Le tigre et la lionne

par Cel

Chapitre 18 :

        La salle baignait dans un silence presque surréaliste. L‘héritière du clan Hyûga allait affronter celui qu‘on considérait comme le génie de sa famille. à Suna comme ailleurs, on disait qu‘un simple contact avec un Hyûga était synonyme d‘une défait assurée, voir de mort. Cette réputation suffisait amplement à Gaara comme à d‘autres pour s‘intéresser totalement à ce combat. Parmi les shinobis de Konoha les réactions différaient. L‘Hokage et les examinateurs étaient intrigués, on assistait rarement à des combats entre membres d‘une même fratrie, encore moins entre ceux qui étaient appelés à en devenir l‘élite. Gaï, Kurenai et leurs élèves s‘inquiétaient pour la jeune fille. L‘équipe dix et Sakura trouvaient le tirage au sort ironique, le match de Ling Xiaoyu semblait n‘être qu‘un préambule à celui-ci au vu des dires de Lee. Sasuke, lui, avait hâte d‘enfin voir cette autre famille qui, comme la sienne, possédait une pupille particulière. Enfin Naruto, calme, sérieux et silencieux, patientait, attendant que le combat commence. Ce qui n‘échappa pas à Kakashi.

        Chacun des Hyûga descendit de sa tribune pour se faire face sur la surface de combat. Dos à de l‘équipe sept, Neji engagea la conversation sur un ton bien solennelle :
— Nos chemins se croisent de nouveau Hinata.
— Grand-frère, répondit-elle timidement.
        La plupart des participants furent surpris, ne pensant pas qu‘ils étaient aussi proches. Toutefois Kakashi décida d‘éclaircir certains points :
— Ils appartiennent tous deux à la plus ancienne et respectables des familles de Konoha. La lignée des Hyûga. Mais ils ne sont pas frère et sœur au sens propre du terme.
— Ils n‘ont donc pas de lien direct ? questionna Sakura.
— Il existe en fait deux branches dans la maison des Hyûga, expliqua Lee. La Sôke ou branche principale et la Bunke, la branche secondaire. Vous me suivez ?
— Sôke et Bunke ? répéta Sasuke.
— Je m‘explique : Hinata est issue de la lignée directe, quant à Neji, il est de la branche mineur.
— Ils vont donc s‘affronter entre cousins, commenta Ino. Dans ce cas il leur sera difficile de se battre à cent pour cent.
— Euh, hésita Lee. C‘est pas si simple. L‘histoire de leur relation est marquée de multiples conflits et de nos jours encore, on ne peut pas dire que les deux branches soient en très bon termes. Je ne suis pas très au fait de la situation mais c‘est un phénomène courant dans les familles aristocratiques. Depuis des temps reculés la Sôke a établi des privilèges afin de préserver sa primauté. Les gens de la Bunke en ont souffert et en nourrissent encore de la rancœur.
— Donc cette confrontation séculaire va se prolonger ici même, conclut Sakura.
        Pendant ce temps l‘arbitre avait rappelé les règles entre deux quintes de toux avant de donner le signale du départ. Mais alors que tous pensaient qu‘ils allaient commencer leur duel, Neji s‘adressa à Hinata :
— Avant que le combat ne commence écoute bien ce que j‘ai à dire. Tu n‘es pas faite pour être ninja. Déclare forfait ! lui ordonna-t-il, ce qui troubla l‘adolescente. Tu es trop gentille, enchaîna-t-il sur un ton suffisant. Dans ta vaine recherche du consensus, tu t‘efforces d‘éviter tout conflit et alignes systématiquement tes positions sur celles des autres. Ainsi tu n‘as développer aucune force de caractère.
        Hinata détourna les yeux en baissant la tête, embarrassés, tandis que Naruto, toujours aussi stoïque, gravait chaque mot dans sa mémoire.
— En outre tu n‘as aucune confiance en toi. Tu as développé un sentiment d‘infériorité criant. Tu te contentes de stagner dans les grades inférieurs de ninjas. Cette épreuve exigeait de s‘inscrire à trois et Kiba t‘a proposé de rejoindre son groupe, tu n‘as pas su refuser mais en vérité tu détestes être ici. Ai-je tort ?
— Non... commença-t-elle, hésitante. Ce n‘est pas vrai... Je...
        Elle braqua de nouveau son regard vers le sol :
— Je suis là de mon plein gré, parce que je veux changer.
        L‘assistance se divisa alors en deux catégories : ceux qui, au vu du comportement de la jeune fille, donnait raison à Neji et ceux qui trouvaient que l‘héritière Hyûga avait beaucoup de courage.
— À mes yeux Hinata tu n‘es qu‘une enfant gâtée de la Sôke, personne ne change jamais ! dit-il avec un pointe d‘énervement face à ce qu‘il considérait comme une absurdité. Un raté reste un raté ! Ni ta force ni ton caractère ne changeront. La différence naît de ce que les gens ne peuvent changer, ainsi se créent dès le berceau les élites et les suiveurs. On juge et l‘on est jugé selon toutes sortes de critères. L‘intelligence, le talent, le caractère, la corpulence ou le visage. On discrimine et on est discriminé selon les apparences. La souffrance trouve son origine à la naissance. Je suis née dans la Bunke et toi dans la Sôke, il est des choses qui sont immuables. J‘ai vu bien des chose par mes byakugan. Je sais de quoi je parle. Tu crois que tu es là parce que tu veux changer, mais en ton fort intérieur tu n‘as qu‘une envie, celle de quitter les lieux.
        Intriguée par les propos de l‘élève de Gaï, Sakura interrogea Kakashi sur le byakugan, l‘œil blanc.
— Ma famille était apparentée aux Hyûga il y a longtemps, commença à expliquer le borgne. Je sais que les membres de ce clan naissent tous avec un byakugan. Il leur vient avec la continuité du sang. Il s‘agit d‘une pupille semblable au sharigan mais elle lui est de loin supérieur en terme de capacité de discernement et d‘analyse.
        La comparaison faite par son maître n‘échappa pas à Sasuke dont l‘impatience commençait à se faire sentir.
        Alors qu‘Hinata essayait de se défendre face aux propos de son cousin, la vue de Neji se fit alors plus perçante que celle d‘un aigle et les veines gonflèrent tout autour de ses yeux. Fixant sa petite cousine qui n‘arrivait plus à soutenir son regard oppressant et qui commençait à frissonner en jouant nerveusement avec ses doigts, Neji reprit sur son ton suffisant :
— Tu ne peux pas tromper mes yeux. En cet instant, tu ne supportes pas la pression à laquelle je te soumets. Voilà que tu regardes en haut à gauche. Cette mimique signifie que tu te remémores un épisode de ton passé. Ce passé si douloureux qui est le tien. Maintenant tu déplaces ton regard en bas à droite, signe de ta souffrance physique et psychique. Bref, en toi, tout reflète celle que tu étais autrefois. Facile ainsi de supposer quelle sera l‘issue de ce combat. Ton inéluctable défaite !
        Hinata eut un mouvement de recule comme frappée par ces mots
— De même quand tu dresses ton bras devant toi tu cherches à dresser un mur protecteur entre nous, continua Neji alors qu‘Hinata tremblante des pieds à la tête commençait à avoir les larmes aux yeux. Ta gestuelle indique combien tu voudrais que je cesse de te piétiner. J‘ai raison sur toute la ligne n‘est-ce pas ? Ce n‘est pas tout. Tu tripotes tes lèvres et ce geste si intime trahit les tourments qui te déchirent. Tu cherches, en un geste instinctif, à apaiser la tension et l‘angoisse qui t‘assaillent. Allons chère sœur. Tu le sais bien au fond de toi ! Changer sa nature c‘est tout à fait...
— Hinata ! cria Naruto d‘une voix neutre.
        Neji se retourna alors vers l‘idiot qui l‘interrompait, ainsi que toutes les têtes des personnes présentes. Les bras croisé, Naruto le fixait du haut des tribunes et pendant quelques secondes ils s‘affrontèrent du regard jusqu‘à ce qu‘il dise :
— Bats-le.
— Tss, soupira le Hyûga
        Ce fanfaron n‘avait-il rien suivi de la conversation ? Hinata était tout sauf capable de le battre. Mais alors qu‘il reportait son attention sur l‘adolescente il la retrouva calme, sereine et déterminée, les signes distinctifs de l‘utilisation du byakugan présents sur son visage. La jambe droite légèrement avancée et tendue. La gauche un peu fléchie. La paume de ses mains orientée vers lui.
— Allons ! dit-il comme si elle plaisantait. Tu n‘es pas séri...
        Son cœur rata un battement, heureusement pour lui, il avait d‘excellents réflexes. Jamais il n‘aurait imaginé qu‘elle puisse oser l‘attaquer, encore moins sans lui laisser le temps de se mettre en garde. Il avait esquivé son coup en exécutant une roulade sur le coté et, alors qu‘elle se redressait lentement pour lui faire face et reprendre sa position de combat, il sentit un liquide s‘écouler de son oreille droite. Portant ses doigts à sa tête pour essuyer le sang, il réalisa soudain combien elle était sérieuse. Et tandis qu‘il la fixait, il crut l‘espace d‘un instant voir devant lui une jeune lionne.
— Très bien, lâcha Neji en serrant les dent avant d‘adopter une position similaire.
— Je ne comprends pas, dit Sasuke, perplexe. J‘étais pourtant sûr qu‘il avait esquivé son attaque à temps.
— C‘est le sang de la lignée des Hyûga, répondit Lee en serrant les poings. Ces gens pratiques le taijutsu le plus efficace de Konoha. Vous vous souvenez lorsque je t‘ai défié Sasuke ? J‘ai prétendu être le plus fort des aspirants de Konoha mais en réalité, le plus fort des genins n‘est autre que Neji, et ce grâce à leur style de combat.
— Même si Hinata ne fait qu‘effleurer Neji son attaque n‘en reste pas moins efficace, commença à expliquer Gaï. C‘est le style de cette prestigieuse famille. Leur taijutsu se transmet de génération en génération. Le taijutsu que je pratique et enseigne à mes disciples comme Lee vise à briser les os et à ouvrir des plaies dans le corps de l‘ennemi. C‘est-à-dire à lui porter des dommages physiques externes, on nomme cette école "gôken" ou "poing fort" ! En opposition diamétrale, le taijutsu des Hyûga inflige des dégâts aux méridiens que le chakra emprunte pour circuler dans le corps. Il vise les organes et dévaste le corps de l‘intérieur. C‘est le "jûken" ou "poing souple". Ce n‘est pas un art très spectaculaire mais ses effets se font sentir peu à peu immanquablement.
— C‘est vrai qu‘on ne peut pas entraîner ses organes à résister aux coups, commenta Kakashi. Ainsi on peut infliger des blessures mortelles à n‘importe quel dur-à-cuire.
        Dès qu‘il fut en position, Hinata passa à l‘assaut. Leur vitesse d‘attaque était impressionnante bien qu‘ils ne se déplaçaient pas beaucoup. Chacun parait et contre-attaquait immédiatement, dès que leurs mains rentraient en contact des sortes d‘étincelles de chakra semblaient en jaillir ; ajouté à cela leurs mouvements amples, circulaires et pourtant précis et incisifs. Leur combat envoûta absolument toute l‘assistance. Ils avaient l‘impression d‘être témoins de la rencontre entre un tigre et un lionne. Et si personne n‘avait soupçonné que l‘adolescente puisse avoir un tel niveau, pas même sa propre équipe qui subissait à ce moment là une désillusion concernant l‘adolescente, Gaara, complètement excité par ce combat, ne put s‘empêcher de lâcher un commentaire que ni Temari ni Kankurô n‘auraient pu imaginer dans sa bouche :
— Que tu as bon goût mon frère.
        Du coté de l‘équipe sept tout le monde écoutait attentivement les explications de Gaï tout en gardant les yeux rivés sur le combat.
— Tout comme les veines qui véhiculent le sang nous possédons dans tout l‘organisme des canaux enchevêtrés qui amènent les chakra jusque dans les parties les plus reculées. Telles des autoroutes du chakra, les méridiens sont reliés aux organes vitaux, véritables récepteurs de chakra. Donc en percutant ces méridiens, on atteint les organes !
— C‘est très beau tout ça mais comment ils procèdent ? interrogea Chôji. Ces machins sont pas invisibles à l‘œil nu ?
— En fait, reprit Kakashi, ils les distinguent avec leurs byakugans. De plus, les particularités du jûken ne s‘arrêtent pas là. Ils libèrent leur propre chakra par l‘ouverture qu‘ils ont dans la main et l‘expédient dans le corps de l‘adversaire pour atteindre les méridiens.
        Leurs échanges continuèrent tout en augmentant graduellement en rapidité et en violence lorsque tout à coup, Neji fut contrains de battre en retraite, évitant de justesse un coup en pleine poitrine. Mais comme lors de la première attaque qu‘il avait évitée, l‘effleurement avait suffis. Il toussa et l‘on vit parmi ses projections quelques gouttes de sang. Rien de sérieux en soit mais son égaux subissait là un affront qu‘il allait réparer.
        Le combat reprit avec une intensité bien supérieur, les coups qu‘ils se portaient visaient clairement les points vitaux. La moindre erreur de leur part et ils finiraient au cimetière. Les deux combattants paraissaient être à égalité, avec une très légère supériorité pour Hinata. Mais soudain Neji surprit tout le monde en se laissant délibérément toucher afin de pouvoir lui-même atteindre l‘adolescente. Cependant seule l‘héritière montra des signes de cette échange en crachant une gerbe de sang. Toutefois elle réagit au quart de tour en tentant une nouvelle attaque de la mains gauche. Son cousin, qui s‘y attendait, bloqua son bras de la même mains qu‘elle et avec deux doigts de la droite, il appuya à l‘arrière de son coude. Enfin, sans relâcher sa prise, il remonta la manche de sa cousin pour dévoiler son bras parsemé de points rouges.
— Alors comme ça depuis le début, commença-t-elle, étonnée.
— Tu réalises enfin, répondit-il avec son ton habituel. Je peux voir tous tes points vitaux.
— Mais de quoi parle-t-il ? interrogea Ino.
— Les méridiens sont jalonnés de trois cent soixante et une cavités, expliqua Kakashi. Ces orifices à chakra sont plus petits que la tête d‘une aiguille. En théorie, si on atteint ces cavités avec précision on peut stopper, amplifier, contrôler le flux de chakra dans le corps de la victime. En théorie seulement. Ce qui est tout bonnement impossible de distinguer pour le sharingan qui pourtant ne rate pas grand chose. Et en combat ce serait encore plus compliqué.
        Neji poussa violemment sa cousine, la projetant par terre. Puis il la fixa avec dégoût et dit :
— Princesse Hinata, preuve est fait que l‘on ne peut pas changer. C‘est ce qui distingue l‘élite du troupeau. C‘est une réalité incontestable.
        Cette dernière essayait tant bien que mal de reprendre son souffle en regardant du coin de l‘œil celui qu‘elle appelait son frère.
— Sitôt que tu m‘as attaqué tu as dû regretter ton geste téméraires. Tu es maintenant en proie à un désarroi total. Abandonne ! lui ordonna-t-il.
        Crachant une nouvelle fois du sang, Hinata déployait toutes ses forces pour se relever et faire face à Neji.
— Tu te trompes, lui dit-elle en souriant timidement. Je n‘ai aucun regret. Et j‘ai bien senti dans tes coups toute la peine et la souffrance qui t‘habitent Neji.
— Inutile de t‘acharner. Tu peines à te relever. Tu sais que rien ne trompe mes yeux. Depuis ta naissance tu portes le titre d‘héritière et le nom des Hyûga comme une charge. Tu as vécu en te maudissant d‘être si faible car tu sais qu‘il est impossible d‘aller contre sa nature, son destin...
— Neji, l‘interrompit Hinata. Cesse de te tourmenter. Chasse les nuages de ton cœur ! Nous savons bien quel est le nœud du problème, Neji ! De nous deux, c‘est toi qui as le plus souffert des déchirements de notre clan.
        L‘énonciation de cette simple vérité par elle lui fit perdre toute retenu. Cela sonnait à ses oreilles comme la pire insulte qu‘elle pouvait lui adresser. N‘écoutant plus que sa folie vengeresse alors qu‘Hayate hurlait que le match était fini, Neji chargea, le visage déformé par la haine. Mais son attaque fut stoppée par quatre jônins.
— Tant de ninja de rang supérieur qui se mobilisent pour maîtriser un simple aspirant ? railla Neji. La Sôke aura donc toujours droit à un traitement de faveur !
        Soudain, Hinata s‘effondra secouée par une violente quinte de toux. Et alors que Neji avait un peu retrouvé ses esprits et que l‘on appelait un médecin pour examiner l‘adolescente, il fut parcouru par un frisson alors qu‘il entendait :
— Ô cruel destin qui t‘empêche d‘infliger son juste châtiment à cette enfant gâtée. N‘est-ce pas l‘aveugle ? interrogea Naruto sur un ton ironique.
        Sa voix, ses yeux, sa gestuelle laissait transparaître une colère froide. Aussi lentement qu‘il avait articulé chaque mot, il descendit de la tribune sans jamais quitter Neji du regard alors que tous constatait que ses blessures se rouvraient progressivement sous la contraction de ses muscles qu‘il préparait au combat. Puis il s‘approcha d‘Hinata toujours au sol qui cracha à nouveau du sang.
— Écoute-moi la fin de série ! lança Neji avec arrogance. J‘ai deux choses à te dire ! Un vrai ninja ne perd pas son temps à s‘apitoyer sur les autres ! Ensuite un raté restera toujours un raté ! On ne change jamais !
        Naruto s‘accroupit près de l‘adolescente et il imprégna sa main valide de son sang avant de se redresser et de faire face au Hyûga.
À ton avis l‘aveugle, qu‘elle est la personne que les jônins protègent en ce moment ?
        Sa voix était plus que froide, elle semblait inhumaine et toute l‘assemblée fut parcourue d‘un frémissement de peur, excepté Neji. Et comme il l‘avait fait remarquer tout les ninja de rang supérieur de Konoha étaient prêts à intervenir s‘il tentait quoi que ce soit. Avec lenteur Naruto tendit sa main ouverte et couverte de sang vers l‘adolescent.
Quoi qu‘il arrive, avant la fin de cet examen, je te détruirais ! déclara-t-il en refermant avec force son poing, faisait gicler du sang.

        Cette promesse de mort les glaça tous. Neji, qui n‘avait pas encore retrouvé ses esprits, était bien le seul à ne pas réaliser ce qu‘il avait déclenché. Gaara se retenait à peine, ses yeux brillant de sa folie meurtrière tandis qu‘il affichait un rictus des plus sadiques. Les aspirants de Suna étaient pétrifiés. Si certains avaient douté du statut de réceptacle du blond, il venait de balayer leurs incertitudes. Tous se jurèrent de ne pas se mettre entre lui et l‘inconscient qui avait signé son arrêt de mort.
        Les ninjas de niveau supérieur de Konoha ainsi que les examinateurs et l‘Hokage étaient certains d‘assister à la première véritable influence du démon renard qui profitait des sentiments de Naruto pour essayer de se manifester. Autrement dit, le sceau commençait à faiblir et il faudrait peut-être bientôt intervenir.
        Les autres aspirants et surtout Sasuke et Sakura étaient figés. Ils ne le reconnaissaient pas. Il n‘avait strictement rien à voir avec leur équipier. Puis ils se rappelèrent le nombre de fois où il s‘était énervé car parfois ils continuaient à le voir comme lorsqu‘ils étaient à l‘académie. Comme un raté. Finalement, ils appréhendèrent un peu ce que ce combat pouvait représenter à ses yeux.

        La nervosité commença à chuter lorsque Tsunade descendit de l‘estrade pour se diriger vers Hinata. Sans même se préoccuper de Naruto, elle examina l‘adolescente.
— Comment elle va la vieille ? demanda Naruto un peu plus calme tout en fixant toujours Neji.
        La tension qui régnait dans la salle s‘éclipsa alors instantanément tandis que Naruto traversait la pièce en vol plané pour venir s‘encastrer dans un pilier qui soutenait la tribune de droite.
— Je vais m‘occuper de cette gamine, déclara-t-elle visiblement énervée par la remarque de l‘Uzumaki. Qu‘on l‘emmène à l‘infirmerie ! ordonna-t-elle. Ainsi que ce morveux ! Je vais lui apprendre comment un jeune garçon doit s‘adresser aux femmes.
        Sur ces belles paroles et sur le sourire sadique qu‘affichait la légendaire sannin et qui apeura instinctivement toute la gente masculine, Gaara y comprit, Naruto et Hinata furent conduis à l‘infirmerie.

        Une pause d‘une demi heure fut décidée pour permettre aux équipes d‘entretien de nettoyer la surface de combat et surtout, pour s‘assurer que la tribune ne risquait pas de s‘écrouler suite aux dommages que la princesse du village venait de causer. Cela laissa aussi le temps au différents candidats de se remettre de leurs émotions. Enfin le neuvième combat fut annoncé et Hayate appela Shikamaru Nara contre Dosu du village caché du Son.