Egoïsme

par Chlochan

Chapitre11~ Égoïsme



« Je suis envieux, parce que j'aime trop la vie pour ne pas être égoïste . »


 Albert Camus 









Il venait de sortir, dans cet endroit il étouffait, il ne voulait en aucun cas s'amuser comme elle l'avait dit. En fait il avait accepté parce qu'elle était agaçante, l'idée alléchante, le risque incongru, superflu, égoïste, mais effectivement il l'intéressait. Pourtant en arrivant là-bas il avait eu la nausée alors il s'est assit et avait bu. Il a bu jusqu'à en avoir le ventre retourné la tête qui tourne, le ventre en vrac puis il était parti, ils ne le remarqueraient pas, ils étaient tous entrain de s'amuser. Lui, n'avait pas le cœur à la fête, la fille qu'il aimait mourait, petit à petit, dans cette chambre sans vie, froide et malsaine. Dans cette chambre où le seul bruit existant était celui du cardio, la seule odeur qui régnait, celle du désinfectant dont les visiteurs se badigeonnaient les mains pour pouvoir approcher des malades. Les hôpitaux il ne les avaient jamais aimé, c'est un endroit où des gens entrent mais l'on ne sait pas quand ils vont en ressortir, cet endroit empeste la mort, la cruauté et la perte de contrôle.

Naruto inspira un grand coup, et, titubant reprit sa marche. Il manqua de tomber de nombreuses fois mais se rattrapa toujours à ce qu'il pouvait. Il n'était pas du genre à se saouler jusqu'à en vomir mais des circonstances en entraînant d'autres, c'est une roue vicieuse et égoïste.



Il leva les yeux au ciel pour la énième fois et admira la lune. Ce soir-là elle était lumineuse, éclatante de beauté. Il s'arrêta. Elle aussi elle était lumineuse. Malgré tout ce qu'elle avait traversé elle était restée splendide. Son regard violine accentuait ce contraste, avec elle, il fut un temps où se réfugier dans ses bras fins n'était pas un problème, où la toucher ne menait pas à la peur de la briser. Pourtant maintenant si. Elle était séparée de lui par ce mur de verre que rien ne pourrait briser, qui puait voire empestait.



En sécurité, dans ses bras il s'était senti, triste et vide maintenant il est.
Naruto, rentra chez lui avec bien du mal. En entrant il vit sa mère et son père qui l'attendaient un regard inquiet accroché à leurs visages. Le blond les regarda et s'effondra au sol pleurant comme un enfant. Sa mère le regarda surprise puis vint s'asseoir à ses côtés pour le rassurer, son père fit de même.



"Elle me manque tellement.. Je.. Elle n'est pas morte mais c'est tout comme.. Je n'entends plus son rire cristallin.. Je ne vois plus son sourire.. Elle va mourir.. Et elle ne se bat pas.. Idiote..

-Tu sais.. Hinata est une fille forte, elle vivra j'en suis sûre, elle doit affronter ses peurs et ensuite tout ira mieux. Il faut que toi aussi tu crois en elle sinon elle ne pourra pas guérir et te sourire de nouveau.. Répondit sa mère doucement.



-
Ta mère a raison mon fils, j'ai rarement vu une fille à laquelle tu tiens vraiment, l'amour fait mal mais si tu n'y crois pas. Elle, n'y croira pas. C'est égoïste mais c'est comme ça. Tu dois sûrement avoir peur de faire des bêtises, tu as peur d'aller t'amuser alors qu'elle est dans ce lit mais je suis absolument certain qu'elle veut te voir heureux. Alors vis pour elle jusqu'à ce qu'elle revienne." Termina son père un sourire triste plaqué sur le visage.

Naruto ce soir là versa toutes les larmes de son corps, il extériorisa toutes les tristesses et les peines qu'il avait jusqu'ici gardé.



"Demain, je vais la voir"



Sur ces mots il sécha ses larmes et monta les marches qui le conduisirent à sa chambre. Une chambre simple et pourtant pas non plus banale. Un lit double aux couleurs crèmes, un mur blanc cassé, une armoire géante à en faire pâlir Sakura, un bureau où était posé le dernier MacBook, Il était riche mais pas de ses riches qui font tout pour le montrer, lui et ses parents étaient modestes, ils ne roulaient pas dans des voitures hors de prix bien qu'ils en avaient les moyens, simplicité était le mot d'ordre de cette famille si décalée mais pourtant si proche de la réalité. Naruto se déshabilla pour ne garder que son boxer et plongea dans son lit. Il devait la prévenir même si les chances qu'elle réponde étaient minces voire inexistantes dans le cas échéant.

"
Hina, demain je passerai te voir."



Il hésita plusieurs minutes à l'envoyer mais finalement se décida. Il posa ensuite son cellulaire sur sa table de nuit en prenant soin de bien mettre la sonnerie SMS au cas où il s'endormait. Il ferma les yeux et sans s'en rendre compte et il dormit.



~~~~

Il était dans une forêt, sombre, hostile, froide, il faisait nuit, sa respiration était saccadée, il voyait flou comme si ses yeux étaient collés et refusaient de s'ouvrir. Comme s'il devenait aveugle mais avait assez de vision pour distinguer les formes. Il était angoissé. Il courait de partout sans savoir où il allait, il s'arrêta dans une clairière verte, aux parfums envoûtants. Comme si la forêt n'avait jamais existé.



Il regarda autour de lui et entendit une musique. Il avait déjà entendu mais où ? Il n'en avait aucune idée. Il s'avança vers la source de bruit et y trouva une nuée de mouches créant un vrombissement horrible et un nuage noir. Il les repoussa de ses mains et ce qu'il vit lui souleva le cœur.


Une jeune femme ou du moins il le croyait était étendue au sol une traînée rouge remontant son corps pour couler aux pieds du jeune homme. Il marcha dans sa direction, la musique jouant encore, et la secoua, elle était dos à lui. Il ne distinguait que ses fins cheveux noirs bleutés. Il la secoua plus fort et la retourna. Il se figea. Ce n'était tout simplement pas possible, que faisait elle là ? Dans cette clairière de sang avec lui et ces saletés de mouches agaçantes.

D'un coup, elle lui prit le bras et le tira vers elle en plantant ses dents dans la chair du jeune homme.

°

Naruto se réveilla en sursaut, le corps en sueur, la couverture à terre. La respiration courte. C'était angoissant, effrayant.



Il tourna la tête vers son portable et le prit pour regarder l'heure. 01h30. Il s'était finalement endormi et se
serait bien gardé de faire ce rêve..



Le lendemain, son réveil sonna et avec toute la délicatesse du monde fit un voyage magnifique vers le mur. Et toujours avec délicatesse, le ressort et autres bidules le composant finirent par repartir dans la pièce.



Le blond voulu dormir plus mais le soleil lui brûlait la paupière et il se décida après plusieurs tentatives, de se lever et de descendre voir ses parents.

En bas Kushina, belle femme de 30 ans, aux magnifiques cheveux roux préparait joyeusement le petit déjeuner des deux hommes de sa vie en chantonnant et se dandinant.

Elle sentit lors d'un pas de danse made in Kushina deux mains encercler sa taille de guêpe. Elle arrêta tout mouvements se tourna et sourit devant la tête de son mari qui quémandait son baiser matinal. Elle se mit sur la pointe des pieds et posa ses mains sur le torse musclé de son amant pour plus de facilité et embrassa délicatement ses lèvres. Minato, la serra plus contre lui pour apprécier plus grandement cet échange amoureux avant d'entendre une protestation de quelqu'un derrière lui.



Naruto était descendu et avait surpris ses parents s'embrassant comme deux adolescents, ce qui dégoûtait grandement le blond dont la beauté était la copie conforme de son père.

"Non mais c'est dégueulasse, les chambres existent."



Ses parents se détachèrent et son père rigola devant la mine dégoûtée de son fils. Puis prit place à table suivit de son fils et sa femme.



"Tu comptes aller la voir quand ?Demanda la rousse en s'adressant à son fils.

Après. Répondit Naruto las.



Ça a le mérite d'être clair.

- Elle a répondu à mon message ? Non ? Alors elle n'est pas réveillée.

- Ça ne veut rien dire mon chéri.

- Hum. Super."



Sur ces mots il partit dans sa chambre. Sa mère avait souvent le dont de l'agacer. Elle ne comprenait pas qu'il voulait juste qu'on le rassure. Il souffla et se rendit dans la salle de bain. Il se déshabilla et plongea dans l'eau qu'il avait fait couler. Il ferma les yeux et laisse toute sa tristesse s'évacuer, ses larmes coulèrent. Inutile. Il se sentait inutile et égoïste d'avoir une famille et pas elle.



"Merde !!"



Il avait criait cette injure en frappant violemment le mur de son poing. L'eau coulait sur sa tête baissé. Il serra le point fort, tellement que ses phalanges en devinrent blanches.

La porte de la salle de bain s'ouvrir et laissa entrer Kushina, alertée par le bruit. Le blond sortit de la baignoire et passa une serviette autour de sa taille avant de s'asseoir sur le rebord du lavabo scrutant, incrédule, sa mère. Elle s'avança vers lui et lui fit un câlin.

"Je suis désolée je n'ai pas vraiment compris que tu voulais juste entendre qu'elle s'en sortira mais je pensais que c'était une évidence. Ce qui c'est passé en Australie ne doit absolument pas te bloquer compris ?



-Je.. Je suis encore un gosse faut croire. Je sais, je sais et pourtant.."



Sa mère resserra son étreinte et embrassa le front froid de son fils.



"Tu vas attraper froid dépêche toi de t'habiller."



Et elle partit. Lui, s'habilla et sortit de chez lui. Il mit une bonne trentaine de minutes à aller à l'hôpital. Arrivé là-bas il monta les trois étages qui le séparait d'elle et tapa à sa porte. Aucune réponse. Il soupira et ouvrit la porte et s'avança vers le lit où était couchée sa bien-aimé plus pâle que jamais. À cette vue son cœur se serra. Il prit une grande inspiration et se plaça dans l'un siège en face d'elle et lui prit la main. Il la pressa et posa son front contre le corps froid de la belle Hyuga. Pourquoi fallait-il qu'elle ne supporte pas ce qui devait normalement la soigner ? Pourquoi le destin s'acharnait sur cette pauvre fille. Il ne comprenait pas.


 
"Hinata.. Comment tu vas aujourd'hui ? Moi ça peut aller mais te voir dans cet état me tue. Tu sais, il se passe tellement de choses pendant que tu es sur ce lit. Kiba continue de se droguer et c'est de pire en pire. Chaque jour il devient encore plus dépendant et faible. Sakura, elle, ne change pas trop. Elle essaye de nous remonter le moral mais elle peine à le faire. Kiba ne lui fait absolument pas confiance et Sasuke reste muet. Encore plus qu'avant. Moi.. Et bien je serai égoïste pour une fois. Je voudrais, que tu ouvres les yeux maintenant et que tu me dises je t'aime. Je voudrai pouvoir te serrer dans mes bras sans avoir peur de te faire mal. Je veux que tu te lève bon sang ! Arrête de faire comme si tu étais seule ! Relève toi ! Vis ! Ouvre tes yeux, ne baisse pas les bras ! Tu n'es pas faible ! Hinata.. Je t'en prie ne me laisse pas. Reviens moi ! Je t'aime. Je t'aime. Sans toi la vie n'a plus aucune saveur. Tu étais celle qui nous animait tous. T'as pas le droit d'être égoïste et de nous abandonner. Tu entends ? Ouvre les yeux ! Ne le laisse pas gagner, ne le laisse pas avoir la satisfaction de t'avoi
r tuée ! Hi…"


 
Il s'arrêta, les larmes ravageant son visage. Il se laissa aller laissant ses larmes couler. Il allait la perdre et cette idée lui était inconcevable. Il avait besoin d'elle pour vivre a son tour. 

Elle était plongée dans le noir, cette salle. Elle faisait incroyablement peur cette salle. Elle se sentait oppressé Hinata, elle voulait se réveiller. Mais elle était enchaîné. Elle avait entendu ce que Naruto avait dit. Et elle pleura. Elle gigota pour se défaire de ces liens mais rien. Ils ne voulaient céder. Alors les bras accrochés, elle se glissa le long se cette abîme et versa toute les larmes de son corps. La petite fille à ses côtés jouait. Elle semblait tellement heureuse. Mais le sourire machiavélique qui fendait son visage la rendait effrayante. Oui cette enfant était effrayante. Hinata, impuissante, réessaya de se défaire de ces liens qui l'enserrait. Mais rien, encore et toujours rien. Faible. 


Faible.

Inutile.


Sont les seuls mots qui parcourait son cerveau à cette heure. Ses amis sombraient et elle. Oui. Elle qu'est ce qu'elle faisait ? Elle, elle était pathétique. Elle dormait. Parce que pour elle, elle ne souffrait pas autant que ses amis. Égoïste.

Bâts toi. Tu peux y arriver. Relève toi et combat tes démons. 

Ouvre les yeux et sois ce que tu as toujours voulu. Jeune femme. Tes pensées sont veines. Seul le résultat compte alors bâts toi. Et tu verras. Libérée tu seras. Sois en sur je veillerai sur toi. Alors debout !