CHAPITRE 6

par corny94

 

 

 

CHAPITRE 6 :

 

 

Il est réellement là, à l'intérieur de mon petit deux pièces. Plus petit que ce qu'il n'imagine à en juger son expression. Désolée d'avoir une vie minable et de bas revenue, pensais-je.

 

- Assis-toi sur le canapé. Tu veux quelque chose à boire ? Café, thé... Demandais-je.

- Rien du tout. Rétorque-t-il sèchement.

- Comme tu le souhaite. Soupirais-je. Permets moi de me servir quelque chose.

 

J'attendais que la bouilloire ait terminé de chauffé tout en m'interrogeant. Comment je vais résumé la situation sans qu'il ne tombe dans une rage incommensurable ?

 

- Qui a prit ces photos ? Fit Naruto dans l'autre pièce.

- De quelles photos parles-tu ? Répondis-je en revenant une tasse fumante dans les mains.

- Celles-ci.

 

Il pointait en direction de celle de mon accouchement. J'étais épuisée, les yeux à moitiés fermés et Kei minuscule dormait contre ma poitrine, un duvet de cheveux noir déjà apparent. Il était si petit... Sa main pouvait à peine tenir l'un de mes doigts. Il était tellement mignon.

 

- Ca doit être Neji ou Kiba. Je ne m'en rappelle pas vraiment.

- Est-ce que tu sors avec lui ? Me demande-t-il froidement. Avec Kiba. Il est presque sur toute les photos.

- Comme Shino, Neji et Yuhi-san... Mais tu es venu pour me parler de ça, vraiment ? Répondis-je sur le même ton. Si c'est le cas, je vais être obliger de te faire partir.  

- Non, je... Je vous trouve juste très proche. Si je suis là c'est pour...

- Pour ?

- Est-ce que Keisuke... C'est mon fils n'est-ce pas ?

- Tu pense que c'est le cas ?

- Quand je vous ai croisé l'autre jour, j'ai tout de suite remarqué ces yeux bleu et cette marque de naissance, identique à la mienne...  Dis-moi la vérité, s'il te plaît.

- Tu as bien conscience que cela peut changer ta vie ? Que tu ne pourras pas faire machine arrière ou faire semblant de ne pas savoir. Tu te sens près à l'entendre ?

- Oui, bien sûr. Je ne m'enfuirais pas !

- Au moins une chose qui n'aura pas changé... Pensais-je étrangement soulagé. Oui, Naruto. C'est ton enfant, ton fils. Tu es son père.

 

Le silence tomba en un instant. Naruto semblait avoir arrêté de respirer. En même temps, à quoi il s'attendait ? C'est officiel, tu es papa !

 

- Quand as-tu appris que tu étais enceinte ? Bafouille-t-il.

- Peut-être deux semaines après ton départ.

- Pourquoi tu ne m'as pas informé ? J'aurais pu être présent !

- Parce que le jour où j'ai voulu te l'avouer tu me quittais pour Akuma-san.

- Qu-quoi ?

- Tu ne t'en souviens sans doute pas... C'était lors de notre dernière conversation il y a sept ans, je devais t'annoncer quelque chose, il s'agissait de ma grossesse. Si tu ne t'étais pas empressé de me dire que tu avais rencontré quelqu'un, tu l'aurais su... Mais tout a été confirmé par la presse quelques jours plus tard, avec des photos de vous deux à la une des magazines. Soufflais-je maussade.

- Non, ce n'est pas vrai tu...

- Je, quoi Naruto ? Tu m'as quitté comme une moins que rien, tu m'as abandonné ici ! Tu as profité de ta nouvelle vie, sans moi. Alors qu'on m'humiliait et mise à la porte de la maison où je suis née... Tu n'as jamais cherché à reprendre le contact avec moi ou savoir ce que j'étais devenue.

- Arrête j'ai essayé ! J'ai appelé Neji, Kiba, Shino et Kurenai-sensei. J'ai même obtenue le numéro de ta petite sœur pour te joindre. Mais bizarrement personne ne m'a répondu. Et quand j'ai voulu savoir ce qu'il se passait, Sakura m'a dit que Kiba passait tout son temps chez toi.

- Sakura ? Tu veux rire j'espère ?! Si elle était une source fiable, ça se serait !

- Qu'est-ce que tu veux dire par là ?

- Tous nos amis savaient à quel point j'étais amoureuse de toi à l'époque, même elle. Mais Haruno-san a continué à te faire espérer, pour satisfaire son propre égo. Sauf que tu n'as jamais rien remarqué, parce que tu l'as aimé et que c'est ta meilleure amie. Elle n'a jamais approuvé notre relation. Haruno-san a dû penser qu'en me quittant tu reviendrais vers elle. Dommage que tu aies trouvé quelqu'un avant même que l'on se sépare. Fis-je pleine de sarcasme.

- Pardon ?!

- Ne fais pas semblant de ne pas comprendre. Je sais que tu as commencé à la voir alors qu'on était encore ensemble. Alors que tout le village pensais que j'étais une sorte de traînée, tu passais du bon temps ! Renchérissais-je.

- Pourquoi tu ne t'es pas battu alors ? Pourquoi tu m'as laissé partir ?

- Parce que je m'étais déjà trop battu pour toi ? Qu'un enfant aurait gâché le rêve que tu étais entrain de réaliser ? Et que par dessus tout tu ne m'aimais plus ?

- Si c'était si difficile pourquoi l'as tu gardé ? Chuchote-t-il.

- Parce que moi, j'étais amoureuse de toi ! Hurlais-je essoufflé. Tellement que malgré notre rupture, je n'ai pas pu me résoudre à abandonner cet enfant. Même si j'étais jeune et seule, je n'ai jamais regretté mon choix de l'avoir mis au monde. Il représente tout pour moi aujourd'hui, je n'ai jamais ressentit autant d'amour pour quelqu'un que pour mon fils.

- Moi aussi je t'aimais, bordel ! Ne fais pas comme si je n'avais jamais eu de sentiments pour toi...

 

Ses mots me heurtent en plein cœur mais il ne faut pas que je me laisse attendrir. Pas cette fois-ci ! Je tente de ne rien laisser paraître et rétorque :

 

- Si tu en avais eu autant pour moi que tu le prétends, tu ne m'aurais jamais trompé. Sifflais-je agacé. Ne fais pas cette tête, Akuma-san est venu me voir l'autre jour et m'a avoué fièrement que tu avais cédé à la tentation très rapidement. Le jour même de votre rencontre à vrai dire. Quand elle me l'a dit je me suis demandé comment j'ai pu t'aimé...

- Tu ne sais rien, elle t'a sûrement raconté ce qui l'arrangeait. Se défendit Naruto. En réalité nous...

- Par pitié, pas de nous devant moi. L'interrompis-je.

 

J'en avais marre. Un mal de crâne s'annonçait ainsi qu'une forte envie de pleurer. Je m'asseyais au sol pour me calmer et empêcher mes membres de trembler. Ma rancœur, ma colère ma tristesse, je lui avais tout dis...

 

- Tu vas bien ? S'inquiéta Naruto en s'accroupissant face à moi.

- Non, ça ne va pas du tout. Comment ça pourrait aller, tu es au courant de tout... Qu'est-ce qu'on va faire maintenant ?

- Tu te rends compte du temps qu'on a perdu ? Me dit-il en s'asseyant à mes côtés. Sept longues années. Tu as eu un enfant. Il sait que je suis son père ?

- Non, bien évidemment. Il ne manquerait plus que ça...

- ...

- Il sait que son père vit ailleurs. Ce qui est le cas. Ta vie n'est plus à Konoha mais à Tokyo et je préfère lui épargner des souffrances inutiles. Me justifiais-je.

- Je veux faire partie de sa vie. Proteste Naruto. Tu n'as plus à être seule pour t'occuper de lui...

- Je n'ai jamais vraiment été seule pour l'élever, tu sais. Beaucoup de personnes m'ont soutenue jusqu'ici. Yuhi-san, Neji-nii-san, Shino, Kiba-kun... Mais je ne t'empêcherais jamais de le voir, si tu veux apprendre à le connaître.

- Kiba, encore, on revient toujours à lui ! Il se passe vraiment quelque chose entre vous... Sakura a raison alors.

- Je peux en dire autant, tu fais référence à elle dès que tu en as l'occasion. Ripostais-je.

- Mais il a des sentiments pour toi, c'est évident !

- Et alors ? C'est pour Keisuke que tu es là, n'est-ce pas ? Pas pour moi.

- Si mais... Souffle-t-il en se grattant la tête. Il y quand même des choses que j'aimerais savoir à ton sujet.

- Tu peux toujours poser tes questions sauf que je ne te garantie pas des réponses.

- Ca me va. Acquiesce Naruto. Est-ce que ton père sait que tu vis ici ? Et pourquoi tu es dans ce genre d'endroit ? Qui sait que je suis le père de Keisuke ? Comment cela se fait que tu travaille dans une supérette ? Tu n'as pas poursuivi tes études ?

- En effet tu en avais des questions. Soupirais-je pour moi-même. Je vis ici grâce à Iruka-sensei. Il me loue son ancien appartement plus que généreusement, sans lui je ne sais pas où je logerais. Tout le village sait que j'ai un enfant. Shino, Kiba, Yuhi et Neji sont au courant pour toi. Les autres ont certainement des doutes mais je ne suis pas rester en contact avec qui que ce soit depuis la naissance de mon fils. Tu peux bien comprendre, regarde ton niveau de vie et le mien, c'est risible. Mes études ? Enceinte jusqu'aux yeux, je n'ai pu faire qu'un trimestre. Pourquoi je ne vis pas avec le reste de ma famille ? Mon père m'a coupé les vivre et m'a mise à la porte après l'accouchement. Tout ça s'est déroulé dans le plus grand secret, tu t'en doute. Je ne suis plus héritière, plus vraiment une Hyuga et je n'ai plus de famille.

 

FLASH-BACK

 

Je me trouvais encore au manoir, dans une chambre isolée du reste de la famille. Je venais de profiter des quelques minutes du sommeil de Kei-kun pour prendre une douche. Mon fils avait à peine une semaine qu'il grandissait déjà... J'espérais pouvoir lui trouver un endroit convenable où grandir.

 

Je venais d'enfiler un peignoir et retrouvais mon petit garçon qui dormait encore sagement dans son berceau près de mon futon. Sauf qu'il n'était pas seul, mon père l'observait attentivement.

 

- Oto-san ?

- Quel dommage... Je ne le verrais pas grandir. S'exclame-t-il sans le quitter des yeux.

- ...

- C'est le moment. Poursuit-il en se tournant finalement vers moi. Tu dois quitter le manoir maintenant, tes valises sont prêtes.

- Où va-t-on aller ? Paniquais-je instantanément.

- J'ai trouvé un logement pour toi. Je paierais généreusement le loyer pendant un an. Le temps que tu trouve un emploi qui te permettra de vous nourrir tous les deux.

- Je... Je peux saluer Hanabi et Neji avant mon départ ?

- Non, tu ne fais plus partie de cette famille et donc aucune raison de leur parler.

 

C'était plus difficile à entendre que je ne l'aurais cru. C'est comme si on venait de me poignarder. Je sentais mes yeux s'humidifier.

 

- Tu emprunteras la porte de derrière pour quitter le manoir et sans esclandre. Tu as dix minutes. Au revoir, mademoiselle.

 

Il quitta la pièce sans un regard pour moi ou son petit-fils. Je m'habillais tant bien que mal et enroulais délicatement Kei dans une couverture sans le réveiller. Je le maintenais d'un bras et tirais ma valise de l'autre. Je traversais le long couloir jusqu'à l'extérieur sans croiser âme qui vive. Ordre du patriarche sans doute. Au moment de refermer la porte derrière moi, la poignée me fut arraché des mains. Une masse brune se jeta sur moi...

 

- Nee-san ! S'écria ma petite sœur Hanabi en larmes. Ce n'est pas juste, je ne veux pas que tu t'en aille !

- Moi non plus, Hanabi-chan... Mais je dois y aller.

- Si je parle à papa peut-être que...

- Non tu ne peux pas discuter avec lui à mon sujet, tu le sais très bien.

- Qu'est-ce que je vais faire sans toi, hein ?! Je le déteste !

- Ne dis pas ça, pè... Il est le seul parent proche qu'il nous reste. Sans oublier Neji. Il sera là pour toi. Même si on n'a plus le droit de se voir, je penserais toujours à toi. Puis avec un peu de chance, on arrivera à s'écrire en cachette ! Dis-je en m'éloignant d'elle avec un petit sourire.

- Mais...

- Tu vas me manquer. L'interrompis-je. Je t'aime.

 

Avant qu'elle ne puisse me retenir une fois de plus, je fermais la porte de l'endroit où j'avais grandi sous le regard suppliant de ma sœur. Je n'aurais plus jamais le droit de revenir ici. Jamais. Je marchais le plus rapidement possible sans regarder en arrière. Et lorsque le manoir fut hors de ma vue, je m'arrêtais pour autoriser mes larmes à couler. Me voilà vraiment toute seule maintenant, juste Keisuke et moi.

 

FLASH-BACK FIN

 

- Je suis désolé Hinata. Me dit Naruto. Si j'avais su...

- C'est mieux ainsi, tu as réalisé ton rêve. Devenir un champion comme ton père. Souriais-je mélancolique.

 

Et moi qu'est-ce qu'il me reste ? Pensais-je. Je vis dans un appartement minuscule, je fais un travail qui ne me correspond pas, je n'ai pas de famille sur qui compter et je suis une mère célibataire. Encore perdue dans mes pensées, je ne faisais plus attention à ce qui m'entourait.. Enfin jusqu'à ce qu'une main se pose sur ma joue. Je sortais immédiatement de ma transe en me rendant compte de qui il s'agissait :

 

- Pourquoi tu fais ça ?! M'écriais-je rouge en m'écartant.

- Tu es entrain de pleurer. Répond Naruto en essuyant un de mes larmes.

- Je... Mince.

 

Je n'arrêtais pas de pleurer depuis qu'il était de retour à Konoha.

 

- Tu veux me parler ? Tente-t-il.

- Parler de quoi ? Pouffais-je. Je suis épuisée d'accord ? Je ne pensais pas te revoir un jour et Kei-kun qui n'arrête pas de poser des question ces derniers temps... Ca fait beaucoup de chose à assimiler. Mais tu ne peux pas comprendre.

- Il faut que tu arrête de croire que je n'ai pas de problème non plus.

- Quoi ? Tu ne vas pas me dire qu'avec ta carrière, ta sublime fiancée et l'argent que tu gagne, tu n'es pas heureux ?

- Oui j'ai tout ça sauf qu'en ce qui concerne mon couple tout est... Superficiel.

- Qu'est-ce que tu veux dire par là ? L'interrogeais-je intrigué.

- Avant d'arrivé ici ça faisait deux mois que nous ne nous étions pas vu. En réalité nous...

 

DING ! DONG !

Juste au moment où j'aurais pu avoir des réponses à mes questions... Je faisais signe à Naruto que j'allais ouvrir. Je me retrouvais alors face à Kiba, tout sourire et visiblement heureux de me voir.

 

- Salut Hinata-chan ! S'exclame-t-il. Ca va ? Je savais que tu ne bossais pas aujourd'hui, je me suis permis de venir. Je voulais t'inviter à déjeuner à midi. T'en pense quoi ?

- Euh... Ca m'aurait fait plaisir de manger avec toi mais j'ai déjà un invité et...

- Un invité ? Rétorque-t-il perplexe. J'aurais préféré qu'on soit tous les deux mais il peut nous accompagner.

- C'est-à-dire que...

- Quoi, ça te gêne de faire les présentations ? T'inquiète, je vais le faire moi-même !

 

Avant que je ne puisse l'en empêcher, il se trouvait déjà dans le salon. Je les rejoignais avant qu'il ne soit trop tard. Ils se fixaient intensément et j'avais l'impression que tout l'air de la pièce s'en était échappé. Il ne pouvait pas y avoir pire configuration.

 

- Qu'est-ce qu'il fait là ?! S'exclamèrent-ils d'une même voix.

- Non, toi qu'est-ce que tu fais chez Hinata ? Vociféra mon meilleur ami. De quel droit tu...

- Il sait tout pour Keisuke, Kiba-kun. L'interrompis-je en posant une main sur son bras pour l'apaiser.

- Et tu l'as quand même invité chez toi ? S'énerve-t-il en se dégageant.

- Hey, tu ne parle pas Hinata de cette manière ! Intervint Naruto. Elle ne m'a rien dit, j'ai compris seul que j'étais son père.

- Son père ? Mais tu veux rire. S'emporte Kiba une nouvelle fois. Tu n'es rien pour lui, ni quoi que ce soit pour elle. A ton avis, qui c'est occupé d'Hinata lorsque tu l'as abandonné ? Qui lui a tenu la main quand elle a accouché ? Qui l'a soutenue quand son père l'a renié ? Ou quand elle ne pouvait pas payer son loyer ? Pas toi ! Non, tu préférais t'afficher dans la presse avec cette... Fille. Hurle-t-il avec des geste incohérent. Tu étalais ton bonheur dans tous les journaux, sous ces yeux. Imagine l'état d'Hinata à chaque fois qu'elle voyait ça ?!

- Kiba arrête.

- Tu ne sais rien, tu ne t'es jamais soucié d'elle ces dernières années. Alors que moi je...

- Ca suffit, tais-toi maintenant ! M'énervais-je à mon tour.

 

Naruto se doutait déjà que ma vie était pathétique, Kiba n'avait pas besoin de lui avouer qu'en plus elle était misérable. Je sais que je ne suis pas la meilleure mère qui existe mais je fais de mon mieux pour que mon fils soit heureux. Je fais toujours en sorte qu'il ne se rende pas compte de mes problèmes. Et il est hors de question que tous mes efforts pour rendre notre vie stable soit gâché, pas maintenant.

 

- Kiba sort d'ici s'il te plaît. Ordonnais-je calmement.

- Pourquoi moi ?

- Parce que ma conversation avec Naruto-san n'est pas terminé.

 

Je l'attrapais par l'épaule et le conduisait à l'extérieur, laissant la porte d'entrée entrouverte afin de discuter tranquillement.

 

- S'il te plaît ne te mêle pas de ça.. Lui soufflais-je.

- C'est vraiment ce que tu souhaite, qu'il revienne dans ta vie ? Tu veux souffrir à nouveau ?

 

Je ressentais son inquiétude et la tristesse au travers de sa voix. Toute cette sollicitude à mon égard me touchait mais...

 

- Ce n'est pas de ma vie à moi dont il s'agit ici mais de celle de Kei-kun. Même si tu es formidable et présent pour lui, pour nous, je veux qu'il ait son père. Il aura besoin de lui. Tu comprends ?

- Je sais. Tu as raison mais ne t'implique pas trop. J'en ai assez de te voir malheureuse. Fit-il en posant sa main contre ma joue. Tu as le droit au bonheur toi aussi.

- Merci Kiba-kun. Souriais-je gentiment.

 

Je méritais pas un jeune homme tel que lui. Aussi bien en tant qu'ami que plus, il était trop bien pour moi. Il m'enlaça brièvement avant de me saluer. Je regagnais l'intérieur où Naruto m'attendait patiemment.

 

- Kiba a raison. Commence-t-il. Je n'aurais jamais du te traiter de cette façon qu'il y ait Keisuke ou non. Qu'est-ce que je pourrais faire pour rattraper mes erreurs ?

- Tu pourrais faire partie de la vie de Keisuke. Enfin si tu en as envie évidemment.

- J'en serais ravi.

- Il fini l'école à seize heure toute la semaine. Dis-moi quand tu seras disponible, on ira le chercher ensemble.

- Demain ça serait parfait.

- Tu es sûr ? Akuma-san a peut-être prévu quelque chose pour vous deux.

- Cela m'étonnerait. Et si je veux voir Keisuke, elle ne m'en empêchera pas. Rétorque Naruto. Oh tiens !

 

Il sortit une carte de visite toute chiffonné d'une de ces poches et me l'a tendit. Son numéro de portable était inscrit dessus.

 

- Ca nous permettra de rester en contact. Et il y a encore des choses à éclaircir entre nous. M'explique-t-il en se relevant. Bon, je vais y aller.

- Tu vas la retrouver, c'est ça ? Lâchais-je sans pouvoir me retenir.

- Non... Dit-il après un moment. Je vais à l'entraînement, il ne faut pas que je perde mon niveau.

- Oh, oui tu as raison... Murmurais-je honteuse.

 

Par moment, j'oubliais presque qu'il était un des meilleurs nageurs du Japon. Quelle cruche ! Quand j'avais encore un peu d'espoir, je regardais ces compétitions en cachette. Même si au final cela m'enfonçait un peu plus dans ma tristesse, malgré qu'il remportait régulièrement la première place. Je l'accompagnais jusqu'à l'entrée et ouvrait la porte :

 

- On se rejoint devant l'école demain alors ? Demandais-je en ne sachant pas trop comment lui dire au revoir.

- Ca marche. Réplique Naruto avec un petit sourire.

 

J'acquiesçais doucement lorsque deux bras m'enlacèrent avec force. Mon dieu, sa poitrine contre la mienne et sa bouche contre mon oreille...

 

- Ca m'avait tellement manqué... Me souffle-t-il.

 

Sa voix grave fait remonter un frisson le long de ma colonne vertébrale. Ma raison me dicte de me reprendre mais mon cœur ne ressent que la bonne odeur de son parfum et la chaleur de son corps. En un instant de lucidité, je pose mes deux mains sur son torse ferme et le repousse de toute mes forces.

 

- Tu dois partir, tu as un entraînement Naruto. S'il te plaît. Avant que je ne cède à nouveau, avant que je ne regrette, pensais-je.

 

Il hocha la tête et ferma la porte derrière lui.

 

* * *

 

J'avais envoyé un message à Naruto pour lui dire redonner l'heure à laquelle sortait Keisuke de l'école. J'y serais, m'a-t-il répondu. Pour le moment, je suis encore au travail à me confier une fois de plus à Momochi-san. La seule personne qui pouvait juger la situation sans prendre partie.

 

- Et il t'a serré dans ses bras ? Et que ça lui avait manqué ? Répète-t-il.

- Oui. C'est bizarre, hein ?

- Plutôt et vous vous voyez tout à l'heure ?

- Avec Keisuke, ajoutais-je.

- Et qu'est-ce que tu ressens à l'idée le voir ?

- Je... Rien en particulier.

- Bien sûr... Tu porte une jupe aujourd'hui et tu as mis du mascara. Tu n'en mets jamais. Rétorque mon patron avec une moue désapprobatrice. Même si tu es une très belle femme en temps normal, aujourd'hui tu as fais un effort, pourquoi ?

- Je... Je ne veux pas avoir l'air ridicule à côté de lui.

- C'est ça... Faisons semblant de croire à ce que tu viens de dire. Tu n'es plus du tout attirer par ton ex et que tu ne te pose pas de questions à son sujet . Comme pourquoi il se préoccupe tant de toi alors qu'il a sa fiancée, par exemple. Ou pourquoi il a tant insisté pour te revoir.

 

Je restais muette, il a raison sur toute la ligne.

 

- C'est pour Kei-kun qu'il fait ça. Fis-je à voix haute pour aussi bien me persuader que lui.

- Quand tu seras prête à m'avouer ce que tu ressens vraiment, soupira Haku, je serais prêt à t'écouter.

- Me-merci...

- Ta journée est terminée, file. Et s'il y a un soucis je suis là.

 

J'acquiesçais et partais récupérer mes affaires. Je prenais le chemin de l'école avec une certaine appréhension. Comment me comporter avec Naruto ? Que dire à Keisuke quand il me verra accompagner ? Est-ce qu'il viendra vraiment ? Je ne sais même pas ce que j'espère... Une relation amicale ? Je ne pense pas en être capable parce que je...

 

- Hina-chan par ici !

- Il continu de m'appeler comme ça, soupirais-je intérieurement.

 

Au moins, il est venu. Il est toujours aussi séduisant, je ne peux pas le nier. Son torse musclé est parfaitement moulé dans son tee-shirt blanc et son jean taille basse souligne ses jambes galbés par l'entraînement. Sans oublier ses cheveux ébouriffé et ses yeux bleu comme l'océan pétillant de vie.

 

- Akuma-san à raison, j'ai l'air d'une pouilleuse à côté de lui. Pensais-je. Tu, tu es là...

- Comme tu peux le voir. Rétorque-t-il évasif. Que compte tu lui dire ?

- Pour l'instant, que tu es un ami d'enfance. Et que nous nous sommes disputés l'autre jour parce que je ne m'attendais pas à te revoir.

- Ca se tiens... Et la vérité alors ?

- Il l'entendra quand je le jugerai apte à l'entendre. Enfin si tu reste à Konoha assez longtemps pour que je le fasse.

- Je vais rester un moment, je n'ai aucune obligation professionnel. C'est avant tout pour me ressourcer que je suis revenu ici. Tokyo n'a jamais été la ville où je voulais vivre, tu le sais très bien. Nous devions vi...

- Maman !

 

Keisuke ou l'art d'arriver au mauvais moment... Mais qu'est-ce que j'aime mon fils !  Je l'embrassai sur le front pour le saluer.

 

- Qu'est-ce que Naruto-sensei fait ici ? Il est venu se disputer ?! S'inquiète mon fils.

- Non, au contraire. Nous avons parlés ensemble et nous nous sommes réconciliés. Tout va bien. Souriais-je. Tu veux bien lui dire bonjour ?

- D'accord, bonjour Naruto-sensei ! S'écrit Keisuke tout de suite plus enthousiaste.

- Salut champion, rétorque ce dernier en lui caressant les cheveux. Tu as passé une bonne journée ?

- Oui super ! On a fait de la lecture.

 

La ressemblance me semblait plus frappante maintenant que je voyais Keisuke et Naruto en plein discussion l'un à côté de l'autre. Combien de fois ais-je imaginer cette scène ? Des dizaines de fois. Dans mes rêves les plus fous  j'avais espéré que Naruto revienne en s'excusant, qu'il me dise que c'était une erreur, qu'il m'aimait encore et nous aurions élevés notre enfant ensemble. Une fin heureuse comme dans les films... Je sais qu'aujourd'hui c'est impossible et à défaut d'avoir été là pour moi, je souhaite du fond du cœur qu'il le soit pour Keisuke. J'espère qu'il restera suffisamment longtemps pour lui et qu'il est sincère...

 

- Naru-kun, excuse-moi je suis en retard ! Ce n'est pas évident de s'y retrouver dans cette ville...

 

Rien que le son de sa voix stridente me rends malade. Je ne lui jette pas un regard et observe Naruto, attristé. Soit il est vraiment stupéfait, soit il joue parfaitement la comédie... Mais qu'est-ce que je croyais au fond ?

 

- Shion ? Qu'est-ce que tu fais... Hinata ce n'est absolument pas ce que tu crois ! Se défend Naruto lorsqu'il lit la déception dans mon regard.

- Oh, tu dois être le petit bonhomme... Qu'est-ce que tu es mignon ! Dit la blonde en tendant une main vers mon enfant.

 

Mon instinct de mère ne fait qu'un tour, je m'interpose entre Kei-kun et elle. Et avec une hargne que je ne me soupçonnais pas, je m'écriais :

 

- Je vous interdis de toucher ou même d'adresser la parole à mon fils !

- Naru-kun tu ne veux pas la laisser me parler de cette manière ! Se plaignit Shion.

- Je ne t'ai jamais demandé de venir. Rétorque-t-il froidement. Je ne t'ai même pas dit où j'allais. Est-ce que tu m'as suivis ?

- Comprends-moi, je suis inquiète... Se justifie-t-elle. Tu n'arrêtes pas de me cacher des choses.

- Retournes à l'hôtel immédiatement. Ordonne-t-il alors.

 

Tandis qu'ils se disputaient au milieu de la rue, tout le monde nous regardait. Keisuke ne comprenait rien à la situation, il n'a pas à vivre ça. Il faut qu'on rentre avant qu'il n'entende des choses déplaisantes. Sans que je ne puisse esquisser le moindre geste, les flashs crépitèrent autour de nous. Surgit de nulle part, je ne les avait pas vu venir, une dizaine de photographe nous entouraient avec leur caméras et appareils photos... Ils hurlaient presque leurs questions :

 

- Shion, Naruto souriez s'il vous plaît !

- Shion est-ce que vous démentez les rumeurs de séparation ?

- Naruto combien de temps resterez vous à Konoha ? Vos fans vous réclament !

- Avez-vous défini une date pour votre mariage ?

- Qui est cette jeune femme qui vous accompagne depuis plusieurs jours ? Une amie ? Une ex petite-amie ?

 

C'est trop pour moi et pour Keisuke, j'étouffe, je panique, ma tête tourne... Tout en protégeant Keisuke du mieux que je peux, je garde son visage contre moi pour qu'il ne soit pas photographié. Mes pieds restent fixés au sol, je me sens incapable de bouger. Je suis littéralement pétrifié. Après des secondes qui semblèrent être une éternité, je réagis lorsque je vis des larmes perlés aux yeux de mon petit garçon. Je le prends dans mes bras, me faufile enfin parmi les journalistes et m'enfuie. J'entends Naruto m'appeler mais je ne m'arrête pas, hors de question. Je poursuis mon chemin en longeant la route en regardant droit devant moi, Keisuke contre ma poitrine. Je me sens sortie d'affaire quand une voiture s'arrêta à quelques mètres de nous...

 

- Hinata ? Me dit Kiba en sortant de la voiture. J'allais justement chez toi, est-ce que tu veux que...

- Ramène-moi à la maison, s'il te plaît Kiba. Le priais-je.

 

Il me prit Kei-kun des bras et l'installa à l'arrière alors que j'allais m'assoir devant. Kiba démarra et le trajet se fit en silence jusqu'à l'appartement. Il nous raccompagna jusqu'à la porte. Je laissais passer Keisuke en premier et restais quelques instants dehors avec mon meilleur ami. Il en profita pour prendre une de mes mains dans les siennes.

 

- Qu'est-ce qui s'est passé ? M'interroge-t-il pendant que son pouce caresse ma paume.

- Je ne préfère pas en parler maintenant. Je suis... Un peu choquée et tout ce que je veux c'est allé me coucher.

- D'accord... Tu veux que je reste avec toi ?

- N-non, je préfère rester seule. Mais merci d'être là. Tu es toujours là, chuchotais-je pour moi-même en me dégageant de sa prise.

- Tu sais très bien que je ferais n'importe quoi pour toi...

- Justement. Je n'ai pas besoin de ça en ce moment. Rétorquais-je un peu sèchement. Mais on en discutera une autre fois quand je serais plus calme.

- Je vois... Soupire Kiba déçu.

 

Il fait un pas en arrière et s'en va.... Quand il passe avec sa voiture, il klaxonne et me fait signe. Je vois bien qu'il souffre de cette situation mais je ne sais pas quoi pour le repousser sans briser notre amitié... Je regagne l'intérieur de la maison et trouve Kei-kun prostré sur le fauteuil du salon :

 

- Hey, mon cœur qu'est-ce qui te tracasse ?

- C'était qui tous ces gens qui nous prenait en photo ? Ils n'avaient pas l'air gentil du tout. Marmonne mon fils en se frottant les yeux.

- Tu te souviens quand je te disais que Naruto-san était un champion ? Une star de la natation. Et tu vois, il y a des gens qui rêvent de prendre leur star préféré en photo. C'est ce qu'ils voulaient.

- J'espère que ça n'arrivera plus... J'ai eu peur. Dit-il en reniflant.

 

 Je m'accroupissais devant lui et l'enlaçais en lui promettant qu'il ne revivra plus jamais ça, que je le protégerais quoi qu'il arrive.

 

Entre temps, j'avais éteins mon téléphone pour ne pas être dérangé. Keisuke et moi avons ensuite cuisiné ensemble pour le diner afin d'oublié cette après-midi désastreuse. Je lui lisais une histoire quand se fut l'heure du couché mais il s'endormit avant la fin. Je sortais de la chambre et retournais dans le salon pour déplier le canapé-lit. Demain j'appellerais Yuhi-san, il est temps que je demande de l'aide. Et je vais devoir tout lui raconter... Maintenant au lit ma vieille, demain est un autre jour !

 

DING ! DONG !

Dire que je voulais profiter de mon jour de repos pour dormir plus. Il est seulement huit heure ?! Je suis rarement de mauvaise humeur mais là... Cette personne à de la chance que la chambre de Keisuke se trouve à l'autre bout du couloir. J'enfile un gilet à la va-vite et ouvre la porte à la volé :

 

- Pour qui vous prenez vous, déranger les gens à une heure pareil ?! M'écriais-je sans regarder mon interlocuteur.

- Je le fais parce que je peux me le permettre Hinata. Répond mon interlocuteur d'une voix bien trop familière.

 

J'écarquille les yeux quand je relève mon regard. Comment est-ce possible ?!

 

- Papa ?!

 

 

A suivre...

Réponse aux commentaires :

En visite : Merci pour ton commentaire : )

En visite, Yakihio : Bonjour, ca va ? Je pense que tu n'apprécieras toujours pas Shion après ce chapitre... Haha, je crois que la chaussure de Keisuke restera dans les mémoires ! Mais sinon la réaction de Naruto face à sa paternité ? Je ne pense pas être assez cruelle pour retiré son enfant à Hinata. Keisuke est le soleil de sa vie. ;)  J'espère voir ton avis pour ce chapitre aussi.

Taraimperatrice : Wouah deux commentaires de ta part pour un seul chapitre ! Tu devais avoir hâte, donc voici le chapitre six. Je suis certaine que tu déteste encore plus Shion à présent ? Est-ce que ce chapitre t'a plu ? Merci encore de ton commentaire.

Fiction-hinata-naruto : Ne t'inquiète pas mes yeux ne saignent pas ! Je suis contente d'avoir eu ton avis, ton impatience valait-elle le coup d'attendre ce chapitre alors ?

evaha07 : C'est bon tu peux relever la tête et lire, haha. Tu n'as pas attendu trop longtemps là suite ? Je suis contente d'apprendre que ma fiction est ton coup de cœur, je souhaite qu'elle le reste !

Minzy : Je vais bien merci et toi ? : ) Ton commentaire vaut la peine d'attendre deux chapitres pour le lire. Merci de tous ces compliments, ça me touche. En plus ton avis est constructif étant donné que tu me dis également ce qui ne va pas. Je relirais les autres chapitres pour corriger mes fautes dès que j'en aurais l'occasion. Merci encore pour ton avis, vraiment. J'espère que tu commenteras ce chapitre aussi ?