Chapitre 73

par Sermina

Chapitre 73 :

Aussi loin qu’il s’en souvienne, Kakashi ne s’était jamais senti aussi fatigué qu’en ce jour. Jamais après une mission, ce sentiment de lassitude et d’impuissance n’était venu le titiller. Et, en cet instant, il n’avait qu’une seul envie : se coucher et laisser son corps se reposer durant une semaine entière.

Pourtant, avant ce repos tant mérité, il avait une dernière chose à faire. Il avait rapidement vu le Naishokage pour lui expliquer que l’Hokage était honoré de son invitation et serait présente d’ici quelques heures. Le chef de Nokiana lui avait alors demandé d’aller rejoindre sa supérieur afin de lui montrer le chemin et ainsi gagner un temps précieux. Il était donc actuellement en train de sauter d’arbres en arbres afin d’aller à l’encontre de l’Hokage.

Il le savait, il était fort. Ses techniques, son expérience, son maniement de chakra n’avait jamais été aussi productifs et dévastateurs que lors des derniers combats qu’il avait été amené à effectuer depuis la découverte de Nokiana… pourtant, il y avait quelque chose qui le rattrapait, qui le rattrapait bien plus vite que ce qu’il n’avait imaginé : son âge. En soi, il n’était pas vieux. A moins d’une mission qui tourne mal, il avait encore de nombreuses et belles années devant lui. Mais face aux missions de haut niveau qu’il était à même à mener de part son statut et son grade, il n’était plus sûr d’y arriver.

Ce n’était pas tout à fait exact. Disons que sur du court terme, il n’y aurait pas eu de souci, par contre, sur du long terme, son corps et son endurance n’étaient pas aussi performants qu’à ces vingt ans. Et les entraînements draconiens qu’il s’était imposé au fil des années pour garder un haut niveau, étaient à prendre en compte. Il était doué : un, si ce n’est le meilleur de sa génération et actuellement, il devait compter dans les plus puissants ninjas du village de Konoha mais dans un combat qui s’éternise face à un adversaire plus jeune que lui, il devait se l’avouer, il ne pouvait plus tenir la cadence. Cette constatation, il l’avait déjà remarqué lors de ces derniers entraînements. Mais il s’était refusé de se l’avouer ouvertement, sauf qu’à présent il ne pouvait plus se voiler la face.

Un visage légèrement pale orné de deux pupilles rouges vint alors s’imposer dans son esprit. Elle, non plus n’avait pas arrangé les choses. Il y avait en Karin quelque chose qui le poussait inexorablement vers la jeune fille mais elle, avait été très claire à ce sujet. C’est étrange comme de simples mots pouvaient provoquer autant de bouleversements chez une personne. Dans un sens, il la comprenait et même s’il n’était pas près à la laisser tranquille, sa réaction lui avait fait bien plus mal que ce qu’il avait pensé. Étrangement, le coup de vieux qu’il avait senti peser sur ses épaules depuis quelques temps, s’en était trouvé accentué. Un fin sourire se dessina pourtant derrière son masque. En plus de perdre de son endurance, le voilà qu’il devenait un peu trop sensible sur certains détails. La vie était vraiment quelque chose de magnifique et de mystérieux à la fois. Mais pour l’instant, elle n’était pas prête de finir et il avait hâte de voir de quelle manière aller se terminer le dénouement de la mission « récupérer Naruto ».

*****

Le Naishokage était actuellement assis bien confortablement dans le fauteuil attenant à son bureau, les bras sur les accoudoirs, une dizaine de feuilles noircies devant lui et le regard déterminé fixé sur la porte d’entrée.

Le chef des armées avaient quitté la pièce vingt minutes plus tôt, après un dernier rapport sur le marché proposé à Kyuubi et Naruto et en mettant fin à l’entretien avec un habile « actuellement ma place se doit d’être ailleurs, je vais donc vous laisser régler les derniers détails de toute cette affaire comme le veut votre position, Naishokage-sama » tout en accentuant un peu trop sur son titre. Mais il ne pouvait pas vraiment lui en vouloir. Les sentiments qu’il avait concernant Ichiro avaient beaucoup changé et évolué avec le temps. D’abord heureux de sa nomination qui pouvait enfin permettre une paix entre l’organe politique et l’organe militaire du village, puis de la méfiance avant d’arriver sur un réel désaccord concernant la politique extérieure de Nokiana. Pourtant, suite aux derniers événements et à la victoire sur l’Akatsuki, lorsqu’Ichiro s’était retrouvé face à lui, c’était un tout autre sentiment qu’il avait senti naître en lui à son égard. Ils avaient été souvent en désaccord ces deux dernières années, mais la fidélité d’Ichiro au village n’était en aucun cas à remettre en cause. Trop d’événements, trop de choses qui auraient pu très mal se terminer, alors face à la victoire que Nokiana venait de prendre face à des adversaires redoutables, il ne pouvait pas ressentir autre chose qu’un profond respect pour cet homme dévoué au village.

Depuis son départ, il avait pris le temps de réfléchir, Ichiro avait raison. Il allait garder sa lettre de démission pour plus tard et il allait prendre en compte son avis sur un point qui les opposait depuis longtemps. Cette attaque prouvait que malgré sa volonté de rester cachée aux yeux du monde, Nokiana pouvait être découverte et subir des attaques de front – ce qu’elle n’était pas prête à recevoir, car sans l’intervention des quelques ninjas de Konoha, la victoire n’aurait peut-être pas été au rendez-vous... Donc oui, Ichiro avait raison, le village ne pouvait pas rester dans l’ombre, attendre qu’on le découvre et demeurer vulnérable aux attaques. Cependant, il n’était pas non plus question de se dévoiler aux yeux du monde entier, quoi qu’en dise Ichiro, cela aurait été bien trop dangereux. Un compromis entre leur ancienne politique extérieure et celle de son chef des armées semblaient être la chose la plus logique en cet instant. C’est pourquoi, reposant ses bras sur son bureau, il récupéra les quelques feuilles devant lui afin de les relire une dernière fois.

*****

A peine avait-il franchi le seuil de la plus haute tour du village qu’Ichiro avait directement pris la direction de l’hôpital, en stoppant de sa main toutes les personnes qui cherchaient à lui parler. A présent que tous les ennemis étaient hors d’état de nuire et que tous les hommes avaient repris leur place afin de sécuriser au mieux le village, son rôle n'était pour un temps plus primordial : une pause s’imposait.

Lorsqu’il pénétra dans la chambre de son ami, son regard s’était de suite fait plus tendre et plus triste. Les médecins étaient confiants sur son état. Il devait se réveiller sous peu. Bien sûr, il aurait droit à de longues semaines d’hôpital et de rééducation mais tant qu’il était en vie, c’était tout ce que demandait Ichiro. Le seul point sur lequel les médecins n’avaient pas pu le rassurer, c’était sur les séquelles au niveau mental. Ils lui avaient expliqué que plusieurs personnes avaient pénétré son esprit, bouleversant l’équilibre psychique du ninja et que ce ne serait qu’à son réveil, que l’on pourrait faire un véritable diagnostic sur son état.

Sans attendre, Ichiro vint reprendre sa place sur une chaise au côté d’Akiko, tout en allant chercher sa main pour la serrer avec tendresse entre ses doigts. Il était vivant !

****

Tsunade resta un instant interdite. Kakashi qui était venu à sa rencontre quelques minutes plus tôt, lui avait fait une synthèse un plus détaillée que le strict minimum qu’il lui avait fait parvenir par ses messagers canidés, sur tous les évènements précédents ainsi que sur le village de Nokiana. Mais entendre dire que les remparts du village étaient formés d’arbres était une chose, le voir en était une autre. Devant elle, une muraille de végétation se tenait droite et fière. Et en cet instant, si Kakashi ne lui avait pas montré en expliquant qu’il s’agissait des remparts qui entouraient Nokiana, elle ne l’aurait jamais deviné. Rien ne laissait filtrer la moindre parcelle de chakra et la non-symétrie de la végétation en place, ne laissait en aucun cas passer l’idée qu’il puisse s’agir d’autre chose que de la volonté de mère nature. Ses murailles avaient dû voir passer à ses côtés de nombreux ninjas et civils sans éveiller le moindre soupçon. Si tout le village était entouré de pareille végétation, elle comprenait mieux comment Nokiana avait pu garder son emplacement secret, et au fil des années, ne devenir qu’un mythe, une légende dont parlaient parfois certains vieux ouvrages. Seule une inspection plus poussée, peut-être sur la forme totale de la muraille aurait pu mettre la puce à l’oreille mais encore aurai-t-il fallu que quelqu’un ait l’idée saugrenue de faire le tour de cet amas d’arbres …

Son regard se posa à nouveau sur le fils de Croc blanc, qui finit par tourner le dos à la muraille et prendre le chemin inverse. Tsunade le suivit sans hésitation. Il s’arrêta quelques mètres plus loin près d’un gros chêne d’une centaine d’années. Il tapa différents rythmes à plusieurs reprises sur une des racines dépassant du sol, avant qu’une trappe ne vienne s’ouvrir sur un garde de Nokiana. Reconnaissant Kakashi, il les laissa passer.

Après une escouade d’escaliers qu’il fallut d’abord descendre avant de monter, ils finirent par arriver à la surface, juste de l’autre côté de la muraille de végétation. A leur arrivée, Karin et deux autres ninjas de haut niveau les attendaient.

-         Hokage-sama, c’est en me joignant à tous les habitants du village que je vous souhaite la bienvenue à Nokiana, salua avec respect l’ancienne sbire d’Orochimaru.

Légèrement surprise par cet accueil, Tsunade se reprit très vite.

-         C’est le conseil de Konoha et moi-même qui vous remercions de l’honneur de votre invitation.

Karin élargit son sourire avant d’hocher légèrement la tête.

-         Si vous voulez bien me suivre, Naishokage-sama vous attend dans son bureau.

*****

Le serrement qu’il ressentit sur sa main vint se répercuter sur tout son corps. Les yeux grands ouverts, la bouche sèche, Ichiro ne quittait pas du regard le jeune homme couché sur le lit. C’était la deuxième fois qu’Akiko lui serrait les doigts. La première fois, ces yeux s’étaient ouvert l’espace d’une seconde avant que ses paupières ne viennent se refermer pour retomber dans un sommeil réparateur. Cette fois-ci, s’était différent. Le regard de son vis-à-vis vint de suite s’accrocher aux pupilles de l’homme se trouvant face à lui.

-         Ichiro… murmura le malade.

-         Akiko, répondit aussi bas le dénommé en serrant à son tour la main qu’il tenait entre ses doigts.

Un léger sourire vint déformer les traits du patient. Il se sentait bien, comme dans un cocon. Couché sur du coton, bercé par la douce voix de la personne la plus importante à ses yeux et entouré de cet odeur qu’il reconnaitrait entre mille et qui en cet instant surplombait toutes celles dérangeantes de l’hôpital. Encore à moitié shooter par les médicaments, le sourire d’Akiko s’élargit un peu plus alors que ses yeux ne reflétaient que le bonheur et la joie de le revoir.

-         Je… je ne veux… plus te perdre… réussi-t-il à articuler dans un souffle.

Ichiro se figea un instant. Il y avait dans cette simple phrase quelque chose de profond qui durant une seconde ébranla le chef des armées. Un espoir vint naître au fond de lui avant de disparaître aussitôt. Akiko était sous médicaments, donc pas totalement maître de lui. Pourtant un sourire vient tout de même illuminer son visage : l’ironie de cette phrase. Cela aurait dû être à lui de la prononcer.

-         C’est moi qui ai failli te perdre, Akiko. Je suis désolé. Je te promets que cela n’arrivera plus jamais, chuchota-t-il doucement.

Le sourire de son ami se fit encore plus tendre et au moment où il allait reprendre la parole, la porte de la chambre s’ouvrit, perçant la bulle dans laquelle étaient plongés les deux hommes et faisant reculer d’un bond Ichiro qui lâcha précipitamment la main qu’il tenait jusqu’alors précieusement.

Un médecin et deux infirmières pénétrèrent dans la chambre et demandèrent au chef des armées de sortir. Ce dernier sans un mot, ayant jeté un dernier regard au rescapé, s’exécuta et alla s’installer sur une chaise dans le couloir. C’est maintenant que le diagnostic allait être posé. Au fond de lui, Ichiro priait pour qu’Akiko lui revienne comme il était avant… pourtant quelque part, il aurait aimé que certains actes, certains faits ne soit plus en mémoire de son ami. C’était égoïste, mais il savait que s’il se souvenait de la manière dont il avait traité Kyuubi, Akiko agirait bien différemment avec lui.

*****

Lorsque Tsunade pénétra dans le bureau du Naishokage, elle fut de suite prise par l’atmosphère de la pièce. Le bureau était austère et rien dans le mobilier ou l’ornement n’aurait pu faire penser qu’il s’agissait du siège du plus haut dignitaire du village. Deux armoires en bois de piètre qualité, un bureau issu du même arbre que les meubles et un fauteuil qui devait avoir survécu à de nombreux Kage. La pièce était blanche, ornée uniquement de deux grands posters où étaient représentés la carte du monde et les frontières des différents pays. Sur la première qui avait pour titre « Diplomatie », figuraient tous les villages cachés reliés par de nombreux traits de couleurs différentes. Sur la seconde, un amalgame de bandes plus ou moins grandes, plus ou moins uniformes, plus ou moins colorés, remplissaient la totalité de la carte dont le titre était « Equilibre du chakra ».

-         Hokage-sama, je suis heureux que vous ayez accepté mon invitation et que vous ayez fait le déplacement aussi vite.

-         Naishokage-sama, c’est moi qui vous remercie de cette invitation, quant à notre rencontre, au vu des derniers évènements, cela me semblait être de premier ordre.

Les deux dirigeants se regardèrent en souriant. Ils savaient tous les deux qu’ils avaient besoin l’un de l’autre. Depuis que les ninjas de Konoha avaient été impliqués dans le combat avec l’Akastuki, il était évident que les choses ne pouvaient plus être comme avant. L’Hokage en savait trop pour que Nokiana les laisse sans « directive » à leur sujet et en même temps pas assez pour avoir besoin d’eux et comprendre les enjeux de la nécessité de garder le village des artisans de chakra caché. Le reste était de la négociation et du compromis.

D’un geste de tête, le Naishokage fit comprendre à Karin et aux deux gardes qui avaient escorté les nouveaux venus, de quitter le bureau. Voyant ce geste et comprenant que la partie la plus dure commençait maintenant, Tsunade demanda également aux ANBU de sortir de la pièce. La minute d’après les deux Kages étaient seuls face à face.

*******

Cela fait plus d’une demi-heure qu’Ichiro attendait devant la chambre de son ami. Il avait toujours été patient mais là, aujourd’hui, son self contrôle ne semblait pas être au meilleur de sa forme. Ce n’est que cinq minutes plus tard que le médecin ressortit de la pièce avec les deux infirmières. Ces dernières partirent aussitôt laissant le médecin seul face à Ichiro.

-         Les fonctions vitales de votre collègue vont bien. Il aura besoin de temps mais au terme de quelques mois, il pourra reprendre du service sans aucune séquelle, ce qui tient du miracle vu l’état physique dans lequel il est arrivé.

Ichiro laissa le médecin faire une pause, ne pipant pas un mot. Le thérapeute n’avait que confirmé ce qu’il savait déjà, mais en cet instant c’était un autre sujet qui l’intéressait...

-         Au niveau mental, reprit calmement le médecin, c’est plus problématique. Disons qu’il va bien. Les intrusions ont provoqué un dérèglement au niveau de sa perception de la réalité et des priorités mais l’attaque physique qui l’a conduit ici à plus ou moins « rééquilibré », tout ça. Cependant, au vu de la gravité des attaques mentales qu’il a subi et des dégâts que cela a causé sur le moment, je ne suis pas sûr que cela soit permanent. Il est actuellement trop tôt pour dire si son état actuel sera réversible ou pas.

Une deuxième pause, permit au médecin de s’éclaircir la voix alors que le soulagement se lisait sur les traits d’Ichiro.

-         Mais pour être honnête avec vous Ichiro-sama, je pense sérieusement qu’il y aura des rechutes. Vous vous connaissez bien, il me semble. J’ai entendu dire que vous veniez du même village et avait longtemps été proches. Il serait important qu’il puisse avoir un véritable ami à ses côtés qui puisse surveiller de manière quotidienne et stricte ce point.

-         Puis-je le voir ?

-         Bien sûr, mais la consultation l’a beaucoup fatigué, je pense qu’il doit être déjà en train de dormir, termina le médecin avant de prendre congé.

Ichiro resta un instant devant la porte. Oui, ils se connaissaient bien. Ils s’étaient juste éloignés mais cela n’arriverait plus. A présent, il allait tout faire pour se rapprocher à nouveau d’Akiko… comme avant. Il s’excuserait pour son comportement de ces dernières années, il s’expliquerait sur les raisons qui l’on poussé à vouloir sacrifier Kyuubi, il lui offrirait son soutien durant sa convalescence, il lui donnerait les moyens de lui refaire confiance, il le chérirait le restant de sa vie.

Il appuya doucement sur la poignée de la porte et pénétra dans la chambre. Son regard se posa avec tendresse sur le jeune homme endormi.

Oui, et peut-être qu’un jour, à force de soutien et d’amitié, il aura le courage sans honte, ni peur, de lui dire ce qu’il ressent, de lui avouer les véritables raisons de son éloignement. Oh, il ne s’attendait pas qu’Akiko lui renvoie ses sentiments ce jour-là, non loin de là mais juste qu’il lui pardonne son mutisme et qu’il continue à lui offrir son amitié.

Avec douceur, il retrouva sa place auprès de l’homme de sa vie, reprenant délicatement sa main dans la sienne.

Il avait fallu qu’il le perde physiquement et moralement pour comprendre. Il ne referait pas cette erreur une deuxième fois. Rien n’y personne ne pourrait plus le lui enlever !

*****

Deux heures. C’était le temps qu’il avait fallu aux deux chefs de village caché pour être d’accord sur tous les termes de l’alliance qui allait commencer entre Nokiana et Konoha. Alliance, qui prenait de manière concrète les allures d’un contrat bipartite qu’ils étaient d’ailleurs actuellement en train de parapher avant de signer.

Les points clefs avaient longuement été discutés et l’Hokage devait bien admettre qu’elle avait face à elle un expert de la négociation. Elle était également douée à ce jeu-là et la bataille n’en fut que plus belle. Cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas mené ce genre de combat. Mais au final, ils étaient parvenus à un accord.

La première chose à laquelle le Naishokage avait tenu était la non-divulgation de l’emplacement du village de Nokiana. Tsunade avait bien entendu compris l’enjeu de ce point et avait été d’accord sauf… lorsque le Naishokage lui avait demandé que les personnes actuellement au courant des coordonnées devaient être les seules à connaitre l’emplacement exact du village. Cela signifiait donc l’équipe 7 au complet, elle et les quelques ANBU qui l’avaient escortée. Elle avait alors essayé de faire atténuer ce point (notamment parce que les membres du conseil avaient déjà émis la requête de se rendre à Nokiana) sans y arriver. Le Naishokage lui avait fait habilement remarqué de manière subtile, qu’elle, elle était déjà au courant de son emplacement et qu’elle devait déjà s’en estimer heureuse. Ce à quoi elle lui avait répondu qu’elle n’avait pas eu besoin de lui pour en connaitre les coordonnées exacts puisque Kakashi Hatake les lui avaient communiquées quelques jours plus tôt. Et au vu du sourire de son homologue à sa tirade, Tsunade comprit de suite qu’elle allait très bien s’entendre avec le Naishokage et que ce début de coopération entre les deux villages n’était pas prêt de s’arrêter. Elle avait fini par capituler à ce sujet mais demanda en échange d’avoir un accès total aux avancés en matière de chakra du village. Le chef de Nokiana d’abord réticent avait fini par accepter à condition d’en révéler, certes la totalité, mais uniquement à l’Hokage en place et qui ne pourrait être distillé a d’autres personnes qu’avec un accord écrit du Naishokage en titre.

Le deuxième point fort de ce traité sur lequel ils avaient discuté avait été le principe d’une alliance, c’est-à-dire les contacts entre les deux villages. Ils avaient tous deux été d’accord pour mettre en place des agents de liaisons. Deux noms étaient ressortit de leur discussion, en lien très étroit avec les derniers évènements. Du côté de Tsunade, le choix avait été simple. Le Naishokage ne tergiversant pas sur le premier point de leur contrat, elle avait dû choisir dans la maigre liste de ceux connaissant déjà l’emplacement du village : Kakashi avait alors été le choix le plus évident. Du côté de Naishokage cela avait également d’une simplicité enfantine, surtout après avoir entendu la personne choisie par l’Hokage. Au vu des derniers évènements, un seul nom pouvait être donné : Karin. En plus du lien assez particulier qu’il avait vu évolué entre les deux ninjas notamment lorsqu’il avait été dans la même pièce, Karin était d’une fidélité absolue au village. Elle avait prouvé sa valeur et ses capacités lors de ces derniers jours et méritait donc cette « promotion ». Elle passait de recruteur à agent de liaison et connaissant la jeune fille, qui détestait rester inactive et préférait largement les missions extérieures à la protection intérieure du village, il ne faisait aucun doute sur le fait qu’elle accepte avec joie ce nouveau poste.

Le troisième point était militaire. Il était évident que dans un accord entre deux villages cachés, une alliance ne pouvait pas se faire sans un point au niveau tactique. Là, aussi, le Naishokage avait eu un avis très arrêté. D’après lui, Konoha devait aide militaire en cas d’attaque de Nokiana mais cette dernière, au vu de ces maigres ressources en ninjas (puisque la majorité des villageois étaient certes des experts en chakra mais surtout des civils), se laisserait le choix d’intervenir ou pas en cas d’attaque de Konoha. Et bien entendu, si jamais le village de la feuille venait à vouloir entrer en guerre auprès d’un autre pays/village/région/…, elle ne devait en aucun cas compter sur la puissance militaire de Nokiana. La négociation s’était un moment immobilisée sur ce point, avant que Tsunade ne réussisse à faire légèrement changer la position de son homologue : Une aide militaire mutuelle en cas d’attaque de leur village respectif. Aucune aide en cas d’attaque offensive.

Bien évidemment, le dernier des points abordés fut le nombre des visites des portes paroles de leur village respectif mais aussi de Kyuubi. C’est à ce moment-là que le Naishokage lui avait fait part de la proposition qui avait été présentée au démon suite au sceau qu’il avait déposé dans la salle des machines. Il fut ainsi décidé que Naruto/Kyuubi devrait effectuer une visite tous les deux mois pour que le renard puisse vérifier l’avancement de son propre corps. Pour ce qui était de Kakashi et de Karin (si bien sûr, ils acceptaient chacun le poste proposé), il fut décidé que ces visites s’effectueraient dans un premier temps tous les deux mois : un mois, Karin se rendrait à Konoha pour quelques jours et deux mois plus tard, se serait à Kakashi de faire le voyage jusqu’à Nokiana (de préférence au même moment que Naruto/Kyuubi).

Pour terminer, le contrat serait d’abord renouvelable dans six mois puis tous les ans et enfin si un véritable lien de confiance s’installait entre les deux villages, tous les trois ans.

Une fois la signature appliquée sur les deux exemplaires du contrat, la Naishokage proposa à son homologue d’effectuer une visite du village avant de rejoindre les membres de son village autour d’un dîner aux allures de fête pour célébrer à la fois leur victoire sur l’Akatsuki mais aussi cette nouvelle alliance qui s’annonçait comme une avancée non négligeable pour le monde des ninjas.