Pour les yeux d'un Uchiha

par Iliena

4.    Pour les yeux d’un Uchiha

 

Sasuke fut emmené de force à leur arrivée ; la jeune femme, jetée sans ménagement dans une cellule de béton armé. Les infrastructures ne lui semblaient pas immenses, peut-être que son équipier se trouvait non loin d’elle. On lui amena deux gamelles de nourriture et de l’eau. Il n’y avait pas de fenêtre dans la petite pièce, juste un matelas à même le sol, un seau pour les besoins naturels, un néon grésillant au plafond et la chaîne à ça cheville droite qui la maintenait à une boucle dans le mur du fond. Ce n’est qu’après la seconde distribution de nourriture que des pas se firent entendre dans le couloir, la démarche lourde comme si ils transportaient quelque chose de pesant.

 

Une clé tourna dans la serrure, Kabuto apparu dans l’encadrement. Il s’avança sous le regard inquiet de la jeune femme. Un sourire sadique lui fendait le visage. Il se retourna vers le couloir et aboya un ordre. Quelques secondes plus tard, le corps inerte de Sasuke atterrit sur le sol dur. La porte se referma aussi rapidement qu’elle s’était ouverte. Sakura se précipita sur le jeune Uchiha, le retournant précautionneusement. Ses yeux d’habitude si clair s’assombrir tristement. Le visage creusé par la fatigue était couvert d’ecchymoses, son tors portait la marque d’électrodes et de brûlures. Ses cheveux poisseux de sang lui collaient aux tempes. La sueur avait fait le reste. Les doigts de sa main gauche étaient étrangement tordus, brisés sans aucun doute.

 

Dans un reniflement, elle le tira sur la paillasse de paille. Elle commença par lui remettre en place les doigts démis, les immobilisant à l’aide d’un bandage tiré une fois encore de sa tunique. Un faible gémissement lui appris que le jeune homme reprenait conscience. Elle en avait presque terminé, il ne lui restait que l’auriculaire à immobilisé.

 

-       Sert les dents, j’en ai presque fini avec le plus douloureux. Souffla-t-elle.

 

Le craquement fut sinistre, le cri à peine étouffé par les lèvres serrées désespérément. Incapable de bouger, vide de toute force, Sasuke se sentait à peine vivant après ces sombres heures à la merci de ses ennemis. Sakura lui souleva la tête avec douceur.

 

-       Bois, il faut que tu reprennes des forces et que tu te reposes. Je veille sur toi. Murmura-t-elle laissant l’eau couler dans sa bouche et sur son visage.

 

Le jeune Uchiha voulu rire devant cette tentative bien maternelle de le tranquilliser mais la douleur transforma son sourire en une grimasse. Une toux sèche lui laboura l’intérieur du corps, mettant à jour des douleurs qu’il n’avait pas encore ressenti, trop épuisé pour cela.

 

-       Chut… Doucement, calme-toi et reprends ton souffles. Bredouilla-t-elle en le redressant un peu.

 

Il s’abandonna entre les mains de son ancienne équipière parce qu’il n’avait plus la force de tenir seul, parce qu’il n’avait pas le choix que de faire autrement. Pour la première fois depuis très longtemps, Sasuke n’était plus dépendant de sa propre personne mais bien de son amie d’autrefois.

 

-        Voilà, c’est mieux. Murmura la voix devenue douce de la médic-nin.

 

C’est un sommeil léger et parsemé de cauchemars qui l’accueillit, pourtant la pression rassurante des bras de son équipière sur ses épaules lui rappelait qu’il y avait quelqu’un dans cet enfer qui veillait sur lui. Il n’eu même pas la force de se moquer de la naïveté de la jeune femme. Au fond, il se doutait bien qu’elle savait elle aussi qu’elle ne ferait pas le poids contre Madara et Kabuto. C’était peut-être cette incroyable force de caractère propre à la kunoichi qui l’empêchait de railler son attitude réconfortante. Le respect qui montait en lui venait du fait qu’il la sentait parfaitement au fait de la situation, pourtant elle le préservait, le protégeait et repoussait plus loin la crainte. Le temps de la peur viendrait bien assez vite, il en était convaincu. Ce moment là resterait celui de la sérénité. Il savoura ce contact simple de sa tête sur ses cuisses, de sa main douce sur son visage meurtri et cette agréable odeur de cerisier, le parfum de la rose.

 

 

Suigetsu marchait dans le couloir de béton d’un pas lourd, le visage loin de son sourire des beaux jours. Il affichait une mine ou se partageait la préoccupation et l’interrogation. Les recherches pour retrouvé Sasuke avait fait chou blanc. Le village ou il était soit disant apparu n’avait pas porté la moindre trace du passage du jeune homme mais ce qui le travaillait n’était pas le fait qu’il ne le retrouve pas mais l’idée simple que l’héritier du clan Uchiha puisse disparaître comme le ferait un enfant ou une personne âgée. Toute cette histoire sonnait faux. Cela avait commencé avec la venue soudaine de Kabuto, puis Juugo, Madara et lui étaient parti en quête de produits particuliers pour ses soins. A leur retour, la grotte était vide. Il n’y avait trouvé aucun des deux hommes qu’ils y avaient laissé. Les deux équipiers du noiraud s’étaient immédiatement rués à sa recherche, ratissant la forêt que la neige fraiche venait malheureusement de recouvrir de son blanc manteau.

 

A leur retour, désabusé par le résultat négatif de leurs recherches, Suigetsu avait surpris le père du clan Uchiha en grande discussion avec l’ancien disciple d’Orochimaru. Ils ne semblaient pas tant préoccupés par la disparition du jeune homme que par le traitement que le garçon aux cheveux gris et aux lunettes semblait lui avoir administré en plus de l’opération. Le sabreur de Kiri regretta de ne pas en avoir entendu plus car le pas plus lourd de Juugo les fit taire. A partir de cet instant, il fut doublement attentif à chaque détail, se rappelant que Sasuke avait paru craindre la venue du médic-nin dans la grotte. Sasuke ne craignait personne, c’était un fait, mais l’opération le rendait gravement vulnérable parce qu’elle lui retirait sa force principale, ses pupilles. Le garçon à la chevelure bleue se promit de continuer les recherches de son coté.

 

La nouvelle cache où il se trouvait n’était pas bien vaste. Quatre cellules de détention, une salle d’opération, quelques chambres et le stricte nécessaire pour nourrir tous les habitants. Kabuto avait déclaré qu’il s’agissait du repère d’Orochimaru le plus proche de Konoha. C’était en fait son premier centre de recherche qu’il utilisait avant d’être découvert par le Sandaime Hokage.

 

Le jeune homme approchait de la salle d’opération quand Madara l’apostropha :

 

-       Suigetsu, vas nourrir les prisonniers et rejoint moi dehors. Lui lança-t-il en le croisant tout en lui désignant un petit chariot ou se trouvait une casserole, une cruche en terre et une louche.

 

L’odeur repoussante du contenu de l’ustensile en fer lui rappela sa propre détention. C’est en grimaçant qu’il poussa le chargement jusqu’aux cellules. Les trois du fonds étaient vides comme en témoignaient les portes ouvertes. Il s’approcha de la première cellule. La clé était sur la serrure. Etonnant, se fit-il la réflexion…

 

Une fois la porte ouverte, le spectacle qui s’offrit à lui le fit tressaillir de surprise.

 

-       Nom de… bafouilla-t-il.

 

Cette fille aux cheveux roses qui ouvrait des yeux vert rougis par la fatigue et le manque de sommeil, il la connaissait, l’avait déjà rencontré. Il ne remarqua qu’après le corps de l’homme qu’elle serait contre elle dans une attitude délibérément protectrice. Le pantalon de toile noir, les cheveux sombres et cette peau pâle.

 

-       Sa… Sasuke ?

-       Alors Suigetsu ! Râla le leader de l’Akatsuki au milieu du couloir menant aux cachots.

-       Je…J’arrive ! cria-t-il en déposant une louche de bouillie infâme dans chaque assiette posée près de la porte.

 

Il versa de l’eau dans le pot de terre cuite et juste avant de quitter la pièce dans la précipitation, il jeta un œil à son leader. Conscient de l’état déplorable dans lequel il était, il comprit immédiatement que le chargement de Kabuto le jour précédent n’était autre qu’eux. Les cris raisonnant toute la nuit jusque dans sa chambre étaient ceux de son chef d’équipe. Il frissonna en imaginant ce qu’il avait du endurer pour pousser de tels hurlements, lui qui était réputé pour sa maîtrise de soi légendaire.

 

Sakura le dardait d’un regard empli de haine, l’accusant silencieusement du malheur du jeune homme. Suigetsu recula vivement et juste avant de franchir la porte il murmura :

 

-       Je ne savais pas…

 

La jeune femme ne se détendit qu’une fois la porte fermée à double tour. Elle agrippa maladroitement l’une des deux assiettes du bout des doigts et mangea cet horrible mélange. Elle devait être en forme pour protéger au mieux et le plus longtemps son ancien équipier. Si le décompte était juste, il pourrait retirer son bandage dans le courant de la journée. Elle craignait qu’il fût emmené comme la nuit précédente et qu’il ne revienne pas cette fois. Son diagnostique de médecin était sans appel, il ne survivrait pas plus deux  jours à des traitements identiques.

 

 

Kabuto vint les chercher à la tombée de la nuit. Il obligea la rose à soulever le corps de Sasuke. Il ne poussa d’abord que de faible gémissement, puis lors ce que Sakura le cala contre son épaule, un bras par-dessus sa nuque, c’est un râle douloureux qui mourut au creux de son oreille. Les lèvres crispées, la sueur perlant sur son front, l’épuisement marquait son visage si intensément que la jeune femme lui aurait donné dix ans de plus, presque vingt. L’ancien disciple d’Orochimaru resta inflexible quand elle lui demanda de le laisser tranquille tout comme il ne broncha pas lors ce qu’elle se mit à sangloter doucement près de quatre heure plus tard.

 

Sasuke était en sang, le corps parcouru de spasmes violents, les yeux écarquillés fixant le plafond désespérément et le corps arqué à l’extrême. Il n’arrivait plus à crier, sa voix s’était brisée voici une heure. Ils lui avaient retiré le bandage et ils l’avaient obligé à ouvrir les yeux en le menaçant de tuer son équipière s’il ne s’exécutait pas immédiatement. La lumière, blanche et agressive, lui avait d’abord fait mal parce que resté trois semaines dans l’ombre, ses pupilles avaient eu du mal à s’en accommoder. Mais lentement, c’est une autre douleur plus étrange qui le parcouru dans tout son corps. Des flaches en rouge, noir et blanc se mirent à danser devant ses yeux, les suites d’images décousues se transformant doucement en de petits films. Il trembla d’horreur quand il se rendit compte du phénomène entrain de se réaliser. Il voyait ce tout petit bébé aux cheveux noirs, ses parents et puis ensuite le bébé devenu un petit garçon. Il tressailli quand il reconnu l’enfant, c’était lui. La peur se glissa dans chacun de ses pores, il comprenait. Au travers des yeux de son frère, c’était toute la vie de se dernier qu’il visualisait et ressentait comme le sharingan pouvait si bien le faire. Tout allait de plus en plus vite, il ne voyait plus uniquement les images de sa propre enfance mais aussi les missions que sont frère réalisaient et puis il perçu un changement dans le flux de souvenir. Il essaya d’enrayer cette cascade d’images, sentant qu’il approchait d’un évènement dont il ne voulait pas être le témoin. La panique le saisi à ce moment là, impossible de se libérer. Il se débattit, hurla, implora désespérément que tout ça s’arrête mais ni Madara, ni Kabuto ne le détachèrent de la table d’opération.

 

Sakura, entravée sur une chaise un peu en retrait, se contint durant presque deux heures. Les yeux fermés, ne supportant plus de regarder ce spectacle abject, elle pria pour que Sasuke perde connaissance le plus vite possible, que tout cela en finisse. Ils pourraient la tuer après, elle s’en fichait mais qu’ils arrêtent ses longs cris de souffrance et ces suppliques si anormales dans la bouche du jeune Uchiha.

 

Madara s’approcha du corps en pleine convulsion.

 

-       C’est notre unique chance. Il faut que vous preniez le contrôle de son esprit avant qu’il n’ait terminé de subir la vie de son frère. Nous n’aurons pas d’autre occasion de profiter d’une telle faiblesse venant de lui. Murmura l’ancien disciple d’Orochimaru.

-       Je sais. Nous en avons déjà parlé à mainte reprise. lui rétorqua le père du clan Uchiha.

 

 Lentement, il se pencha au-dessus du visage grimaçant de souffrance, plongeant son unique œil dans ceux du plus jeune. Les tremblements se firent moins brutaux, le souvenir actuel ne concernait pas Sasuke directement, c’était un retour de mission à l’Akatsuki. L’homme qui en était le leader plongeait toujours plus son sharingan dans les yeux sans défense du prisonnier, il se laissa descendre dans l’esprit du plus jeune, voyant se qu’il voyait, ressentant se qu’il éprouvait au travers du passé de son grand frère. Le souvenir s’estompa, Madara ne pensait pas qu’il était déjà si loin dans le processus car le décor qui se dessinait maintenant tout autour de lui n’était autre que le sanctuaire Uchiha au milieu de la forêt du pays du feu. Il prit peur, tout était allé bien trop vite, pourtant déjà il voyait Sasuke s’avancer pour se battre et son cœur se fissura lentement comme celui d’Itachi avait céder à ce moment là. Il se senti mal, bataillant pour une once d’énergie supplémentaire, quelque seconde de plus pour voir vivre encore quelques instants son petit frère tant aimé. Quelques secondes de plus pour le protéger et lui assurer un futur digne de ce nom, même si pour tuer Orochimaru il lui faudrait plonger au plus profond de ses propres réserves, même si pour le garder de Madara il faudrait invoquer un sceau qui l’anéantira encore un peu plus. Le père du clan Uchiha se rendit tout à coup compte de l’état critique du membre de son organisation secrète. Il trembla devant l’avancée fulgurante de la maladie qui terminerait tôt ou tard par le tuer. Itachi le savait, il en ressentait l’inéluctabilité depuis déjà quelque temps.

 

Il vit défiler le combat sous ses yeux, chaque coup qui faisait mouche lui faisait autant mal à lui qu’aux deux frères. Soudainement, il sentit que cette vie qu’il avait tant regrettée ne tenait plus qu’à un misérable fil. Elle s’étiolait doucement, il du agir vite, se relever. Sasuke était aussi épuisé que lui, tremblant de fatigue au milieu des décombres du sanctuaire. Il s’avança, la toux toujours plus forte, le sang lui brûlant les bronches alors qu’il le retenait de sa main comme c’était déjà arrivé au cours du combat. Vite, elle le quittait ! Il devait absolument lui montrer, une dernière fois. Marcher ne lui avait jamais semblé aussi difficile, respirer aussi douloureux. Il leva le bras, esquissant un mouvement en direction des yeux de son cadet. Sasuke était livide, imaginant déjà la douleur de perdre ses pupilles, pourtant il n’avait plus la force de fuir, bloqué par ce rocher au couleur de ce clan maudit. Itachi se battit une dernière fois, cette pichenette amicale, signe de leur complicité d’antan serait sa dernière preuve d’amour pour Sasuke. Tout se flouta, son équilibre lui jouait des tours. Il se sentit glisser contre le corps de son frère mais jamais le choc contre le sol de pierre ne lui soutira une grimace. Il était mort avant.

 

Madara se recula violement. Il était hors d’haleine et en nage. Kabuto lui secouait encore le bras énergiquement pour le ramener à la réalité, une certaine stupeur marquant ses traits habituellement impassible. De son autre main, il épongeait le front dégoulinant derrière le masque en spirale orange.

 

-       Comment allez-vous ? s’inquiéta l’ancien disciple d’Orochimaru.

 

Le père du clan Uchiha s’appuya contre le mur de la petite salle d’opération. Il jeta un regard interrogateur à Kabuto, puis il laissa ses yeux glisser sur le corps évanoui de Sasuke. Du sang lui coulait du nez, il était méconnaissable tant la fatigue alourdissait ses traits. Le médic-nin comprit qu’ils avaient échoué. Même le puissant leader de l’Akatsuki n’avait réussi à soumettre l’esprit du prisonnier. Ils avaient voulu profiter de cet instant de l’éveil pour s’infiltrer et faire de lui le plus puissant outil de travail qu’ils n’auraient jamais. Ils avaient voulu mettre à parti cet ultime instant de faiblesse chez le jeune Uchiha pour en faire leur esclave. L’homme aux cheveux gris emmena Madara, tremblant, dans sa chambre laissant les deux détenus dans la pièce froide.

 

Sakura, les yeux embués par les larmes, se rapprocha tout en se traînant avec sa chaise sur laquelle elle était solidement attachée. Dans un chuchotement, elle appela plusieurs fois le noiraud en espérant qu’il n’était pas trop tard. Le silence fut seul à lui faire éco. Les poumons du jeune homme ne se soulevaient presque plus, sa poitrine restait inerte alors que le sang coulait toujours de son nez, de ses oreilles et à présent de la commissure de ses lèvres.

 

-       Sasuke ! gémi-t-elle désespérément.

 

Elle essaya de le faire bouger en poussant son flan de la tête mais rien n’y faisait. Des larmes de rages lui striaient le visage alors qu’elle appuyait son front une dernière fois contre le bras encore tiède du jeune homme. Elle ne broncha pas au son des pas se rapprochant de la pièce ou elle se tenait. Après ce qui c’était passé, elle ne donnait plus aucune valeur à sa vie. Si Sasuke avait soutenu un tel traitement, elle avait l’assurance que pour elle se serait pire ou plus rapide du moins. Elle devait bien reconnaître qu’elle ne tiendrait pas le coup aussi loin que lui, sa résistance était différente mais à ce jeu là, elle brulerait elle aussi.

 

Seul le clapotis du sang de l’Uchiha coulant de la table d’opération sur le carrelage venait raisonner dans le silence régnant. Sakura ne vit ni ne ressenti le mouvement furtif d’une ombre qui se glissa lentement par la porte d’entrée. Ce n’est que lors ce qu’elle sursauta au contact de la main humide du jeune homme requin qu’elle se rendit compte de sa présence. Dans un claquement sec, la corde qui la retenait prisonnière se rompit. Sans un mot, il commença de détacher le noiraud alors que la médic-nin le fixait avec des yeux écarquillé par la stupeur. D’un regard dur, l’équipier de Sasuke lui fit comprendre qu’elle devait se reprendre au plus vit. Elle attrapa un morceau de compresse et épongea le sang tout en le recouvrant d’une couverture découverte dans une armoire de la salle d’opération.

 

Suigetsu prit le jeune homme dans ses bras, Sakura le suivit dans le couloir. Leurs foulées les menèrent à la sortie de la cachette, aux beaux milieux de la forêt de Konoha d’après se que pouvait en déduire la rose. Ce n’est qu’une fois que la bouche du tunnel ne fut plus du tout visible que les questions commencèrent à se former dans l’esprit de la jeune femme. Elle ne parvenait pas vraiment à comprendre la raison de se soudain revirement de situation, craignant une énième machination de Kabuto ou même de Madara. Plus elle fixait son regard d’émeraude dans le dos du jeune homme aux cheveux bleu et plus elle sentait la crainte grandir en elle. Son état physique et psychologique ne lui permettant plus de prendre le recul nécessaire pour juger au mieux les événements.

 

-       Pourquoi ? Demanda-t-elle simplement.

 

Le membre de la nouvelle équipe de Sasuke ne répondit pas tout de suite, semblant peser ses mots.

 

-       Parce que… Parce qu’il n’a jamais été question pour moi de traquer Sasuke et encore moins de cautionner les traitements de ce timbré de Kabuto. J’ai aussi été son cobaye en d’autre temps.

-       Tu veux me faire croire que tu n’étais au courant de rien ? s’exclama-t-elle.

-       J’ai découvert votre présence en vous apportant à manger.

-       Je ne peux te croire. Tu es un membre de l’Akatsuki maintenant, comme Sasuke l’était. Si tu n’es pas aux ordres de l’ancien assistant d’Orochimaru, c’est que tu es à ceux de Madara. Lui déclara-t-elle soupçonneusement.

 

Suigetsu s’arrêta net, le regard outré par les allégations de la jeune femme.

 

-       Sache qu’il est venu me sortir des geôles du Serpent et que je lui en suis éternellement reconnaissant. Ce ne sont pas tes accusations futiles qui vont m’ébranler mais je veux aussi te prévenir que ce n’est pas un problème pour moi de te tuer si cela signifie préserver la vie de Sasuke. cracha-t-il tout en désignant le visage de ce dernier d’un signe de la tête.

 

Puis, il se retourna et repris son chemin, sautant de branche en branche pour s’éloigner encore et toujours du repère. Derrière lui, la jeune femme ne prononça plus le moindre mot jusqu’à ce que le soleil se soit couché et qu’enfin ils s’arrêtèrent à l’abri d’un gros chêne séculaire. L’homme requin déposa précautionneusement son fardeau contre le tronc de l’arbre. Il tira de sa veste un étui noir qu’il tendit à la médic-nin.

 

-       Regarde ce que tu peux faire pour lui avec ça ! ordonna-t-il tout en s’éloignant.

-       Où vas-tu ? s’alarma-t-elle.

-       Chercher du bois pour faire un feu, sinon demain je devrai aussi te porter toi. Marmonna-t-il en disparaissant dans l’ombre de la forêt.

 

Ce ne fut qu’à cet instant qu’elle se rendit compte qu’elle avait quitté le repère sans manteau ni rien que ce soit pour la réchauffer. Ses dents s’entre choquaient bien malgré sa volonté et le froid lui paru soudain presque douloureux. Lentement, elle ouvrit l’étui noir et en sorti quelques médicaments de base. Cela avait du être une trousse de premier secours un peu améliorée à une époque mais elle remarqua très vite qu’elle n’était pas complète.

 

S’agenouillant maladroitement à coté de l’Uchiha inconscient, elle plaça sa main glacée sur le front en nage du jeune homme. La fièvre était réapparue pour la première fois depuis le début de sa convalescence. La couverture ne suffirait pas pour cette nuit. Suigetsu avec raison, il faudrait la chaleur d’un feu pour assurer au minimum que la situation ne se dégrade pas plus pour la santé du jeune homme. Si elle n’était pas entrain de prendre son poult, elle aurait pu le croire mort tant il était pâle, des traces de sang séché venant juste coloré un peu ses joues et son cou. Elle utilisa tout ce qui lui semblait adéquat, posant l’unique perfusion afin d’alimenter l’organisme épuisé du blessé, bandant le poignet mis à rude épreuve afin qu’il se remette au mieux et pour terminer, elle se serra tout contre la couverture afin de se réchauffer un peu.

 

Quand le jeune homme à la chevelure bleu revint les bras chargés de bois et suivit de Juugo. Il trouva les deux anciens équipiers endormis l’un contre l’autre, Sakura nichée sous la tête du noiraud. D’un mouvement du menton, il les désigna à son acolyte qui s’approcha d’eux. Le géant avait un gros sac de toile beige en travers du dos, il en sorti une seconde couverture qu’il utilisa pour emmailloter la jeune femme, ensuite il déballa tout un nécessaire pour cuisiner sur les braises. Suigetsu alluma le feu sur lequel ils firent fondre de la neige afin de concocter une soupe bien chaude.

 

-       Tu as pu prendre quelque chose pour la fille ? demanda le plus mince.

-       J’ai pris la trousse de médecin qui restait dans l’armoire de la salle d’opération. Ça suffira tu penses ?

-       Je l’espère.

-       Lors ce que j’ai quitté la tanière, Madara était encore dans sa chambre et Kabuto était introuvable. J’espère qu’il découvrira notre fuite le plus tard possible. Soupira le quatrième membre de la nouvelle équipe de Sasuke.

-       Il est inutile d’espérer avec un vicieux comme lui. Avant l’aube il saura qui les a fait sortir. Je compte juste que nous puissions atteindre Konoha ou un autre village avant que ce ne soit lui qui nous rejoigne.

 

Les flemmes laissèrent glisser une belle lueur orangée sur la chevelure électrique du jeune homme. Son équipier le fixait intensément tout en l’écoutant parlé de sa voix lasse.

 

-       Tu as peur ? s’enquit-il

-       Moi ? s’offusqua le sabreur de Kiri. Je ne sais pas… Peut-être un peu au fond. Ce n’est pas comme si on s’était mis à dos de simple ninja cette fois.

-       Si seulement Sasuke n’était pas dans cet état. Il saurait quoi faire. soupira l’homme fort. Je me demande si c’est vraiment une bonne idée de l’emmener dans son village natal.

-       Madara aura toujours plus de peine à le retrouver là qu’ailleurs.

-       Mais le village a été rasé par l’attaque de Pein, tu veux le cacher où ? en plein milieux des décombres de ce champ de bataille ?

-       Non, je compte sur la fille et sur ses anciens amis, le petit blond qui lui courre tout le temps après plus particulièrement. J’espère qu’ils le cacheront quelque part et nous avec.

 

Les deux hommes restèrent ainsi à regarder les flemmes pendant de longues minutes, réfléchissant aux paroles qu’ils venaient de prononcer. Toute cette histoire s’était passée si vite. Juugo avait appris la présence de Sasuke dès que son équipier manieur d’eau avait pu le rejoindre après son passage au village le plus proche pour faire quelques courses. Ils avaient pris leur décision en quelques secondes et puis Suigetsu avait proposé de partir pour Konoha au plus vite. Le garçon n’avait pas tord au font. Dans l’état ou il était Sasuke ne pouvait définitivement pas supporter un nouveau voyage de plus de quelques heures. Même si le géant se faisait du souci sur la manière dont ils seraient accueillit par les ninjas du pays feu, il se disait que la rose pourrait leur venir en aide. Après tout, ils l’avaient aussi sauvée…