Amoureuse, moi?

par Kimikokoi


CHAPITRE 15 : Amoureuse, moi ?



Cette nuit fut si longue ! Kabuto roupillait si profondément que je percevais ses ronflements même la tête enfouie sous mon oreiller et l'épaisseur de la couette. Rien à faire ! Dépitée, je me glissai hors du lit et allai m'écrouler sur le canapé. Il y avait plus confortable comme couchage mais au moins les sons provenant de la chambre étaient atténués et le sommeil pourrait me gagner. C'était évidemment sans compter sur la présence de cette fameuse enveloppe qui me narguait. Posée sur la table basse, bien en vue, je me demandai combien il pouvait y avoir là-dedans ; elle était sacrément épaisse cette enveloppe. Innocemment je m'en saisis et la soupesai. Soit il n'avait retiré que des billets de dix, soit il avait gagné au loto, ce qui était peu crédible. Oh et puis zut ! S'il m'avait chargée de mettre cet argent sur son compte, je saurai tôt ou tard ce qu'il y avait à l'intérieur. Fermant les yeux et soupirant pour apaiser les légers tremblements de mes doigts, j'ouvris le pli.


Bon sang ! Jésus Marie Joseph ! Saperlipopette ! Put... ! Ne vous moquez pas, je suis sûre que vous seriez aussi à court de mots dans la même situation. Je n'avais jamais vu autant d'argent. À vue de nez, il devait y avoir une cinquantaine de coupures de cinq cents euros réunie en deux liasses. Pincez-moi je rêve ! J'avais peut-être réussi à m'endormir finalement. Où avait-il trouvé tout cet argent ? Quel employeur payait de cette façon ? Bon d'accord je connaissais le travail au black et les dessous-de-table mais en pharmacologie c'était assez rare. Le cœur prêt à bondir de ma cage thoracique, j'imaginais des scénarios plus dingues et flippants les uns que les autres, et tous pouvaient correspondre à la personnalité tordue de Kabuto.


Tout ça me faisait craindre le pire. Il ne servait à rien d'interroger l'intéressé, si je voulais des réponses il me faudrait les trouver toute seule. Hors de question d'impliquer Sasuke dans cette affaire ! Oui je sais, il m'avait demandé de le prévenir en cas de danger et c'était extrêmement tentant mais il en faisait déjà suffisamment. Je me faisais sûrement du mouron pour rien et si cela se révélait louche... Et bien j'aviserai à ce moment là. C'était ma façon de le protéger de l'horreur qu'était ma vie. Dans la pénombre du salon, je dirigeai mon regard vers le coffret qui renfermait l'arme donnée par le jeune homme un peu plus tôt. J'avais demandé un moyen de défense sur un coup de tête mais j'espérais ne jamais avoir à m'en servir. Pourtant je sentais au fond de moi une crainte indescriptible, comme un mauvais pressentiment, celui que cela finisse mal.



Comme promis, le lendemain je me rendis à l'agence bancaire, cependant je pris la liberté de m'adresser à une des personnes se tenant aux guichets. J'aurais pu simplement glisser l'enveloppe dans l'urne prévue à cet effet, mais mon instinct me cria d'en faire tout autrement.


« Bonjour, madame ? m'interpela la banquière.

- Oh ! Bonjour, répondis-je en rougissant, prise en flagrant délit de rêverie, je viens pour déposer de l'argent sur le compte de Monsieur Yakushi Kabuto.

- Vous êtes mandataire?

- Euh, non, c'est nécessaire ? m'étonnai-je.

- Pour toute démarche effectuée par une autre personne que le titulaire du compte, oui.

- Je suis là pour mettre de l'argent pas pour en prendre, quel risque encourez-vous ? D'ordinaire, je mets l'argent dans l'urne en son nom et ça ne pose pas de problème.

- Très bien, soupira-t-elle, laissez-moi deux minutes, je vais voir ce qu'on peut faire ».


Après ce bref échange je la vis disparaître dans un bureau, certainement pour demander l'autorisation à un responsable. En attendant, je repensai à tout ce qui s'était passé hier, ça avait été une journée exténuante ! Je me surpris à observer les autres clients, et quand je commençais cela signifiait que j'avais déjà beaucoup attendu. Regardant ma montre je constatai qu'effectivement les deux minutes s'étaient transformées en quart d'heure. En quoi cela était difficile de savoir si oui ou non j'avais le droit de déposer de l'argent ? Encore cinq minutes de plus et la jeune femme revint, nerveuse.


« Pouvez-vous me suivre s'il-vous-plaît ? Le directeur de l'agence aimerait vous voir.

- Ou-oui bien sûr » bégayai-je surprise par la procédure peu conventionnelle, pourquoi ai-je eu cette idée stupide ! Je ne me pouvais pas me contenter de faire comme d'habitude, non évidemment ! Cependant c'était de cette façon que je pouvais obtenir quelques réponses.


La suivant avec quelques réticences, j'arrivai dans un large bureau sans fenêtre. Chouette un tombeau ! On me demanda de m'assoir alors que le directeur, les yeux fixés sur son écran, ne m'avait pas encore adressé la parole. La gorge sèche et la bouche pâteuse, j'avalai difficilement ma salive. J'espérais que cet homme ne me ferait pas trop poireauter car la syncope me guettait. Je n'avais pourtant rien à me reprocher, alors pourquoi autant de nervosité ?


« Vous êtes ? me demanda-t-il sans préambule.

- Sa- Haruno Sakura.

- Vous êtes de la famille de Monsieur Yakushi ?

- Non, je suis... on vit ensemble, finis-je par dire, cela me semblant plus juste que le statut de petite amie.

- Depuis peu, nous avons constaté des irrégularités sur le compte principal de Monsieur Yakushi, commença-t-il plissant les yeux suspicieusement, êtes-vous au courant ?

- N-non, répondis-je ?

- Hn émit-il sceptique.

- Écoutez, Kabuto ne partage pas grand chose avec moi, je sais qu'il a retrouvé du travail et puis ça a l'air plutôt bien pa-

- Pouvez-vous me donner l'argent ? m'interrompit-il tendant la main autoritairement, je n'osai le défier et fis comme il le demanda. Cela fait une sacrée somme, savez-vous d'où vient cet argent ?

- Non, pas la moindre idée.

- Ma collègue m'a fait comprendre que ce n'est pourtant pas la première fois que vous agissez en sa qualité dans notre agence.

- Je ne suis que l'intermédiaire, il me demande de lui rendre service c'est tout, répliquai-je sur la défensive.

- Mademoiselle, je veux bien vous croire quand vous dites ne pas connaître la provenance de ses revenus mais cela nous vous a jamais mis la puce à l'oreille ?

- Monsieur ! Vous allez devoir être plus explicite, m'emportai-je supportant mal toutes ses insinuations, Kabuto a trouvé un travail et peut de nouveau subvenir à nos besoins. Certes il préfère les espèces aux transactions informatisées, mais c'est la même chose pour les personnes âgées et on ne les suspecte pas de... de... je n'en sais rien moi, de ce que vous voulez !

- De blanchiment mademoiselle, énonça-t-il tranquillement.

- Quoi ?! m'exclamai-je d'une voix blanche, finalement la crise cardiaque serait au rendez-vous.

- Les apports et les retraits effectués sur ce compte depuis peu sont trop réguliers, comme une machine bien huilée, avec par-ci par-là des dépôts anarchiques servant à brûler les pistes. Ce n'est pas la première fois que nous voyons ça et nos suspicions se sont souvent révélées exactes.

- Suspicions ? répétai-je sarcastique mais soulagée, vous n'avez donc aucune preuve.

- En effet, reconnut-il, mais si j'ai un conseil à vous donner, n'acceptez plus de lui rendre service... sauf si vous voulez être déclarée complice.

- Je n'ai rien fait qui soit répréhensible, comment pourrait-on m'accuser de complicité ?

- Je ne fais que mon devoir en vous mettant en garde... Vous avez l'air d'une femme intelligente, si cet argent n'est pas l'objet de blanchiment, votre copain est loin d'être irréprochable. Je ferai en sorte de réduire au maximum tout ce qui pourrait me lier à lui si j'étais vous, m'avertit-il en se levant, me congédiant par la même occasion, faites attention à vous ».


Je quittai l’établissement abasourdie par cet entretien ! Les mêmes mots se répétaient sans cesse dans ma tête : Kabuto, blanchiment, complice, prison, Kabuto, blanchi- « bzzzz » vibra mon téléphone d'emprunt.


« Bien dormi ?



Deux mots qui voulaient tout dire. Tout s'est bien passé hier soir ? Kabuto ne t'a rien fait ? Deux petits mots qui gonflèrent ma poitrine de joie et d'am- Oh doucement ! Je secouai la tête pour remettre mes idées en place. Et pourtant... une fois que le mot avait surgi dans mon esprit, je n'en trouvai pas d'autres pour exprimer ce que je ressentais lorsque je pensais à Sasuke. Je venais juste de le retrouver et à l'époque nous nous adressions à peine la parole, évoquer l'amour était risible ! Je devais avoir développé un sentiment de gratitude d'une telle ampleur que n'ayant pas ressenti ça depuis des lustres, je confondais ces deux émotions. Oui, ça devait être ça, un peu comme un syndrome de victime à sauveur, ça devait bien porter un nom en psychologie.


Soulagée d'avoir pu trouver une explication rationnelle à cet imbroglio de sentiments, je me ressaisis pour lui répondre :


« Tout va bien, tu ne devineras jamais ce qu'il m'a apporté »


« Alors là, aucune idée ! Je ne l'imagine pas faire de cadeau

à qui que ce soit. »


« Une arme d'autodéfense ! »


« ok... »


« Tu n'as pas l'air très enthousiaste... »


« Je ne suis pas sûr que ce soit

une bonne idée c'est tout »


Sa réaction me contraria ; ne me disait-il pas depuis le début de faire attention ? J'avais enfin un moyen pour me défendre en cas de besoin et lui tout ce qu'il trouvait à dire c'est « ok mais non ».


« Tu sais t'en servir au moins ? Même s'il n'y a pas de balles ça reste une arme,

dans la panique tu pourrais te blesser. »


Oh... il... s'inquiétait... pour moi... encore. Et moi je n'avais pas compris. De plus il soulevait un point intéressant. C'était effectivement bien beau d'avoir un tel objet, mais s'il était retourné contre moi ou que je visais mal... Ce n'était pas un jouet. J'avouai alors, légèrement honteuse :


« Non, je n'ai jamais appris »


« Je t'appelle plus tard ! »


Euh... d'accord. C'était quoi ça ? Chamboulée par ma récente découverte et stupéfaite par la réponse de Sasuke, je me rendis au travail la tête dans le brouillard. Aussi bien je pouvais considérer la veille comme une bonne journée, celle-ci était plutôt bizarre.



Avec la façade et la toiture du magasin en rénovation, nous étions confrontés à une baisse de la fréquentation, si cela persistait les conséquences seraient fâcheuses. Me bouchant les oreilles pour les protéger du bruit assourdissant des machines, j'entrai et me figeai, apercevant Sachiko en larmes. Faites qu'il ne soit rien arrivé à son gamin !


« Sachiko ! la hélai-je en la rejoignant à grandes enjambées, que se passe-t-il ?

- Je... c'est...les, essaya-t-elle en vain d'articuler, la gorge serrée par l'émotion.

- Viens on va trouver un endroit tranquille, lui dis-je la prenant par les épaules, on a qu'à aller dans le bureau de Tsutomu, il est absent aujourd'hui ».


Sachiko prit la chaise que je lui tirai dans un état apathique inquiétant. Quant à moi je m'accroupis devant elle, cherchant à capter son attention. Il avait dû se passer quelque chose de grave pour qu'elle se retrouve ainsi. Remarquant une boîte de mouchoirs, je la lui posai sur les genoux et en pris un pour lui essuyer les larmes qui ne cessaient de couler.


« Raconte-moi tranquillement, l'incitai-je doucement tandis qu'elle reniflait pour calmer sa respiration et réussir enfin à parler.

- Je... J'ai reçu une lettre recommandée, snif, l'école fait, snif, un signalement pour négligence.

- Comment ça ? Ils doivent avoir de forts soupçons pour se lancer là-dedans, tu as remarqué des choses bizarres quand tu récupères ton fils de chez son père ?

- Non ! Ce n'est pas sur lui que pèse le doute, mais sur moi ! On m'accuse moi de ne pas nourrir assez mon enfant, de ne pas le laver, de- se stoppa-t-elle prise de nouveaux sanglots.

- Je ne comprends pas, ce n'est pas le cas pourtant, réfléchis-je à voix haute, comment leur est venue une idée pareille ?

- Lui... son père. Je ne vois que lui pour mettre au point un tel stratagème, siffla-t-elle haineusement et j'en restai coite. Il a suffi d'une fois, commença-t-elle en levant des yeux suppliants et larmoyants, je peux t'avouer quelque chose ?

- Évidemment, l'assurai-je redoutant tout de même le contenu des révélations qu'elle comptait me faire.

- Un soir, j'étais censée amener Ryuta chez son père mais... oooh c'est encore plus difficile que je croyais. Sakura, je- j'ai oublié mon bébé de deux ans à la crèche. Comme ils s'inquiétaient de mon absence, ils ont appelé mon mari qui – m'a – trouvée al...

- Tu peux tout me dire, lui dis-je en la prenant par les épaules et me voulant rassurante.

- Je venais de perdre mon emploi, les rapports avec mon mari étaient, et sont encore, houleux, stressants... J'ai bu ce soir là et... ça ne s'est plus jamais reproduit, je te le jure ! cria-t-elle désespérée.

- Chut, chut, ça va aller, la réconfortai-je, personne n'est parfait et on a tous le droit de se tromper, de faillir.

- Non ! Pas quand on est une mère.

- Justement quand on est une mère. Avec tout ce que ça implique, ça doit être déjà émotionnellement éreintant alors quand on ajoute un conflit conjugal, n'en parlons pas !

- Il sait... il sait que je m'en veux et il se sert de ça pour m'atteindre, pour obtenir la garde exclusive.

- Si seulement je connaissais du monde... regrettai-je.

- Tu es là et c'est déjà pas mal. Presque tous nos amis ont rompu le contact avec moi. Tu comprends c'était lui qu'ils venaient voir, avec son charisme et son humour. Moi, j'allais avec c'est tout.

- Ne sois pas si dure, je suis sûre qu'ils t'apprécient à leur façon.

- Pff tu parles ! Si certains m'ont écrit c'est par pitié et politesse, je le sens bien, soutint-elle amèrement, j'aimerais bien avoir un ami comme ton Sasuke.

- Sas- Sasuke ? balbutiai-je sentant me monter le rouge aux joues, repensant à mon récent monologue.

- Oui, le beau gosse qui quitte son travail en pleine journée pour te voir car il s'inquiète pour toi, tu vois de qui je parle maintenant ? dit-elle taquine.

- C'est juste un ami ! rétorquai-je.

- C'est ce que j'ai dit, non ? À moins que tu ne me caches quelque chose ? insista-t-elle; même si cette conversation me mettait mal à l'aise, elle avait l'avantage de lui changer les idées.

- Je ne sais pas trop. L'avoir près de moi est apaisant mais je ne suis pas sûre que de son côté il y gagne grand chose.

- Gagner ? Depuis quand cherche-t-on à tirer profit d'une amitié ? S'il t'aide c'est qu'il tient à toi. J'ai lu une fois sur une carte postale « Qui trouve un ami, trouve un trésor », c'est pour cette raison que tu te dois de prendre soin du lien qui vous unit.

- Même si au départ c'est jus-

- Oh mesdames ! aboya notre responsable en entrant dans le bureau nous faisant sursauter toutes les deux, c'est pas une réunion cœurs brisés ici ! D'ailleurs Sakura, Monsieur Ushima est là pour récupérer sa commande et il veut que ce soit toi qui t'en charges.

- Oui ! J'arrive tout de suite, je...

- Hmm ? grogna-t-elle les yeux exorbités m'informant qu'il ne s'agissait pas d'une réponse satisfaisante.

- J'y vais immédiatement ! » me repris-je aussitôt, debout, droite comme un i. C'est qu'elle pouvait être effrayante et je ne voulais pas réveiller le démon aujourd'hui.


Avec un dernier regard pour ma collègue, je sortis pour accueillir le fameux client. Il venait ici presque tous les jours, achetait deux bricoles et repartait. Ce n'était pas un grand bavard mais sa présence était rassurante, il avait toujours un mot gentil et venait chaque fois à ma caisse. Je lui avais apparemment tapé dans l'œil. Ce jour là il était particulièrement guilleret mais je ne m'y attardai pas, trop préoccupée par les tristes situations dans lesquelles Sachiko et moi-même nous trouvions.


Ce fut exténuée que j'assurai la fermeture, ayant commis une grosse erreur de caisse, ce qui ne me ressemblait pas. Vue l'heure, je sortis de mon sac la fameuse bombe au poivre, après tout, le quartier n'était pas des plus sûrs et je me sentais épiée. À peine avais-je enclenché la clef pour descendre le rideau métallique, qu'une main ferme et chaude se posa sur mon épaule. Surprise et apeurée, j'aspergeai l'intrus qui grogna de douleur et se tint la tête dans les mains. C'est alors que je reconnus la silhouette et le long trench coat de Sasuke.


« Oh mon Dieu ! Sasuke ! Je... je suis désolée, je t'ai pris pour-

- Ouais ouais. Je vois que tu as acquis de sacrés réflexes. Enfin « voir » n'est pas le mot que je devrais employer, remarqua-t-il sarcastiquement.

- Je suis vraiment désolée.... Ça va ? demandai-je timidement.

- Mes yeux brûlent et je suis aveugle, tu te sentirais comment à ma place ?

- Je... tant d'acidité me laissait sans voix, mais je pouvais comprendre la souffrance et chacun y réagissait différemment.Viens à l'intérieur, il y a une trousse de secours, l'informai-je » en glissant un bras sous le sien pour l'amener jusqu'à l'armoire à pharmacie du magasin.


Culpabilisant je demeurai silencieuse et faisais le minimum de mouvements. Je commençai d'abord par humidifier un linge propre afin d'éliminer le produit résiduel ; le pauvre, la peau de son visage et de son cou devenait écarlate, et ses paupières gonflaient. J'étais trop lente, il fallait une solution plus radicale.


« Ça n'est pas suffisant, commentai-je, si tu es d'accord il faudrait que-

- Tout ce que tu veux tant que ça soulage mes-

- Tu te déshabilles, terminai-je presque aussi rouge que lui.

- Quoi ? s'étrangla-t-il ».


Pourquoi m'obligeait-il à répéter ! Morte de honte je pris une profonde inspiration et repris :

« Tu vas prendre une douche et rincer le plus longtemps possible tes yeux et ton visage, donc... pour ça il va falloir que-

- Je me déshabille, oui. Une seconde j'ai cru que tu voulais te venger en jouant les perverses, railla-t-il..

- Ja- jamais ! hurlai-je gênée par une telle pensée.

- Dommage, murmura-t-il ».


Cela ne m'échappa pas, je sentais mon cœur palpiter dangereusement et mon sang bouillir, je suis certaine que ma tête devait fumer, comme dans les cartoons, vous voyez ? Mais ce fut son sourire qui finit de m'achever. Comment pourrais-je vous le décrire... Charmeur ? Séducteur ? Non, ce n'est pas seulement ça. Fascinant, envoûteur, carnassier, ténébreux et dévastateur ! Tout mon être n'était plus qu'un amas de cellules incandescentes, créant des picotements agréables, un assèchement de ma bouche et une incapacité à élaborer la moindre pensée cohérente. Seule l'image de ce sourire était gravée sur ma cornée et le prénom de son auteur tournait en boucle comme un mauvais slogan publicitaire.


« Sakura ? Tout va bien ? résonna la voix inquiète de mon compagnon et je sortis de ma léthargie.

- Hein ? Oui, pourquoi ?

- Ça fait deux minutes que je te parle et tu ne réagis pas.

- Désolée.

- Tu n'as que ce mot à la bouche ce soir, plaisanta-t-il.

- Désolée, chuchotai-je.

- Je ne voulais pas te mettre mal à l'aise, confia-t-il détournant son visage, et c'est moi qui suis désolé.

- Pour ?

- Je t'ai mal parlé tout à l'heure.

- Oh... tu es pardonné, le rassurai-je tendrement, je crois que c'était un peu mérité aussi.

- Un peu peut-être, confirma-t-il taquin, mais d'un côté ça me rassure, je sais que tu seras capable de te défendre, et puis si tu agresses tout le monde, tu finiras en prison et là je serai certain que tu seras en sécurité, renchérit-il fier de lui.

- Hé ! m'insurgeai-je lui assénant un léger coup de poing sur l'épaule.

- Ça c'était gratuit !

- Je ne crois pas ! rétorquai-je un rien amusée, allez à la douche !

- Tu es si pressée que ça de me voir nu ?

- Sa- Sasuke !

- D'accord j'arrête ! » promit-il en riant. Ce son provoqua de nouveaux frissons. Pourquoi avait-il un tel effet sur moi ?

Il ne pouvait ouvrir les yeux la lumière l'éblouissant douloureusement, alors je l'observai diriger sa main vers moi, me cherchant. Ses doigts trouvèrent ma joue qu'ils caressèrent brièvement pour descendre en une lente expédition jusqu'à se saisir de ma main tremblante et moite.


« Guide-moi ».