Chapitre 8

par jessnal

Aki flânait un peu… laissant libre court à ses pensées. Elle se remémorait inlassablement l’après-midi qu’elle avait passé avec Neji. Chaque fois, elle se surprenait à rougir seule ou elle frissonnait en imaginant le jeune homme blotti contre elle. Leur étreinte avait été parfaite, tendre… rien à voir avec celles auxquelles on s’abandonne par pulsion, par soif, tout simplement. Il était une nouvelle force d’attraction, une dont elle n’avait jamais soupçonné l’existence jusqu’alors. Bon nombre de fois, elle s’était sentie aimantée par une force irréelle, la guidant ici et là, mais cette fois c’était différent. Complètement dingue et chimérique, mais différent. Pour la première fois, Aki s’était sentie troublée par un homme et l’avait ardemment désiré. Cette pulsion là était consentie par tout son être. Cette fascination tout à fait déroutante aurait dû être agréable, son cœur se serait aussitôt allégé et elle aurait goûté à chaque nouveau frisson comme à une friandise interdite, dérobée, et mangée secrètement en prenant soin de faire durer le plaisir. Mais au lieu de se faire plume, son cœur s’alourdissait de seconde en seconde. Il lui semblait avoir le poids d’une enclume dans la poitrine. La culpabilité rongeait son âme et elle ne pouvait pas lutter. De toute façon, depuis toujours, elle n’avait jamais rien pu faire contre les émotions qui la submergeaient… En elle il n’y avait jamais eu qu’une source d’énergie effrayante qui la poussait à agir contre sa volonté. Il n’y avait jamais eu qu’une force qui l’avait guidé sur une voie précise. Elle avait toujours été incapable de s’en détourner.

Tandis qu’elle sombrait peu à peu dans de sombres pensées, ses pas l’amenèrent au pied de l’immeuble dans lequel elle habitait. Elle prit le temps de s’assoir sur les marches du perron pour essuyer les larmes silencieuses qui roulaient sur ses joues. Mais elle n’eut pas le répit qu’elle attendait puisque son téléphone se mit à sonner.

« I dont sleep anymore

I dont eat anymore

I dont live anymore

I dont feel… »
Pourquoi diable avait-elle choisi Atwa pour signaliser ses appels ? Comme si sa vie n’était pas assez déprimante comme ça ?

Elle soupira et décrocha en prenant soin de cacher le trouble qui logeait encore dans sa voix.

- Oui ?

- Yo.

- Kim ? Qu’est-ce que tu veux ?

La voix du jeune homme à l’autre bout du combiné lui semblait lointaine alors qu’elle se trouvait si proche de lui.

- C’est au sujet de Miwa…

Aki prit une profonde inspiration avant de murmurer un « je t’écoute » mal assuré.

- Je suis allé un peu trop loin avec elle…

Le cœur d’Aki se serra violemment. Qu’avait fait cet idiot ?

- Tu ne l’as pas violentée ? Hurla-t-elle au téléphone, prête à se mettre sur ses jambes et à monter l’étage qui la séparait encore de son amie.

- Mais non, espèce d’idiote ! Reprends-toi !

Aki se laissa retomber mollement sur les marches du perron, rassurée.

- Explique. Lui intima-t-elle d’une voix autoritaire. Elle l’entendit soupirer. Il cherchait ses mots, mal à l’aise.

- Disons simplement qu’en chahutant nous nous sommes retrouvés dans une position un peu déplacée et que j’ai voulu profiter de cette opportunité.

Aussi incroyable que cela pouvait paraître, Aki se sentit blessée par les mots de son ami. Quelque chose lui faisait mal et le visage de Shikamaru lui vint aussitôt en mémoire. Il était celui que Miwaku refusait d’oublier et il la cherchait désespéramment. Rien ne devrait se mettre entre deux êtres qui œuvraient si dur pour se retrouver. Et pourtant, c’était ce qu’elle faisait. Avait-elle poussé Miwa au retranchement de son amour ? Avait-elle réellement succombée au charme de Kim ? Cette fois, la culpabilité qu’elle ressentait ne la rongeait plus, mais la dévorait à pleines dents, enfonçant ses crocs dans sa chair de plus en plus profondément. Elle eut une nausée qui lui tordit le ventre et elle dû mettre sa main devant sa bouche pour réprimer un haut le cœur.

Elle se dégoûtait.

- Mais ça ne s’est pas passé comme prévu. Poursuivit Kim, elle s’est mise à pleurer.

Il marqua une courte pause avant de reprendre :

- Je ne sais pas qui est son mec, mais elle l’aime vraiment et ne peut passer au dessus de ça. Aki, je suis désolé, mais je suis incapable de jouer davantage avec elle. Elle est… tellement…

Elle l’entendit soupirer une nouvelle fois.

- Aki, si je devais me mettre avec une fille comme elle, je voudrais qu’elle me veuille vraiment. Elle n’est pas ce genre de personne que l’on peut trainer à son bras comme un trophée. Elle a bien plus de valeur que ça.

Les muscles de la petite fée se détendirent et un sourire de soulagement apparut sur son joli minois pâle.

- Kim, t’es pas tombé amoureux de mon amie ? Le taquina-t-elle sur un ton de reproche.

- Je dis juste qu’il s’en faudrait de peu. Lui répondit-il sur le même ton.

- Enfoiré, rentre chez toi, je ne veux plus te voir rôder autour d’elle.

Elle l’entendit rire et elle se surprit à rire avec lui.

- Dis lui juste avant de partir de ne pas bouger de l’appartement. Que je vais revenir d’ici une petite heure, mais qu’elle ne doit en aucun cas sortir. Dis lui de me préparer un truc à manger, un truc compliqué et veille à ce qu’on ait tous les ingrédients dans les placards ! Ça l’occupera.

- Ok mamzelle.

- Kim !

Elle resta silencieuse quelques secondes…

- Merci.

Elle raccrocha, mit son téléphone à sa place et se redressa d’un bond. Cela ne pouvait plus durer ainsi, il fallait qu’elle trouve le moyen de dire la vérité aux quatre ninjas désespérés. Elle avait présentement toute la volonté nécessaire pour vaincre ce qui la murait à l’intérieur d’elle-même. Son amitié envers Miwaku était plus forte que cette énergie ridicule ! Elle devait en être capable.

Sans réfléchir d’avantage et pour la première fois depuis si longtemps, Aki se mit à courir dans la direction où elle voulait vraiment aller.

~*~

Le regard laiteux de Neji Hyuuga observa la petite fée prendre la fuite, soupçonneux.

- Neji ! Naruto ! Poursuivez-là ! Ordonna sèchement le jeune Nara.

Ils étaient dissimulés au sommet d’un immeuble voisin et avaient donc observé Aki chaque seconde. Trop loin, ils n’avaient pas capté un mot de sa conversation téléphonique, mais cela ne les intéressait pas. Ce qui les intriguait, c’était la fenêtre sur laquelle elle avait mille et une fois arrêté son regard en refoulant ses larmes.

Naruto et Neji s’exécutèrent sans réfléchir et partirent à la poursuite de la petite fugitive avec la ferme détermination de percer son mystère.

Shikamaru et Sasuke se retrouvèrent seuls devant le petit immeuble délabré. Il n’avait qu’un étage, et semblait tomber en ruine. Le jeune Nara avait noté que la population parisienne avait pris la sale habitude de décorer leurs édifices de monstrueuses écritures obscènes et colorées. Celui-là ne faisait pas exception. Les volets écaillés pendaient aux fenêtres misérablement, la gouttière aussi s’était échappée du toit. La lourde porte d’entrée donnait l’apparence d’avoir été forcée un bon nombre de fois, mais à quoi bon ? Cette immonde bâtisse ne pouvait dissimuler aucun trésor. Ses propriétaires ne devaient pas avoir beaucoup d’argent pour la laisser tomber en ruine. D’un geste souple, il fléchit les jambes pour se donner de l’élan et bondir sur le petit balcon, sans rambarde ni sécurité quelconque. Sasuke, quant à lui, bondit sur le toit pour explorer les pièces du dessus.
L’Uchiha fut surpris de trouver un intérieur chaleureux, propre et restauré. Il découvrit une chambre tout à fait accueillante dont les murs étaient garnis de croquis en tout genre. Il s’attarda brièvement sur l’un d’eux au travers du velux, représentant sa jeune épouse et lui-même, assis côte à côte. Il dut secouer la tête pour s’arracher à sa contemplation et s’occupa du second velux. Cette fois, quelque chose retint son attention dans la pièce. Les couleurs des murs lui semblaient incroyablement familières, il avait la sensation d’avoir déjà visité les lieux, de connaître cette organisation. Puis il tiqua, tout s’illumina, il comprit enfin d’où venait la sérénité de la pièce, elle lui rappelait l’appartement que Miwaku habitait à Konoha. En s’attardant sur quelques détails de la pièce, à savoir une réserve de bandages, et un saladier de pomme, il comprit. Aussitôt, il s’échappa du toit, le cœur battant. Ils avaient réussit, ils l’avaient retrouvée, il en était certain.
Il atterrit habilement aux côtés de Shikamaru qui n’avait toujours pas quitté le balcon… ou plutôt le morceau de béton qui tenait là par l’opération d’il ne savait quelle magie. Il voulut lui crier la nouvelle, sa découverte, mais le visage de son compagnon le figea tout autant qu’il semblait l’être. Plus aucune vie ne semblait émaner du jeune homme face à lui. Ses yeux étaient grands ouverts, morts, et fixaient un point au travers de la baie vitrée.

Sasuke ressentit alors une présence familière, un chakra qu’il connaissait si bien… et tourna la tête à son tour pour regarder l’intérieur de l’appartement.

~*~

Elle était là… Allongée en boule sur le canapé. On ne distinguait que son épaisse chevelure brune et émanait ce même rayon solaire qu’à leur première rencontre. Shikamaru mit une main sur son cœur, comme s’il pouvait en contrôler la cadence. À quoi bon contrôler quoi que ce soit ? À quoi bon essayer de contenir ce sentiment si fort ? Miwaku était là, il n’était plus question d’illusions, de rêves, son petit corps plein de vie n’était qu’à quelques mètres du sien. Il voulut ouvrir la fenêtre mais sa main resta en suspend lorsqu’il comprit que quelqu’un d’autre était dans les parages. Derrière le canapé sur lequel Miwa somnolait paisiblement, un jeune homme d’une vingtaine d’années la couvait d’un regard tendre, écœurant. Il le regarda prendre place à ses côtés et caresser ses cheveux d’une tendresse infinie.

Ce fut le vide, le néant, plus rien ne semblait avoir d’importance. Un gouffre sans fond commença à se creuser en lui, révélant ce qu’il n’avait pas imaginé un seul instant.

Elle avait refait sa vie.

La consternation fut très vite suivie du désespoir. Comment avait-il pu arriver si près d’elle et ne pas avoir pensé une seule seconde qu’elle aurait pu se reconstruire dans ce monde ? Comment avait-il pu parcourir tout ce chemin, au prix de tant d’efforts sans se douter que peut-être, elle l’aurait abandonné.

Il ne pouvait détourner son regard de la scène qui se déroulait juste devant ses yeux. Il ne pouvait pas fuir l’inévitable.

Le désespoir fit soudainement place à la colère… la rage prenait place dans son corps et l’habitait presque de toutes parts. Si seulement il avait été plus rapide. Si seulement il avait pu respecter sa promesse dans des délais plus courts, il l’aurait peut-être retrouvée.
Tout était terminé. Que faire ? Se présenter devant elle et l’arracher une nouvelle fois à sa vie ? Elle devait sans doute être fatiguée de voyager entre les mondes et voulait certainement ne plus entendre parler de Konoha.
Il sentit Sasuke atterrir près de lui mais il s’en moquait. Car oui, l’essentiel lui avait filé entre les doigts, son essentiel ne vivait plus pour lui mais pour un autre.

Désormais, la rage avait pleinement pris partie de lui… il s’en fallait de peu pour qu’il n’entre massacrer la gueule de cet autre qui jouissait de ce qu’il avait de plus cher, que ce soit dans ce monde ou dans l’autre. Mais il se retint et préféra s’échapper, fuir cette réalité si douloureuse, inacceptable. Il disparut dans un léger nuage de fumée et laissa seul Sasuke et sa stupéfaction.

Cette technique était presque inaudible, pourtant, cela réveilla Miwaku en sursaut et elle se retourna aussitôt vers la fenêtre, laissant juste le temps à Sasuke de retourner sur le toit le plus silencieusement possible.

~*~

Aki courait toujours lorsqu’elle fut interceptée par Naruto et Neji qui la toisèrent, le regard lourd. Effrayée par la brutalité de leur apparition devant elle, elle trébucha et manqua de s’étaler en pleine rue.

- Vous êtes malades ! Vociféra-t-elle. J’ai frôlé la crise cardiaque !
Elle profita de cette pause pour reprendre son souffle et aussi calmer les battements frénétiques de cœur. L’heure de vérité avait sonné, elle devait avouer aux shinobis où se trouvait leur amie. À peine releva-t-elle la tête vers eux que tous les mots qu’elle s’était engagée à dire semblèrent se sceller en elle. Prise de panique, elle se mit à suffoquer.
Inquiets, Naruto et Neji s’avancèrent d’un pas.

- Tout va bien ? s’enquit le jeune renard en prenant appui sur ses genoux.

- Pourquoi… je ne peux pas le dire ?

Les yeux noisette d’Aki implorèrent le jeune homme. Devant une détresse qu’il n’aurait jamais soupçonnée, il se figea sur place. Il avait déjà rencontré cette situation auparavant, des années plus tôt. Il ferma un instant ses yeux azurs pour se remémorer ce souvenir quelques instants.

Mais un chakra familier vint perturber sa réflexion. Shikamaru se rapprochait à une vitesse effarante. Neji aussi sembla remarquer cette arrivée si peu commune à leur ami. Il tomba du ciel et atterrit agilement entre les trois individus. À peine Neji et Naruto aperçurent son visage qu’ils comprirent que quelque chose s’était passé.
- La mission est terminée. Suivez-moi.
Les deux hommes côte à côte ouvrirent de grands yeux stupéfiés.

- Tu l’as retrouvée ? Balbutia difficilement le blond en reculant d’un pas.

- Oui. Répondit calmement Shikamaru en se redressant et en faisant face à Aki.
Aussitôt, la jeune femme comprit qu’elle avait été piégée et suivie. Elle aurait dû se douter que cela arriverait. Jouer avec un Nara, c’était admettre sa défaite avant même de distribuer les cartes. Elle baissa honteusement la tête. Après tout, qu’était-elle pour rivaliser avec des ninjas ? Une pauvre humaine impulsive. Rien de plus.

Neji fronça les sourcils, l’attitude de Shikamaru ne lui plaisait pas.

- Que s’est-il passé ?

Sa question resta en suspend. Shikamaru observait toujours la petite fée d’un œil froid, les mâchoires crispées… comme s’il lutait à contenir une violence sans limites.
Enfin, il ouvrit la bouche, et s’adressa directement à la jeune femme.

- Tu as bien joué ton rôle. Mais si ton but était de la protéger alors je te pardonne.
Le sang du jeune Hyuuga ne fit qu’un tour. Alors c’était vrai ? Aki leur avait menti dès le départ. L’image de son petit corps lové contre lui quelques instants plus tôt fit naître en lui un puissant sentiment de rage. Alors cela n’avait été que machination ? Pourquoi ressentait-il ce sentiment surdimensionné de trahison ? Il s’en était toujours douté. Pourquoi la vérité semblait soudainement ronger l’homme ? Qu’était cette fille pour lui ? Rien. Il ne devait pas se sentir trompé. Il n’avait rien à regretter. Mais pourtant, une part de lui souffrait cruellement de cet aveu.

- Shikamaru ? L’interpela-t-il d’une voix forte, afin de l’intimer à s’expliquer clairement. S’il avait retrouvé Miwa, pourquoi était-il si désemparé ?

- Suivez-moi.

Il s’enfuit aussi vite qu’il était apparu, et les deux shinobis n’eurent d’autre choix que de le poursuivre, laissant Aki seule derrière eux. Perdue, la jeune femme leva les yeux vers le ciel qui se couvrait de menaçants nuages noirs. Les premières gouttes de pluies se mêlèrent à ses premières larmes.

~*~

- Shikamaru ! Attends ! Hurlait Naruto en se hâtant derrière son ami en fuite.

Comme il ne ralentissait pas la cadence, il se mit d’accord avec Neji en un hochement de tête pour le stopper. Ils le dépassèrent sur le toit d’un immeuble, s’interposant brutalement, imposant un lourd silence entre eux que seule la pluie battante perturbait.

- Je pense qu’on a le droit à quelques explications. Lui fit remarquer le Hyuuga en essuyant l’eau ruisselante de son visage.

Le jeune Nara poussa un profond soupir avant de se masser l’arrête du nez.

- Miwa… Miwaku nous a oubliés.

La stupeur qu’il put lire sur leur visage ne fit que creuser davantage le gouffre qui s’installait en lui, comme s’il pouvait s’étendre à l’infini dans son âme. Sans elle, c’était le vide, le néant, le rien. Sans elle, il n’était plus.

Le regard de Neji s’assombrit. Il lui était difficile d’adhérer à ce genre de propos. Il avait vu évoluer Miwaku de ses propres yeux, il saurait reconnaître mieux que quiconque l’amour qu’elle portait pour ses amis, Konoha, et pour lui. Cet amour qu’il jalousait jour après jour, nuit après nuit, ne pouvait cesser d’être. Il en avait évalué la grandeur, pire, il l’avait entièrement dépassé, surpassé même. Et c’était cet amour incommensurable qu’elle lui portait à lui qui l’avait fait faiblir dans sa détermination de la faire sienne.

Ses poings se serrèrent, menaçant déjà son compagnon pour oser penser qu’elle avait pu l’oublier.

- Explique… articula-t-il difficilement.

- La mission est annulée. Elle est heureuse ici et l’arracher une nouvelle fois à son foyer serait criminel.

Le coup partit, sec, droit, violent, tapant Shikamaru en-dessous de la gorge, le faisant brièvement suffoquer avant de se mettre en garde.

- J’ai dit : explique ! Hurla Neji avant que Naruto ne s’interpose entre eux.

- Elle a refait sa vie !

De nouveau, ils furent à court de mots.

- Shikamaru, sois plus clair, s’il te plaît. Demanda calmement Naruto en maintenant l’Hyuuga à l’écart de son ami.

Qu’est-ce qu’il ne comprenait pas lorsqu’il disait qu’elle avait refait sa vie ? Qu’est-ce qui n’était pas assez clair dans ses mots ? De nouveau, la colère refaisait surface et il lutta pour ne pas se mettre à hurler à son tour à l’encontre de ses camarades qui ne mesuraient pas la situation.

- Être clair ? C’est fini ! On rentre ! On abandonne !
- Calme-toi. Lui dit alors le blond en avançant d’un pas vers lui. Mais Neji saisit cette ouverture pour contourner l’Uzumaki et saisir son ami au col.

Il le menaçait de son regard laiteux et le maintenait fermement.

- Tu quoi ? S’étrangla le Hyuuga. Tu abandonnes ? Tu abandonnes Miwaku ?

Shikamaru dut reconnaître que les mots faisaient mal à être entendus, mais il ne faiblit pas devant son compagnon et repoussa vivement la poigne qu’il avait sur lui.
- Je refuse de le croire ! Aboya-t-il sauvagement.

- Elle vit avec un autre !

- Et simplement parce que tu es froissé dans ta fierté, tu lui tournes le dos ? L’as-tu au moins consultée ?

- Tu la connais aussi bien que moi, tu sais qu’elle ne pourra pas refuser de nous suivre. Tu pourrais gâcher son bonheur ? Toi qui l’aimes autant que moi ?

- Tu me dégoûtes. Cracha Neji en poussant un soupir las.

Shikamaru répondit à la provocation en formant quelques mudras, mais avant qu’il ne puisse effectuer quoi que ce soit, une réplique parfaite de Naruto lui écarta les mains, avant de disparaître dans un nuage de fumée.

À quelques pas d’eux, le véritable Naruto les observa brièvement puis tourna les talons sans se préoccuper plus de ses amis.

- Où tu vas ? Le héla Shikamaru.

Il se retourna, plantant ses pupilles azures dans celles de son ami de toujours.

- Je ne perdrai pas une seconde de plus à vous regarder discuter du sort de Miwaku. Personnellement, je ne sais pas conjuguer le verbe « abandonner » à la première personne. Je vais aller retrouver Aki et après j’irai rendre visite à mon amie. Je ne peux pas arriver si près du but sans aller voir Miwaku et l’entendre me confirmer qu’elle a définitivement renoncé à Konoha.

- Naruto… soupira Shikamaru, sa voix perdant toute crédibilité.

Mais l’Uzumaki avait déjà disparu, laissant les deux rivaux face à face, livrés à leurs seules rancœurs.

~*~

Kim mit une main sur son cœur tant Miwaku l’avait surpris. Réveillée en sursaut, elle avait bondi du canapé et fixait la fenêtre d’un air méfiant.

- Hey ! La secoua-t-il doucement. Est-ce que ça va ?

Elle acquiesça sans pour autant quitter des yeux un point invisible au-delà de la fenêtre.

- Ca va… un cauchemar, le rassura-t-elle.

- Tu veux un verre d’eau ? Lui proposa le jeune homme avec un sourire angélique.

- Oui… s’il te plaît.

Il se redressa et se dirigea vers la cuisine. Miwa était surprenante, après avoir passé plus d’une heure à pleurer, elle arrivait à être agréable avec lui. Malgré son manque de compréhension et sa maladresse, elle lui avait déjà pardonné son écart, lui en avait-elle seulement voulu ?

Alors qu’il voulait saisir un verre, ce dernier lui échappa des mains. Il s’attendit à l’entendre se briser sur le sol, mais aucun son ne vint à ses oreilles. Curieux, il chercha des yeux l’objet perdu, vainement. Aucune trace du verre, pas un fragment visible.
- C’est ça que tu cherches ?
Face à lui, un homme apparut, le guettant narquoisement de ses pupilles sombres, tel un félin prêt à bondir sur sa proie. Il eut juste le temps de cligner des yeux pour découvrir que l’étranger s’était rapproché à une vitesse effarante de lui, le menaçant d’une arme tranchante, posée sous sa gorge.

La panique s’empara de lui. Miwaku était dans la pièce à côté, il devait la prévenir ou stopper son adversaire d’une manière ou d’une autre. Il voulut lever la main pour tenter de le repousser.
- N’y pense pas ou je te découpe en morceaux. Ricana l’inconnu en lui soufflant son haleine glacée au visage.
- N’y pense pas ou c’est toi que je dépèce !
Kim ouvrit des yeux terrifiés en découvrant apparaître soudainement Miwaku derrière l’homme et de lui braquer un saï sous la jugulaire. Cela arracha un sourire à l’étranger qui susurra alors son prénom.
- Miwaku…

Cette voix…
La jeune femme se figea, consternée. Sa main se mit à trembler, son cœur sembla ralentir violemment.
Cette voix…

Lentement elle laissa son arme lui échapper des mains et tomber lourdement au sol. Son bras était toujours passé au dessus de l’épaule du jeune homme, suspendu lorsqu’il leva lentement la main pour le saisir avec douceur.

- Sa… Sasuke…