Une fenêtre sur le monde…

par Ithildine

Chapitre 13 : Une fenêtre sur le monde…

 

  

 Je regardais cette petite planète ronde et bleue appelée la Terre et qui me rappelait tant les instants heureux que j’y avais passé. Désormais, tout cela m’était indifférent, toute cette ancienne vie, cependant, je ne pouvais m’empêcher de la fixer et de penser à ceux que j’avais laissé…

 

Vous devez sûrement vous dire : la narratrice et auteur est devenue dingue, elle parle à la première personne ! Et bien non, en réalité, c’est elle qui m’a confié le soin de vous narrer un bout de cette histoire.

 

Bonjours à tous chers petits humains ! Je m’appelle Keyra et je papote avec vous en live du Paradis !!! Non non, le paradis n’est pas qu’une pure invention d’un type qui avait trop bu d’alcool de navet ou d’absinthe un certain 25 décembre. C’est véritablement l’endroit où se retrouvent toutes les âmes une fois mortes ! Enfin, pas toutes…

 

-         Keyra ! Tu sais très bien que les humains n’ont pas le droit de savoir ce qui advient après leur mort ! M’interrompit un ange blond qui voletait furieusement par ci et par là

-         Oui, ne t’inquiètes pas Minato, je me tais !

 

Et oui, Minato Uzumaki, ange préféré de Dieu le père, plus connu ici sous le sobriquet de « Jiraya, l’ermite pas net » ou encore « Jiraya, le maître des crapauds », était en train de passer par là. Vous me direz, pas très sérieux tout ça ! Et vous aurez raison ! Quoi qu’il en soit, en ce moment, Minato me courre après, particulièrement déchaîné en raison du fait que sa femme vient d’être condamnée à passer trois Lune en Enfer avec un certain Orochimaru pour cause de péché de gourmandise (overdose de ramens)…

La névrose, il parait que c’est génétique, je ne m’étonne donc plus de découvrir la personnalité complètement folle de la génitrice de mon meilleur ami et frère de cœur, Naruto Uzumaki.

Au fait, c’est pour vous parler de lui et de ses amis que notre très chère narratrice habituelle m’a laissé la place, alors autant bien faire mon boulot si je ne veux pas me faire tuer une deuxième fois !

En effet, je suis censée vous parler de mes meilleurs amis, ma famille ! Je ne sais pas vraiment par quoi commencer.

 

 En grandissant auprès d’eux cinq, j’ai hérité de leur trait de personnalité.

Je suis toujours à la recherche de justice humaine tout comme ce bon vieux Neji. Je n’ai rien à envier de la malice de Shikamaru. J’ai été victime de la contagion de l’esprit « artiste » de Sai (et aussi son coté « peau de vache » mais je ne vais quand même pas m’insulter !) et aussi du coté irrespectueux ou « je m’en fous de l’ordre » de Sasuke (a ce niveau là, ça relève plutôt de l’anarchie). Enfin, en grandissant aux coté de Naruto, son grand cœur m’a comme qui dirait « déteint dessus ».   

 

Naruto Uzumaki, blond à juste titre, est une personne hors du commun : doté d’un cœur généreux, il reste néanmoins limité coté cerveau. Malgré tout, je l’aime plus que tout ce petit crapaud ! J’ai l’impression qu’il a enfin tiré la bonne pioche avec cette Hinata. Il est fou d’elle, je l’ai remarqué en un seul clin d’œil ! Personnellement, je la trouve un peu crédule et ingénue, mais elle est mignonne et gentille.  

Vous êtes en train de penser : elle est jalouse ! Sans aucun doute, vous avez tort ! Il est vrai qu’ayant été « le premier amour » de Naruto (malheureusement pour lui, je n’ai jamais été intéressée…), je me suis toujours octroyée le droit de donner mon avis sur ses petites amies. « Gonflée cette nana » Me direz vous ? Les gens qui me connaissent bien savent que je ne suis jamais gênée de rien ! C’est peut être ce qui m’a valu cette étiquette de garçon manqué ? Et oui, lorsqu’on grandit avec cinq mecs, on prend des sales habitudes !

A l’école primaire et chez notre tuteur, les autres filles m’évitaient et me jugeaient : je jouais au foot avec les autres garçons, me battait, me moquaient d’elles avec Shikamaru,… De plus, comme je vivais chez mon tuteur avec cinq de ces garçons, la vie n’était pas toujours aisée ! J’ai du apprendre à me battre pour manger à ma fin parmi ces gorets !

Au lycée et à l’université, tout a changé, les autres filles venaient me parler, à moi, la meilleure amie des cinq mecs les plus canons sur le campus ! Et oui, tout jeunes, ils faisaient déjà un malheur ! Et j’ai d’ailleurs fini par m’en rendre compte puisque avant ma mort, je sortais avec l’un d’entre eux, le seul que je ne pouvais pas encadrer au début : Sai. J’ai compris trop tard pourquoi je l’avais tant détesté ! J’étais juste amoureuse de lui… Mais moi, Keyra, j’étais une fille compliquée lorsque j’étais sur terre ! Enfin, revenons à nos moutons.

Je dois dire que cette Hinata a un point commun avec moi : moi non plus, je n’ai jamais désiré reprendre le flambeau familial, l’empire dont j’ai hérité de mon père à sa mort. Je l’ai laissé aux autres… tout comme Hinata Hyuuga, j’ai suivi ma propre voie. Pour ça, je ne peux que m’accorder au choix de Naruto.

 

Bon, poursuivons avec la nouvelle conquête de Neji. Cette fille un peu dingue me plait bien ! Elle s’appelle Tenten je crois. Je n’aurais jamais cru voir mon Neji finir avec une fille pareille : complètement décomplexée, souriante, qui croque la vie à pleines dents. Elle est autant « sans gêne » que moi, la sincérité à toute épreuve, cette envie de vivre sa vie comme si l’on était ivre, dire tout ce qui vous passe par la tête sans réfléchir aux conséquences. Elle n’a pas de bâton dans le derrière ! Tout le contraire de maître Hyuuga en quelques sortes ! Pourtant, même si Neji est quelqu’un de froid, et Dieu seul sait qu’il a vécu des choses vraiment difficiles lui aussi… il ouvre un regard neuf sur la vie depuis qu’il l’a rencontrée… Je ne fais que constater, je n’ai jamais vu Neji émut auparavant, seulement, avec elle, il est différent : il laisse apparaître son coeur… Malheureusement, en ce moment, ce n’est pas tout à fait ça entre eux deux, elle lui en veut, pour de bonnes raisons… Neji a encore fait des siennes !

 

Quand à la nouvelle amie de Shikamaru, c’est une teigne. Je l’adore déjà ! Elle a un sacré tempérament la petite ! Tout à fait ce qu’il faut pour bouger Shika, en particulier depuis que je ne suis plus là pour le faire moi même ! Je me revois un peu à travers elle, moi aussi je me révoltais contre les inégalités entre hommes et femmes, moi aussi je rouspétais contre la gente masculine, moi aussi je me disputais tout le temps avec Shika ! En tous cas, cet idiot de Nara lambine pour lui faire sa déclaration ! Je le vois bien qu’elle est faite pour lui, elle le rend même un peu con, c’est pour dire ! Je m’explique : il ne se rend même pas compte qu’elle est prête à lui tomber dans les bras ! Cette fille si indépendante a finalement trouvé un type qui lui a tapé dans l’œil ! Nara hésite, je le sens bien. Il a peur de lui faire du mal et pourtant, moi-même je sais qu’il ne ferait pas de mal à une mouche ! En plus, s’il croit pouvoir rester seulement ami avec une fille qui lui plait autant, il se trompe sur toute la ligne. Mais au fond, je sais bien que Shikamaru craint plus que tout l’engagement : être ancré à un port plutôt que de naviguer sur toutes les mers du monde…  

 

Passons maintenant à celle qui me turlupine le plus : la jeune médecin. Je n’arrive pas vraiment à la cerner, une fois tendre, une fois agressive et virulente. Elle parait un peu lunatique, elle a peur du futur, elle aime trop passionnément… Elle est étrange, et ce qui est de loin le plus bizarre, c’est que Sasuke s’y intéresse ! Pas parce qu’elle est moche, non, bien au contraire, je la trouve très jolie, mais simplement parce que mon Sasuke, celui que je connais, ne s’intéresse pas aux femmes. Comment je sais qu’il s’intéresse à elle ? Vous n’avez pas remarqué ? Cette façon de chercher sa compagnie, de la mettre en colère. Naruto et moi nous le connaissons mieux que quiconque et savons très bien que Sasuke n’aime que ses amis, sa « famille », et lui-même ! Il ne prend pas le temps d’observer le monde autour de lui. Il se permet tout, même de blesser gratuitement les individus qui l’entourent, hormis ceux qu’il admet dans sa sphère. Sasuke déteste les autres alors que Sakura croit en eux... Je ne peux pas vous en dire plus, peut être ne se rejoindront-ils jamais ? Ce sont deux êtres complexes… Finalement, Sakura me ressemble aussi un peu, en dehors de notre caractère instable, nous avons toutes les deux foi en l’amour, cette sève qui régit notre existence. Au fond, Sasuke a besoin de quelqu’un comme elle.  Il pourrait bien devenir dépendant de cette aura d’amour dont elle enveloppe ses proches.  Elle lui donnerait la force de continuer après avoir atteint l’unique objectif qu’il avait donné à sa vie. Elle donnerait un sens à tout ça.  Mais, Sasuke est-il vraiment capable d’aimer à nouveau ?

 

Le dernier point qu’il me reste à aborder avec vous est celui qui m’énerve le plus ! Mon Sai s’est finalement dégotté une petite copine ! Ce n’est pas le fait qu’il ait enfin réussi à en trouver une pour qui il a des sentiments qui me dérangent… Non, mon problème, c’est que cette fille ne me ressemble pas du tout ! J’étais une journaliste révoltée, je m’intéressais à l’actualité internationale, je militais aux cotés des pays pauvres pour inverser la domination des états les plus riches, je me battais aux cotés des détracteurs des dictatures du monde,… Et surtout : la principale occupation de ma vie n’était pas le shopping ! Cette fille est si… différente de moi ! Comment as t’il pu m’oublier avec ça ?

Enfin, je vais arrêter sur le sujet, je ne suis pas censée insulter qui que ce soit…

Peut être suis-je véritablement envieuse, un tantinet… Moi, Keyra, jalouse au Paradis alors que je n’ai jamais péché sur Terre ! Mais il y a de quoi pécher ! Ino Yamanaka est en vie, pas moi. Ino Yamanaka respire le même air que Sai, pas moi. Ino Yamanaka est sur Terre, pas moi. Et puis, Ino Yamanaka est faite pour Sai, pas moi ! Non, je n’étais pas faite pour lui. J’ai trouvé mon repos intérieur et réalise enfin que notre relation n’aurait aboutit à rien.

 

C’est avec soulagement que j’abandonne petit à petit mes anciens sentiments… Progressivement, je coupe tous ces liens qui me rattachaient à une dimension où je n’avais pas ma place. Vous ne me reverrez plus, vous n’entendrez plus parler de moi. Je suis Keyra et je suis leur passé. Elles sont leur avenir et je leur confie leurs cœurs avec une confiance aveugle… La vie porte ses fruits…

 

 

 

////////////////  Sur Terre  /////////////////////

 

 

Sakura dévalait les escaliers en courant. Elle était en retard, trop en retard ! Tsunade qui mettait le respect des supérieurs et des horaires au-dessus de tout allait la tuer ! Elle trépigna de désespoir lorsqu’elle vit le bus qu’elle prenait habituellement la dépasser dans un nuage de fumée. Elle s’élança en courant dans la large rue en maintenant son sac contre son flanc gauche. Au bout de cinq minutes, une élégante berline noire se gara à ses cotés et klaxonna. Elle se retourna avec mauvaise humeur pour voir l’imbécile qui la coupait dans sa course folle, lorsqu’une tête brune se pencha du coté passager et questionna poliment :

-         Je peux te déposer quelque part ?

-         Sai ? Que fais-tu dans le coin ?

-         Des courses, allez grimpe, je vais t’avancer, ça t’évitera de courir comme une dératée

-         Merci ! Tu me sauves la vie ! Alors comme ça tu endosses le rôle de femme au foyer ?

Sakura grimpa dans le véhicule et sourit au conducteur qui racontait qu’un nouvel habitant mettait la pagaille dans l’appartement :

-         Shikamaru a enfin décidé de lâcher sa chambre d’hôtel où il vit depuis qu’il est revenu à New York. Il s’est installé dans la chambre d’ami, on a bien assez de place pour quatre ! Il a moins d’intimité mais au moins, il n’est pas tout seul dans ces 15m²…

-         Oui, c’est sur, il devait s’ennuyer le pauvre ! Acquiesça Sakura en compatissant pour le Nara. Elle l’aimait bien celui-là ! Il était intelligent, gentil, calme et toujours très pertinent ! Et en plus, il adorait Tema !

-         Shika ? S’ennuyer ? Jamais de la vie ! Il dort tout le temps, une vraie fainéasse ! Contredit Sai en riant. C’est d’ailleurs pour ça que je fais les courses, je suis celui qui a le plus de temps ! Je travaille à domicile comme je suis architecte même si je me déplace souvent sur des chantiers ! Comme je te le disais, Shikamaru est bien trop fainéant pour bouger ses fesses du canapé et se déplacer jusqu’au magasin le plus proche. On ne laisse pas Naruto s’en occuper parce qu’il est du genre à acheter n’importe quoi : bouffe asiatique, surtout des ramens, des espèces de nouilles, ou alors des sucreries ou des plats préparés riches en graisses !

-         Tu fais attention à ta ligne ? Demanda Sakura avec étonnement

-         Pas spécialement. Mais nous sommes des sportifs, manger comme ça n’est pas très bon ! Et puis, Sasuke déteste ça ! Il ne mange que des légumes, du riz, du poisson, il est très difficile !

-         Alors laisse lui faire les corvées ! Ca ne lui ferait pas de mal ! glissa innocemment la jeune femme

-         Sasuke ? Tu ne le traîneras jamais dans un supermarché ! Il est un peu vieux jeu, pour lui, c’est un truc de femmes ! Et puis, il ne s’imagine pas s’abaisser à ce genre d’occupation ! Même si en ce moment il est encore en congé maladie après ses blessures, il passe la journée sur le canapé à surfer sur Internet !

-         Pourtant, tu les fais bien toi !

-         Je m’en passerais bien, je t’assure ! Rétorqua t’il avec une grimace sur son visage angélique

Sakura désigna la bouche de métro et Sai s’arrêta sur le bas-côté. La rose s’extirpa de la voiture en remerciant le jeune homme

-         Salue Ino de ma part !

-         Je n’y manquerais pas ! A plus !

-         A bientôt !

 

Sakura s’approcha des escaliers en regardant la voiture sombre se glisser de manière féline dans la masse de béton formée par les immeubles. Sakura sourit : leurs rapports avec la bande de garçons s’étaient nettement améliorés ! Désormais, ils entretenaient tous une relation amicale, sauf pour Naruto et Hinata qui eux, vivaient une véritable passion !

 

 

~ ~ ~

 

 

Tenten regardait avec ravissement sa colocataire. La petite brune était en conversation téléphonique avec son petit ami qui devait encore lui raconter un tas de bêtises aux vues de ses petits sourires tendres. Hinata était complètement dingue du blondinet ! C’était effrayant à voir ! Elle chantonnait, se pomponnait, prenait des crises de rire toute seule au milieu du salon… Tenten n’en revenait pas : elle était épanouie comme elle ne l’avait encore jamais vu. Elle était si heureuse, Hinata lui redonnait espoir, lui insufflait de la gaieté et de la joie. Elle entretenait vraiment l’état moral de Tenten qui commençait à désespérer.

 

La journaliste attrapa son sac et attacha ses cheveux mouillés en une couette haute.

-         Hina, je pars au boulot ! Bonne journée !

-         Toi aussi Ten ! Naruto te passe le bonjour !

-         Moi aussi ! Dis lui que la prochaine fois qu’il vient, je le défonce sur la PS ! Lança Tenten avec malice alors qu’Hinata éclatait de rire

 

Aussi étonnant que ça puisse paraître, Naruto et Tenten étaient de grands amateurs de jeux vidéo et ils ne manquaient jamais une occasion de se défier lorsque le blond était dans les parages. Hinata adorait que sa meilleure amie entretienne une telle complicité avec son amoureux. Malheureusement pour la petite amie en question, les joueurs ne décollaient plus du canapé lorsqu’ils commençaient une partie : ils étaient de même niveaux et n’arrivaient jamais à se départager…

Tenten sourit en pensant à leur denier challenge. Elle soupira en songeant à la journée qui l’attendait : l’été allait arriver et elle n’avait rien de léger à se mettre sur le dos ! Souvent, elle récupérait quelques habits qu’Ino jetait parce que « trop dépassés » pour elle. Tenten n’était pas une fashion victim à proprement parler, elle aimait être à l’aise dans ses habits ! Elle n’était pas non plus habillée comme un sac, cela va sans dire ! Aussi, lorsqu’elle se souvint de sa décision de mettre à profit sa pause déjeuner pour faire du lèche vitrine, elle devint plus maussade. Elle entra dans son bureau et ouvrit son ordinateur portable. Un mail de son patron l’invitait expressément à finir son dernier article au plus vite. Traduction : vous avez déjà du retard, bougez vous l’arrière-train sinon ce dernier va se retrouver vite fait bien fait dehors !

 

La brune s’affala sur sa chaise et se mit à mordiller son stylo en fixant son article sur le dernier championnat de taijutsu. Elle se serait frappée : durant la compétition, elle avait refusé les places en tribunes officielles gentiment offertes par Lee, juste parce qu’elle savait pertinemment que Neji Hyuuga s’y trouvait. Maintenant que le championnat était terminé et qu’elle s’était « réconciliée » avec Neji, elle regrettait d’avoir eu un comportement si puéril. Elle n’avait rien pu suivre du duel d’où elle se trouvait : son articles allait en prendre un sacré coup ! Elle soupira et mit sa fierté de coté et composa le numéro de Lee.

-         Rock Lee à l’appareil ! J’écoute !

-         Lee, c’est Tenten !

-         Oh Tennessee comment vas-tu ? Je suis si content de t’entendre ! j’ai l’impression que ça fait une éternité qu’on ne s’est pas parlé ! S’exclama le champion de taijutsu

-         Lee, on s’est croisé il y a deux jours ! Se moqua gentiment la brune

-         Oui, c’est vrai. Tu as besoin de quelque chose ?

-         Oui, je suis désolée, peux tu me dire si ton entraîneur a bien suivi le dernier championnat ?

-         Bien sur ! Gai-Sensei l’a même commenté !

-         Quoi ? c’est génial, tu vas peut être pouvoir m’aider alors ! Et il a sûrement récupéré les cassettes de la transmission vidéo ? Tu penses qu’il pourrait m’aider à écrire mon article !

-         Oui. Bien sur ! Ca me ferait plaisir !

C’est ainsi que Tenten fixa un rendez-vous pour le lendemain avec Lee et son fameux entraîneur. Elle avait eu chaud aux fesses comme on dit ! Pour s’avancer, elle rédigea un petit article sur la finale d’escrime qui allait commencer dans quelques jours.

 

 

Deux heures après, elle sortit de son minuscule bureau et prit la direction du centre-ville. Elle entra dans plusieurs magasins où elle acheta plusieurs chemises à manches courtes de toutes sortes : chemises en satin, en lin, aux couleurs vives, chemines noires et blanches,… Elle sortait de l’enseigne avec ses trois sacs sous les bras lorsqu’elle observa la rue éclairée par un soleil qui s’installait progressivement mais sûrement en cette période de l’année. Elle reconnut soudain avec stupeur Neji Hyuuga qui discutait calmement avec un homme en costard cravate de l’autre coté de la rue. Elle essaya de se dissimuler derrière les passants mais lorsque l’on mesure 1m80 en talons hauts, c’est quelque chose de plutôt compliqué ! Elle avisa une cabine téléphonique à quelques mètres d’elle et se colla à cette dernière en priant pour que l’avocat termine vite sa discussion.

Deux minutes plus tard, elle se détacha de la paroi et tenta d’apercevoir, dissimulée derrière sa cabine téléphonique, l’autre coté de la rue. Une main s’abattit soudain sur l’épaule de la jeune femme qui tressaillit, lâcha ses sacs et virevolta avec une rapidité surprenante pour contrer l’agresseur. Un bras ferme et puissant arrêta la prise de Tenten alors qu’elle reconnaissait avec effroi Neji Hyuuga qui l’observait avec un sourire goguenard :

-         Bonjour Tennessee.

-         Neji. Salua t’elle d’un mouvement de tête en se baissant pour ramasser ses affaires

-         Que fais tu ? demanda t’il avec un sourire imperceptible

-        

-         Tu te caches de quelqu’un on dirait ! Je pourrais peut être t’aider ? proposa t’il, son sourire s’élargissant

-        

-         A moins que ce quelqu’un, ce soit moi ! lâcha t’il innocemment, sur le ton de la conversation

-         J’ai passé l’âge de faire ça, tu ne crois pas ? Répondit elle d’un ton menaçant

-         Avec toi, je préfère ne pas m’avancer…

-         Qu’est ce que ça veut dire ? Maugréa t’elle en reprenant sa route, suivie de près par le brun qui souriait, très fier de lui.

-         Oh rien.

-         Arrête de sourire comme ça ! Intima la brune avec rage en continuant d’avancer furieusement

-         Tenten, arrêtes toi deux secondes !

-         Non

-         Tenten !

-         Quoi ?

-         S’il te plait…

-         Qu’est ce qu’il y a ? Articula t’elle en plantant ses yeux dans les iris nacrés de Neji

Erreur ! Elle fut estomaquée en plongeant à nouveau dans cette couleur incroyable. Son estomac se serra et elle du encore durcir les traits de son visage pour ne laisser filtrer aucune émotion. Neji la regardait avec perplexité, se demandant avec inquiétude si elle n’était pas malade. Il n’eut pas le temps de poser la question puisque Tenten retrouva un air serein. La jeune femme reposa les yeux sur lui pour montrer qu’elle attendait qu’il parle :

-         Je… Je me demandais si ça t’intéressait de venir voir la compétition d’escrime avec Lee et moi ! C’est vendredi enfin d’après midi.

-         Je le sais, je couvre l’évènement. Ce qui veut dire que j’ai déjà des places et que je travaille ce soir-là.

-         Bien. Peut être pourrais-tu nous accompagner au restaurant après ?

-         Je ne sais pas. Je devrais probablement rédiger mon article le soir même ! Je t’appellerais pour te dire. C’est d’accord ? Oh mais je suis en retard,  il faut vraiment que j’y aille ! Salut Neji !

-        

Neji regarda avec déception la jeune femme qui tournait au coin de l’avenue. Elle ne lui faisait plus confiance, c’était évident ! Pourquoi fallait il toujours qu’il agisse de la mauvaise façon avec les gens qu’il aimait bien !

 

~ ~ ~

 

 

Temari posait un regard furieux sur son collègue qui s’était sans aucun doute endormi. Elle allait le réveiller cet abruti ! Il allait en baver ! Elle se pencha avec un sourire sadique sur le visage de l’endormi, tout près de son oreille :

-         Hé ho ! On se réveille la Belle au Bois Dormant ! Cria t’elle alors que le brun se redressait lentement avec une moue plaintive

-         Tema !! Arrête de faire ça !

-         On doit finir le dossier Namiashi avant ce soir ! On n’aura jamais le temps !

-         Bien sur que si, arrête de stresser, t’es encore plus galère quand t’es sur les nerfs ! Grogna t’il en se recouchant sur son autre flanc

-         Pourquoi tu dis toujours ça ! Questionna Temari en se déplaçant de l’autre coté de la table pour être face à lui

-         Toujours quoi ? Demanda t’il avec un air las

-         Tu emplois tout le temps le mot « galère », et encore plus souvent pour me désigner ! Ca vient d’où cette expression ?

-         Tu te poses de ces questions ! Tu vois, c’est pour ça que t’es galère ! Allez gamine, on s’y met, ça sera bouclé en vingt minutes et je pourrais reprendre ma sieste !

-         C’est ça, on verra ! Se moqua Temari, ravie de pouvoir recommencer à travailler

Le duo se mit au boulot et Temari du avouer que Shikamaru était vraiment brillant quand il y mettait du sien. Tout à coup le portable de la blonde se mit à vibrer furieusement sur la table de travail. Shikamaru haussa un sourcil pendant que Temari soupirait en voyant le prénom « Ino » s’afficher sur l’écran.

- Qu’est-ce qu’il y a encore ? Se demanda la jeune femme en soupirant avant de décrocher.

 

 

 

Ino regardait avec hésitation les deux robes que lui présentait la vendeuse. Ses lèvres pincées traduisaient son agacement : c’était toujours la même chose, deux choses lui plaisaient et elle ne savait pas laquelle acheter ! Et elle finissait toujours par prendre les deux… mais son compte en banque, lui, n’était pas toujours en harmonie avec ses désirs ! Elle regarda la vendeuse avec une moue suppliante, elle avait besoin d’un avis, et d’un très bon !

La trentenaire, habillée d’un tailleur très chic –et sûrement très cher- regarda la jolie blonde avec un sourire de pitié :

-         Vous hésitez n’est-ce pas ?

-         Ohhh ouiiiiiiii je ne sais pas quoi faire !

-         Prenez les deux, c’est toujours ce que je fais !

-         Oui, mais la fin du mois est proche, et la paie, loin d’arriver !

 

Ino regarda avec un air pleurnichard les deux tenues sur les cintres et elle eut soudain une idée. Elle ouvrit son téléphone portable et choisit le numéro de Temari :

-         Temari ! Il faut que tu me sauves la vie ! A quelle heure est ta pause déjeuner ?

-         Euh… Oui je vais bien Ino, merci. Et toi ?

-         Tema s’il te plait !

-         Shika et moi on comptait rester à Manhattan…

-         Parfait ! J’y suis en ce moment même et je viens de trouver deux robes ravissantes, le problème c’est que je ne sais pas laquelle prendre ! Coupa Ino

-         Ne me dis pas que tu as ENCORE besoin de Sakura ou moi pour t’aider !

-         Siiii, s’il te plait Tema ! supplia la blonde angélique

-         Bon, on finit dans 25min, tu es où ? Demanda Temari

-         Dans la 7ème au coin du Disney Store !

-         Ok, on arrive !

-         Attends une minute ! S’écria Ino

-         Quoi encore ?

-         Shika vient avec toi ? demanda Ino avec surprise

-         Ben oui, on mange souvent ensemble le midi, avec Tayuya ! Se justifia Temari en regardant furieusement son collègue qui avait posé ses pieds sur la table et croisé les bras sur la poitrine. Celui-ci lui lança un regard éloquent 

-         Ok, je t’adore, je t’adore, je t’adore ! Gros bisous ma puce ! A tout à l’heure !

-         Je retiens, quand j’aurais besoin d’un service, je saurai à qui m’adresser ! plaisanta Temari. A tout de suite !

Ino raccrocha avec un sourire et demanda à la vendeuse de mettre les deux robes de coté pendant qu’elle partait déjeuner. Elle reviendrait dans une vingtaine de minutes. 

 

 

Temari avançait rapidement, comme à son habitude, sur les larges trottoirs de Manhattan où se pressaient un tas d’hommes d’affaires endimanchés dans leurs costards cravates. Shikamaru traînait derrière, dans la même tenue, cependant, lui avait les mains enfoncées profondément dans les poches, la tête baissé et il grognait tout seul :

-         Dépêche toi un peu ! S’exaspéra Temari en regardant le boudeur qui refusait d’aller plus vite

-         … n’ai pas envie de faire les magasins ! Marmonna t’il dans sa barbe

-         Je ne t’ai pas obligé à m’accompagner !

-         J’allais quand même pas manger tout seul ! Rétorqua t’il

-         Ca ne te gênait pas au début !

-         Je ne connaissais PERSONNE ! Se défendit le brun en sortant les mains de ses poches

-         Ecoute, Ino a besoin d’aide, on y va et on va manger, d’accord ?

-         Mais j’ai la dalle moi !

-         Tu ne sais vraiment que manger et dormir ! Soupira la blonde en allongeant encore le pas

-        

-         Bon, pendant que j’irais aider Ino avec ses questions existentielles, toi tu iras nous acheter quelque chose, ça te vas ?

-         Non, je préfère manger au resto, ce qui veut dire que JE t’accompagne ! Opposa le brun sur un ton ferme et décidé

-         Tu es impossible Nara…

-         C’est pour ça que tu m’aimes ! Lanca Shikamaru avec un sourire malicieux

-         Non, je ne t’aime pas, tu es vraiment insupportable !

-         Elles disent toutes ça… et elles finissent toutes par tomber sous mon charme !

-         Elles peut être sont maso ! Pas moi. Répliqua Temari avec un sourire

-         Non, elles ont juste de bons goûts. Et elles sont hétéro aussi !

-         Tu insinues quoi là le macaque ? Menaça Temari en le désignant de son index, un air terriblement effrayant sur le visage

-         Rien du tout… répondit Shikamaru en reculant d’un pas et en essayant de se faire tout petit

-         Je préfère ça !

Temari reprit sa course folle alors que dans son dos, Shikamaru affichait un sourire jusqu’aux oreilles.

 

Cinq minutes plus tard, ils arrivaient devant la vitrine du magasin Prada. Alors que Shikamaru regardait avec des yeux effarés l’intérieur luxueux du magasin, Temari se précipitait vers Ino :

-         Prada ??? T’es dingue ma parole ! Heureusement que tu m’as appelée ! je vais rapidement t’empêcher de vider ton compte en banque !

-         Tema !!! Ils font des soldes ! plaida son amie

-         Même en soldes c’est hors de prix ! Allez on sort d’ici !

Temari prit la direction des opérations et entreprit de faire sortir la furie du magasin, de force. Shikamaru assistait au spectacle avec un air morne, grimaçant quand Ino poussa une exclamation stridente en montrant les robes à sa meilleure amie.

-         Alors ? elles sont magnifiques n’est-ce pas ?

-         … OUI c’est vrai, magnifiques, malheureusement, la moins chère des deux coûte 1100$ ! S’écria Temari en regardant avec envie la robe prune indéniablement chic

-         Ce n’est qu’un détail, le prix ne compte pas lorsqu’on aime avec tant de passion ! pleurnicha la belle blonde

-         Tu es cinglée !

Shikamaru s’approcha des deux amies alors que Temari continuait de faire la morale à son amie. Il tenta de prendre la parole seulement la voie indignée de Temari couvrit toutes ses tentatives. Il essaya de se faire entendre par un raclement de gorge mais aucune des deux blondes ne saisirent le bruit, trop occupée à se chamailler et à débattre du pour et du contre. Bientôt, il en eut assez et il haussa le ton, cette fois ci, les discussions cessèrent :

-         Je vous propose quelque chose ! Je vous achète les deux robes, la noire est pour Ino et la violette, je te l’offre Temari, elle ira parfaitement avec tes yeux. Au moins, j’aurais la paix, et je pourrais aller manger !

-         Arrêtes tes bêtises Shika, de toutes façons, on allait sortir, n’est ce pas Ino ?

-         Oui. Acquiesça enfin la jeune femme, gênée du fait que l’on ait assisté à cette dispute

-         Mon salaire couvre largement une demi-douzaine de création « parla » ! J’insiste, elles ont l’air de vous plaire tellement ! Je déteste voire deux aussi belles jeunes femmes tristes à cause de stupidités pareilles ! Allez, direction les cabines d’essayages ! Ca serait idiot de les prendre trop grandes !

Les deux blondes regardaient le jeune homme, estomaquées. Elles n’en croyaient pas leurs oreilles : pourquoi ferait-il cela ? Question que posa Ino

-         Je ne comprends pas pourquoi…

-         J’aime faire plaisir aux jolies femmes que j’aime bien, en quoi est-ce bizarre ?

-         Vouloir faire plaisir est tout fait compréhensible, dépenser plus de 2000$ pour des filles qu’on ne connaît que depuis deux mois, c’est autre chose ! Fit remarquer Ino avec scepticisme

-         Arrêtez de parler inutilement, vous en crevez d’envie, ça se voit comme le nez au milieu de la figure ! en plus de tout ça, j’ai vraiment très faim ! Ca vous va ?

-         On ne peut pas accepter ! Refusa Temari catégoriquement alors qu’Ino hochait de la tête pour appuyer son amie

-         Si, vous pouvez ! Mademoiselle ! Shikamaru sortit de derrière un présentoir pour interpeller la vendeuse et lui montra les deux robes à encaisser. Elles ne veulent pas essayer ! Tant pis pour moi, je ne verrais même pas le résultat ! Bougonna le brun en remettant les mains dans les poches

Temari et Ino se précipitèrent sur lui en s’écriant qu’il était fou.

-         J’obtiens toujours ce que je veux de toutes façons ! Riposta Shikamaru

 

Dix minutes plus tard, il était affalé sur un siège moelleux à regarder Temari sortir de la cabine d’essayage. La robe était courte et sans manches, c’était l’une de ses tuniques longues et larges qui peuvent se porter avec un leggins et de longues bottes. Elle se resserrait à la taille  par une ceinture noire et elle était légèrement bouffante au-dessus de cette ligne. Elle mettait élégamment en beauté les longues jambes galbées de Temari. Comme Shikamaru l’avait prévu, cette couleur lui allait à merveille, elle faisait pétiller ses yeux vert sombre et la rendait encore plus éblouissante.

Ino, elle, portait une robe noire qui lui arrivait aux genoux. Les bretelles étaient assez larges et formaient un décolleté carré descendant assez bas au niveau de la poitrine, elle était cintrée au niveau de la taille et s’élargissait avec fluidité sur les hanches. Elle était composé de bandes de tissus noir et de voilages plus transparent qui laissaient entrevoir le haut des hanches de la jeune femme. Elle était indéniablement de bon goût et classe associée à un tel mannequin !

Shikamaru admirait l’élégance et la finesse des deux jeunes femmes qui lui faisaient face. Elles paraissaient sobres mais leurs robes se moulaient comme un gant sur leurs silhouettes élancées. Shikamaru sourit et s’avança  vers la caisse, sa carte bancaire dorée à la main (nda : les gold cartes sont généralement celles réservées aux comptes les plus pourvus… Shikamaru est donc loin d’être pauvre !). Temari se sentait gênée par autant d’attention mais lui paraissait très joyeux et très satisfait. Ino était confuse.  

 

~ ~ ~

 

 

Sakura sortait de l’hôpital et leva un regard consterné sur le ciel couvert de nuages. Elle devait se rendre chez Sasuke pour enlever définitivement les points de suture et elle allait devoir marcher sous cette averse ! Elle ouvrit son parapluie et se précipita dans la bouche de métro la plus proche. Un homme qui ne marchait plus droit et qui puait l’alcool la siffla ce qui fini de l’énerver : elle détestait qu’on la prenne pour un vulgaire bout de viande ! Elle s’engouffra vivement dans le wagon qui ouvrit ses portes près d’elle et elle put enfin s’asseoir et se reposer après une journée particulièrement éprouvante. Elle avait participé aux deux opérations dont l’une fut un échec. Elle n’avait jamais vraiment le moral dans ces cas là ! A cela s’ajoutait le fait que Juugo avait tenté de s’enfuir de l’hôpital où elle l’avait placé. Elle ne savait plus quoi faire.  

C’est complètement démoralisée qu’elle retourna à l’air libre… et humide. Elle observa les alentours et prit la direction de l’appartement de Naruto et Cie. Elle avançait rapidement dans les rues, regardant ses chaussures pour ne pas écraser une déjection canine qui ruinerait totalement sa semelle. Elle ne vit pas tout de suite le petit garçon qui courrait en sens inverse sous la pluie. Sakura releva la tête en entendant des petits pas sauter dans les flaques. Un enfant de sept ou huit ans cavalait devant elle, si vite, qu’il éclaboussait ses habits. Sa petite capuche finirait par retomber dans son dos, trempant ainsi sa petite bouille de gosse. Une image se superposa immédiatement à l’esprit de Sakura : Jonathan, le petit garçon qui était décédé dans son service quelques semaines auparavant, avait le même age, la même vivacité, les mêmes petits yeux pétillants empli d’innocence de l’enfance. La rose s’était accrochée à ce petit plus qu’aux autres enfants du service : question d’affinités. Elle adorait lui lire des histoires, jouer avec lui, le regarder dessiner, et le cajoler. Malheureusement, la mort l’avait emporté alors qu’elle avait tout juste finit de lui lire Le Petit Prince … Elle était rentrée chez elle bouleversée. Ce soir-là, elle avait rencontré Naruto, un charmant jeune homme avec qui elle était devenue amie. Et aussi Sasuke…

 

Le petit bonhomme, tout trempé, releva la tête et croisa le regard vert plein de tendresse de Sakura. Il sourit, elle le lui rendit, de toutes ses forces.

-         Bonjour ! S’écria t’il en arrivant à sa hauteur, continuant sa course folle

-         Bonjour. Cria Sakura en se retournant pour le regarder. Avant qu’il n’arrive au bout de la rue, elle s’écria : comment t’appelles tu ?

-         Sammy ! Mais tout les gens m’appellent Sam ! Répondit il en se retournant, employant  le langage d’un enfant de cet âge

-         Ravie d’avoir croisé ta route Sam ! Rentre vite, il ne faudrait pas tu prennes froid avec ce temps de chien !

Le petit garçon hocha la tête en souriant à nouveau. Il se tourna et repartit en courant. De son coté, Sakura reprit elle aussi sa route. Désormais, un sourire étirait ses lèvres. Lorsqu’elle aperçut la vitrine d’un chocolatier de l’autre coté de la rue, elle s’arrêta et décida de faire des folies.

 

Dix minutes plus, Sakura entrait dans l’appartement de Sasuke. Les trois garçons étaient attablés au tour de la table, Shikamaru n’était pas encore rentré. Naruto la serra dans ses bras, ils étaient devenus très proches ces derniers temps. Sai la salua d’un hochement de tête :

-         Comment vas-tu depuis ce matin ?

-         Bien ! Et toi, tu as trouvé tous ce qu’il y avait sur la liste des commissions ?

-         Non ! Il a oublié les ramens ! Geint le blond

Sakura sourit et plaça la boite d’excellents chocolats sous son nez. Naruto leva un sourcil interrogateur et détacha le ruban rose sur la table. Sasuke et Sai haussèrent les sourcils en voyant les petits carrés marron :

-         Je me suis arrêtée chez le chocolatier du coin. Expliqua Sakura

-         C’est hors de prix Sakura ! S’indigna Sai

-         Les malades aiment les gâteries ! Et ça fait plaisir aux grands enfants ! Plaisante Sakura en désignant tour à tour Sasuke et le blondinet

Sasuke approcha son index de la boite et attrapa un chocolat, Sai fit de même. Naruto qui avait déjà commencé à s’empiffrer leva un pouce approbateur en direction de la rose :

-         Ch’est chuper bon !

-         Naruto, il faut déguster ce genre de gourmandises, pas se les enfiler le plus vite possible ! Apostropha Sai alors que Sakura faisait l’accolade à Naruto en riant.

Sasuke, maussade, se leva et se racla la gorge :

-         Je crois me souvenir que c’est aujourd’hui que tu m’enlèves les points !

-         Oui, ça sera un peu plus long que d’habitude !

-         Tu n’as qu’à rester dîner avec nous ce soir ! J’appellerais Ino pour lui proposer l’invitation et je suis certain que Shikamaru sera ravi de demander à Temari de venir aussi. Proposa Sai alors que Naruto se levait en criant qu’il appelait Hinata pour l’inviter.

-         Quant à moi, je passe un coup de téléphone à Neji ! Naruto ! Dis à Hinata d’amener Tenten ! Ordonna Sai

Sakura observa ce déchaînement soudain avec de petits yeux médusés. Elle s’approcha de Sasuke, déjà assis sur le canapé, qui lisait un journal sportif.

-         Ca risque de piquer un peu.

-         Hn

-         Je vais essayer de ne pas te faire mal...

Pendant une vingtaine de minutes, Sakura se concentra sur la blessure désormais cicatrisée. Sasuke ne bougeait pas ce qui lui facilitait grandement la tâche. Sai s’activait aux fourneaux, enchanté de la présence d’Ino ce soir.

Naruto faisait subir un brin de toilette violent à l’appartement : l’aspirateur se cognait aux meubles, les objets dégringolaient des étagères,… Et Sasuke râlait et le rabrouait sans cesse. Sakura releva la tête, agacée :

-         Fais le toi-même au lieu de l’engueuler ! Rétorqua Sakura, exaspérée par son attitude

-         Il ne me semble pas t’avoir adressé la parole !

-         Tu es bien de mauvaise humeur aujourd’hui ! grommela t’elle alors qu’il lui lançait un regard meurtrier.

-         C’est peut être le fait de te voir !

-         Sasuke, je suis fatiguée, je n’ai pas envie de me disputer avec toi. De toutes façons, tu as toujours raison, c’est bien connu !

Cette remarque piqua le brun dans son orgueil et il se renfrogna dans son canapé, les coudes croisés sur la poitrine, boudeur.

-         Ouvre tes bras, je n’ai pas encore fini !

-         Hn

-         Arrête de faire l’enfant ! Je ne t’ai fais aucune remarque aujourd’hui !

-         Non… sauf il y a deux secondes !

-         J’y peux rien si tu es aussi horripilant et imbuvable !

-         Pff

-        

 

Quelques minutes de lourd silence après, Sakura reprit la parole :

-         Je te fais une proposition : on essaie de ne pas s’engueuler pendant le repas, pour que les autres puissent passer une soirée agréable. Eux aussi bossent toute la semaine, ils n’ont pas à supporter nos enfantillages !

-         TES enfantillages !

-         SASUKE ! S’exclama t’elle en se redressant

-         Bon, ça va, j’accepte le marché, tu es contente ?

-         Oui. Merci. Elle s’adoucit et elle déposa un furtif baiser sur la joue du brun avant d’aller désinfecter son matériel dans la salle de bain

Sasuke resta assis sur le sofa, pantois. Il posa une main sur l’endroit où elle avait déposé ses lèvres et rougit légèrement. Il entendit Sai, qui venait de se brûler avec le four, jurer, ce qui lui permit de reprendre ses esprits : il se serait volontiers gifler !

Néanmoins, lorsque la jeune chirurgienne sortit de la salle d’eau, son patient aidait Naruto à ranger le désordre de l’appartement… Aurait-il pris en considération ses remarques ?

 

Sakura aida Sai à passer ses doigts rougis sous l’eau froide et elle finit de préparer le repas avec lui. Elle s’étonnait de la culture de l’architecte, c’était quelqu’un avec qui on pouvait parler de tout. Lorsque Temari et Shikamaru pénétrèrent dans l’appartement, ils étaient en train de disserter sur « l’art thérapie », nouvelle discipline médicale très en vogue dans les grandes villes. Sasuke et Naruto dressaient la table tout en les écoutant se balancer divers arguments. Temari embrassa sa meilleure amie en narrant les folies de Shikamaru qui se renfrognait, gêné. En entendant le récit, Sai et Sasuke redressèrent la tête et regardèrent leur ami avec une expression étrange, mi-médusée, mi-surprise.

La rose suivie sa meilleure amie dans la chambre du Nara qui voulait essayer la robe pour la lui montrer. Sakura dû en convenir, l’étoffe était magnifique et Temari, ravageuse ! Sakura l’obligea à la garder. La jeune femme, elle, n’avait pas eu le temps de se changer ou de se préparer : son maquillage avait coulé, ses cheveux ne ressemblaient plus à rien. Elle se remaquilla rapidement et arrangea sa coiffure tout en enfilant une chemise de satin noir qui mettait en valeur ses courbes féminines. Ino ne tarda pas à arriver, accompagnée de Tenten et Hinata qui restaient en pavoisons devant la magnifique robe de couturier offerte par Shikamaru.

Lorsqu’elle fit son entrée dans le salon, Sai ne pu détacher son regard de cette silhouette accompagnée d’un visage si unique… Ino était parfaite !

Hinata embrassa pudiquement Naruto qui la serra avec beaucoup de tendresse. Elle paraissait si petite et fine dans les bras du grand blond. Shikamaru jeta un coup d’œil complice à Temari et Tenten qui souriait. Sakura sortit de la salle de bain et ne put s’empêcher de pousser un cri de stupeur devant la beauté de sa meilleure amie :

-         Ino… tu es vraiment sublime ! Elle resta sans voix alors que sa meilleure amie la serrait très fort dans ses bras en déposant un baiser sonore sur les cheveux rosés

-         Et oui, notre petite Ino devient une femme ! Se moqua gentiment Temari en envoyant un coude dans les cotes de Tenten qui répondit à son sourire malicieux

Neji fut le dernier à arriver, embarrassé par des dossiers protégés de la pluie par sa robe d’avocat. Tenten et Naruto l’aidèrent à poser toutes ses affaires alors que Sai et Sakura, les pros de la cuisine, commentaient l’allure désastreuses de chacun de leurs plats : les cuisiniers dénigrent toujours leur travail, c’est bien connu ! Ino enfonça un doigt dans la sauce et la porta à sa bouche sous les yeux perçants de Sai pour finalement annoncer qu’elle la trouvait délicieuse.

 

Ce repas se passa dans la bonne entente cordiale de tous. L’alcool coulait à flots et Sakura sentait que sa tête commençait à tourner. Ino, elle, était déjà un peu ivre. Naruto, lui aussi, avait un peu trop forcé sur le saké. Shikamaru était un peu trop gai pour être dans son état normal. Sasuke et Neji restaient eux-mêmes et papotaient avec Tenten et Temari.

Lorsque Naruto se leva pour porter un verre à sa chérie Hitana, Sasuke crut que le drame était arrivé. Pourtant, Hinata se précipita à coté de son petit ami pour l’embrasser, elle avait trouvé ça « trop mignon » ! Sasuke eut l’air dégoûté, son expression changea subitement lorsqu’il sentit le regard perçant que Sakura levait sur lui. Il savait qu’elle avait un peu bu, mais elle semblait rester maître de ses émotions : en ce moment, elle lui souriait, d’un air désabusé. Elle s’approcha de lui et murmura quelque chose à son oreille qui eut le don de le faire sourire. Elle se rassit sur sa chaise, tanguant légèrement, alors que Ino caressait les cheveux de Tenten, qui ne semblait pas vraiment apprécier :

-         Ino ! Tu es complètement bourrée ma fille !

-         Mais non !

-         Mais si !

-         Je me sens très bien !

-         Je n’en doute pas, tu te sens sûrement un peu trop bien d’ailleurs !

-         T’es qu’une rabat-joie ! Neji-kun, tu permets que je me mette à coté de toi ? ça sera peut être plus marrant ! Lança Ino avec un regard éloquent en direction de la brunette

Tenten tenta de dissuader son amie d’un regard noir, alors que Temari et Shikamaru papotait avec Hinata et Naruto –enfin, plus avec Hinata qu’avec Naruto, qui dormait presque sur sa chaise. Sakura écoutait Sai et Neji discuter, Sasuke regardait Tenten et Ino se battre,… Bref c’était une soirée entre amis tout ce qu’il y a de plus normal et de plus habituel !

 

Mais ce n’était que le début de la nuit…

 

En effet, un quart d’heure plus tard, Naruto se redressa précipitamment de son siège, ce qui lui valut d’atterrir lourdement sur le derrière à même le sol. Ino partit d’un grand éclat de rire, dont seules les femmes saoules ont le secret. Le blondinet se rassit sur sa chaise avec le peu de dignité qui lui restait et il leva des yeux éplorés vers Hinata qui le cajola tendrement. Tenten contempla ce doux tableau les yeux pleins d’étoiles ce dont s’aperçut Neji. Il regarda la jeune femme sourire lorsque Hinata déposa un baiser furtif sur la joue gauche de Naruto. Ce soir, elle était belle et resplendissante par sa simplicité : lorsqu’il tournait les yeux vers Ino ou Hinata, il voyait des dames de la haute société alors que lorsque son regard se posait sur Tennessee Wu, il percevait les battements d’un cœur enchanté par les petites attentions du moment. Elle était éphémère, gracieuse, subtile dans sa façon d’être, même si elle ne s’en rendait pas forcément compte lorsqu’elle était comparée à la froide beauté d’Hinata ou l’envoûtant charme d’Ino. Tenten était ce genre de filles passe-partout sur lesquelles on se ne retourne peut-être pas dans la rue mais qui donne des papillons dans le ventre lorsqu’elles sourient de toutes leurs dents, sa petite fossette au menton illuminant son visage comme un astre. Neji réalisa qu’il la contemplait depuis cinq minutes, sans ciller, et qu’elle l’avait remarqué. Elle le jaugeait, d’un air interrogatif :

-         J’ai un truc coincé dans les dents ou quoi ?

-         Non. Reste juste telle que tu es…

Tenten regarda Neji comme s’il avait trop bu alors que ce dernier maudissait sa bouche d’avoir laissé les mots pensés tout bas, sortir pour être prononcés tout haut.

 

Sai, quand à lui, essayer de profiter du fait qu’Ino soit saoule pour lui faire dire si elle lui en voulait encore ou non. La jeune femme babillait beaucoup, d’humeur bavarde :

-         …je me souviens que ce jour-là, je t’en… hips… voulait beaucoup ! Je me suis dit que tous els hommes étaient les mêmes : des gros porcs ! Hips…Comme mon patron qui me fait sans arrêts des avances minables !

-         Ton patron te fait des avances ? Demanda subitement Sai, l’air énervé

-         Ouais ! Et dire qu’il a une femme et une gosse ! Comme je disais hips : tous des porcs !

-         Ino, ton patron t’a-t-il déjà harcelé sexuellement ? Intima t’il en lui attrapant le poignet

-         Non, il essaie juste de temps en temps, il est un peu con mais il est pas bien méchant ! Il raisonne juste un peu trop… hips avec ce qu’il a dans son pantalon !

 

Sai se renfonça sur sa chaise, soulagé. Lui-même ne comprenait pas pourquoi il se posait en attitude protectrice, il n’était pas du genre à se préoccuper des femmes avec qui il sortait, il aimait les charmer, il aimait la chasse, une fois qu’il avait ce qu’il voulait, ça ne l’intéressait plus. Pourtant, avec elle, c’était différent et il ne comprenait pas pourquoi : cette blonde était tout ce dont ils se moquaient ouvertement, lui et ses amis, superficielle, blonde, sachant pertinemment se servir de ses charmes dans son propre intérêt,… Elle n’avait rien de la femme qui aurait pu séduire un homme comme lui ! Et pourtant, son minois, sa petite bouche pincée, ses yeux d’un bleu parfait et ses mimiques hantaient ses nuits. Elle faisait désormais partie d’un tout. Son tout.

 

De son coté, Sakura jetait des coups d’oeils fréquents sur Temari et Shikamaru. Ils discutaient. Rien de plus. Quelque chose clochait ! Temari et Shikamaru étaient faits l’un pour l’autre ! Si elle avait été un témoin étranger à la petite bande, elle aurait tout parié sur ce couple là ! Et pourtant, avec elle et Sasuke, ils étaient les seuls à n’avoir eu aucune relation… hormis une relation amicale qui sonnait terriblement faux. Elle aurait aimé pouvoir aider Temari, mais elle savait aussi que cette dernière n’accepterait jamais qu’on s’immisce dans l’une des ses histoires amoureuses. Alors comment faire en sorte que ces deux-là se trouvent ? Pour l’instant, elle avait la tête trop embrumée par la boisson pour dégoter une solution. Elle se tourna donc vers Sasuke et Neji et tenta de percevoir quelques bribes de leur conversation.

 

En effet, la nuit ne faisait que commencer. Un inconnu ne connaissant aucune des personnes présentes aurait pu croire que ces gens s’étaient réunis par affinités. Pourtant, s’ils se tenaient tous les dix attablés dans une même pièce en cette soirée d’équinoxe de printemps, c’était avant tout pour ne pas être seuls, pour sentir la présence de quelqu’un à leurs cotés qui luttait aussi pour vivre.

 Lorsque vous menez toujours votre vie à cent à l’heure, vous n’avez jamais le temps de vous arrêter sur les choses qui vous entourent et de penser au sens que vous voulez donner à votre vie.

Et pourtant… Sai avait distingué Ino parmi cette furieuse foule New Yorkaise, Temari avait affronté ses tourments grâce à un Shikamaru qui n’en menait pas plus large, Hinata et Naruto avaient enfin trouvé l’âme sœur, leur Bachert. Neji avait ouvert les yeux pour mieux observer la vie et y avait croisé ceux de Tenten. Même la jeune Sakura avait vaincu ses préjugés à l’encontre de Sasuke.

 

Ce n’était pas par hasard qu’ils éprouvaient le besoin d’être ensemble. Certains croient au coup de foudre, d’autres à l’amour gagné petit à petit par l’habitude, l’attention, la chaleur. Eux, habitants de New York, ne croyaient plus à l’amour véritable et transcendant, trop habitués aux ruptures incessantes, aux relations platoniques ou sexuelles, trop habitués à être seuls. Quels aveugles ! Ils ne distinguaient pas l’éclaircie qui se dégageait dans leurs cœurs lorsqu’ils étaient ensemble… Il est toujours difficile d’avouer qu’on aime, parce que c’est mettre à nue une partie de soi, c’est mettre en évidence une faiblesse. Faiblesse ? Non, c’était seulement l’impression que tout le monde en avait. L’amour est au-dessus de ça et il leur permettrait au contraire de devenir plus forts, portés par cette ivresse, cette allégresse.

 

L’amour peut parfois rimer avec toujours…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je ne vous le cache pas, j’ai eu quelques difficultés avec ce chapitre. J’hésitais à faire la première partie, je ne sais pas du tout ce que ça donne !

 

 

Dernièrement j’ai lu beaucoup de fic de jeunes auteurs (15 ans pour l’une d’entre elles !), et la qualité d’écriture de certaines m’a bluffé. Alors bravo à celles-ci, je ne me souviens pas de tous les pseudos alors je ne cite aucun nom pour ne pas faire d’injustice !

 

Voila, je pars 5 jours à Cannes, donc pas de chapitre avant la semaine prochaine ! Voir après… en fonction du boulot qu’il me reste sur les bras ! 

 

Merci de vos encouragements. Bien à vous,

 

Ithildine.