Début

par Chlochan

Chapitre 13~ Début



« La vie du début à la fin c'est la roue de la fortune »

Philip Roth



Le cardiogramme s'emballait. Le bip infernal de cette machine de malheur faisait un bruit ahurissant et extrêmement stressant. Le cœur de la personne dans cet hôpital semblait vouloir sortir de la cage où il avait été enfermé. Les employés de cet établissement étaient tous en alerte, sortaient et rentraient le visage paniqué. Puis un homme qu'on devina être le docteur entra un défibrillateur à la main, il posa la machine sur une table de fer et ouvrit la chemise du patient pour accéder à sa poitrine. De là il colla deux gros pansements et fit le massage cardiaque aidé de la machine ;

Une fois, rien ne se passa. Il cria aux personnes présentes de recharger et recommença une nouvelle fois. Toujours rien. Il augmenta la charge et recommença. Rien. Puis il augmenta toujours plus et au bout de la quatrième fois le cœur arrêta sa course frénétique et ralentit pour se remettre à battre normalement. L'homme s'épongea le front et sortit ordonnant aux internes de noter le nom du patient dans ce lit. Hinata Hyuga.



°



Elle avait eu un instant le souffle coupé mais c'était reprise. A l'extérieur elle entendait le bruit des pas des gens s'affairer autour d'elle. Elle ne savait pas ce qui s'était passé mais elle avait ressentit un léger mal dans la poitrine pendant plusieurs secondes avant que tout redevienne comme avant. Elle continua donc sa route, vers l'inconnu. Dans cet endroit froid, sombre et complètement silencieux sans l'ombre d'un être humain ou d'une sortie. Mais elle ne devait pas désespérer, elle arriverait à sortir . Coûte que coûte et si la petite peste revienait elle serait là pour lui barrer la voie. Oui, elle avait reprit courage. Pour elle, pour lui, pour eux, elle devait ouvrir les yeux, quand ce sera fait elle leur sourirait comme jamais. Oui, elle reviendrait plus forte que jamais. Et tel le phénix elle renaîtrait de ses cendres. Et elle ouvrirait ses ailes et brillerait de milles feux.



Oui, elle se relèverait. Certainement plus forte qu'avant. Elle commença à courir. Cette étendue sombre lui faisait peur mais le courage affluait en elle comme le vent aux creux des montagnes enneigées. Elle devait trouvé un trou de lumière. Une sortie vers un monde meilleur. Le cauchemar avait assez duré c'était le début de la fin. Elle en était sûre. Ses cheveux bruns virevoltant derrière elle fouettaient l'air provoquant un bruit assez rassurant. Être seule peut faire peur. Mais le simple bruit des pas réchauffer le cœur meurtri de n'importe qui. Parfois.. De temps en temps.



°



Il lui tenait la main depuis plusieurs minutes maintenant. Elle était fraîche sa main. Blanche et fine. Il la serra dans ses doigts malhabiles et respira un grand coup. Ses yeux noisettes dérivèrent vers ses avant-bras, d'où les marques d'injection ne s'était pas effacées. De toute façon il n'avait pas eu le courage de laisser tomber sa came. Il fit bouger ses yeux vers le visage serein de la jeune femme endormie. Quatre mois, c'était long et court à la fois. Ça faisait mal mais ça rassurait en même temps. Pour lui, le temps s'était arrêté. La chute de la brune avait signé le début de la sienne. Les médecins disaient que c'était mieux de la mettre sous coma artificiel sauf qu'on dirait qu'elle était morte. Elle était inerte dans ce lit immaculé et sans vie. Un tuyau dans la bouche pour la faire respirer. De multiples perfusions dans les bras et les mains pour la nourrir, lui injecter de la morphine, une poche en bas du lit pour ses besoins. Des machines qui marquait ses constances. Ses battements de cœur. C'était triste et ça lui brisait le cœur, pourquoi le monde s'acharnait ? Elle n'avait jamais rien demandé. Elle voulait juste une vie normale. Lui aussi d'ailleurs. Avec elle et ses amis. Hinata était tout pour lui, quand il avait été au plus mal elle l'avait relevé et ne l'avait plus jamais lâché. Ils n'étaient jamais l'un sans l'autre. Quand sa mère l'avait laissé. Elle avait été la première à sonner à sa porte essoufflée pour prendre de ses nouvelles. Quand sa sœur était tombée enceinte et qu'ils n'avaient pas assez d'argent, elle leur en avait donné. Il avait essayé de lui rembourser mais à chaque fois il retrouvait la somme qu'il lui avait donné dans sa boîte aux lettres.



Elle avait toujours compris sans énoncer une parole. Oui, elle avait toujours été là. Alors maintenant il serait là pour elle. Même si son rôle était de rester dans cette chambre et de lui tenir la main c'était déjà un début et il ne s'arrêterait pas là. C'était sa première amie. Sa meilleure amie. Et il donnerait sa vie pour sauver la sienne s'il le fallait. Il serait prêt à sauter d'un pont pour qu'elle puisse être heureuse car la seule chose qui lui importait était son bonheur avant tout. A cette pensée son cœur se serra. Il avait était incapable de voir ce que pendant des années avait été le déclencheur et le cauchemar de sa prétendue amie. Il ria amer.



« Un ami hein.. J'aurais du voir ce que tu tentais vainement de cacher avec des excuses bidons. Tu sais.. Je savais que tu mentais. Je savais que ces blessures ne venait pas de ta maladresse. Mais je n'arrivais pas à mettre de mots dessus. Pour moi il était inconcevable que ta famille puisse de faire du mal. Il s'arrêta un instant une boule dans la gorge. Et pourtant c'était ça. Je me sens ignoble dès les premiers signes j'aurais du intervenir. J'aurais du te questionner. Hinata.. Je suis tellement désolé. Tu dois me trouver totalement idiot. Et tu as raison. Parfaitement raison.. S'il te plais, bas-toi. Vis. Tu es tout ce qui me reste. Je vais être égoïste pour une fois mais ouvres les yeux pour que je puisse retrouver le goût de vivre, de sourire, de parler et de déconner. Je t'en supplie. »



Il fondit en larme.



°



« ..Je t'en supplie »



Elle arrêta sa course. Elle leva les yeux au ciel et hurla. Oui elle lui hurla qu'elle ne lui en voulait pas. Elle ne voulait absolument pas qu'il se mette dans cet état juste parce qu'elle était trop faible pour vaincre ça toute seule. Elle ne voulait pas qu'il culpabilise. Elle voulait le voir heureux. Avec ou sans elle, elle lui avait dit. Sourire était important, être heureux qu'importe les situation c'était son mot d'ordre. Elle ne voulait pas le voir aussi meurtri. C'est elle qui avait fait une connerie. Se sentir coupable ne rajoutait qu'un poids de plus.

« Sois égoïste Kiba.. »



Elle voulait se réveiller et lui crier qu'elle était en vie, qu'elle l'entendait, qu'elle l'aimait plus que tout.



Plus que tout.



Soudain elle entendit un bruit derrière elle et en se tournant elle se retrouva en face de la petite fille, les yeux injectés de sang. Hinata déglutit. Ça allait dégénérer.



°



Un corbeaux noir et luisant vint se poser contre une branche de cerisier. L'oiseau, dévia son regard des fleurs pour le poser sur une petite fenêtre d'où de la lumière se propageait. Le rideau tiré on distinguait de petits mouvements. Et en s'y approchant de plus près on percevait des bruits. Plus que significatifs. Le bel oiseau noir déploya ses ailes et se dirigea vers la fenêtre où il se posa doucement. Il tapa avec son bec sur la vitre comme s'il voulait qu'on lui ouvre. Une jeune femme aux yeux vert menthe se leva en grognant et ouvrit le tissu qui lui cachait la vue et ouvrit la vitre pour faire partir la bête qui l'importunait. Une fois réussi elle se retourna et reprit ce qu'elle n'avait pas eu le temps de finir. Un homme largement plus vieux qu'elle l'attendait étendue sur les draps en tenue d'Adam. Ils couchèrent ensemble avant que l'homme ne se rhabille et jette des billets sous le regard désintéressé de la jeune femme qui semblait ne prendre aucun plaisir à faire ce genre de chose. Elle attendit que le vieil homme parte pour prendre l'argent nonchalamment jeté sur le lit. Elle compta ce qu'elle avait gagné et fronça les sourcils.



« 5 000 yen ?! C'est une blague ?! Pour tout ce qu'on a fait je n'ai droit qu'à ça ? Qu'il crève. »



Elle soupira et balança l'argent par terre avant d'enfiler des sous-vêtements et de se jeter sur le lit aux tons bonbon. Elle soupira et ferma les yeux. Elle se prostituait depuis maintenant 3 ans. Au début c'était parce que c'était une mode. Une jolie robe ? Pas assez d'argent ? On se vend aux hommes les plus offrants. Puis, sa famille avait commencé à avoir des problèmes d'argent. Alors elle devait trouver un travail au plus vite. Pas assez d'expérience en vente, ni en affaire, elle n'allait jamais au Macdonald, alors elle recommença. Et depuis c'est un automatisme. Elle rapportait l'argent à ses parents qui ne lui demandaient d'où il provenait. Ils avaient de l'argent c'est tout ce qui comptait. Bien sur au début comme chaque fois, elle avait peur des maladies, alors si un client arrivait et lui disait qu'il n'avait pas de préservatif ils ne faisaient rien et il repartait bredouille et elle sauve. Maintenant c'est une de ses règles « Tu te protèges pas ? T'es pas chez ta mère, et je veux pas être mère donc ciao. ». Sauf que depuis quelques temps elle se lasse. Elle ne veut plus faire ça. Non, elle veut la considération de l'être qu'elle aime. Mais la fatalité s'abat un peu trop sur elle à son goût. Il ne l'aime pas et la trouve odieuse. Elle l'aime et ne s'en cache pas mais elle l'aime vraiment plus que n'importe quoi. Au début c'était pour sa beauté, puis maintenant pour sa grandeur d'âme. Mais il ne la voit toujours pas comme elle le voudrait. Alors elle se désespère. L'amour est un sentiment dur à atteindre mais quand on là il faut tout faire pour le garder. 

Mais s'il ne l'accepte pas comme elle est. Si elle lui dit qu'elle se prostitue et qu'il la rejette elle n'y survivrait pas. Non. Elle ne pourrait pas et plus revenir dans la fac. Elle se cloîtrerait chez elle jusqu'à la fin des temps. Cliché ? Pourtant c'était vraiment ce qu'elle pensait. Elle était juste forte en apparence. Elle ne l'était pas à l'intérieur. Elle était effrayée par tout. Elle avait toujours peur de faire ce qu'il ne fallait pas. Oui, Sakura Haruno la reine du campus était tout sauf forte d'esprit. Hinata - pour elle – l'était mais elle, elle ne s'apitoyait que sur son propre sort mais dans ce monde c'est soit tu es le prédateur soit tu es la proie. Il n'y a et n'aura jamais d'autre alternative, alors elle préférait passer pour la méchante et bouffer les autres que de se faire gober par cette vie pourrie. La société que les hommes ont construite est tout sauf idyllique, la loi du plus fort y règne en maître. Personne ne peut déroger à cette règle et ça Sakura l'a très bien comprit. La vie ne fait pas de cadeau. C'est tout. Et elle ne semblait pas vouloir faire de cadeau à la jeune fille même après tout ces efforts vains.



Ne rien espérer c'est mieux. Oui, c'est toujours mieux que de se bercer d'illusions. Toute sa jeunesse elle a entendu parler du grand Amour, du prince charmant qui viendrait en cheval, blanc, pour l'enlever des griffes d'une méchante fée et pour se marier dans un magnifique château de diamant. La belle affaire. Que des menteurs. Juste des affabulateurs. Sakura soupira. Vraiment la vie est totalement incompréhensible. Elle laissa de côté ses pensées noires et se décida à se lever. Ranger lui fera le plus grand bien. Peut-être.



Changer. C'est tout.



°



Un pied devant l'autre. Un pas, deux pas, trois pas. Arrêt sur image. Il n'y arrivait décidément pas. Il avait envie de vomir rien que de penser qu'il se trouvait là. Devant la maison qui avait volé tout ce qu'il avait toujours voulu. Il avait toujours des hauts le coeur quand il voyait cette bâtisse, si vile, si triste. Elle cachait tellement de secrets plus horribles les uns que les les autres. Il voulait partir loin d'ici mais il ne pouvait pas. Il habitait juste à côté et la voir tous les jours le rendait malade à petit feu. Le regard dans le vague, plantant son corps sans vie devant la grande porte de cèdre il regarda les bordures dessinées de fins dessins et se rappelait le visage de la personne qui avait vécu un enfer, lui ouvrir un faux sourire aux lèvres. Comme tous les jours. Comme chaque fois qu'il la voyait. Il se reconnecta au monde extérieur et détourna son regard bleu. Il devait arrêter de faire ça tout le temps. Les gens allaient penser qu'il est fou. Même si ce n'était absolument pas le cas. Non. Il voulait juste se souvenir un peu de ce bonheur futile qu'il avait connu l'espace d'un instant. Mais il n'était pas le plus à plaindre. Ça c'était un fait. Il tourna les talons suites à ces réflexions et rentra chez lui l'âme dans le vague. Il déposa négligemment ses affaires dans l'entrée et monta les escaliers qui le séparait de sa chambre. Il se jeta sur le lit et rentra sa tête dans ses coussins moelleux et huma leur odeur ; De la rose. Il adorait cette odeur. C'était une drogue. Si son lit ne sentait pas cette fleur il ne pouvait pas dormir. Ce toc était son quotidien depuis qu'il avait atteint l'âge de quatre ans. Sa mère, quand il avait des excès de colère lui vaporisait sur son peluche des effluves de rose et en les sentant il s'apaisait instantanément. Adolescent, quand il était partit en Australie il n'avait put amener avec lui ce parfum délicat – sécurité oblige – Mais il avait réussi après plusieurs magasins à trouver son bonheur dans une petite échoppe de parfums et d'huiles essentielles, depuis il commande toujours là-bas même après être revenu au pays du soleil levant. C'était son anti stress à lui.



Il en avait besoin, c'était vital. Comme il avait besoin d'elle. Oui, comme elle..



L'amour, quand il se souvient de la belle brune qui l'avait percuté il en riait, c'était.. Comme dans un film. Deux inconnus dans la rue qui par une quelconque force se retrouvent à se bousculer. Puis comme par hasard se retrouvent dans la même classe, dans la même fac et s'avère qu'ils sont voisins. Irréaliste n'est-ce pas ? Lui, il dirait un conte de fée, d'ailleurs le bonheur fut de courte durée. Ce bonheur au début fut le bienvenu mais il vira au cauchemar trop vite. Bien trop vite. Comme ce sang qui coulait trop. Comme ces larmes qui s'échappaient trop vite des cavités oculaires. Comme l'inquiétude trop vite arrivée. Puis tout s'enchaîna. La vie est un beau merdier. Mais putain ce qu'elle est belle. Il suffisait de trouver des signes. La belle affaire. Trop discrète. Trop petite. Trop seule. Elle ne voulait pas le dire. On dit souvent de ne rien laisser s'accumuler dans notre cœur, qu'un jour on va exploser. Ça vient d'exploser et ça fait mal. Ça vient de s'écrouler, de disparaître dans des abîmes inconnues, invisibles, horriblement dures. C'est juste un cauchemar. Un perpétuel recommencement. Un cercle vicieux qui englobe tout ce qui veut bien venir avec. On fait ce qu'on pense juste mais à la fin on tombe plus bas que terre et se relever est plus dur que jamais. La volonté, on ne l'a pas forcément. On vit juste avec notre temps. Incapable de bouger, de parler, de crier ou de pleurer. On est une statue sur un sol stérile de tout sentiment. Impuissant est le mot juste. Le début d'une nouvelle ère. On ne parle jamais des mauvais côtés de la vie, on passe notre temps à nous bercer d'illusions, on ne vit plus : on survit. Une nuance ? Non, juste un fait. Juste la réalité. Juste ce qu'on est. Des survivants sur une Terre qui peu à peu nous ronge de l'intérieur. S'accrocher ? Oui, mais comment ?

Naruto survit. Il n'est plus qu'une coquille vide dans ce monde.







°





La musique assourdissante le rendait sourd au fil du temps. Ça faisait près d'une heure qu'une fille le collait plus que de raison, minaudant avec lui, qui, comme le veut sa réputation, ne dit rien. Il semblait totalement indifférent. Absent. Il balada ses yeux dans la salle ignorant la pimbêche à ses pieds. Inutile était le seul mot qui lui venait à l'esprit. Il soupira et repoussa la jeune femme pour sortir prendre l'air, ses cheveux ébènes contrastant avec sa peau de lait claquant au vent. Il aimait sentir le froid venir fouetter son visage. Le bien être se lisait dans son regard charbon. Vraiment, il était bien. Maintenant. Il n'avait pas besoin de se prendre la tête avec des choses futiles comme l'amour. C'était un homme lui, un vrai. Mais parfois prendre du recul peut faire du bien.



Il mit ses mains dans ses poches et d'un pas lancinant il rentra chez lui. Sa maison était vaste, elle comportait un énorme portail en fer forgé et derrière un jardin se faisait voir. Un jardin était un euphémisme quand on voyait la verdoyante et luxuriante nature entourer et grimper à son gré sur les murs de l'habitation, les arbres semblaient tout droit sortis d'une forêt, telle que la forêt vierge. La fougère s'agrippait à tout ce qu'elle pouvait trouvait et ce spectacle donnait un côté fantaisiste à la chose. Les parents du taciturne brun étaient aisés, un père juge des grandes instances du Japon, une mère connue dans le monde pour ses compositions florales. Bref, il n'avait jamais manqué de rien et vivait dans le plus grand confort, pourtant il n'était pas heureux. Pas à cause de tous les événements survenus, quatre mois auparavant mais parce que la richesse ne fait pas tout. Parce que l'argent ne fait pas le bonheur. Parce que être un fils de riche, parfois, est un inconvénient. Parce que la solitude était son lot quotidien depuis que son frère était mort. Il pouvait paraître fort à l'extérieur, mais à l'intérieur il était brisé, ne faisant confiance à personne. Il avait une règle ; Ne jamais plus laisser échapper ses sentiments. Ne plus jamais pleurer et être faible. Il s'était auto-conditionné, il n'avait qu'un but dans la vie et les futilité comme les sentiments mielleux ne lui donnaient rien d'autre qu'une envie atroce de vomir ses boyaux. Il manque de confiance.



Au début, quand il avait appris sa mort, il avait juste senti son cœur faire un bon dans sa poitrine. Une femme était venue le voir. Alors qu'il jouait tranquillement dans son jardin avec quelques amis. Ce jour-là, son monde s'est effondré. Ce jour-là, il a vu toutes ses barrières s'effondrer. Puis le regard perdu dans le vide il était sortit de la pièce. Il avait traîné ses pieds jusque dans le jardin et ce jour il s'en rappellerait toute sa vie. Il n'y croyait tout simplement pas. Il avait rejoint comme absent ses amis, ces derniers s'étaient précipités pour lui demander ce qu'il s'était passé et il avait lâché la bombe avant de se mettre à pleurer. Il avait mal, il souffrait comme jamais. Celui qui lui avait tenu la main pendant des années était mort. Mort d'une maladie. D'un vulgaire rhume. Il regarda autour de lui, le paysage tournait. Il entendait ses amis pleurer à ses côtés. Trop sensibles, trop de choc. Puis en un rien de temps les autres vinrent l'entourer. Il se retrouva le centre de l'attention de ces personnes qui avait un jour comptées pour lui. Alors qu'il jouait, qu'il était heureux, on lui avait annoncé la pire des choses. On lui avait annoncé la mort d'un être cher. On dit que quand quelqu'un nous manque tout est dépeuplé, mais là il avait tout simplement perdu une partie de lui. Oui, à cet instant il s'était senti totalement seul. Il ne voulait qu'une chose. Une seule et unique chose, quelque chose de ridicule mais de tellement simple, il voulait oublier. Juste oublier mais parfois en entendant les larmes douloureuses de sa mère il n'arrivait pas. Il savait quelle était la cause de ce chagrin et il ne pouvait rien faire, il avait était faible et ne le se pardonnait pas.



Il suffit d'un moment, il suffit d'un instant pour que tout s'effondre. Des secrets se dévoilent. Le début de la fin ? Ou simplement le début de quelque chose de nouveau ? Un nouveau départ, une nouvelle vie. Juste envie de tout plaquer et de crier stop. Mais ce serait trop facile et la vie ne le permettra jamais. Le début, la renaissance, la naissance c'est toujours quelque chose de beau mais plus on avance plus on se rend compte qu'en fait vivre n'est pas un cadeau. Disparaître. Redevenir poussière, ne plus souffrir. Ça se serait le début de quelque chose. Vous pensez agir de façon logique. Restez maître de vos émotions. Votre cerveau aligne sagement les plus et les moins dans des colonnes. Et à la fin, votre cœur se fait avoir comme un débutant. Mais tout le monde est capable de commencer quelque chose ; les débuts sont toujours chargés de promesses et chargés d'espoir…