Héros

par tookuni

Titre : Sasuke ne parle pas

 

Auteur : Tookuni

 

Résumé : Pour apprendre à contrer certaines techniques de Sasuke, Naruto accepte de s’entraîner avec Anko, la folle de l’examen chuunin, mais lorsqu’enfin il ramène Sasuke en lui prouvant qu’à Konoha aussi on peut devenir fort, celui-ci ne prononce plus un seul mot. Son silence l’enfoncera-t-il encore plus dans les ténèbres ? Ou bien le forcera-t-il à trouver d’autres moyens d’expression, et, peut-être, de revenir en arrière pour s’attacher de nouveau ?

 

Genre : Romance, le moins d’OOC possible

 

Rating : T pour bagarres et allusions

 

Notes : On dit encore merci à Sonata Arctica, « The wind beneath my wings », le retour de la magnificence :p

 

 

 

 

Sasuke ne parle pas

 

 

Chapitre 7 : Héros

 

 

Sasuke avait depuis longtemps fermé les yeux. Il ne pouvait pas parler, elle partageait son silence. Elle gardait les yeux ouverts en revanche, parce que c’était elle qui avait commencé, alors il avait décidé de la laisser faire pour l’instant. Il était peut-être un peu timide. Trop timide avec elle parfois, il était lui au fond, parce qu’il savait qu’il ne se retiendrait pas non plus quand il le déciderait. Bientôt, l’eau coula sur son corps au milieu des bras de Sakura, entre chacun de ses baisers sur ses épaules et sa gorge, ses mains allèrent s’encrer un instant sur les cheveux trempés de la jeune femme, descendirent doucement jusqu’aux joues pour saisir le visage et l’embrasser. Encore et encore. En fait, Sasuke adorait embrasser. Ses yeux de nouveau ouverts, il caressa comme tant de fois toutes les parcelles du corps de la jeune femme, s’emplissant d’elle, reconnaissant les courbes qu’il dessinait parfois pour la réveiller. Il devenait fou, c’étai impossible. Il se sentait trop heureux pour que ce soit vrai. Il profitait. Il était avec elle. Il l’aurait pour le restant de ses jours à ses côtés. Elle était la seule chose dont il avait besoin, en cet instant, et à jamais. Sakura était là. Il s’accrochait à elle comme un enfant l’aurait fait avec sa mère. Il avait trop besoin d’elle.

Sasuke laissa ses mains parler pour lui, resserrant leurs prises, faisant doucement glisser le sous vêtement de dentelle rose trempé qui restait comme seule couverture à Sakura. « Ssak’la ».

Il ne l’avait pas remarqué, mais depuis le début, il ne cessait de prononcer sans bruit son nom. Une litanie, une prière, l’expression de toute sa vénération. Elle, n’était pas humaine. Elle n’était que pour lui. Elle, l’aimait certainement moins que lui à présent. Sasuke s’était tant habitué à sa présence et avait tant fuit celle des autres, contrairement à elle qui avait tant d’amis et de contacts, qu’il ne vivait plus que pour elle à présent. Il n’avait plus de vengeance, plus d’objectif. Il n’avait que cette femme qu’il aimait plus que de raison, si tant était que le sentiment qu’il ressentait était effectivement définissable par de l’amour. Après tout, il ne savait toujours pas si c’était bien cela, mais il s’en contentant dans la mesure où il savait d’instinct que c’était l’impression la plus forte qu’il ait jamais ressentie. Les mains s’ancrèrent, se faufilèrent encore entre les muscles, les deux corps se frottant doucement l’un contre l’autre, une séance câline emplie de douceur et de baisers passionnés. Sasuke embrassait comme s’il voulait dévorer. Il n’aurait de toute façon jamais assez d’elle. Il n’aurait jamais trop. Il ne pourrait que toujours vouloir plus et ne jamais obtenir de sursis dans cette quête.

Sakura glissait ses jambes sur les siennes, son bassin bougeait tout seul après cette éternité de contact pur. La douche était semblait-il brulante, de la fumée s’échappait de l’eau qui coulait, la température augmentée par une fausse manœuvre. Mais ce n’était pas comme si l’un d’eux avait pu le sentir. Ils étaient en fusion tant et si bien qu’aucune chaleur existante n’aurait pu rivaliser avec ce qu’ils partageaient. Lorsque leurs regards se croisèrent, Sasuke daignant enfin ouvrir les yeux et voir Sakura en face, hurlant dans ses prunelles tout ce qu’il pouvait l’aimer et au delà, Sakura remonta une de ses jambes contre sa hanche, s’accrochant à lui d’avantage. Ses joues rouges, son souffle court, elle contint un gémissement en fronçant les sourcils. Sasuke la retint de toutes ses forces contre lui, doucement, le plus calmement possible, et quand enfin  elle daigna l’embrasser de nouveau, il se sentit libre de bouger un peu. Deux corps serrés l’un contre l’autre, Uchiha Sasuke irradiant d’amour tenant dans ses bras la princesse Sakura, donnant, se sentant si vivant que c’en était douloureux. Il était fou de cette femme. Il en crèverait.

Il bougea légèrement ses hanches d’abord, puis un peu plus fort, adaptant tout à l’image que lui donnait Sakura, cette magnificence suprême. Ils étaient au milieu de rien, l’eau coulant sur eux telle un rideau de bonheur que Sasuke sentait tant qu’il en avait la gorge serrée. Sakura était là. Il sentait le plaisir et la présence au delà de tout ce qu’il aurait pu imaginer. Sakura était portée par lui mais il se savait sans forces, si elle lâchait prise, il tomberait, seul, désemparé. Il était trop entier à présent pour s’arrêter. Il était trop heureux. C’en était invivable de bien être. Ce n’était pas seulement l’acte, pas seulement le contact. C’était le simple fait que Sasuke n’était pas habitué. Il ne savait rien de ces mœurs, il n’y avait que trop récemment pensé. Il n’avait jamais eu assez d’imagination pour aller au-delà des gestes qu’il avait déjà effectués et se demander à quoi pourrait ressembler la suite. Il ne pensait pas que l’ère glaciaire de son cœur pouvait prendre fin si simplement. S’il l’avait su, peut-être l’aurait-il même fait plus tôt. Le bonheur que lui conférait une telle relâche émotionnelle et physique était tel qu’il ne l’aurait jamais regretté et ne le regretterait jamais.

Un déhanchement plus fort que les autres fit en sorte que Sakura ouvre les yeux et surprenne l’expression de jouissance perdue de Sasuke. Elle voyait, suivant les à-coups, les yeux onyx voilés derrières les gouttelettes d’eau, le visage en sueur autant que tout son corps, les muscles de ses bras et de son dos contractés pour la retenir comme si elle était le poids de toute sa vie et qu’il avait de son plein gré choisi de le porter. Elle remarqua la bouche légèrement ouverte en une grimace contractée, épelant toujours silencieusement son prénom, vénération totale au milieu de leur fusion. C’était l’image de Sasuke que personne ne pourrait jamais voir mis à part elle. Il dégageait une impression de paix et de plaisir, d’adoration, une aura si rare qu’unique, magnifiquement bienveillante. Expression de sa chute et de sa montée au ciel, embrassant à présent la bouche de la jeune femme gémissante, Sasuke pleurait. Ses dents mordaient passionnément la peau, ne laissant pas de marque, ses sanglots les faisaient glisser silencieusement, son corps bougeait un peu trop vite et Sakura savait que cela finirait bientôt.

 

« Je t’aime Sasuke. »

 

Le souffle de la jeune femme dans son oreille, le « kun » omis comme une distance en moins, encore une barrière rompue entre eux, Sasuke s’étouffa presque, donnant encore quelques coups plus fort, Sakura gémissant dans un ultime sursaut et lui défaillant sur ses jambes après l’instant d’extase superbe. Les larmes sur son visage se noyaient dans l’eau qui continuait de couler. Sakura resta dans ses bras, il resta un peu en elle. Puis, doucement, ils tombèrent tous les deux dans la baignoire et s’enlacèrent comme pour la première fois. Sasuke embrassant encore la kunoichi, Sakura gardant ses bras serrés autour du cou un peu endolori de son amant. Cette nuit là, Sasuke s’endormi avant Sakura, trop heureuse pour sombrer, profitant de l’éteinte chaude et protectrice de l’homme qu’elle aimait toujours plus. Cette nuit là, Sasuke dormi d’un sommeil de plomb, comblé, serrant dans ses bras de toutes ses forces la femme qui était sienne.

 

*

*  *

 

Au bout d’un an de relation relativement fusionnelle, Sasuke avait décrété qu’il fallait absolument que Sakura ré-emménage chez lui. Il en avait assez d’avoir à courir la voir à l’autre bout de la ville, assez de ses voisins de fenêtre qui n’étaient autres que Anko et Naruto qui passaient leur temps à les espionner et, parfois, à commenter en direct avec Kakashi ses prestations sexuelles si par malheur il n’avait pas fermé la fenêtre. Assez. Comme Sakura ne comprenait  pas ce qu’il voulait lorsque c’était trop compliqué et quasiment impossible venant de lui, il avait débarqué chez elle un jour, sans prévenir, avait fait lui même sa valise et l’avait trainée jusque chez lui, laissant deux clones continuer de ranger l’appartement. Il avait changé d’habitation, achetant avec quelques économies l’étage en dessous, assurant le confort optimal si important pour la gent féminine, même chez les ninjas. Il y habitait à présent depuis quelques semaines, tout allait bien.

Anko avait passé une grossesse abominable entre crises de nerfs, qu’elle passait sur un terrain d’entrainement pour éviter de les faire subir à Naruto, et crises de larmes. Sasuke était persuadé, pourtant, qu’elle était heureuse d’avoir enfin, au bout de ces six mois de dur labeur, donné un fils à Naruto. Un fils. Elle avait sauté de joie lorsqu’elle l’avait su. Natsuki ressemblait déjà trait pour trait à son père, griffures sur joues en moins. Sasuke avait découvert que visiblement, le caractère suivait. Le gosse était souvent surexcité, il était très joueur et très sociable, dormait comme un loir et adorait se percher dans ses cheveux pour les ébouriffer. Cela l’agaçait, mais le visage rieur de Sakura l’empêchait d’enlever l’enfant de ses épaules.

Neji avait cessé de rougir face au sourire de la jeune femme lorsque, enfin, il était parvenu à attirer l’attention de Tenten sur le fait qu’il existait en tant qu’autre chose qu’un coéquipier. Temari continuait de frapper Shikamaru tout en habitant avec lui, retournant à Suna à mi-temps. La distance ne semblait pas la gêner. Peut-être le couple considérait-il que c’était une excellente façon de conserver leur amour intact et d’empêcher une forme de monotonie de s’installer entre eux. Sasuke se demandait tout de même comment vivre avec Temari pouvait être monotone, et comment Shikamaru parvenait à supporter ce peu de monotonie. Kiba avait fini par concéder une amitié éternelle à Hinata qui, si leur relation continuait, resterait le sentiment le plus fort qui existerait entre eux. Ils faisaient partie de ces personnes qui ne pouvaient pas être aussi passionnées que l’équipe Sept. Tous étaient plus ou moins devenus « quelqu’un ». On disait plutôt « ninja de renom », à Konoha. Tous avaient acquis une puissance qui resterait légendaire. C’était une génération de combattants, une génération de grands hommes qui changeraient les choses. C’était bien parti. Sasuke n’avait pas eu à réfléchir longuement sur ce qu’il lui restait à faire de sa vie. Continuer, vivre avec Sakura, construire un avenir auquel il n’avait encore pas vraiment pensé. C’était peut-être pour cela qu’il n’avait pas besoin d’y réfléchir, c’était tout tracé, tout ne dépendait que de lui.

Lorsque Naruto lui ouvrit la porte ce jour là, il n’eut absolument pas le temps de comprendre ce qu’il lui arrivait que Sasuke le trainait déjà dans la rue pour lui montrer quelque chose dans une vitrine. Le blond s’émerveilla :

 

« Hooo ! Elle va adorer ! »

 

Plus loin, Sasuke pointa du doigt autre chose, Naruto hésita puis répondit :

 

« Je préfère l’autre mais celle là ira mieux. Tu sais ce que tu fais ? Tu prends les deux et tu les présentes dans l’ordre ! »

 

Sasuke n’aurait jamais cru que Naruto puisse être de si bon conseil. Il avait oublié que ces petits détails se réglaient au fur et à mesure et qu’il ne fallait pas brûler les étapes. Malgré tout, lui ayant déjà tout prévu, il traina encore Naruto plus loin, allant et venant devant les vitrines des magasins. Naruto s’émerveillait, Sasuke le poussa dans une boutique et se perdit dans les rayons avant de lui présenter une sélection. Naruto le regarda comme s’il venait de la planète Mars et lui demanda :

 

« Et tu espères quoi, là ? »

 

Sasuke fit le signe du henge, Naruto comprit, s’offusqua, bouda quelques secondes puis obtempéra finalement. Ce n’était pas tous les jours que Sasuke Uchiha lui demandait un service. Quelques heures plus tard, le blond se tenait écroulé de rire devant un Sasuke légèrement rose, très mal à l’aise, en train de gratter son cou serré par un col.

 

« Pas de style Européen Sasuke ! Haha ! Surtout pas ! Je ne pourrais jamais m’empêcher de rire ! Tu es mortel ! »

 

Sasuke l’avait foudroyé du regard et était retourné chercher un kimono.

 

*

*  *

 

Sakura était assise à la table du salon lorsque Sasuke ouvrit la porte, épuisé par sa journée –de repos, à la base. Elle était en train de terminer de dîner, une assiette en face d’elle attendait Sasuke qui, dégageant une sorte de froideur malsaine de fatigue, se contenta de passer devant la table sans s’arrêter, calmement, surement, déposant un objet sur celle-ci à côté de Sakura et s’éloignant pour regarder par la baie vitrée. Sakura acheva de manger sans faire attention, lui adressant un « Bon retour Sasuke ! » auquel il répondit par un grognement. Enfin, tandis que le brun s’impatientait nerveusement à sa fenêtre, Sakura leva les yeux et tomba sur le petit écrin noir qu’il avait déposé dans un geste si discret qu’elle n’avait rien senti. Devinant presque ce que c’était, elle l’ouvrit pour y découvrir ce qui s’apparentait tout à fait à une bague de fiançailles, ornée d’une pierre blanche et finement taillée à l’or blanc. Sasuke ne perçut pas le mouvement d’air dans son dos, trop stressé, et eut seulement la sensation que Sakura était derrière lui. Il sentit deux bras passer autour de ses épaules, un baiser dans sa nuque et Sakura murmurer :

 

« Merci Sasuke. Merci pour tout. »

 

Se retournant, Sasuke lui jeta un long regard déterminé, eut une petite moue négative et pris Sakura dans ses bras à son tour. Il n’était pas tout à fait d’accord, même s’il ne l’avouerait jamais : même si c’était à lui de le faire, Uchiha Sasuke ne disait pas merci dans ces circonstances.

 

« Tche… » finit-il par souffler, souriant légèrement.

 

*

*  *

 

Naruto et Sasuke, tous deux ninjas d’élite à présent, se trouvaient pour la énième fois au milieu d’une mission extrêmement périlleuse. Au delà des dangers qu’ils avaient déjà affrontés, se retrouver devant une armée entière d’ennemis était tout sauf une situation agréable. Encore une fois, il s’agissait de massacrer tout ce petit monde simplement parce que Naruto avait –encore, pour changer- voulu foncer dans le tas. Ils étaient souvent chargés de missions d’assassinats.

Tsunade avait expliqué à Naruto que lorsqu’il aurait accompli assez de missions de tous types, il pourrait peut-être, enfin, devenir Hokage. Le conseil, derrière elle, tentait de faire pression pour l’en empêcher. L e blond constituait toujours un danger potentiel pour le village. Tsunade avait certifié, et presque tout le village avait été d’accord à présent, que Naruto était plus que bénéfique à Konoha. Il attirait les ennemis, malheureusement, alors Tsunade les avait envoyés, exprès et expressément, « défoncer la gueule à ces emmerdeurs inconscients qui tenaient absolument à se faire bouffer par un démon sadique destructeur de village », selon sa propre expression.

Sasuke aimait beaucoup ces missions. Au début, cela avait été une série de missions très tactiques où Naruto, contre toute attente, avait fait preuve d’un tact et d’une intelligence insoupçonnés. Il était toujours un peu maladroit et grande gueule mais c’était ce qui faisait que l’Uchiha ne s’ennuyait jamais en sa compagnie. Tous deux étaient devenus des sortes de héros aux yeux du village, bravant tous les dangers, aux premières lignes lors d’attaques plus ou moins étranges ou fortes sur le village. Tous deux étaient vus comme inséparables et, souvent, on semblait considérer que l’un sans l’autre ne valait rien. Cela agaçait Naruto autant que Sasuke. Cela les agaçait mais ils étaient heureux d’être si complémentaires. Anko avait dernièrement été consignée à cause d’un deuxième « chieur en attente », selon ses propres dires. Natsuki s’était empressé de répéter l’expression en question et Anko s’était faire disputer par Naruto, qui ne voulait pas entendre de telles vulgarités dans la bouche de son fils. Sasuke ricana en se remémorant la scène et alluma son Sharingan. Ses yeux étincelèrent, les ninjas en face avaient d’ores et déjà peur. Le sourire carnassier de Naruto, à côté,  ne les encouragea pas beaucoup et ce fut déjà désespérément qu’ils se jetèrent sur eux.

Naruto était devenu fort. Terriblement fort. Par contre, Naruto était toujours un peu distrait et un peu maladroit. Alors, lorsqu’un ninja masqué sortit de nulle part et abattit son épée dans le dos du blond, Sasuke se présenta face à lui, retenant de son corps l’épée qui lui entailla tout le torse. Crachant du sang, Sasuke regarda derrière lui, là où Naruto écarquillait les yeux d’un air d’incompréhension totale qui lui rappelait une scène mémorable, dix ans auparavant.

 

« U… suratonkachi… »

 

Naruto vit comme au ralenti le corps de son ami tomber sous la lourde masse. Naruto vit comme au ralenti le type ricaner et s’avancer pour achever d’un coup ultime le dernier des Uchiha. Naruto réagit au quart de tour. Lorsque Sasuke se réveilla, à peine quelques minutes plus tard, Naruto utilisait un peu de chakra pour le soigner comme il pouvait, avec ce qu’il savait faire, et le décor était rouge. Dans les arbres étaient coincés des morceaux de chair déchiquetés. Sur le sol des mares de sang tachaient l’herbe dont on ne voyait plus une trace de vert. Le ciel lui même semblait carmin.

 

« Héhé, je me suis lâché ! ricana Naruto en se grattant la tête, laissant Sasuke terminer de refermer la plaie.

Tss… Idiot… souffla le brun en réponse, un sourire ornant le coin de ses lèvres, se relevant doucement avec l’aide du blond.

– Allez, on rentre, mission accomplie ! lança le jeune homme, toujours plein d’entrain, faisant grimacer Sasuke en bougeant si vite.

Hn… » glissa-t-il en réponse, par habitude.

 

Sasuke se figea alors. Les yeux écarquillés, il tourna la tête vers Naruto qui n’avait rien remarqué.

 

« Naruto… »

 

Le blond le regarda, un sourcil arqué, et demanda, interrogatif :

 

« Quoi ? »

 

Sasuke siffla entre ses dents, songeant que le blond devait percevoir aussi bien que Sakura ses appels et que, par conséquent, qu’il s’exprime ouvertement ou non  ne changeait rien pour lui. Il finit cependant par articuler, doucement, comme si son nouveau don lui était d’une préciosité rare :

 

« Ma voix. »

 

Le blond sembla faire un arrêt sur image, comprit, se mit à rire et ajusta le bras de Sasuke sur son épaule, reprenant sa route, s’exclamant d’un air nonchalant :

 

« Pour ce que tu parles ! »

 

*

*  *

 

« Haruno Sakura. Ces vi… Heu, ces personnes du conseil sont là pour te faire une proposition de taille, commença l’Hokage, une veine palpitant à sa tempe, connaissant déjà la réponse.

– Qui est ? » demanda la jeune femme, se doutant de quelque chose et attendant confirmation pour exploser.

 

Koharu s’avança alors, suivie de près par Homura, et parla :

 

« Le conseil souhaiterait que vous nous fassiez l’honneur de devenir notre prochain Hokage, Haruno-san. »

 

Cinq secondes plus tard, les deux conseillers devaient subir une avalanche d’insultes tandis que Tsunade avait préalablement caché ses oreilles avec des boules-quiès et sorti un verre de saké pour la remise en place officielle du conseil. Sakura avait du coffre. Tout le village allait entre ces hurlements.

 

« Vous êtes dégueulasses ! Vous vous rendez-compte de ce que vous dites ? Vous savez qui est la personne la plus à même de protéger son village, non ? C’est la personne qui y tient le plus ! Voilà qui il faut choisir, bande de vieux cons ! Vous voulez mes services à votre botte, prenez Naruto ! Je le protégerais et protégerais ce village en son nom s’il me le demande ! Je ne suis pas faite pour être Hokage et je ne l’ai jamais voulu ! L’équipe Sept n’est pas comme les trois légendaires ! »

 

Sakura n’avait pas fini, les gens s’amassaient dans la rue, devant la tour, à l’écoute. Les vieux du conseil sentaient leurs tympans en lambeaux et ne savaient plus quoi dire, trop choqués, Tsunade décida de laisser tomber son verre et de prendre la bouteille.

 

« Et en plus de ça, sachant que c’est Naruto qui veut ce rôle et le mérite depuis des années, vous croyez sérieusement que je vais prendre sa place ? Vous auriez demandé à Sasuke qu’il aurait dit non ! Naruto a assez prouvé sa valeur et fait le ménage dans les dangers qu’encourait Konoha ! Il a sauvé le village, dois-je vous le rappeler ? Tout le monde vous le dira ! Tout le monde sait ce que Naruto donnerait sa vie pour ce village ! Naruto aime Konoha ! Au lieu de garder vos décisions pour vous en pensant au mieux selon vos conneries de conditions matérielles, vous feriez mieux de regarder autour de vous ! Sortez un peu voir dans la rue et en mission comment ça se passe !  Demandez à n’importe qui et révisez vos statistiques ! Naruto non plus n’a pas raté une seule mission depuis cinq ans ! Je ne suis rien ! Il est plus fort que moi et que n’importe qui d’autre ! Il est déjà un symbole hors du pays. Naruto nous a tous sauvés un nombre incalculable de fois, et ce rien qu’en accueillant en lui ce monstre qui vous aurait détruits ! De puis sa naissance même, Naruto est un héros ! »

 

Tsunade ouvrit sa deuxième bouteille de saké tandis que Sakura bousculait les deux ancêtres en se dirigeant vers la porte. La malheureuse fut claquée intentionnellement si violemment qu’elle en explosa en de minuscules et innombrables échardes. L’air furibond, Sakura cria un « A bientôt Tsunade-sama ! » à l’adresse de la Cinquième, et son aura furieuse ne disparut que lorsqu’elle mit le pied dehors.

Dans les rues, lorsque Sakura sortit, on commença à jaser. On parlait de succession, de Hokage, d’Uzumaki Naruto, le héros symbolique qui avait tant de fois sauvé Konoha dans des circonstances plus obscures les unes que les autres. Depuis des années, déjà, les actes bénéfiques de Naruto avaient été déformés pour faire de lui une légende. Le bouche à oreille, les rumeurs, qui circulaient si négativement sur son compte lorsqu’il était enfant, semblaient s’être ralliées à sa cause. Bientôt la rumeur fut déformée, rapportant que le conseil avait sous-entendu que Naruto Uzumaki était pressenti à devenir le suivant. Les amis du blond se réunirent, surpris, et Anko, chez qui Sakura s’était réfugiée, toujours hors d’elle, éclata de rire en réalisant ce que cela avait donné. Avec une telle interprétation, les membres du conseil ne pourraient plus rien. Le temps était venu, alors tous se mirent d’accord pour répandre la nouvelle. Alors, tout le pays du Feu pu apprendre que Naruto Uzumaki, digne héritier de son père, serait le prochain Hokage.

 

*

*  *

 

Lorsque Naruto rentra de mission, trainant un Sasuke épuisé sur son épaule, il eu l’impression que tout Konoha était en fête. Tout le monde le regardait avec bienveillance, les petits vieux semblaient plus neutres que d’ordinaire, un jeune ouvrier vint l’aider à porter l’Uchiha malmené par le voyage. On envoya chercher Sakura qui prit le relais du blond et on leur souhaita un bon retour. Au milieu du brouhaha, Naruto cru entendre un mot incroyable auquel il ne pensait même plus.

Au croisement de la rue où il s’engouffrait d’ordinaire pour rentrer chez lui l’attendait Anko, fière et souriante dans le kimono qu’elle s’était habituée à porter à cause de son ventre rond. Les pans volaient, les getas la surélevaient légèrement, son abdomen gonflé annonçait un futur merveilleux. Un jeune homme roux, à ses côtés, en tenue de cérémonie, lui adressa un sourire calme. Et cette fois, arrivant à leur hauteur, prononcé par son frère de cœur qui avait retrouvé sa voix, Sakura qui venait juste d’informer le brun et de percevoir le son de son nom en retour, articulé par le ton toujours rude de Sasuke, évoqué magistralement par Gaara du Désert, qui le reconnaissait comme son égal, Naruto l’entendit clairement, époustouflé :

 

« Bon retour, Hokage-sama. »

 

 

 

Fin

 

 

 

^_______^

 

*Usuratonkachi : expression spécifique à Sasuke pour insulter Naruto, peut-être de manière affective, mais je laisse cela à l’interprétation du lecteur. Elle n’a pas d’équivalent Français, et peu signifier par exemple : « espèce de boulet ». Certaines traductions utilisent le littéral « idiot du village ». On pourrait aussi bien dire « imbécile heureux » ou simplement « gros débile ». Il n’en est pas moins que l’expression de base reste la plus authentique. C’est la raison pour laquelle je me permets de la conserver sous son état initial. J’espère que cela n’aura dérangé personne.

 

 

Edit : OMFG, j’avais oublié que j’avais écrit un lemon O.o Non, sérieusement, je ne me souvenais pas avoir fait de scène chaude dans cette fiction. C’est étrange… Bref, la voici corrigée aussi. J’espère que ce sera mieux. Oui, la fin est rapide. Il aurait pu y avoir un épilogue, mais cette fiction se voulant exclusive à Sakura, Sasuke et ses audibles silences, je ne m’encombrerais pas du reste. Merci d’avoir lu jusqu’ici, j’espère que ce chapitre vous aura plu J Avis ?