Chapitre 42

par azerty

Titre de la fiction : « PDJM »

Auteur : Sermina (chapitres impairs) Azerty (chapitres pairs)

Beta lectrice : Sermina et Azerty

Genre : Drame

Disclaimer : Non, on ne se fait pas d'argent sur le dos de Masashi Kishimoto, les personnages de Naruto lui appartiennent ainsi.

 

Chapitre 42

 

Un grognement exaspéré roula dans sa gorge alors qu’il s’élançait avec toute la puissance de ses petites pattes. Non, définitivement, Pakkun n’était pas un chien de combat, et encore moins un chien de course !

Dire qu’il avait pensé que cette mission était un jeu d’enfant ! Enfin ça, c’était lorsqu’elle consistait encore à surveiller de loin une jeune fille inconsciente et ligotée. Et même avec ce niveau de difficulté apparent quasiment nul, il avait pris le parti de se dissimuler dans les sous-bois adjacents, histoire d’éviter tout conflit au cas où la jeune fille se libérerait. Ça pouvait paraître paranoïaque (ou particulièrement lâche, au choix) mais pour le coup il faut avouer que ça avait payé. Ainsi, il avait vu les liens glisser sur les poignets de la captive, et avait aussitôt prévenu Kakashi. Désormais il pistait consciencieusement la fugitive, tentant à grand mal de ne pas se laisser distancer.

 

***

 

Kakashi n’était pas du genre à laisser des traces de son passage, loin de là, mais Sakura avait tant marché dans ses pas, durant tellement d’années et de missions, qu’elle n’eut aucun mal à retrouver sa piste et à suivre le chemin en sens inverse. Elle comptait parvenir jusqu’à l’endroit où l’énigmatique « jeune femme » capturée par son maître s’était échappée, et de là, identifier ses traces pour partir à sa poursuite. Elle n’eut pas à se donner cette peine : à mi-chemin, elle se retrouva nez à nez avec Karin.

Aucune d’entre elles n’avait jamais croisé l’autre. Elles ignoraient tout ce qu’elles avaient en commun, que ce soit le fait d’avoir été l’inutile équipière de Sasuke Uchiwa, ou celui de l’avoir dévoré des yeux pendant des heures avec une fascination douloureuse. Elles partageaient les séquelles d’un amour à sens unique, qui n’avait fait que grandir encore et toujours jusqu’à les laisser brisées et déchirées lorsque, abandonnées de façon étonnamment semblables, sans un regard en arrière ni la moindre considération, elles s’étaient toute deux senties insignifiantes, inutiles, et relayées plus bas que terre.

Une différence, une seule, les distinguaient pourtant : l’une avait tourné la page tandis que l’autre sombrait dans une spirale de manipulations et de tromperies sans fin pour reconquérir sa place aux côtés de l’Uchiwa. Mais tout cela, elles n’en étaient pas conscientes. Pour l’heure, elles étaient juste l’une pour l’autre deux étrangères ennemies, saisissant leurs armes en s‘évaluant du regard.

Karin reteint de justesse une grimace : son talent pour la détection du chakra lui criait que le moindre muscle de cette fille était tout simplement saturé d’énergie, décuplant probablement sa force. Et à voir sa posture de combat impeccable et la façon dont ses yeux émeraude étudiaient le terrain, elle devait bien se défendre niveau technique également.

Autant dire que le combat était quasiment perdu d’avance : aussi doué soit-elle pour repérer les ennemies, Karin était et avait toujours été un poids mort durant les combats de très haut niveau. Oh, elle se défendait plutôt bien ! Mais elle était nettement moins forte que ce qu’elle aurait voulu, et du temps de l’équipe Hebi, elle restait la majeure partie des affrontements à l’arrière, à regarder les autres évoluer dans des sphères de puissances inaccessibles pour elle…

Elle tiqua à ce souvenir douloureux, et le chassa de son esprit d’un geste de la main. Cette adversaire était trop forte pour elle ? Qu’à cela ne tienne ! Karin, elle, avait un avantage indéniable : elle était prête à tout. Même au plus bas, au plus mesquin, déloyal ou, dans le cas présent… le plus ridicule.

D’un bon, elle se projeta en arrière, se réceptionnant en une roulade derrière un buisson d’aspect anodin. Le problème, c’est que quand elle se redressa, elle tenait un kunai braqué sous les babines tombantes d’un petit chien.

 

- Pakkun ! S’écria Sakura, avant de lancer à son adversaire un regard meurtrier.

 

« Ne me regarde pas comme ça, pensa la rousse, excédée. Si j’avais eu le choix j’aurais fait autrement. Prendre un chien en otage ! Je crois que je vais mourir de honte ! »

 

Ce plan s’était pourtant imposé à elle comme une évidence : comment cette stupide bestiole avait-elle pu croire un seul instant qu’elle ne l’avait pas repérée ? Bon, d’accord, ce sale cabot ignorait certainement qu’elle sentait les chakras, mais quand même ! Elle avait pourtant décidé de faire comme si elle ne se savait pas surveillée, au cas où l’imprudente boule de poils puisse lui être utile. A la base, elle comptait se servir de lui pour avoir l’avantage sur son épouvantail de maître, à leur prochain combat. Tant pis : elle sacrifiait son atout maintenant, il y aurait bien un autre moyen de régler son compte à ce borgne grisonnant et prétentieux !

Rapidement, Karin inspecta les environs. A sa gauche, les sous-bois proposaient leurs abris, et elle y sentait la présence de son énervant adversaire, à quelques centaines de mètres. Face à elle, la mocheté rose qui la fusillait du regard. A sa droite, une courte falaise creusée par un torrent qui coulait furieusement en contre bas. Sans l’ombre d’une hésitation, la jeune femme y jeta le petit animal baveux, qui tomba avec un jappement apeuré avant de s’enfoncer dans les rapides. Sakura poussa un cri horrifié, puis se précipita à la rescousse de la pauvre bête, déjà emportée par le courant.

C’est au prix de longues minutes d’un combat acharné contre les eaux déchaînées qu’elle récupéra Pakkun. Karin, elle, s’était depuis longtemps volatilisée.

 

***

 

Lorsqu’elle déboucha sur la fameuse clairière, Karin savait à quoi s’attendre. Bien que focalisée sur le sale invocateur de chien dont elle comptait bien se venger, elle n’avait pas pu faire autrement que de remarquer le puissant chakra du second homme qui lui faisait face. Elle n’avait d’ailleurs pas pu réprimer un frisson lorsqu’elle avait cru reconnaître cette énergie. Les trois ninjas se surveillaient désormais du coin de l’œil, en position de combat, guettant deux adversaires à la fois.

Ce fut la jeune femme qui brisa cette situation :

 

- Je ne sais pas ce que vous cherchez en venant ici, et il est très probable que j’ai à me mettre en travers de votre chemin d’ici peu, déclara-t-elle à l’intrus encapuchonné. Mais pour le moment j’ai un compte à régler avec Monsieur Hatake. Voici donc le marché : vous me le laissez, et pendant ce temps vous pouvez retourner à vos petites occupations. Ça vous va ?

 

Un sourire sournois se dessina sous l’ombre de la capuche, et le troisième homme acquiesça. L’instant d’après, il s’élançait sur les traces de Sasuke.

 

***

 

Grelottant, Pakkun avait éternué bruyamment avant de se décider enfin à lever la truffe et renifler l‘air ambiant.

 

- La peste timbrée a retrouvé Kakashi, déclara-t-il lorsqu’il senti leurs deux odeurs mêlées. Une troisième personne, que je ne connais pas, s’éloigne d’eux pour revenir vers le village.

Sakura accueillit l’information avec un air lugubre. Tout ceci devenait de plus en plus complexe : entre l’enlèvement de son coéquipier, le faux corps, Itachi ressuscité, l’implication plus ou moins importante de Konoha, l’apparition de l’Akatsuki et ce nouvel intrus, elle ne savait plus exactement sur quel front se battre.

-Doit-on prêter main forte à Kakashi ? proposa le chien en la voyant hésiter.

-Non déclara-t-elle après quelques secondes de réflexion. Sensei l’a déjà maîtrisée une fois, et j’ai confiance en ses capacités. Sasuke, lui, est en plein territoire ennemi et risque vite d’être débordé, aussi puissant soit-il. Oui… c’est décidé ! Pakkun, on suit la trace de Sasuke !

Tous deux échangèrent un regard volontaire avant de s’élancer vers les murailles en ruine de la légendaire Nokiana…