Chapitre 14 : Infiltration

par tookuni

J’espère que le spoil ne dérange personne… J’ai trouvé que j’avais trop éloigné Sasuke de ce qu’il est à l’origine, et ça ne me plait plus, on reviendra un peu dans les rangs, même s’il restera un peu pervers, rapia et démonstratif de son amour pour sa Subaru 360.

J’ai aussi constaté que mon style avait sensiblement évolué, aussi j’espère que vous ne me tiendrez pas rigueur de la transformation. Mais cette fic a une ambiance bien particulière, je trouve, donc ça devrait aller.

Dernière chose, pour les aventures de Sasuke, « Assassin’s tango » de John Powell est une merveille à écouter.

 

 

Chapitre 14 : Infiltration

 

 

Sasuke releva ses lunettes sur son nez à l’aide de son majeur. Tenten se racla la gorge et tous deux regardèrent avec attention en contrebas. Ils se trouvaient en haut de la colline qui surplombait l’immense yacht amarré à la rive. Il faisait nuit, le bâtiment était donc à l’arrêt et les invités profitaient d’une luxueuse soirée. Les bruits étouffés des conversations leurs parvenaient et les riches locataires semblaient les narguer de leurs attraits.

 

Kankuro marmonna quelque chose à propos de la belle serveuse du buffet.

 

« Tu la vois d’ici toi ? demanda Naruto, en se penchant par dessus Sasuke pour regarder avec plus d’attention.

– Non, mais une serveuse sur un bateau comme ça est forcément canon, non ?

– Naruto, descend de là tout de suite ! »

 

Naruto avait finit par se percher sur les épaules de Sasuke pour mieux voir. Il n’avait pas arrêté d’aller et venir entre ses coéquipiers pour repérer quelque chose dans la petite cache où ils se trouvaient et avait finalement décidé de compter sur la taille de Sasuke –quasiment égale à la sienne, mais les deux additionnés faisaient l’affaire-, pour admirer la vue.

 

« Naruto, je t’ai dit descends de là ! répéta Sasuke, sa voix menaçante, tous Sharingan dehors.

– Non ! Tu es très confortable tu sais, Sa-su-ke-cha-n, susurra Naruto, tapotant ses cheveux et détachant bien chaque syllabe pour faire enrager son camarade. »

 

Sasuke craqua immédiatement et tous deux finirent par se rouler par terre frénétiquement, se balançant coups de poing et de pieds en argumentant sur le record de stupidité gagné haut la main par un imbécile de blond. Tenten et Kankuro regardaient la scène, dans un état très proche du désespoir, une énorme goutte se profilant derrière chaque tête.

 

« Dites les gars, comment on va faire pour rentrer ? » finit par demander Tenten pour détourner le sujet.

 

Les deux garçons ne l’écoutèrent absolument pas et continuèrent de se chamailler, jusqu’à l’instant où elle sortit de sa sacoche un parfum et le dissipa dans l’air. Figés par l’essence, ils regardaient la brune qui arborait un air satisfait, et Kankuro à moitié hilare devant le nœud infernal qu’ils constituaient.

 

« Comme vous êtes mignons tous les deux ! On dirait un vrai couple ! »

 

Sasuke se releva en grommelant des injures à « Pétrification » et en lançant un regard noir au marionnettiste. Puis, pendant que Naruto remettait son T-shirt droit, il déclara :

 

« Pour répondre à ta question Tenten, il faudrait que l’on s’infiltre. Mais ces deux là n’ont sûrement pas assez de classe pour faire partie des invités. »

 

Les protestations de Naruto n’eurent aucun effet et ils descendirent discrètement jusqu’au fleuve. Le repérage avait été fait rapidement et, s’il y avait beaucoup de gardes du corps, aucun spécialiste ne semblait présent. Le quatuor grimpa à la coque du bateau, échappant à la vigilance d’un des hommes en costume noir qui surveillait le pont.

 

Dans un coin, derrière des cabines, Tenten sortit quelque chose de sa sacoche et les trois garçons restèrent interdits.

 

« C’est tellement léger que tu as la place de le mettre là dedans ? » demanda Sasuke en regardant la brunette disparaître derrière la porte d’un couloir pour revenir quelques minutes plus tard, transformée.

 

La robe était légère, certes, mais longue et cintrée, le décolleté plongeant sur une poitrine magnifique –bien que plate selon Sasuke, mais il ne se gênait pas non plus pour regarder d’un œil lubrique tout autant les seins que la jambe qui dépassait sensuellement à chaque pas, mise en valeur par des talons hauts que la jeune fille avait trouvés dans une cabine.

 

« Bien, maintenant, il faudrait des vêtements pour vous, non ? demanda-t-elle en grimaçant en sentant l’étroitesse des chaussures.

– Je ne peux pas utiliser de métamorphose ? fit Naruto, vraiment pas décidé à être en costume.

– Non. S’il y a des Mushikii, ils te repéreront tout de suite, expliqua Sasuke. Tenten, on compte sur toi. »

 

Lorsque Tenten parut à la balustrade du pont, un verre de champagne à la main et semblant attendre quelque chose d’un air détaché, de nombreux hommes la regardèrent. Elle longea les caisses qui se trouvaient derrière elle pour arriver dans un coin en fixant un jeune homme brun d’un air provocant. Fulminant intérieurement, Sasuke regarda la victime s’approcher et, alors qu’il allait aborder la jeune fille, le pauvre séducteur se fit assommer –Sasuke en avait profité pour se défouler- et traîner derrière les caisses. Sasuke n’aimait pas que ses proches aient de l’importance pour d’autres que lui. L’opération fut reproduite avec deux marins que Tenten avait volontairement abordés et qui ressortirent sous les traits de Naruto et Kankuro.

 

Le costume de Sasuke lui allait à la perfection, et c’est de son éternel air fier, mais le sentiment régnait aussi, avec Tenten à son bras, qu’il put entrer dans la salle principale au moment où une musique commençait.

 

Pendant ce temps, Naruto et Kankuro s’enfonçaient dans les sous-sols. Il était prévu que les duos se retrouvent au milieu du navire après avoir inspecté toutes les pièces. Kankuro se moquait toutes les trois minutes du fait que Naruto perdait son bonnet et que le haut rayé bleu et blanc était bien trop petit pour lui. Tenten l’avait purement et simplement sous-estimé, lui et sa carrure.

 

« Je m’en fou, chuchota le blond en entrant dans les calles. De toute façon, elle est pour Sasuke.

– Hum, j’avais remarqué, mais à ta place je serais vexé.

Héhé, rit le blond, je suis habitué, viens, on trouvera rien ici, c’est trop peu protégé. »

 

Kankuro était d’accord. Maintenant qu’ils avaient tout descendu, il faudrait tout remonter, et ce n’était certainement pas au milieu des cageots de vin qu’ils allaient découvrir une œuvre d’art telle que le ramen de Sai.

 

Pendant ce temps, Sasuke dansait avec Tenten, en profitant pour inspecter les lieux en la faisant aller dans tous les sens. Le tango permettait des déplacements idéaux et, si la jeune fille avait semblé surprise –surtout que Sasuke y mettait beaucoup de sérieux et de charisme, parce qu’un Uchiha, de un, ne faisait jamais les choses à moitié, et de deux, savait tout faire tout court et le prouver avec panache-, elle étudiait également toutes les personnes présentes.

 

« Tenten, tu as repéré le grand patron ? souffla Sasuke dans le cou de la jeune femme en la penchant en arrière.

– Assis au milieu d’une bande de garces, répondit celle-ci en se redressant.

– Qu’est-ce qu’on fait ? Tu vas t’en sortir ?

– C’est à moi de te poser la question, Sasuke. Il y a une rousse à côté de lui qui ne te lâche pas des yeux !

– Une rousse ? »

 

Le froncement de sourcil de Sasuke inquiéta la jeune femme et, d’un mouvement de bassin, elle l’incita à tourner pour qu’il puisse voir de ses propres yeux.

 

« Merde… fit-il silencieusement en croisant deux orbes noirs.

– Tu la connais ?

– Karin… Elle est dangereuse quand elle veut. Mais ce sera plus facile de les approcher.

– Pourquoi ? » fit la brune, intriquée.

 

Sasuke prit un air suffisant et la regarda avec un sourire en coin, prenant une voix tout ce qu’il pouvait de plus charmeuse :

 

« Elle est folle de moi. »

 

Tenten lui en voulu sur le coup et eut envie de le frapper mais ne dit rien. Elle avait comprit ce que Sasuke voulait faire, alors en guise de revanche, elle se colla plus à lui pour finir la danse, lui donnant quelques rougeurs très vagues tandis qu’il ébauchaient en murmurant la suite des opérations, puis quand enfin le tango fut fini et que les applaudissements fusèrent, le brun lâcha la jeune femme, qui partit s’asseoir en prenant une mine déçue, et s’approcha de la table principale en faisant une légère courbette et hypnotisant la femme en robe rouge extrêmement osée qui ne l’avait pas quitté du regard.

 

« Mademoiselle, une danse ? »

 

La valse servit à une conversation animée entre les deux jeunes gens, Sasuke affichant un air nerveux et Karin se frottant contre lui d’une manière très irritante –pour lui du moins-. Froidement, entamant le pas de valse qui commençait, il dit :

 

« Qu’est-ce que tu fais ici ? »

 

Karin gloussa en tournoyant et répondit en faisant des effets de lèvres :

 

« Je travaille, Sasuke, mais si tu es là je peux bien faire une exception, à moins que la planche à pain là bas ne soit ta petit amie, ajouta t’elle d’un ton méprisant.

– Les autres sont ici aussi, alors, éluda Sasuke, voyant que le maître des lieux chuchotait à un de ses hommes de mains en regardant Tenten.

– Oui. Hebi est au complet maintenant. Mais tu sais que je n’hésiterais pas à les trahir en échange… »

 

Karin n’avait pas terminé sa phrase et Sasuke ne voulait pas se contenter de sous entendus.

 

« En échange de quoi ?

– D’un peu de reconnaissance de ta part, en quelque sorte…

– Tu as une cabine ? demanda Sasuke de but en blanc.

– Oui… Je ne te connaissais pas si entreprenant Sasuke-kun… » ajouta la rousse d’un air lubrique.

 

Lorsque Sasuke quitta la pièce, il se retourna pour faire un clin d’œil à Tenten qui suivait silencieusement le garde du corps vers son patron. La brunette lui rendit son regard plein d’assurance. Sasuke s’inquiétait un peu, mais Tenten était débrouillarde et savait se défendre.

 

La cabine de Karin était plus que spacieuse, une suite de luxe pour une employée, il était surpris. La jeune femme ferma la porte à clef derrière lui, comme elle l’avait fait des années auparavant et gloussa encore :

 

« Huhu, cette fois-ci Suigetsu n’est pas là pour nous déranger…

– Qu’est-ce que tu protèges ici, Karin ? demanda le Sharingan en perdant ses yeux à travers le hublot. Tu es trop bien payée pour que ce soit juste ce type avec tous ses gardes du corps.

– Comme d’habitude Sasuke, tu es très perspicace, mais je suppose que si tu es là, c’est parce que tu en a après ce que je suis sensée garder, non ? Tu es récupérateur après tout, maintenant, chuchota Karin à l’oreille du brun en passant ses mains par derrière sur son dos puis ses épaules. »

 

Sasuke ne réagit pas. Il était quasiment insensible à ce genre de chose.

 

« Dis-moi où c’est.

– Tu vas avoir besoin de moi, c’est Suigetsu qui le surveille.

– Et Juugo ? questionna Sasuke en glissant ses mains sur la robe rouge après s’être retourné.

– Aux sous-sols avec les marins… défaillit la femme.

– Combien de gardes en tout ? »

 

Les mains baladeuses de Sasuke atteignirent le décolleté et s’y maintinrent fermement avant de passer dessous. La gauche redescendit sur les hanches, puis les fesses.

 

« Cinquante… -trois… Armés… »

 

Si Sasuke aurait pu se contenter de ces informations et partir comme un voleur, il avait été un peu trop loin pour en rester là et ne put résister à plaquer Karin contre le mur, joues contre joues, constatant presque calmement :

 

« T’es vraiment… Très bien foutue. »

 

La robe de Karin tomba sans difficultés. Ce n’était pas comme si elle était difficile à enlever vu la quantité de tissu, et Sasuke continua de promener ses mains jusqu’au moment où la rousse dit jalousement dans un soupir :

 

« Je ne suis pas aussi plate que cette pétasse avec qui tu dansais. »

 

Sasuke s’arrêta net, regarda Karin droit dans les yeux, et un fougueux baiser suivit. La suite ne concerna que Karin, parce que pendant qu’elle était en plein rêve, Sasuke fermait la porte de la cabine et poussait un soupir.

 

« Pfff… Qu’est-ce qu’il m’a pris de m’énerver au point de manquer lui faire subir le Jagan ? Une illusion standard a suffi, heureusement », songea-t-il tout haut, passant sa main sur son front en un geste fatigué.

 

Sasuke décida de retrouver Tenten, suivant son odeur à la trace, odeur qui allait, à sa plus grande horreur, jusqu’à la chambre principale de l’étage.

 

Naruto regarda Kankuro. Kankuro regarda Naruto. Tous deux tentaient de se faire tous petits devant la montagne à l’air pourtant très doux qui te tenait devant eux. L’homme était roux aux yeux clairs, ouvrant la bouche pour constater d’un air soupçonneux :

 

« Vous, vous ne faites pas partie de l’équipage.

– Heu… C’est à dire que nous sommes des remplaçants de dernière minute », tenta Naruto en se grattant la tête nerveusement.

 

L’homme imposant les étudia, suspicieux, puis s’éloigna un peu, laissant nos deux héros respirer. Le soulagement fut en revanche de courte durée car le géant s’arrêta et, sans se retourner leur dit :

 

« Dans ce cas, vous n’aurez aucun mal à m’expliquer ce qu’est un foc, même s’il n’y en a pas sur ce navire. »

 

Naruto et Kankuro n’eurent aucun mal à mettre les deux pieds dans le plat, celui avec du béton liquide à l’intérieur, fallait-il préciser :

 

« Encore heureux qu’il n’y en ait pas ! J’imagine la tête des gens !

– C’est clair ! Un « foc », c’est pas les mignonnes petites bestioles que tu imites si bien lorsque tu essaies d’amadouer Sasuke ? ricana Kankuro.

– Si ! C’est le « regard de morue phoquoquisée » spécial Naruto ! Mais il ne marche jamais ! pleurnicha le blond.

– Tu m’étonnes… Sasuke est un insensible.

– Dis moi, pourquoi le type là bas il a pas l’air content ? finit par demander Naruto en regardant, apeuré, les ondes noires qui se dégageaient de la montagne humaine.

– C’était la bonne réponse non ?

– On dirait pas…

– Alors qu’est-ce qu’on fait, Naruto ? »

 

Le blond fronça les sourcils tandis que l’homme les regardait d’un air à la fois incrédule et déterminé. L’impression de puissance qui se dégageait de l’adversaire était imposante, mais Naruto et Kankuro y répondirent immédiatement et le blond, plus sérieux que jamais, hurla avant de courir en brandissant son poing :

 

« Quelle question ! On fonce ! »

 

Kankuro suivit le mouvement, il préférait ça. Au moins, ils feraient diversion. Dire que Sasuke avait bien précisé « discrétion assurée », Tenten avait bien dit que ça ne fonctionnerait jamais. Décidément, les femmes avaient elles toujours raison ?

 

 

 

A suivre