en rendre compte bien sûr parce que je suis pas une lumière ;

Au fait, ça fait un moment que tu nous a pas invité à tes entraînements. T'as pas une compétition ? Hinata sans patinage, c'est plus vraiment Hinata !

J'ai vu à son expression qu'elle m'aurait tué sur le champs, et c'est quand elle est partie en écrasant son mégot que j'ai compris ; son regard assassin il était pas pour moi, il était pour elle.



C'est horrible qu'une personne meurt, mais ne disparaisse pas entièrement. Hinata, par exemple, a laissé derrière elle un numéro de téléphone. Et j'en ai marre de l'appeler parce qu'à chaque fois j'ai une sensation de réalité, j'ai vraiment l'impression qu'elle va décrocher. Mais non, j'ai juste son répondeur, et j'écoute encore et encore sa voix comme si elle vivait toujours. Et puis je dois laisser un message.



Le midi j'allais manger chez Karin, si j'avais assez de temps. C'était le cas le mardi. Alors ce jour-là, comme c'était un mardi, j'suis allé manger chez elle. Elle était de plus en plus affective, et aussi de plus en plus chiante. Elle n'arrêtait pas de me rappeler qu'on allait fêter nos six mois, que c'était ouf. J'ai jamais compris cette idée d'être autant heureux parce que ça fait un mois, six ou deux ans que t'es en couple. C'est la même chose avec une maladie, genre, « ouais super, ça fait un an que ma chimio est finie, sortons le champagne ! ». Vous me suivez ?

Bref j'étais chez Karin et j'avais acheté des paninis sur la route. On les mangeait devant sa télé en regardant une série, blottis l'un contre l'autre. J'avais sa crinière rouge contre le nez, et ça me faisait éternuer. Elle, elle en riait.

Hé, Sui d'amour.

Elle avait les pieds sur la table basse et la bouche pleine de miettes. Ça ne l'empêchait pas de parler. Rien ne l'empêchait de parler.

Tu peux m'expliquer un truc ?

A-t-elle a continué.

Oula, ça dépend quoi. J'peux vraiment pas t'aider pour les maths.

Elle a secoué la tête et s'est un peu relevé. Mes narines n'étaient plus bouchées par toutes ses mèches. Mais j'ai croisé son regard à travers ses verres de lunettes. Ses petits yeux noisettes perdus dans des épaisses paupières.

Tu ne m'as jamais vraiment donné de raison. Tu sais, tu veux pas que tes potes soient au courant pour toi et moi. Au début tu m'disais que t'étais pas sûr que ça allait être sérieux entre nous, mais ça va faire six mois. C'est du sérieux ça. C'est pour ça que j'ai pas pigé quand je t'ai mis mal à l'aise au Nouvel An.

Pour vous dire vrai, elle m'avait prise de court. Tout comme Hinata le matin même. Pourquoi les filles ressentent toujours ce besoin de tout questionner ?

J'ai jamais trop su pourquoi je voulais pas parler de Karin à la bande. C'était ma première copine alors je suppose que j'aurais dû sauter de joie, me vanter, bassiner mes potes avec ça, mais j'ai préféré être secret. J'en savais fichtrement rien, et je voulais pas avoir cette conversation. Parce que si je lui répondais, à Karin, que je savais pas, elle se lancerait dans de grands débats comme quoi il n'y avait plus de raison d'être terré, que la vie était belle. Bref, elle aurait été inutilement bruyante.

Je peux répondre plus tard à cette question ?

Elle a froncé les sourcils, pas très satisfaite de ma réponse.

Ok, euh... Si je veux pas en parler c'est parce...

Et là, j'ai dit une putain de connerie ;

– … C'est parce que j'ai un pote amoureux de toi !

Elle a écarquillé les yeux tout rond. Ses globes ont mangé ses paupières et ses cils ont disparu dans les plissures de sa peau.

Non ? Sasuke est amoureux de moi ?!

Cette capacité des filles à tout mal interpréter.

Comme je me disais qu'elle reverrait plus jamais Sasuke, ou qu'elle ne lui en parlerait pas, je me suis dit que je pouvais insister là-dedans.

Ouais. Et j'ai pas envie de lui faire du mal.

Et parce que je me sentais romantique et fleur bleue, j'ai pris les mains maigrichonnes de Karin dans les miennes, le bout de mes doigts heurtant dans l'élan sa collection de bracelets pendue à son poignet.

Et puis, je n'ai vraiment pas envie de te partager. T'es ma chieuse à moi.

Elle a fait une petite moue attendrie avant de pincer ma joue, comme une mamie gâteuse envers son petit-fils.

T'es vraiment trop choupinou quand tu t'y mets, Sui d'amour.

Par contre, vraiment, change le surnom.

Dis, quand les gens t'interpellent dans les rues, il disent quoi ? « Hé, Sui' » ?

Ouais, mais le rapport avec notre conversation... ?

Moi j'aimerais pas qu'on me donne des ordres...

– …

– …

– …

Elle s'est sentie obligée d'expliquer sa blague, ce qui la rendait déjà encore moins drôle.

Hé, Sui... Essuies... Tu piges ?

Je me suis tapé le front, et elle, elle a éclaté de rire avant de se blottir contre moi. Je sentais son rire vibrer tout contre ma poitrine. Alors j'ai pouffé aussi, et je lui ai dit qu'elle était trop nulle. Mais honnêtement, les mecs quand ils sont désintéressés, ils se contentent d'ignorer la nana. Alors quand je lui ai dit qu'elle était nulle, ça voulait dire : « je t'aime ».



Bref, vous me trouvez un peu niais là. Pas de ma faute, fallait bien que je vous explique tout ça, parce que quand on a tous commencé à s'faire la gueule, mais pour de vrai, c'était genre... Bah c'est revenu sur le tapis ce mensonge merdique. S'éloigner les uns des autres, c'était vraiment un truc de paumés. Quoique, aujourd'hui aussi tout le monde est paumé. Sasuke et Sakura, par exemple. C'est genre, ils s'aiment, mais pas trop, ou beaucoup trop, et ils ne savent pas le montrer, ou alors ils abusent des démonstrations d'affections. Et ils sont jaloux, et possessifs, ou alors ils s'en foutent. Enfin bref, leur histoire à eux deux c'est une saison des Feux de l'Amour.


On était assis dans le salon de Naruto. Sasuke n'était pas venu après les cours, parce qu'il boudait ou faisait son intéressant. Sakura n'était pas là non plus, parce que la vie valait moins le coup d'être vécue quand Sasuke n'était pas dans les parages, je suppose.

Tout était là pour que l'ambiance soit optimale, mais on s'ennuyait ferme. J'veux dire, d'accord y'avait plein de chamallows, et des chocolats chauds dans nos mains, et le salon de Naruto est hyper sympa avec toute la décoration, et les photos, et les couleurs, mais pourtant... C'était comme si... C'était comme si... C'est comme si y'avait le jaune sur les murs, l'orange dans les cheveux d'Hinata, l'arc-en-ciel de couleurs dans le paquet de chamallows, et pourtant tout paraissait gris. Ironique, non ?

On était assis comme ça ; affalé dans le canapé, il y avait Hinata, puis moi, puis Temari. Et juste en face, assis sur la table basse, Naruto. On aurait pu croire qu'on se faisait juger dans Koh-Lanta tiens. On avait tous un papier sur la tête avec un nom dessus, parce que c'est un jeu qu'on aime bien. Vous savez, être quelqu'un et devoir deviner qui est ce quelqu'un. C'est un peu la quête de tout le monde, non ? On cherche tous qui on est. Ce qu'on vaux. On se construit, on se déconstruit, on essaie, on rate, on refait.

Naruto, ou plutôt Pamela Anderson, était vraiment le plus concentré. Hinata, sur ma droite, se triturait les doigts et n'arrêtait pas de répéter les mêmes questions. Temari, sur ma gauche, mâchouillait le coin de son téléphone portable, comme hésitant à envoyer un message. Et moi je n'arrêtais pas de voir les mimiques de Karin dans celles de Naruto. J'avais un putain de mauvais pressentiment.

Est-ce que je suis une femme ?

A demandé Naruto.

Ouaip.

J'ai répondu.

Est-ce que je suis Sasuke ?

Il a rigolé mais Temari lui a jeté un oreiller, alors il a rit encore plus fort.

Etre une femme n'est pas une insulte, a-t-elle râlé.

Je sais, je sais, je vous taquine tous les deux.

Tous les deux ?

Toi, et Sasuke.

Il n'est même pas là...

Mais je suis sûr que le pauvre petit qu'il est dans sa chambre vient de ressentir étrangement de l'irritation. On est connecté lui et moi.

Temari a marmonné quelque chose qu'on n'a pas cherché à lui faire redire puisqu'Hinata accapara notre attention. Elle nous a demandé si sa mort avait été célèbre, parce qu'on lui avait dit qu'elle était morte. On a hoché la tête, parce que on sait tous comment a fini Claude François. Puis il y a eu un silence. Très long. Le genre de silence gênant qui est rompu par une toux forcée. C'est Naruto qui s'est coltiné la fausse quinte de toux avant de me donner un coup de pied dans le tibia.

Sui, c'est à toi.

Ha ouais ? Bah, j'en sais rien...

Pose une question, n'importe quoi.

J'sais pas... J'suis con ?

Oui mais tout le monde le sait. Pose une meilleure question !

J'ai fait un bruit de ventouse avec mes lèvres et Naruto a fini par se lever dans un soupir. Hinata, le voyant perdre patience, a bafouillé quelque chose pour relancer le jeu. Mais vous savez, avec sa petite voix aiguë, elle me faisait surtout pitié.

Est-ce que ma mort est célèbre ?

Non mais vous vous êtes vus ?

C'était Naruto cette fois. Il faisait les cent pas devant nous. Comme un père qui allait sermonner ses ados rebelles mais fainéants. D'ailleurs, entre Temari focalisée sur son portable et moi qui n'avait aucune motivation, on correspondait bien au cliché.

Naruto donc, les mains sur les hanches a soufflé longuement, expulsant sûrement tout l'air de ses poumons.

Vous ne suivez pas du tout le jeu ! Qu'est-ce qui se passe ?

Personne n'a osé répondre.

On se cache des trucs, c'est ça ? On se fait des cachotteries ? On ne se fait déjà plus confiance ? Je pensais que tout allait mieux depuis le Nouvel An !

J'suis désolée. Je ne peux vraiment pas en parler, a dit Temari.

Dans mon dos, la main d'Hinata a rencontré celle de Temari. A mon avis, elle ne pouvait pas en parler, mais elle l'avait déjà fait.

Naruto, je suis un peu fatiguée, excuse-moi, s'est trouvée comme excuse Hinata.

J'ai pensé à notre conversation de ce matin. Je me suis demandé si je ne devais pas en parler avec Naruto. Peut-être qu'il était au courant.

Et puis je me suis dit, comme un con, que ça n'était qu'une passe. Qu'elle était un peu triste. Parce que c'est bien connu, les gens un petit peu triste remplissent des pages et des pages d'un seul et même mot flippant. Je crois que je me voilais surtout la face.

Mais je m'en fiche de vos excuses, tout le monde a le droit d'être fatigué, et toi Temari t'as le droit de te taire, puisque tu ne sais faire que ça.

Elle s'est tendue à côté de moi.

Mais putain s'il se passe quelque chose concernant le groupe, ou qui vous concerne vous, parlez-en. Restez pas comme ça ! Bougez votre cul ! C'est quoi ? C'est le Bac ? C'est le DS de ce matin ? Celui de jeudi ? Un problème de famille, de cœur, de cul ?

Naruto, futur psy, j'ai ricané.

Mais ça n'a pas fait rire Naruto.

Ce n'est rien Naruto, ce n'est rien, a voulu le calmer Hinata. Tu as raison, reprenons le jeu. Alors, ma mort est-elle cél-

Mais non ta mort elle est putain de pas de célèbre !

On a tous sursauté. C'était la première fois que Naruto a haussé le ton. Et surtout sur Hinata.

Ta mort elle est pas célèbre parce que t'es tellement renfermée sur toi Hinata, t'es tellement à toujours t'occuper des autres plutôt que de toi que tu vas mourir rapidement. Et ça va passer inaperçu ! Parce que t'es déjà un fantôme Hinata, avant même de naître tu étais morte. Ta mort ne sera pas célèbre, tu ne seras pas célèbre, parce que tu t'es rien !

Hinata s'est levée. Elle a fixé Naruto dans les yeux.

Je m'attendais à de la casse. A ce qu'elle hausse le ton aussi. A des putains de cris. A des verres et des cœurs qui se brisent. A des gifles. A des larmes.

Mais il n'y a rien eu de ça.

Hinata a déposé un baiser sur la joue de Naruto. C'était très froid.

Et puis elle a pris sa veste et est partie.

Personne ne sait comment elle a calmé sa colère et épongé sa peine.

Naruto est resté immobile un instant, les yeux ronds, la bouche entre-ouverte. C'est Temari qui s'est levée et lui a foutu la claque qu'il méritait.

Qu'est-ce que tu attends crétin ?! Ne la laisse pas seule ! Va t'excuser !

Je... Je l'pensais pas Temari je te jure que...

Je sais. Comme d'habitude tu n'analyses pas tes mots. Allez grouilles-toi.

Il s'est exécuté. Une fois qu'il a claqué la porte, j'ai vu le dos de Temari se secouer de soubresauts. Je m'inquiétais à son sujet, et en même temps pas trop parce que Temari elle ne souffrait jamais. Mais elle ne disait toujours rien et c'est quand elle a tourné son visage vers moi, ses lèvres mordues à sang pour retenir ses sanglots et ses yeux humides qui empêchaient les larmes de couler, que j'ai compris que ce qui venait de se passer, c'était juste la goutte de trop. Que se taire devenait trop difficile.

Et puis en croisant mon regard elle a eu un petit ricanement triste et pathétique et s'est passé la main dans ses cheveux en désordre. Des veines rouges se traçaient sur ses globes, comme des coups de cutter dans une chair pâle. Et puis elle a reniflé avant d'anticiper ma question ;

Je ne te dirais rien Sui. Je suis désolée, je suis un peu tourmentée.

C'est le type à qui tu parles par texto ? Il t'as blessée ?

Elle a rit un petit peu et ça m'a rassuré. Elle m'a fait promettre d'oublier, mais j'avais croisé les doigts dans mon dos.

J'ai appris plus tard que Temari était dans le mal parce que son petit frère, Gaara, était à l'hôpital, tabassé par des gars de son bahut. Le truc c'est que, j'en suis sûr, ce jour-là je l'ai vu envoyer un texto à un destinataire qui s'appelait, j'vous le donne dans le mille ; Gaara.


***


J'aime bien Suigetsu dans cette histoire. Il est honnête et pur mine de rien, quoique un peu trop gentil et naïf mais bon... ! (décrit comme ça, j'ai l'impression que Suigetsu est totalement OOC mais cette histoire est déjà improbable alors...!)

Sinon je m'excuses déjà pour les éventuelles fautes et légères incohérences. J'ai un texte avec tous ce qu'on sait après la mort, et ce qu'on ne sait pas avant, et l'évolution de l'histoire, et de ce qu'on dit quand même, ainsi de ce qu'on ne se dit pas mais je me sens toujours un peu paumée parce que parfois c'est des détails, genre juste pour essayer d'entretenir le suspens haha x)

Bref, je vais vraiment essayer d'être plus régulières dans les posts aussi '^'

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Bisouilles ♥