Temps

par Chlochan

Chapitre 14~ Temps


« Si la vie est un échiquier, le joueur qui vous fait face est le temps. Si vous hésitez avant d’agir ou si vous négligez d’agir promptement, vos pièces seront balayées par le temps. Vous jouez contre un adversaire qui ne tolère aucune indécision. »


Anonyme.



Le temps. Une notion que tout le monde utilise dans la vie de tout les jours. Le temps, cette chose dont on est prisonnier. On parle de temps pour la vie. On parle de temps pour le sport. On parle de temps pour tout et n'importe quoi. On parle de temps pour la mort.


« Ses jours sont comptés »


On parle de temps quand pour un rendez-vous, le retard nous attrape de ses longs doigts et essaye de nous envelopper. Le temps, ce mot qui a tant de significations. Mais dans le concept de la vie le temps est précieux, il fait de nous ce que nous sommes, des animaux ce qu'ils sont, des civilisations ce qu'elles deviennent. Il est une partie de nous. Le temps. C'est une bombe à retardement. Un circuit miné, il faut trouver le bon endroit pour y poser son pied. Parfois, le temps est court, il est traître. Il se joue souvent de nous, nous fait croire des choses puis nous explique que s'il persiste à ne pas revenir c'est fini. Juste un instant et on perd tout. Le temps est lâche mais nous prévient. Il suffit de l'écouter, de l'entendre, de le comprendre. Il nous suffit d'ouvrir les yeux et de voir que l'on doit courir pour arriver à nôtre point d'arrivée. Comme dans les jeux, le temps est précieux. Mais à quel point quand une vie peut se finir ? Quel est alors son importance ? C'est compliqué de savoir mais le temps se matérialise dans les gens. Les médecins. Les humains. Ceux qui nous apportent des bonnes mais aussi de très mauvaises nouvelles. Le temps est un jeu de hasard. Oui, juste du hasard. C'est complexe ? Pas vraiment c'est juste un raisonnement. Et une certitude.


« Si elle ne se réveille pas dans les jours qui vont suivre, il nous faudra la débrancher. Elle ne peut pas continuer comme ça, elle va finir par devenir un légume et au mieux pourra ouvrir les yeux, mais ne pourra rien faire seule. Ce n'est pas une vie. Le temps joue contre elle. A partir de maintenant c'est une question de vie ou de mort.  Les prochaines vingt-quatre heures seront déterminantes»


Son visage avait pâlit, maintenant c'était du sérieux, si elle ne faisait rien, elle allait mourrir, il fallait qu'elle se batte. Coûte que coûte. En entendant la nouvelle il dût s'appuyer contre le lit. Ils avaient dit que ça faciliterait la guérison mais au final ça la empiré. Elle ne pouvait tout simplement pas les laisser. Après tout ce chemin, il fallait qu'elle ouvre les yeux. Oui, il le fallait pour le bien de tout le monde. Une course, voilà ce que c'était maintenant, une course contre la montre. Il était venu de Kyoto, il ne l'avait pas vu depuis des années mais apprendre quelles étaient les nouvelles, pourquoi elle s'était fait ça et maintenant ce qui risquait d'arriver lui brisait le cœur, il n'avait pas était spécialement proche d'elle durant son enfance mais elle comptait beaucoup. C'était sa famille. Il leva son regard vers le corps de la jeune femme et caressa son visage. Il était froid. Froid comme la glace. Il soupira de lassitude. Maintenant il allait attendre une journée de plus. De toute façon plus rien ne comptait sauf son état.


La nouvelle fit le tour de la faculté en un rien de temps. Des curieux avaient entendu parler le petit groupe dans un couloir après avoir reçu l'appel du médecin et s'étaient concertés. Qu'allaient t-ils faire maintenant ? Ils ne pouvaient que prier.


Vingt-quatre heures. C'est à la fois long et court. Une journée. Rien que ça. Juste ça.


°


Elle se sentait mal. Elle avait l'impression qu'un poids s'insinuait dans sa poitrine et la compressait. Elle savait que ce n'était pas la petite fille car cette dernière avait disparu depuis longtemps, elle ne sait où. Elle avait des difficultés à respirer. L'endroit où elle se trouvait tournait. Elle avait l'esprit embrouillé et le regard vitreux. Ses poumons lui brûlaient. Elle savait ce que ça signifiait. Elle n'avait plus beaucoup de temps, elle ne devait pas traîner. Inconsciemment elle savait que c'était bientôt la fin. Il fallait qu'elle en finisse au plus vite. Elle ne pouvait pas s'éparpiller. Trouvait la sortie était sa seule priorité. Alors, malgré la douleur, elle reprit sa marche, difficilement.


Elle ne voyait presque plus rien, la sueur lui brûlait la rétine. Elle savait qu'elle n'était pas vraiment là, qu'elle n'était qu'une production de sa conscience, que son esprit c'était matérialisé en elle et qu'elle avait le devoir de trouver une solution. Son corps combattait contre cette peste. Son âme se révoltait, trop de temps on passé, il fallait qu'elle ouvre les yeux. Il le fallait. Peut importe comment, l'essentiel était qu'elle se devait de redevenir elle. Tout simplement elle. Alors la gorge sifflante, bouillante de fièvre elle courut.


Soudain, un air glacial passa près d'elle. Et elle se retrouva devant la fillette, le visage tiré par la haine elle fonça sur la jeune fille qui essaya de se retourner pour se réceptionner avec ses mains mais n'y arriva pas et se cogna le nez de pleins fouet. Elle gémit de douleur essayant de calmer la blessure sans grand succès. Elle sentit un liquide chaud parcourir sa main et son bras, elle ne se posa même pas la question de ce que c'était. Du sang. Son sang. C'était comme la fois où son père l'avait poussé dans les escaliers et qu'elle avait cassé son nez. Elle était au lycée à ce moment là. Elle avait dût aller à l'hôpital pour cautériser sa plaie. Elle avait eu extrêmement mal.


°


le médecin était entrain de prendre les constantes de la jeune fille quand il remarqua une chute de chaleur et son front incroyablement chaud. Il appela les infirmiers qui accoururent pour prendre sa température. 42C°. C'était énorme. Ils lui appliquèrent des lingettes fraîches sur le front puis son cœur s'emballa et son nez se mit à saigner. Nouvelle panique. Le docteur essaya d'arrêter l'hémoglobine mais rien à faire, ça n'arrêtait pas. Il prit plusieurs compresses et les appliqua sur le nez pour accélérer le processus mais on aurait dit qu'elle se vidait de son sang par le nez. Il cria aux gens présents dans la pièce de lui ramener des poches de sang. Beaucoup de poches. La tension était palpable, les quatre jeunes adultes venaient d'arriver quand ils virent le personnel slalomer entre la chambre de la fille et les réserves. Ils se regardèrent et d'un commun accord ils coururent voir ce qu'il c'était passé. Là-bas, le spectacle qui s'offrait à eux était macabre ; ils branchaient de nombreuses poches sanguines aux perfusions de la Hyuga, ils virent les compresses de sang sous son nez qui n'en finissait pas de couler. Le médecin criait les ordres les uns après les autres et d'un coup la ligne du cœur, irrégulière n'émit plus aucun mouvement, seul un trait et un bruit continu et strident parvinrent aux oreilles de toutes les personnes de la salle.


« Non, non, non ! Ne nous fait pas ça ! Ouvre les yeux jeune fille ! Soit forte, il te reste encore vingt heures ! Garde courage ne fait pas de bêtise ! Revient parmi nous ! Cria le médecin. »


Il se positionna en califourchon sur la jeune femme et ouvrit sa blouse, il posa ses mains sur son thorax et commença le massage cardiaque. Il appuya pendant plusieurs minutes sans succès, les infirmiers essayaient de le faire descendre, de lui faire lâcher, mais rien n'y faisait, il voulait continuer. Ça ne pouvait être fini, pas encore. Quatre mois qu'elle était là, et c'était à la fin qu'elle faisait n'importe quoi. Alors il continua. Mais au bout de trente minutes se résigna. C'était fini. Elle était morte.


Leurs cœurs s'arrêtèrent de battre. Non, c'était impossible. Naruto tomba à genoux devant le lit de la femme qu'il aimait. Tremblant. Elle était blanches. Elle ne respirait plus. Elle ne faisait plus rien.Elle était vide. Il se laissa aller pleurant comme jamais. A quoi bon laisser ses sentiments de côté ? Il cria sa douleur. Il ne voulait pas que ça finisse comme ça. Que c'était-il passé ? Pourquoi ? Pourquoi elle ?


Kiba était resté sans bouger devant le corps mort de sa meilleure amie. Il ne respirait plus. Il était dans un autre espace temps. Ce n'était pas réel. Non, c'était un cauchemar. Il allait se réveiller dans son lit. C'était sûr. C'était obligeait.


Non. C'était la réalité. Le temps avait prit le dessus sur elle. Elle était partit. Une larme glissa le long de sa joue et vint disparaître à la commissure de ses lèvres. Puis une autre, quatre, cinquante, un millier.

Sakura avait pleurer sur l'épaule de Sasuke, qui lui, pleurait tout autant. Elle avait réussit à faire fondre les cœurs les plus durs. Elle était morte mais ce n'était pas en vain. Non. Enfin, peut-être. Ils n'étaient même pas sûr que ça avait changé quelque chose dans ce monde pourrit jusqu'à la moelle.


Soudain, la machine du cœur émit un léger bruit. Elle fit relever le visage à tous les gens présents. Ils scrutèrent l'appareil croyant rêver. Puis elle fit un second bruit. Et alors des courbes se dessinèrent sur l'écran. Hinata souleva d'un coup son thorax et ouvrit les yeux et la bouche pour prendre une grande bouffé d'air.


« Qu.. Uh.. . » Elle paniqua, sentant quelque chose planté dans sa gorge. Elle essaya de l'arracher mais l'homme d'âge mûr à côté lui prit délicatement les mains :


« - Hinata ? Ne parle pas, tu as un tuyau dans la bouche. Ne t'en fais pas : tout va bien. Tu nous as fais une sacrée peur, mais je savais que tu ne mourrais pas. Déclara un sourire rayonnant le médecin. »


Hinata ne distinguait pas encore bien les personnes présentes mais les paroles de cet homme l'avait remplit de bonheur, et esquissa un pauvre sourire pour toute réponse avant de grimacer. Le tuyau la gêner, c'était désagréable. Entendit quelqu'un renifler mais ne vit personne. Mais de toute façon elle avait mal aux yeux et était fatigué. Elle avait réussit, elle était sortit, elle ne sait pas comment, car elle avait perdue connaissance mais c'était un miracle. Elle ferma ses yeux et s’endormit.


«  Hinata ?! S'inquiéta Kiba.

- Ne t'en fais pas, elle s'est juste endormie. Finalement le temps n'a pas réussit à la rattraper. Elle vit. Et elle s'est réveillée.


Il soupira. Enfin, elle était revenue. Et de loin, de très loin.



Il ne suffit que d'une fois pour voir l'importance des choses, des personnes. Le temps ne fait pas tout. Il est juste une pièce de cette existence qu'on appel « vie ». On dit que le temps change les choses, mais en faite le temps ne fait que passer et nous devons changer les choses nous-même. S'en tenir aux paroles que les autres nous annonces ne va pas faire changer et bouger les choses, il faut de la volonté. On peut tuer le temps ou sois-même mais ça revient strictement au même. Pour changer, pour détourner notre destiné il faut combattre l'adversaire en face de nous et dans ce cas là, l'adversaire n'est autre que notre propre vie. Le temps arrange les choses c'est ce qu'on dit.. Mais est-ce bien la vérité ?