Chapitre 40

par azerty

Titre de la fiction : « PDJM »

Auteur : Sermina (chapitres impairs) Azerty (chapitres pairs)

Beta lectrice : Sermina et Azerty

Genre : Drame

Disclaimer : Non, on ne se fait pas d'argent sur le dos de Masashi Kishimoto, les personnages de Naruto lui appartiennent ainsi.

 

 

Chapitre 40

 

Quelques troncs calcinés se dressaient piteusement vers le ciel pâle du matin, uniques vestiges fumants de ce qui avait été une muraille impénétrable. La perte de ces remparts végétaux avaient bien plus ébranlé la ville que ce à quoi Sasuke s’était attendu, et pour la première fois, il prit conscience que cette citée n’était définitivement pas un village ninja à part entière : les soldats, au final n’y représentaient qu’une petite minorité des habitants. Une fois l’urgence de l’incendie dépassé, le reste de la population civile s’était déversée dans les rues en grands mouvements de panique que les forces de l’ordre avaient le plus grand mal à contenir.

Quoi de plus naturel au fond : aucune de ces personnes n’avait été formée à ce genre de situation, et pour couronner le tout, Nokiana n’avait pas dû subir d’attaque depuis plusieurs centaines d’années. Le village était trop bien caché aux yeux d’éventuels envahisseurs. Voire leurs défenses jugées infranchissables réduites à néant devaient être hautement traumatisant pour tous ces gens.

C’est ainsi que, trop occupés à maintenir la foule, les gardes ne prêtèrent aucune attention à la silhouette du cadet Uchiwa qui se faufila dans la cité avec une facilitée quasi navrante.

Sasuke ne pensa pourtant pas un seul instant à s’en plaindre : il y avait bien assez de choses qu’il ne maîtrisait pas depuis deux jours sans qu’il cherche à en rajouter. Tout, ici, semblait de plus en plus complexe, à commencer par la présence de Sakura qui, au lieu d’attendre sagement à Konoha qu’il l’invoque, s’était assez mêlée de cette affaire pour se retrouver assommée on ne sait où. Et voilà que Kakashi apparaissait de nulle part ! Non, décidément, les autorités de Konoha devaient être bien plus profondément liées à tout ça que ce qu’on avait bien voulu lui faire croire !

Pour couronner le tout, il apprenait que tout ce qu’il avait pu mettre en œuvre, de la manipulation d’Akiko à l’invocation de sa coéquipière, en passant par la désactivation minutieuse des pièges, tout ça ne lui avait rapporté qu’un faux corps, simple imitation vide de vie. Retour à la case départ.

Frustré, nageant bien malgré lui en pleine incompréhension et légèrement endolori par le manque de sommeil, c’est néanmoins un Sasuke à l’air convaincu qui se dirigea droit vers la tour du village.

 

***

 

Abandonnée dan un coin désert, entre un rocher et un tas de mousse humide, Karin fulminait. Ce salop allait le lui payer ! Chevilles et poignets fermement retenus par de larges cordes, la jeune fille regardait avait un sentiment d’angoisse mêlé de haine le soleil qui poursuivait sa route dans le ciel. Plus que quelques heures avant le moment fatidique, et elle, elle se retrouvait bêtement séquestrée ici alors qu’Ichiro devait plus que jamais avoir besoin d’elle. Si les plans échouaient à cause de ça, que l’Akatsuki s’emparait de son Sasuke, elle ne pourrait jamais se le pardonner ! Tout ça à cause de cet épouvantail sur pattes qui lui avait fait baisser sa garde, l’espace d’un instant…

Aucune chance qu’elle laisse faire sans réagir ! Depuis plus d’une heure déjà, elle coulissait frénétiquement ses poignets dans leur étau. Les cordes, nouées avec un professionnalisme sans failles, ne s’étaient pourtant pas desserrées d’un millimètre. Aucune importance : ce n’est pas ce qu’elle cherchait à faire. A force de friction, sa peau s’était enflammée, creusée, puis fissurée. De larges plaies peu profondes striaient désormais ses poignets, et les liens étaient devenus poisseux de sang. Au fur et à mesure ils devenaient plus glissants, au point de finir par tomber par terre.

Satisfaite, la jeune femme, se massa un instant les avants bras avant de défaire d’un geste expert les entraves de ses chevilles. Enfin complètement libre, elle se situa d’un coup d’œil rapide autour d’elle, hésita un instant, puis pris sa décision. Elle allait retrouver son adversaire, et cette fois elle lui mettrait une raclée en bon et dû forme ! Après tout, chasser les intrus n’était-il pas la consigne de base d’Ichiro ?

Confiante, elle s’élança par bons élégants sous le couvert des arbres.

 

***

 

Il s’était agenouillé à une vingtaine de centimètres du canapé, et s’y était tenu immobile, à le dévorer des yeux, pendant un temps qui lui paru éternel. Puis il s’était énervé de ne pas voir la totalité de son magnifique visage. Sans réfléchir, il s’était déplacé vers la tête du meuble, juste à côté de la chevelure blonde. D’ici, il avait une vue imprenable, et il avait pu détailler religieusement le moindre détail de son grain de peau.

Au bout d’un moment, il avait délicatement soulevé un coin de couverture, avant de le tirer jusqu’aux épaules de son adoré, toujours en prenant soin de ne même pas effleurer la chair divine. Penché au dessus des traits angéliques, il fut pourtant pris d’une fulgurante envie de remettre à sa place une insolente petite mèche or qui avait eu l’audace de glisser de derrière son oreille. Ce n’était pas pour lui-même ! Se répétait-il. C’est pour que Kyuubi-sama ne soit pas dérangé par ce genre de broutilles. Doucement, retenant son souffle comme s’il allait être pris la main dans le sac en plein blasphème, il saisit les cheveux récalcitrants. Un frisson électrique secoua son échine. Il dut fermer les yeux et inspirer un grand coup pour poursuivre la manœuvre, tant sa main tremblait.

Peut-être retira-t-il sa main un peu trop vite ? Où l’illusion d’Itashi était-elle devenue moins puissante ? Peut-être les deux à la fois, qui sait ? Toujours est-il que sous ses yeux, ébahis et ravis, deux paupières hâlées venaient de faire place à des orbes d’un rouge profond.

 

       ***

 

Il se sentait si… libre !

Lorsqu’il avait ouvert les yeux, Kyuubi n’avait même pas prêté attention aux deux yeux larmoyants qui le fixaient avec adoration. Toute sa conscience avait été exclusivement tournée vers un seul fait : il n’avait plus de médaillon, et il avait de nouveau les commandes du corps. Il était LIBRE !

Oh, bien sûr, il était loin d’être dans toute sa splendeur : son chakra, qu’on disait pourtant infini, avait pris un sacré coup de vieux, et il était tout bonnement incapable d’utiliser plus d’un dixième de son pouvoir. Mais cela n’était plus qu’une question de temps avant de récupérer ses pleines capacités.

Ce qu’il n’avait par contre pas, mais alors pas du tout prévu, c’est que son fidèle et dévoué jouet n’avait aucune intention de le laisser s’exposer aux dangers de l’extérieur…