L'amateur

par Cel

Chapitre 17 :

        Pourquoi était-il surpris ? Après tout, il savait depuis le début que ça finirait ainsi. Alors pourquoi ? Peut-être parce qu‘à un moment il s‘était laissé emporter dans ce jeu stupide. Fierté à la noix ! Cette pensée le fit sourire comme l‘autre, et ce malgré la froideur de sa lame plaquée sur sa jugulaire. Parmi toutes les questions qui l‘habitaient, une seule lui parut nécessaire de poser : comment ? Il n‘avait pas besoin de le voir pour savoir qu‘à présent lui aussi souriait.

        Cruel sort, pourquoi avait-il fallu que cela tombe sur lui ? Il allait devoir affronter Naruto. La première pensée qui le traversa fut d‘abandonner immédiatement, après tout. L‘information de Gaara avait été confirmée par les services de renseignement. L‘Uzumaki était lui aussi un porteur de démon et pas n‘importe lequel, le plus puissant. Leur maître avait été très clair, à moins d‘y être contraint, il fallait éviter de l‘affronter. Et là, au regard qu‘il lui lançait, il était vraiment dans ce cas de figure. Ce qui le convainquit de tenter sa chance c‘était la lueur de folie qu‘il perçut dans les yeux de son petit frère. Il souhaitait plus que tout se mesurer au blond. C‘était un miracle en soit qu‘il ne l‘ait pas déjà attaqué. Kankurô savait qu‘il était hors de question de le priver d‘une démonstration en abandonnant. Et puis Közu s‘était déjà qualifié, de quoi aurai-t-il l‘air s‘il déclarait forfait ?

        Pour l‘honneur, il se dirigea vers les escaliers, aussi impassible que possible. Le marionnettiste passait en revu ce qu‘il savait de Naruto. Son statut de jinchuuriki lui avait été révélé dix mois plus tôt mais il n‘avait suivis aucune formation pour maîtriser ses pouvoirs. C‘était un point positif, enfin s‘il omettait que Gaara maîtrisait les siens bien avant qu‘il ne reçoive une quelconque formation. Sinon il était le plus grand cancre que leur académie ait jamais formé. Du peu qu‘il avait vu Kankurô n‘avait pas envi de savoir ce que Konoha appelait des génies. En plus le blond connaissait son statut de marionnettiste.

        Kankurô ne put s‘empêcher d‘afficher un rictus face à ce qu‘il pensait être le début d‘un sale quart d‘heure. Mais il réussit à camoufler ce dernier en sourire de confiance, sauvant ainsi les apparences. Face à son destin, il regarda le blond qui échangeait des politesses avec son coéquipier. Puis il s‘intéressa enfin à lui. Le cadet des Sabaku sentait toute la confiance qui émanait de lui. Y avait-il quelqu‘un ici pour douter réellement du résultat de ce duel ? ça lui paraissait sur-réaliste.
— Bien, fit-il. Je suis content d‘être tombé sur toi, depuis le temps que je voulais tester ma technique.
        Naruto tendit alors son bras gauche et deux rouleaux apparurent dans sa main.
— On va bien s‘amuser, conclut-il le regard brillant.
        S‘amuser ? Oui, c‘était vraiment tout ce qu‘il pourrait faire contre lui, l‘amuser. L‘Uzumaki jeta les deux rouleaux en l‘air et composa rapidement une série de signe. Les parchemins disparurent alors dans un nuage de fumée pour laisser place à deux personnes. La première, un mètre soixante-dix huit, châtain avec une mini-queue de chevale coiffée haute arborait le bandeau de Konoha sur son front. Les yeux marrons, une cicatrice barrant horizontalement son visage, il était vêtu tel la plupart des ninja de moyenne classe de ce village.
        La seconde personne, un mètre cinquante trois, brune, les cheveux mi-long dont deux mèches encadraient son visage d‘adolescent soutenues par son bandeau frontal rose faisant office de serre tête. Son visage était couvert d‘un léger fond de teint pale, du mascara noir, du fard à paupière vert pâle pour faire ressortir ses yeux bruns. Des pommettes légèrement rosi dans le même ton, des lèvres rouge vermillon. Elle était vêtue d‘un justaucorps, d‘un tutu et d‘une paire de collants assortis, le tout rose pâle. Enfin pour terminer ses ongles était fushia.
— Je te présente mes deux marionnettes, déclara fièrement Naruto.
— Je suis le professeur Iruka, dit respectueusement la première marionnette avec une voix très similaire au véritable Iruka.
— Et je suis son élève, la folle et sublime Sasukette, dit-elle avec un rire cristallin totalement faux.

        Comme le premier pantin, la voix de Sasukette évoquait celle de son modèle bien que pour des raisons évidentes elle était un peu plus aiguë comme si elle essayait de prendre une voix plus féminine. L‘apparition de ces deux marionnettes surpris toute l‘assemblé mais surtout, Kakashi et Sakura durent se mettre à deux pour immobiliser Sasuke qui, en se débattant tel un forcené, injuriait à plein poumon son coéquipier en lui promettant une mort dans d‘atroces souffrances.

— Tu veux m‘affronter sur mon propre domaine ? interrogea Kankurô perplexe.
        Naruto cessa de regarder Sasuke pour se concentrer uniquement sur son adversaire. Mais il gardait tout de même son sourire des grands jours.
— Wep. Depuis que j‘ai entendu parler des marionnettistes, j‘ai toujours voulu me mesurer à l‘un d‘entre vous. Malheureusement il y en a pas à Konoha, tu comprends donc pourquoi j‘suis heureux de pouvoir me battre contre toi.
        Hayate qui comme la majorité des personnes présentes dans la pièces retrouvait ses esprits s‘avança vers les deux concurrents :
— Le duel durent jusqu‘à l‘abandon ou la mort d‘un des participants, si je juge que l‘un d‘entre vous n‘est plus en mesure de continuer je me réserve le droit de mettre un terme à votre combat. Vous avez bien compris ?
— Oui ! répondirent-ils d‘une même voix.
        Pendant que l‘arbitre s‘éloignait, Kankurô dévoila sa marionnette. Si celles de Naruto avaient une apparence parfaitement humaine la sienne ressemblait à un monstre. Son corps, suspendu à quelques centimètres du sol, était caché par un draps noir ne laissant entrevoir que la tête entourée de cheveux brun.
        Dès que le signal du départ fut donné, les doigts de l‘Uzumaki s‘activèrent comme s‘il jouait une mélodi sur un piano et Iruka et Sasukette s‘élancèrent. Le faux chûnin vint se placer à dix mètres à droite de Kankurô tandis que la folle se plaçait à l‘opposé. Le jeune homme et son pantin eux n‘avaient pas bougé. Puisque Naruto souhaitait voir un véritable marionnettiste à l‘œuvre il allait lui montrer la différence entre ses jouets et ses véritables poupées de combat. Constatant que son adversaire lui laissait l‘initiative, le professeur composa rapidement une série de mudra que les connaisseurs reconnurent comme étant celle de la boule de feu suprême.
— Technique secrète des professeurs, la mitrailleuse de craie !
        La mâchoire du maître se déboîta et une mitraillette en bois apparut et commença à bombarder le brun. Pendant ce temps la folle n‘était pas restée immobile puisqu‘elle s‘était élancée telle une danseuse de ballet avant de bondir à toute vitesse en déclarant.
— Technique secrète des folles, the first kiss !
        Karasu, le pantin de Kankurô, s‘était activé dès le début de l‘attaque de Naruto. Ce dernier avait foncé pour intercepter la jeune demoiselle tandis qu‘un objet se trouvant sous son drap contra tous les projectiles tirés par Iruka à un mètre de leur cible.
        Naruto désengagea Sasukette de son corps à corps et ramena ses deux pantins auprès de lui.
— Voilà qui est des plus intéressant, remarqua Iruka. Il peut désassembler Karasu et contrôler chacune de ses pièces indépendamment les unes des autres.
— On dirait que nous n‘avons finalement pas l‘avantage numérique, releva Sasukette avant de tourner sur elle-même.
        Kankurô était bien décidé à lui montrer tout son art, sa marionnette entièrement démontée en une trentaine de parties qui dévoilèrent alors toutes une lame. Face à cette menace l‘Uzumaki s‘accroupit, croisant ses bras avant d‘exécuter une nouvelle partition avec ses doigts. La folle joignit ses mains au dessus de sa tête en veillant à faire un cercle parfait et prit la même pose avec ses jambes ressemblant à un huit en tutu. Le professeur se préparait à plonger dans une piscine imaginaire.
        Lorsque le cadet des Sabaku lança son offensive Sasukette se mit a tourner à grande vitesse sur elle-même alors qu‘Iruka, gardant toujours sa posture, posait ses mains sur celles de son élève. Dès qu‘ils furent en contact, ils se mirent à décrire un cercle dont le centre était Naruto et ce à une vitesse telle qu‘on distinguait facilement le blond au milieu. La technique défensive du duo contra tous les projectiles quel que fut leur angle d‘attaque. Au bout de cinq minutes et plusieurs tentatives différentes Kakurô rassembla son pantin, conscient qu‘insister était inutile.
— Un point partout, déclara Naruto suite à cet échange.
— J‘admets que tes jouets sont plus résistants que je ne l‘imaginais mais tu vas devoir leur racheter des vêtements, répondit Kankurô.
        En effet, le maître et son élève avaient subis pas mal de coupures et leurs vêtements étaient bons pour la poubelle. Contrairement à Karasu qui, à l‘exception de la poudre de craie qui recouvrait son bras droit, était parfaitement indemne. Mais l‘Uzumaki ne s‘avouait pas vaincu et fit apparaître un nouveau rouleau qu‘il lança en l‘air, comme les précédant, afin d‘invoquer une nouvelle marionnette.
— Laisse-moi te présenter ma première et dernière marionnette en date, créer pour le combat et non pour faire des farces. Le maître ninja pervers ! J‘ai nommé le Ka-ka-shi-na-tor !
— NARUTO ! hurla Kakashi.
        Si le maître de l‘équipe sept avait pu être amusé par les deux précédentes créations de son élève, savoir que lui aussi y était passé le fit rejoindre le même état de colère que son disciple. Et comme Sasuke qui était immobilisé par Lee et Sakura, Kakashi fut retenu par Asuma et Gaî.
        Le clone parfait de Kakashi s‘avança alors vers Kankurô et s‘arrêta pile entre lui et Naruto.
— Leçon une, dit-il avec un air nonchalant. Le corps à corps.
        Le borgne passa alors sa main gauche dans sa sacoche arrière et ressortit un livre sous les yeux incrédules de Kankurô.
— Mais à quoi tu joues ! s‘insurgea le fil du désert.
— Eh bien c‘est évidant, répondit la marionnette en arquant un sourcil après que Naruto est joué de ses doigts. Je veux connaître la fin de ce livre.
        Énervé par cette provocation l‘aspirant de Suna déclencha son assaut. Mais à sa grande surprise la vitesse de réaction de ce nouveau pantin était bien supérieur aux deux autres. Non contant de parer toutes ses attaques, il réussi même à projeter Karasu contre le mur d‘entrée via un magnifique coup de pied ; soit à plus de quinze mètres.
— Un ninja doit toujours surveiller ses arrières, déclara le Kakashinator.
        Ce dernier avait profité de la surprise de Kankurô pour se glisser dans son dos. Ses mains formant le signe du tigre tandis que son seul œil semblait briller d‘un éclat pervers il enchaîna :
— Arcane de corps à corps du village de Konoha ! Technique ancestrale des supers-pervers ! Mille ans de souffrance !
        Le pantin planta alors ses doigts dans les pauvres fesses de l‘adolescent qui fut propulsé jusqu‘à sa marionnette.

        Après quelques secondes Kankurô se releva plus déterminé que jamais à écraser ce misérable gamin et ses pathétiques jouets. Dans un cri de rage, l‘aspirant de Suna tendit avec violence ses mains vers le Kakashinator et Karasu s‘élança à vive allure sur la copie du borgne en produisant de petit mais frénétique cliquetis sonore. Lorsqu‘il fut à trois mètre de sa cible sa mâchoire se déboîta et il tira un projectile. Naruto fit éviter simplement ce dernier à son maître ninja pervers, pensant qu‘il s‘agissait d‘un kunai. Mais en réalité c‘était un parchemin comme ceux qu‘il utilisait. Avant même que quiconque ait pu réaliser ce qui se passait le Kakashinator se retrouva enfermé à l‘intérieur d‘une autre marionnette semblable à un grand tonneau. Malheureusement, l‘Uzumaki n‘eut pas réfléchi à un quelconque moyen de libérer l‘épouvantail que toutes les pièces de Karasu transpercèrent cette prison.

        Naruto fut pétrifié. Il avait compris ce que s‘apprêtait à faire son adversaire. Les différentes parties de Karasu se mirent à tournoyer tandis que le blond tombait à genoux, impuissant face à la destruction de sa marionnette. Lorsqu‘enfin l‘attaque de Kankurô s‘arrêta et qu‘il libéra le contenu du tonneau, seuls des morceaux pas plus grands que la paume d‘une main en sortirent. Le blond était livide et il dit d‘une voix dénuée de vie :
— Cinq mois, vingt-sept jours, treize heures, quarante six minutes et dix neuf secondes de travail réduits en fumée en moins de cinq minutes.
        L‘Uzumaki semblait sur le point de s‘effondrer complètement. Personnes n‘avaient imaginé que ses créations lui tenaient tant à cœur et encore moins qu‘il avait passé autant de temps à les confectionner.
— Tu t‘es débarrassé de ma meilleure marionnette comme on écrase une vulgaire mouche. J‘ai été complètement stupide de vouloir me battre d‘égale à égale avec un véritable marionnettiste de Suna en ayant travaillé uniquement en autodidacte.
        Comme s‘il voulait montrer sa bonne fois, Naruto se redressa, le visage toujours aussi blanc. Puis il scella Iruka et Sasukette dans leurs parchemins avant de les faire disparaître à nouveau dans ses sceaux de stockage.

        Kankurô, qui avait repris son calme, ramena ses pantins auprès de lui. La réactions de son adversaire l‘inquiétait. Il ne savait pas comment il allait agir. à première vu le blond s‘apprêtait à abandonner mais il n‘y croyait pas beaucoup. Il craignait surtout le voir devenir le même monstre que son petit frère.

        Naruto ferma les yeux pour se concentrer sur sa respiration. Lentement il inspira, remplissant entièrement ses poumons. Puis, avec le même rythme, il les vida et recommença pendant une minute.
— Bien, dit-il avec son sourire habituelle comme si rien ne s‘était passé, démontrant ainsi l‘incroyable self-contrôle et les dons d‘acteur dont il était capable — ce qui n‘échappa à personne et encore moins à Kakashi.
        S‘il ne l‘avait pas vu sur le point de craquer, il n‘aurait jamais pu croire en le regardant à ce moment précis qu‘il venait de subir un choc émotionnel important. Et s‘il était capable d‘une telle prouesse, alors il pouvait tout aussi bien avoir simulé son état dépressif durant leur entraînement sur les affinités. D‘ailleurs, est-ce qu‘il avait ne serait-ce qu‘une fois vu le véritable visage du blond ? Le maître de l‘équipe sept, bien qu‘extérieurement de nouveau calme voir mourant d‘ennui, venait de perdre toute confiance en Naruto. Il était à présent sûr à cent pour cent qu‘il lui cachait quelque chose. Et il était bien décidé à découvrir quoi.
— Et si nous mettions fin à ce duel, avait enchaîné le blond pendant que le ninja copieur se perdait en réflexion.
        L‘aspirant de Konoha se mit alors à faire quelques exercices d‘assouplissement en attendant la décision de Kankurô.
— Je suis prêt, répondit-il avec détermination.
        Le retour du blond à son état normal mit en confiance le fil du désert sans qu‘il comprenne réellement pourquoi. Il savait aussi que le prochain mouvement marquerait la fin de ce combat.
        Dès qu‘il eut fini ses exercices Naruto s‘élança vers Kankurô aussi vite que Kiba durant son combat. Le marionnettiste bien qu‘étonné par la rapidité du blond eut suffisamment de temps pour se reprendre et envoyer Karasu et Kuroari le stopper. Voyant cela, l‘Uzumaki fit un mudra et deux clones apparurent à ses cotés. Chacun bondit sur un des pantins tandis que le blond les dépassait et décocha un shuriken que Kankuro esquiva. Mais alors que l‘aspirant de Konoha allait enfin lui porter une attaque il fut projeté par un coup de poing de Karasu. Sous l‘effet du choque, les deux clones disparurent. Et alors que le fils du désert pensait avoir réussi à assommer Naruto, ce dernier suivit le même chemin que les deux autres et s‘envola en fumée. C‘est à ce moment qu‘il sentit la froideur de la lame du blond contre sa jugulaire et qu‘un sourire en coin naquit sur son visage.
— Comment ? demanda-t-il.
— J‘ai invoqué trois clones dont un derrière moi, et je me suis changé quasiment au même moment en shuriken. Bien exécuté, l‘adversaire a juste l‘impression que j‘ai créé deux clones et que j‘ai ensuite récupéré un shuriken de mes sceaux de stockage. Un tour de passe passe assez simple à réaliser, à conditions de bien s‘entraîner.
— Tss, soupira Kankurô. Arbitre ! J‘abandonne !
        Naruto rangea son arme puis se mit face à son adversaire et lui tendit sa main.
— Sans rancune ! proposa-t-il.
— Sans rancune ! répondit l‘aspirant de Suna en serrant sa main après quelques secondes d‘hésitation.

        L‘Uzumaki, avant de rejoindre son équipe, scella les restes du Kakashinator dans son parchemin. Les retrouvailles furent sportives : les félicitations de Sakura, d‘Ino et de Sasuke se traduisirent par un tabassage en règle. Sasuke pour l‘humiliation qu‘il avait subit, Ino par principe — personnes n‘entache l‘image de son idole — et Sakura plus pour avoir été obligée de retenir le brun pendant une demi-heure.

        Du côté de Kankurô ce dernier appréhendait la réaction de son équipe et de son maître. Après tout il s‘était emporté et avait dévoilé Kuroari. Sa grand sœur le félicita, il s‘était bien battu au vu des conditions de son duel. Gaara ne prit même pas la peine d‘accorder un peu d‘attention à son frère. à ses yeux ce combat était le pire qu‘il ait jamais vu. Quand à Baki, le jônin en charge de leur équipe, il le réprimanda pour avoir cédé à sa colère durant le combat.

        Pendant ce temps les noms des participants du septième combat furent tirés au sort. Kin Tsuchi d‘Oto contre Ling Xiaoyu de Taki. Xiaoyu était une jeune fille d‘un mètre soixante, ses cheveux noirs et raides coiffés en deux nattes maintenues par des chouchous oranges. Sa robe en col mao de la même couleur était ornée de fines plumes au niveau des épaules. En son centre était cousu le symbole de son village en rose bonbon. Ses ballerines comme les deux chouchous qu‘elle portait en guise de bracelets sur chaque poignet étaient eux aussi oranges. Seul son short n‘exprimait pas son excentricité et, bien qu‘elle ait seize ans, on lui en donnait facilement douze à cause de son comportement enfantin comme Naruto.

        Les deux concurrentes se firent face. Kin toisait son adversaire en se demandant comme elle avait bien pu arriver jusqu‘ici. Cette jeune femme représentait tout ce qu‘elle détestait chez les autres filles. Cette naïveté, cette excentricité, cette joie de vivre comme si le monde était parfait et beau. Elle allait lui donner une leçon et après ce qui c‘était passé avec l‘équipe sept quelques jours plus tôt, ça lui ferait le plus grand bien.

        Comme avant chaque combat Hayate rappela aux participantes les règles de base puis, s‘éloignant de quelques mètres, il donna le signale du départ. Xiaoyu tendit et avança sa jambe droite de façon à abaisser son centre de gravité pendant qu‘elle pliait la gauche, concentrant la plus grande partie de son poids plume dessus. Rentrant légèrement sa poitrine, elle courba son dos puis ses mains prirent une position similaire à celle de ses jambes.

— Elle pratique le Hakke Sho ! s‘exclama de surprise Lee.
— Le quoi ? interrogea Ino.
— Le Hakke Sho. C‘est un style de combat au corps à corps basé sur les dégâts internes. Je connais parfaitement ce style de combat car les membres du clan Hyûga en sont tous des adeptes. Je n‘aurais jamais crus voir quelqu‘un d‘autre qu‘un Hyûga utiliser ce style de combat.

        La kunoichi du son s‘était lancée très rapidement à l‘attaque avec des salves de sanbon. Mais elle déchanta en voyant les déplacements de Xiaoyu. L‘aspirante de Taki se mouvait avec une fluidité, une rapidité et une grâce envoûtante. Elle tournait autour de Kin et sur elle-même telle la terre autour du soleil. L‘adolescente, bien trop déstabilisé par la danse de son adversaire, fut mise au tapis en moins de cinq minutes. Ling retourna à sa place, toute guillerette, sous les applaudissements de son équipe pendant qu‘on évacuait Kin et que tous attendaient impatiemment le prochain combat.