«C'était comme si elle me soignait alors que je n'étais même pas malade. »

par Lorely



CHAPITRE SIX

« C'ETAIT COMME SI ELLE ME SOIGNAIT ALORS QUE JE N'ETAIS MEME PAS MALADE »






DOSSIER NUMERO 0101273

Séance du 13/09/2016 10:00-11:11

Capitaine Orochimaru YAMAGUCHI, Lieutenant Jiraya GAMMA, de la brigade du Commissaire Hiruzen SARUTOBI.

Docteur Tsunade SENJU.


Remarque(s) : Ne paraît pas suspect. A cependant besoin d'un suivi psychologique.



Retranscription de la deuxième séance.



Bonjour, vous allez bien ? Vous avez passé une bonne semaine ?

Moi j'ai envie de mourir, mais vous savez, on s'adapte. Heureusement que mes amis sont là. Heureusement qu'il y a la chaleur des bougies de Sasuke, la fumée des thés de Temari, le rose des cheveux de Sakura et les sachets de bonbons de Suigetsu. Heureusement qu'ils sont là. En s'envolant, Hinata a emporté une partie de mon cœur et sans eux, je serais entièrement vide. Vous auriez face à vous une loque. Une carcasse. Une charogne.

Ragoûtant, non ? J'espère que vous n'avez pas pris de petit dej. Quoique, je paries que vous êtes du genre à fumer une clope avec votre café avant de venir taffer avec la petite bande de bouseux que vous pensez que nous sommes. Je vous imagine bien à la pause de midi, parler dans notre dos, et rire de notre bêtise. Vous vous dites sûrement qu'on est cons, que vous savez que l'un d'entre nous a tué Hinata, que nier ne nous sauvera pas.

Bah, je m'en fiche pas mal de ce que vous pensez.

Dire qu'il y a une époque je me serais tenu droit face à vous, peut-être aurais-je été un peu trop enjoué, et je vous aurais épuisés. J'aurais été très attentif à vos remarques, du moins si elles m'avait parues être intéressantes. Je n'aurais pas été pas ce petit con qui vous énerve. Immature. Détruit.

Enfin bref, je vous disais quoi à la dernière séance ? Qu'avec Hinata, on avait découvert que Suigetsu et Sakura étaient en couple.

Honnêtement, je ne vais pas m'attarder là-dessus parce que leur couple s'est terminé deux semaines plus tard. Et puis j'ai discuté avec les amis. Je sais qu'ils vous ont étalés tout ce drama comme une épaisse couche de Nutella sur une minuscule tartine de pain.


[LIEUTENANT GAMMA: Détrompez-vous, votre version nous intéresse. Chaque vision est importante.]

[Il balaie l'air d'un geste de la main.]


Nan. Tout a été dit. Ils se sont mis ensemble, ça s'est mal passé. On a jamais vraiment compris pourquoi ce couple … comment on dit ? Insolite. Ouais c'est ça, on a pas compris pourquoi ces deux-là avaient fini ensemble. Enfin, si. On le savait, mais personne n'avait envie de parler des problèmes de confiance de Sakura, et du fait qu'elle avait besoin d'un remplaçant. Après avoir viré Sasuke de son cœur – tiens, encore une histoire de cœur ?, elle avait besoin de combler le vide. Et quoi de mieux que l'un de ses meilleurs amis pour cela ? Et Sui', on dirait pas, mais il est trop gentil. Il ne sait pas faire de la peine aux gens qu'ils aiment.


[LIEUTENANT GAMMA : Et pourquoi vous ne nous parleriez pas de cette cicatrice qu'avait Hinata Hyûga au visage ? C'était pendant la période que vous nous décrivez.]

[Il reste mutique un court instant avant d'éclater de rire. La suite est dite sur un débit rapide.]


De quelle cicatrice vous parlez ? Hinata a toujours été belle. Elle n'a jamais été abîmée ! Une poupée de porcelaine, c'était une poupée de porcelaine ! Je ne sais pas qui vous a dit ça, mais c'est n'importe quoi !

Et si on parlait de quelque chose de plus sympathique ? Je paries que vous mourrez d'envie de savoir comment Hinata et moi sommes devenus un couple !

C'était le Nouvel An et...


[Il se tait. Longtemps.]

[LIEUTENANT GAMMA : Mmh, Monsieur Uzumaki?]


Ha, oui, excusez-moi. Je pensais à un truc. Ça n'a pas d'importance.

Donc c'était le Nouvel An, et tout allait très bien ! Je passais une très bonne soirée ! J'étais entouré de mes amis et, même si au démarrage, la soirée s'annonçait catastrophique – pour les raisons que vous connaissez, au final on s'est bien amusé. En fait, maintenant que j'y pense, c'est à partir du moment où on est passé en 2017. Comme si on avait écrit un bouquin tous ensemble, et que la nouvelle année annonçait un nouveau chapitre. On a torché cette fin de 2016 en buvant un peu, et dans un univers assez faux. Ouais, le 31 décembre 2016 a été construit avec des sourires mécaniques, des rires creux, et des cigarettes à la chaîne. J'étais un peu dans cette ambiance là aussi. Je m'en souviens parce qu'il allait être minuit et on s'était déchaîné sur Just Dance. J'avais le score le plus misérable mais j'étais tout de même essoufflé.

On s'est retrouvé à trois dans la cuisine, avec Sasuke et Hinata. Je m'étais assis en face d'elle sans vraiment réussir à l'affronter du regard. Je sentais, à côté de moi, la présence puissante de Sasuke. J'avais l'impression que son silence me poussait à agir. Il n'avait pas arrêter de répéter toute la soirée des trucs stupides ; comme quoi je devais m'ouvrir, que je ne devais pas à avoir peur de lui parler, de me confier. Et c'est vrai que je m'étais plutôt renfermé.

J'avais cette sensation d'être dans une cage vraiment étroite, mais genre vraiment. Je pouvais à peine passer mon bras à travers les barreaux. Et plus les minutes s'égrenaient – tiens c'est joliment dit, non ?, plus les minutes s'égrenaient, et plus la prison rétrécissait.

Et quand on a crié Bonne Année, quand on a décidé de brûler le précédent chapitre qu'on s'était pourtant saigné à écrire tous ensemble, j'ai explosé la cage. Les lèvres d'Hinata étaient non pas la clé pour me délivrer, mais une putain de bombe pour faire péter ma prison. Alors mon instinct a pris le dessus, et j'ai oublié tous mes doutes, toutes mes peurs, toutes ses phrases de merde comme ; « tomber amoureux c'est dangereux », toutes les mises en gardes. J'ai oublié tout ça parce que, en embrassant Hinata, je les ai échangé. Mes tracas ont pris ma place dans la prison, et moi j'étais libre.

Ouais, aussi simplement que ça.

Bon, il y avait aussi une autre raison pour laquelle j'ai embrassé Hinata, mais honnêtement, j'ai pas envie de revenir là dessus.

Cette nuit-là, ou plutôt ce matin-là, le matelas a remué dans mon dos. Sasuke venait de se recoucher. Les rayons du soleil transperçaient timidement la véranda dans laquelle on s'était assoupis. J'ai été réveillé par l'insomnie de mon meilleur ami. Et, en ouvrant les yeux, j'ai croisé le regard d'Hinata. Elle aussi, avait été dérangée. Je lui ai pris sa main glacée et lui ai fait signe de se lever. Elle a hoché la tête et on a bougé jusque sur le seuil de la porte. On est resté à l'extérieur, contemplant la rue qui comatait. Elle s'est emmitouflée dans mon sweat. D'ailleurs, j'ai toujours trouvé ça ridicule les nanas qui portaient les fringues de leur mec mais, honnêtement, comme ça dans le brouillard, avec son visage pâle comme une lumière et mon pull trop large sur ses hanches généreuses, j'avais l'impression de lui avoir donné un petit bout de moi. Et qu'est-ce que j'étais heureux.

On s'est assis sur le perron et on s'est blottis l'un contre l'autre. Je sentais un peu la transpiration, la cigarette, l'alcool en trop, et toute cette nuit éprouvantable, et j'étais gêné qu'Hinata ait son nez fourré dans ce parfum. Mais elle n'a pas bronché.

C'est une très belle année, a-t-elle commenté dans un souffle cristallin.

Elle vient à peine de commencer.

Elle est merveilleuse.

Elle a relevé timidement son visage vers moi. Ses joues avaient rosies mais elle n'a pas flanché.

Tu es merveilleux.

J'ai fais un petit « anh » attendri, et pas très viril. Et puis je l'ai de nouveau embrassé, avec tendresse. C'était tellement naturel ! J'avais l'impression d'être en couple avec elle depuis ma naissance.

Qu'est-ce que tu as fait de ton grand discours ? J'ai dit, mes lèvres contre les siennes. Tu l'as mangé ?

Quel grand discours ?

Celui comme quoi nous six, ça doit rester six, pas quatre plus deux.

Elle s'est pincée les lèvres, embarrassée. A croquer, j'vous dit, à croquer.

Il y a une légère différence, a-t-elle finalement répondu.

Comment ça ?

Toi et moi, on n'est pas égal à deux. Toi plus moi, ça ne fait qu'un.

J'ai de nouveau miaulé. Et je l'ai encore embrassé. C'était génial de l'embrasser. C'était comme si elle me soignait, alors que je n'étais même pas malade.

Au fait, Sakura et Sasuke se sont retrouvés dans le jardin alors que tout le monde dormait. Plus ou moins, a-t-elle changé de conversation.

Vraiment ? Tu veux vraiment parler de ça ?

Elle m'a répondu en resserrant l'étreinte entre nous. Nos deux odeurs se confondaient. Je n'arrivais plus à savoir si c'était elle ou moi qui sentait le lilas.

Je suis un peu inquiète pour elle, a-t-elle poursuivi. Sakura est fragile, en ce moment. Quelque chose a dû se passer avec Sasuke pour qu'elle sorte avec Suigetsu. Et là, ils ne sont plus ensemble, et ils restent seuls juste après la rupture...

On s'occupera des gosses plus tard, non ?

J'ai embrassé son front. Enfin, sa frange éparpillée, plutôt.

Sujet plus joyeux ; et si on causait de Temari et de son impossibilité à lâcher son téléphone de la soirée ? Du moins au début ?

Toi aussi tu l'as remarqué ! S'est-elle exclamée.

Je paries qu'elle a un amant !

Temari ? Amoureuse ? Non, ce serait plus crédible qu'elle travaille pour les Services Secrets.

J'ai un petit peu ri avant de tousser. Le froid m'arrachait la gorge mais le corps d'Hinata si proche du mien me réchauffait.

J'ai envie de lui poser la question, j'ai repris. Mais je suis sûr qu'elle va m'envoyer bouler.

Depuis quand tu as peur d'être franc ? Depuis quand tu te refrènes ?

Temari me fait flipper, des fois. T'as raison, elle doit taffer pour le FBI.

Tu es bête, a-t-elle pouffé tout bas.

Elle a déposé un baiser sur ma joue.

On est restés blottis l'un contre l'autre un long moment...


[Silence. Il se voûte.]


Excusez-moi... J'ai besoin d'une pause. Je suis désolé.


[Interruption de la séance à 10:28]

[Reprise de la séance à 10:36]

[Il sent le tabac.]


Il s'est mis à neiger. Ou alors c'était de la pluie. En fait c'était trop discret pour être de la neige, et le bruit des flocons contre le carreau évoquait celui d'une toute petite averse. Mais c'était bien trop faible pour être de la pluie, et les gouttes étaient rondes et blanches.

Mais bon, on était content de cette demi-neige. On avait l'impression d'être un peu plus des enfants.

Je vous explique la disposition de mon rez-de-chaussée pour que vous compreniez la suite ; quand on rentre chez moi, on atterrit dans le salon qui est une pièce ouverte et sur-décorée. Si vous faites deux/trois pas et tournez la tête sur la droite, vous avez une vue sur la cuisine qui n'a pas de porte, juste un encadrement en placo. A votre gauche, à côté de la cheminée, il y a l'escalier fait de bois et tout au fond, la véranda.

Alors quand on est rentré, on avait une pleine vue sur la véranda où dormaient nos amis. Sauf Temari qui haussa les sourcils en même temps que nous en nous apercevant. Elle était assez étonnante, Tem, ce matin-là. Elle qui était toujours élégante malgré ses jeans, qui faisait attention à l'aura qu'elle dégageait et à la démarche qu'elle connotait, avait une sale gueule ce matin-là. Ses cheveux, pourtant toujours attachés, étaient un immonde champ de bataille blond et son rouge à lèvres n'existant plus que sur le contour de sa bouche était le sang provoqué par sa guerre capillaire. Elle n'avait que sa culotte qui ressemblait à un short pour habiller ses jambes et son sweat de la veille sur les épaules. Elle était un brouillon alors qu'on avait l'habitude de la voir en œuvre d'art.

Oh, vous êtes déjà clichés, a-t-elle chuchoté en nous apercevant.

J'ai jeté un coup d’œil à mon portable pour voir l'heure. Mouais, elle n'avait pas pioncé longtemps non plus.

J'ai répondu à un ou deux textos de bonne année, et à celui de mes parents qui me prévenait qu'ils rentreraient plus tard que prévu.

Temari s'est dirigée vers la cuisine et a fait bouillir de l'eau. On l'a suivie et puis Hinata lui a demandé ;

Pourquoi on est déjà cliché ?

Temari a tiré sur le bout de la manche de mon pull que portait Hinata.

T'es déjà en train de t'approprier ses fringues.

Il vaut mieux ça que l'inverse.

Elles ont rigolé alors que je m'imaginais dans un des cols roulés d'Hinata. Si la vision n'était pas top, imaginer son odeur tout contre moi avait quelque chose de réconfortant.

Temari sortit son téléphone de la poche ventrale de son pull avant de s'asseoir à ma petite table carrée, thé fumant dans une main.

Il s'appelle comment ?

Je la narguais tout en préparant des tartines. Hinata s'activait doucement à côté de moi pour mettre la table et servir le petit-déjeuner.

Qui ça ?

Ton amoureux.

Elle a levé les yeux de son écran, un sourcil arqué au dessus de son œil vert. Elle affichait son visage méprisant.

J'ai une tronche d'amoureuse ?

Qui sait ? On ne t'as jamais connu comme ça. Peut-être que toi, quand t'es in love, t'as l'air blasée.

C'est tellement de la merde l'amour que ça m'étonnerait pas, a-t-elle craché.

Puis, en nous regardant Hinata et moi, s'est rectifiée ;

Enfin, sauf pour vous. Regardez-vous, sur votre petit nuage duveteux et niais. Vous planez dans le septième ciel. J'ai hâte que retombiez sur la terre ferme.

J'ai pris la main d'Hinata dans la mienne.

Je ne la laisserais pas tomber, j'ai répondu.

Temari a haussé les épaules avant de souffler sur sa boisson.

J'étais à lécher le couteau de Nutella quand j'ai réalisé ce qui venait de se passer ; Temari avait détourné la conversation. Elle en était venu à parler de mon couple à moi, et je m'étais laissé avoir. J'allais reprendre mon interrogatoire mais Hinata s'est assise à côté de Temari et a repris une autre conversation ;

Tu as bien dormi ?

Pas trop, mais c'était prévu.

Hinata a ri tout bas.

Et toi ? Bien dormi ?

Non plus, mais je ne pense pas que c'était pour les mêmes raisons...

Ses yeux nacrés ont rougi en croisant mon regard, et mes joues ont commencé à me brûler. Alors je me suis installé aussi à table, versant du jus d'orange dans mon verre, l'air trop cool et trop décontracté. Vous savez, avec les épaules en arrière et secouant mes mèches blondes tel un surfeur à l'aise.

Naruto, tu trembles...

Ouais, mon corps trahissait les palpitements de mon cœur. La bouteille de jus d'orange claquait contre mon verre, alors j'ai décidé de boire au goulot, sous la grimace dégoûtée de mes deux amies (enfin mon amie et ma copine).

Puis je me suis étiré bruyamment.

Ha, j'irais bien réveiller Sasuke, juste pour le faire chier !

Il a flirté avec Sakura, alors fais toi plaisir, rétorqua Temari en lâchant son portable.

Alors toi aussi tu l'as remarqué ? J'ai dis en faisant les yeux ronds.

Sakura m'a marché sur les cheveux en se levant, évidemment que je les ais vu. Tu te rends compte, ils ont regardé un levé de soleil ensemble, c'est troooop romantique, a-t-elle grimacé d'une voix aiguë, sarcastique.

Ha non, je suis contre l'idée qu'ils se mettent ensemble, répliqua Hinata. Elle et Suigetsu viennent de rompre, ce serait vraiment nul.

Sasuke n'est pas amoureux de Sakura, ça n'arrivera pas, je l'ai rassuré.

Si tu crois que ça l'en empêchera... Sasuke est un connard, il abuse de Sakura, répliqua Temari. Il pourrait sortir avec elle, profitant de ses sentiments, pour une raison de merde.

C'est quoi pour toi une raison de merde ?

J'en sais rien ; il se sent seul et Sakura comblerait un vide inexistant. Ino lui manque encore alors elle la remplace, même si c'est un médiocre remplacement. Il a besoin de baiser et elle est disponible mais romantique.

Je suis pratiquement certain que Sakura est vierge.

Elle est peut-être vierge, mais elle est influençable, et ça c'est vraiment pas bon.

J'ai fais la moue. Temari avait raison. Bon, la vie intime de Sakura je m'en fichais pas mal. Sauf si ça devenait important, mais en général je n'avais pas vraiment envie de discuter de ça. En revanche, le comportement de Sasuke était un sujet sur lequel je pouvais débattre pendant des heures. Ce gars est vraiment paumé, et contradictoire aussi. Il serait parfaitement capable de blesser ceux qu'ils aiment alors que son but, justement, était de ne pas leur faire du mal. Il n'est vraiment pas doué sur le plan relationnel alors qu'il fait de son mieux. C'est pour ça qu'il a l'air égoïste, alors qu'il est vraiment altruiste. C'est juste que … il ne sait pas s'y prendre.

Je réfléchissais à tout ça quand on a frappé à la porte.

Quelqu'un à cette heure-ci, un lendemain de soirée ?

J'ai ouvert la porte et un sourire a éclairci mon visage.

C'était Karin.

Ça faisait vraiment longtemps que je ne l'avais pas vu !

Je ne l'appréciais pas trop Karin avant. C'est peut-être ma cousine mais elle vivait loin pendant notre enfance, alors je ne la voyais pas trop. Ses parents se sont posés pendant notre période de collège et bon... Vous connaissez les collégiens ? Elle était insupportable, et surtout, j'avais la sensation qu'elle m'avait volé mon meilleur ami.

Mais au lycée elle est devenue plus mature, et moi aussi, et depuis on s'entend super bien. Mais son lycée était dans une autre ville, et elle avait sa vie, alors on se voyait pas aussi souvent qu'on le voulait.

En tout cas, elle m'avait l'air déjà ultra pétillante, avec ses chaussettes hautes remontées jusqu'aux cuisses. Je l'ai prise dans mes bras sans réfléchir, trop heureux alors qu'elle riait tout contre moi.

Et là vous vous demandez pourquoi je vous parle de Karin, ma cousine. Vous vous dites sûrement que ça ne vaux pas le coup qu'on parle d'elle, que ça n'a pas d'importance, qu'il vaux mieux aller à l'essentiel. Et moi je vous détrompe ; Karin elle a été plus importante qu'on ne le croit. Sans elle...

Karin ! Quel plaisir de te revoir !

Hinata s'est précipitée vers la rouquine – parce que Karin elle a les cheveux rouges, et elles se sont serrées l'une contre l'autre. Temari l'a salué d'un vague « bonjour » peu convaincant.

Whoa Hinata, ça fait un p'tit moment dis donc !

Qu'est-ce que tu fais là ?

Tu devineras jamais quoi !

Karin a fait de grands gestes avant de s'asseoir à ma place, de boire mon jus d'orange et de finir ma tartine de Nutella. Elle a croisé une jambe sur l'autre et rejeté ses cheveux en arrière, totalement à l'aise dans mon environnement. Mais Temari ne s'attardait pas vraiment sur elle alors qu'Hinata était obnubilée par elle.

Donc je restais debout derrière ma cousine, comme un parfait idiot. Mais ça m'allait bien, parce que moi aussi j'étais complètement focalisé sur elle.

Non, on ne devinera jamais si tu nous dis rien.

J'ai été à cette soirée merdique, s'est-elle plainte en se léchant les doigts, on a bu du Fanta, on a joué à Action/Vérité et puis on s'est couché vers une heure du mat'. Bref, je suis déjà debout et c'est pour ça que je viens voir mon cousin préféré !

Je crois que Karin a d'autres cousins, mais j'suis pas sûr.

Et alors, c'est bon le Fanta, je l'ai charrié.

Je suis d'accord, Action/Vérité c'est de la merde, est intervenue Temari.

Laisse tomber, j'étais la seule à choisir Action parce que les aut' z'avaient les chocottes. Mais le truc le plus ouf qu'on m'a fait c'est : « embrasse sur la joue le garçon que tu apprécies le plus dans la pièce ! ».

Et... ?

On était dix. Huit filles, deux mecs, dont un pédé.

Tu trouves pas que le mot « pédé » sonne un peu comme une insulte ?

C'est ce qu'a dit Hinata en même temps que moi je disais ;

C'est ça d'être dans un ancien lycée catho !

Karin a rigolé très fort, parce que nos deux phrases se sont faites écho. Karin elle fait toujours tout très fort. Elle ne parle pas ; elle crie. Elle ne rit pas ; elle beugle. Elle ne se teint pas les cheveux en roux ; elle va jusqu'au rouge. Elle ne porte pas de petites soquettes mais des chaussettes hautes. C'est dans sa nature, c'est comme ça, il faut qu'on la remarque.

Hé, tu sais quoi, c'est mon pote gay que j'ai embrassé justement. C'est le seul qui en vaille la peine dans ct'école. Il est trop drôle parce que vers une heure du mat', quand on s'est couché, complètement défoncé au jus de fruits, il s'est glissé sous les couvertures avec moi. C'était trop drôle parce qu'on se foutait de la gueule des autres greluches.

Et puis elle a fini de mâcher ma tartine. Et puis elle a tout avalé bruyamment avant de se tourner vers moi, un coude sur le dossier de la chaise. Ses épaisses lunettes sont tombées sur le bout de son nez mais elle n'a pas fait grand chose pour les remettre en place.

Hé, elle est là Sakura ?

Bah oui, pourquoi ?

Elle a eu une drôle d'expression sur le visage.

Oh rien, j'aimerais juste lui toucher deux-trois mots.

A cet instant, Suigetsu a débarqué dans la cuisine. Il avait lui aussi les cheveux tout emmêlés et un bouton lui avait poussé sur le menton pendant la nuit. Il n'avait pas de t-shirt et je me suis demandé si ce crétin n'avait pas froid.

Il avait les paupières encore collées par le sommeil quand il se mit à bailler tout en se grattant le torse.

Hé, vous pouvez pas gueuler encore plus fort s'il vous plaît. J'adore être réveillé par des bruits d'animaux.

Salut mon p'tit cœur en sucre d'orge que j'aime très fort, tout va bien ?

J'ai écarquillé les yeux de surprise. Et puis je me suis dit que Karin ne faisait que plaisanter en employant ce surnom, qu'elle le taquinait. Après tout, Suigetsu, elle ne l'avait pas revu depuis le collège, non ?

Lui, il avait les yeux hors des orbites et la bouche ouverte. Il avait vraiment l'air con.

Karin ? Qu'est-ce que tu fous là ?

Quelle question, je viens voir mon petit-ami, bien sûr.

Et là, j'ai su qu'elle ne blaguait pas.


***


Commentes sinon tu iras en Enfer...

Ptite entrée en matière de l'auteur z'avez vu ? Rhooo, n'grognez pas, je rigole un peu c'est tout :(

Bref, sinon oui je postes un mercredi, et ça risque d'être assez irrégulier au niveau des posts pendant encore trois semaines environ (jusqu'à ce que je sois en vacances en fait), après on reprendra sûrement le rythme habituel ! o/

J'espère que vous avez bien aimé ce chapitre. Il est encore gentil et mignon. J'peux pas mettre trop de sombre tout de suite. Et puis je peux pas mettre trop de sombre non plus sinon ça f'ra too much. Soyons un peu réaliste (comment ça la façon dont cette histoire est écrite n'est pas réaliste ?)

J'espère que vous allez bien sinon,

j'vous aime.

Bisouilles !