Chapitre 2

par Sermina

Titre de la fiction : « PDJM »

Auteur : Sermina (chapitres impairs) Azerty (chapitres pairs)

Beta lectrice : Sermina et Azerty

Genre : Drame

Disclaimer : Non, on ne se fait pas d'argent sur le dos de Masashi Kishimoto, les personnages de Naruto lui appartiennent ainsi.

Avis aux lecteurs : PDJM est initialement un one-shot que j'ai écrit, qu'Azerty a beaucoup aimé et dont la fin l'a frustrée. Comme elle m'a harcelée et menacée au bazooka pour une suite, j'ai fini par lui proposer d'écrire le chapitre suivant elle-même. C'est comme ça que le jeu a commencé. Azerty écrivait tous les chapitres pairs et moi les autres, et l'histoire s'est construite anarchiquement sans que nous ne nous soyons mises d'accord sur le déroulement des événements. Chaque nouveau chapitre était donc une parfaite surprise pour nous. Evidemment, comme rien n'était prévu à l'avance, il y a tout au long de l'histoire quelques incohérences, que nous avons décidé de laisser. Après tout, elles font parties du jeu. A vous donc, si vous le voulez, de les trouver et de les mettre en avant !

La fic est d'ores et déjà terminée, nous publierons deux chapitres par semaine et nous vous souhaitons une bonne lecture à tous, en espérant que vous vous amuserez autant à le lire que nous à l'écrire.


Chapitre 2 :

Sasuke s'exécuta mais avant de sortir, il tourna sa tête vers Naruto lui lançant un regard remplis d'amour et un sourire bienveillant.

« Pourquoi dois-je mourir ? Pour rien si tu es toujours avec moi ! »

Alors c'est à ça que ressemblent les rêves du porteur de Kyuubi ?

D'un mouvement brusque, Naruto se retourna vers le côté opposé de la pièce. L'homme au chapeau se tenait là, stoïque, les bras croisés sur le torse, le dos appuyé contre le mur.

- C'est affligeant et incontestablement enfantin, comme souhait. Une jolie déclaration d'amour à ton propre coéquipier qui se révélerait soudain homosexuel et fou amoureux de toi ? Et l'acceptation sans vague de tous les gens autour de toi, comme si ils pouvaient trouver ça normal ? Tu te crois dans un conte de fées ? Tu fais vraiment un piètre ninja.

Et à ces mots de dégoût, lancés sur un ton méprisant, l'homme disparu. Là où il s'était tenu quelques secondes auparavant, il n'y avait plus rien. Pas même le mur : juste un pan de néant brumeux, un voile noir dans lequel se diluait peu à peu le reste de la cloison, du sol mais aussi du plafond. Le jeune Uzumaki sursauta, toute douleur ou fatigue ayant mystérieusement quitté son corps meurtrit. Il s'arracha violemment au lit et se dirigea vers la porte. Autour de lui, tout s'émiettait peu à peu pour ne laisser que les ténèbres.

- Mais qu'est ce que … ?

Sa voix tremblait légèrement, incontrôlable. D'un geste convulsif, il se retourna, cherchant des yeux un point d'encrage : cherchant Sasuke. Mais se qu'il vit lui arracha un cri d'horreur : son ami était resté là, impassible, les yeux étonnement vides. Sur le mur de droite, le néant continuait sa progression, atteignant bien vite la porte, frôlant la manche sombre de l'Uchiwa. Cette dernière se désintégra sans que son propriétaire ait amorcé un seul geste pour se dégager.

- Sasuke !

D'un élan irréfléchi, Naruto se précipita vers lui. Il l'attrapa aux épaules, le secouant violemment en criant son nom. La tête ballotta d'un côté puis de l'autre, le jeune survolté croisa le regard mort de cette coquille vide, posée devant lui. Et il sentit le vêtement, la peau, la chair se réduire en une poussière fine avant de glisser entre ses doigts. Son coéquipier venait de disparaître entièrement, comme s'il n'avait jamais existé. Comme si tout ça ne s'était jamais produis. Naruto jeta des regards désespérés autour de lui. Un froid immense le pris alors que sa voix déraillante appelait encore le même nom, résonnant sans fin dans un infini totalement noir.

- Pitoyable, souffla la même voix roque à son oreille.

Et soudain, tout disparu.


Il se réveille.

Tous les regards se tournèrent vers l'être vacillant qui ouvrait délicatement les paupières. D'un geste doux, il tira légèrement sur ses bras, faisant tinter les chaînes qui entravaient ses mouvements. Il gardait la tête baissée, ses mèches d'or cachant à moitié son beau visage hâlé, ne laissant percevoir que le lent mouvement de ses cils.

- Tu es sûr que c'est lui ? chuchota une voix sourde à quelques mètres de là. Parce qu'il pas l'air très terrifiant là…

- Fais-moi confiance, ce joujou est infaillible. Et d'après ce que j'ai vu dans sa tête, le gosse n'est pas près de faire surface. Pas vrai … ?

Il laissa sa phrase en suspens, écartant doucement une mèche du visage baissé.

- ...Kyuubi.

La réaction fut si rapide que l'homme eu à peine le temps de se reculer, retirant à la hâte sa main de la portée de la gueule aiguisée. Un des crocs fins avait entaillé sa peau, ouvrant une petite plaie sur sa paume.

D'un seul mouvement, les huit ninjas se mirent en garde, pointant leurs armes sur le démon, prêts à le transpercer de toutes parts. Mais la main ensanglantée de leur chef levée avec calme les arrêta.

- Ce n'est pas la peine Renard, nous ne voulons pas nous battre. Juste discuter.

Un sourire effrayant découvrit les dents tranchantes du prisonnier, et il releva enfin les yeux, révélant deux pupilles écarlates débordant d'une haine sans nom.

- Je n'ai pas pour habitude de parler avec de médiocres humains, et encore moins de supporter des chaînes.

- Tu ne peux rien …

Il ne termina jamais, coupé en un cri par la déferlante rouge sang qui sortit d'un seul coup du corps du démon, balayant tout sur son passage. La violence du choc fut telle que les neuf ennemis se retrouvèrent à terre avant d'avoir pu esquisser un geste. Le chakra s'immisçait à travers leurs pores, déchirant les tissus de muscles comme de millions de fines aiguilles et blessant plus que s'il avait ouvert de grandes plaies. Les neuf corps transi de douleur restaient écroulés là, tremblant imperceptiblement, vidés de toute force. Du coin de l'œil, Akiko aperçu deux minuscules tentacules d'énergies qui se glissaient dans les menottes, déverrouillant les serrures. Il essaya de se relever mais tous ses membres le faisaient atrocement souffrir, et il s'écroula de nouveau sur le sol, en même temps que les chaînes qui s'étalèrent dans la terre craquelée avec un cliquetis sec.

Le souffle court, la vue légèrement brouillée, il aperçut des pieds qui s'approchaient peu à peu. Une ombre se pencha vers lui, incroyablement froide sur son corps meurtri, et il sentit une chaussure qu'on essayait négligemment sur son dos, provoquant une nouvelle décharge de souffrance. Le visage plongé dans la poussière, les dents serrées, impuissant, le fier Akiko sentit une souffle haineux à son oreille, écoulant ces mots sur lui avait le plus profond des mépris :

- Il faut plus que des chaînes pour me retenir, petite vermine prétentieuse. Et quand bien même je serais prisonnier, rien en ce monde ne pourrait me contrôler.

Dans un dernier sursaut de combativité, l'humain tendit une main fébrile vers sa jambe et la sacoche de kunai qui l'ornait. Mais sa volonté fléchit avant même que le bout trop lourd de ses doigts ait touchés le métal froid l'ombre de Kyuubi était déjà loin lorsqu'il se laissa happer par les brumes de l'inconscience.


Kyuubi courrait. L'air filait sur ses joues, le monde se déroulait autour de lui à une vitesse hallucinante, sans plus aucune entrave. Libre ? Pas vraiment non. En danger surtout !

Même s'il ne comprenait rien, il le sentait bien, et le contraire aurait été inconcevable vu la force de la douleur qui engloutissait son torse. Il s'arrêta sur le rebord d'une falaise, au creux de deux rochers, à l'abri, le souffle court. Oui, il haletait ! Lui, le puissant renard, après quelque kilomètres de couse seulement ! Ce n'était pas la faute de cette enveloppe humaine, il le savait bien : du fond de sa conscience, il avait vu Naruto subir mille fois plus éprouvant que ça. Non, c'était plutôt à cause de cette chose immonde qui collait à sa peau. D'un geste colérique, il déchira l'avant de son T-shirt et noya le petit pendentif bleu dans un regard de haine pure. Le bout d'une de ses griffes vient titiller doucement les contours dorés du bijou, frôlant la peau brûlée par le contact du métal. Puis, n'obtenant aucun résultat, il s'énerva, attrapant cet objet de torture de tous ses doigts aiguisés, évitant tant que possible le contact brûlant avec la peau. Mais il avait beau tirer à s'en arracher les ongles, le pendentif s'était incrusté au torse de son hôte, visiblement peu désireux de s'enlever. Et ça c'était embêtant. Non : terrifiant.

Le renard s'adossa à la pierre froide, derrière lui. Il sentait ses forces diminuer à mesure que cette chose pompait son chakra à une vitesse démentielle. A ce rythme-là, il tiendrait une vingtaine de minutes. Quarante s'il évitait les débordements idiots, comme celui de tout à l'heure. Mais passé ce délai …

Il fallait qu'il retourne à sa place au plus vite, avant que la situation ne dégénère. Tant pis pour la liberté, il réglerait ça plus tard mais par les crocs de Cerbère il NE VOULAIT PAS CREVER COMME CA !

« Gamin ! Et le sale môme, tu m'écoutes ? Mais bordel qu'est ce qui t'arrive à la fin ? »

Silence radio. Naruto avait disparu, cloîtré dans un coin de son subconscient. Une nouvelle fois, Kyuubi tenta de l'y rejoindre mais comme toujours, une barrière bleue le repoussa violemment. Le saphir se mit à luire doucement, comme pour lui signifier sa mort prochaine.

Il fallait faire quelque chose, et vite !


- Qu'est-ce que tu fais là ?

Naruto releva les yeux. De surprise, il desserra un peu ses bras enlacés sur les genoux. Le vide n'était plus vide. En face de lui, confiante au cœur du néant, se trouvait une gamine. Doucement, elle s'accroupit face à lui, plantant son regard étrangement grave dans le sien.

- Qu'est-ce-que-tu-fait-i-ci ? répéta t'elle en détachant chaque syllabe, sans colère, juste en réaction, semble t'il, aux grands yeux bleus débordants d'incompréhension.

- Je … je suis perdu.

- Non.

Le jeune Uzumaki resta muet sur le coup, ne sachant plus quoi dire.

- Non, répéta l'enfant, tu n'es pas perdu. On n'atterrit pas ici en étant perdu. Juste en se perdant soi-même.

- Qu'est-ce que …

- Mais il n'eut pas le temps de finir cette question.

- Qu'est-ce que tu fais ici ? répéta-t-elle. Tu ferais bien de le découvrir rapidement, puisque c'est pour ça que tu es venu.

- Je ne suis pas ici de mon plein gré !

Son cri résonna dans le vide. La fillette avait disparu.


L'affaire était grave, ils l'avaient tout de suite compris. Lorsque Tsunade avait vu rentrer dans son bureau un Kakashi essoufflé d'avoir parcouru en quelques heures ce qui aurait dû lui prendre des jours, lui rapportant dans un souffle la disparition du jeune Uzumaki, elle avait tout de suite ordonné le rassemblement d'une dizaine d'ANBU. A la lueur des explications détaillées que donna le chef du groupe (qui avait d'ailleurs revêtu son propre masque d'animal) tous furent parcouru d'un frisson : c'était l'enfant démon, et beaucoup ici ne le portaient pas dans leur cœur, mais imaginer le porteur de Kyuubi entre des mains malintentionnées était tout bonnement terrifiant.

- Ce n'est pas votre faute Hokage-Sama, affirma un homme masqué en voyant le voile de culpabilité qui couvrait les yeux de sa supérieure. Vous ne pouviez pas savoir que …

- J'aurais dû m'en douter si ! Kyuubi est une arme surpuissante, Naruto était donc obligatoirement en danger et je n'en ai pas pris compte !

- Auriez-vous préféré le maintenir enfermer chez lui pour le restant de ses jours ? souffla doucement Kakashi.

La joueuse sembla hésiter un instant. Puis, avec un soupir elle déclara :

- Ce n'est pas la question. Il faut lancer des équipes de recherche et le retrouver au plus vite. Vivant de préférence.


« De préférence » ? Si Sasuke n'avait pas su que la vielle était énormément attachée à son idiot d'équipier, il l'aurait tué sur place. Enfin, vu le nombre d'ANBU autour d'elle il aurait juste essayé de la tuer. Il n'était pas censé être là, et écouter sous les fenêtres des plus hauts dirigeants du village caché était passible de l'emprisonnement à vie, il le savait. Il savait également que son professeur avait d'ores et déjà repéré sa présence sans pour autant chercher à le dénoncer. Tant mieux.

Ainsi donc il n'y avait pas que son frère qui s'intéresse à ce baka de Naruto …

Son poing se serra sous l'effet de la fureur.

Une fois de plus il n'avait rien pu faire.