Chapitre 35

par Sermina

Chapitre 35 :

 

Non, ce n’était pas possible : il était maudit. Comme si cet enfoiré d’Uchiwa ne suffisait pas pour faire capoter ses plans, voilà que l’Akatsuki avait eu l’envie de venir plus tôt pour voir si tout se passait bien… ou les connaissant, s’il ne mijotait pas quelque chose. Etrangement sa haine envers Sasuke grandissait doucement en lui. Il en était sûr, l’Akatsuki ne se serait pas exposé aussi tôt avant midi s’ils n’avaient pas vu l’incendie. Pour les avoir longtemps « pourchassés », Ichiro savait pertinemment qu’un ou plusieurs membres de l’organisation « lune rouge » auraient pointé le bout de leur nez avant l’heure fatidique. Oui, une heure avant. Pas maintenant, alors que le soleil matinal commençait à peine son ascension.

-  Faites-les patienter dans mon bureau et dîtes leur que j’arrive dans quelques minutes.

Le garde se contenta se s’incliner légèrement devant son supérieur avant de sortir du bâtiment. A nouveau seul, Ichiro reprit son chemin vers les sous-sols de la bâtisse alors que son cerveau essayait de trouver une solution pour gérer tous les obstacles qui s’étaient mis sur son chemin.  Cependant, ces pas ralentirent peu à peu. Il le savait, tant qu’Akiko serait sous l’emprise de Sasuke, il ne pourrait rien faire… un étrange sourire illumina son visage alors que d’un mouvement il fit demi-tour, revenant à la surface. Au final, il allait peut-être pouvoir se servir de tous ces imprévus…


Sasuke resta perplexe devant l’apparition de la jeune fille à terre. A peine avait-il vu le corps que tous ses sens s’étaient mis en alerte faisant apparaître son don héréditaire au fond de ses prunelles. La seconde suivante, il poussa un léger soupir de soulagement en repérant des signes de vie et aucune blessure grave sur le corps de sa coéquipière. Cependant alors qu’il examinait un peu mieux le corps, des traces de terres, de boues et du noir de suie sur ses vêtements éveillèrent sa méfiance. Elle devait être en mission avant qu’il ne l’invoque. Un léger froncement de sourcils fut le seul signe d’agacement visible de l’Uchiwa.

Sasuke jeta alors un œil sur son « allier », qui ne semblait pas vouloir lâcher du regard le corps de l’Uzumaki. Ses iris reflétaient tout l’amour et toute la peine qu’il éprouvait de voir le corps de son « obsession » à terre.

Elle doit désactiver les quatre pierres de chakra qui se trouve de chaque côtés de la pièce, expliqua-t-il sur le ton de la confidence, les yeux toujours posés sur le blond… mais pour cela, il faut qu’elle soit éveillée, conclut-il en gémissant à nouveau.

Là, cela devenait encore plus compliqué. Pourtant un minuscule sourire apparut sur ses lèvres. Naruto était loin d’être sorti d’affaire mais sa vie ne semblait pas en danger immédiat. Le corps de Naruto était propre sans aucune blessure visible et le pendentif posé sur son torse semblait être lié au chakra de son porteur sans pour autant essayé de lui voler son énergie. Son regard dévia à nouveau vers la personne à ses côtés. Son idiot d’équipier était peut-être bloqué dans ce piège, mais lui aussi un avantage non négligeable sur son adversaire.

-   Comment doit-elle faire ?

Elle doit introduire son chakra tout en signant : tigre, serpent, bélier et tigre, débita Akiko tel un automate.

 A peine avait-il finit sa phrase que l’Uchiwa se retrouva derrière sa victime avant de lui assigner une tape sur sa nuque. Le jeune homme assujetti s’écroula alors doucement dans les bras de son agresseur qui le déposa au sol. L’Uchiwa fouilla à nouveau dans son sac d’armes, récupérant un parchemin sur lequel il retranscrit les directives de sa victime avant d’envoyer le parchemin au centre de la pièce qui se retrouva aux côtés de la jeune fille inconsciente. Puis, dans un mouvement lent, il récupéra le corps qu’il prit dans les bras tout en se dirigeant vers une des salles attenantes par laquelle il avait dû passer pour venir jusque-là


Itachi faisait les cent pas dans une petite salle attenante au bureau du chef des armées. Devant lui, le véritable corps de Naruto était couché sur un canapé laissant apercevoir le visage serein et heureux du jeune endormi.

Quelques heures auparavant alors qu’il avait réussi à retirer le pendentif depuis quelques minutes de l’Uzumaki, un homme avait pénétré dans la pièce avec une copie parfaite du blond dans ses bras. Un autre homme que l’Uchiwa reconnu comme son « créateur » avait suivi le premier avant de se précipiter sur le bijou que le brun tenait négligemment à la main. Il avait alors assisté passivement à un étrange spectacle.  Avec des gestes minutieux et sans prononcer un seul mot, le premier homme à avoir pénétré dans la pièce avait repoussé le véritable corps de Naruto avant de déposer la copie conforme à sa place. Entre temps, le scientifique s’était empressé de retirer le cœur du pendentif se trouvant être une magnifique pierre d’où brillait une lumière orangée avant de le placer au sein d’une réplique quasi-parfaite du bijou. Une fois cela fait, il s’était empressé à poser le pendentif nouvellement constitué sur le torse du clone qui s’était enfoncé doucement sur la peau halé.

Vous avez fait du bon travail, Uchiwa-san. Maintenant, tout est en place. On va pouvoir régénérer les sources de chakra sans pour autant impliquer ce jeune homme, commenta le scientifique tout en arrangeant un peu mieux le corps au centre de la salle. A présent, nous devons quitter la pièce, avait-il conclu en se relevant.

Itachi avait suivi docilement son « créateur » qui s’était déjà enfoncé dans le dédalle des couloirs du souterrain. Cependant, avant de quitter définitivement la pièce, Itachi avait pu apercevoir le deuxième homme effectuer quelques signes et déposer un sceau : un piège.

Itachi changea à nouveau de direction. Cela faisait à présent bien deux heures qu’on l’avait fait venir ici en lui expliquant qu’Ichiro allait venir les voir et il commençait sérieusement à s’impatienter. Au départ, il avait eu envie d’interroger l’homme mais en vue de ce qu’il avait dit quelques minutes auparavant, Itachi en avait déduit qu’Ichiro ne lui avait pas révélé la vérité sur les perturbations d’énergie. Il jeta alors un regard contrarié sur le corps face à lui. Il savait qu’à présent, seule la présence de son véritable frère pourrait pénétrer dans les rêves de l’Uzumaki. Lors de sa dernière visite où il avait réussi à ramener quelques secondes le jeune homme, Itachi avait aussitôt compris. Le seul moyen pour qu’il accepte de revenir à la réalité était son frère. Son frère, dont il n’avait d’ailleurs aucune nouvelle puisqu’Ichiro n’avait toujours pas pris la peine de venir le voir.

Cependant alors qu’il allait à nouveau faire demi-tour, il stoppa net ses mouvements. Aux bruits qu’il entendait, il devina que la porte du bureau de la pièce attenante à la sienne venait de s’ouvrir laissant entrer plusieurs personnes.

Ichiro vous prie de l’excuser mais il devait régler un détail. Il ne devrait pas tarder, entendit vaguement Itachi.

D’un pas lent, il se rapprocha de la porte liant les deux bureaux.

Nous avons fait un long voyage, nous n’aimerions pas attendre éternellement, expliqua une voix de femme qu’Itachi ne connaissait que trop bien.

« Konan ».

Ne vous inquiétez pas, il ser

Chère cousine, c’est un plaisir de vous revoir, interrompit une voix enjouée.

« Cousine ? »

Itachi resta un instant interdit. L’Akatsuki n’aurait dû arriver au village qu’un peu avant midi.

Il entendit alors le garde quitter la salle pour laisser plus d’intimité à la famille de son supérieur. L’Uchiwa se colla un peu plus à la porte. Konan n’était pas seule et les deux autres personnes qui l’accompagnaient n’annonçaient rien de bon. Le chef de l’organisation ne s’était pas déplacé en personne, ce qui était mauvais signe lorsqu’on le connaissait bien. En cet instant, Itachi était prêt à parier que Tobi était déjà dans le village, dissimulé derrière une apparence anodine à fureter un peu partout…


Kakashi était à présent à une bonne quinzaine de kilomètres du village de Nokiana, assis dans une petite grotte où reposait non loin de lui, le corps d’une jeune femme.

Lorsque qu’une heure plus tôt, il avait « lancé son attaque » il ne s’était pas attendu à ce que cela prenne autant au dépourvu son adversaire. Mais pour le coup, il était assez fier de lui et cela même si l’idée de base ne venait pas véritablement de lui, puisqu’il l’avait pioché dans une de ces lectures favorites. On ne le disait pas assez mais « Le paradis du batifolage » était une source de techniques d’attaque digne de Naruto : aussi excentrique qu’imprévisible.

Kakashi posa un instant son regard sur son otage. Même, s’il avait lancé cette phrase sans autre pensée que déstabiliser son adversaire, il devait avouer que sous son air intello que lui octroyaient ces lunettes rondes et son visage pâle criant l’innocence qu’elle n’avait pourtant plus, elle était plutôt mignonne.

Ses yeux laissèrent un instant le corps endormi de la jeune fille pour se tourner vers le document qu’il avait entre les mains. Après qu’il ait profité de l’ouverture de son adversaire pour prendre le dessus avant qu’elle ne sorte l’artillerie lourde, Pakun était apparu devant lui pour lui transmettre un message. Les quelques lignes qu’il lisait lui demandaient de ne pas pénétrer au sein du village. Après tout, il était vrai que lorsque ses chiens avaient sentis l’odeur du sang de Sasuke, il était allé voir l’Hokage et cette dernière lui avait donné l’ordre de vérifier qu’il était toujours en vie. Sans lui donner d’autres indications. Alors certes, il n’avait pas pu vérifier de ces yeux que son ancien élève était toujours vivant, cependant la trace de sang retrouvée sur ce tronc d’arbre ainsi que l’absence de liquide rougeâtre dans les environs, ne laissait en rien supposer que Sasuke était en danger immédiat. Il avait d’ailleurs très vite compris que l’Hokage ne voulait pas vraiment qu’un autre ninja de Konoha n’intervienne.

Son regard se posa sur les dernières lignes du message. Une fois sa mission finie, il devait rentrer à Konoha. Toutefois, un étrange pressentiment le poussait à rester pas très loin de ce petit village inconnu mais très bien dissimulé derrière ses murs de végétations. Un profond soupir s’échappa de ses lèvres alors que ses prunelles se tournèrent à nouveau vers le corps endormi à ces côtés. Il savait qu’il faisait sans doute une énorme connerie mais il n’arrivait pas à se décider à laisser ses deux anciens élèves se débrouiller tous seuls.  Il obéirait à l’ordre écrit en ne pénétrant pas dans le village mais il ne rentrerait pas de suite : sa mission n’était pas terminée.


Ils étaient trois et avaient abandonné leur cape rouge et noire qui les caractérisait pour des vêtements plus discrets. Il y avant Konan, Pein et Kisame. Il n’avait jamais rencontré aucun de ces trois-là, cependant pour les avoir suivi, pourchassé et étudié, Ichiro ne les connaissait que trop bien. Toutefois, il devait la jouer différemment en cet instant. Quelques semaines plus tôt, il avait seulement rencontré le chef de l’organisation Tobi. Eux, il n’était pas censé les connaître.

En vue du contexte actuel et du fait que ma seule cousine toujours en vie est une vieille cruche datant de la préhistoire, je suppose que vous devez être des membres de l’Akatsuki.

Il vit un fin sourire s’étirer sur les lèvres de la jeune fille.

En effet, Ichiro-san.

J’avais convenu avec un de vos hommes que je ne serais en position de vous donner ce que vous voulez qu’à midi.

Le « vos hommes » eut l’effet escompté. Ichiro savait que s’il ne les connaissait pas, la logique que toute personne en aurait déduite était que la première personne à l’avoir contacté était un homme de main alors que la jeune femme se faisant passer, en cet instant, pour sa cousine devait être la dirigeante de l’organisation ou du moins un membre haut placé.

En effet, se contenta de répondre Konan. Mais nous voulions savoir où vous en étiez et si tout se passait bien.

Il aurait dû s’en douter. Il aurait même dû le prévoir. Mais voilà, les différents problèmes qui lui étaient tombé dessus l’avaient tellement accaparé que sa méfiance envers la « lune rouge » était passée au second plan. Pourtant à présent, il était vraiment enchanté que trois des membres de l’Akatsuki se retrouvent dans son bureau.

Mais en cet instant, Konan semblait attendre une réponse.

Tout se passait bien jusqu’à l’arrivée hier en début de soirée d’un intrus.

Les sourcils des trois personnes se froncèrent.

-  J’ai essayé de l’arrêter mais j’avais sous-estimé sa puissance et maintenant, il a réussi à hypnotiser une personne bien trop importante pour le village pour que je ne puisse l’attaquer de front, expliqua Ichiro avec toute la rage d’impuissance possible dans sa voix.

Un silence répondit à cette phrase alors que le chef des armées de Nokiana venait se déplacer vers la fenêtre de la pièce, tournant le dos à ses hôtes.

Qui est cet intrus?

Uchiwa Sasuke, soupira las le jeune homme.

Alors qu’Ichiro regardait à travers la vitre, il sentit une légère agitation derrière lui. Doucement, un micro sourire se dessina sur son visage pour disparaître aussitôt.

Que veut-il ?

Il veut récupérer le jinchuriki, répondit-il tel un automate.

Un autre silence s’installa alors qu’Ichiro entendit quelques chuchotements derrière lui. Il finit par se retourner.

Je suis désolé mais je vais devoir vous laisser. J’ai une réunion avec mon Kage pour recevoir les directives au sujet de ce problème.

Nous pourrions peut-être vous aider à vous en débarrasser. J’ai longtemps connu son frère, je sais comment fonctionne ses yeux, lui répondit alors Kisame.

Ichiro se permit un sourire jubilatoire en son for intérieur. Au final, cela avait presqu’était trop facile. Il ne s’attendait pas à ce qu’ils se décident de suite. Oh oui, ils allaient l’aider à se débarrasser de cet enfoiré qui avait osé toucher à son protégé mais ils allaient eux aussi en pâtir…


Dans la pièce attenante au bureau du chef des armées, un homme s’était complètement pétrifié à l’écoute de cette conversation alors qu’une rage sans nom commençait à se lire au fond de ses prunelles.

Ils avaient fait un marcher. Il ne devait faire de mal ni à Naruto, ni à son frère. D’un pas silencieux, il s’écarta de la porte pour se diriger vers la sortie sans un bruit. Foi d’Uchiwa, cela ne se passerait pas comme ça.