Coquille vide

par iria_hime

Après une longue période de silence (faut de temps et d'inspiration) me revoilà avec un nouveau chapitre !

 

Merci pour les commentaires, je vois que le précédent chapitre n'a pas laissé froid et sans avis. Celui là est peut être moins palpitant, faut dire que c'est pas facile de faire des histoires originales et uniques !

 

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Coquille vide

 

 

Le soleil vif du matin me sort de mon sommeil. Non, je veux continuer à rêver. Il est tellement bon de rêver de lui.

Cette fois, j'étais encore petite fille et je m'étais fais mal. C'est alors qu'il est arrivé et m'a consolé. Il me regardait avec son visage d'ange. Il a soigné ma blessure et a séché mes larmes. Je restais immobile, complètement hypnotisée par son regard si doux.

 

Mais ce n'était qu'un rêve et la triste réalité me rattrape comme toujours. Ce jour où tout a basculé…

Je le revois gravement blessé, relevant la tête pour me regarder. Il m'a sourit le plus tendrement du monde avant de s'effondrer au sol pour ne plus jamais se relever.

Le souvenir est si dur… je ne peux retenir mes larmes une fois encore. Je voudrai que tout ceci ne soit qu'un cauchemar, que ce jour ne soit jamais arrivé. Je revois toujours sa mort dans ma tête, jamais elle ne partira. Son doux visage aux traits fins, aussi pâle que la porcelaine qui retombe sans vie sur le sol. J'aurai voulu mourir aussi.

 

Depuis quelques années, nos liens s'étaient resserrés, presque de façon intime. Il était mon frère, mon ami… peut être plus encore.

 

Sakura m'affirmait que j'étais amoureuse de lui, mais je ne sais pas. J'étais accro à lui c'est certain, mais il n'y a pas de mots pour décrire ce que je ressentais.

Je l'aimais peut être oui.

 

C'est vrai que j'ai parfois désiré des rapports plus charnels avec lui. Il était très beau, très séduisant et envoûtant. Je me souviens de cette nuit où je me suis introduite dans sa chambre. C'était à la mort de papa et j'étais abattue. J'étais devenue le chef du clan et je ne me sentais pas prête. J'avais besoin qu'il me rende forte alors je me suis doucement glissé dans sa chambre, jusqu'à son lit. Sans un bruit j'ai soulevé ses couvertures pour m'introduire discrètement. Il me fit une place tout contre son torse nu et me serra dans ses bras, pas le moins du monde surpris par ma venue, c'était pourtant la première fois. J'ai enfoui ma tête au creux de sa nuque et j'ai longuement pleuré. Nous n'avons pas échangé une parole, il s'est contenté d'écarter mes cheveux mouillés de sueur de mon front pour embrasser celui-ci. Moi je le serrai très fort contre moi et lui caressais de temps en temps le torse.

Oui, ce soir là j'avais envi d'aller encore plus loin. Mon corps réclamait des caresses plus prononcées et plus sensuelles. Mes lèvres brûlaient de désir pour les siennes. Peut être que justement il ne me manquait plus qu'à le découvrir en tant qu'amant.

 

En dehors de ce désir charnel inassouvis, nous n'avions plus aucun secrets l'un pour l'autre. Nous savions exactement comment l'autre pensait, comment l'autre allait réagir. Nous étions inséparables, autant pour les entraînements que pour les missions. Quelle magnifique équipe nous avons formé quand j'y pense. Pas un mot n'était nécessaire, on se comprenait d'un seul regard.

 

Je décide d'arrêter là pour les souvenirs tout en me séchant les joues. Je me lève et me dirige directement dans la salle de bain. Mon reflet dans le miroir me choque. J'ai vraiment l'air malade avec mes joues creuses à force de ne plus rien manger. Mon teint pâle et mes yeux rougis font vraiment de la peine à voir. Mais qu'est-ce que j'y peux ? Je n'ai jamais été très forte et seul lui m'aidait dans mes épreuves difficiles.

Mais qu'est-ce que je vais faire sans lui maintenant ?!

 

A nouveau des sanglots me font tressauter et les larmes jaillissent du fond de ma peine.

On peut dire qu'on menait le clan tous les deux depuis quelques années et me voilà seule.

 

« Pourquoi t'as fais ça ! » hurlais-je en frappant du poing le miroir qui se brisa dans un vacarme assourdissant.

 

A peine le temps de rincer le sang sur ma main qu'une servante frappe à la porte en me demandant si tout va bien sur un ton plus qu'inquiet. Ma réponse ne fut pas très polie mais j'm'en fous. Les gens ne sont donc pas capables de comprendre le malheur des autres ?

 

La solitude… elle me fait peur. Néji, pourquoi m'as-tu quitté comme ça ? Tu le savais pourtant que je ne pourrais pas le supporter.

 

« Tu le savais… » murmurais-je « jamais je ne pourrais surmonter ta mort, sachant que tu t'es sacrifié pour moi »

 

Je m'assis sur le sol froid de la salle de bain, mes jambes repliées contre ma poitrine.

« Je ne méritais pas ce sacrifice. Je n'ai même pas pu t'en empêcher »

Ma tête retomba avec lassitude, je l'enfouie immédiatement dans mes bras en fermant les yeux. Je voudrais tellement être partie avec lui lors de cette bataille.

 

« Je suis rien comparé à toi ! Pourquoi t'as fais ça… »

 

Je sais maintenant que je ne pourrai pas affronter l'avenir sans toi. Tu étais ma force, mon courage, je ne suis plus qu'une coquille vide. J'ai toujours été la plus faible, la plus… inutile ! C'est toi qui a su m'élever comme jamais je n'aurai osé espérer. Tu étais la lumière rassurante dans les ténèbres, le bouclier protecteur et l'arme qui donne la force.

Je me relève lentement et me rapproche du lavabo. Je rencontre le regard livide de mon reflet dans le miroir brisé. J'ouvre un tiroir et frôle du bout des doigts un objet froid qui me glace le sang. Je m'en empare pourtant. Au creux de ma main, le métal froid du rasoir laisse son empreinte. Je vois mon expression maussade, mes yeux rougis et mes joues mouillées de larmes reflétés par la lame pure du rasoir.

Je n'ai pas peur, plus maintenant. Oui c'est la solution de facilité oui ! Mais c'est mieux comme ça. J'appuis la lame contre les veines de mon poignet. Déjà, un filet rouge se détache de la coupure pour fondre sur le sol.

Je ferme les yeux, la libération est proche.

 

« C'était sa décision et tu dois la respecter ! » Cria une petite voix dans mon dos.

Je relève la tête de surprise pour découvrir ma petite sœur juste derrière moi, je ne l'avais même pas entendu approcher.

« Il l'a fait par amour pour toi Hinata tu comprends ? »

Hanabi avait les larmes aux yeux. Pas étonnant vu le spectacle auquel elle allait assister.

 

« Il était aussi attaché à toi que tu l'étais à lui. » dit-elle en me prenant dans ses bras.

« Il n'aurait jamais pu vivre en sachant que tu étais morte sans qu'il puisse te sauver. »

 

Je sais ça mais pourtant…

« Mais la vie continue. Il ne voudrait pas que tu te laisses mourir pour lui. S'il t'a sauvé c'est pour que tu vives. Ne le déçois pas. » Ajouta-t-elle en me retirant le rasoir des mains.

« Tu n'as pas le droit d'abandonner, il ne l'aurait pas fait lui et il ne voudrait pas que tu le fasses »

 

Ces mots sont durs mais ils me réconfortent un peu.

« Je t'aiderai oneesan »

« Merci Hanabi » répondis-je en souriant.