Dans mon obscurité...

par Kimikokoi


CYCLE 3 : Réponses à mes prières.



CHAPITRE 10 : Dans mon obscurité...


Que s'était-il passé ce jour là ? En quoi était-il spécial ? Je venais de vivre une journée de travail ordinaire, ponctuée par les plaintes des clients, les bips de la caisse, les derniers potins des collègues et les cris des enfants. La routine quoi !

Pourtant, une fois devant la fichue porte en bois de mon appartement, que je devais poncer et repeindre depuis des lustres, je refusai d'ouvrir. Clés dans une main et sacs de course dans l'autre, une force invisible retint mon geste. Paralysée, je laissai finalement tomber les sacs et je ressortis de l'immeuble.


Qu'est-ce qui me prenait ? Kabuto devait m'attendre pour dîner comme tous les soirs, et moi j'étais là, à errer dans la rue dans ma tenue de caissière, pour une raison qui me dépassait totalement.

Cependant, je n'avais aucune envie de rentrer. J'étais misérable que cela fût chez moi ou dehors, alors autant profiter des derniers rayons de soleil de ce beau mois de juin.

Ragaillardie, je décidai de me promener à Vincennes. Décider ? C'était bien la première fois depuis des années que je prenais une décision concernant ma vie, et punaise qu'est-ce que ça faisait du bien !


Une fois dans le parc qui entourait le petit lac, je croisai des joggeurs, des familles, des personnes âgées, j'avais l'impression de regarder le monde pour la première fois. Décidément, je réalisai qu'il y avait un tas de choses, pourtant toutes simples, que je ne faisais plus.

La légère brise fit voleter mes cheveux que je venais de détacher, une goutte d'eau s'écrasa sur ma joue, puis une seconde, sur ma bouche cette fois. Étrange, c'était salé. Je pleurai.

Ça aussi, je ne m'en savais plus capable. Je ne cherchai pas à me cacher, à les contenir ; qu'elles coulent ! Peut-être arriveront-elles à nettoyer un peu mon cœur.

Puis je souris, Kabuto devait enrager de ne pas me voir revenir. Je savais que j'allais payer cher cet affront, mais ce que je ressentais, en ce jour comme les autres, était hors de prix. C'était la liberté !


Assise sur un banc, je ne cessais de pleurer et de rire tour à tour, je craquais tout simplement. Je n'en pouvais plus. Ma vie n'avait plus aucun sens, je ne savais plus pourquoi je me levais le matin. Avant, j'avais de l'ambition, je voulais me rendre utile.

Oh je l'étais ! Mais uniquement pour ce fantôme qui cohabitait avec moi. Je repensais à tout ça, des souvenirs défilaient dans ma tête, notamment ceux que je venais de vous conter.


Que quelqu'un me sorte de là, je vous en supplie...


« Sakura ? ». Je tressautai à l'entente de cette voix, bien plus grave que dans mes souvenirs. Je ne l'avais que peu croisé et pourtant, son image était restée vivace dans ma mémoire : un sourire timide, des yeux tristes, le premier à s'être approché de mon secret sans le savoir.

« Sakura, c'est bien toi ? », lentement j'ouvris les yeux, j'avais du mal à y voir clair avec l'humidité prisonnière de mes cils.

« Sasuke ?

- Hn. » confirma-t-il en hochant la tête.


J'eus bien du mal à le reconnaître, le jeune homme réservé que j'avais connu semblait bien loin à présent. Vêtu d'un jean sombre et d'une chemise blanche aux manches retroussées sur les avant-bras, il était tout simplement superbe, j'en étais toute retournée. D'une démarche altière et en même temps féline, il me rejoignit et s'assit à mes côtés.


« Je n'étais pas sûr que ce soit toi au début, mais... on ne voit pas beaucoup de cheveux roses par ici » dit-il en prenant une mèche de ma tignasse. J'eus un peu honte car j'aurais dû les laver ce matin, mais j'avais eu trop la flemme. Son geste me surprit et je sursautai réalisant à quel point il pouvait être proche de mon visage.

« Qu'est-ce...

- Tu n'as rien à craindre, m'assura-t-il avec un furtif sourire.

- Je sais » répondis-je simplement.

Et je pensais mes mots, je savais que lui ne me ferait jamais de mal, du moins physiquement. Bien que plus jeune je ne l'appréciai pas plus que ça, j'avais toujours senti que c'était quelqu'un de bien.

« Ça ne va pas. ». Ce n'était pas une question mais un constat.


Me relevant le menton nos yeux se rencontrèrent, avait-il toujours eu des prunelles aussi sombres !Je ne m'en souvenais pas. Elles me sondaient, cherchaient un quelconque indice, pour savoir ce que renfermait mon cœur, mais il ne devait pas savoir, surtout lui. Alors je rompis le contact et me levai prête à courir.

« Attends ! cria-t-il m'attrapant la main, je ne suis peut-être pas la personne dont tu accepteras de l'aide mais si tu as besoin..., il me tendit sa carte de visite, n'hésite pas.

- Merci » articulai-je péniblement, sans aucune intention de le revoir un jour.


En rentrant, les sacs de course ne gênaient plus l'accès à la porte, Kabuto les avait déposés dans la cuisine sans les vider, bien évidemment. Sans grande surprise non plus, il était devant le poste de télévision, feignant de ne pas m'avoir entendue rentrer, mais sous la surface de l'eau dormante, un monstre dont je craignais la fureur se tapissait.

Je rangeais patiemment les courses quand les bruits de l'émission en cours se turent, mon compagnon avait donc éteint le téléviseur et ce n'était plus qu'une question de secondes avant qu'il n'apparaisse derrière mon dos. Je devais rester calme, ne surtout pas lui montrer ma terreur ; j'avais beau me répéter ces mots telle une litanie protectrice, je ne pouvais empêcher mes mains de trembler. Ne voulant pas qu'il s'en aperçoive, je serrai les anses d'un sac plastique pour en stopper les mouvements.


« Où étais-tu ?

- J'avais besoin de prendre l'air, il y a eu plein de problèmes au boulot.

- Tu me prends pour un con ? hurla-t-il arrachant le sac de mes mains et me retournant vers lui violemment, et regarde-moi quand je te parle, merde ! C'est la moindre des choses !

- Je t'ai dit la vérité, je ne me sentais pas bien et je suis sortie.

- Pourquoi t'as laissé les courses sur la palier, hein ?

- Je... je ne sais-

- Tu voulais t'enfuir ? à peine avait-il posé la question qu'il éclata de rire, tu ne peux pas ma chérie » susurra-t-il à mon oreille, jubilant devant ma panique.

Il prit, à l'instar de Sasuke, une mèche de mes cheveux, les reniflant bruyamment puis enfouit son nez dans mon cou. J'eus du mal à retenir un haut-le-coeur.

« Tu m'appartiens, tu ne peux pas me laisser. Tu m'aimes, tu le sais ».


L'aimais-je ? Non, plus depuis longtemps. Toutefois mes sentiments ne s'étaient pas éteints du jour au lendemain, chaque mot blessant, chaque geste malencontreux jetèrent de l'eau sur la flamme déjà vacillante de notre amour. Je n'ai pas senti les changements s'opérer dans mon âme, trop appliquée à annihiler toute sensation, tout sentiment. Et lui, m'avait-il jamais aimée ? J'en doutais fortement, ou alors sa conception de l'amour était pervertie depuis le début.

Cela faisait des années que je forçais mon coeur à devenir aussi dur que la pierre, et mon corps à se changer en poupée de chiffon, afin d'encaisser au mieux les coups ; il s'arrêtait plus vite lorsque je lui opposais peu de résistance.


L'anatomie n'avait désormais plus aucun secret pour moi, n'ayant pas la possibilité de me rendre aux urgences ou chez un médecin, je pansais seule mes plaies, m'aidant parfois de vieux livres de Kabuto. J'étais aussi passée maîtresse dans l'art du maquillage, rien d'ostentatoire, je ne pouvais prétendre m'occuper de Lady Gaga, mais pour ce qui était du camouflage, personne ne m'arrivait à la cheville.

« C'est quoi cette odeur ?

- Quelle odeur ?, il renifla une fois de plus mes cheveux.

- Avec qui tu étais ?

- Personne ! murmurai-je, la gorge serrée, non par l'émotion, mais par mon foulard, que Kabuto tordait dans tous les sens.

- Ça put l'homme Sakura !

- Mon... pa..tr..tron.

- Ma puce, je crois que tu oublies une chose fondamentale : tu ne sais pas mentir ! Tes pupilles sont dilatées, tu n'oses pas me regarder dans les yeux.

- Ce... n'est...

- Chuuuut ! dit-il en posant un doigt sur mes lèvres tremblotantes m'imposant le silence, tu vas encore t'étouffer avec tes mensonges. Tu sais ce qu'il te reste à faire, hein ? ».


Bien sûr que je le savais, mais il était inenvisageable de lui parler de ma rencontre avec Sasuke. D'une part, car dès leur première rencontre, mon petit-ami l'avait pris en grippe, essayant de me persuader que c'était de lui que viendrait le danger. D'autre part, je voulais protéger jalousement ce moment, cette liberté retrouvée, même brièvement, ainsi que le regard attentionné qu'avait porté sur moi ce presque inconnu. Il m'avait reconnue et j'en étais touchée, bien que ma fuite pusse laisser penser le contraire.

Il m'avait donné sa carte professionnelle, que j'avais glissée dans l'étui de mon pass Navigo afin que Kabuto ne mît pas la main dessus. Poliment il m'avait offert son aide, sûrement par pitié. C'était aussi pour cette raison que je ne comptais pas le contacter, cependant ces retrouvailles hasardeuses viendraient alimenter mes fantasmes et mes rêveries, eux au moins, n'appartenaient qu'à moi.


« Je... ne... peux pl..uus res-pi..rer.

- Parle plus fort mon ange, je ne t'entends pas. Ah mais non, tu ne peux pas », il desserra légèrement le tissu qui comprimait mon cou, l'air pénétra brutalement dans mes poumons et une quinte de toux irrita mes cordes vocales ; mon tortionnaire poursuivit : « je t'autorise à parler mais je te préviens, si ce que tu as à dire ne me convient pas, il y aura des conséquences ».


Qu'allais-je bien pouvoir lui raconter qui pusse satisfaire sa curiosité maladive ? Quelle ironie ! Que je lui servis la vérité sur un plateau ou un mensonge convaincant, absolument rien ne pouvait contrecarrer son projet. Mon choix fut évident.


« Du... par-fum, réussis-je à articuler, retrouvant ma voix je m'enhardis à expliquer, j'ai mis en rayon des flacons de parfum, et j'en ai fait tomber un. Mes vêtements et mes cheveux doivent en être imprégnés ».

J'avais à peine terminer ma phrase, que je sentis ma joue gauche brûler et ma tête partir sur le côté.

« Maladroite ! Si j'étais ton patron, je t'aurais déjà virée. Heureusement pour nous, il n'a pas inventé l'eau chaude ».


On y était ! À partir du moment où il commençait à me toucher et à me frapper, il était pris de frénésie, on l'aurait cru en transe. Bientôt la douleur obligeait mon corps à se défendre, mes glandes lacrymales fabriquèrent du liquide dans le but d'attendrir mon bourreau, mes avant-bras voulurent se placer en croix sur le haut de mon torse, pour protéger ma poitrine et mes côtes qui renfermaient des organes vitaux, et mes jambes cherchèrent à rendre les coups, à le faire reculer pour me donner l'opportunité de fuir, mais il n'en était pas question !

Je retins mes larmes, je laissai accessible ma cage thoracique et mes jambes restèrent immobiles. J'avais endormi mes instincts depuis longtemps, et avais mis au point cette stratégie. Encaisser, souffrir en silence, ne pas lui donner le plaisir de m'entendre crier ; il se lasserait, comme à chaque fois.


Mon esprit s'était évadé dès la première claque, c'était devenu si facile, je repensais aux plaisanteries douteuses de Naruto, aux rires d'Ino, aux conseils avisés d'Hinata, à la tendresse de mes parents... mais ce fut au regard sans fonds de Sasuke, dans lequel je pourrais aisément me noyer, que je pensai.


Combien de fois ai-je cru de pas être capable de me relever de ces séances de tortures, attendant pendant des heures allongée sur le carrelage glacé de la cuisine, que l'inconscience ou la mort viennent me trouver. Je savais que cette dernière m'attendait de toute façon, au moins Elle, voulait bien de moi, alors maintenant ou plus tard, quelle différence ?

Malgré ces idées noires, je ne me résolvais pas à passer à l'acte, car une fois remise sur pied, ma foi en l'avenir reprenait le dessus. Je ne vivais pas pour le présent, mais pour ce que le futur me réservait, je me disais que ça ne pouvait pas être pire !


Ah ça y était, il avait fini. Essoufflé et en nage, il me jeta un regard de dégoût et de nouveau les slogans publicitaires et les rires pré-enregistrés d'une vieille série vinrent se répercuter contre les murs.

Je ne m'étais pas évanouie, j'étais fière de moi. Il fallait encore que j'atteignisse la salle de bain afin de me rendre compte des dégâts et aussi, parce que j'avais vraiment besoin d'une douche. Me traînant au sol, je faisais la liste des zones endolories, d'après mon expérience, j'aurais dit : une côte fêlée, de multiples ecchymoses et une lèvre ouverte – il ne m'avait pas frappée au visage, je m'étais simplement mordue pour éviter de pleurer et de crier.

Au bout de cinq minutes, je parvins à entrer dans la salle d'eau, et à l'aide du lavabo, je me hissai laborieusement. Ouvrant mon chemisier, j'observai les différentes contusions qui marquaient mon torse, puis délicatement je me mis à le palper. Raté ! Deux côtes fêlées, dont une qui ne parvenait jamais à se ressouder, n'en ayant pas le temps.


Comme un rituel, je pris le nécessaire pour nettoyer et désinfecter certaines plaies, et avalai des antalgiques. Je tournai ensuite le robinet de douche pour amener l'eau à la bonne température, et une fois nue, je me plaçai courageusement en-dessous du jet d'eau. J'en avais diminué la pression pour ne laisser couler qu'un mince filet, le temps de m'habituer à son passage sur mes blessures.

Puis lentement, je versai du shampoing dans ma paume m'apprêtant à me laver les cheveux, mais subitement je suspendis mon geste. L'image de Sasuke humant leur parfum s’immisça dans mon esprit venant supplanter celle de Kabuto faisant le même geste.

Je secouai la tête, afin de retrouver la réalité, qu'avait-il pu bien se dire après ? Je sentais la transpiration, les larmes avaient fait couler mon maquillage, mes cheveux étaient plats et sales. Tout de suite, c'était beaucoup moins romantique. Du dégoût et de la compassion, c'était ce que j'avais dû lui inspirer. Il s'était senti obligé de me proposer son aide ; l'auriez-vous accepter à ma place ? Me trouvez-vous bizarre de vouloir en rester là ?


Il ne s'agissait pourtant pas de fierté mal placée, intimement je savais que seule je ne m'en sortirais pas, mais c'était aussi accepter que quelqu'un intervienne dans ma vie, qu'il se heurte à Kabuto et à sa perfide personnalité ; comment accepter qu'un étranger prenne autant de risques pour moi ? Mon miracle ne pouvait naître de la pitié, ou alors il mourrait dans l'oeuf.

L'espoir est un sentiment très puissant, salvateur ou dévastateur, selon la personne qui l'insuffle. J'étais trop fragile psychologiquement, pour vivre un autre échec. Je devais donc être certaine que celle ou celui qui me tendra la main, pourra supporter tout cela, et ne me laissera pas tomber.


Un mois s'était écoulé depuis cette rencontre, ça n'était plus pour moi qu'un agréable souvenir, un rayon de soleil qui réchauffait mon cœur et mon esprit, de plus en plus sclérosés. Kabuto se plaisait à réduire à néant ma volonté, je me relevais de moins en moins vite après ses accès de violence, je mettais de plus en plus de temps à guérir, ce n'était plus qu'une question de temps avant que le psychique ne me lâche.


Nous étions dimanche, ouverture exceptionnelle du magasin durant les soldes d'été, je m'étais évidemment portée volontaire car cela augmentait mon salaire de manière conséquente. La climatisation tournait à plein régime, la chaleur était insoutenable dehors, je me trouvais dans le rayon des produits ménagers au fond du magasin ; c'était une petite supérette et d'ici je bénéficiais d'un bon angle de vue sur l'entrée.

D'habitude, je me fichais royalement des personnes qui pouvaient franchir les portes automatiques, trop occupée à terminer cette tâche, afin de retrouver mon vrai poste.

Mettre en rayon ne me passionnait pas le moins du monde, je préférais être assise derrière une caisse, cherchant le contact avec les clients. Sans le savoir, ils jouaient un rôle important pour moi, d'autant plus que ceux qui venaient faire leurs courses ici étaient des habitués, des gens du quartier. On créait des liens, je me sentais un peu mieux.


Je vidais donc des caddies remplis de lingettes, de bouteilles de liquide vaisselle, quand le carillon électronique annonça l'ouverture des portes et donc l'entrée d'un potentiel client. Je fus saisie par l’irrépressible nécessité de diriger mes yeux vers celui-ci. Ce que je vis me fit lâcher les sachets que je tenais et ma main vint étouffer un cri de souffrance et d'angoisse.


Que faisait-elle ici ? J'observai discrètement la jeune femme de ma cachette. Elle avait changé durant ces années. Ses cheveux avaient poussé et lui arrivaient jusqu'à la taille, son opulente poitrine était un peu plus lourde, les quelques ridules au coin de ses yeux bleus, lui conféraient une certaine maturité qui lui seyait à ravir. Ino était devenue une splendide femme.

Soudain je la vis s'adresser à l'accueil et elle semblait chercher quelqu'un. Non, impossible ! Etait-elle venue pour moi ? Sur un acte désespéré, je pris le téléphone du magasin attaché à ma ceinture et je contactai l'accueil.


« Décroche, allez vite !

- Sa-

- Chut, ne dis rien et surtout pas mon nom !

- Qu'est-ce qu'il se passe ?

- La jeune femme qui est en face de toi, je la connais et je n'ai pas du tout envie de la voir. Si elle demande après moi, je veux que tu lui dises que je ne travaille pas ici. Je t'en supplie, Sachiko !

- Très bien, je fais comme ça. ».


Je vis ma collègue sourire à mon ancienne amie naturellement sans trahir la nature de notre conversation. Ino a toujours eu une très bonne intuition, la moindre hésitation et elle comprendrait que son interlocutrice lui mentait. D'ailleurs, elle fronçait les sourcils l'air sceptique et elle commença à déambuler dans les allées. Il fallait que je me cache de toute urgence ! Précipitamment, je laissai mon chariot en plan, et marchai jusqu'à la réserve dans le but de m'y enfermer. J'y parvins juste à temps.


Que faisait Ino dans ce quartier ? Il était bien loin des magasins de haute couture et des lieux qu'elle avait l'habitude de fréquenter. Je n'avais pas la naïveté de croire qu'il s'agissait d'une coïncidence, et Sachiko me le confirmera sûrement. Soudain, Sasuke apparut dans mon esprit : il lui avait dit ! Il lui avait parlé de notre rencontre. Mon cœur se gonfla d'un sentiment indéfinissable, je sentais que mon monde changeait, que quelque chose d'important se jouait. Le destin me tendait la main, aurais-je l'audace de la saisir ? Étais-je prête à en accepter toutes les conséquences ? Rien n'était moins sûr ! Pourtant, je ne pouvais plus rester là, les bras ballants, à observer les gens évoluer autour de moi, à vivre tout simplement. Je voulais quitter le banc de touche, et retourner sur le terrain, sentir l'exaltation couler dans mes veines.


Cet après-midi-là pendant ma pause, j'empruntai le téléphone portable de ma collègue et sortis la carte de Sasuke que j'avais obstinément conservée. On pouvait y lire :


UCHIHA Sasuke

Psychologue spécialiste du sport

Cabinet paramédical

13 avenue des Corbeaux 75015 PARIS 15me

0176XXXXXX


« Secrétariat du cabinet paramédical Les constellations, que puis-je pour vous ?

- Je voudrais parler à Sasu-, euh à monsieur Uchiha, s'il vous plaît ».