Partie 4

par Yokai-chan

Après deux heures passées dans un silence monacal, je levai les yeux de mon bureau et m'étirai comme un chat. Je tournai les yeux vers mon lit et vis une Temari assoupie à coté d'un Rubix Cube. Quelle image touchante… Dommage qu'elle dorme la bouche grande ouverte et en position « fait voir si j'arrive à squatter l'intégralité du matelas ». Mais d'un autre coté, cela la rendait un peu plus… normale… Accessible.

C'est à ce moment que mes hormones me rappelèrent à l'ordre en même temps qu'une scène dans un shôjos feuilleté par hasard (oui oui j'ai dis par hasard !) refit surface dans mon cerveau. C'était vraiment tentant… Sauf que dans le manga, c'était la fille qui faisait ça, parce que si c'est moi, je passe pour un gros pervers. Et si elle se réveille ?

Oh, et puis, merde, y a une bombe sexuelle endormie sur mon lit quoi !

Je m'approchai donc lentement de la cible, montai silencieusement sur le lit et avançai à quatre pattes jusqu'à être au dessus d'elle. Elle bougea ce qui me crispa soudainement mais heureusement elle n'avait fait que fermer la bouche et ramener ses mains sur son ventre. Je contemplai son si beau visage pendant quelques secondes ; je ne me lasserai jamais d'observer sa peau dorée, son nez droit, ses longs cils noirs et ses lèvres pulpeuses. Lèvres si attirantes. Comme un moustique et un lampadaire, j'étais inexorablement attiré par cette chair rose et douce.

Dans le shôjo, il me semblait que la fille réussissait à embrasser le garçon sans se faire prendre… Hélas, mille fois hélas, je n'eus pas cette chance. A quelques millimètres ses lèvres de Temari, celle-ci se réveilla en sursaut et donna un brusque coup de genoux dans mes parties.

La douleur fut atroce. Je tombai de mon lit et me roulai en boule par terre.

- Oh merde ! Shikamaru, désolée, je voulais pas te frapper… là. C'était un réflexe…

- …

- Je croyais que je rêvais que je me faisais agresser…

- …

- Rien de cassé ?

- Ça va… Tu m'as littéralement ruiné les couilles mais ça va…

- Mais en même temps… qu'est-ce que tu faisais à quatre pattes au dessus de moi ? demanda-t-elle, toute trace de compassion ayant disparu de sa voix.

Mon cerveau avait beau être rapide, il ne l'était pas suffisamment pour trouver un mensonge valable dans ce genre de situation. La seule réponse qui me vint fut donc un lamentable :

- Beeen euuuuh….

Autant dire, un aveu complet.

- Vieux cochon, siffla Temari avec un sourire à peine masqué.

Cette fille était vraiment bizarre, aurait-elle vraiment voulu que je l'embrasse contre son grès ? Et plus si affinités ? Oh non, là je divaguais complètement ! Quoique… elle avait bien offert de coucher avec moi pour un devoir, non ? Peut-être qu'elle était nymphomane ? Tellement accro au sexe qu'elle se fichait du partenaire ? Perverse ? Masochiste ? Ou simplement timbrée ?

Le mystère restait entier.

Pendant que je me remettais de ma « blessure », Temari se relevait de mon lit comme si de rien était et alla regarder les idées que j'avais noté par rapport à son projet.

- Wah ! Ça m'a l'air pas mal du tout. Remarque, j'y connais rien. Généralement en gestion, on préfère se vernir les ongles ou papoter avec les filles. Ça doit être cool d'être super intelligent et tout, tu dois avoir des super notes.

- Bof, la moyenne. Mais même sans être un génie on peut avoir des bonnes notes, suffit de bosser. Regarde ton frère. Il se tape les high score quasiment à chaque contrôle.

- Ouais mais ça c'est quand même pour les gens malins… Genre moi, je pourrais jamais, fit-elle en me tournant le dos avant de murmurer : 'Suis trop conne pour ça…

Cet aveu me surpris, je ne pensais pas que Temari était du genre à avoir une piètre opinion d'elle-même dans quelque domaine que ce soit. Pourtant, elle semblait réellement douter de ses capacités intellectuelles. Ok, je me moquais d'elle en disant que les pouffes avaient un Q.I. de moissonneuses batteuses mais je le pensais pas. Pas vraiment.

Temari me tournait toujours le dos et je commençai à me demander si elle n'était pas carrément en train de chialer. Oh j'espère que non ! Je suis tout simplement lamentable quand il est question de réconforter les nanas. Les mecs aussi, soit dit en passant. Pour la compassion, faut s'adresser à Choji, ou bien à Naruto quant il est question de redonner le moral à quelqu'un. Mais bon, le silence s'allongeait et je décidai de tenter quelque chose.

- J-je… C'est pas vrai ça… Enfin, t'es quand même plutôt futée. Pour une fille quoi.

- T'essayes de me réconforter là ? Ou de me mettre en rogne ? demanda-t-elle avec fougue en se retournant vers moi.

- Euh, te réconforter je crois, balbutiai-je en me demandant ce que j'avais bien pu dire de mal pour qu'elle me lance ce regard hautain.

Elle me jaugea pendant quelques secondes puis sembla se radoucir.

- Tu sais vraiment pas parler aux filles en fait, constata-t-elle.

- Sans blague… répliquai-je, un peu vexé.

- Pourtant tu pourrais avoir du succès. T'es assez mignon. Laisse-moi voir.

Sans me demander mon avis, elle se planta juste devant moi et saisi mon menton entre ses doigts manucurés.

- Hm, joli grain de peau. Beaux yeux mais t'as des cernes. Faudrait que t'essayes un masque aux concombres, c'est radical pour ça. Hé ! Fait pas cette tête, de nos jours les mecs aussi on le droit de prendre soin d'eux.

- …

- Bref. Sinon ça t'arrive t'arrêter d'avoir cet air blasé ? Essaye de sourire pour voir.

- Pardon ?

- Un sourire. On dit que les gens sont 50% plus beaux quand ils sourient. Allez, vas-y.

Excédé, je fis un rapide rictus qui ne la satisfit pas.

- Je t'en pris ! Tu peux faire mieux ! Sinon va falloir utiliser les grands moyens…

Je m'apprêtai à demander de quoi il s'agissait qu'elle se jeta sur moi pour me chatouiller sans pitié. S'en suivit une lutte féroce mais je finis pas avoir le dessus - je suis pas baraqué mais c'est quand même qu'une fille - et parvint à l'immobiliser entre mes bras.

- On dirait qu'on a douze ans, fis-je en reprenant mon souffle et en desserrant ma prise sans pour autant lâcher complètement Temari.

- C'est le mec qui fait joujou avec un vaisseau spatial qui me dit ça ?

- C'est pas un jouet ! C'est une réplique officielle du…

Son air me laissa suggérer que je ne pourrai que m'enfoncer c'est pourquoi je n'ajoutai rien et me contentai de lever les yeux au ciel.

- Et ben voilà ! Ça c'est un beau sourire !

C'est vrai que sans m'en rendre compte, je souriais sans raison apparente. Et ce constat me fit sourire encore davantage. Je croisai le regard de Temari qui elle, avait complètement arrêté de rire. Elle me fixait d'un air étrange mais lorsqu'elle se rendit compte que nous nous regardions dans le blanc des yeux, elle s'éloigna de moi.

- Temari ?

- Je vais rentrer je crois. Il commence à faire nuit…

- D'accord. Euh, tu veux que je te raccompagne ?

- … Si tu veux.

Je fus surpris qu'elle accepte, sans doute elle aussi, mais c'est ainsi que je me retrouvai à marcher à coté d'elle dans les petites rues allant vers sa maison. Après le petit moment étrange de tout à l'heure, nous avions recommencé à bavarder simplement.

- En fait, je ne sais même pas pourquoi je te raccompagne. Parce que soyons honnête, si quelqu'un essayait de t'agresser maintenant, je ne vois pas ce que je pourrais faire.

- T'inquiète pas. Si ça arrive, c'est moi qui nous protégera. Il semble évident que je suis la plus apte de nous deux à se battre.

- Tu oublies que je t'ai immobilisé dans mes bras avant.

- Mais peut-être que je me suis laissée faire…

Je m'arrêtai de marcher, trop surpris par sa réponse. Voyant que je ne suivais plus, Temari se retourna après quelques pas et me fis un clin-d'œil avant de se retourner et de foncer dans une grande silhouette qui avait surgi de nulle part.

Ne me dites pas qu'on va vraiment se faire agresser ?

Mais lorsque je fus à leur hauteur, je reconnus la silhouette. Il ne s'agissait de nul autre que de Kiba Inuzuka, crétin écervelé du bahut et ex-petit copain de Temari depuis peu.

- Kiba ?

- Tem' ! Quelle surprise ! Waouh, le monde est petit !

- Ouais, tu l'as dit…

- Ça alors. Qu'est-ce que tu fais dans le coin ?

- Euh, j'habite dans le coin je te rappelle…

- Ah oui, j'avais oublié.

Le grand brun se passa la main dans ses cheveux châtains savamment ébouriffés et sembla seulement remarquer ma présence.

- Oh. Et qui c'est…lui ?

Le ton était ouvertement méprisant tout comme son regard qui semblait me passer aux rayons X. On pouvait presque voir ses quelques neurones s'agiter pour essayer de deviner si je me tapais ou non son ex.

- C'est euh… Shikamaru. Un… un ami de mon frère.

Le grand guguss sembla rassuré par cette nomination et me serra même la main, ayant visiblement décidé que je n'étais clairement pas un danger pour une éventuelle reconquête de la belle blonde. Projet qui, si on en jugeait par son air de coq en pleine basse-cours, était en pleine exécution.

D'ailleurs, j'eus le privilège d'assister sous mes yeux à un plan drague made in Inuzuka puisqu'il semblait déjà avoir oublié ma présence.

- Hé Tem'. Tu sais ces temps-ci j'ai beaucoup repensé à toi… Tu me manques, sérieux. Alors, ça te dirait de venir à une soirée chez un pote ? Ça pourrait être marrant et puis… on verra ce qui se passera… En souvenir du bon vieux temps.

Ce grand con d'Inuzuka avait saisi Temari par la taille et lui murmurait Dieu sait quelles conneries au creux de l'oreille. Et malgré moi mes mains se crispèrent.

- Bon bah, j'vous laisse. A plus, lançai-je en tournant les talons.

Je crus entendre Temari dire quelque chose mais je n'y fis pas attention et rentrai chez moi rapidement avant de m'enfermer dans ma chambre.

Je me rendis compte que j'étais très énervé et ne mis pas longtemps à trouver pourquoi.

Oh non. Oh non non non.
Mec, fait pas ça, espèce de crétin. Elle et toi c'est juste impossible, ok ? Alors oublie ça.

Merde.

Le reste de la soirée fut infernale, je ne cessais de me demander si Temari avait suivi Kiba, si elle avait cédé à son plan drague, s'il était en train de la sauter en ce moment même.