« Elle s'arrête brusquement de parler. »

par Lorely



CHAPITRE SEPT

« ELLE S'ARRETE BRUSQUEMENT DE PARLER »






DOSSIER NUMERO 010124

Séance du 13/09/2016 13:03-13:59

Capitaine Orochimaru YAMAGUCHI, Lieutenant Jiraya GAMMA, de la brigade du Commissaire Hiruzen SARUTOBI.

Docteur Tsunade SENJU.


Remarque(s) : Nous essayons de la faire parler.


Retranscription de la deuxième séance.



[CAPITAINE YAMAGUCHI: Bien, mademoiselle Sabaku No, cette fois-ci nous aimerions débuter cette séance en vous posant une petite question.]


Bonjour, je vais bien, merci.

Quelle est la question ?


[CAPITAINE YAMAGUCHI: A vrai dire c'est plus une requête. Nous avons déjà interrogé la famille d'Hinata Hyûga mais avoir le point de vue de ses amis serait intéressant. Savez-vous comment cela se passait à la maison pour Hinata Hyûga?]


Mmmh... Il n'y a rien de particulier à dire à ce sujet... Le père d'Hinata, à cause de son travail, était un grand absent, et il était plutôt sévère avec ses filles. Je sais qu'Hinata ne travaillait pas vraiment pour elle mais plutôt pour son père, parce qu'elle ne voulait pas le décevoir. Il lui mettait un peu la pression mais sans le dire. Je vais illustrer mon propos ; le père d'Hinata n'était pas du genre à se pencher vers elle et à la réprimander d'un doigt accusateur sur un ton austère. Il ne lui disait pas ; « Hinata, tu dois être dans les dix premiers, ramène-moi non pas une bonne note mais une excellente note. Tu dois être la meilleure. ». Mais Hinata interprétait mal son comportement, je suppose. Parce que oui, il était peut-être autoritaire mais il n'était pas méchant. Il aimait... Aime énormément ses filles. Mais Hinata travaillait assidûment pour que son père soit fier sans n'avoir jamais compris que c'était son bonheur qui ferait la fierté de son père. Je sais qu'il était gentil parce qu'il l'enlaçait souvent, même si c'était maladroit. Il ne lui disait pas « je t'aime » mais « fais attention », « couvre-toi bien il fait froid dehors » ou encore « Ne rentre pas trop tard ». Ce genre de phrases, ça vaux bien plus qu'un « je t'aime ».

Quant à sa mère et sa sœur... Hinata était comme une maman pour Hanabi, alors pour compenser elle était une véritable enfant qu'il fallait choyer avec sa mère, qui est sans-emploi. Non, vraiment, ça se passait assez bien chez elle, je pense.


[CAPITAINE YAMAGUCHI : Donc la blessure qu'elle avait au visage lors de la période de Noël ne peut pas venir de la maison ?]


Une blessure au visage ? Quelle blessure au visage ?


[CAPITAINE YAMAGUCHI: L'un de vos amis a laissé échappé ce détail mais aucun d'entre eux n'a su le justifier correctement. La cicatrice en soi n'a rien de suspect mais votre comportement à ce sujet l'est.]


Je ne me souviens pas vraiment de cela... Vous savez, tout le monde se fait mal. Si je me faire un bleu en chutant, je ne vais pas en faire une enquête.

Au lieu de se focaliser sur des futilités, et si on reprenait notre récit ?

C'était un peu après la reprise des cours. Le mardi, ou le mercredi. On attendait un prof dans le couloir en jouant à un petit jeu. C'était Sasuke qui s'amusait avec Naruto. Naruto qui tenait la main d'Hinata, parce qu'ils étaient ensemble à ce moment-là. Depuis le Nouvel An, en fait, si ça vous intéresse...

Réfléchis bien Naruto, c'était une devinette. Un bus a vingt passagers au départ. Tu me suis ? Ok, au premier arrêt il y a trois passagers qui descendent et deux qui montent. T'es toujours là ?

Mh, ouais, c'est bon, répondit Naruto en roulant des yeux, signe qu'il comptait.

Bien, au suivant aucun passager ne monte mais dix descendent.

Ouais...

Ensuite trois montent et quatre descendent.

'tain c'est chaud. Ouais c'est bon je l'ai.

Et enfin, au suivant, cinq montent, et huit descendent.

Oula... Donc ça fait-

Combien il y a eu d'arrêt de bus ?

Naruto a écarquillé grand les yeux alors que Suigetsu, adossé contre le mur du couloir, éclata de rire. Sasuke se pinça les lèvres pour dissimuler son rire aussi alors qu'Hinata massait avec tendresse le bras de Naruto pour le réconforter.

Je sais plus, paniqua-t-il. Sept ?

Sept ? Tu vises large, se moqua Sakura.

Gnia gnia gnia, j'ai jamais été bon pour les devinettes de toute façon.

Hé, ça va faire presque quinze minutes. Le prof doit être absent !

On a regardé le reste de la classe qui en tirait les mêmes conclusions. Moi, j'ai jeté un coup d’œil à mon portable pour vérifier l'heure. Et si j'avais un texto.

Bon, moi j'attends pas plus longtemps. On va fumer ? Avança Suigetsu.

Mais si le prof arrive...

Et bah on sèche. De toute façon une demi-heure de cours ça vaux pas le coup.

Plutôt quarante minutes. Tu ne sais pas compter non plus, Sui.

Suigetsu tira la langue à Sakura qui l'ignora et saisit son sac. Tous les six on pris la direction de la sortie du lycée. Et vous savez quoi ? Il paraît que le prof est arrivé juste après notre départ, haha.

En tout cas j'suis peut-être pas bon en devinettes, mais y'a un domaine dans lequel tu crains aussi, Sui, reprit Naruto en remettant la lanière de son sac en bandoulière sur son épaule.

C'est sûr. Tu penses au quel ?

Les blagues.

Suigetsu ouvrit grossièrement la bouche large, faisant mine d'être offusqué.

Ta blague, comme quoi t'es avec Karin, c'était nul, expliqua Naruto.

Ha ouais, cette blague-là... C'est elle qui l'a lancée, pas moi !

Le sujet ne revint pas. Enfin, pas tout de suite.

Je vais aux toilettes, a dit Sakura.

Je te suis, annonça Hinata.

Bon, je fais le détour avec vous.

Les gonzesses... Incapables d'aller aux chiottes toutes seules, rit Sasuke. T'imagines si je disais : « je vais pisser » et que Suigetsu me disait : « ok, je viens avec toi ».

Haha, ça fait grave pervers ! A ri Naruto.

On s'est quand même éloignées toutes les trois alors qu'ils continuaient de se moquer. J'attendais à l'extérieur alors que mes deux amies … Pas besoin de vous dresser le tableau, vous comprenez plus ou moins ce qu'elles pouvaient bien faire à l'intérieur.

J'étais appuyée contre la tapisserie usée, jouant avec la roulette de mon briquet quand sa voix se fraya un chemin jusqu'à mes tympans.

Tiens, si ce n'est pas miss arrogante.

J'ai relevé les yeux vers lui, et puis contre toute attente, je l'ai salué d'un sourire. Il s'est posé juste à côté de moi, les mains dans les poches de son jean troué. Il devait avoir sacrément froid avec un trou pareil au milieu du genou. C'était assez minable comme style vestimentaire ; un jean qui paraissait vieux d'une décennie mais une épaisse écharpe en laine qui cachait son cou, son menton et sa clavicule. Son bonnet de Noël me manquait presque.

On est dans le même lycée depuis trois ans, et c'est seulement maintenant que je te croises dans les couloirs, a-t-il poursuivi.

Ça doit être le destin.

Il m'a donné un coup de coude, railleur. Il savait que je ne croyais pas au Hasard, à la Fatalité. C'était un des sujets de notre longue discussion du soir Noël. Parce que depuis cette rencontre, c'était comme ça avec Shikamaru ; on avait parlé jusque cinq, ou six heures du matin. Et puis il avait fallu partir alors on avait poursuivi notre nuit blanche en nous arrêtant au Nothing Hill, et on avait encore usé de notre salive jusque midi. On s'était quitté mais dès le lendemain matin j'avais reçu un texto de sa part. Pas un bête « Salut, ça va ? Tu fais quoi ? », mais un truc ridicule. Je crois que c'était une citation. Et on s'envoyait des messages, on se voyait parfois. On pouvait rire, tout comme on pouvait débattre. On n'avait jamais la même opinion mais on acceptait que celle de l'autre soit différente. C'était passionnant de lui parler. Je ne m'ennuyais pas, il arrivait toujours à me surprendre. Cela faisait environ un mois que je le connaissais, et je n'étais toujours pas lassée de lui.

Ça me faisait peur.

T'es pas en cours ? M'a-t-il demandé.

Oh, ça y est. On a épuisé tous les sujets de conversations et on va dans les questions nulles ?

Non, je m'intéresse à toi maintenant, c'est tout.

Parce qu'avant ce n'était pas le cas ?

Parce qu'avant je m'intéressais à ce que tu me disais. Maintenant c'est ce que tu vis que j'ai envie de connaître.

Je crois que j'ai rougi. Il faisait un peu froid dans le couloir. Peut-être quelqu'un avait laissé une fenêtre ouverte.

Il y a eu ce silence gênant pour nous tenir compagnie. Lui, il avait les mains dans les poches et se balançait d'avant en arrière avec, comme point d'appui, ses talons. Moi, je jouais un peu bêtement avec une de mes mèches de cheveux que j'entortillais. Décrit comme ça, le tableau aurait dû me mettre la puce à l'oreille par rapport à notre relation, mais je n'ai jamais été très douée dans ce domaine. Sasuke m'avait souhaité de perdre la tête. Et bien il avait de la chance, l'enfoiré, parce que j'avais déjà la sensation de me transformer en quelqu'un d'autre.

Heureusement, Shikamaru s'est raclé la gorge et a cassé ce foutu silence ;

Si tu veux, on peut parler de grands trucs. On peut se questionner sur notre existence, un peu comme le font les adultes, les philosophes, ou les adolescents défoncés.

J'ai un peu ri, alors que, honnêtement, je n'arrive toujours pas à trouver ce qui avait pu être drôle dans sa phrase.

Très bien monsieur le philosophe, quel est votre point de vue sur notre misérable existence ? Ais-je demandé en prenant des grands airs.

Et bien... si vivre était une erreur ? Tu sais, comme un bug dans le programme.

Là, il avait attisé ma curiosité. L'ambiance un peu joueuse était retombée pour laisser place à une aura beaucoup plus sérieuse. J'entendais les filles discuter dans les toilettes, dans notre dos. Elles n'allaient pas tarder à débarquer, et rencontrer Shikamaru. Je voulais le faire partir, parce que je voulais le garder pour moi, ne pas le présenter aux autres, mais je voulais aussi qu'il finisse sa pensée, qu'il me parle sans s'interrompre.

Qu'est-ce que tu veux dire ? L'ais-je alors relancé.

Je ne sais pas... Tu ne t'aies jamais demandé pourquoi est-ce qu'on dort autant ? Pourquoi est-ce qu'on a besoin de ces fameuses huit heures de sommeil pour être vraiment préparé pour la journée alors qu'un café nous tient en éveil durant un court laps de temps ? Si certains décrivent en plus la mort comme un long sommeil, on peut imaginer qu'elle est là pour nous apaiser, non ?

Sûrement...

Les sèches-mains ronronnèrent de l'autre côté. Les éclats de voix devinrent plus fort. J'avais le cœur dans les tempes.

Peut-être au final la question ce n'est pas « pourquoi dort-on ? » mais plutôt « pourquoi on se réveille » ?

Et lui qui philosophait, qui me donnait envie de m'accrocher à ses paroles, d'y répondre, de l'écouter jusqu'à plus soif.

C'est vrai ça, Temari, pourquoi est-ce que l'on se réveille si dormir nous fait du bien ? Pourquoi tu te réveilles le matin ?

La porte s'ouvrit à mes côtés.

Alors j'ai vaguement haussé les épaules avant de saluer Shikamaru d'un signe de main.

On en discute la prochaine fois ? Je dois y aller.

J'ai essayé de me la jouer cool et détendue, mais j'avais la sensation que mon corps dans son entièreté était compressé.

Tu fuis la conversation ?

A plus.

Je n'ai pas laissé le temps à mes deux univers de se rencontrer puisque j'ai planté Shikamaru dans le couloir, m'interposant entre Sakura et Hinata pour leur saisir le bras et partir dans la direction opposée, tournant le dos à Shikamaru.

Qui s'était ? S'intéressa Sakura.

Personne, ais-je répondu.



Je subissais donc cette vague d'émotions inconnues. Ce soir-là, j'étais allongée sur mon lit, à guetter un texto. A chercher une excuse pour discuter. A revoir son visage et ré-écouter sa voix en boucle. Ma mémoire était un enregistreur qui se plaisait à me torturer, à me repasser sans s'arrêter tout ce qui me plaisait, et aussi tout ce qui me déplaisait chez lui.

Et ce n'était vraiment pas le moment pour que mon corps déconne, j'avais déjà un gros problème sur le dos. Quelque chose dont je ne parlais jamais. Je crois seule Hinata a été mise au courant de cette histoire... En même temps, elle en était plus ou moins le cœur. On doit toucher un sujet qui vous titille là, n'est-ce pas ?

Hinata n'est pas intervenue tout de suite, pas trop... Enfin, vous allez voir. Je vais vous résumer.

Comme vous l'avait saisi, à cette période de l'année j'avais donc deux tourments ; premièrement, un garçon qui a l'air, en tout point, plutôt ordinaire, me faisait sentir extraordinaire. Secondement ; mon petit frère avait eu des ennuis.

Parlons brièvement de ma famille, vous le voulez bien ? A première vue, quand on nous observe de loin, on peut avoir cette impression ; mon père avec sa mâchoire carrée et son charisme destructeur renvoie cette image d'un père de famille dominant, qui n'exige de ses enfants que l'excellence. Il a la tête d'un grand chirurgien qu'on respecte ou d'un juge qui nous fait bégayer. On me dit souvent que je lui ressemble, à mon père. Ma mère, à côté, avec sa taille de guêpe et ses traits doux, a l'allure d'une femme au foyer qui se contente d'obéir au père, qui n'a pas son mot à dire et qui, de toute façon, ne préfère pas s'exprimer afin de ne pas froisser le patriarche. Mon petit frère, Kankurô, renvoie une aura rebelle. Un peu comme s'il était l'adolescent qui sèche les cours et casse des vitres pour qu'on le remarque. Et Gaara, mon autre petit frère, avec le noir autour de ses yeux, serait alors l'adolescent solitaire, un peu effrayé et en marge de la société.

Et bien perdu, nous ne sommes rien de tout ça. A vrai dire mon père est un véritable papa gâteau. Il n'a pas de travail parce qu'il ne supporte pas qu'on lui donne des ordres et n'aime pas en donner. Il ne sait pas vraiment s'adapter à un environnement qui n'est pas le sien. Ma mère, elle, est plutôt autoritaire. Avocate, elle a tendance à laisser son métier déteindre sur sa façon d'éduquer et, comme le dit l'expression, elle est celle qui porte le slip. Kankurô, lui, est plutôt mauvais à l'école mais travaille d'arrache-pied. Il a un seul ami mais c'est le meilleur qu'il n'ait jamais eu. Il est très manuel et adore créer. C'est pour ça que le système scolaire ne lui convient pas trop, ce n'est pas un intellectuel.

Gaara...

Quant à Gaara c'est un garçon très sociable. Je ne l'ai jamais vu seul une seule fois. Il est le genre de garçon vers qui on a envie d'aller. Plutôt mignon, d'après les filles, et assez cool, selon les mecs. Parce qu'il a toujours le mot juste, ne déborde pas de paroles inutiles, il est plutôt apprécié à l'école.

J'avais dit que je serais brève, et je vais vraiment essayer de l'être.

Mon père m'a donc appelé du rez-de-chaussée pour venir dîner et j'en étais bien heureuse ; ça allait m'occuper l'esprit. Parce que oui, Shikamaru a révolutionné mon comportement ; à chaque fois que je pensais à lui, j'étais incapable de faire quelque chose. Or, je pensais à lui tout le temps.

Ta mère arrive bientôt, ça s'est éternisé, m'a expliqué mon père quand je suis descendue.

Il était vraiment trop attachant dans ces moments-là ; comme il est plutôt petit, le faire d’arborer un tablier de cuisine et avec ses maniques sur les mains pour ne pas se brûler, il me donnait envie d'aller me coincer dans ses bras. Parce que, dans ce genre de situation, son charme fiévreux et ses épaules carrées sont vites dissipées. D'ailleurs, il n'y a qu'avec mon père que je suis tactile.

Kankurô était déjà à table et rigolait à un texto qu'on lui avait envoyé. Je me suis assise en face de lui.

Tu as mis la table ?

Yep sister, à toi la vaisselle.

Il m'a fait un clin d'oeil malicieux. Personne n'aime faire la vaisselle chez nous.


[Elle s'arrête brusquement de parler.]


Pourquoi je vous raconte cela, moi ?

J'ai dû m'emporter, excusez-moi. Ma petite vie familiale ne doit pas vous intéresser, et c'est tant mieux. Ce ne sont pas vos affaires.

Allons à l'essentiel.

Ce soir-là, après le repas, et après avoir nettoyé la vaisselle sale, j'ai enfilé mon perfecto et mon écharpe anis. Je chaussais mes baskets quand ma mère est apparue dans l'entrée. Son petit carré blond durcissait ses traits. Les bras croisés, elle me fixait de haut.

Où est-ce que tu vas jeune fille ?

Chez Hinata.

Elle a arqué un sourcil.

C'était faux, bien sûr. J'ai sorti le premier prénom qui m'était venu à l'esprit, et ce n'était pas plus mal. J'aurais pu dire Naruto, mais il n'aurait pas su me couvrir. Tout comme Suigetsu qui est peut-être loyal mais qui ne filtre pas ses paroles et en dit donc toujours trop. Je n'aurais jamais prononcé le nom de Sakura puisqu'elle est incapable de mentir et ma mère savait très bien qu'il y avait un malaise entre moi et Sasuke depuis les vacances de Noël. Certes, tout allait pour le mieux depuis le Nouvel An, ou plus précisément depuis que Naruto et Hinata s'étaient mis ensemble, mais je suis du genre rancunière et je n'avais toujours pas eu une conversation sérieuse avec Sasuke.

Donc Hinata, ce n'était pas plus mal.

A cette heure-ci ?

Oui, elle vient de m'envoyer un message. Ça ne va pas fort.

Et ça ne peut pas attendre demain ? Et puis dans mes souvenirs Sasuke est presque son voisin, il pourrait y aller lui.

Justement, Sasuke est le problème.

Ma mère a froncé les sourcils, peu convaincue avant de soupirer, vaincue.

Les adolescents... Très bien mais je t'amènes chez elle et tu dors là-bas. Si ça ne dérange pas ses parents.

J'ai acquiescé et envoyé un bref message à Hinata pour lui expliquer la situation. De ce fait, quand je suis arrivée chez elle, nous sommes montées dans sa chambre, elle a pris ma main et m'a sérieusement questionné ;

Bon, qu'est-ce qui se passe ? Il est presque vingt-deux heures Temari... !

Désolée, mais je devais vraiment sortir.

Ça ne pouvait pas attendre ?

Si. Mais je suis quelqu'un de pressée.

Comme je ne répondais pas, elle a fait la moue.

Dans quoi est-ce que tu t'embarques ?

Elle s'est assise sur son lit en se pinçant l'arrête du nez. Elle portait un pyjama à longues manches et le bas de son pantalon tombait sur son pied. Depuis la dernière fois que j'étais venue, une photo d'elle et Naruto s'était ajoutée sur son bureau bien rangé.

Heureusement que mon père n'est pas là, parce qu'il n'aurait pas toléré, a-t-elle poursuivi.

Je suis désolée, Hinata. Je vais y aller.

J'ai amorcé un mouvement vers la sortie, parce que ma mère était sûrement de retour à la maison depuis le temps mais Hinata a agrippé mes doigts doucement, quoique avec fermeté.

Je ne te laisserais pas partir. Je ne sais pas où tu vas, je ne sais pas ce que tu vas faire... Tu sais ce qui arrive aux filles à la tombée de la nuit, dis tu sais ce qui leur arrive ?

Il y a eu un silence. Je pense que je me suis de nouveau excusée mais je ne me suis pas libérée de l'emprise d'Hinata.

Temari, tu dois cesser cela ; être secrète ce n'est vraiment pas... Ce n'est vraiment pas chouette. Tu dois arrêter aussi de jouer les filles fortes et indépendantes, parce que tu n'es pas immortelle, tu n'es pas invincible. Tu es humaine, et il peut t'arriver beaucoup de mauvaises choses. Tu as le droit de te reposer sur nous. Tu as le droit de nous parler.

Hinata avait un peu ce don pour choisir les mots justes, les mots qui se faufilaient dans les coins sombres de notre esprit pour les extirper à la lumière du jour.

Tu te souviens de ce qu'on disait cet été ? Ais-je lancé. Du jeu qu'on avait inventé pour tuer le temps ?

Celui du Royaume ? Oui je m'en souviens...

D'habitude on se bat pour avoir la place du chef, mais ça vous a semblé naturel que je sois la Reine. J'ai été contre, je n'avais pas envie de diriger et encore moins d'être une pauvre Reine sur son trône, à me faire chier sous un soleil cuisant alors que vous vous amusiez.

Mais ?

Mais ça n'a pas été le cas du tout. Parce que comme tu le dis je suis forte, secrète, indépendante. Mais je ne le joue pas, je le suis vraiment. Alors laisse ta Reine gouverner, s'il te plaît.

Elle a lâché mes doigts dans un soupir.

Fais ce que tu veux... Mais envoies-moi un message toutes les heures. Et promets-moi que tu ne vas pas te mettre en danger.

Je l'ai embrassé sur la joue. Hinata était aussi une des rares personnes avec qui je n'avais pas peur d'être tactile.

Tu te fais peur pour rien, ais-je voulu la rassurer.

Est-ce que je peux t'aider au moins ?

J'ai réfléchi un court instant avant de me dire que oui, elle pouvait bien m'apporter son aide. Après tout, elle était la conseillère de la Reine.


Le bar était plutôt vide mais n'en restait pas moins bruyant. Un vieux morceau tournait en boucle, grésillant de temps à autre au même rythme que les ampoules à faible luminosité. La télévision transmettait un match de foot qui n'intéressait personne, à par peut-être les quelques adultes à la cravate défaite et au visage fatigué.

Je ne me sentais pas très rassurée dans ce territoire inconnu mais j'ai pris mon courage à deux mains et me suis adressée au barman ;

Bonsoir, je cherche Neji Hyûga.



Gaara se faisait harceler au lycée. Il a tenté de mettre fin à ses jours et à l'heure où je vous parle il est toujours inconscient à l'hôpital.

C'est arrivé le lundi soir, un ou deux jours avant cette fameuse soirée que je viens de vous raconter. J'avais alors décidé, à compter de ce jour où mon petit frère avait cherché à se tuer, de chercher ses harceleurs, de découvrir leurs identités. La piste commençait avec le dernier texto qu'avait reçu Gaara ; un texto de Neji Hyûga, le cousin d'Hinata.


***


On commence à entrer dans l'histoire qui est dans l'histoire... ! x)

J'espère que ça ne fait pas« trop ». Entre la cicatrice (même si je ne la trouve pas hyper omniprésente), le meurtre d'Hinata, et maintenant ça... C'est le problème quand il y a cinq personnages comme ça ; on ne peut pas toujours raconter la même histoire, etc. donc ça fait beaucoup d'intrigues d'un coup, non ?

J'espère que ça vous plaît toujours. Pour certains, visiblement, ça les étonne d'être toujours intéressés haha et j'ose espérer que plus on avancera, plus vous apprécierez !

N'oubliez pas de commenter, sinon je viendrais vous hanter dans votre sommeil.

Bisouilles !