Chapitre 6

par jessnal

Miwaku dû battre plusieurs fois des cils pour réaliser que l’étranger s’adressait bien à elle. Un jeune homme à peine plus âgé, de type asiatique lui offrait un sourire des plus sincères. Ses cheveux étaient singulièrement ébouriffés et teins en un caramel très clair. Ses yeux ambrés la fixaient d’un air amusé et pétillaient de vie. Grand, élancé, il la dépassait d’une bonne tête et pouvait ainsi plonger son regard chaleureux dans les prunelles ébahies de la jeune femme.

- Oui… finit-elle par balbutier sans pour autant saisir la main qu’il se tendait à elle. Est-ce qu’on se connaît ?

La question était simplement posée pour l’éclairer quand à l’identité de l’inconnu, car Miwa le savait, si elle l’avait rencontré auparavant, elle s’en serait souvenue.

Le jeune homme ne renonçait pas et lui proposait toujours sa main, vaincu par son enthousiasme, elle y glissa ses doigts fins pour y découvrir une tiédeur réconfortante.

- Je suis Kim, un ami d’Aki. Elle m’a beaucoup parlé de toi.

Une nouvelle fois, Miwaku ne put s’empêcher de pester intérieurement contre sa colocataire qui se faisait attendre et la laissait seule sur les points de rendez-vous.

- Enchantée.

La jolie brune dégagea sa main de la douce étreinte de Kim. Il glissa alors les siennes dans les poches de son long manteau blanc et arpenta du regard la grande avenue illuminée.

- Aki est encore en retard ? Murmura-t-il.

- Je crois bien.

- Viens, on ne va pas rester dans ce froid glacial.
Il lui montra la direction d’un café… elle se figea. Elle ignorait si il était correct de se laisser inviter par un inconnu… mais en vue du vent frigorifiant qui dénouait peu à peu ses cheveux, elle profita de cette opportunité pour se réchauffer.

Gentleman, il la guida à l’intérieur du bistro et lui tira même sa chaise pour l’aider à s’assoir. Elle le remercia brièvement et commanda un café.

- Alors… tu connais Aki depuis longtemps ?

Elle sursauta une nouvelle fois. Il y avait dans la voix du jeune homme quelque chose de surnaturel et de terriblement envoutant. Une boule se logea dans sa gorge, la mettant terriblement mal à l’aise.

- Pas si longtemps…

Il pencha légèrement la tête sur le côté et chercha son regard.

- ça ne va pas ?

En croisant à nouveau ses pupilles ambrées, elle eut un nouveau mouvement de recul. Inutile de le nier, Kim était irrévocablement beau, prince charmant sorti tout droit d’un drama coréen. Sa présence l’embarrassait, comme si elle sentait une menace indéfinissable planer au dessus de son visage angélique .

- Excuse moi. Je n’avais pas prévu de me retrouver seule avec un garçon, et je ne suis pas très à l’aise.

- Pourquoi ? Tu es jolie, tu dois souvent te faire inviter !

Elle sentie le rouge lui monter aux joues… elle voulut répliquer mais il ne lui en laissa pas le temps.

- Ne rougis pas, c’est vrai, tu es une jolie fille Miwa.

Soudainement, la chaine autour de son coup sembla s’alourdir et traverser sa chaire… comme une vive brulure, toute la culpabilité de Miwa se logea dans cet ultime souvenir de lui, seul reste d’une histoire d’amour passée… et pourtant si présente. La petite pomme verte pesait si lourd que cela lui coupa le souffle.

- Je n’accepte jamais d’invitation. Répondit-elle sèchement.

Il arqua un sourcil, amusé de l’embarras qu’il causait chez elle.

- La timidité ?

- La fidélité.

Ils se toisèrent un instant, guettant la réaction de l’autre… puis son rire roque et suave raisonna.

- Je suis désolé. Je n’aurais pas agit de la sorte si j’avais su que tu avais un petit ami.

Elle sourit gentiment pour lui pardonner. Il avait l’air sincère et ne la dévorait plus des yeux comme précédemment. Sage et rangé, il croisa les jambes et prit une gorgée de café.

- Bien, si je ne peux pas te draguer, acceptes-tu au moins mon amitié ?

Kim était direct, provocateur et insolent…

- Je ne sais pas si nous sommes fait pour nous entendre. Le nargua la jolie brune en replaçant une mèche de ses cheveux derrière son oreille.

De nouveau, son rire retentit, doux et ensorcelant.

- La semaine va être longue alors.

- pardon ?

C’est-ce moment précis que Aki choisit pour réapparaître. La jeune femme ne passait pas inaperçue avec sa mini-jupe à volant noire et ses longues chaussettes rayées. Ce look très rock attirait beaucoup l’attention, mais Aki ne choisissait pas ses tenues dans ce but. Plutôt que d’obéir au code de la mode, elle choisissait ses tenues selon son seul goût, sans jamais se soucier du regard des autres.

- Salut les copains ? Alors ? On se trouve des atomes crochus ?

Miwaku ne perdit pas une seconde pour foudroyer sa colocataire du regard. La petite fée ne perdit pas pour autant son sourire et s’installa à leur table.

- Alors Miwa, tu es d’accord ?

La jeune femme à qui la question était posée se tassa sur la banquette sur laquelle elle était assise.

- Pour ?

Elle ne pouvait s’empêcher de redouter les plans de son amie, trop souvent farfelus.

- Partager l’appartement avec Kim !

Miwaku resta bouche bée devant cette annonce. Depuis quand un garçon devrait-il faire partit de leur quotidien ? Quand cela avait-il été décidé ?

Le reste des explications d’Aki échappa à la jeune femme. Elle était trop occupée à fuir les pupilles ambrées qui cherchaient les siennes avec curiosité. Le regard du jeune homme était troublant, insoutenable… chaque fois qu’elle le croisait, une vive douleur se présentait au creux de ses seins, le métal froid de la pomme devenait brasier et semblait dévorer sa chaire.

~*~

« La petite pomme verte se balançait, ronde et verte, accrochée à sa chainette dorée. Miwaku bâtit des cils, émerveillée par ce que le jeune homme lui tendait. Elle leva les yeux vers les siens, fuyards. Elle aimait particulièrement lire l’embarras sur son visage, il prenait alors un air enfantin auquel elle ne résistait pas. Il lui glissa le merveilleux présent dans la main, tout en continuant d’éviter soigneusement son regard.

- C’est… est-ce que c’est pour moi ? Balbutia la jeune femme en caressant le petit pendentif.

- tu connais quelqu’un d’autre qui aime autant ce fruit que toi ?

Elle referma ses doigts sur le collier.

- C’est magnifique.

Il soupira avant de faire un pas vers elle et de la plaquer contre son torse. Blottie contre lui, elle se laissa aller à cette douce étreinte comme jamais, écoutant les battements frénétiques de son cœur et le rythme saccadée de sa respiration. Son parfum l’envahit.

Elle voulu contempler une nouvelle fois le pendentif et ouvrit la main dans laquelle elle l’avait emprisonnée. Mais il n’y était plus. Elle se sépara de son amant, cherchant autour d’elle pour voir si elle l’avait fait tomber. Lorsqu’elle voulut lui demander de l’aide, elle remarqua que le jeune homme qu’elle avait face à elle n’était plus celui qu’elle aimait tant, mais un grand asiatique aux cheveux blonds. »

La sonnerie du réveil retentit, tirant la jeune femme de son cauchemar. Elle cacha aussitôt son visage dans ses mains. Pourquoi ce putain de rêve ?

Pourquoi avait-elle dû revivre ce souvenir si doux ? Et pourquoi l’autre abrutit était-il venu gâcher ce moment ? Elle grimaça et sortit à contre cœur de son lit en étirant ses longues jambes dorées. Vêtue d’un simple tee-shirt blanc et d’un shorty noir, elle fila dans la cuisine attraper une bouteille de lait. Tandis qu’elle buvait le liquide frais à la bouteille, elle sentit une présence inhabituelle derrière elle. Elle se retourna brusquement, et remarqua que Kim se trouvait à une proximité dangereuse.

Bien qu’il soit venu la hanter et troubler son sommeil, elle avait oublié que cet idiot squattait désormais le canapé du salon.

Presque collé à elle, il l’avait piégé entre son corps de mannequin et le réfrigérateur. Ses cheveux étaient plus ébouriffés que la veille, lui donnant un côté sauvage très attractif.

- ça te gênerait de prendre un peu plus de distance ? Maugréa la jeune femme en voulant s’esquiver par la droite.

Il plaça judicieusement ses deux bras de part et d’autre de son visage pour l’empêcher de fuir et elle se retrouva belle et bien prisonnière de ses yeux ambrés… elle détestait ça.

- Je voulais juste te dire que ce n’était pas très prudent pour toi de te balader dans une telle tenue… avec un homme dans les parages.

Il réduit d’avantage la distance entre leur deux corps.

Miwa ne lui voulait aucun mal. Kim était juste idiot, pas méchant. Mais l’envie de lui coller son genoux dans son entre-jambe était plus que tentante. Seulement, elle avait peur de ne pas réussir à canaliser son chakra correctement et de lui broyer définitivement les testicules.

Elle calma donc sa violence passagère, lui sourit gentiment et passa sous son bras sans lui adresser le moindre mot. Elle sentit son regard la suivre jusqu’à-ce qu’elle rejoigne sa chambre. Lasse, elle se jeta sur son lit et camoufla son visage dans les oreillers. Elle détestait le sentiment qui l’envahissait alors. Qu’avait-elle ressentit lorsqu’elle avait constaté la présence du beau jeune homme dans son dos ? C’était quoi cette sensation ?

De la satisfaction. Kim lui faisait comprendre qu’elle était désirable, et elle aimait ça. D’autant plus que le jeune homme était loin d’être repoussant. Plaire, c’était agréable.

Tandis que ses pensées s’égaraient… le poids du bijoux qu’elle portait se faisait de plus en plus lourd… la faisant presque suffoquer.

~*~

- Salut les Ninjas !

Aki entra dans la petite chambre que les quatre compagnons occupaient sans frapper ni prévenir avec un grand enthousiasme, un sachet de croissants à la main, des cafés de l’autre. Elle tomba alors nez à nez avec Neji, uniquement vêtu d’un jean. Elle se heurta au torse nu et parfait du jeune homme qui la repoussa dans un reflexe de pudeur incontrôlable.

- N’entre pas comme ça ! Rugit le Hyuuga les joues empourprées.

La petite fée mit du temps à se remettre de la vison exquise qui s’était offerte à ses yeux, avant de répondre sur le même ton pour masquer son trouble.

- C’est bon ! Tu n’as qu’à pas te promener à poil !

- Je sors de ma douche ! Se justifia le jeune homme.

- Lorsque vous aurez finit vos chamailleries, tu pourras nous expliquer la raison de ta présence ici.

La voix blasée de Shikamaru avait retentit.

Le jeune homme était assis au bord de sa fenêtre et son regard semblait se perdre dans la contemplation de la pluie.

- Je suis venue vous aider. S’enquit Aki, toujours aussi souriante.

Elle déposa le petit déjeuner sur un des bureau, encombrés de plan de la capital. Les garçons n’avaient pas chômé depuis la veille et avait étudié toutes les manières possibles de se rendre aux adresses que Aki leur avait confié.

Une bouffée de remords l’envahit. Ils se donnaient corps et âmes à leur mission. Retrouver Miwaku semblait vraiment important. Et le visage torturé du jeune Nara lui fit perdre un instant son envie de mentir. Elle s’accrocha de toutes ses forces à l’amitié qu’elle éprouvait alors pour son amie afin de reprendre son masque joyeux et infantile.

- Où sont Naruto et l’autre enfoiré de Sasuke ? Demanda-t-elle pour éloigner le trouble qu’elle ressentait.

- Partis visiter les lieux que tu nous as indiqué.

Non, ils ne perdaient vraiment pas de temps.

- J’allais justement partir également. Dit Shikamaru en se redressant et en attrapant son paquet de cigarettes. Neji ? Tu sais ce qu’il te reste à faire.

Le jeune homme aux yeux pâles acquiesça. Aki n’eut pas le temps de poser une autre question, l’ananas avait fuit par la fenêtre, et elle se retrouva seule face au shinobi qui enfilait un tee-shirt gris.

Elle soupira.

- Qu’est-ce que tu dois faire toi ?

La familiarité avec laquelle elle s’adressait à lui ne semblait pas lui convenir, et Aki s’en amusa d’emblée !

- Trouver comment nous rendre aux adresses le plus rapidement possible, sans nous faire remarquer de la population.

Sa voix était froide, sèche, distante…

- Détend toi, je connais le métro comme ma poche. Je vais t’aider.

Elle s’assit sur l’un des lits de la chambre.

La pièce qu’ils occupaient était étroite et simple. Elle était meublée par le strict nécessaire, à savoir, deux lits superposés, deux bureaux et deux armoires. Une minuscule salle de bain était accessible par une petite porte sur le côté.

Neji s’offusqua de voir l’étrangère élire son lit comme espace de travail et voulu lui faire remarquer, mais déjà Aki lui désignait le petit déjeuner qu’elle avait apporté.

- File moi un croissant et prend en un aussi.

Elle tendait la main vers lui, un sourire moqueur au coin des lèvres. Il hésita à lui balancer le sachet de viennoiseries au visage…

- Bon tu me le donnes ce croiss…

Elle le reçu au visage.

- Enfoiré ! Je t’apporte de quoi manger et c’est comme ça que tu me remercies !

Il prit place en face d’elle.

- Où est Miwaku ?

Il plongea ses yeux de nacre dans le sien, guettant sa réaction. Aki sentit un frisson glaciale parcourir sa colonne vertébrale.

- Je vois que tu ne me fais pas confiance.

- Non.

- Je croyais qu’elle était la copine de l’autre mal coiffé. Je me suis trompée ?

À bout de patience, il attrapa la jeune femme par le cou, la forçant à le regarder dans les yeux.

- Tu n’as aucune idée de ce que représente Miwaku pour nous. Et je sens que tu ne nous dis pas tout sur toi.

Surprise par sa subite violence, elle chercha à échapper à son étreinte, vainement bien sûr. Mais elle ne laissa pas pour autant son masque tomber et finit par le regarder bien en face.

- Et tu n’as aucune idée de ce qu’elle représente pour moi.

Ils se toisèrent de longues minutes et enfin, il lâcha son emprise.

- T’es taré, tu voulais me tuer !

- Si jamais tu nous mens, tu le paieras cher.

Elle déglutit difficilement, mais continua à le foudroyer du regard.
La journée était mal partie. Faire équipe avec Neji semblait bien plus dangereux que cela pouvait paraître au premier coup d’œil.

~*~

- Fous moi la paix ! Hurla Miwaku de l’autre côté de la porte.

- Arrête de gueuler comme ça. J’ai ramené un truc sympa !

La jeune femme soupira bruyamment et consentit à ouvrir la porte de sa chambre. Kim se tenait là, un plateau dans les mains.

Le plateau contenait une coupelle remplie de fraises toutes plus appétissantes les unes que les autres.

- Des Fraises ?

- Pour me faire pardonner. Sourit le jeune homme en lui tendant le plateau.

Miwaku se figea. Elle était touchée de cette petite attention, mais se méfia tout de même. Toute la journée, le jeune homme avait laissé ses yeux trainer un peu partout sur son corps, l’obligeant à revêtir un jogging pour être plus à l’aise.

Il l’attrapa par le bras pour la tirer dans la cuisine et la faire assoir.

- Mange un peu. Ça va te faire du bien. Tu n’as rien avalé de la journée.

Miwa fixait sans savoir quoi faire la petite coupelle de fruit qu’il lui offrait. Devant sa résignation, le jeune homme soupira, attrapa une petite fraise et la présenta aux lèvres de l’indécise. Comme sa bouche était entrouverte, elle dû la croquer avant de lui jeter un regard lourd de reproches.

- Je sais manger toute seule !

Il rit et renouvela son geste. Cette fois, elle lui prit le fruit des mains.

- Arrête idiot…

Mais elle ne put s’empêcher de sourire devant son engouement à la taquiner.

Dissimulée dans le salon, Aki était entrée à pas de chat et observait la scène qui se déroulait devant ses yeux.

Kim était un rayon de soleil. Il avait la faculté de redonner le sourire à son entourage. Lorsqu’elle l’avait appelé, ce n’était pas sans une idée derrière la tête. Le jeune homme était séduisant et sa maladresse quand à la gente féminine était terriblement attachante. Nombreuses étaient celles qui tombaient sous son charme. Elle et lui avait alors fait un pari. Il avait sept jours pour séduire Miwaku. Le jeune homme s’était immédiatement prit au jeu, et Aki en était ravi. Elle avait comprit que la souffrance de son amie ne résultait pas seulement du dépaysement… mais des sentiments qu’elle éprouvaient encore pour cet idiot de Shikamaru. Alors, il ne lui restait plus qu’à le remplacer, et le tour serait joué.

Elle choisit de ne pas troubler cet instant et fila rejoindre sa chambre en veillant à ne pas alerter les sens aigues de son amie. Une fois en sécurité, elle saisit son carnet à dessin et commença à griffonner. Ses traits habiles prenaient peu à peu forme, et un visage naquit de son son talent. Neji Hyuuga, la regardait sans vie sur la feuille de papier. Elle le raya rageusement. Le jeune homme avait été odieux avec elle toute la journée. Elle avait choisit de quitter l’auberge lorsqu’elle l’avait sentit à bout de nerf et près à se jeter une nouvelle fois sur elle. Mais Aki n’arrivait pas à lui en vouloir. Il avait simplement hâte que tous se termine enfin. Il voulait juste retrouver son amie et rentrer chez lui. Et pourquoi cela l’affectait-elle d’abord ? Pourquoi s’attardait-elle sur le sors de cet arrogant ?

Elle réduisit son croquis en une boule de papier et visa sa corbeille tel un basketteur devant un panier. Sans plus attendre, elle mit ses écouteurs afin de laisser son esprit s’engourdir par la musique…

« There’s something changing in me… There’s something growing in me…

There’s something changing in me… There’s something growing Inside of me… » Drowning Pool.

~*~