Chapitre 4

par azerty

Titre de la fiction : « PDJM »

Auteur : Sermina (chapitres impairs) Azerty (chapitres pairs)

Beta lectrice : Sermina et Azerty

Genre : Drame

Disclaimer : Non, on ne se fait pas d'argent sur le dos de Masashi Kishimoto, les personnages de Naruto lui appartiennent ainsi.

 

Chapitre 4

 

-         Pourquoi tu pleures ?

Il n’eut pas besoin de relever les yeux pour savoir qui avait posé cette question. Il aurait reconnu la voix entre mille et, de toute façon, il n’y avait qu’elle qui le voyait lorsque tout redevenait néant alentour. Car tout comme la première fois, la pièce autour de lui et ses occupants s’étaient dissous en poussière d’or, glissant entre ses doigts alors qu’il tentait désespérément de s’y raccrocher. Il était finalement tombé à genoux, seul dans un vide glacial où des ténèbres houleuses le frôlaient parfois, comme des fantômes oubliés, lui arrachant un sursaut de terreur. Et puis elle était revenue.

-         Qu’est ce que tu me veux ?

Son ton était plus agressif qu’il ne l’aurait voulu. Mais il était à bout de nerfs, et surtout si profondément terrorisé par tout ce qui lui arrivait sans qu’il ne comprenne rien qu’il ne pouvait pas faire autrement. La haine et le rejet comme dernier rempart à la douleur et à l’impuissance. Un peu comme Sasuke …

-         La question, c’est « qu’est ce que tu veux toi ? »

-         Je veux renter chez moi !

-         Faux. Si c’est ce que tu voulais vraiment, tu serais déjà sorti d’ici.

Voilà qu’elle recommençait à tout contester, mais ne rien expliquer. Cet enfant avait tendance à lui taper sur les nerfs, avec ses grands airs trop sérieux et anormalement calmes pour son âge!

-         Et qu’est ce que tu en sais sale gamine ? Tu n’es pas dans ma tête !

La jeune fille eu un sourire indéchiffrable, le visage légèrement penché sur le côté, puis déclara d’une voix douce et pourtant dénue de sentiments :

-         Alors c’est que tu n’as vraiment rien compris …

Elle resta immobile quelques instants, comme si elle attendait une réponse, ou bien qu’elle hésitait. Difficile à savoir : à côté d’elle, Sasuke aurait paru émotif ! Sasuke … inlassablement, ses pensées revenaient sans cesse à ce point de départ. La gorge de Naruto se serra soudain. Un soupir lui fit relever la tête. Il chercha la fine silhouette des yeux, mais ne vit rien : elle était déjà partie. Sa voix seule raisonnait encore.

-         Très bien. Tu vas rentrer « chez toi », puisque c’est ce que tu crois vouloir. Mais ce n’est pas « vrai ». Et ce n’est pas la solution.

Le néant sous ses pieds prit peu à peu une consistance, une forme, des couleurs … Il se trouvait à genoux au milieu de son minuscule appartement, baigné d’une lumière douce et dorée qui envahissait les quatre murs décrépits de toute la chaleur d’un été. Il sourit. Il était rentré. Tout allait redevenir normal.

 

***

 

Stressant n’était pas le mot qui convenait à décrire l’ambiance du voyage qui mena Kyuubi et ses maîtres chanteurs à destination. En fait, le stress était à cette petite excursion ce que le démon à neuf queues est au lapin blanc d’Alice au pays des merveilles.

Durant tout le trajet, le chakra du renard avait irradié des promesses de morts et une telle oppression que tous les ninjas présents suaient à grosses goûtes, homme au chapeau compris et ce même s’il faisait son possible pour le cacher. Un mince sourire dévoila les crocs du démon. Il aurait facilement pu contrecarrer cet effet et maintenir son chakra, mais le sentiment de peur qui rôdait tout autour de lui lui plaisait bien trop pour ça. Surtout que son énergie auréolait désormais son corps sans risque de se faire aspirer. Si seulement il pouvait … il chassait cette idée : le pendentif toujours incrusté en lui l’empêchait de faire couler le sang à loisir.

A sa grande surprise, ils finirent par arriver dans un village de taille assez importante qu’il ne connaissait pas, et où ils entrèrent sans plus de cérémonie. Les gens sur leur passage les saluent et dévisageaient Kyuubi avec un mélange de … joie et de soulagement ???? Il avait dû louper un épisode quelque part. La foule se réunissait peu à peu, jusqu’à former deux rangées d’ovations tout du long de la rue principale. La population semblait si débordante d’émotions positives que les ninjas se détendirent, devenus insensibles aux ondes de l’énergie démoniaque. Bon, là le renard commençait à penser qu’il n’avait pas raté un épisode, mais toute une saison de sa propre vie. Depuis quand un village tout entier était-il content de le voir ? Car avec toutes les vapeurs immatérielles de chakra orangé qui l’entouraient, aucune de ces personnes ne pouvait ignorer qui il était.

-         Pourquoi ? se résolut-il donc à demander lorsque sa curiosité prit le dessus sur le côté dégradant qu’il y avait à demander un renseignement à un humain.

Ainsi ne formula t-il pas sa question en entier, sachant que ce simple mot suffirait à se faire comprendre. L’homme au chapeau (qu’il avait depuis longtemps identifié comme étant le chef) ne lui répondit pas, bien qu’étant le plus près. C’est Akiko qui pressa un peu le pas pour se mettre à son niveau et déclara :

-         Nous t’avions dis qu’aucun mal ne te serait fait temps que tu obtempérerais, et nous n’avons pas menti. Nous n’avons aucun désir de nous battre, il y a  seulement ici un problème qui nécessite obligatoirement ton aide !

Il allait continuer quand la voix de son supérieur le stoppa, claire et sèche :

-         Il saura tout le reste en temps et en lieu.

Le jeune homme se mordit la lèvre, confus de s’être fait ainsi réprimander, et poursuivit juste dans un souffle :

-         Tout devrait très bien se passer. Dans deux jours dans le pire des cas, tu seras libre et nous sauvés.

L’instinct de Kyuubi lui disait que le ninja ne lui mentait pas, mais pour une étrange raison, il avait un très mauvais pressentiment. Qu’est ce que tout cela pouvait bien cacher ?

 

***

 

Il n’y avait rien de mieux en ce bas monde qu’une bonne douche chaude après un vilain cauchemar. Naruto frissonna au contact de l’air frais de la pièce, contrastant vivement avec l’eau bouillante qui, quelques secondes plus tôt, coulait encore sur sa peau. Il enroula négligeant une serviette sur ses hanches avant de se planter devant son miroir, histoire d’être un minimum présentable. D’un geste, il chassa la buée sur la majorité de la petite surface de verre, puis secoua ses doigts pour ôter les gouttes qui s’y étaient logées. Puis il plongea son regard sur son reflet, malmena un peu ses mèches insuffisamment ébouriffées à son goût  et se fit à lui-même un grand sourire.

Bien. Même les brumes à moitié dissipées de son cauchemar ne l’empêchaient pas de rayonner comme à son habitude.

« Encore un petit effort, et j’aurais presque l’air crédible ! »

C’est fou ce que ça peut être ironique, un miroir. Stupéfait, Naruto lu à toute vitesse la fine ligne d’encre qui venait d’apparaître sur la surface de verre. Il cligna rapidement les paupières, se frotta les yeux ; devant lui, la phrase calligraphiée avait disparue.

Finalement, son rêve avait peut être laissé plus de séquelles qu’il ne l’aurait cru… Il plongea entièrement sa tête sous le robinet d’eau glacée, bien décidé à se réveiller totalement. L’un dans l’autre, sa toilette avait prit plus de temps que d’habitude : il était en retard. Il attrapa son sac en quatrième vitesse et partit en courant, claquant la porte derrière lui. Il n’eut pas le temps de remarquer les mots qui s’était formés sur le battant :

« Ça devient une habitude. Je suis vraiment un boulet. »

 

***

 

Le centre du village en son entier était occupé par une place pavée circulaire, surélevée par rapport au reste de la chaussée. Une tour droite et régulière s’y dressait, bien moins imposante que la tour des Hokage de Konoha mais qui, de toute évidence, maintenait ici le même rôle. C’était visiblement là qu’ils se rendaient. Tout du long du chemin, les exclamations n’avaient pas cessées, aussi incompréhensibles qu’effrayantes pour le renard. Qu’est ce que ces gens lui voulaient ? Le sacrifier sur la place publique ? Etaler les boyaux du destructeur de villages à l’air libre en criant vengeance ? Il ne se souvenait pourtant pas d’avoir attaqué cet endroit … Et surtout, il ne sentait aucune haine chez ces gens. Tout était si … étrange ! On lui avait promis de ne pas lui faire du mal et, bien évidemment, il n’y croyait pas une seconde. Pourtant il n’avait pas d’autre choix que de remettre ses réflexions à plus tard et d’escalader le long escalier en colimaçon à la suite des ses gardes. Et après plus d’une centaine de marches, alors qu’il était de seul que l’ascension n’ait pas essoufflée, ils arrivèrent au sommet de l’édifice. Le haut de la tour était une grande plateforme découverte, au sol couvert d’arabesques compliquées, et d’où on pouvait voir l’intégralité de l’agglomération. A six cents mettres en contre bas se dressaient les murailles, formants un cercle parfait tout autour d’eux. Mais le plus impressionnant était sans conteste que la disposition des rues, des demeures, des places … la ville elle-même avait été crée pour ne former qu’un gigantesque pentacle.

-         Bienvenu à Nokiana, le village des artisans du chakra !

 

***

 

-         Donc, résuma Kyuubi en reposant son bol. Si je comprends bien, cet endroit est le centre de convergence de grands courants d’énergie, et tous les habitants de cette citée sont devenus experts dans l’utilisation du chakra sous toutes ses formes.

-         C’est bien cela. Ici, l’énergie n’est pas seulement une arme, mais sert aussi à revitaliser la terre naturellement trop pauvre. Elle élimine également les acides nocifs qui circulent dans l’eau, soigne les maladies et nous protège. Les plus grands artisans peuvent cristalliser leur chakra pour le rendre à la fois plus puissant et plus facile à l’utilisation, tout en lui donnant une utilité propre. C’est le cas du pendentif que nous avons utilisé sur toi. Il est le mélange d’un sort de Genjutsu, autrement dit l’art de l’illusion, et de fragments de la pierre de rune. Cette dernière est ce qui constitue l’intégralité de cette tour et la place où elle est posée, et a la particularité d’attirer à elle tout le chakra. Seule, la roche de cette ville aspirerait toute l’énergie de la région, et c’était d’ailleurs le cas avant que les humains ne s’en mêlent. Mais nos ancêtres ont sculpté le centre du village dans la pierre, et avec ce qu’ils en ont retirés, ils on placé douze roches plus petites pour formé un cercle de plusieurs dizaines de kilomètres d’envergure à l’intérieur duquel le chakra est équitablement répartit, même si cet endroit est un peu privilégié de part sa situation centrale.

Et en disant cela, Akiko avait une telle fierté et un tel amour pour sa cité que le renard en eu un fou rire. Il ressemblait un peu au gamin celui là. Les humains alors !

-         Et si j’ai bien compris, depuis quelque temps les choses ne vont plus aussi bien, enchaîna le démon.

-         Exact, répondit l’Homme au chapeau. Il y a eu une perturbation dans les courants de chakras, et les pierres n’arrivent plus à absorber assez d’énergie. Peu à peu, elles s’en prennent aux habitants, les épuisants lentement jusqu’à plonger les plus faibles dans un dangereux coma. Beaucoup ne se sont pas réveillés.

-         Et c’est là que vous avez besoin de moi.

Le renard à neufs queues ne fut pas surpris outre mesure de voir le jeune Akiko se précipiter à genoux devant lui en suppliant :

-         Avec une réserve de chakra comme la votre, vous pourriez sans aucun problème redonner assez de pouvoir à chaque pierre et rétablir les choses. Pas pitié Kyuubi-sama, sauvez notre village.

Il était tellement sincère que s’en était presque touchant. Alors … pourquoi le démon avait-il ce fichu mauvais pressentiment ?