Seule

par Chlochan

Seule~Chapitre 8


 
« Les larmes ont besoin de solitude pour bien rouler, elles méprisent la communauté, la communauté les méprise et elles ne sortent que d'une seule gorge. »



Nina Bouraoui




L'ambulance venait d'arriver dans la parking des urgences. Ils sortirent en vitesse la jeune fille et l'emmenèrent dans le bloc opératoire. Son état venait de chuter un peu plus. chaque seconde comptait. Elle pouvait mourir à tout moment. Sa vie était maintenant entre les mains de jeunes  internes..




De leurs côtés, les élèves de l'école encore sous le choc avaient quitté l'établissement plus tôt. Naruto bouillonnait de rage. Sakura essaya de le calmer mais en vain. Elle aussi en voulait à l'homme qui avait poussé sa propre fille à faire ça. Hinata, avait attenté à sa propre vie sous l'influence d'un homme aveuglé. Naruto avait lavé tant de fois ses mains mais à leur vue il revoyait le sang de sa bien-aimée. Elle en avait perdu tellement que ce serait un miracle si elle s'en sortait. Si elle se réveillait.


Ils décidèrent d'aller voir le centre du problème.


Ils étaient maintenant devant l'imposante maison et sonnèrent à la porte. Deux minutes plus tard elle s'ouvrit sur un homme en chemise et pantalon de costard noir. Il releva les yeux et aperçu les trois jeunes. Ils fronça les sourcils et demanda:




"C'est pour quoi ?"




Un coup fit tomber l'homme. Un autre s'abattit sur le visage de l'homme trop surpris pour bouger. Naruto assénait le père de la brune de coups. Il voulait la venger. Le tuer. Lui faire subir ce qu'il faisait subir à cette fille. Il le frappa encore avant que Sasuke ne l'arrête. Il releva le blond et laissa l'homme revenir sur ses jambes. Il ne comprenait décidément pas pourquoi ce gamin l'avait frappé. Il le regarda le visage rouge et un œil au beurre noir commençant à pointer le bout de son nez.




"Ça va pas ?! Qu'est ce qui t'as pris abruti ? Demanda, outré, l'homme brun.

- Elle va mourir !! Vous allez la tuer ! 
Lui gueula Kiba

- De qui vous parlez ?

- De votre fille ! Elle s'est ouvert les veines dans les toilettes du campus !

- Quoi ? Encore ?

- Comment ça encore ? Demanda le blond impatient.

- Elle avait déjà essayé de le faire mais j'étais arrivé à temps. Cette enfant est un vrai poison.

- Comment pouvez vous parlez comme ça de vôtre propre fille ? C'est impensable ! S'étrangla la rose.

- Cette fille n'est pas mon enfant ;  Je n'en ai jamais eu. Sa traînée de mère m'a trompé et elle est née. Elle n'avait jamais étédésirée. Jamais.

- Qu..

- Ma femme n'a eu que ce qu'elle méritait et cette bâtarde aussi. Mon rêve le plus cher est qu'elle disparaisse de ma vie. Je ne serais jamais aussi heureux!

- Espèce de pourriture !! S'écria le blond à bout de nerf.

- C'est tout ? J'ai autre chose à faire que de parler de cette sotte.



- Non att-"




Le père venait de refermer la porte. Naruto, tambourina dessus pendant cinq minutes et arrêta voyant que ça ne servait à rien. Il avait la rage au ventre. Sa fille ou pas il n'avait pas à la traiter comme ça. Elle avait tout de même le droit à un minimum de respect. Il frappa le mur et se blessa la main avant de partir chez lui. Les autres firent de même.


A l'intérieur le père se laissa glisser contre le mur et pleura. Sa fille allait mourir par sa faute. Il n'avait jamais voulu lui faire tant de mal mais il avait tellement souffert. Pendant toutes ses années il s'était senti trahi et il savait que ces jeunes avaient raison. Il avait tué sa fille sans le vouloir. Il ne voulait pas. Il voulait la revoir au moins une fois, lui sourire sans devoir la frapper. Mais à chaque fois qu'il posait son regard ivoire sur elle, il voyait sa femme et cet homme inconnu. Il avait était seul pendant toutes ses années. Récidiviste par amour. Il aimait sa fille. Il l'aimait mais c'était trop dur. Pourtant un jour il faudra bien qu'il lui parle et ce jour ne saurait tarder.



°



De son côté, la brune semblait paisible. On n'aurait jamais cru qu'elle avait essayée d'en finir. Elle était rattaché à de nombreux appareils tous aussi complexes les uns que les autres. Mais même si en dehors elle semblait calme ce ne fut pas le cas dedans où elle combattait en son fort intérieur pour lutter contre la mort. La voix revenait souvent à la charge lui disant qu'elle avait fait le bon choix mais Hinata ne pouvait pas y croire. Elle avait vraiment fait ce pour quoi elle se battait. Comment la prendrait-on au sérieux maintenant qu'elle avait fait ça ?



Elle se trouvait dans un endroit sombre où juste une petite lumière jaune tamisée faisait office de clarté. Elle était recroquevillée dans un coin de cette sombre pièce le visage larmoyant se répétant sans cesse: "Non tout ça est faux".




Elle releva ses yeux gonflés par les larmes et remarqua une forme se dessiner dans la pénombre. Curieuse, elle se leva et s'avança vers elle et distingua clairement sa défunte mère qui, les bras ouverts, lui faisait signe de venir alors sans hésiter, elle s'accrocha à elle et s'imprégna de sa chaleur. La mère était assez grande, le visage doux, et de long cheveux noir descendant en jet sur son bassin. Elle caressa la tête de sa progéniture et mit sa main sous le menton de l'adolescente et la regarda.




"Tu es devenue une merveilleuse jeune femme.

- …



- Raconte moi tout."




Hinata se lança alors dans un récit qui dura des heures. Elles avaient toutes les deux pleuré. La femme ne savait que trop bien la souffrance que sa fille avait enduré. Mais elle lui avait dit de se battre pour ne pas laisser son père gagner quoi qu'il en coûtait. Elle devait être forte et ne pas montrer sa faiblesse sinon il aurait toujours raison d'elle. Elle lui avait dit qu'elle devait vivre pour pouvoir tout réussir et lui prouver qu'il a toujours eut tort. Sa mère disparut ensuite. Hinata replongea dans le néant et resta seule.




"Toujours, tu as toujours été seule. Tu croyais que du jour au lendemain ils allaient nous reconnaître comme leur amie ? Tu t'es trop voilé la face. T'as toujours vécue dans l'ombre de Kiba qui n'en fichait pas une. Je suis sûre que tu le sais mais que tu as peur de découvrir que j'ai raison. Ah ! Tu te demande sûrement qui je suis et pourquoi je te dis tout ça ?"


C'est à ce moment qu'une petite fille d'environ 5 ans apparutdevant la jeune fille la faisant sursauter. Elle ne l'avait que trop bien reconnue. C'était elle quand elle était encore une enfant. Elle avait une coupe au carré, un visage d'ange et des opales blanches magnifiques.


Hinata la scruta pendant un moment et se releva. Elle s'approcha de la petite fille et cette dernière la gifla de sa petite main avant de lui crier:




"Arrête de faire l'ignorante !! Tu crois qu'avant qu'il commence quelqu'un a déjà eu pitié de nous ?! Tu crois vraiment ce que te dise ces personnes ? Ils ne nous connaissent pas ! ils ne savaient pas tout ce que l'on a du faire pour pouvoir trouver une place dans ce monde de merde !! Et tu crois qu'ils se soucient de ça ? Non ! Ils veulent juste avoir bonne conscience et te faire croire qu'ils sont heureux à tes côtés. Regarda cet abruti blond ! Quand il a vu tes blessures il est parti en courant comme un chien ayant peur de l'orage! Il n'a pas voulu affronté la tempête qui se préparait à l'horizon. Il s'est carapaté comme une tortue se cache dans sa carapace pour ne pas affronter les problèmes du monde.





-C'est faux! c'est moi.. Qui lui est dit de partir..



-Ah ! Parce que tu crois que s'il t'aimait vraiment il serait parti ? Il serait resté et aurait cherché une explication rationnelle ! Mais non, il est parti la queue entre les jambes ce trouillard ! Et prenons Kiba qui devait normalement être avec toi depuis des années n'a pas cherché à comprendre ce qu'il c'était passé ! Il a gobé aveuglément tout ce que tu lui disais et n'a pas cherché à en comprendre le sens caché. S.O.S. ! Et Sasuke, qui n'avait jamais fait attention à toi ainsi que cette idiote de Sakura, deux beaux hypocrites ces gens ! Se souciaient-ils de toi avant l'arrivée de Naruto et l'accident dans le couloir ? Non ! Et me cherche pas des excuses, tu sais aussi bien que moi qu'ils s'en foutaient complètement ! Faut pas être aveugle pour comprendre qu'ils se sont tous foutus de nous ! de toi ! Alors ouvre les yeux et comprends ! T'es seule ! On est seules ! On aura jamais de chance alors t'as fais le meilleur choix. Tu ne dois pas t'inquiéter tout ira bien maintenant ! Maintenant que tu ne vis plus !"


Hinata laissa des larmes couler mais se rattrapa vite et dévisagea la petite fille. Elle aussi pleurait. la jeune femme la prit dans ses bras et lui chuchota des mots rassurants. Elles pleurèrent.


D'un coup Hinata se réveilla et arracha tous les fils qui la maintenait en vie et lança divers objets dans la pièce en criant et pleurant. Les infirmiers accoururent et essayèrent de la calmer mais rien n'arrivait à la ramener à la raison, la peine et la douleur de la jeune fille ressortait après des années terrée dans le silence. Après des années de mensonges. Elle enleva les pansements de ses poignets et les griffèrent. Les aides-soignants arrivèrent et lui firent lâcher prise mais c'était sans compter la jeune fille et sa douleur qui les frappèrent et les mordirent avant de courir se cacher dans la salle de bain. Ses poignets avaient recommencés à saigner. Elle criait, pleurait. Insultait, jetait les objets à sa portée. Elle avait mal. Mais c'était plus une douleur psychique qu'une douleur physique. Elle se recroquevilla sur elle-même et pleura pendant des heures. Elle se lâcha et cria toute la peine qui pendant six ans avait été enfouie au fond d'elle. Elle avait trouvait le moyen de se libérer de ce cauchemar. De cet enfer mais à chaque fois qu'elle se croyait libérer elle revenait à elle et découvrait qu'elle était encore possédée par le mal qui la rongeait à petit feu. Elle n'avait jamais eu autant de tristesse. Elle était seule. Quand elle s'était réveillée personne ne se tenait ses côtés. Personne pour lui dire que tout irait bien, juste un silence horrible, comme chez elle. Elle avait réalisé, elle avait comprit, ce que la petite fille voulait lui faire prendre conscience. Elle allait devenir folle c'était certain. Elle n'arrivait jamais à rien. Même se tuer elle n'en était pas capable. Et pourtant elle en était convaincue. 
"Cette fois c'est la bonne" elle avait pensé avant de se couper. Elle n'arrivait pas à penser calmement. Elle déroula le papier à côté d'elle et en entoura ses poignets pour arrêter le sang. Non. Elle ne devait pas, elle devait prendre le problème à bras le corps. Fini la fille lâche, faible et trop gentille. Elle devait s'endurcir. mais quand on est de nature calme et tranquille devenir l'exact opposé et encore assez dur. une chose était sure; elle venait de mourir de l'intérieur.


Elle ne se comprenait pas. En finir ? Ou pas ? Mourir ? Ou vivre ? Seule ? Ou pas ? Toutes ces questions remplissaient sa tête qui devint lourde. Elle se coucha sur le carrelage froid et laissa son crâne se calmer. Elle était seule.


Elle se réveilla. La nuit venait de tomber sur la ville et elle pouvait apercevoir les étoiles dans le ciel. Elle se releva et regarda le sol. De petites gouttes de sang jonchaient le sol insipide de l'hôpital. Elle entendit taper à la porte et ouvrit de grand yeux en entendant la voix de ses amis.




"Hinata? Ça va ?Demanda la voix de Kiba.

- Arrête, les internes ont dit qu'elle avait pété un câble.. On devrait la laisser se calmer. Expliqua Sakura.



Idiote! Elle a besoin de nous.. Mais.. Douta le blond.

- Partez ! Vous n'avez rien à faire ici ! Cassez vous ! Je n'ai pas besoin de votre pitié ! Vous êtes des menteurs ! Vous n'en avez rien a faire de moi alors ne vous sentez pas obligés de venir!

- Hinata.. Qu'est ce que tu racontes ?

- Arrêtez de jouer les hypocrites ! je ne suis pas votre amie alors partez !

- Hin-



- Dégagez !"




Elle entendit des bruits de pas et une porte se fermer. Ils venaient de partir. Hinata s'effondra. Alors c'était vrai. Ce qu'avait dit la petite avait toujours était vrai. Seule. Seule. Seule. Elle pleura fort pour extirper toute cette tristesse.




  La solitude est une façon de se prendre en otage. On essaye de s'en aller et de vivre heureux mais comment faire quand les doutes nous assaillent? Nous voulons tous vivre heureux et avoir une vie paisible mais la vie est beaucoup plus dure qu'elle n'y parait. Une parole peut fausser toute une vie. Une parole peut faire douter beaucoup de choses. Une parole peut blesser et faire prendre conscience de beaucoup de chose à une personne en proie au doute et à la solitude. Une parole peut faire pencher la balance du mauvais côté comme du bon. Peu à peu la solitude nous tue et nous ment. Nous pensons bien faire mais en réalité on se trompe. Il n'y a pas deux temps pareils de solitude car on n'est jamais seul de la même façon. La solitude est un monstre. La solitude est un enfer pour ceux qui tentent d'en sortir ; elle est aussi le bonheur pour les ermites qui se cachent. Mais parfois l'enfer peut ce transformer en paradis.



Hinata est aveuglée par la peine et les paroles que la rose a dit. Une parole en fausse une autre...