Ce qui précède...?!

par knight_brotherhood

Ce qui précède… ?!

 

 

Le Kazekage était assis à son bureau. À sa droite se trouvait Sasori et à sa gauche se trouvait Orochimaru qui était adossé à un mur juste à côté d’une des nombreuses petites fenêtres rondes de la pièce. En face d’eux, il y avait un Jônin de Suna du nom de Baki. C’était un homme robuste de trente ans d’assez grande taille. Son crâne et la partie gauche de son visage étaient recouverts d’un foulard blanc. Il portait le bandeau frontal de Suna sur son front. Il portait aussi la tenue standard d’un Jônin de Suna.

- As-tu compris ce qu’incombe ta mission, Baki ?

- Oui, Kazekage-sama, répondit celui-ci. Je vais de ce pas préparer l’équipe pour nous diriger vers Konoha.

- Veille à ce que Gaara fasse exactement ce qui est voulu de lui, continua le Kazekage. Si tout se passe bien, dans quelques mois, il ne restera que du village caché de la Feuille… son cher nom.

Baki s’inclina une nouvelle fois, remerciant le Kazekage, puis s’en alla. Lorsque la porte se referma, le visage du Kazekage s’affaissa, comme si toute vie venait de le quitter. Sasori soupira.

- Je devrais t’applaudir, dit alors Orochimaru avec son sourire reptilien. Réussir à manipuler le corps du Kazekage aussi admirablement ! Sans compter tes talents de ventriloque ! Je dirais que cette marionnette-là est l’une de tes plus belles œuvres d’art !

Sasori ne put s’empêcher d’avoir un fin sourire en coin.

- Et toi, tu magnes aussi bien l’art de flatter, mon cher serpent. Mais je te remercie tout de même pour ce compliment.

Sasori s’avança de la marionnette à l’effigie du défunt Yondaime Kazekage et se mit à l’inspecter. Pendant ce temps, Orochimaru, toujours adossé à côté de la fenêtre, guettait l’extérieur. Son regard toujours dirigé vers le village, il reprit :

- Pour le moment, les choses semblent se passer comme prévu. Il ne reste plus que quelques jours avant le début de l’examen. Revoir Konoha après toutes ces années… j’ai hâte. Tu devrais comprendre mon excitation, n’est-ce pas, Sasori ?

- Hnn.

Orochimaru ricana.

- Va falloir que je me trouve un nouveau visage si je veux passer inaperçu, continua-t-il. Imagine la folie que je créerai si je venais à pénétrer gaillardement Konoha avec le mien. Sarutobi sensei ferait un infarctus.

Voyant que Sasori n’allait pas broncher, Orochimaru continua de parler.

- Konoha ne s’est que trop habitué à la paix. Il est temps pour lui de se souvenir de ce que c’est que la guerre.

Tout en ricanant, Orochimaru aperçut un papillon noir et rouge qui voletait à côté de la fenêtre. Il s’arrêta alors de rire et fronça les sourcils. Le papillon s’éloigna. Orochimaru continua à l’observer.

- Qu’est-ce qu’il y a ? Demanda alors Sasori qui avait remarqué le silence.

- Non, rien, finit par répondre Orochimaru.

Il se redressa ensuite et se dirigea vers la porte.

- Bon, fit-il. Il est temps pour moi de me rendre à Konoha. On se voit dans pas longtemps, mon cher Sasori.

Orochimaru s’en alla ensuite. Sasori termina son inspection sur sa marionnette avant d’agiter une nouvelle fois ses doigts. La marionnette du Yondaime Kazekage prit alors vie et se mit à consulter des documents avec un naturel totalement humain. Satisfait, Sasori sourit.

 

***

 

- Gauche, droite ! Recule d’un pas ! Frappe !

Naruto abattit sa fausse épée de bois mais Ban para facilement l’attaque. Naruto haletait, tout son corps en sueur. Ban et Naruto se trouvaient dans un des domaines d’entraînement de Konoha et s’entraînaient au Kenjutsu. Puisqu’ils étaient arrivés à Konoha trois semaines plus tôt, Ban avait donc décidé qu’avant le début de l’examen, il allait l’initier au Kenjutsu, étant donné qu’il s’était vu offert un très puissant sabre.

- Je te préviens, avait dit Ban lors de leur première session, le Kenjutsu est une discipline qui s’acquiert avec le temps. Je pourrais certainement t’apprendre les bases mais ce sera à toi de trouver ton Kendo*, ta Voie de l’Épée, ta manière de t’en servir. Et cela ne se découvre pas en trois semaines.

Naruto était donc bien conscient qu’il était encore loin d’avoir le niveau d’un épéiste aguerri. Mais il était content de s’engager sur ce chemin. Pied nu et simplement vêtu d’un short noir et d’un t-shirt blanc avec le signe du clan Uzumaki sur le dos, Naruto tremblait de fatigue. Ban le faisait travailler sans relâche. Naruto ne se plaignait pas cependant. Après avoir été entrainé par Nina Uzumaki, n’importe quel entrainement était faisable.

- On en a assez fait pour aujourd’hui, dit Ban avec un grand sourire. Le soleil commence à se coucher, je crois bien qu’on devrait rentrer.

Naruto acquiesça avec un grand sourire fatigué mais ravi. Il rangea donc son épée en bois sur son dos et quitta le domaine d’entraînement aux côtés de Ban.

Marcher dans les rues de Konoha commençait peu à peu à redevenir normal. Naruto, qui n’avait pas oublié à quoi ressemblait son ancien village, s’y était vite refait. Et alors que la nuit tombait, les lampadaires qui éclairaient les ruelles pavées et bien tracées s’allumaient. Dans les rues, les habitants de Konoha marchaient, certains lui jetant parfois des regards. Ce point cependant était bien différent si bien que Naruto n’arrivait toujours pas à s’y faire. Les regards qu’ils recevaient souvent étaient des regards incrédules. Les villageois du village ne semblaient pas se remettre de sa présence ici. Mais Naruto pouvait toujours voir cette haine dans leurs yeux. Mais, cela ne lui faisait plus aucun effet. Certains villageois se demandaient si c’était vraiment lui, si c’était vraiment Naruto Uzumaki qui avait l’habitude de arpenter les ruelles tout seul en pleurant. La raison principale de leur étonnement était qu’en six mois, Naruto avait grandement changé physiquement. Un corps plus tonifié, une chevelure plus longue et une expression apaisée. Oui, tels étaient les traits qui correspondaient au nouveau Naruto, au Naruto de Ko. Et les villageois se demandaient bien où se trouvait le Naruto de Konoha.

- Tu veux qu’on fasse un tour chez Ichiraku ? Demanda Ban.

- Oh ouais ! Des ramens après une bonne séance d’entraînement, ça fait toujours plaisir !

- Parfait, c’est moi qui invite.

- En même temps, tu y es obligé, j’ai rien sur moi.

Ban ricana. Les deux se dirigèrent donc vers l’échoppe de ramens.

- Ah, Naruto, Ban ! S’exclama Teuchi en voyant le blond et son maître s’asseoir.

La première fois que Teuchi avait revu Naruto et Ban était lorsque toute la bande s’était rendue chez Ichiraku le deuxième jour. Teuchi avait failli faire un infarctus tellement revoir Naruto et Ban l’avait surpris.

- Je pensais que tu avais disparu pour de bon, avait-il dit à Naruto. Et toi Ban ! Ban ! Tu es là devant moi ! Je me souviens encore des jours où ta petite bande d’amis venait envahir mon bar ! Oh mon dieu ! Ban, c’est vraiment toi ? Après toutes ces années !

Ainsi, pour célébrer le retour de Naruto et Ban, il leur avait offerts d’énormes bols de ramens. Depuis, Naruto s’y rendait constamment et se livrait allègrement à de longues conversations avec le cuisinier.

- Je vous sers le plat habituel ? Demanda Teuchi avec un sourire.

- Oui, merci, répondit Naruto avec un grand sourire.

- Avec une bouteille de saké pour mon élève et moi, ajouta Ban.

Teuchi acquiesça, même s’il était évident qu’il était contre l’idée de servir de l’alcool à un mineur. Il s’éclipsa donc dans la cuisine. Ce fut Ayame qui apporta la bouteille de saké ainsi que deux verres.

- Bonsoir Naruto, salua alors Ayame.

- Ah, salut ! Fit Naruto en affichant immédiatement un sourire suave. Comment vas-tu ?

- Un peu fatiguée. Mais toujours contente d’être ici pour aider mon père.

- Toujours resplendissante, en tout cas, ricana Naruto.

Ayame rougit.

- Oh, Naruto… c’est très gentil de ta part.

- Il n’y a rien d’extraordinaire à dire la vérité, continua Naruto.

Ayame gloussa, ne sachant pas quoi répondre. Heureusement, son père l’appela pour l’aider à la cuisine. Elle se sauva immédiatement. Ban était mort de rire.

- Tu les fais toutes craquer, gamin, dit-il en servant Naruto et lui. Tu le tiens de ton père.

- Avant que je ne quitte Konoha, je venais souvent chez Ichiraku, non pas seulement pour les ramens, mais aussi pour contempler Ayame que je trouvais magnifique. Mais je n’avais jamais le courage de la draguer. Surtout qu’elle a quatre ans de plus que moi. Mais maintenant, c’est tellement plus facile.

Ban ricana.

- Et tu comptes profiter de cela ? Demanda-t-il.

- Pourquoi pas, non ? Mais…

- Mais il y a une très jalouse et puissante ninja du nom de Nina qui tuerait n’importe quelle fille qui s’approcherait de toi.

Naruto fut surpris. Son expression fit de plus marrer Ban.

- Parmi mes élèves, s’il y en a bien un qui est plus qu’indiscret lorsqu’il s’agit de ce genre de choses, c’est bien Ichiro. Il m’a tout balancé avant même que tu t’en rendes compte, je dirais.

Naruto but son verre, n’arrivant pas à croire que son histoire avec Nina était connue d’autant de monde.

- À présent, je ne serais même pas surpris si j’apprenais que Hiro était au courant, soupira-t-il.

Ban fit une mine comme pour dire qu’il y avait une possibilité que ce soit le cas. Les yeux de Naruto faillirent exploser, tellement ils étaient ronds. Mais Ban éclata simplement de rire.

- Je plaisante, je plaisante, s’empressa-t-il de dire. Mais si toi et Nina deveniez sérieux, il faudra le dire à Hiro et Aiko. Mais voilà ce que je pense : pour le moment, tu n’es ni son petit copain, ni même son amant. Il y a simplement cette forte tension amoureuse et sexuelle entre vous. Alors, moi je te dirais d’en profiter.

Naruto resta silencieux pendant un moment.

- En même temps, tu devrais faire attention aux conseils que je prodigue sur les femmes, Naruto. Après tout, je suis un coureur de jupon assumé et celle qui devait être ma femme m’a quitté pour devenir une criminelle, est encore plus sadique que moi et veut tous nous tuer, donc.

Ce fut au tour de Naruto d’éclater de rire. Cela fit sourire Ban. Un moment de silence s’installa ensuite. Ban en profita pour regarder Naruto. Ce dernier ressemblait tellement à son père que Ban avait parfois l’impression qu’il trainait avec Minato. Cela provoqua en lui une bouffée de nostalgie mais aussi de joie. Au moins, une partie de Minato était encore là, et celle-ci, Ban s’assurerait part tous les moyens qu’il ne le quitte jamais.

 

**

 

Le lendemain, Naruto et Ban se remirent à l’entrainement. Toujours pied nu, et vêtu de son T-shirt et short, Naruto écoutait attentivement les conseils de son sensei.

- Le Kenjutsu doit être fluide, sans mouvements déplacés, disait Ban. Inspire-toi de la fluidité du Kayûki pour pouvoir rendre tes mouvements plus naturels et rapides.

Naruto acquiesça, haletant, et se remit en garde. Ban, tenant aussi une épée en bois, fléchit les genoux. Puis, il disparut, Naruto usa l’Élévation des Sens pour l’entendre arriver. Ainsi, il entendit le sifflement de l’air lorsque Ban abattit rapidement et furtivement son épée en bois. Naruto fit un pas en arrière et dressa la sienne avec vigueur. Les deux morceaux de bois se rencontrèrent avec force. Naruto concentra du chakra dans ses joints comme il le faisait avec le Kayûki et réussit à pirouetter avec rapidité sans disloquer sa cheville, et ramena son coup à la hauteur de l’épaule de Ban. Ce dernier se baissa brusquement. Mais Naruto avait déjà anticipé son attaque et sauta, évitant le coup de taille de Ban. Naruto atterrit, fit un mouvement circulaire, et lança un coup d’estoc à Ban qui réussit à l’éviter facilement. Naruto le vit se lancer sur son côté droit et se prépara pour l’attaque. Mais ceci n’était qu’une feinte de Ban qui se rabattit soudainement sur le côté gauche avant de frapper Naruto. Le coup le toucha violemment en plein épaule, le faisant déraper sur le sol herbeux. La respiration saccadée, Naruto se redressa. Ban qui avait à peine sué, lui souriait à pleine dent.

- Tu fais d’énormes progrès, dit-il d’un air joyeux.

- Si tu le dis, soupira Naruto qui ne voyait pas les progrès qu’il faisait.

- N’oublie pas Naruto que le Kenjutsu est une discipline qui te prendra des années à finir, ne soit pas pressé.

- On dirait Hiro lorsqu’il m’apprenait le Shugi Tenku, railla gentiment Naruto. Cela amusa Ban. Ce dernier regarda ensuite sa montre. Cela faisait deux heures qu’ils s’entrainaient.

- Je crois bien qu’on en a assez fait pour aujourd’hui.

Ce fut à cet instant que Ban vit un faucon voler dans les airs. Même s’il ne lui était pas destiné, Ban se souvenait encore de certains secrets de Konoha pour savoir ce que cela signifiait.

- Rentre sans moi, dit-il alors. Je vais faire un petit tour.

- Ok, répondit Naruto. À plus tard alors.

Ban le salua donc et s’en alla. Naruto essuya son front dégoulinant de sueur avec le revers de sa main, puis sortit du domaine d’entraînement. Tout en marchant, il pensait à l’examen qui se rapprochait à grand pas. La délégation de Ko attendait cet événement avec impatience. Chaque équipe se préparait comme elle le pouvait. Zabuza prenait souvent Tayuya, Haku et Kimimaro en aparté pour des « tours » dans le village. Mais Naruto soupçonnait qu’ils subissaient une sorte d’entrainement. Nina avait décidé qu’elle donnerait quelques petits cours à Ôku, Kana et Abarai qu’elle avait déjà enseigné quand ils étaient encore à l’académie. Quand à Ichiro, il préférait s’amuser plutôt qu’autre chose, disant qu’à ce rythme, la délégation de Ko vaincrait tous les Genins de cette compétition en un éclair. Mais Nina n’était pas de son avis.

- Cet examen rassemble l’élite Genin de chaque village, avait-elle dit. Ko n’est certainement pas le seul village à avoir de puissants ninjas. Konoha, Suna, Taki, Ame, Kusa, il y a une raison pour laquelle ces villages ont la renommée qu’ils ont. Par le passé, chacun a su démontrer sa force et sa puissance, Konoha et Suna surtout puisqu’elles font partie des cinq grandes nations.  

Mais Ichiro avait balayé les inquiétudes de sa sœur avec une pitrerie qui avait d’ailleurs tellement énervée Nina qu’elle avait fracassé son poing dans le visage de son frère. Même si tout le monde avait répété à Nina de ne pas s’en faire, Naruto savait bien qu’elle avait raison. Sans vouloir se vanter, Naruto savait qu’il était bien plus fort qu’un Genin normal de n’importe quel pays. Il soupçonnait même pouvoir surpasser le niveau de la plus part des Chûnins. Mais, cet examen ne rassemblait pas les Genins normaux. Et en se rendant compte de cela, Naruto avait eu le sourire aux lèvres. C’est tant mieux comme ça, avait-il pensé. Où serait le fun, sinon ? C’était donc la prospective de mesurer sa force contre de puissants adversaires qui rendait Naruto si joyeux.

 

*

 

L’équipe Sept des nouveaux Genins de Konoha traversait à présent les grandes portes du village de Konoha. Kakashi Hatake, Sasuke Uchiwa, Sakura Haruno et Sai rentraient d’une mission de rang C au pays du Thé. La mission avait été une autre mission d’escorte qui, au grand déplaisir des trois Genins, ne s’était pas avérée être une autre fausse mission plus coriace. Ainsi, la mission avait été un succès, ce qui était d’ailleurs la raison pour laquelle une certaine ambiance joyeuse régnait au sein du groupe.

- Ah ! On est enfin de retour ! S’exclama Sakura avec un grand sourire.

- Je pense que je serais d’attaque pour une autre mission, par contre, admit Sai.

Cela fit ricaner Kakashi.

- Je me souviens encore lorsque tu rechignais à faire ne serait-ce qu’une simple mission de rang D, dit-il.

Sai afficha un petit sourire.

- Les choses ont changé, Kakashi sensei, rappela Sakura.

Effectivement, elle faisait allusion à leur aventure aux Pays des Vagues. C’était celle-ci qui les avait tous changé. C’était grâce à leur rencontre avec la fameuse Team Oméga d’un village qui leur était encore inconnu que Sakura était devenue plus déterminée, que Sai avait trouvé son Nindô et goût à être ninja et que Sasuke avait appris à gérer sa haine et à être plus proche de ses compagnons. Kakashi était bien content que son équipe soit plus soudée. Et même si cette aventure lui avait laissé avec de nombreuses questions, il se réjouissait simplement à l’idée qu’à présent, son équipe progresserait dans le bon chemin.

C’était donc alors qu’il pensait à tout cela qu’il vit un faucon voler dans les cieux, au-dessus de lui. Tiens, fit-il en comprenant la signification de ce faucon. Déjà ? Intrigué, Kakashi mit ses mains dans ses poches.

- Bon, fit-il en se tournant vers ses élèves. Je vais devoir vous laisser. À plus tard.

Et le sensei disparut dans un tourbillon de fumée blanche.

- Kakashi sensei peut être intriguant dès fois, soupira simplement Sakura qui ne comprenait pas le départ soudain de leur sensei.

- On s’en fiche, dit Sasuke. Ça nous laisse du temps pour nous détendre.

- J’ai envie de dessiner, dit alors Sai.

- Très surprenant, railla Sasuke avec un sourire en coin.

- Ça vous dit qu’on fasse un tour chez Ichiraku ? Demanda alors Sakura.

- Hnn, pourquoi pas ? Fit Sasuke en haussant les épaules.

Sakura se tourna vers Sai qui acquiesça. Les trois se mirent donc en route vers l’échoppe de ramens.

- Dès fois, je me demande ce qu’ils peuvent bien faire, finit alors par dire Sakura qui marchait entre Sasuke et Sai, tenant allègrement leurs bras.

- De qui tu parles ? Demanda Sasuke.

- Naruto, Akira et Eirin, bien sûr, répondit la rose.

- Ah, fit Sai. Surement en train d’avoir une autre folle aventure. Ils doivent certainement être en couverture en train d’espionner un village ennemi.

- Ou en train de protéger un seigneur important, proposa Sakura.

- Pfft, fit Sasuke. Une chose est sure, ils sont en train de devenir plus fort. Surtout Naruto.

- J’espère qu’ils respecteront leur promesse de visiter, continua Sakura dans son élan de joie. J’aimerai bien présenter Eirin à Ino, moi. Cette truie ferait moins la maline en voyant son fouet.

Sai ricana légèrement tandis que Sasuke eut un sourire en coin. Ce fut à cet instant qu’ils remarquèrent quelque chose qui les interpelèrent : Il y avait un garçon et une fille qui devaient être légèrement plus âgés qu’eux, qui se tenaient devant trois enfants.

- Mais, il s’agit de Konohamaru, le petit-fils du Hokage, fit remarquer Sakura en lâchant les bras de Sasuke et Sai à cause de sa confusion.

- Qu’est-ce qu’ils sont en train de faire ? S’interrogea Sai.

Ce fut alors qu’ils virent le garçon prendre le petit-fils de l’Hokage par le cou et le soulever. Ce dernier se mit à agiter violemment ses pieds tout en suffocant. Ses deux amis, un petit garçon portant des lunettes et ayant de la morve coulant de son nez, ainsi qu’une petite fille à la chevelure orange coiffée en deux grandes couettes, se mirent à crier à l’aide.

- Lâche-moi ! Criait Konohamaru.

- Tu m’as cherché, morveux, alors je vais t’apprendre une petite leçon, hé  !

- Lâche-le, Kankuro, ce n’est pas la peine de perdre notre temps, dit la fille.

- Lâchez-moi ! Saleté ! Criait le jeune Konohamaru.

- Hé ! Fit alors Sasuke.

Lui, Sakura et Sai accoururent vers la petite fille et le garçon à lunettes. Sasuke se dressa ensuite devant le dénommé Kankuro. C’était un garçon légèrement plus grand que lui. Il devait avoir entre quinze ou seize ans. Il avait le visage maquillé de marques violettes et portait une combinaison noire et un foulard noir sur la tête ayant des oreilles de chat. Il portait à son dos un énorme objet enroulé de bandages. La fille, quant à elle, blonde, sa chevelure coiffée en quatre couettes, portait une robe cintrée bleu ciel et avait un énorme éventail fermé attaché à son dos par un foulard rouge. En détaillant les deux individus, Sasuke, Sakura et Sai se rendirent compte qu’ils portaient les bandeaux frontaux de Suna, le village caché du pays du Vent.

- Hé, lâche-le, lança froidement Sasuke qui avait ses mains dans les poches.

- Ce gamin m’est volontairement rentré dedans, répliqua Kankurô. Va donc falloir que je lui apprenne les bonnes manières. On dit, « pardon monsieur ». Espèce de petit morveux.

- C’est la dernière fois que je te le dirais, menaça calmement Sasuke. Si tu ne le lâches pas, tu auras à faire à moi.

Kankurô ricana et resserra son étreinte autour du cou de Konohamaru. Sasuke dirigea alors sa main droite vers son étui à shurikens. Mais au même moment, l’air siffla et deux cailloux frappèrent violemment Kankurô au visage et à la main qui tenait Konohamaru. Il hurla de douleur, lâchant Konohamaru qui tomba mais fut rattrapé par ses amis.

- Qu’est-ce… fit Kankurô, confus.

- Non, mais t’es vraiment une racaille pour t’en prendre à plus petit que toi, connard ! Dit alors une voix.

Sasuke, Sakura et Sai se figèrent. Non ! Cela ne pouvait pas être possible. Cette voix...

- Na… Naruto ? Balbutia Sasuke en se tournant en direction de la voix. Et là, assis sur une branche d’un arbre avoisinant, se trouvait Naruto Uzumaki, pied nu, en short noir et en T-shirt blanc. Il tenait dans sa main droite une épée en bois. Il avait l’air énervé contre Kankurô.

- Mais tu es qui, toi ? Lança Kankurô.

- Je pourrais te rétorquer la question, répliqua Naruto. À en juger par vos bandeaux, vous êtes du Sable. Je vois que les autres équipes commencent enfin à débarquer.

Sasuke, Sakura et Sai se regardèrent, confus. De quoi parlait Naruto ? Mais plus important, que faisait-il là ? Et en tenue aussi décontractée ! C’était comme s’il vivait ici et qu’il avait décidé, en ce beau matin, de faire une promenade.

- Tu m’as fait mal, enculé ! Cria alors Kankurô.

- Kankurô, laisse tomber, intervint la fille blonde. On n’est pas là pour ça.

- Je vais lui apprendre, moi ! Cria Kankurô.

Naruto ricana amèrement.

- Monsieur se prend pour un professeur à vouloir donner des leçons à tout le monde…

Naruto disparut brusquement de l’endroit où il se tenait. Il est rapide, se dirent Kankurô et Temari, alarmés.

-… Et si c’était moi qui t’apprenais une leçon ? Murmura alors la voix de Naruto. Ce dernier se trouvait à présent derrière Kankurô, son dos contre le sien. La lame en bois de son épée était posée sur sa gorge. Kankurô déglutit, sentant du chakra circuler dans cette lame. Même si elle était en bois, Kankurô avait l’impression que le chakra de ce garçon le couperait aussi cruellement qu’une lame d’acier. Naruto abaissa ensuite son bras et se recula.

- La prochaine fois, mesure-toi à des gens de ton âge au lieu de t’en prendre à des gamins, dit sévèrement Naruto.

Il se tourna ensuite vers l’équipe sept. Mais à ce moment, Kankurô qui n’avait pas digéré l’affront, s’élança vers lui. Du coin de l’œil, Naruto le vit venir. Et alors qu’il allait abattre son épée de bois sur Kankurô, il vit de grains de sable s’agglomérer et stopper son mouvement ainsi que celui de Kankurô. Immédiatement, celui-ci ainsi que la fille affichèrent un air apeuré.

- Kankurô, ça suffit, dit alors une voix glaciale. Naruto fronça les sourcils en se tournant vers celle-ci. Un jeune garçon était suspendu à une des branches de l’arbre où il s’était assis quelques instants plus tôt, la tête en bas et les bras croisés. Il était assez petit pour l’âge qu’il devait avoir (certainement treize ans). Il avait la peau claire et les cheveux courts hérissés de couleur rouge foncé. Il avait des yeux verts et clairs et d’épais cernes noirs autour de ses yeux sans sourcils. Son visage était aussi marqué par le kanji « Ai » qui voulait dire « amour » sur le côté gauche de son front. Vêtu d’une tenue noire à manche courte, il portait par dessus un tissu blanc, allant de son épaule droite à sa hanche gauche. Une bande de cuir partait de son épaule gauche à sa hanche droite, et celle-ci servait à porter une énorme gourde en terre cuite. Son bandeau frontal, celui de Suna, était attaché à cette bande en cuir.

Naruto était très intrigué par ce personnage qui dégageait une aura froide et antipathique. Jamais Naruto n’avait ressenti quelque chose de tel. Elle était encore plus froide que celle de Sasuke, encore plus menaçante que celle de Zabuza. Il y avait quelque chose chez ce garçon… Et alors que Naruto réfléchissait, il entendit un rire, rocailleux et caverneux, provenant de ses entrailles. Pourquoi Kurama ricanait-il de la sorte ?

Naruto abaissa son bras et Kankurô se replia.

- Gaara, je suis désolé, se mit-il à dire d’un air alarmé. C’est juste que je voulais m’amuser un peu et… et ce sont eux qui m’ont provoqué. Et…

- Tais-toi, souffla Gaara sur son ton hivernal. Sinon tu vas le regretter.

- D’accord ! S’exclama aussitôt Kankurô, effrayé. Ok, je l’avoue, c’est moi qui ai tout déclenché. Je suis désolé, sincèrement désolé.

Gaara ignora ces dires et se tourna vers Naruto.

- Au nom de notre équipe, je te présente mes excuses, dit-il.

Naruto ne répondit rien, ses sourcils froncés. Gaara fut alors entouré de sable et disparut pour réapparaître dans le même tourbillon de sable aux côtés de Kankurô et de la fille blonde.

- Tu aurais dû l’arrêter, Temari, dit Gaara en s’adressant à celle-ci.

- J’ai pourtant essayé, Gaara ! S’empressa-t-elle de dire.

Une fois de plus, Gaara ignora ses dires.

- En route, dit-il simplement. Je vous rappelle qu’on n’est pas ici pour s’amuser.

- Oui, désolé encore, dit Kankurô avec un sourire forcé.

Gaara ouvrit ensuite la marche et Kankurô et Temari le suivirent sans broncher.

- Hmph, finit par faire Naruto. Assez intéressant comme trio. Ça va être intéressant de les revoir.

Et de les espionner, se dit-il intérieurement.

- Grand frère, tu m’as sauvé, merci beaucoup, dit alors Konohamaru avec un grand sourire.

- Ah, mais de rien, ricana alors Naruto en se grattant la nuque. Comment tu t’appelles ?

- Konohamaru ! Répondit immédiatement celui-ci.

- Et moi c’est Moegi, dit la fille.

- Je m’appelle Udon, s’empressa de dire le garçon à lunettes.

- Enchanté, Konohamaru, Moegi et Udon, moi c’est Naruto, Naruto Uzumaki.

À cet instant, les trois enfants se figèrent, les yeux dilatés. Naruto comprit que ces enfants avaient certainement entendu parler de lui auprès des autres villageois. Il attendit donc que les trois ne s’enfuient en le traitant de « démon ». Mais le contraire se passa.

- Tu n’es pas du tout comme les gens du village te décrivent, dit alors Konohamaru. Tu n’as pas de cornes.

- Et je ne vois pas de griffes, ajouta Moegi.

- Il n’y a pas de queues non plus, précisa Udon.

Naruto éclata de rire et les trois enfants se joignirent à lui.

- À partir d’aujourd’hui, tu seras notre chef ! S’exclama Konohamaru. Et on s’en fiche si les autres villageois pensent que tu es un démon.

- C’est très gentil de votre part.

Les trois sautèrent de joie puis s’éclipsèrent en courant, surexcités à l’idée d’avoir rencontré Naruto. Ce dernier se tourna ensuite vers Sasuke, Sakura et Sai qui n’avaient pas bronché, toujours étonnés par sa présence.

- Dites quelque chose, vous trois. J’espère que vous avez encore vos langues.

- Naruto, tu… tu es ici ! S’exclama enfin Sakura. Ici ! Ici à Konoha !

- Merci de me le rappeler, se moqua gentiment Naruto.

- Mais… Mais qu’est-ce que tu fais ici ? Demanda Sai. On te croyait quelque part dans le monde, en mission périlleuse.

- Désolé de vous décevoir, ricana Naruto. J’avais bien promis que je ferais un petit tour à Konoha, non ?

- On ne pensait pas que ce serait si tôt, répliqua Sasuke.

Cela fit simplement sourire Naruto.

- Est-ce qu’Eirin et Akira sont aussi ici avec toi ? Demanda Sakura.

- Hmphm, répondit Naruto. Et pas seulement eux. D’autres ninjas de mon village aussi.

- De… de ton village ? Qu…

- Vous n’avez pas vraiment l’impression de savoir ce qui se passe, hein ? Comprit Naruto. Laissez-moi vous expliquer. La raison pour laquelle il y a des ninjas étrangers qui se baladent un peu partout dans le village est parce que dans trois jours, ce sera le début de l’Examen de Sélection des Chûnins. Et moi, Eirin, Akira, mais aussi d’autres ninjas de mon village y participeront.

Les trois membres de l’équipe sept eurent les yeux dilatés. Cela fit rire Naruto.

- Venez avec moi, dit-il. Vous allez me raconter ce que vous avez fait depuis le temps qu’on ne s’est pas vu. Et moi je vais vous présenter à mes amis.

Sasuke, Sakura et Sai se regardèrent. Ce matin, en rentrant de leur mission, ils n’auraient jamais imaginé qu’ils tomberaient sur Naruto. Ainsi, ce fut dans cette confusion et étonnement total qu’ils suivirent Naruto.

 

***

 

Kakashi et plusieurs autres Jônins se trouvaient à présent dans la salle de réunion des Jônins, en face de l’Hokage. Ce dernier les avait convoqués pour une affaire capitale : l’examen de Sélection des Chûnins.

- Comme vous le savez, l’examen des Sélections des Chûnins va bientôt commencer. Instructeurs de Genins de cette année, approchez-vous. Kakashi, Kurenai, Asuma, je vous écoute. Avez-vous, parmi les membres de vos équipes, des élèves à nous recommander pour passer l’examen.

Il eut un moment de silence où les Jônins se regardèrent. Kakashi guetta son collègue, Asuma Sarutobi, le fils de l’Hokage, ainsi que Kurenai, Jônin fraichement diplômée. Les autres Jônins et Chûnins présents observaient simplement. Tous savaient que l’examen de Sélection des Chûnins était un examen très difficile qui avait fait maintes victimes par le passé. Le but de cet examen était de sélectionner les meilleurs qui avaient des qualités de leaders et qui assureraient la force de leurs villages respectifs. C’était pourquoi cet examen était aussi exigeant et de haut niveau, parce qu’aucun village ne voulait avoir d’incompétents en tant que ninja confirmé. Kakashi était conscient de tout cela. Il était conscient que la décision qu’il s’apprêtait à prendre allait certainement mettre en danger ses élèves. Mais, depuis la mission au Pays des Vagues, Kakashi savait que ses élèves pouvaient surmonter n’importe quelle difficulté qui se dressait devant eux. Ce fut donc avec assurance qu’il s’avança. Il leva son index et majeur droits devant son visage.

- Équipe sept, Sasuke Uchiwa, Sai, Sakura Haruno. Moi, Kakashi Hatake, j’engage ma réputation en les recommandant tous les trois pour participer à l’examen de sélection des Chûnins.

- Équipe huit, Kiba Inuzuka, Shino Aburame, Hinata Hyûgaa. Moi, Kurenai, engage ma réputation en recommandant ces trois élèves pour participer à l’examen de sélection des Chûnins.

- Équipe dix, Shikamaru Nara, Chôji Akimichi, Ino Yamanaka. Moi, Asuma Sarutobi, engage ma réputation en les recommandant pour participer à l’examen de sélection des Chûnins.

Des murmures s’élevèrent des autres Jônins présents dans la pièce. Tous étaient étonnés. Les équipes sept, huit et dix étaient les équipes des Genins de cette année. Cela voulait dire qu’ils sortaient fraichement des bancs de l’académie. Et voilà que leur sensei respectif les soumettait à cet examen difficile. La dernière fois que cela était arrivé était il y a cinq ans.

- Je proteste, intervint alors Iruka Umino, qui était enseignant à l’académie. Tous se tournèrent vers lui.

- Je comprends que ces élèves aient fait d’énormes progrès au fil de ces six derniers mois, mais je pense que c’est encore trop tôt de les soumettre à l’examen. Laissez-les encore le temps de progresser et ils pourront participer l’année prochaine. J’ai été le professeur à l’académie et je pense que c’est de brusquer les choses que de les recommander à cet examen.

- Iruka, je conçois que tu t’inquiètes pour eux, mais ce ne sont plus tes élèves à présent, contra alors Kakashi qui était légèrement agacé par cette intervention soudaine.

- Mais Kakashi, vous devez comprendre que des participants sont morts lors de cet examen ! Vous…

- Lorsque j’ai passé cet examen, je n’avais que sept ans, répliqua Kakashi.

- Ne comparez pas ces élèves à vous ! S’écria Iruka. Vous êtes en train de faire une grave erreur ! Tous les trois !

Kakashi plongea ses mains dans ses poches et détourna son regard. Asuma avait l’air amusé. Et c’est reparti pour un tour, se dit-il.

- Va falloir t’y faire, Iruka, lança abruptement Kakashi. Ce ne sont plus tes élèves. Ce sont les nôtres. Et il n’y a rien que tu puisses faire à cause de ça. Si tu étais si concerné par la bienfait de tes élèves, tu aurais suivi l’éducation de chacun d’eux… sans exception.

Un silence s’installa alors dans la salle. Kakashi attendit, satisfait. Chacun dans la pièce savait qu’il faisait allusion à Naruto Uzumaki, qui avait aussi été sous sa tutelle. Mais Iruka avait complètement ignoré le garçon et négligé son éducation. Iruka, vexé, lança un regard haineux à Kakashi, tourna ses talons et quitta la pièce.

- Hmph, fit alors Asuma. Tu n’y es pas allé de main morte, Kakashi.

- Je déteste l’hypocrisie, répliqua simplement celui-ci.

Les trois se tournèrent à nouveau vers le Hokage qui avait observé la scène sans broncher. Toujours aussi indolent, pensa alors Kakashi qui, malgré son respect et sa dévotion pour le Hokage, le reprochait, comme bien des gens, de sa lassitude chronique. Le Hokage soupira.

- Bien, fit-il alors. Vos recommandations seront prises en compte. Merci. Cette cession est terminée.

Soulagé, Kakashi fut le premier à quitter la pièce. Il était content de pouvoir aller vaquer à d’autres occupations, comme lire son roman par exemple. Ensuite, il irait parler à ses élèves de l’examen. Kakashi était très intrigué de voir comment l’examen de cette année se déroulerait. Des choses intéressantes se passaient toujours lors de l’examen de sélection de Chûnins. C’était d’ailleurs le moment de l’année où le taux de tourisme était le plus élevé à Konoha…

Les mains toujours dans ses poches, il quitta le bâtiment pour déboucher sur le parc principal. Il y avait au centre un arbre avec une balançoire attachée à une des branches. Kakashi ne savait pas pourquoi, mais une sorte de présence émanait de cet endroit. Il fronça son sourcil visible.

- Montre-toi, qui que tu sois, dit-il alors.

Un rire retentit. Ce fut alors que, émergeant de derrière le tronc d’arbre, apparut Ban, souriant. L’œil de Kakashi se dilata.

- Ban !? S’exclama-t-il, incrédule. C… comment ça se fait que tu sois ici ?!

Ban ricana.

- Reprends-toi, Kakashi, on dirait que tu as vu un fantôme. Ça te dit qu’on quitte cet endroit ? Je n’ai pas trop envie de revoir les autres les autres pour le moment.

Kakashi acquiesça simplement, toujours sous le choc, et suivit Ban.

Ce dernier l’emmena au bord de la rivière. Ils s’assirent dans le gazon, observant des pirogues passer et des villageois se baigner un peu plus loin.

- Comment ça se fait que tu sois à Konoha ? Demanda à nouveau Kakashi. Es-tu ici avec Naruto, Akira et Eirin ? Tu es ici pour une mission ? Vous n’êtes plus des déserteurs ?

- Une question à la fois, ricana Ban. Et non, Jiraya-sensei s’est chargé de convaincre le conseil de ôter nos statuts de déserteurs. Danzô l’a mal pris.

Kakashi acquiesça.

- Ça fait un peu bizarre de te voir ici, concéda Kakashi.

- Je suis là pour l’examen des Chûnins, dit alors Ban.

- Quoi ? Naruto, Eirin et Akira vont participer à l’examen ?

- Et ils ne seront pas les seuls de mon village. Il y a trois autres équipes.

- Ton village ?

- Oui, Kokagure no Sato.

Il eut un moment de silence. Kokagure no Sato, pensa alors Kakashi. L’identité de ce fameux village était enfin révélée. Mais pourquoi choisissait-il de se révéler maintenant ? Kakashi fronça son sourcil.

- Ton village doit certainement avoir un système interne qui permet aux Genins de devenir Chûnins, dit alors Kakashi. Donc, si la raison était de réellement faire passer l’examen à tes élèves, vous ne vous seriez pas déplacé. Au pire des cas, vous vous seriez rendu à Kumo. C’est plus proche. Ce qui veut donc dire que vous vous servez de l’examen comme couverture.

Ban sourit.

- Analyse très pertinente, dit-il. Cela reste entre nous deux, cependant, n’est-ce pas ?

Kakashi soupira.

- Bien sûr. Aucune personne de Konoha ne sait ce qui s’est réellement passée à Nami no Kuni. Donc, les secrets, je sais les garder.

Ban acquiesça, rassuré.

- Donc, vous êtes encore en mission. Et si je comprends bien à présent, le but de votre village, Ko, est en fait d’effectuer des missions clandestines ayant pour but de résoudre certains conflits.

- Correct.

- Vous êtes donc ici pour Danzô.

Ban hésita. Devait-il aussi exprimer ses craintes à propos de Oto et de Suna ? Ban décida qu’il était encore trop tôt. Et puis, la team Oméga était en partie à Konoha aussi pour Danzô, même si elle ne le considérait pas comme une menace imminente.

- C’est exact, finit par répondre Ban. Danzô est un extrémiste qui pourrait causer des problèmes à l’avenir. Nous sommes donc là pour récolter des infos sur lui.

- Je vois, fit Kakashi. Je comprends que Hiro-sama se fasse du souci. Le service de renseignement de Ko doit être très développé s’il a su apprendre le déchirement interne qu’il y avait à Konoha.

Ban fronça légèrement les sourcils. Il savait bien que depuis des années, il y avait des tensions entre Danzô et Sarutobi. Mais de là à parler de déchirement. Kakashi, attentif aux expressions faciales de Ban, comprit qu’il n’était pas au courant de ce détail. Si ce n’était pas le cas, pourquoi la team Oméga était-elle donc à Konoha ? Ban lui cachait-il la vérité ? Kakashi décida de ne pas trop y penser, sachant que Ban s’ouvrirait certainement à lui tôt ou tard.

- Un déchirement, dis-tu ? Finit par demander Ban. Kakashi acquiesça.

- L’influence de Danzô, non seulement au sein de l’ANBU grâce à sa Racine, mais aussi au sein du village est en train de grandir. On parle même de pros-Danzô et de pros-Hiruzen.

- Ce n’est pas bon, tout ça.

- Oui. Les plus pessimistes prédisent une guerre civile.

- Non, dit fermement Ban. Danzô a peut-être de l’influence mais Hiruzen est trop aimé par la majorité pour que Danzô ne risque quoique ce soit. Il n’aurait pas de support.

- Espérons qu’il n’en obtienne jamais, dit alors Kakashi. Ban le regarda et acquiesça.

Après un petit moment de silence, il finit par se lever.

- Viens avec moi, dit-il. Il y a quelqu’un que je veux que tu revoies.

- Qui ?

Ban ricana.

- C’est une surprise.

**

 

Naruto ouvrit la porte de la salle commune du quatrième étage où se trouvait le reste de la délégation. Naruto regarda les trois membres de l’équipe Sept et leur fit signe d’entrer. Les trois hésitèrent quelques instants puis franchirent le seuil.

- Mais c’est qui que tu nous ramènes, Naruto ? Demanda Ôku, qui était en pleine séance de bras de fer avec Tayuya. Et bien entendu, il perdait, comme d’habitude.

- N’est-ce pas notre trio préféré de Konoha ? Railla gentiment Eirin en les voyant. Sakura, ça fait un bail.

- Je ne pensais pas te revoir de si tôt, Sasuke, dit Haku avec un sourire.

- Tu… tu es en vie ? Comment ? Demanda Sasuke en essayant de cacher son étonnement derrière son habituelle expression stoïque. Haku ricana simplement mais ne répondit pas.

- Quelles nouvelles, mon cher artiste ? Demanda Akira à Sai, un grand sourire sur ses lèvres.

- Akira… C’est un plaisir de te revoir, dit Sai.

Ôku qui avait observé les petites retrouvailles entre la team Sept et Akira, Eirin et Haku, finit par se lever.

- C’est donc toi Sasuke Uchiwa et sa groupie de Haruno, dit-il. D’après ce que Naruto nous a raconté, vous étiez de sacrés enculés avec lui à Konoha, surtout toi blanc bec d’Uchiwa. Mais vous vous êtes bien rattrapés aux Pays des Vagues, donc personne ici ne va vous faire la peau.

- Enfin, ça c’est à vérifier, ricana Tayuya avec un sourire amusé.

- Vous ? S’exclama alors Sakura en regardant Tayuya, Haku, Kimimaro. Vous êtes des criminels !

- Du calme gamine rose, dit calmement Kimimaro avec froideur. Un peu de respect. Nous sommes des ninjas de Ko à présent.

- C’est exact, confirma Akira. Ils ont été jugés et acquittés et ont pu intégrer notre village.

- Mais comment on peut être acquitté après avoir fait ce qu’ils ont fait ? S’exclama Sasuke.

- De la même manière que Naruto vous a pardonné après ce que vous lui avez fait, répliqua Rôku en croisant les bras.

Sasuke afficha une mine offusquée. Il voulut rétorquer mais Naruto leva sa main.

- Ça suffit. Sasuke, Sakura et Sai, effectivement, la team Zabuza a intégré Ko et croyez-moi, c’est justifié. Ils sont à présent de notre côté. Il va donc falloir s’y faire. Ensuite, vous connaissez déjà Akira, Eirin, Tayuya, Haku et Kimimaro. Les jumeaux taquins sont Ôku et Rôku Shirudô.

- On est les meilleurs potes de Naruto, dit Ôku sur un air de défi accompagné d’un sourire. Et si quelqu’un lui cherche des noises, on va lui éclater la gueule.

- On va en faire de la pâté pour chien, ajouta Rôku.

Les ninjas de Ko ricanèrent.

- Les gars, intervint alors Naruto.

Au fond de lui, il savait que voir Sasuke et Sakura se faire taquiner de la sorte lui faisait un peu du bien mais il savait aussi que cette partie de lui qui se réjouissait de cela n’était pas la partie dont il était le plus fier.

- C’est bon, les gars, dit-il donc.

- Hé, on fait que leur remettre la monnaie de leur pièce, intervint alors Kana. Ils ont osé te faire de la peine, Naruto-kun !

- Ouais ! Enchérit Nami. Tu es notre Naruto, et personne ne fait du mal à notre Naruto !

Naruto, gêné, se gratta la nuque.

- Faîtes pas attention, murmura-t-il aux trois de Konoha. Ils vont se calmer après.

Sakura, timide, acquiesça. Sai fit de même. Mais Sasuke resta simplement silencieux, sans bouger. C’était donc eux les amis que Naruto s’était faits ? Une sensation désagréable s’éprit alors de ses tripes. Voir Naruto aussi protégé et aussi aimé le rendait… jaloux. Oui, c’était de la jalousie. Il vit Naruto ricaner à une blague d’Ôku et vit Kana et Nami le prendre, une par chaque bras et flirter avec lui. Et les autres, même la team Zabuza qui avait été ses ennemis un peu plus d’un mois de cela, semblaient éprouvés une profonde affection pour lui. Il était comme le soleil et tout le monde, tels des planètes, semblait tourner autour de lui, appréciant sa lumière. Sasuke baissa légèrement la tête, serrant ses poings.

- Je n’ai pas fini de vous présenter tout le monde ! Se rappela alors Naruto. Voici aussi Kana, Abarai, Ryû et Nami.

- Enchanté, dit Sai avec un sourire. Content d’enfin rencontrer les amis de Naruto.

- Toi, tu ne l’as jamais embêté quand il était encore à l’école, n’est-ce pas ? Demanda Ôku.

Sai remua la tête.

- On t’aime bien, Sai, décrétèrent Ôku et Rôku en chœur avec de grands sourires.

Kana et Nami se rapprochèrent de Sakura sous les yeux amusées de Tayuya et Eirin qui s’asseyaient à présent l’une à côté de l’autre.

- On t’a à l’œil, dit Kana d’un air qui se voulait menaçant. 

- Fait gaffe, ajouta Nami sur le même ton.

Sakura les regarda et, ne sachant pas quoi répondre, força un sourire même si son fort intérieur lançait des insultes virulentes à l’égard des deux filles. Eirin et Tayuya éclatèrent de rire. Kana et Nami jouaient bien la comédie et Sakura semblait être déstabilisée.

- Où sont Ichiro et Nina ? Demanda Naruto après quelques instants.  

- Sortis, répondit Akira. Je ne sais pas où.

Naruto acquiesça puis s’étira.

- Bon, moi, faut que j’aille prendre une douche. Je vais vous laisser faire connaissance. Sasuke, Sakura, Sai, vous devriez leur raconter ce qui s’est passé tout à l’heure. Il y aura des candidats vraiment intéressants à cet examen, ça c’est sûr.

Après cela, Naruto s’éclipsa, laissant les trois à la merci de la délégation de Ko. Ils s’assirent et essayèrent de se mettre à l’aise. Ils racontèrent donc aux autres comment ils étaient tombés sur les ninjas de Suna et ce qui s’était passé ensuite. Bien entendu, Ôku et Rôku ne manquaient pas de les interrompre occasionnellement avec des piques bien placées destinées à Sasuke et Sakura. Mais plus ça allait, et plus elles se faisaient moins présentes. Mais lorsque Naruto revint, l’atmosphère se détendit instantanément. Sai et Akira qui s’étaient liés d’amitié aux Pays des Vagues parlaient avec entrain. Sakura se faisait gentiment charrier par Kana, Nami, Tayuya et Eirin, tandis que Sasuke, silencieux, écoutait Naruto, et les autres garçons parler de tout et de rien, mais surtout de leur sujet préféré : les filles. Naruto leur raconta la soudaine timidité de Sasuke lorsque Naruto lui avait proposé de se laisser aller avec l’une des jeunes villageoises au Pays des Vagues. Ôku et Rôku ne manquèrent pas l’occasion de railler Sasuke avec entrain. Ce dernier, ayant marre de se faire autant charrier, rétorqua qu’il avait perdu sa virginité cette nuit-là.

- Il fallait au moins ça, ricana Ôku.

Sasuke était sur le point de répliquer quelque chose mais la porte s’ouvrit. Zabuza, Ichiro et Nina venaient d’entrer.

- Les autres équipes commencent enfin à arriver ! S’écria alors Ichiro. Il y en a pas mal de Suna. Je pense qu’après Konoha, ce sont eux qui ont le plus de nombre d’équipes à l’examen.

- Naruto a eu une petite altercation avec l’une d’entre elles, informa Ryû.

- Sasuke, Sakura et Sai étaient là aussi, ajouta Naruto.

Ce fut à cet instant qu’Ichiro et Nina se tournèrent vers les trois ninjas de Konoha. Zabuza, qui les connaissait déjà, afficha un petit sourire menaçant, histoire de les intimider.

- Je vous présente Ichiro Uzumaki, mon autre cousin et le grand frère d’Akira, ainsi que Nina Uzumaki, la grande sœur d’Akira.

- Ah ! Fit Ichiro en croisant ses bras. Sasuke Uchiwa… Naruto, ce n’était pas le connard qui n’arrêtait pas de rendre la vie dure à l’académie ?

- Il y a aussi la gamine de Sakura, ajouta Nina.

En bons élèves de Ban des Enfers, Akira et Nina affichaient gaillardement leurs sourires sanguinaires.

- Ils ont déjà reçues des menaces de la bande, vous n’allez pas vous y mettre non plus ! S’exclama Naruto.

- Un petit rappel ne fait jamais de mal, répliqua Ichiro en s’asseyant.

Sasuke, Sakura et Sai se regardèrent sans rien dire.

- Nous, on s’est excusé, dit alors Sasuke. Mais on n’était pas les seuls à l’académie ! C’est plutôt à des gens comme Kiba que vous devriez vous en prendre !

- Kiba, j’en ferais mon affaire, répliqua Naruto avec une légère touche de sérieux.

Cela installa un silence dans la pièce. Mais à cet instant, la porte s’ouvrit à nouveau, laissant entrer Ban et Kakashi.

- Kakashi sensei ! S’exclama Sakura.

- Ah, mais vous êtes tous ici, constata Kakashi. Naruto, Eirin, Akira ! Content de vous revoir aussi. Et il y a…

Ce fut à cet instant que le regard de Kakashi s’attarda sur Haku, Kimimaro, Tayuya et…

- Kakashi Hatake ! Fit alors Zabuza avec un sourire qui dévoilait toutes ses dents pointues. Ça fait un bail, Croc Borgne de Konoha… enfin, pas si borgne que ça.

L’étonnement de Kakashi était total. Tout d’abord, il n’en revenait pas de la présence de Haku qui avait reçu son Raikiri en plein cœur. Ce coup aurait dû le tuer. Haku le regardait d’ailleurs avec un fin sourire.  

- Kakashi-san, dit-il. C’est vrai que ça fait un bail. La dernière fois, vous aviez votre main dans mon cœur.

Zabuza ricana.

- Mais, qu’est-ce que tout cela veut dire ? Demanda Kakashi.

- Zabuza et son équipe font à présent parti de Ko, dit Ban avec un sourire radieux. Et l’équipe de Zabuza va aussi participer à l’examen.

- Quoi ? Mais leur niveau est bien plus élevé que celui de simples Genins !

- Allons, Kakashi. On s’est très bien que lors de cet examen, ce ne sont pas que de simples Genins qui y participent. Le niveau de cet examen est tel que de simples Genins n’auraient aucune chance. Mais je dois avouer que les équipes de Ko pourraient avoir un niveau encore plus élevé. Mais bon, que veux-tu ?

Ban ricana. Kakashi regarda alors ses élèves qu’ils venaient de recommander à l’examen. Il dévisagea ensuite Naruto, Akira, Eirin, Haku, Kimimaro, Tayuya, mais aussi, Ôku, Rôku, Abarai, Ryû, Kana et Nami. Avait-il commis une erreur en recommandant ses élèves à l’examen ? Kakashi avait pu voir six de ces douze à l’œuvre. Haku avait battu Sasuke avec une certaine facilité, tandis que Naruto, Eirin et Akira s’étaient battus contre Lio et s’en étaient sortis vivants. Sans compter que tous les six avaient une grande expérience sur le terrain. Quant aux deux autres équipes de Ko, Kakashi se doutait bien que s’ils avaient été choisis pour représenter Ko, c’était qu’ils devaient être la crème de la crème. Kakashi commençait alors à comprendre l’une des motivations de la participation de Ko à cet examen. Il savait qu’il ne s’était pas trompé en pensant que Ko avait un système structuré qui lui permettait de sélectionner des Chûnins. Donc, une autre des raisons de leur participation était… la démonstration de puissance. Après s’être caché pendant des années, Ko voulait enfin que le monde des Shinobis ne le remarque. Et quel meilleur moyen que l’examen de sélection des Chûnins ! Kakashi regarda Ban qui avait toujours son sourire radieux. Mais derrière ce sourire, il pouvait déceler l’air de défis. Ko était peut être un allié caché de Konoha (qui d’ailleurs ne le savait pas), mais Ko voulait aussi faire savoir à ce village… qu’il devait faire attention.

Kakashi se tourna ensuite vers Zabuza qui le souriait avec provocation. Kakashi regrettait de ne pas en avoir fini avec celui-ci. Il connaît mon secret à présent et c’est pour ça qu’il sourit, le bâtard, se dit-il, agacé. Il décida de ne pas laisser le sourire provocateur de Zabuza l’atteindre et il se tourna vers ses élèves.

- Ça tombe bien que vous soyez là, dit-il aux trois. J’allais vous annoncer que je vous ai recommandé pour participer à l’examen.

- Vraiment ? S’exclama Sakura.

- Oui. Mais c’est à vous de choisir si vous voulez participer.

Sasuke, Sakura et Sai se regardèrent une nouvelle fois puis regardèrent les douze Genins de Ko qui se dressaient devant eux. Ils savaient à présent qu’en participant à cet examen, ils auraient à se mesurer à eux. Sasuke pensait particulièrement à Naruto et Haku qu’il voulait égaler. Il n’avait toujours pas digéré sa défaite contre Haku et il savait que Naruto était certainement aussi fort. Depuis la mission aux Pays des Vagues, Sasuke s’était durement entrainé. Et il voulait savoir si son entrainement avait porté ses fruits.

- J’accepte, dit-il sur un ton déterminé.

Tous les Genins de Ko sourirent.

- Pas mal, Uchiwa, pas mal, commenta Ôku.

Sakura, quant à elle, se rappela des moments passés avec Eirin et de l’écart de puissance qu’il y avait entre elles. Elle s’était fixée pour but de combler cet écart. Elle se souvenait aussi des conseils qu’elle lui avait passée concernant son attitude et son comportement. « Arrête de te comporter comme une gamine » lui avait-elle dit. Sakura sourit. Cet examen serait l’occasion parfaite pour enfin faire ses preuves.

- J’accepte, dit-elle sur le même ton que Sasuke.

- Ah, fit Eirin, ça va être intéressant de te voir à l’œuvre alors.

- On verra bien de quoi elle est capable, ajouta Kana.

Il ne restait plus que Sai. Il réfléchissait. Lui n’avait pas l’esprit aussi compétitif que les autres. Il œuvrait dans la douceur et laissait les choses se faire. Mais, quelque chose au fond de lui, de la curiosité certainement, le poussait à s’interroger sur ses capacités face à d’autres ninjas étrangers. Était-il faible, aussi fort, plus fort ? Sai voulait le savoir. Ce fut donc en adressant un sourire à Akira qu’il répondit :

- J’accepte aussi.

- C’est génial ! S’exclama Naruto. On va tous passer l’examen ensemble !

- Parfait, dit alors Kakashi. L’examen aura lieu dans trois jours. Soyez à l’académie le Quinze Novembre à neuf heures pile.

Kakashi leur sourit, sourire caractérisé par le plissement de son œil visible. Il se tourna ensuite vers Ban.

- Konoha aussi aura des éléments intéressants, dit-il. Ce n’est pas une grande nation pour rien.

Ban ricana.

- Mais je suis d’accord. C’est ça qui va rendre les choses... amusantes.

Kakashi acquiesça.

- Je vais m’en aller, dit-il. On aura l’occasion de se reparler plus tard.

- Certainement.

Kakashi acquiesça et se dirigea vers la porte.

- On va aussi s’en aller, dit alors Sasuke. On se verra certainement dans trois jours.

- Certainement, répondit Naruto.

- Au revoir, dit Sai.

Les trois suivirent alors leur maître.

- C’était assez amusant je dois dire, commenta ensuite Tayuya.

- J’avais un peu pitié pour eux, répliqua Ryû. On s’est tous dressé contre eux.

- Ce n’est pas comme s’ils ne le méritaient pas, dit Ichiro. Tu les as peut-être pardonné Naruto, mais nous on a la rancune tenace.

- Heureusement que Gin n’est pas là, ricana Ban. De tous, on sait très bien que ceux qui ont vraiment la rancune tenace, ce sont les Éperviers*.

 

 

**

 

 

Cette nuit-là, assis dans son lit, Naruto pensait aux événements de la journée. D’abord, il y avait l’altercation avec ces ninjas de Suna. Des trois, le garçon à la gourde était celui qui l’intriguait le plus. De plus, Kurama avait réagi bizarrement face à lui : il avait ricané. Naruto avait essayé de lui demander pourquoi mais Kurama l’avait ignoré, refusant de répondre. Naruto détestait lorsqu’il faisait cela. Mais il savait qu’il ne pouvait pas le forcer à parler. Mais surtout, vu que lui et son équipe devait enquêter sur Suna, cela ne l’avançait pas. Ban leur avait expliqué pourquoi ils devaient enquêter sur Suna et Oto. D’après des informations que le Shinken avait recueillies et les dires d’Eienaki, Suna pouvait être une menace potentielle pour Konoha, ce que Naruto avait trouvé alors absurde vu l’alliance entre les deux villages. Mais Naruto savait à présent que dans le monde des ninjas, les alliances étaient aussi solides que les feuilles mortes de l’Automne.

Ce qui l’avait le plus tiqué lors de cette rencontre quelques heures plus tôt, c’était les dires de ce dénommé Gaara. « Je vous rappelle que nous ne sommes pas là pour nous amuser ». Naruto comprenait que ces dires pouvaient être interprétés de multiples manières. Mais quelque chose lui disait que la connotation de ces mots était encore plus néfaste. Naruto se gratta la tête. Akira, Eirin et lui allaient devoir user de ruse pour pouvoir prélever le maximum d’informations car, il commençait peu à peu à s’en rendre compte, tout le monde semblait être aux aguets pour cet examen. «  Cet examen peut être considéré comme une guerre » leur avait dit Hiro avant leur départ. Et Naruto commençait à comprendre. Il y avait cette tension dans l’air et il pouvait la sentir.

Naruto finit par s’allonger, n’ayant pas assez d’informations pour commencer à faire son travail. Il devrait attendre le début de l’examen.

- Tu dors, Naruto ? Demanda alors une voix dans la pénombre. Naruto la reconnut. Il s’agissait de celle de Nina. Il sourit et se redressa.

- Non, répondit-il. J’étais juste en train de réfléchir.

Naruto tapota la place sur son lit juste à côté de lui pour indiquer à Nina de venir s’asseoir à côté de lui. Cette dernière, en kimono de chambre rose en soie, s’avança donc et s’assit à côté de son blond.

- On a pas vraiment eu l’occasion d’être rien qu’ensemble ces derniers temps, dit-elle en se mettant à caresser ses cheveux. Et bientôt, on ne se verra même pas.

- Je sais, soupira Naruto.

Naruto se pencha alors vers Nina, cherchant à l’embrasser mais celle-ci se retira. Naruto fut étonné.

- Qu’est-ce qu’il y a ? Demanda-t-il.

Nina hésita. Elle avait un sourire peiné sur ses lèvres. Naruto ne comprenait pas pourquoi.

- Tu es beau, tu sais ça ? Dit-elle.

- Et toi tu es belle, Nina.

Nina ricana.

- Tu attires l’attention de pas mal de monde… et lorsque je dis monde, je parle bien sûr de filles. Il y a d’abord Kana et Nami qui sont trop fêlées du cerveau pour ne pas se rendre compte que des garçons comme Abarai ou même Ryû sont follement amoureux d’elles. Et puis, il y a Tayuya avec qui tu t’entends superbement bien. Et mes parents pensent que toi et elle formeriez un merveilleux couple qui promouvrait la résurrection du clan Uzumaki. Et récemment, en faisant un tour chez Ichiraku, j’ai entendu la serveuse, Ayame je crois elle s’appelle, parler avec des clientes de toi. Bizarrement, les filles de ce village commencent peu à peu à ne plus te considérer comme un monstre, ce qui est d’une hypocrisie qui me sort par les yeux.

Naruto ricana et se mit lui aussi à caresser la chevelure rouge de Nina. Celle-ci ferma momentanément ses yeux, appréciant ce moment de tendresse.

- Je n’ai pas envie d’être celle que tout le monde va appeler la jalouse. On ne sort même pas ensemble, Naruto. On a jamais couché ensemble et… J’essaie de me dire que tu as tous les droits. Après tout, qui suis-je pour te dire ce que tu dois faire ? C’est juste que… moi… moi ça me fait un peu souffrir.

- Pourquoi ? Demanda alors Naruto qui n’avait rien d’autre à dire.

- Parce que… parce que…

Devait-elle le dire ? Depuis qu’elle avait commencé à sortir avec des garçons, Nina n’avait jamais été celle qui avait initié le couple. Son caractère mi-ange mi-démon ainsi que son physique avait fait craquer plus d’un à Ko et la majorité la suppliait de sortir avec elle. Elle avait parfois accepté, mais n’avait jamais ressenti d’émotions aussi fortes que maintenant. Et elle ne voulait pas s’ouvrir et souffrir en retour. Et si Naruto lui répondait que lui, préférerait encore profiter de son succès et qu’il n’était pas près à s’engager dans une relation ?

- Nina ? Fit Naruto, qui attendait toujours.

- Non, oublie, dit-elle avec un sourire forcé. Elle essaya d’afficher sa mine sensuelle. Peut-être était-ce mieux comme ça. Peut-être était-ce mieux de continuer à jouer, à se chercher. Au moins, elle ne souffrirait pas. Elle se jeta alors sur lui, l’embrassant voluptueusement, laissant sa main caresser avidement son entrejambe. Elle sentit le membre du blond qui s’était déjà raidi. Mais, malgré cette réaction physique, le baiser du blond ne semblait pas être aussi intense. D’ailleurs, il se retira.

- Nina, tu ne m’as pas dit ce qui n’allait pas.

- Mais rien, je te dis, répondit celle-ci en essayant de continuer.

Mais Naruto l’en empêcha. Nina sentit alors une colère monter. Elle se redressa.

- Mais qu’est-ce que tu veux ? S’écria-t-elle. Naruto était complètement confus, largué. Une seconde plus tôt, il se faisait embrasser et caresser, et là, il se faisait crier dessus.

- Mais… mais… balbutia-t-il.

- Tu ne comprends vraiment rien ! S’écria Nina. En fait, je pensais t’avoir rendu un tantinet plus intelligent. Mais tu es toujours aussi gourd qu’au premier jour !

Et ce fut sur ces mots que Nina s’en alla. Naruto resta là, la bouche grande ouverte, complètement abasourdi. Mais qu’avait-il fait ? Il avait très bien compris que Nina avait quelque chose qui la préoccupait, et que ça avait avoir avec le reste des filles qui lui tournait autour. Mais comme elle l’avait si bien dit, elle et lui ne sortaient pas ensemble et lui ne pouvait rien y faire à cela. La dernière chose dont il avait envie de faire, c’était de la faire souffrir mais pourtant, cela semblait être l’inverse.

Naruto plongea son visage dans ses mains, soupirant. Cette nuit-là, il ne réussit pas à dormir.

 

****

 

Après trois jours, le jour de l’examen arriva enfin. Naruto venait de se réveiller. Il regarda par la fenêtre de sa chambre et put voir au loin le visage de son père qui le regardait. Il sourit légèrement avant de quitter sa chambre pour se diriger vers la salle à manger où étaient installés Akira et Eirin. Les deux s’embrassaient et au moment où Naruto arriva, ils arrêtèrent pour le saluer.

- Tu vas bien ? Demanda Eirin. Aujourd’hui, c’est le grand jour.

- Ouais, je suppose, dit Naruto en s’asseyant. Akira et Eirin se regardèrent.

- Ça ne s’est toujours pas arrangé avec Nina ? Demanda Akira.

Naruto remua la tête. Ces trois derniers jours, la jeune fille avait refusé de lui adresser la parole. Ce dernier ne comprenait d’ailleurs pas pourquoi et cela l’énervait. Depuis l’incident dans sa chambre, Nina agissait comme s’il n’existait pas. Naruto avait beau essayé de trouver ce qu’il avait fait de mal, mais il n’y arrivait pas.

- Les filles peuvent faire chier dès fois, soupira-t-il en se servant un bol de lait.

- Surtout lorsqu’elles s’appellent Nina, plaisanta Akira.

Etant une fervente admiratrice de Nina, Eirin lança un regard réprobateur Akira qui arrêta immédiatement de sourire.

- Il n’y a pas grand chose que tu puisses faire à présent, dit-elle ensuite à Naruto. Il va falloir qu’on se concentre sur notre mission de toutes façons donc, va falloir que tu chasses ça de ta tête.

Naruto ne commenta pas, agitant sa cuillère dans son bol.

- Je sais ce que je vais faire, dit-il subitement au bout d’un moment. Je vais aller lui parler.

Il se leva ensuite.

- Naruto, ça fait peut-être six mois que tu connaisses Nina mais moi je la connais depuis… ben depuis toute ma vie, dit Akira. Lorsqu’elle décide quelque chose, soulever une montagne serait très facile comparer à ce que tu devrais faire pour lui faire changer d’avis.

Naruto ricana.

- Les montagnes, je les soulève pour mon entrainement matinal, répliqua-t-il.

Akira et Eirin rirent.

- Ça va être facile pour toi, alors.

Naruto acquiesça et sortit de l’appartement. Celui de la Team 5 de Ko se trouvait juste en face. Naruto alla donc frapper à la porte. Personne ne répondit. Naruto posa son oreille sur la porte et utilisa l’Élévation des Sens. Il pouvait entre un battement de cœur. Il y avait donc quelqu’un à l’intérieur. Il décida de défoncer la porte. Nina était assise sur le divan, les pieds croisés, lisant un magazine comme si de rien n’était.

- Non mais quel impoli, dit-elle sans relever son visage. On ne t’a vraiment jamais appris les bonnes manières. On frappe avant d’entrer, monsieur.

Naruto ne savait pas s’il devait rire ou s’énerver. Il décida simplement d’ignorer cette pique.

- Tu me parles maintenant ? C’était plus facile que je ne l’avais prévu.

Nina tourna une page de son magazine. Naruto soupira et alla s’asseoir à côté d’elle.

- Ce n’est pas juste, dit-il alors. Je n’ai absolument aucune idée de ce que j’ai fait !

- Creuse-toi un trou dans ta tête et remplis là, rétorqua Nina.

- Rahh ! Tout ça va me rendre fou ! S’exclama le blond.

Nina ne broncha pas. Naruto décida de prendre une autre alternative.

- Cet examen est plutôt dangereux, tu sais. Il se peut que j’y passe. Comment te sentirais-tu si jamais je mourrais ?

- Tu as survécu à un enlèvement, deux missions de rang S, une tempête et certainement l’un des entrainements les plus rigoureux jamais créés. S’il te plait, continue donc de me faire rire.

Naruto ne put s’empêcher de ricaner sous sa barbe. Il soupira ensuite.

- Bon, très-bien, dit-il en se levant. C’est ton problème. J’avais l’intention de te faire…

Et là, Naruto se pencha et murmura des mots à l’oreille de Nina. Celle-ci commença progressivement à virer au cramoisie. Lorsque Naruto avait terminé, elle était aussi rouge que ses cheveux.

- Mais bon, tant pis, termina Naruto, satisfait de son effet. Nina resta muette. Naruto se redressa et s’en alla.

Il regagna l’autre appartement et trouva Eirin et Akira qui s’embrassaient et s’attouchaient en même temps. 

- Mais putain il y a des chambres pour ça ! S’écria Naruto en se dirigeant vers sa chambre pour se préparer, laissant Akira et Eirin qui riaient, gênés.

*

 

Naruto était à présent dans sa chambre et remplissait ses sacoches de shurikens, kunais et autres ustensiles de ninjas. Cet examen marquait le début réel de leur mission. Naruto enroula Kōsen avec des bandes blanches. Il forma ensuite des lanières avec des cordes rouges tressées qui le permettraient de porter son sabre sur son dos. Lorsque sa besogne fut terminée, il resta immobile pendant un moment pour se concentrer. Il s’était déjà vêtu de son accoutrement de mission qui consistait de son haut blanc en col V et à manche courte, d’une veste sans manche à capuchon orange ouverte qui dévoilait le symbole du clan Uzumaki en rouge qui se trouvait au centre du haut blanc. Le col V était assez bas pour dévoiler une partie de son torse ainsi que ses deux chainettes, l’une du soleil dans l’oméga, et l’autre étant la feuille cristallisée par Eienaki. Il portait aussi un pantacourt noir tenue par sa ceinture avec le symbole de Ko gravé sur la boucle. D’ailleurs, son haut s’arrêtait juste au début de sa taille, exposant fièrement la boucle de cette ceinture. Quant à ses sandales de ninjas, elles étaient noires et remontaient presque jusqu’au niveau où s’arrêtait son pantacourt. Une fois de plus, il avait enroulé ses mains et ses avant-bras de bandelettes blanches au cas où il venait à utiliser le Hikin. Son bandeau frontal attaché de manière légèrement inclinée empêchait certaines mèches d’obstruer ses yeux bleus azur. Naruto attacha donc sa pochette de shuriken et de kunai au niveau de sa cuisse gauche et sa sacoche remplie de fils de fers, fumigènes et le reste de la panoplie au niveau de sa taille. Il porta ensuite son épée sur son dos et sortit de sa chambre.

Eirin et Akira avaient aussi pris le temps de se préparer. Eirin avait sa sacoche en bandoulière et son Garagarahebi à sa ceinture tandis qu’Akira avait décidé d’emmener son sac à dos.

- Les autres sont déjà partis, dit Eirin. Je pense qu’ils ne voulaient pas attendre.

- Pas grave, on va les retrouver là-bas.

Les trois se regardèrent et sourirent.

- On va faire un malheur, dit Akira. Naruto et Eirin acquiescèrent. Ils sortirent ensuite de l’appartement. Eirin constata immédiatement la porte défoncée de l’appartement de la Team 5. Elle regarda Naruto qui fit comme si de rien était. Elle se tourna ensuite vers Akira qui pouffait de rire.

Les trois quittèrent ensuite le bâtiment pour se diriger vers l’académie du village de Konoha.

- Je me demande comment cet examen sera structuré, dit alors Eirin.

- J’ai entendu dire qu’il est différente chaque année pour éviter que ceux qui le reprennent aient un avantage, confia Akira. 

- On s’en fiche de comment ça sera, dit Naruto avec un sourire déterminé. Nous, on a un objectif à atteindre et on l’atteindra coute que coute.

- Tu as une manière de parler qui est vraiment rassurante, Naruto, confia Eirin. Plus tard, tu feras certainement un très bon Kokage.

Naruto sourit, sachant que c’était son rêve le plus grand.  

- Il faudra d’abord que je surpasse tous les Kyunin Kibō et le Shinken.

- Ah au fait, vous pensez qu’on est déjà considéré comme des Espoirs de Ko ? Demanda alors Akira. Ça fait un bon moment qu’on est les élèves de Ban et on est pas mal, je dirais.

- Je crois que depuis qu’on a reçu ça, on a toujours été considéré comme des Espoirs, répondit Naruto en montrant la Bague d’Espoir que Ranmaru leur avait offert. Lui la portait sur son auriculaire gauche. Eirin regarda alors la sienne qu’elle portait sur son annulaire gauche. Akira la portait sur son auriculaire droit. Les trois se souvenaient parfaitement du jour où ils avaient reçus ces bagues. Ranmaru, le plus ancien des Espoirs de Ko, les leur avait offert en disant que n’importe où ils seraient, si jamais ils se retrouvaient dans des situations improbables, la bague canaliserait la volonté de chaque Espoir pour leur apporter secours. Naruto se demandait parfois si les élans de force qu’il avait ressentis lors de ses plus rudes batailles (son combat contre Raizô et Lio) n’étaient pas dus à cette bague. N’ayant pas de réponse, il sourit simplement.

Les trois continuèrent de marcher à travers Konoha pour se rendre à l’académie. Ils devaient s’enregistrer à neuf heures pile. Il leur restait donc trente minutes.

Bientôt, ils arrivèrent devant le bâtiment de l’académie. Naruto vit aussitôt l’arbre qui se trouvait en face avec la balançoire. Un élan de nostalgie s’éprit de lui. Il se souvenait parfaitement de ses moments de solitudes sur cette balançoire… Naruto sourit simplement, décidant de ne pas laisser les maux du passé empiéter sur son présent.

Les trois marchèrent alors vers les portes de l’académie mais  ce fut à cet instant qu’un groupe de dix ninjas apparurent devant le bâtiment. Naruto fronça les sourcils.

- Je sens des ennuis, dit alors Eirin.

- Ce doit être des Chûnins de Konoha, déduisit Naruto qui se souvenait à peu près de certains visages. Les trois arrivèrent alors devant le groupe qui bloquait l’entrée. Les Chûnins leur lançaient des regards haineux, surtout à Naruto. Rien a changé avec vous, pensa Naruto qui sentait la colère monter. Il ferma les poings, ne voulant pas céder à cette part de lui.

- Excusez-nous, dit-il. Mais nous sommes là pour l’examen. Nous devons entrer.

- On ne laissera pas un démon comme toi devenir un Chûnin ! Cria alors l’un des Chûnins.

- Pourquoi es-tu revenu ? Lança un deuxième. Konoha était mieux sans toi !

Naruto resta silencieux pendant un moment, puis ricana. Un ricanement amer.

- Je conçois que l’état paisible de Konoha soit vraiment mis en danger par ma présence, railla-t-il avec un sourire froid. Mais j’ai un laissez-passer de l’Hokage. Donc j’ai le droit d’être ici.

- Danzô-sama n’est pas d’accord avec le Hokage et pense qu’il a commis une erreur ! Et nous sommes d’accord avec lui !

- Oué ! Fit le reste des Chûnins.

Naruto ne put cacher son étonnement face à ça. D’autres personnes autres que des membres de la Racine supportaient Danzô ? Son influence se s’était-elle donc répandue ?

Naruto se tourna vers ses coéquipiers qui rageaient plus que lui.

- Ok, fit alors Akira en colère. Je vais tous les faire exploser et on en aura terminé avec eux ! Eirin, attrape mon sac.

- Non, je vais les plonger dans un Genjutsu si violent qu’ils ne connaîtront plus leurs noms, ces connards ! Et ensuite, je leur ferai faire des trucs si horribles que le simple fait d’y penser leur fera pisser dans leur pantalon, répliqua-t-elle sur le même ton.

En les voyant ainsi, Naruto sentit sa colère à lui s’envoler et afficha un sourire. Une fois de plus, il constatait qu’il avait des amis, des vrais, qui se souciaient de son bien être au point de tout foutre en l’air, mission y comprise. Car, si Eirin et Akira s’attaquaient à ces Chûnins, ils se feraient certainement expulser du village, ou pire, arrêter.

- C’est bon les amis, dit-il alors. Pas la peine de leur faire du mal. Ce ne sont que de gros ignorants.

- Comme ose-t-il ? S’écria un des Chûnins. Ce n’était qu’un raté à l’académie et il ose nous prendre de haut.

Du coin de l’œil, Naruto vit celui qui avait parlé. Il se souvenait de ce Chûnin. Il s’agissait de Mizuki. Naruto mit simplement ses mains dans ses poches et se dressa devant le groupe des Chûnins de Konoha. Il ferma ensuite momentanément ses yeux. Le pouvoir d’assujettir le vent, se dit-il en inspirant et expirant. Shugi Tenku ! L’Art du Vent Ethéré. Il ouvrit ensuite violemment ses yeux et une onde d’air s’échappa de son corps. Les Chûnins, surpris, se regardèrent.

- C’était quoi ça ? Demanda l’un d’entre eux.

Mais, en guise de réponse, un vent se mit à souffler, faisant violemment agiter les chevelures de Naruto, Eirin, Akira et de tous les Chûnins présents. Leurs vêtements dansaient aussi violemment au gré de ce vent en colère. Naruto fit ensuite un pas en avant et ce fut comme si un mur de vent s’était dressé au milieu du groupe. Naruto fit un autre pas et le mur invisible de vent s’élargit, repoussant une partie du groupe d’un côté, et le reste de l’autre, créant ainsi une voie libre vers l’entrée. Naruto soupira alors et le vent se calma. Le groupe de Chûnins, complètement étonné, regardait Naruto avait des yeux si gros et ronds qu’ils touchaient le sol.

- Du balais, murmura simplement Naruto avant de marcher vers l’entrée. Eirin et Akira se regardèrent et sourirent.

- Tu parles de ne pas leur faire du mal, ricana Akira. Leur égo aura pris un sacré coup, ça c’est sûr.

- Danzô par-ci, Danzô par-là. Il commence sérieusement à m’énerver celui-là, ajouta Eirin.

Naruto resta silencieux, réfléchissant. Il était vrai que le nom de Danzô devenait de plus en plus connu au sein du village qui, six mois plus tôt, ne faisait pas attention à lui. Lorsque Naruto vivait encore à Konoha, il n’avait jamais entendu parler de lui. Car Danzô était la face obscure du village, celui qui dirigeait la Racine. Mais voilà qu’il commençait à devenir plus populaire… Naruto décida de laisser ses inquiétudes de côté. Danzô était la préoccupation de Ban. Eux devaient se focaliser sur Suna et Oto.

- C’est où déjà qu’on doit se rendre ? Demanda Eirin.

- Salle 301, répondit Akira.

- Tu as toujours les réponses à tout, toi, ricana alors Naruto qui était d’entrain pour retrouver sa bonne humeur.

- Akira est notre petit géni à nous, ricana Eirin en le prenant dans ses bras.

Naruto se rapprocha ensuite d’Akira et, alors qu’Eirin ne prêtait pas attention, il murmura :

- Lorsque je pense que tu pensais qu’elle avait le béguin pour moi.

Akira sourit simplement.

- Je le pense toujours, chuchota-t-il en retour.

Naruto remua la tête.

- Tu es fêlé du cerveau, décréta-t-il.

- Peut-être bien, répliqua Akira, toujours avec son sourire. Naruto décida d’abandonner et les trois continuèrent de marcher. Ils gravirent les escaliers qui les conduisirent finalement au troisième étage. Là, ils trouvèrent la salle 301. Une personne se trouvait devant les portes. Il s’agissait de Ban.

- Je commençais à croire que vous n’alliez pas vous montrer, dit-il.

- Ce n’est pas notre faute, se défendit Eirin avant de raconter ce qui s’était passé.

- Ils ne perdent vraiment rien pour attendre ! S’exclama Ban. Non mais ce village est toujours aussi pourri jusqu’à la moelle.

- Ou plutôt pourri à cause de Danzô, dit Naruto.

- Ne vous inquiétez pas de lui, chuchota Ban. Je m’en charge. Vous, tachez de garder l’œil ouvert sur vous savez qui.

Les trois acquiescèrent.

- Bon ben, je vous dis merde !

Naruto, Akira et Eirin sourirent avant d’enfin franchir les portes de la salle. Celles-ci se refermèrent sur Ban qui leur lança un dernier sourire d’encouragement.

- Naruto, Akira, Eirin, par ici ! Cria alors une voix féminine. Il s’agissait de Kana qui se trouvait avec le reste de la délégation. Le trio Oméga alla d’abord s’enregistrer à une table où ils devaient remplir un formulaire, puis ils rejoignirent les autres ninjas de Ko.

- Vous en avez mis du temps, commenta Tayuya.

- On a cru que vous ne vous montriez pas, ajouta Haku.

- Pourquoi on ne se montrerait pas ? Lança Naruto.

- Peut-être à cause de la peur, répliqua Haku avec son habituel sourire aimable. Naruto remua la tête.

- Tu sais que tu me dois un combat, Naruto, continua-t-il. J’espère bien l’avoir lors de cet examen.

- Haku, il y a Kimimaro qui veut aussi m’affronter, va falloir que vous vous mettiez d’accord sur qui affronte qui parce que je ne pourrais pas vous affronter vous deux en même temps. Je ne suis hélas pas encore assez fort pour ça.

- Ce sera le sort qui décidera, dit simplement Kimimaro.

- Oh là, là, vous êtes trop sérieux les gars ! S’exclama Ôku.

- Trop sérieux ? Fit Ryû, tu as vu le reste des gens ?

Ce fut à cet instant que Naruto scanna la salle d’un regard. Assis dans toutes les positions possibles sur les tables bancs qu’il y avait dans cette salle de classe se trouvaient tous les participants potentiels à cet examen. Chacun affichait des regards de défi ou des regards menaçants. Tous étaient aux aguets et s’observaient. Naruto repéra immédiatement Gaara et son équipe. Il constata que celui-ci le regardait aussi.

- Salut la compagnie, dit alors une voix familière.

- Ah mais ce notre trio de Konoha favori, dit Ôku en voyant Sai, Sakura et Sasuke se rapprocher d’eux.

- Tu es toujours aussi drôle, railla Sasuke.

- On me surnomme le roi de l’humour, répliqua Ôku avec son sourire farceur.

- Vous n’allez pas recommencer, les gars, intervint Naruto.

- C’est lui qui me cherche, répliqua Sasuke.

- On dirait un gamin qui se plaint à sa maman, taquina alors Rôku.

Abarai, Kana et Nami ricanèrent. Sakura décida simplement de sourire, ne voulant pas réagir de manière à attirer les piques des jumeaux.

- Prêt, Sai ? Demanda Akira

- On verra bien, répondit celui-ci.

- Haku, peut-être que c’est contre Sasuke que tu devrais te mesurer, dit Naruto.

- Je l’ai déjà battu une fois, répondit Haku.

- Mais je veux ma revanche, ça c’est sûr, dit Sasuke avec un sourire de défi.

- Vraiment ? Ça m’intéresse finalement.

- Il n’y a pas beaucoup de filles, ici, constata alors Ôku qui scannait la foule.

- Non mais sérieux, Ôku, il n’y a pas que ça dans la vie, intervint Kana.

- Toi, va parler chiffon avec ta meilleure ennemie et laisse-moi tranquille, répliqua Ôku.

Kana rétorqua alors avec virulence et Ôku s’enflamma. Naruto ne comprit pas comment, mais Nami se retrouva mêlée à cette dispute. Les trois criaient tellement forts qu’ils attiraient à présent l’attention.

- Tu as des amis vraiment intéressants, chuchota Sasuke à l’oreille de Naruto. Ce dernier, mort de rire, acquiesça.

- C’est pour ça que je les adore ! S’exclama-t-il.

- Les gars, les gars, fit alors Ryû. Les gens nous regardent bizarrement.

Mais les trois doublèrent d’intensité.

- Hé vous, taisez-vous ! Cria alors un Genin de Suna qui devait avoir une vingtaine d’année. Il était robuste et avait des tatouages sur le visage.

- Je te conseillerai de ne pas te mêler à ça, répliqua alors Naruto avec un grand sourire. On fait ce qu’on veut, figure-toi.

- Ah ouais ?

- Ouais ! Et ni toi, ni personne dans cette salle n’a, ou n’aura le droit de contester quoi que ce soit. Je vais d’ailleurs en profiter de ce moment pour faire une petite déclaration (Naruto prit une profonde inspiration) : Mon nom est Naruto Uzumaki ! Retenez-le bien car… moi et mon village, on va tous vous écraser !

- Ouais ! Firent Ôku, Rôku, Abarai, Nami et Kana.

Naruto se sentait déjà mieux. Sai et Sakura ricanèrent légèrement. Tayuya, souriante, remua simplement la tête.

- La modestie, lui, il connaît pas, commenta-t-elle.

Naruto avait définitivement attiré l’attention avec cette déclaration. Tout le monde le regardait de travers.

- C’est le garçon qui t’a foutu une raclée avec un caillou, Kankurô, dit Temari à ce dernier.

- Non mais quel vantard, bouda Kankurô qui n’avait toujours pas digéré cet épisode.

Les deux ninjas regardèrent ensuite Gaara qui avait les bras croisés et le regard complètement rivé sur Naruto.

- Je crois bien que Gaara a trouvé sa cible, sourit alors Kankurô.

Kankurô et Temari n’étaient pas les seuls à discuter de la déclaration de Naruto. Un peu plus à droite, trois ninjas des Konoha assis sur le rebord des dossiers des bancs observaient attentivement le blond.

- C’est donc lui Naruto Uzumaki ? Demanda la fille du groupe. Celle-ci avait la chevelure marron foncée attachée en deux macarons. Elle portait un chemisier sans manche rose et un pantalon noir. Son bandeau de Konoha était attaché à son front. Cette fille s’appelait Tenten.

- N’est-ce pas lui le raté qui a déserté Konoha après avoir manqué son examen Genin ? Demanda Neji Hyûga, le garçon du trio qui possédait une longue chevelure noire et des yeux blancs nacrés.

- Il ne m’a pas l’air d’un raté, fit remarquer Rock Lee, l’autre garçon du groupe qui possédait une coupe en bol, de gros sourcils, des yeux noirs tous ronds, et qui était vêtu d’une combinaison verte.

- Les apparences peuvent être trompeuses, contra Neji. Moi je dis que c’est une grande gueule. Non mais quel culot de revenir ici après avoir déserté, et sous la bannière d’un autre village d’ailleurs, et de déclarer qu’il va bousiller tout le monde. Rien que ça, j’ai envie de lui foutre une raclée pour lui remettre à sa place, moi.

- Naruto Uzumaki, hein ? Fit simplement Lee d’un air penseur.

Un autre groupe était aussi en train d’observer Naruto et de commenter son audace. Il s’agissait d’un trio de Taki, le village caché de la Cascade. Il était constitué d’une fille et de deux garçons. La fille avait une taille fine et élancée, possédant une magnifique peau basanée qui allait étrangement bien avec sa chevelure turquoise dans laquelle se trouvait une barrette orange assortie à la couleur de ses yeux. Elle était vêtue d’un cache-cœur blanc au-dessus d’un haut carrelé et transparent. Elle portait une mini-jupe blanche fendue sur les côtés et des chauffe-bras de même couleur. Elle avait aussi un grand sac à dos rouge dont les lanières s’entrecroisaient sur sa poitrine et finalement, son bandeau frontal  était attaché autour de son bras droit. Elle se tenait à côté de deux garçons plus grands qu’elles.

- Il a piqué ta curiosité, hein Fû ? Dit alors l’un des garçons.

La dénommée Fû afficha un faible sourire.

- Vous ne le trouvez pas intéressant, Hôki, Shibuki ?

- Il me fait un peu peur, répondit Shibuki, un garçon à la longue chevelure noire qui portait une épaulette sur son épaule gauche au-dessus de sa chemise bleue.

- C’est pas vrai, soupira Hôki qui avait des cheveux bouclés beaucoup plus courts que Shibuki et qui avait l’air plus âgé. Je ne sais pas pourquoi Suien sensei a choisi ce peureux pour notre équipe.

- Tais-toi Hôki, et observe simplement, dit Fû qui avait toujours un sourire sur les lèvres, ses yeux totalement rivés sur le blond. « Naruto Uzumaki » murmura-t-elle ensuite. Que penses-tu de lui, Chômei ?

Les deux garçons se regardèrent, sachant que Fû venait de questionner une bien sinistre entité.

Et, alors que l’effet de la déclaration de Naruto se faisait toujours sentir, tout le monde entendit de grands rires retentir. 

- Ha, ha, ha, ha, ha !

Un silence s’installa dans la salle. Naruto fronça les sourcils. Cette voix, il la connaissait. Surtout lorsqu’il entendit un « wouf wouf », il sut immédiatement de qui il s’agissait. Car effectivement, émergeant de la foule apparut un garçon du même âge que Naruto, arborant un sourire moqueur. Il avait un air bestial, portant un veste dont la bordure de sa capuche était recouverte de fourrure. Il avait sur sa tête un chiot blanc. Sa chevelure marron se mêlait presqu’avec la fourrure qui bordait sa capuche. Il avait les yeux noirs fins et des canines assez acérées qu’il dévoilait dans un sourire moqueur et narguant. À ses côtés, il y avait une fille et un garçon. La fille avait l’air vraiment timide. Elle avait une chevelure courte et bleue de nuit et des yeux entièrement blancs nacrés. Le garçon quant à lui, avait une chevelure marron en bataille. Il portait des lunettes de soleil et le col blanc nacré de sa veste remontait jusqu’à mis visage.

Naruto croisa les bras en les voyant s’avancer. Il n’y avait aucun doute : il s’agissait de Kiba Inuzuka accompagné de Hinata Hyûga et Shino Aburame qui essayaient de l’empêcher d’avancer.

- Donc les rumeurs étaient vraies, continua Kiba. Naruto le raté est de retour. Ha ! Ha ! Ha ! Non mais laisse moi rire. Tu dis que tu vas tous nous écraser, toi et ton village de pacotille ? Tu te prends pour qui, toi ?

- Non mais il va se calmer le clébard ! Lança alors Ôku en faisant un pas en avant.

Sasuke, Sakura et Sai se regardèrent avec des sourires. Sasuke était assez satisfait de voir Ôku s’en prendre à une autre personne que lui. Surtout que lui non plus n’aimait pas Kiba, et cela depuis l’académie lorsqu’ils avaient l’habitude de trainer ensemble.

- Ki…Kiba-kun, tu… tu ne devrais pas… commença Hinata.

- Rahh, tais-toi, Hinata, coupa Kiba. Et puis, tu es qui, toi ?

Kiba s’adressait à Ôku.

- Je suis le mec qui va t’en foutre une si tu n’arrêtes pas de t’en prendre à mon pote ! Rétorqua Ôku.

- Fait gaffe, clébard de Konoha, ajouta Rôku. Les temps ont changé. C’est fini les jours où toi et les autres cons de Konoha pouviez vous en prendre à Naruto comme bon vous le semble !

- C’est donc ça ? Ricana Kiba. Naruto, tu t’es pris des gardes-du-corps ?

- C’est vraiment tout ce que tu trouves à dire ? Lança alors Naruto. Assez pathétique, je dirais.

- Ne perds même pas ton temps à parler à des racailles de ce genre, Naruto, dit calmement Akira. Ça n’en vaut pas la peine.

Le visage de Kiba commençait à se déformer à cause de la colère. Mais, il se rendit vite compte qu’il était en désavantage numérique. Tous les autres ninjas de Ko lui lançaient des regards hostiles.

- Six mois que tu as disparu, Naruto, et tu reviens en jouant au gaillard ? Souviens-toi que tu n’étais rien, et que cela ne changera jamais.

Naruto ricana. Il plongea ensuite son regard dans celui de Kiba, un regard dur.  

- Je m’étais toujours demandé comment ce serait que de te revoir, Kiba, dit-il. Sasuke était vraiment énervant à l’académie mais c’était toi le plus bruyant et le plus agaçant. En quittant Konoha, j’avais fait une liste des gens sur lesquelles je me vengerais. Sasuke était le premier de ma liste mais j’ai pardonné à Sasuke. Toi, tu étais en deuxième position. J’ai longtemps réfléchi à ce que je te ferais le jour où je te reverrais. Mais tu vois, à présent que je te revois, je me dis que ça n’en vaut vraiment pas la peine. Tu n’en vaux pas la peine, Kiba. Et ça, je te le dis du fond du cœur. La haine de Sasuke était horrible, certes, mais quelque part, elle était justifiée. Toi, tu n’es que pure méchanceté. Donc, hors de ma vue. Retourne dans ta niche et va croquer un os pendant que tu y es. Je n’ai pas envie de partager mon air avec toi.

Naruto avait dit tout cela avec calme et sérénité. Kiba, pris de surprise, serra les dents. Il essayait de chercher quelque chose pour riposter mais il ne trouvait pas.

- Va-t-en, Kiba, dit alors Sasuke.

- Q…

- Kiba, ça suffit, intervint alors Shino.

Même Hinata, de naturel timide, avait posé sa main sur l’épaule de Kiba. Naruto sourit à Hinata comme pour la remercier et celle-ci faillit s’évanouir.

- Heu… elle va bien ? Chuchota-t-il à l’oreille de Sasuke.

- Abruti, répondit simplement celui-ci en remuant la tête.

- Tu verras lorsque je te foutrai une raclée ! Lança alors Kiba.

Naruto fronça les sourcils. Ce Kiba était vraiment énervant.

- Je vais te faire ravaler tes paroles, tu vas voir !

- Va vraiment falloir t’y mettre alors, chuchota la voix de Naruto dans l’oreille de Kiba. Ce dernier frémit, tétanisé. Un clone de Naruto se trouvait à présent derrière lui. Le vrai Naruto se était toujours devant lui, calme. Toute la salle regardait attentivement la scène. Fû ricanait, semblant jubiler. Neji avait froncé les sourcils, assez étonné par ce qui venait de se passer.

- À quel moment il a créé un clone et l’a glissé derrière Kiba ? Demanda Tenten.

Lee regardait autour de lui, observant les réactions des autres.

- Je crois bien que… tout le monde ici se pose la question, répondit-il alors. Neji ?

Neji resta silencieux pendant un moment avant de répondre :

- Je n’ai rien vu.

Effectivement, un brouhaha s’éleva alors dans la salle. Tout le monde chuchotait à propos de ce qui venait de se passer.

- Mais comment ? Se demandait certains.

- C’est agaçant mais ce Naruto semble être vraiment talentueux, soupira Kankurô.

- Et il n’est pas mal non plus, gloussa alors Temari.

- Roh, c’est pas vrai !

- Hm, fit simplement Gaara qui avait l’air encore plus intéressé.

Du côté des ninjas de Ko, tous souriaient, particulièrement Akira et Eirin qui savaient très bien que s’il y avait bien une technique que Naruto maîtrisait à la perfection, il s’agissait du multi clonage.

Le clone de Naruto s’éloigna de Kiba et disparut.

- Allez, viens, dit alors Shino en tirant Kiba avec lui. Ainsi, Kiba, qui avait débarqué gaillardement, repartait la queue entre les jambes.

- Avoir réussi à refermer son clapet à Kiba avec autant de calme et de classe… tu as vraiment changé, Naruto, dit une autre voix familière. Il s’agissait de Shikamaru Nara, en compagnie d’Ino Yamanaka et de Chôji Akimichi qui tenait un paquet de chips.

- Mais… on dirait la version miniature de ceux qui nous ont escorté à Konoha ! S’exclama alors Kana.

- Ce sont nos parents, répliqua Ino d’un ton légèrement agacé.

- Ah tiens, vous êtes là aussi, constata Sai. On dirait une réunion d’anciens élèves.

- Ino la truie est là aussi, à ce que je vois, constata Sakura avec froideur.

- Espèce de grand front, tu t’es regardée ? S’écria Ino.

- Espèce de truie !

- Grand front !

- Truie !

Les deux filles continuèrent ainsi à se lancer les mêmes insultes. Toute la délégation de Ko n’y croyait pas.

- Les filles, dit Ôku en s’adressant à Kana et Nami, je crois qu’on a trouvé vos équivalents de Konoha.

- Ha la la, fit Shikamaru, c’est vraiment agaçant tout ces jacassements.

- Je suis d’accord, ricana Abarai.

Shikamaru le regarda. Naruto s’empressa alors de faire les présentations.

- Nos parents nous ont parlés de Ko et de ton retour, Naruto, dit ensuite Chôji entre deux bouchées de chips.

- On n’en revenait pas. Et je dois que… tu as l’air plus classe, Naruto.

- C’est vrai, admit Ino. Qu’est-ce qui s’est passé en six mois ?

- Pleins de choses, répondit Naruto qui était amusé par le fait que ce trio lui parlait avec autant de naturel après avoir passé plusieurs années à l’académie à l’ignorer. Mais bon, se dit Naruto, il y avait un début à tout.

Après cela, Shikamaru, Ino et Chôji s’éclipsèrent.

- Ha, le fameux village de Ko, dit une autre voix qui se rapprocha d’eux. Vous faites une sacrée impression, je dois dire.

La voix appartenait à un jeune homme qui devait avoir entre dix-sept et dix-neuf ans. Il avait la chevelure grise attachée en catogan et portait des lunettes rondes. Son bandeau frontal de Konoha était attaché à son front.

- T’es qui toi, encore ? Lança alors Rôku.

- Mon nom est Kabuto Yakushi, enchanté.

- Humph, fit alors Nami avec un sourire. Et après, tu vas nous raconter ta vie et nous décrire à quel point tu es un gentil garçon vulnérable, non ? L’examen n’a même pas encore commencé que déjà il y a des loups à l’affut.

- Non, non, non ! Fit précipitamment Kabuto en ricanant. Je suis là sans arrières pensées, je vous jure. Je voulais simplement faire la connaissance de ce tout récent village. D’ailleurs, vous n’êtes pas le seul village récemment créé ici. Il y a aussi Oto, le village caché du Son. Mais eux ne sont pas venus en nombre si élevé.

- Tu as l’air de connaître pas mal de choses, toi, commenta alors Naruto avec un sourire.

- C’est parce que c’est ma quatrième participation à l’examen. Au bout de quatre ans, on en apprend, des choses.

- Quatrième participation ? Fit Akira. Tu ne dois pas être très bon.

Kabuto ricana, gêné.

- Tu as bien raison.

Naruto sourit, lui permettant de cacher son regard soupçonneux. Il était très évident que Kabuto n’était pas ce qu’il prétendait être. Naruto, Eirin et Akira, ayant appris à jouer ce jeu par Ban, pouvaient le reconnaître. Et ils savaient aussi que Haku, Kimimaro et Tayuya s’en étaient certainement rendus compte. Tu veux jouer ? pensa Naruto. Hé bien voyons de nous deux qui est le plus doué. Naruto ne connaissait pas les motivations de Kabuto. Mais il savait que le seul moyen de le découvrir serait de prétendre qu’il ne se rendait pas de la situation.

- Dis, Kabuto, puisque tu en sais autant sur cet examen, tu devrais nous éclairer un peu, non ?

Kabuto sourit. Il plongea ensuite sa main dans la poche de son pantalon et fit sortir un jeu de cartes. Intriguée, la délégation de Ko se rapprocha.

- Vous voyez ces cartes, elles ne réagissent qu’avec mon chakra, expliqua Kabuto. J’y ai inscrit plusieurs informations récoltées en quatre ans de participation à cet examen. Je pourrais vous fournir des données sur plusieurs des Genins ici présent… enfin, sauf vous et ceux de Ko bien sûr. Oto, et surtout Ko, ont subitement jailli de l’ombre que je n’ai virtuellement aucune information sur vous.

- Et l’ami, on veillera à ce que ça reste ainsi, dit Abarai.

- Mais bien sûr, cela va de soi.

- Parle-nous un peu des gens qui participent à cet examen, dit alors Eirin.

Kabuto prit donc une carte, la posa par terre et apposa son index gauche sur celle-ci. Il relâcha un peu de son chakra et la carte se mit à tourner avant de commencer à prendre de la couleur. Bientôt, un dessin de la carte du continent apparut. Puis, tels des hologrammes, des barres de graphes s’élevèrent de Konoha, Suna, Taki, Oto, Ame, Ko, et Kusa.

- Voilà les villages qui participent à cet examen, dit alors Kabuto. Konoha a bien entendu le plus de nombre de participants avec vingt-quatre équipes, soit soixante-douze participants. Ensuite, il y a Suna avec dix équipes, soit trente participants. Puis, il y a Taki avec six équipes, soit dix-huit participants, puis Ame avec cinq équipes, soit quinze participants. Ensuite, il y a vous avec quatre équipes, soit douze participants, puis Kusa avec trois équipes, soit neuf participants, et enfin Oto avec une équipe, soit trois participants. Donc, en total, cet examen comptera cent cinquante-neuf participants.  

- Intéressant, fit Ôku qui faisait plus référence aux cartes qu’à l’information donnée. C’est vraiment pratique ces machins-là. Tu dois être un pro de la récolte d’infos, toi.

- Mais non, ricana Kabuto. C’est juste un passe-temps.

Naruto guetta Eirin et Akira qui le regardaient aussi. Les trois pensaient la même chose. Ce Kabuto exposait volontairement ses capacités pour faire baisser leur garde. Et il devait y avoir une raison derrière ses agissements. Ils allaient devoir garder un œil sur ce Kabuto.

- Hé, est-ce qu’il y aussi le profil de certaines personnes dans tes cartes ? Demanda alors Naruto.

- Oui, certainement. Qui voulez-vous que je vous montre ?

- Gaara du village caché du Sable, répondit Naruto.

- Ha, tu connais son nom et même son origine, cela va être facile alors.

Kabuto tira une autre carte vierge et la posa à terre. Grâce au même procédé, la carte se mit à tourner et bientôt, révéla le profil de Gaara. La photo de son profil tournait dans la carte, montrant son visage sur chaque angle.

- Gaara du Désert, lut alors Kabuto. Je n’ai pas beaucoup d’infos sur lui, figure-toi. Tout ce que je sais, c’est qu’il est ici avec son grand frère et sa grande sœur, Kankurô et Temari. Les trois sont les enfants du Kazekage. Leur sensei s’appelle Baki. Je ne pourrais pas t’en dire plus.

- Je vois, fit simplement Naruto.

Kabuto se redressa.

- C’est souvent rare de voir de nouveaux villages cachés envoyer autant d’équipe à ce genre d’examen. Car ces nouveaux villages cachés préfèrent être prudents, histoire de tester le terrain.

- Tester le terrain ? S’enquit Kana.

Kabuto ricana et remonta ses lunettes d’un air intelligent.

- Savez-vous pourquoi les pays passent cet examen ensemble ?

Voyant que personne n’allait répondre, Kabuto décida de continuer :

- Tout d’abord, pour conserver les relations amicales entre pays. Et ensuite, pour améliorer le niveau des ninjas… enfin, c’est ce qu’ils disent.

- Quoi, ce n’est pas vrai ? Demanda Sasuke.

- Enfin, le vrai but de cet examen est d’évaluer le niveau des ninjas de chacun des pays et ensuite, d’essayer d’équilibrer les puissances. Car, s’ils ne faisaient pas cela, les pays les plus forts pourraient facilement envahir les plus faibles. C’est pour cela qu’ils se doivent de vérifier. Cet examen est donc une évaluation du rapport de force entre pays. Ce rapport de force est d’ailleurs d’abord établi par le nombre de personne participant à l’examen. Donc, en ce moment, on pourrait dire que Ko est la cinquième puissance derrière Konoha, Suna, Taki et Ame. Et le village le plus faible serait Oto. Remarque, cela n’est pas très étonnant. J’ai entendu dire que c’était un village inintéressant qui peinait de prospérer.

Quelque chose interpela aussitôt l’attention de Naruto. Kabuto continuait de parler mais Naruto avait les yeux qui cherchaient dans la foule. Des silhouettes se mouvaient à présent. Il remarqua aussi que Kabuto s’était légèrement tendu, preuve qu’il avait senti la même chose que lui, mais qu’il prétendait ne pas avoir fait attention. Naruto regarda une nouvelle fois Akira et Eirin et les deux acquiescèrent. Il se tourna vers Tayuya, Kimimaro et Haku qui avaient les bras croisés, adossés contre le mur, ayant de fins sourires. Eux aussi avaient remarqué. Et alors que Kabuto achevait son discours sur Oto, trois ninjas jaillirent de la foule et filèrent vers eux.

L’un deux lança des kunais avec vitesse et précision. Mais les kunais s’arrêtèrent en l’air, figé dans la glace. Haku avait à présent une main levée, et l’autre formant un mudra. Les blocs de glaces tombèrent ensuite sur le sol, se brisant. Mais pendant ce temps, le plus rapide des trois avait foncé sur Kabuto.

- Comment oses-tu ainsi traiter notre village ? Dit-il. Naruto put l’apercevoir. Il avait le visage quasiment recouvert de bandages, laissant simplement apparaître un œil. Il était vêtu d’un haut de kimono gris aux bordures gris foncées, avec une fourrure beige sur le dos. Son pantalon et l’écharpe qu’il avait autour du cou avaient des motifs de camouflage gris clair et gris foncé. D’un seul mouvement, le ninja leva son bras droit et retroussa sa manche, dévoilant un bras métallique ponctué de trous. Naruto activa son Élévation des Sens au niveau de ses yeux, pouvant voir le chakra qui résidait à cet endroit. Naruto comprit immédiatement comment cette arme marchait grâce au mouvement du chakra. Ninjas du Son, hein ? Pensa-t-il. Ils portent bien leur nom. Pendant ce temps, le ninja s’était attaqué à Kabuto. Naruto le poussa hors de porté et se dressa devant le shinobi d’Oto. Ce dernier lança un coup de poing avec son bras droit. Naruto put sentir l’air vibrer et il vit le chakra s’activer. Il sourit. Pas de chance l’ami, se dit-il. Mais tu es tombé sur le mauvais adversaire. Naruto réussit à éviter le coup de poing en reculant brusquement. En même temps, il avait empêché le vent de se mouvoir pour répandre les ondes sonores. Le ninja d’Oto se redressa ensuite et attendit. Naruto fit de même.

- Non mais sérieux, ces ninjas de Ko ne font qu’attirer l’attention, murmuraient certains candidats.

- Tu as vu cette attaque, Neji ? Demanda Tenten.

- Ouais. Trop facile à esquiver. Et vu comment le ninja d’Oto attend, il doit y avoir un atout caché.

D’un autre côté de la pièce, Fû, la kunoichi de Taki continuait d’observer.

- Non mais c’est un spectacle qu’ils nous livrent ces ninjas de Ko, railla Hôki. Cela fit sourire Fû qui porta son doigt à sa lèvre, amusée par Naruto.

Ce dernier dévisageait toujours le ninja d’Oto.

- Tu parles d’une attaque, dit-il avec un sourire de défi. Petit à petit, il constata que le ninja d’Oto avait l’air étonné. Le sourire de Naruto s’agrandit.

- Comment ? Demanda alors le ninja d’Oto.

Mais avant que Naruto n’eût le temps de répondre, il eut une explosion de fumée blanche à l’avant de la salle.

- Calmez-vous maintenant, sales mômes ! Tonna alors une voix. La fumée se dissipa, dévoilant une équipe de ninjas. Il y avait un grand homme d’un gabarit aussi imposant que celui de Ban vêtu d’un manteau noir en cuir au-dessus de son accoutrement de Jônin. Le visage balafré, il portait aussi un bandana en tant que bandeau frontal qui recouvrait tout son crâne. Les autres ninjas étaient vêtus de façon assez spéciales, en tenue grise.

- Pardon pour mon retard, dit-il avec un fin sourire. Je suis l’examinateur du premier test de cet examen. Mon nom est… Ibiki Morino.

 

 

Kendo : littéralement voie de l’épée. Je l’ai pris au sens littéral et pas tellement au sens de la discipline. Dans cette fic, cela veut dire la façon dont un ninja manie son épée, son style.

Épervier : pour ceux qui ne s’en souviennent pas, le symbole du clan Haitaka est l’Épervier. Haitaka veut d’ailleurs dire Épervier. Et on dit souvent que : « les Éperviers ont la rancune tenace » à cause de leur caractère rancunier d’assassins.

 

Et voilà chers amis. Chapitre 24 terminé ! J’espère qu’il vous aura plu. Le prochain abordera la première épreuve ainsi que d’autres POV. Ce qui est sûr, c’est que je vous réserve des surprises. Mais je ne vais rien gâcher. Donc, je vous invite simplement à être au rendez-vous pour le prochain chapitre (et je ne crois pas que je le changerai cette fois) : Le Maître des Tortures.