D'un café

par tookuni

Titre : Sasuke ne parle pas

 

Auteur : Tookuni

 

Résumé : Pour apprendre à contrer certaines techniques de Sasuke, Naruto accepte de s’entraîner avec Anko, la folle de l’examen chuunin, mais lorsqu’enfin il ramène Sasuke en lui prouvant qu’à Konoha aussi on peut devenir fort, celui-ci ne prononce plus un seul mot. Son silence l’enfoncera-t-il encore plus dans les ténèbres ? Ou bien le forcera-t-il à trouver d’autres moyens d’expression, et, peut-être, de revenir en arrière pour s’attacher de nouveau ?

 

Genre : Romance, le moins d’OOC possible

 

Rating : T pour bagarres et allusions

 

 

 

Sasuke ne parle pas

 

 

Chapitre 3 : D’un café

 

 

Lorsque Sasuke fut réveillé le lendemain, il fut de très mauvaise humeur. D’abord parce que justement il avait été réveillé, mais aussi parce que, dès le matin, cette bande de dingues s’amusait à se taper dessus. Sakura riait gentiment au milieu du tintamarre, elle semblait habituée. Lui était complètement et simplement mort. Il était cinq heures du matin, les autres étaient en forme, même Sakura qui, elle, n’avait pas un nombre important de blessures guérissant très mal sur le corps.

Sasuke tenta de ne pas montrer qu’il boitait en entrant dans le salon où Anko bourrait la bouche de Naruto avec des ramens. Il retint une grimace de dégoût en se rappelant qu’ils ne mangeraient sûrement que ça, mais Sakura lui indiqua une place exempte de toute préparation peu indiquée pour la matinée, lui fit un clin d’œil et partit vers la cuisine, ramenant deux bol fumants. Sasuke prit peur sans le montrer, mais il fut heureux de constater que c’était du café, très fort avec ça. Il était au moins certain que dans une demi-heure, il serait à même de faire face à n’importe quelle crise de fatigue. Mais pour l’instant, il était tellement dans les vapes qu’il referma à demi les yeux, ignorant le bruit monstre autour de lui, sa migraine le reprenant. Tout à coup, une main apparut devant ses yeux semi-clos et une voix dit doucement :

 

« Ah ! Sasuke-kun, tu as une mèche qui tombe dans ton… »

 

Il la coupa d’un regard très légèrement interrogatif, la bouche fermée, l’air parfaitement neutre, mais Sakura avala sa salive et saisit la responsable d’une main, faisant couler un peu du liquide brûlant.

 

« Café… »

 

Sasuke se redressa un peu pour ne pas répéter l’expérience. Il s’était senti s’endormir, mais ne pensait pas qu’il allait devoir faire face à la contrariété de ses cheveux. Naruto et Anko avaient regardé la scène, étonnés et intrigués à la fois, puis Naruto prit la mouche lorsque Sasuke lança un simple regard noir à la jeune fille avant de replonger dans ses pensées –ou sa grasse matinée mentale.

 

« Hé ! Enfoiré ! Tu pourrais la remercier ! Depuis tout à l’heure elle s’occupe de toi ! C’est elle qui t’a soigné ! C’est elle qui te soutient parce que tu ne nous supportes pas ! » hurla Naruto, explosant enfin.

 

Une main arrêta le bras qui allait saisir le col de kimono blanc prêté par l’hôpital que portait Sasuke.

 

« Naruto… Il l’a regardée dans les yeux.

– Oh. »

 

Sasuke vit alors l’impensable. C’est à dire qu’il regarda -sans grand intérêt apparent- Naruto se rasseoir, saisir ses baguettes et enfourner une grande quantité de nouilles dans sa bouche d’un air boudeur. C’était la première fois que le garçon se calmait si facilement. Anko avait bien changé depuis le temps, et Naruto aussi, s’il en croyait ses démonstrations de force et son comportement. Sakura aussi. Elle était devenue plus douce, plus femme, du moins avec lui, puisque présentement elle criait des insanités à Naruto parce qu’il en mettait partout.

Une semaine passa ainsi. Sasuke reprenait des forces, mais il refusait toujours de parler. Ses cordes vocales n’avaient pas été atrophiées, on refusait de croire que c’était du à un choc quelconque. Sasuke n’était pas si fragile et le seul moment où il aurait pu avoir cette faiblesse était suite à la mort de ses parents. Tout le monde savait très bien que l’Uchiha parlerait seulement quand il le voudrait, mais que ça n’arriverait pas avant un certain temps, temps qu’il consacrerait à réfléchir et à s’acclimater –terme de Kiba qui étudiait ironiquement l’Uchiha plus comme un animal qu’autre chose- à toutes ces choses autour de lui. Il devait s’accoutumer à un lui même qui vivrait dans ce monde là. Un lui même qu’il n’avait sûrement pas envisagé et qu’il avait besoin de construire, avec l’Autour. C’était ce qui serait le plus dur pour une personne comme lui.

Sasuke s’était laissé approcher par Sakura. Approcher était un bien grand mot, d’ailleurs, parce que la jeune fille se contentait de se tenir à ses côtés, faisant certes des remarques et le regardant sans cesse, mais sa présence n’était pas encombrante, elle lui servait même d’interprète lorsqu’il n’avait pas envie de se faire comprendre. Il la tolérait, et Sakura s’estimait heureuse de la situation. Elle avait su que Sasuke ne serait plus le même. Elle avait su aussi qu’il ne pourrait plus lui dire qu’elle était un boulet d’un air méprisant. Elle l’aimait toujours, et elle voulait rester à ses côtés, quel qu’en soit le prix, surtout si le jeune homme allait même parfois jusqu’à se réfugier en sa compagnie pour éviter les autres. Elle savait qu’elle n’était qu’un outil, du moins elle en était certaine, jusqu’à ce que ce jour, un très petit événement suscita en elle nombre de questions –et étrangement pas la moindre en Sasuke qui considérait tous ses actes comme une certitude qu’il n’avait besoin de justifier à personne, surtout pas à lui même.

C’était une belle après midi, c’était l’été, ils étaient tous les cinq –Sai était bien sûr venu puisqu’il fallait un ninja de plus pour « surveiller l’Uchiha », en train de se promener dans les rues de Konoha. Ce n’était pas le centre ville, parce que c’était Sasuke qui menait, mais une bordure du village près d’une zone boisée, à l’opposé exact de celle où il avait fait ses adieux soit disant définitifs à sa vie dans la lumière. Sakura marchait à côté de lui, regardant le paysage et se gorgeant de la présence à ses côtés, heureuse plus que jamais. On avait vu, depuis le retour du brun, un incroyable sourire naître parfois sur les lèvres roses. Un sourire paisible, satisfait, bienveillant et très doux. Anko avait remarqué que Sasuke calmait toujours Sakura, en réalité une véritable bombe atomique presque autant que Naruto. Si l’on voulait une comparaison, on aurait dit que de la même manière qu’elle était le fourreau de Naruto, Sasuke était celui de Sakura. Naruto et elle marchaient plus en arrière, tandis que Sai errai dans son coin en spectateur, se disputant joyeusement à propos du dîner du soir, parce qu’aucun d’eux n’avait envie de faire la cuisine. C’est à cet instant que Lee apparut devant le glacial Uchiha qui profitait de cette ambiance de sérénité.

 

« Sakura-san ! Bonjour magnifique fleur de toutes saisons ! Ah… constata Lee d’un air grave en s’apercevant de la présence obscure à côté d’elle. Sasuke…

– Bonjour Lee-kun ! gloussa Sakura. Comment vas-tu ?

– Très bien puisque tu es là ! J’ai senti ton délicieux parfum et ai été irrésistiblement attiré ! »

 

Sakura continua de sourire gentiment. Elle aimait et admirait beaucoup Lee, ils étaient devenus d’excellents amis, toujours prêts à se soutenir l’un l’autre, et puis il avait fini par la faire rire et l’attendrir. C’était lui qui avait été le plus présent lors de l’absence de Naruto, et elle lui était reconnaissante pour les valeurs qu’il lui avait faites découvrir. Sasuke, lui, sembla tiquer lorsque Lee, en même temps qu’il prononçait ses derniers mots, s’avança pour tenter de saisir la main de la jeune femme. Le geste fut sec, rapide et précis. Le bras droit de Sasuke se déplia vivement pour saisir la taille de Sakura et, par ce biais, la rapprocher de lui en la forçant à faire un pas de côté pour garder son équilibre. Sakura fut surprise, puis complètement désarmée, enfin, rougissante. Sasuke l’avait proprement prise par la taille et lançait à présent à Lee le « regard qui tue numéro quarante cinq en menace majeure ». S’étant arrêté, il reprit sa marche, calmement, sûrement, entraînant une Sakura quasi invalide par la force de son bras.

 

« Ah ! Heu, à la prochaine Lee-kun ! » cria Sakura en faisant vite un signe de main à son ami -ami tout aussi estomaqué par la scène-.

 

Naruto et Anko, derrière, s’étaient arrêtés net dans leur chamaillerie et Naruto demanda :

 

« Heu… Dis moi Anko, Sasuke a bien fait ce qu’il vient de faire ? »

 

Anko regarda en direction de l’apparent couple qui s’éloignait tandis que Lee se frappait la tête contre un mur en hurlant à la jeunesse du printemps puis dit en souriant :

 

« Si, si, il se cherche une raison.

– Hein ? s’étonna-t-il.

– C’est inconscient mais Sasuke est comme ça, non ? Il n’arrive pas à s’exprimer autrement que par des actes, ses mots ne sont que poison, alors c’est vraiment bien qu’il soit devenu muet de par son bon vouloir, même si c’est juste par frustration. Regarde, tout ce qu’il n’aurait jamais pu empêcher par la parole, d’un geste et d’un regard, c’est passé.

– Ah oui ! rit Naruto en se grattant l’arrière du crâne, Sakura-chan est une bonne raison pour se dire qu’on fait bien de rester ! »

 

Ricanant tous les deux, ils glissèrent subrepticement sur le côté, écharpèrent Sai au passage et laissèrent le silence dans la ruelle où Sasuke tenait toujours froidement Sakura par les hanches, comme sa propriété, mais savait parfaitement que ces imbéciles s’étaient encore fait des idées stupides. Il jeta un coup d’œil à Sakura qui semblait aux anges, puis soupira d’un air désabusé avant de continuer son chemin d’un air neutre. Ce genre de situation risquait forcément de se reproduire, parce que dès lors que Sakura était la seule personne qu’il supportait à présent, et la personne qui savait si bien le lire, elle était à lui.

Il y eut un autre événement qui étonna beaucoup, d’autant plus qu’il se répandit dans les potins comme une traînée de poudre. Ce fut le jour où Sai fit allusion à Sakura et lui en certains termes peu flatteurs, du moins pour l’honneur d’un Uchiha. Si Sakura était bien à lui, s’il la supportait, alors la critiquer revenait de toute façon à le critiquer lui-même. Personne d’autre que lui n’avait de toute façon jamais eu le droit de critiquer Sakura à partir du moment où il l’avait connue. Le fait que Sai la traite de mocheté passait déjà très mal, mais Sakura se défendait toujours parfaitement bien –un coup de poing et le tour était joué, et il n’avait donc pas besoin de s’en faire. Mais le cas fut que Sai fit une remarque sur le manque de sommeil de ses deux coéquipiers, qui avaient en réalité passé une semaine en mission avec Lee. Lee était toujours tant plein d’entrain que cela ne se voyait jamais, et Naruto se demandait même si ce n’était pas justement lui le fautif dans l’affaire. Après tout, Lee, sur un si long terme et pour deux personnes relativement calmes, devait être épuisant.

 

« Héhé, le Fantôme, ricana le brun en s’adressant à Sasuke. Mocheté arrive à palier à son physique pour que tu sois si fatigué ? »

 

Sakura rougit jusqu’aux oreilles et se prépara à armer son poing, mais un bruit de colision sonore arriva à ses oreilles avant qu’elle ne puisse frapper Sai. Le temps qu’elle se remette de la remarque, Sai gisait déjà à terre. Sans qu’on sache pourquoi, une entaille ornait sa joue. Sasuke avait toujours son air neutre. Elle, qui commençait à bien le connaître, avait repéré la veine légèrement palpitante à sa tempe. Le brun se leva sans plus de cérémonie, lança un regard glacial à son amie qui, ayant compris le message, l’imita, et Naruto les suivi en éclatant de rire tandis que Anko, plus loin, allait relever le ninja suicidaire.

Sasuke avait foncièrement changé, en réalité. Son air neutre l’était encore plus et, par conséquent, n’importe quelle émotion était plus palpable et visible. Seule Sakura l’avait remarqué parce qu’elle était vint-quatre heures sur vint-quatre avec lui, et ce depuis maintenant deux mois. Elle trouvait que cela lui ferait forcément du bien.

La rencontre la plus inattendue pour Sasuke fut un matin, à l’aube, alors qu’il faisait un magnifique rêve dont il ne se rappela plus par la suite, et que la porte venait de subir les assauts d’un poing après nombre sonneries. Le brun se leva, d’aussi bonne humeur que d’ordinaire, et ouvrit sèchement la porte, le regard hautain et fier, son torse nu se haussant légèrement d’agacement. La femme qui se trouva devant la porte écarquilla immédiatement les yeux d’un air choqué, soufflant :

 

« Alors c’était pour ça… »

 

Sasuke ne comprit pas, et sur ces entre-faits Sakura arriva, les cheveux en bataille, se frottant les yeux et remettant en place une nuisette rose, demandant vaguement qui venait à cette heure. Elle se figea à son tour lorsqu’elle perçu le regard vert d’eau rempli de reproches à l’entrée, et l’immobilisme d’un Sasuke en boxer –elle profitait de la vue dès qu’elle croyait qu’il ne la sentait pas.

 

« Ma… bégaya-t-elle, mais qu’est-ce que tu fais là ma… »

 

Sakura n’eut pas le temps de terminer sa phrase qu’elle vit la main se lever et voler vers elle. Par réflexe, elle ferma les yeux, mais la gifle ne vint jamais. Par le même réflexe qui avait poussé Sakura à fermer les paupières, Sasuke avait levé son bras et tenait à présent fermement le poignet de la femme, la regardant droit dans les yeux d’un air menaçant.

 

« Mais lâchez-moi ! Je suis la mère de cette jeune fille !

Sasuke-kun

– Toi, ne dit rien ! hurla la femme à l’entrée, se débattant sans pouvoir se dégager de l’emprise. Tu me déçois énormément Sakura ! Tu quittes la maison simplement parce que je te dis que le démon renard n’est pas une bonne compagnie et que tu ne veux pas entendre raison, puis je te retrouve dans un appartement où tu vis avec ton petit ami ! Tu as seize ans, je te rappelle ! Je suis encore responsable de toi et… »

 

Sasuke en avait eu plus qu’assez, il ne supportait pas ce genre de piaillement et il ne supportait pas non plus que Sakura s’écrase de cette façon, tête baissée, subissant les brimades, pour quelque chose d’aussi injuste. Elle n’avait absolument rien fait. Alors il avait refermé la porte. Les cris continuèrent, Sakura avait toujours la tête baissée et cela l’agaçait encore plus. Il aurait voulu qu’elle dise quelque chose pour faire partir cette femme.

 

« Sasuke-kun, s’il te plait, ouvre. C’est ma mère… marmonna-t-elle, résignée. »

 

Sasuke s’exécuta, peu amène, laissant passer la furie qui lui jeta un regard noir auquel il répondit vaguement, silencieux, puis il partit s’asseoir sur le canapé et laissa Sakura et sa mère discuter. Il avait entendu la remarque de la femme brune lorsqu’elle avait marmonné quelque chose à propos d’un bleu au poignet et d’excuses qui devraient être faites. Il lui avait lancé un regard en coin, avait émis un petit « Hn », la mère avait pris la mouche.

 

« Ton ami ne peut pas ouvrir la bouche peut-être ? Ca l’écorcherait de s’excuser clairement ? Sakura, non seulement tu te conduis en irresponsable, mais en plus tu as de mauvaises fréquentations !

– Maman… Je… Je te présente mon coéquipier, Uchiha Sasuke… parvint à bégayer la pauvre Sakura. Il ne parle plus depuis plus de quatre mois, maintenant. »

 

La femme eut un mouvement de recul, ne saisissant que la partie de la phrase qu’elle avait voulu entendre, puis murmura :

 

« D’abord le Kyuubi et sa petite amie débauchée de vingt ans de plus que lui, ensuite un traître… Mon dieu…

– Maman ! cria Sakura. Ils sont mes amis ! »

 

Sasuke ne put s’empêcher d’afficher un rictus parfaitement satisfait. Enfin Sakura réagissait, il allait bientôt retrouver sa tranquillité. Lentement, il se leva et alla rouvrir la porte, regardant la femme en coin, un léger sourire toujours au bord des lèvres. Ce geste était significatif : cette trouble-fête était invitée à s’en aller. La femme se vexa et quitta la pièce sans un regard pour sa fille. Sakura s’assit sur le canapé, doucement, puis Sasuke, voyant qu’il n’aurait pas droit à un petit déjeuner ce matin s’il ne le faisait pas lui même, revint cinq minutes après avec du café et un plateau de croissants qu’il déposa devant la jeune fille et partagea avec elle. L’Uchiha ne s’était jamais rendu compte que son geste avait été attentionné.

 

*

*  *

 

Quatre ans. C’était long, quatre ans. Quatre ans de silence et d’introversion. Cependant, c’était bien le temps que Sasuke avait mis à se réadapter, il le savait. Il avait fait du système qui avait été instauré à son retour son quotidien. Il n’avait plus jamais dormi avec Sakura, prenant le salon pour lui avec son peu d’effets personnels, Naruto et Anko étaient retournés chez eux, mais passaient souvent. Sasuke aimait la routine qui s’était instaurée, un peu différente de sa vie d’antan. On disait que ça s’appelait une seconde chance, il ne voulait pas le reconnaître.

S’ils étaient tous devenus jounins, ce n’était absolument pas en même temps. Leur promotion avait progressé encore au cours des années, Sai avait été le premier à passer, revenant d’une mission qui s’était révélée de rang S et qu’il avait réussie avec brio. Puis, contre toute attente, était venue Hinata. Personne ne saurait jamais comment elle avait fait, mais elle avait battu un membre de l’Akatsuki, Kiba et Shino s’occupant comme ils le pouvaient de son compagnon un peu plus tard. Cela avait été la révélation pour le clan Hyuuga tout entier et les paroles d’Hinata, toujours timide pourtant, avaient été prises en considération. On attendait beaucoup d’elle à présent. Hiashi tentait de la former à la dure responsabilité de chef de clan. Neji avait été incroyablement fier, Kiba avait massacré Naruto quand il lui avait sauté dessus pour la serrer très fort et la féliciter. Sakura avait rapidement suivi la jeune fille dans se carrière, mais Sasuke avait voulu attribuer son succès à son statut de ninja-médecin.

Plus tard, revenant d’une mission qui avait semblé planifiée pour qu’elle se passe mal, Naruto et Sasuke étaient montés en grade exactement au même instant, d’une annonce de l’Hokage. Ils étaient tous les deux dans un état lamentable, blessés au possible, mais le regard qu’ils s’étaient lancé alors oscillait entre la satisfaction mutuelle et une sobre rivalité. Sakura avait piqué une crise en apprenant qu’ils étaient directement partis s’entraîner après, mais elle avait bien entendu la conversation entre Kakashi, Tsunade et Anko à propos de ces deux là. Tout avait été planifié, et si Sasuke avait découvert le pot aux roses, il avait plutôt semblé heureux de la situation –il s’était posé sur le fauteuil dans le salon et avait fermé les yeux, symbole d’une paix intérieure non négligeable.

Il n’y avait en réalité qu’une seule chose qui avait changé, du point de vue de Sasuke, au bout de ces quatre ans de pur bonheur –il n’avait même pas revu Itachi, c’était sa limite de confiance. En effet, c’était le jour même qu’expirait son délai de vie commune avec Sakura. C’était aussi pour cela, peut-être, que lorsqu’il entendit le son désagréable du réveille-matin du salon, il se retourna sous sa couette et voulu se rendormir. Cependant, le bruit d’une porte s’ouvrant se fit bientôt entendre, les rideaux qu’il laissait grands ouverts furent accrochés aux cols de cygnes et une voix douce, tendre et encore endormie murmura :

 

« Bonjour Sasuke-kun… »

 

Le brun ne bougea pas d’un pouce. Il savait que lorsqu’elle le croyait endormi, Sakura n’osait pas le déranger et attendait toujours qu’il se tourne un peu pour le rappeler. Ce ne fut que lorsqu’il sentit l’odeur de l’excellent café qui se dégageait de la cuisine qu’il se décida, résigné. Sakura lui avait fait part de sa décision d’acheter l’appartement en face du nouveau deux pièces de Naruto et Anko, et de lui laisser celui-là. Sasuke n’avait rien dit, était resté neutre, et elle l’avait pris, comme toujours, pour un « Comme tu veux ». Sakura avait bien repéré qu’à l’inverse, quand il n’était pas d’accord, il faisait la gueule ou même émettait parfois un « grmph » sonore. Il n’avait jamais fait d’efforts avec elle. Elle ne lui avait jamais rien demandé et, s’il était souvent revenu avec quelques sacs de courses, il voulait absolument l’attribuer à son égoïste personne qui voulait se servir par elle même –même s’il prenait toujours des sucreries, particulièrement de la glace, à Sakura, et que celle-ci connaissait par cœur son type de régime alimentaire.

Le brun alla se préparer en vitesse, enfilant son, à présent, éternel kimono blanc au petit symbole des Uchiha dans le haut du dos et se séchant les cheveux en arrivant dans la cuisine où Sakura lui tendit, comme chaque jour où elle était là, un café brûlant des meilleurs. Il se demandait même ce qui allait le plus lui manquer entre Sakura et ce café. Tant qu’à faire, il préférait la personne qui préparait le café, et le problème majeur qui se poserait maintenant serait d’arriver tôt à l’autre bout de la ville, dans le nouvel appartement de Sakura, pour s’inviter prendre la boisson avant de partir en mission –s’il osait être impoli et réfuter toute l’éducation qu’il avait eue, bien entendu. Sasuke se sentait presque déprimé. Sa routine allait être dérangée, ses habitudes chamboulées, tout cela à cause du départ de la kunoichi. Il lui en voulait presque, il s’en voulait aussi, parce qu’il n’avait aucune idée de comment faire pour la retenir. Dee toute façon, il ne devait, question d’honneur, ni ne pouvait, question d’indépendance, la retenir. Il n’avait même pas pensé à quel point il en avait envie, en fin de compte.

 

« Mes affaires sont prêtes depuis hier soir, Sasuke-kun, sourit Sakura, assise à la table tandis qu’il restait debout, accoudé au plan de travail, comme à chaque fois.

– Hn.

– Je vais y aller tout de suite, je pourrais m’installer rapidement, et tu seras plus vite débarrassé de moi ! gloussa-t-elle gentiment. Tu m’accompagnes ?

Hn… »

 

Tous les « Hn » de Sasuke voulaient dire oui, Sakura le savait, mais elle avait trouvé le deuxième très faible et sorti de mauvaise grâce. Depuis quatre ans qu’elle habitait avec lui, elle savait que Sasuke ne se forçait jamais pour rien vis à vis des autres, alors elle ne comprit pas et mit cela sur le compte de la mauvaise humeur matinale du brun. Sasuke resta, comme à son habitude, silencieux tout le long du chemin, laissant Sakura porter sa grosse valise et son seul meuble, une coiffeuse, sans le moindre mal. Elle lui laissait le reste, s’en étant fourni de nouveaux. Finalement, les deux jeunes gens allèrent en mission comme si de rien était, chacun de son côté à différentes horaires, Sasuke partant avant et montrant à Neji un certain agacement vis à vis de ses ennemis, et aussi de Lee qui s’en prit beaucoup dans la figure, surtout quand il parlait de Sakura. Il ne savait pas pourquoi, et de toute façon il ne se prendrait jamais la tête pour ce genre de chose, il était agacé par la situation. Ce n’était jamais que le départ de sa colocataire, mais toute sa vie semblait chamboulée simplement par cette femme, non pire, par Sakura. Sasuke rentra chez lui une semaine plus tard. Il était épuisé, il en avait assez, et en plus de cela il n’y aurait personne pour l’attendre. Si. Il était six heures, Naruto et Anko passaient toujours les voir à ce moment d’habitude. Alors lorsqu’il arriva devant son nouveau chez-lui-intégral, il ne salua même pas ses amis, ouvrit la porte directement et la laissa battante derrière lui en guise d’invitation, entrant d’un pas calme et mesuré dans la maison. Son futon avait été rangé, le canapé gisait au milieu de la pièce, abominablement vide. Sasuke se rendit compte que tout le bien-être qu’il avait ressenti ici n’était pas du à l’appartement, mais bien à Sakura qui faisait la meilleure décoration possible. Fatigué aussi bien physiquement que mentalement, laissant les deux autres entrer sans se faire prier et foncer dans la cuisine, il s’assit sur ledit canapé et posa ses mains sur son front, passant ses doigts dans ses mèches de cheveux. Quand il sentit que le couple revenait, il reprit son air impassible et les regarda s’installer, dévorant les dernières glaces que Sakura avait du oublier pour eux.

 

« Alors Sasuke ! Quoi de neuf ? Quand rentre Sakura ? » demanda Naruto d’une voix enjouée.

 

Le brun manqua tuer le blond sur place de son regard numéro douze authentique « tu aurais mieux fait de te taire » en agressivité mineure. Anko fronça les sourcils. Sasuke avait peur de ce qu’elle dirait, parce que si Sakura le comprenait parfaitement, celle qui était encore la plus à même de le cerner intérieurement était Anko. Elle était pour sa carapace le bélier le plus dangereux, car en fait de bélier, c’était une infiltration, un véritable serpent. C’était une femme, une adulte, alors elle cernait mieux les gens de par son expérience, et même lui était pris au piège. Il assassina Naruto du regard et ne répondit pas.

 

« Ah ! C’était aujourd’hui ton délai d’indépendance ! Tu vas pouvoir faire des missions solo ! beugla encore Naruto, vrillant les tympans du pauvre Uchiha.

– Naruto… commença Anko sans cesser de fixer le brun.

– Anko, pourquoi il ne répond toujours pas ?

– Naruto, Sakura n’habite plus ici.

– Hein ! s’offusqua le blond. Mais c’est impossible ! Où est-ce que… »

 

Naruto s’était arrêté. Il venait de se souvenir. Un mois auparavant, Sakura leur en avait parlé : elle comptait laisser seul Sasuke et, comme elle ne voulait pas retourner chez elle, elle avait pris le petit appartement face au leur, dans le nouveau complexe qui avait été construit pour les jeunes adultes qui repeuplaient le village. Alors le blond se jeta sur Sasuke, le saisit par le col et le secoua :

 

« Tu l’a laissée partir, imbécile ? »

 

Sasuke eut un geste agacé et dégagea les mains de son ami, le regard perdu dans le vague. Anko fronça encore les sourcils, puis elle posa sa main sur l’épaule du blond et chuchota :

 

« Naruto, tu ne crois pas qu’il s’en rend assez malade comme ça ? »

 

Naruto plongea dans les yeux sombres de Sasuke, avala de travers en saisissant le regard assombrit de son ami, puis sembla se mettre dans une colère folle.

 

« Mais va la chercher imbécile ! Elle n’attend que ça ! Alors écoute moi pour une fois et fonce ! Merde ! Sasuke ! Tu passes ton temps à te détruire tout seul ! »

 

Sasuke ne répondit que par une expression lasse. Il le savait, mais il ne voulait surtout pas en entendre parler. De toute façon, c’était très bien comme ça.

 

 

 

A suivre

 

 

 

Je m’éclate à le faire souffrir ce petit… Ce qui m’agace en revanche, c’est que j’avais établi un plan très précis de ces passages SasuSaku, mais je l’ai perdu… >< Enfin, ça va quand même, j’espère. Ca vous a plu ?