Chapitre 15

par Sermina

 

Chapitre 15 :

 

Ce fut d’un bond, suant de toute part qu’un jeune blond se réveilla en sursaut. Encore encré dans les derniers souvenirs de son rêv… cauchemars, le jeune homme dut prendre quelques minutes avant de rassembler ses idées et de comprendre où il se trouvait. En moins de deux secondes son expression était redevenue aussi neutre et fermée qu’avant sa petite sieste qui s’était éternisée. Cependant un bon observateur pouvait quand même apercevoir au fond de ses prunelles, une lueur agacée et légèrement tremblante. D’un mouvement un peu trop brusque, il fit voler une de ses mèches qui était venue se coller sur son front en sueur. Son regard couleur feu fendu fixait la vitre face à lui.  La nuit était tombée depuis quelques heures déjà apparemment…

Il n’aimait pas du tout ça. Pourquoi ces souvenirs revenaient faire surface maintenant ? Pourquoi juste après les révélations de sa victime sur sa sœur ? Simple coïncidence ? Non. Cela faisait un moment que Kyuubi n’y croyait plus. Il avait vécu trop de choses pour ne pas savoir que chaque mouvement, chaque décision, chaque mot engendrait toujours des conséquences plus ou moins importantes. Les souvenirs tragiques d’Akiko avaient fait, en quelque sorte, ressurgir ses propres démons. Il finit par s’insulter mentalement tout en grommelant dans sa barbe et en repoussant d’un geste brusque sa couverture. Ses jambes tremblèrent légèrement lorsqu’il posa ses pieds au sol alors que la dernière image d’une jeune fille au visage pale souillée par une sombre couleur écarlate se dessina dans un flash devant ses yeux. D’un geste rageur, il secoua sa tête. Contrairement à ce que pensaient ces insignifiantes fourmis, même les démons avaient un cœur et il se détestait, après ce qu’il avait vécu, de ne pouvoir toujours pas avoir un total contrôle sur ce dernier. C’était du passé. Un passé révolu et qu’il savait qu’il ne pourrait jamais changer. La seule leçon à retenir de ces évènements était de ne jamais faire confiance en la race humaine. Plus jamais. Son regard se para d’une lueur de jubilation et de fureur alors que son imagination se plaisait à tourner une dizaine de scénarios différents où sous ses crocs, il entendait avec ravissement le craquement aigu des os broyés dans sa gueule. Il ne ferait pas la même erreur une troisième fois. Un sourire démoniaque se forma sur son visage alors qu’il reprenait avec délectation son expression favorite. Ils allaient tous mourir !

 

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La lune s’immisçait doucement par la fenêtre d’une chambre au premier étage. La pénombre de la pièce laissait à peine apercevoir deux corps couchés l’un contre l’autre. Le silence régnait en maître laissant à penser que les deux jeunes gens dormaient à poing fermé. Pourtant dans le noir impénétrable au fond de la pièce, deux yeux rouge sang fixaient avec calme la fenêtre. Nu avec juste un drap recouvrant le bas de son corps, couché sur le dos, sa tête reposant sur l’oreiller, un visage posé contre sa poitrine, un bras derrière sa tête et l’autre entourant le corps frêle mais encore chaud de leur dernière étreinte, Sasuke repensait à la fin de journée qui avait suivi son entrevue avec son ancienne partenaire.

L’arrivée de Karin dans cette histoire avait été une aubaine en fin de compte, il ne lui avait fallut que quelques secondes pour comprendre qu’elle serait un atout de plus pour le reste des évènements, c’est pourquoi il avait sauté sur l’occasion, exploitant la plus grande faiblesse de son ancienne coéquipière : l’attirance et l’amour qu’elle avait pour lui. Une légère moue se dessina sur ses lèvres au souvenir du premier baiser. Il avait pris cela comme une mission rien de plus et puis il fallait avouer qu’elle était plutôt mignonne la jeune demoiselle. Pourtant juste avant de se lancer, il y avait eu cette petite hésitation ou plutôt un certain visage qui s’était doucement superposé à celui de la jeune demoiselle qu’il avait face à lui pour disparaitre aussitôt. Il ferma les yeux d’un brusque mouvement alors que sous la tension de son esprit ses muscles se tendirent faisant légèrement bouger le jeune corps dénudé à ses côtés dans un petit gémissement plaintif. Quelques secondes passèrent avant que le jeune homme ne rouvre à nouveau ses yeux. Son regard se perdit un instant sur le plafond blanc de la chambre d’hôtel avant de glisser sur le visage de la jeune femme qui partageait son lit. Il ne pouvait pas le nier. Sans ses petites lunettes ovales et noires, le visage paisible et souriant, elle était très belle. Vraiment très belle. Physiquement elle lui ressemblait. Même couleur d’yeux, même peau pale, même souffrance au fond du regard, même masque sur son visage masquant les blessures du passé. Le jeune homme soupira doucement. Durant un instant un sentiment de culpabilité s’initia en lui pour disparaître aussitôt que l’image de son coéquipier vint se dessiner devant ses yeux. Il devait penser à lui. Il devait le sauver. Il devait y arriver… cette fois. Ses paupières se refermèrent alors qu’il se força à plonger dans un sommeil léger mais réparateur. Il allait avoir une longue journée demain, il devait reprendre des forces. Ses muscles se détendirent doucement alors que peu à peu son esprit se vidait de toutes pensées.

 

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Le soleil se leva doucement au sein de ce petit village caché aux yeux de tous. De l’intérieur, rien ne semblait le différencier des autres, les quelques boutiques ouvraient avec calme leurs devantures alors que les premiers enfants courraient déjà dans les ruelles. Les oiseaux chantaient à tut tête en ce début de printemps sur la cime des nombreux arbres éparpillés au quatre coin du lieu. Oui, rien si ce n’était l’étrange monument qui se trouvait sur la grande place ou encore les murs ressemblant à s’y méprendre à un amas de verdure infranchissable. Cependant tout semblait baigner dans la joie et le calme. Les jeunes riaient, les adultes souriaient alors que les plus âgés se contentaient de poser leurs yeux remplis de bonheur autour d’eux. Pourtant au sein du plus grand bâtiment du village, trois personnes étaient réunis dans une petite pièce sombre d’où émanait une aura de colère et d’agacement certain. La première de ces personnes portait un étrange accoutrement que l’on voyait de temps en temps porté par diverses personnes au sein de Nokiana. Son visage était baissé et son corps figé semblant attendre le terrible châtiment qui allait choir sur lui d’ici quelques secondes…

     Je suis navré, nous avons… commença-t-il.

     Je me fous de vos excuses, hurla d’un coup en le coupant la deuxième personne présente.

     Ichiro, posa doucement le troisième individu en ces lieux.

Cependant au lieu d’apaiser le dénommé, le nom calmement prononcé eut l’effet inverse.

     NON ! hurla-t-il à nouveau en plantant ces pupilles haineuses sur le simple soldat du village devant lui. Il est seul, étranger, ne connaissant rien de ce village et vous allez me dire quand l’ayant cherché toute la nuit, vous n’avez pas trouvé la moindre piste à son sujet ????

     Monsieur, je suis vraiment désolé. Mes hommes continuent les recherches dans tout le village mais…

     Il n’y a pas de mais ! Si vous ne le retrouvez pas avant midi, je vous jure qu’en plus de vous dégrader, je vous enferme pour mise en danger de la vie du village ! Ai-je été assez clair ?

     Oui, monsieur ! répliqua de façon militaire l’homme avant de quitter la pièce.

Ichiro le suivit du regard sans que la lueur de haine ne s’éteigne dans le fond de ses prunelles. Il n’avait pas été assez prudent. Il avait cru tenir toute la situation en main mais ce satané démon avait su le berner durant un instant. C’était peu, ça il le savait, Kyuubi n’avait pas pu faire grand-chose mais apparemment cela avait suffit puisqu’une personne était parvenue jusqu’à eux. Il aurait dû être plus prudent. La réputation du démon renard n’était plus à faire pour lui, il avait lu tout les parchemins, inscriptions, livres que le monde possédait sur lui, il aurait dû comprendre que même sous control, Kyuubi était un maître pour trouver des solutions aux problèmes qui se posaient sur sa route. Oui mais voilà, il avait été trop confiant. Persuadé de tout savoir, ayant calculé tout ce plan de A à Z, en prenant soin de ne rien laisser au hasard, il avait été persuadé que son stratagème n’avait aucune faille. D’un mouvement rageur, son poing vin s’écraser contre le mur de la pièce ouvrant une minuscule égratignure sur sa peau qui laissa échapper quelques gouttes de sang.

     Que ferons nous de cet intrus une fois capturé ? demanda alors d’une voix douce Akiko.

Le regard de son supérieur se posa sur son subalterne qu’il fixa quelques minutes en silence.

     Je le tuerais de mes propres mains ! Tout étranger au village pénétrant dans l’enceinte de Nokiana se verra condamner à la peine de mort.

La rage dans sa voix avait laissé place à une profonde haine alors que chaque mot avait était prononcé avec calme mais gravité.

A peine avait-il finit sa phrase qu’un léger frisson vint parcourir l’échine du jeune Akiko alors qu’un étrange pressentiment s’initiait en lui le figeant un instant. Son instinct sur le qui vive semblait vouloir le prévenir de quelque chose sans qu’il ne sache quoi. Après tout, il était tout à fait d’accord avec son supérieur. Pour la sécurité du village tout intrus devait être exécuté. C’était une des règles d’or de Nokiana. Cette ville ne pouvait prospérée que dans la seule condition de ne jamais être dévoilée au reste du monde. Les rumeurs pouvaient circuler sur l’existence ou pas d’une telle cité, mais personne ne devait connaître les coordonnées exactes de cette dernière. Au départ, il avait été contre cette règle. La guerre faisait déjà assez de mort comme ça mais il avait fini par se faire une raison. Pour la survie de leur village et au final du monde entier, il se devait de rester caché. Qui sait ce qui se passerait si des personnes mal intentionnées s’amusaient à se servir de leur connaissance sur le chakra pour leur seul profit… Pourtant cette étrange impression de malaise persistait au fond de lui. Il finit par se décoller du mur sur lequel il était appuyé, faisant quelques gestes comme pour faire disparaître ces quelques doutes.

     Nokiana n’est pas très grande et tout le monde se connait. Vous l’avez dit vous-même, il ne pourra pas rester encore longtemps dans l’anonymat, fit-il d’une voix posée avant de sortir à son tour.

Ichiro le regarda partir et ce n’est que lorsqu’il eut disparu qu’il poussa un petit soupir de soulagement. Il avait senti le malaise occasionné par sa phrase et avait de suite fait le rapprochement avec l’ambigüité de ces mots mais son jeune bras droit semblait ne pas avoir compris. Si cela avait été le cas, le connaissant il l’aurait questionné sur ce sujet. Doucement il ferma ses paupières. Tout serait bientôt fini. Il avait passé trop d’années sur ce « projet » pour qu’un simple intrus ou les doutes d’un de ses subalternes ne viennent faire capoter ces plans. D’un coup ses yeux se rouvrirent ne laissant place qu’à la détermination. Tout fonctionnerait à merveille. C’est avec calme et confiance qu’il sortit à son tour de la pièce.

 

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Plus loin dans le village, une jeune couple se réveillait baigné par le flot des premiers rayons de soleil. La jeune fille vint doucement se serrer contre le corps chaud de son amant dans un soupir de bien être qui empli toute la pièce. Contrairement à son habitude, le jeune homme resserra son étreinte sur le corps frêle de la jeune femme rapprochant ainsi un peu plus leur deux corps nus.  Malgré ce moment d’intimité qui de loin semblait apprécié par les deux personnes présentes, un étrange silence lourd s’installa dans la pièce. Sasuke savait que le moment des explications était venu mais il ne s’en préoccupa plus que ça, il savait déjà ce qu’il allait dire.

Ce n’est qu’au bout d’une dizaine de minutes que la jeune femme brisa la calme de la pièce.

     Pourquoi ?

La question était simple mais la réponse qu’elle attendait elle, était plus complexe. Un profond soupir s’échappa de la commissure des lèvres de l’Uchiwa avant qu’il ne repousse légèrement le corps collé contre lui pour s’asseoir sur le lit. Karin regardait avec appréhension le dos nu laissant une peau pale criblée de cicatrices à sa vue. Elle le connaissait assez pour savoir qu’il n’était pas du genre à se livrer aussi facilement. Elle n’attendait pas de lui une réelle explication de ce qui venait de se passer et encore moins un « je t’aime » mais elle devait savoir autre chose. Elle savait que son amant avait compris à quoi faisait référence sa question. Elle voulait juste une réponse sur ce point, le reste… ce qui c’était passé cette nuit était bien plus parlant que tous les mots qu’il pourrait prononcer.  Combien d’aventures avait-il eu avec diverses femmes rencontrées au hasard des villages qu’ils avaient traversés alors qu’ils faisaient parti de la même équipe ? Cela se comptait en plusieurs dizaines, ça c’était certain mais la douceur, la tendresse dont il avait fait preuve la nuit précédente enlevait le doute de n’être qu’une de plus dans l’esprit de Karin. Sans parler de cet élan d’affection quelques minutes auparavant alors que leur « joute » corporelle était finie depuis longtemps. Elle avait déjà obtenu bien plus qu’elle ne l’avait jamais espéré mais au jour d’aujourd’hui elle appartenait à Nokiana qui lui avait offert une autre vie, un espoir, un futur. C’est pourquoi malgré ce qui s’était passé la nuit dernière, elle voulait une réponse et elle espérait profondément que celle-ci puisse être en accord avec les lois qui régissaient ce village.

Le jeune homme toujours dos à sa « compagne » avait laissé passer quelques minutes de silence. Ce n’est pas exactement par quoi il pensait commencer mais après tout, ce n’était pas plus mal.

     Je suis venu chercher le porteur de Kyuubi.

Sa voix était posée et neutre. Karin poussa un soupir agacé et déçu que l’Uchiwa remarquât aisément mais elle continua ses questions sans en demander plus à ce sujet pour le moment.

     Comment es-tu arrivé jusqu’ici ?

     Après l’enlèvement de Naruto, je suis parti à sa poursuite… commença-t-il. Kyuubi a fini par se montrer devant moi en me donnant les coordonnées exactes de là où il se trouvait, continua-t-il en se levant laissant une vue imprenable de sa nudité à sa compagne de chambre.

Il récupéra alors ses affaires qui jonçaient au sol, se rhabillant calmement.

     Quelqu’un d’autres est au courant ?

Là ce n’était plus une simple conversation mais un véritable interrogatoire… elle devait être vraiment beaucoup attaché à ce village pensa l’Uchiwa mais il ne releva pas sa constatation à voix haute et se contenta de répondre.

     Non.

Un nouveau silence emplit la pièce alors que le jeune homme se retourna vers son ancienne coéquipière toujours couché sur le lit, sa nudité à peine cachée sous un drap blanc. Voyant le regard inquisiteur de la jeune femme, Sasuke soupira bruyamment.

     Je dois ramener cet idiot au village de Konoha.

     Pourquoi ? Pourquoi tiens-tu tant que ça à le ramener ? Toi qui disais ne jamais agir que pour toi ! Où est passé le Sasuke qui ne se souciait jamais des autres ! s’exclama-t-elle un peu trop vivement.

L’Uchiwa jubila intérieurement. Ca c’était bon pour lui. Phase deux.

Après quelques secondes, le jeune homme lâcha le regard énervé de Karin pour se diriger vers la fenêtre de la chambre, ce qui intrigua la demoiselle.

Alors que son regard se perdait toujours à travers la vitre de la chambre la voix de Sasuke raisonna calmement.

      Toi. Je me soucis de toi.

A ces mots, la jeune femme sursauta.

     Hein ?

Un soupir agacé sortit à nouveau de la commissure des lèvres de l’Uchiwa. Tout était calme en cet instant pourtant l’atmosphère qui régnait en ces lieux, semblait attendre l’élément déclencheur pour exploser sous la pression de l’air.

     Quelques jours avant que je ne quitte Hebi, j’ai reçu la visite d’un membre de l’Akatsuki. J’étais seul. On s’est battu mais lui n’était pas sérieux. Je ne sais plus exactement ce qui s’est passé mais il a fini par disparaitre en laissant derrière lui un rouleau que j’ai lu.

Sasuke se tut un instant alors que sa compagne ne comprenait pas où il voulait en venir.

     A l’intérieur de celui-ci, il y avait une lettre qui m’était destinée.

Le silence s’installa à nouveau mais cette fois-ci le jeune homme semblait ne pas vouloir le rompre.

     Et ? se surprit à demander Karin.

Sasuke claqua d’un mouvement agacé sa langue dans sa bouche.

     Tu te rappelles les voleurs qui nous ont attaqués un mois avant que je parte ?

     Oui.

     Tu as eu à un moment une étrange sensation qui t’a fait perdre l’équilibre, n’est-ce pas ?

Karin acquiesça d’un signe de tête. Elle s’en souvenait très bien  pour la simple raison que cela avait été la première fois que Sasuke avait montré son inquiétude à son égard en accourant vers elle pour voir si elle allait bien.

     C’était en fait la mise en place d’un sceau donnant vie et mort à son porteur selon les désirs de celui qui l’avaient posé.

La jeune femme eut un mouvement de recul.

     N’importe quoi ! s’entendit-elle prononcer.

Sasuke se retourna alors vers elle avant de s’asseoir sur le lit à ses côtés. D’un geste calme il caressa l’épaule gauche dénudé de la jeune fille en formant deux gestes de sa main libre. La seconde d’après apparut un étrange tatouage que Karin reconnu aussitôt la laissant pâle de frayeur.

     Lorsque j’ai lu cela, j’ai voulu vérifié et avec les instructions données j’ai pu en effet confirmer la présence de ce sceau sur toi.

La jeune femme resta interdite alors que tous les détails de la conversation qu’il venait d’avoir lui revenait en mémoire. Son cœur s’emballa légèrement alors qu’une étrange idée naissait en elle. Se pourrait-il qu’il… ? Mais à ce moment précis la phrase qu’il avait prononcée la veille se répercuta dans ses oreilles.

« — J’ai fait tout ça pour toi, Karin… pour toi… »

Son regard se perdit un instant dans celui de son homologue. Pour elle ! C’était pour elle qu’il avait fui ? Cela paraissait tellement impensable. Pas Sasuke ! Pas le mec le plus froid que la terre n’est connu !

     Ils veulent Kyuubi. C’est le dernier démon qu’il leur manque. Je devais le surveiller pour qu’il ne lui arrive rien jusqu’à ce qu’ils en aient terminé avec les autres démons, ce qui aujourd’hui est fait.

Il n’avait pas besoin d’en dire plus pour que Karin reconnecte toutes les pièces du puzzle. Elle savait qu’avouer tout ça avait déjà été difficile pour le jeune homme alors lui entendre dire directement qu’il avait rejoint Konoha pour surveiller Kyuubi afin qu’elle ne se fasse pas tuer car il l’aimait était simplement impossible. Elle passa doucement sa main sur le tatouage rencontrant au même moment les doigts du brun.

Sasuke encra un long moment ses pupilles dans celles de la jeune femme sans pour autant laisser paraitre quoi que ce soit. Il se souvenait parfaitement de ce jour là. Ce tatouage, c’était lui qui lui avait mis. A cette époque de nombreux doutes subsistaient sur ce qu’il allait faire maintenant qu’il avait tué Orochimaru depuis déjà quelques mois et que le combat face à son frère ne devait plus tarder alors cela avait été une sureté en plus. Si jamais, ces trois équipiers de l’époque avaient été une entrave à ses plans, il n’aurait eu qu’à faire un geste pour les supprimer…

Les minutes s’écoulèrent doucement alors que leurs regards ne se quittaient plus. En cet instant, Karin était sur un petit nuage. Peu importe tout le reste, seul Sasuke comptait en cet instant.

     Je t’aiderais…

 

***************

 

Un jeune homme aux cheveux blond se tenait appuyé contre la commissure de la porte. Son regard rempli de tendresse posé sur le lit devant lui. Lit qui en cet instant portait un jeune homme brun du même âge que lui couché sur le côté tenant avec douceur un jeune enfant dans ses bras. Ils étaient tellement mignons… il était tellement heureux. Un sourire attendri vint doucement se former sur son visage alors que le petit bonhomme d’à peine quelques années venait de se serrer encore plus contre le corps chaud à ses côtés. En cet instant, rien ne semblait pouvoir détériorer le bonheur et l’épanouissement au sein du jeune blond.

A contre cœur, il finit par quitter la scène des yeux. Il était à peine six heures du matin mais il avait beaucoup de travail aujourd’hui, la venue du Kazekage au sein du village y était pour quelque chose. C’est pourquoi il retourna avec calme jusque dans la cuisine où il termina de préparer un petit déjeuner de roi pour les deux marmottes qui dormaient encore. Cependant alors qu’il sautait un peu partout essayant tant bien que mal de ne rien faire brûler, il sentit deux bras puissants lui entourer la taille et un torse chaud se coller contre son dos.

     Tu es matinal aujourd’hui, fit remarquer une voix grave. Gaara arrive ce matin ?

     Cet après-midi, rectifia le jeune blond profitant de cette chaleur et de ce moment d’intimité qu’il savait ne plus retrouver avant la fin de la journée qui venait à peine de commencer.

Le jeune brun déposa un furtif baiser sur la nuque de son amant avant d’être interrompu par trois tocs à la porte d’entrée.

     Je te préviens c’est la dernière fois que ce bambin dort avec nous, prononça-t-il d’une voix grave en se décollant de l’Uzumaki.

     Va ouvrir à Sai, au lieu de sortir des menaces totalement désuètes de réalité. Je vais réveiller le « bambin » moi, répondit-il amusé un grand sourire aux lèvres faisant lever les yeux de son amant au ciel.

Le regard du blond suivit le jeune brun jusqu’à ce qu’il est disparu à travers la porte. Un sentiment de bien être s’initia au fond de lui avant qu’il ne soupire de bonheur tout en finissant de déposer la totalité des plats confectionnés par ses soins sur la table. Cette fois, ce serait avec Sai qu’ils partageront ce petit déjeuner. Mais après tout, cela se comprenait : Sakura était sur bouquée. Elle était maintenant la directrice en chef de l’hôpital de Konoha. Alors que son regard se perdit sur la table fraichement dressée, un sourire heureux se sculpta un peu plus profondément sur son visage. A présent rien ne pouvait entraver son bonheur.

Cependant alors qu’il allait quitter la pièce pour se rendre dans la chambre où dormait encore « le bambin », un vent glacial parcouru la cuisine le faisant tressaillir un instant.

     Tu n’as toujours pas compris… fit une petite voix triste.

L’Uzumaki se figea.

Elle était revenue.