Chapitre 34

par azerty

Auteur : Sermina (chapitres impairs) Azerty (chapitres pairs)

Beta lectrice : Sermina et Azerty

Genre : Drame

Disclaimer : Non, on ne se fait pas d'argent sur le dos de Masashi Kishimoto, les personnages de Naruto lui appartiennent ainsi.

 

 

Chapitre 34

 

Le sous-sol de la tour de Nokiana était un des plus grands chef-d’œuvres du village. Construit deux siècles auparavant par un jeune architecte dont le talant était devenu légendaire, il contribuait pour beaucoup à la maîtrise des habitants sur les flux de chakras. Tout, dans l’agencement des couloirs, était étudié pour amplifier et canaliser l’énergie, avant de la redistribuer dans toute la ville. Par contre, s’y orienter était un vrai casse-tête, et les constructeurs auraient-ils cherché à concevoir un labyrinthe qu’ils n’auraient pas pu faire mieux. Et c’est pour ces deux raisons qu’Ichiro avait choisi le centre de ce dédale pour point de rencontre avec l’Akatsuki.

Tout aurait dû être parfait : il avait dit aux villageois qu’il y prélèverait en toute sécurité le chakra de « leur sauveur, généreusement délégué par Konocha », en oubliant cependant de préciser le fait que le démon n’était pas sensé survivre à l’opération. A l’Akatsuki, il avait révélé que c’était le seul endroit où il pouvait extraire l’intégralité du chakra du démon, comme ils l’exigeaient. Ce lieu discret était également parfait pour leur échange. Mais la seule et unique vérité, c’est qu’il n’avait jamais eu confiance en eux, et qu’au cas où ils auraient pris le démon avant de refuser de rétablir les flux de chakras en échange, Ichiro leur aurait réservé une petite surprise : la tour avait été dotée, dès sa construction, d’un système de démolition global, pour faciliter sa reconstruction dès qu’elle serait trop vétuste. Ichiro n’envisageait ni plus ni moins que d’évacuer la tour avant l’arrivée de l’Akatsuki, et de tout faire exploser à la moindre trace de trahison de leur part. Bien sûr, cette solution n’arrangeait rien à leurs problèmes de chakra, puisque les responsables emmèneraient leur secret dans la tombe, et lui-même devait y perdre la vie. Mais au moins aurait-il empêché ces hors-la-loi de nuire.

Cependant, l’arrivée d’un allier imprévu avait singulièrement fait pencher la balance en sa faveur : le plan qu’ils avaient monté, Itashi et lui, ne prévoyait plus de donner ce qu’ils voulaient aux membres de l’Akatsuki. Grâce à l’ascendant des Uchiwa sur Kyuubi et sur l’esprit humain en général, à la capacité du pendentif de contenir une grande partie du chakra du démon et au chakra déjà prélevé, l’artisan qui avait créé le nouveau corps d’Itashi avait pu façonner un faux Naruto Uzumaki, enveloppe vide et inconsciente mais auréolé d’énergie démoniaque. Ichiro n’avait plus eu qu’à placer une centaine de pièges autour de l’appât, histoire d’être sûr de coincer les maîtres chanteurs une bonne fois pour toute. Les précieuses informations que lui avait fournis Itashi sur les capacités de chacun lui avaient permis de créer des parades pour chacun d’eux, les réduisant tous à l’impuissance. Une fois dans ses filets, ces derniers auraient été bien obligés de cesser leurs embargo sur le chakra en échange d’un bout de pain ranci et d’un verre d’eau croupie. Le jeune commandant en s’en délectait d’avance !

Pour finir, une fois le village sauvé et les flux de chakra revenus à la normale, il aurait rendu le Kyuubi en pleine santé à Konoha, accompagné des membres de l’Akatsuki au grand complet, fermement ligotés, avec un petit papier cadeau à fleurs. Quoi de mieux pour faire une entrée triomphale au grand jour et gagner le respect des cités ninjas ?

Oui mais voilà : un petit insecte particulièrement agaçant connu sous le nom de Sasuke Uchiwa avait commencé à ronger minutieusement les basses de son plan. Et non contant d’avoir déjoué sa vigilance, saccagé sa ville et enrôlé son plus cher ami, voilà qu’Ichiro découvrait avec une rage croissante que ce salopiau avait pris un malin plaisir à désactiver tous ses pièges ! Les mâchoires serrées et le regard ivre de colère l’homme s’enfonça plus profondément dans les entrailles de la tour.

*******

 

Le pion s’était avéré plus utile que prévu. Retrouver son chemin dans le dédale de souterrain était certes à la hauteur des capacités d’un ninja tel que Sasuke, mais avoir un guide lui faisait gagner un temps précieux. Et plus des problèmes d’orientation, cet Akiko lui épargnait tous les pièges habillement dissimulés sur les huit cents derniers mètres du parcourt. L’Uchiwa aurait préféré s’arracher les yeux que de s’avouer à lui-même qu’il ne les avait pas vus, toujours est-il qu’il n’aurait pas pu les désactiver seul. Son « coéquipier » provisoire avait une connaissance parfaite des techniques de son village, et il n’aurait été guère surprenant qu’il connaisse en personne celui qui avait posé tout cela. Alors oui : le pion était d’une aide insoupçonnée.

Oui mais voilà : le pion avait été suivi. Irrité par la présence qu’il sentait grandissante derrière eux, Sasuke stoppa sa progression et se retourna, sharingan enclenchés. Dans la seconde qui suivit, une haute silhouette franchissait la dernière intersection et s’immobilisait à leur vue, en position de combat. Puissant, évalua l’Uchiwa d’un seul regard. Et bien entraîné, si on en jugeait par sa posture étudiée au millimètre prêt. Autant dire qu’il mettrait un peu de temps à le battre (notons que l’option « perdre » n’effleura même pas son esprit). Sauf que Sasuke n’avait pas de temps à gaspiller pour lui. Pas de combat direct donc. Visons plutôt où ça fait mal.

- Vous en avez mis du temps. Vous comptiez attendre qu’on ait désactivé tout votre système de sécurité ?

Les points du nouveau venu se crispèrent si fort que ses jointures blanchirent.

- La ferme, Uchiwa (une personne outre que Sasuke aurait tiqué de se voir ainsi démasqué, mais lui garda son impassibilité légendaire).

-Si vous savez qui je suis, vous vous doutez sûrement de ce que je suis venu chercher.

-Cette affaire te dépasse, gamin. Rentre chez toi avant que ton Hokage ne te fasse condamner pour entrave à une mission de rand S.

Voilà qui confirmait ce dont il se doutait déjà : si jamais Naruto mourrait ici, il devrait non seulement décimer ce village mais aussi les traitres Tsunade et Kakashi. La seule question qu’il n’avait pas encore tranchée était la manière dont il se suiciderait une fois son coéquipier vengé…

Heureusement il lui restait encore une chance de plonger son regard dans celui de sa raison de vivre, et il venait de repérer un détail qui allait jouer en sa faveur… Derrière lui, Akiko ne leur avait pas prêté la moindre attention, appliqué à désamorcer un piège en murmurants d’imperceptibles « Kyuubi-sama ». Et pendant leur bref dialogue, l’intrus n’avait pas cessé de lui jeter des oeillades inquiètes, alimentant une rage grandissante. Oui, son instinct lui criait qu’il y avait quelque chose à tirer de ça.

- Akiko ! Lança-t-il d’une voix forte sans quitter son adversaire des yeux.

Le jeune homme ne releva même pas la tête, obnubilé par sa tâche.

-Akiko, Kyuubi-sama t’a appelé.

La réaction fut immédiate : le pion se releva d’un bond et parcouru le couloir avec fascination.

-Il t’attend, il est là.

Et sans plus de précaution, le garçon se précipita vers la zone désignée… zone non déminée et encore recouverte d’un piège potentiellement mortel.

-NON !

Ichiro s’était propulsé en avant de toute la force de ses muscles, traversant le couloir en un dixième de seconde. Il attrapa l’épaule de son précieux ami à l’instant même où il allait poser le pied sur la limite. Il le tira si brusquement en arrière qu’Akiko s’écroula sur le sol, hors de danger. Son propre élan ne lui permit pas d’avoir cette chance : chancelant, il s’écroula vers l’avant, plongeant littéralement dans son propre piège. S’il ne l’avait pas lui-même posé et ne le connaissait pas aussi bien, le jeune comandant serait mort sur le coup. Le piège le plaqua cependant à terre, paralysé par une force de gravité multipliée par dix.

-Je crois que je me suis trompé, déclara Sasuke d’un ton calme. Kyuubi-sama est plus loin, il faut encore avancer.

Et son pion s’exécuta, reprenant la marche sans un seul regard pour son supérieur neutralisé. Sasuke se laissa légèrement distancer, puis s’accroupi près de sa victime, plongeant son regard rouge strié de noir dans le sien. Cette réaction, à l’instant, lui rappelait étrangement celle qu’il avait lui-même eut, une éternité plus tôt, dans la prison de glace de Haku.

- Je crois (et un semblant de sourire sarcastique étira un coin de ses lèvres) Non, je suis sûr. Je suis sûr que tu aimes cet idiot au moins autant que j’aime le mien. Or tu n’as pas hésité quand il était question de faire de mal à Naruto, n’est-ce-pas ?

Et un sourire malsain étira cette fois complètement sa bouche, comme une promesse de mauvaise augure.

-Salop ! Hurla l’homme à terre. Si tu touches à un seul de ses cheveux, je te jure que…

Mais Sasuke était déjà parti, insensible à ses menaces.

 

Il lui valut plus d’une heure et tous les talents de son acolyte de fortune pour franchir les dernières barrières. Et après ce qui avait semblé une éternité, tous deux entrèrent enfin dans une immense pièce circulaire, au plafond voûté, et intégralement recouverte de symboles étranges. En son centre reposait un corps inconscient, le visage enfuit sous une cascade de cheveux blonds. Sur son torse nu luisait un pendentif étrange, qui semblait palpiter et baigner toute la salle d’une énergie orangée.

Naruto, pensa le jeune Uchiwa, et il dût mettre toute sa volonté pour ne pas se précipiter vers lui.

-Kyuubi-sama !

Akiko détailla la salle avec un air de si profond désespoir que même Sasuke s’inquiéta.

-Je ne peux pas désactiver le dernier piège ! Gémit le jeune homme. Il faudrait pouvoir envoyer quelqu’un à l’intérieur.

-Je pense pouvoir arranger ça, rétorqua son compagnon.

Sans plus d’explication, il saisit un morceau de parchemin dans son compartiment à armes, et griffonna un symbole dessus. Puis il s’empressa de le jeter au centre du piège avant d’effectuer rapidement une série de gestes. La seconde d’après, une jeune femme aux cheveux fluo apparaissait en lieu et place du parchemin, une bague luisant au doigt. Ce qu’il n’était pas prévu par contre, c’est que la dite jeune femme était on ne peut plus inconsciente…

 

***

 

C’était officiel : Itashi ou pas, il allait le tuer ! Dès qu’il était parvenu, au prix d’une épuisante technique, à se libérer de son propre piège, Ichiro avait dû user de tout son self-control pour ne pas se précipiter à la suite de ce petit fumier : seul, il ne risquait que de mettre Akiko en danger, cet enfoiré d’Uchiwa ayant parfaitement compris qu’il faisait un bon otage. Non, il lui fallait des renforts. Dehors, le soleil s’était déjà levé depuis près de deux heures, et il ne lui restait pas un instant à perdre. Il sortait à peine des souterrains qu’un garde l’interpella, hors d’haleine.

- Ichiro-sama ! Un message !

-Je n’ai pas le temps !

-Elle a dit que c’était urgent monsieur !

-Elle ?

Karin avait peut-être du nouveau ? Enfin une bonne nouvelle.

-Oui monsieur : elle. Votre cousine. Elle dit qu’elle et ses amis ont changés d’avis, qu’ils veulent aussi assister aux préparatifs du spectacle, pour vérifier que tout va bien.

-Ma seule cousine est une vieille femme baveuse de soixante-dix ans qui vend des haricots à deux cent kilomètres d’ici.

-Mais pourtant… la jeune femme avec les cheveux bleus et les fleurs en papier, elle a dit…

Le commandant perdit instantanément toute couleur.

-Quand cette… ma cousine et ses amis viendront-ils ?

-Mais monsieur, ils sont déjà là !

A cet instant précis, le sang d’Ichiro cessa de circuler.