Impuissance

par Chlochan

Impuissance~Chapitre 5



Le temps est la marque de mon impuissance. 
 
 
Hinata avait passé la soirée et une partie de la journée avec la famille Uzumaki et avait oublier pendant quelques heures la douleur insupportable de sa vie quotidienne.
Après avoir salué et remercié les parents et le garçon pour leur hospitalité elle prit le chemin du retour. Il devait être 11h30.
Insouciante et loin de se douter que son géniteur l'attendait, elle rentra chez elle le cœur un peu plus léger. Elle monta les marches quatre à quatre et ouvrit la porte de sa chambre plongée dans le noir complet. Elle chercha alors à tâtons le bouton de lumière et quand elle le trouva elle trouva son père assit sur son lit le visage ferme et impassible.
Elle n'osait s'approcher de peur qu'il la frappe à nouveau et qu'il abuse encore d'elle mais c'était sans compter sur l'homme d'âge mûr qui attrapa son poignet et la força à le regarder dans les yeux. Elle essaya de se défaire de son emprise mais elle était impuissante face à la force de cet homme aigri.

Il lui prit de force la tête et lui quémanda de lui faire une fellation. Elle refusa et essaya paniquée, de partir mais il la tenait fermement et elle ne pourrait rien faire avec la force qu'elle avait. Elle pleurait. Il lui fit ouvrir la bouche mais elle la referma aussitôt en serrant les lèvres.
Son père agacé par son attitude lui prit les joues et lui pressa pour lui ouvrir la bouche. Elle ne pu lutter et le fit malgré elle. Elle était dégoûtée et voulait vomir mais son père ne la laissa pas s'échapper.
 
Quelques minutes après, son père sortit en passant sa langue sur ses lèvres fier de son action.
Hinata, elle, était à terre le souffle court et le visage ravagé par les larmes. Il avait encore bu.. Elle le savait.

Elle se releva ensuite et passa à la douche où elle se désinfecta les plaies du dos et elle entière. Elle passa plusieurs fois du savon sur sa bouche mais cela n'enlevait pas cette sensation horrible. La douleur que son dos réveillait était chaotique.
Ayant marre de cette situation elle descendit après s'être habillée et alla dans le salon où son père buvait une bière devant un match de foot.
 
 
"Père ?

- Quoi ? Demanda t-il sèchement.

- Je..j'aimerais vous parler.. Si vous le permettez..

- Tu vois bien que je suis un match non ? Alors du balai !

- Non... C'est important.."
 
Il soupira, éteignit la télévision et la regarda incrédule, les sourcils froncés.

Hinata inspira profondément et se lança.
 
"Depuis.. Six ans, je me suis toujours demandée pourquoi me faire subir ça ? Ai-je fais quelque chose qui mérite d'être puni de cette façon?

- Nous y voilà! Alors écoute moi bien Hinata ! Tu veux donc savoir pourquoi j'agis ainsi avec toi ! Ouvre bien tes oreilles car je ne le répéterais pas deux fois ! Il y a dix-huit ans ta mère et moi vivions heureux. Seulement un jour elle m'a annoncée être enceinte. Au début je ne l'ai pas cru car j'étais stérile; je ne pouvais pas donner de spermatozoïdes féconds. Mais après être aller voir un médecin il m'a confirmé ce que ta mère m'avait dit plus tôt. Je me suis dis que toutes nos tentatives avaient marché mais en rentrant je l'ai vu en compagnie d'un autre homme et je peux te dire qu'ils n'avaient rien de deux collègues de bureau. Mais j'ai fermé le yeux là-dessus. Puis neuf mois après tu es née. Ta mère et moi étions au comble du bonheur mais seulement voilà, tu ne me ressemblais pas mis à part les yeux qui étaient de la même couleur que ceux de ta mère et les miens. C'est alors que j'ai découvert la vérité! Tu n'es en aucun cas ma fille mais celle du salaud qui a engrossé ma femme. Je n'ai pu me résigner à te donner aux services sociaux malgré tout.. Et alors j'ai commencé à détruire ta mère aveuglé par la haine et la trahison dont elle avait fait preuve.
Il marqua une courte pause puis reprit:

"Et il y a six ans jour pour jour elle est décédée sous les coups je m'en suis voulu certes mais j'ai pensé que même en la tuant je n'obtiendrais rien juste du remords alors j'ai commencé à m'en prendre à toi. Pourquoi? Parce que je n'accepte pas qu'une bâtarde prenne le nom des Hyuga et le salisse. Tu n'es pas ma fille et tu ne le sera jamais, j'ai juste eu pitié de toi ! Tu es juste mon objet de désir quand j'en ai envie ! Tu voulais la vérité ? Tu l'as eu ! Alors contente ?"

Hinata n'avait pas desserré la bouche depuis le début mais ses larmes coulaient le long de ses joues en feu. Elle n'était pas sa fille.. Elle ne connaissait pas son vrai père.. C'était une.. Non, elle secoua la tête et remercia son père avant de partir en courant vers la porte d'entrée.
Elle l'ouvrit à la volée et continua à courir à travers la ville sans regarder derrière elle.

Le ciel menaçant annonçait qu'un orage allait bientôt avoir lieu. Elle ne voulait pas rentrer et le voir. Ça faisait dix-huit ans qu'elle vivait dans cette maison mais elle ne s'était jamais rendu compte qu'elle n'avait rien à y faire. Elle était impuissante face à cette situation. La seule chose qu'elle avait envie de faire était de disparaître pour toujours de la surface de la Terre. Elle vivait un enfer permanent mais là elle avait l'impression que les flammes l'entouraient pour ne plus jamais la laisser partir.
 
Elle venait d'arrêter de courir et la pluie commençait à tomber sur la ville sombre et grise démunie de vie. Seuls les plus courageux sortaient parapluie en main.
Hinata continuait à marcher ne se souciant aucunement de la pluie et s'arrêta dans un parc où elle s'assit sur une balançoire, trempée jusqu'au os oubliant la boue qu'avait formé le sable mouillé.
Elle repensait à toutes ces années où elle avait cru avoir une famille. Quelle ironie.. Une famille? Elle? Elle ne savait même pas se que ça voulait dire, toutes ses années de mensonge. Toute cette vie aveuglée par ce qu'elle croyait être une famille. Elle avait étéune idiote. Elle était une bâtarde. Elle ne voulait pas l'apprendre. Elle aurait du rester dans l'ignorance. C'était horrible. Penser que rien de ce qu'on a vécu était une illusion est effrayant. Elle lâcha toutes les larmes de son corps. Idiote.
 
Une famille.. C'était l'endroit où des gens attendaient ton retour, où ils te parlaient, où ils te disaient "je t'aime", où ils fêtaient leur anniversaire, où ils rigolaient. Un endroit chaleureux et accueillant. Mais elle n'avait pas eu droit à tout ça. Le destin a voulu qu'elle soit une fille non- désirée, incomprise, impuissante, invisible.
Elle se balançait sur le manège le visage dans le vague, les yeux embués de larmes.
 
Plus loin un jeune homme à la chevelure d'or courrait pour échapper à la pluie torrentielle. Lui, avait une famille qui l'attendait, qui l'aimait et l'écoutait. Il passa à côté du jardin d'enfant et en tournant la tête remarqua la jeune fille sur la balançoire et en s'approchant il s'aperçut qu'elle n'était rien d'autre qu'Hinata Hyuga la fille qui-il ne se l'avouerait jamais - faisait battre son cœur. Il s'avança prudemment et posa une main sur son épaule. La jeune fille releva instantanément le regard et sanglota en voyant Naruto devant elle. Elle l'enlace et bredouilla des mots incompréhensibles.

"Seule.. Je suis inutile.. Pas de famille"

Naruto passa un bras sur les épaules de la brune et l'invita à avancer, ce qu'elle fit sans rechigner. Elle était frigorifiée et trempée. Elle n'avait pas parlé depuis le départ. Naruto voulait savoir ce qu'elle avait mais savait qu'il fallait attendre un peu avant de lui demander car cela avait l'air de la perturber au plus haut point.

Arrivés chez l'Uzumaki, il appela sa mère qui arriva et prit Hinata sous son aile pour aller la laver, penser sa blessure et lui prêter des vêtements propres. Pendant ce temps Naruto s'occupait s'installer le futon pour le soir. Il le mît dans sa chambre à coté de son lit.
 
Hinata sortit de la salle de bain au bout de trente minutes toute sèche, coiffée et habillée -en pyjama certes mais habillée- la mère à sa suite faisait des petits signes de victoire à son fils.
Hinata s'étendait sur le futon les yeux remplis de larmes. Elle renifla et essuya le coin de ses yeux sous le regard inquiet de son ami blond. Il se coucha alors près d'elle et la prit dans ses bras pour la réconforter et la jeune fille se laissa aller laissant toute sa tristesse s'évacuer.
Elle se calma dix minutes plus tard et embrassa furtivement Naruto signe d'un quelconque remerciement.

 
"Tu penses que.. Je suis un fardeau ?

- Pourquoi je penserais ça ?

- ... Je ne suis pas désirée.. Personne n'a jamais voulu de moi. Déclara t-elle entre deux sanglots.

- C'est faux! Moi par exemple j'ai toujours voulu quelqu'un comme toi... Tu es unique Hinata et j'espère que tu me crois.
 
Hinata se retourna et l'embrassa. Naruto d'abord surprit répondit cependant à ce baiser qui devenait plus charnel. Ils firent danser leur langues ensemble.
Hinata jouait avec les cheveux blonds de l'Uzumaki tandis que ce dernier les mains sur ses joues approfondissait ce baiser. Il baissa ensuite ses mains et frôla et toucha le fessier de la Hyuga qui gémit face à ce contact. Elle, elle défit la chemise du blondinet et contempla les muscles saillant qu'il arborait avant de venir embrasser la peau du jeune homme qui frissonna face à ce plaisir. Il délaissa ensuite le fessier de la jeune femme pour venir peloter les seins de la brune qui gémissait à chaque touché. Hinata titilla le blond avant de venir l'embrasser fougueusement voir sauvagement.
Pendant ce contact elle oublia sa désastreuse journée et fondit dans les bras de ce jeune homme.

"Les enfants ! Le dîner est prêt !"Cria du rez-de-chaussée la mère de Naruto.

Ils se regardèrent et rigolèrent avant de s'embrasser une dernière fois et de rejoindre les parents en bas dans le salon.

 
Le dîner fut comment dire mouvementé, entre le père qui insinuait des choses et qui rendait mal à l'aise Hinata et la mère qui taquinait son fils pendant qu'il' l'aidait à ramener les plats.
Hinata se sentait bien avec eux. Elle avait l'impression d'être de la famille. Et rien que cela lui faisait plaisir. Elle passa le reste de la soirée à jouer au Scrabble avec la mère de Naruto puis cette dernière voyant qu'elle perdait était partie bouder dans les bras de son mari comme une enfant se qui fit sourire Hinata tendrement.
 
Pendant ce temps Naruto était dehors sous la véranda au bar de la piscine. Il était tellement beau. Le reflet de l'eau sur sa peau mate le rendait irrésistiblement craquant et le visage pensif lui donner un air mignon. Hinata ne pût s'empêcher de rougir face à lui et se faufila derrière et le prit par la taille.
Malgré qu'ils ne soient pas en couple ils se comportaient tous deux comme tel.
 
Naruto tenait les mains d'Hinata. On entendait les grillons chanter leur sérénade nocturne devant la pleine lune scintillante.
Le spectacle qu'offrait la nature était magnifique. Naruto se tourna et embrassa doucement Hinata. Il l'emmena vers la piscine et la prit dans ses bras pour ensuite la jeter dans l'eau. Surprise elle poussa un cri. Elle sortit la tête de l'eau pour voir Naruto s'esclaffer devant la mine déconfite de Hinata. Cependant trouvant injuste le fait qu'elle soit la seule mouillée dans l'eau elle lui demanda de l'aide et au lieu de sortir elle le poussa dans l'eau. Surprit il toussa et tandis que la Hyuga essayait de sortir de l'eau il l'agrippa et la refit tomber.
 
Ils rigolèrent tout les deux avant que Naruto ne lui vole un baiser. Il n'y avait plus de bruit, seul était le chant des grillons. L'eau illuminée par la lune donnait un côté fantaisie à la situation. Il se dévisagèrent un moment avant de rapprocher leur visage et de sentir pour la énième fois leurs lèvres se toucher. Naruto tenait Hinata par la taille tendit qu'elle l'attrapa par le cou pour approfondir leur baiser mais Naruto l'arrêta.

"Attends.. Il faut que je te dise quelque chose.

- D'accord.

- Hinata, je crois que je t'aime.."

Bombom, le cœur d'Hinata s'emballa et ses joues s'enflammèrent. Elle mît un temps pour comprendre le sens de ces mots et s'approcha de son oreille pour lui glisser:

"Moi aussi"

Et alors ils s'embrassèrent pour la première fois en tant que couple.
 
Impuissante et inutile. Insouciante et aveugle. Idiote et faible. Rien n'est jamais fini. Tu vas tomber de haut princesse et à ce moment remonter sera très dur. Tu aurais mieux fait de rester dans l'ignorance. 
 
Il n'y a rien de plus navrant que de se sentir impuissant devant une souffrance, que de se heurter à un mur lorsque l'on est remplit de bonne volonté. Mais surtout 
vouloir le vrai, c'est s'avouer impuissant à le créer.