Une équipe se forme

par Cel

Chapitre 1

        Cela faisait maintenant une semaine que l’équipe sept était devenue active et le moins qu’on puisse dire se résumait en un mot : l’ennui ! Ils avaient rapidement compris que leur maître ne serait jamais à l’heure. C’était — et c’est toujours — dans sa nature d’être en retard et de donner des raisons totalement fausses pour justifier cela. Pour une obscure raison, ils arrivaient tout de même à l’heure alors qu’ils savaient pertinemment que ils auraient au minimum deux heures et demi à l’attendre. Rajoutons à cela que leurs missions étaient vraiment sans intérêt. De plus, les rares fois où ils n’allaient pas en mission, Kakashi supervisait un entraînement commun guère difficile même pour leur coéquipière qui était la plus en retard dans ce domaine.

        Ce jour là, ils étaient au point de rendez-vous et un silence d’or régnait entre eux. Au début et par habitude, Naruto discutait énormément avec Sakura ; non pas qu’il ne voulait pas parler avec son homologue masculin, mais il n’était guère sociale à l’époque. La conversation commençait toujours par les amabilités de leur age à savoir, des insultes et de la provocation entre Sasuke et le blond ainsi que des vents magistraux de la part de la gente féminine pour notre héros. Après quoi, il tuait le temps en racontant diverses histoires comiques et autres blagues. Mais il était rapidement arrivé à court et son esprit repensait trop au teste qu’ils avaient subi une semaine plus tôt pour continuer ainsi.

        En effet, ce test lui laissait un goût amer dans la bouche. Bien sûr, ils l’avaient parfaitement réussi, là n’était pas le problème. Non ! Le vrai problème reposait sur cette simple question :

— Et si cela n’avait pas été un teste mais une véritable mission ? lança Naruto d’un sérieux qui surpris ses deux collègues.
Il avait dit cela comme s’ils étaient en plein milieu d’une conversation. Hors, au dernière nouvelle ses coéquipiers n’avait pas suivit les raisonnements de son cerveau.
— Mais de quoi tu parles, idiot ? interrogea Sakura.
Ce au quel le garçon répondit par un regard disant - à ton avis, c’est pas évidant ?
— Un échec... ce fut la réponse de Sasuke qui semblait enfin comprendre de quoi parlait Naruto.
— Mais, sérieux vous parler de quoi ? fit-elle, alors qu’elle commençait à en avoir par-dessus la tête. Pas de l’épreuve de survie de la semaine dernière j’espère !
— De quel autre teste je pourrais vous parlez ? soupira le blond.
— Qu’est-ce que j’en sais moi, avec toute les conneries qui peut traverser ton esprit. Je suis pas devin, je peux pas savoir ce qui se passe dans ta cervelle. Maintenant explique nous rapidement où tu veux en venir parce que sinon... déclara-t-elle en brandissant son poing d’un air menaçant.
— Désolé. répondit-il en grimaçant. Et bien pour commencer, on aurait pas pu tricher avec l’horloge, afin pour moi c’était de la triche et ensuite même si maître Kakashi dit qu’on a fait preuve d’un belle esprit d’équipe... Notre travail était bâclé plus qu’autre chose, non? En plus quand on nous vous de loin, est-ce qu’on nous donnerait vraiment le titre d’équipe?
— C’est bien jolie, mais t’accouche... coupa Sasuke, qui en avait marre que cette discussion tourne au tour du pot.
— Et bien, si nous mettions à profit les retards de notre borgne de maître ?

        Sasuke lui demanda d’être plus explicite. Ce qu’il fit, avec la plus grande joie, en leur exposant consciencieusement ce qu’il lui trottait au fond du crane. Ainsi l’équipe sept commença réellement à devenir une équipe et l’ennui avait laissé place à la bonne humeur. Ils arrivaient toujours à l’heure et Kakashi était toujours en retard cependant, ils s’entraînaient et apprenaient à mieux se connaître. Rapidement, ils voulurent augmenter le temps qu’ils consacraient à cela . Ainsi lorsque leur maître les quittait à la fin de la journée, ils se rendaient chez Sasuke, où ils mangeaient en partageant bien sur les frais pour la nourriture, puis ils entamaient une nouvelle séance d’entraînement sur le terrain privé du clan Uchiha. Bien qu’à l’époque, aucun d’entre eux ne l’aurait admis, tout particulièrement deux d’entre eux, fierté masculine oblige, ces entraînements les avaient tous fait progresser et avaient renforcé ce lien qui les unissaient.

        Au bout de trois mois et demi à enchaîner ce type de journée, ils avaient atteint le sommet de leur patience. Ils étaient certain d’être prêt pour des missions d’une plus grande importance mais leurs supérieurs ne semblaient pas s’en être aperçus, aussi Naruto se chargea de le leur signaler avec la plus grande désinvolture possible, lorsqu’ils se rendirent au bureau de attribution de mission où l’Hokage et divers chûnin les répartissaient entre les teams.

— ...ensuite, une course au village voisin, puis...
— Tss, fit Naruto pour couper l’Hokage. L’ancêtre, vous savez qu’on fait ce genre de mission depuis plus de quatre mois maintenant ! Honnêtement on a atteint notre limite, on les a toutes remplis sans souci et on a pas négligé nos entraînements. Comment voulez-vous qu’on progresse si on continue à faire ces missions à la noix !
— Tu ne manques pas de... ! commença à crier le professeur Iruka.
— Naruto a parfaitement raison, intervint Sasuke.
— Même si mes coéquipiers n’ont pas vraiment fait preuve de tact, il est vrai que nous souhaiterions avoir l’occasion de tester le fruit de notre travail et de pouvoir constater notre progression depuis que nous formons l’équipe sept, maître Hokage, conclu Sakura avec respect.
— Kakashi ? interrogea le vielle homme.
— Puisqu’ils ont l’air déterminé, pourquoi pas, déclara notre chef avec l’impression de s’ennuyer plus que n’importe qui d’autre.
— Très bien, nous allons voir si vous êtes réellement prêts. Je vais vous confier une mission de classe ”C”, une mission d’escorte et de protection. Le client est un charpentier. Si vous voulez bien entrer.

        Un homme d’une quarantaine d’années à la silhouette typique d’un charpentier d’expérience apparut en ouvrant la porte sans ménagement. Des cheveux blancs en bataille, une petite barbe et des yeux reflétant une fatigue avancée ou, si on en jugeait la bouteille qu’il tenait à la main et son odeur, il était tout simplement soûl. Quoi qu’il en soit il portait des lunettes ainsi qu’un sac à dos montrant qu’il était prêt à partir et qu’il n’attendait qu’eux. Un fait marqua à l’époque l’Uzumaki : il portait une corde autour du front comme un bandeau frontal. Peut-être que les charpentiers eux aussi portaient l’équivalent d’un bandeau ninja servant à identifier un quelconque grade ou lieu de formation ? Mais il pensa que cela devait être juste par excentricité.

— C’est quoi ça ? lança leur client en les regardant. Un ramassis d’avortons ! Ne me dites pas que ce sont des ninja !
— Monsieur, commença Sakura, sachez que si on nous a attribué cette mission, c’est que nous sommes tout à fait apte à la remplir.
— Et puis sachez qu’un seul membre de cette équipe suffirait pour votre protection, enchaîna le blond.
— Nous, nous ne vous disons pas comment faire votre travail et nous ne vous jugeons pas non plus sur votre odeur de pochetron ! conclu Sasuke sur un ton glaciale bien représentative de leurs sentiments suite à cette insulte.
— Pardon... Je... Je m’appelle Tazuna, ma spécialité est la construction de pont. Je suis justement entrain d’en finir un dans mon pays. Vous devrez m’escorter jusque là bas et me protéger le temps qu’il le faudra pour que je puisse le finir.

        Ils saluèrent le veille Hokage et suivirent Kakashi dans une autre pièce où il demanda des informations complémentaires à leur client. Il souhaitait savoir la localisation exacte où ils devaient se rendre et le temps qu’il faudrait à Tazuna pour finir son pont. Après quoi, ils eurent une heure pour rassembler leurs affaires et se retrouver à l’entrée du village. Naruto retourna donc rapidement chez lui et fit l’inventaire de ce dont il avait théoriquement besoin. Ration de survie, une tante et un sac de couchage pour une personne, trousse de premier soin... Non pas qu’il pensait en avoir véritablement besoin mais on éest jamais trop prudent.

        L’excitation de cette première mission avait eu le même effet sur toute la team. Ils avaient un quart d’heure d’avance sur l’horaire qui leur avait été donné. Ils espéraient tous secrètement que Kakashi serait à l’heure cette fois-ci puisque la mission était d’un autre niveau. Malheureusement ce ne fut pas le cas, mais ils mirent tout de même à profit ce temps pour revoir leurs différentes stratégies. Ils notèrent toutefois que leur maitre avait battu son record en arrivant avec seulement une demi-heure de retard. Alors bien évidemment, chacun de eux avaient naturellement gravé ce fait dans sa mémoire.

        Le temps était magnifiquement ensoleillé, une légère brise et le chant de la foret les accompagnaient. Un cadre de toute beauté, qui renforçait leur joie à la perspective de cette mission. Le trajet qu’ils devaient parcourir était assez long. Aussi, après plusieurs heures de marche silencieuse, Naruto entama une conversation avec ses coéquipiers sur la possibilité de rencontrer d’autres shinobi durant la mission. Et Sasuke le suivit tout de suite dans cette discutions, à sa manière ; à savoir des regards appuyés, hautins, moqueurs et parfois froid, le tout accompagnés de répliques brèves. Il était comme ça à l’époque, soixante-quinze pour-cent de sa communication était purement gestuelle. Autant dire qu’ils leur avaient fallu pas mal de temps à Sakura et à Naruto pour être capable de le comprendre correctement. Sakura participait elle aussi à cette discution mais ce qui l’intéressait n’était pas véritablement la même chose que ses partenaires. Bien qu’ils souhaitaient réellement tous les trois savoir où ils en étaient.

— Ne vous emballez pas ! intervint Kakashi. Il n’y a pas de ninja au pays des Vagues. Mais par contre il y en a dans la plupart des autres pays et il y a aussi des villages cachés, même si la culture et les coutumes y sont différentes des nôtres. Pour les nombreux pays du continent, l’existence d’un village ninja équivaut à la présence d’une puissance militaire qui permet de maintenir l’équilibre entre les pays limitrophes. Mais ça ne veut pas dire que les villages soient placés sous l’autorité des différents gouvernements. En réalité, ils se situent sur le même plan que les gouvernements et n’en sont donc pas dépendants. Certains petits pays ont peu à craindre des grandes puissances et, de ce fait, n’ont pas besoin d’un village ninja. C’est le cas du pays des Vagues où nous nous rendons.

        Kakashi avait fait cette présentation sur le ton d’un professeur d’académie. On avait l’impression qu’il souhaitait leur couper l’herbe sous le pied histoire de rigoler un peu. Enfin sur le coup, c’était leur ressenti et cela avait imposé le silence sur tout le groupe. Pour dire vrai ils boudaient leur maître, mais cela ne dura pas très longtemps. En effet, le blond remarqua quelque chose qui lui parut étrange en dépassant une flaque d’eau. Aussitôt, son regard croisa celui de Sasuke qui confirma sa pensée. L’instant d’après, ils regardèrent leur coéquipière qui, grâce à leurs entraînements, comprit le message.

— Maître ! apostropha Naruto d’un ton plaintif. On pourrait pas faire une pause, j’ai faim moi !
— Naruto ! fit-il en ayant l’air de le réprimander. Ce serait trop te demander d’être...

        Il n’eut pas fini sa phrase que deux shinobi apparurent. Chacun portait une arme de pugilat reliées par une chaîne. Cette dernière entoura le corps de l’épouvantail* et le découpa en plusieurs morceaux lorsqu’ils tirèrent dessus en parfaite synchronisation tandis que Naruto prononça le nom de l’objet. Immédiatement, un shuriken lancé par Sasuke passa devant ses yeux suivi d’un kunai de Sakura. Cet enchaînement eut pour effet d’accrocher solidement ladite chaîne sur le tronc d’un des arbres qui bordaient la route. Les deux adversaires, surpris d’une telle réactivité, se reprirent juste à temps pour abandonner le lien qui les unissait et ainsi éviter les huit shurikens, du blond : quatre chacun qui frôlèrent leur tête et coupèrent quelques cheveux. Toutefois leurs enchaînements ne s’arrêtaient pas là car, dans la seconde qui suivit, Sasuke et Naruto étaient prêts pour un peu de corps à corps. L’adversaire, de notre héros était encore déstabilisé par leur réflexes, ajouté à cela qu’il choisit de l’affronter au corps à corps ; hors, celui qui lui faisait face n’était autre que l’un de ses clones, ce qui le perturba d’avantage lorsqu’il le vit disparaître dans un nuage de fumée, ralentissant ainsi encore un peu plus sa vitesse de réaction. Si bien qu’il ne remarqua que trop tard l’attaque dans son dos qui permit, via une clé de bras, de l’immobiliser au sol avant de l’assommer.

        Du coté de son partenaire, son adversaire avait bien mieux réussi à gérer sa surprise. Il échangea quelques coups avec Sasuke avant de réussir à le feinter. Grâce à cette passe, il dépassa l’Uchiha et se précipita vers Tazuna. Sakura, qui ce trouvait en position de défense devant leur client, réagit instinctivement en lançant un shuriken sur le ninja qui l’esquiva d’un simple mouvement de tête. Il entendit alors Naruto lui dire au creux de l’oreille ces quelques mots d’un ton moqueur "Eh non !". À peine une fraction de seconde s’était écoulée entre le moment où il esquivait le projectile et celui où il entendit cette phrase qu’il sentit une violente douleur au niveau du visage, suivie d’une seconde au niveau du bassin et puis une dernière au dos.

        En effet ce qu’il avait pris pour un simple shuriken était en réalité un des clones métamorphosé de Naruto. Lorsqu’il avait cru l’attaque évitée, son attention s’était entièrement fixée sur son objectif et le seul obstacle qu’il pensait avoir sur son chemin, à savoir Sakura. Il ne put réagir au magistral coup de pied que lui infligea le clone, surtout que ce dernier bénéficiait de la vitesse de rotation et de la force que la fleur avait mis dans son lancer. Le tout combiné renvoya le pauvre shinobi vers sa case départ. Sasuke, lui, n’était pas resté sans rien faire, bien au contraire. Il avait tout de suite bondi le plus haut possible lorsqu’il avait vu Sakura sortir le shuriken. Et avec un parfait timing, il conclut l’enchaînement par un superbe coup de pied qui profitait de sa vitesse de chute, de tout son poids et de toute sa force pour encastrer notre adversaire dans un petit cratère formé par l’impact.

        Ce fut ce moment là que choisit Kakashi pour sortir de l’arbre dans lequel il se tenait perché.

— Eh bien les enfants, je vous félicite ! le ton de sa voix et l’air qu’il arborait montraient combien il était surpris et fier à ce moment précis. équipe sept, vous avez fait preuve d’une excellente analyse, initiative et d’un travail d’équipe parfait. Je suis fier de vous !
Il accompagna cette phrase d’un sourire qu’on devinait aisément malgré son masque et qui leur fit chaud au cœur.
— Toutefois, je ne pense pas me tromper en disant que vous m’avez caché quelques petites choses ?
— Une semaine après que vous nous ayez admis en tant qu’aspirants ninja... commença Sasuke, un petit sourire en coin très significatif de la fierté et de la satisfaction qu’il ressentait à ce moment.
— Naruto nous a fait part d’une chose qui le tracassait et qui se trouvait être aussi notre cas ! dit Sakura, les joues légèrement rosies par le compliment que nous avions reçu.
— Le test des clochettes m’avait laissé un goût amer malgré notre réussite, enchaîna Naruto avec une expression qui montrait les mêmes sentiments que mes camarades. Et puis, je ne pouvais pas m’empêcher de penser : et si cela avait été une véritable mission et non un test ? Ma conclusion était que nous aurions échoué, alors comme vous disiez que le travail d’équipe était essentiel, et puisque vous étiez encore en retard, je leur ai fait part de mon ressenti à ce sujet.
— Nous avons donc décidé de mettre à profit le temps que l’on perdait à vous attendre puisque vous êtes toujours en retard, continua l’Uchiha. On a d’abord fait le bilan de nos capacités individuelles, de nos points forts et de nos points faibles. Après nous avons réfléchi à comment travailler ensemble de façon optimale en utilisant nos capacités respectives pour améliorer les points forts de chacun tout en réduisant nos faiblesses.
— Ensuite on a mis au point différentes stratégies par type de mission et on a utilisé les clones de Naruto pour les simuler.
— Et vous avez réussi à atteindre ce niveau avec seulement une heure et demie d’entrainement par jour ? s’étonna Kakashi.
— En réalité, vous avez en général plutôt trois heures de retard maître. signala Naruto en se grattant la tête, embarrassé de constater qu’il ne semblait pas avoir vraiment conscience du retard qu’il avait habituellement. Ce qui eut pour effet de lui donner l’air ahuri quelques instants.
De plus, on s’entraine six à sept heures par jour. Deux à trois heures le matin, et quatre heures le soir sur le terrain privé de Sasuke après que vous soyez parti.
— Et pour le clone shuriken qu’a lancé Sakura ? l’interrogea-t-il après avoir repris contenance.
— Comme on était arrivé un peu en avance aux portes du village tout à l’heure, à cause de l’excitation qu’on ressentait, j’ai fait quatre clones que j’ai transformés en shuriken et j’en ai donné deux à chacun de mes coéquipiers au cas où.

        Kakashi les félicita une fois de plus et conclut en déclarant que désormais il superviserait leurs entraînements, enfin ceux qu’ils faisaient habituellement chez Sasuke car il ne pouvait pas garantir d’arriver à l’heure le matin. Cette réplique déclencha un fou rire général parmi eux. Ce qui se traduisait chez Sasuke par un petit sourire espiègle et des yeux pétillants. Ce qui équivalait chez lui à un Naruto plié en quatre à se rouler par terre.

        Après cette petite séance de plaisanterie, l’épouvantail prit leurs deux adversaires encore dans les vapes et les ligota à un l’arbre avant de reporter son attention sur Tazuna qui n’avait pas dit un mot depuis l’apparition des deux compères.

— Tazuna ! apostropha Kakashi.
— Qu... Qu’y a-t-il ? s’étonna le charpentier qui semblait être en état de choc.
— Il faut que je vous parle. dit-il d’un ton calme et sérieux. Ce sont des chûnin, ou ninjas de classe moyenne du village de Kiri. Ils sont réputés pour leur hargne au combat. Ils n’abandonnent jamais.
— Comment avez-vous pu prévoir notre attaque ? interrogea l’un d’entre eux qui venait de reprendre connaissance.
— Les flaques d’eau sont plutôt rares quand le soleil brille comme aujourd’hui et qu’il n’a pas plu depuis plusieurs jours, les informa Kakashi sur le ton d’un professeur d’école expliquant à un élève quelque chose de basique.
— Puisque vous saviez déceler leur présence, pourquoi avoir laissé vos élèves se battre ? demanda leur client.
— Si je l’avais voulu, j’aurais pu tuer ces deux-là en un clin d’œil mais il fallait d’abord vérifier qui était la cible de leur embuscade.
— Que voulez-vous dire ?
— Bah... fit-il en penchant légèrement la tête avec un regard qui disait "mais t’es idiot ou quoi ?". était-ce vous qui étiez visé ou bien l’un de nous quatre ? Voilà ce dont je voulais m’assurer. La mission dont nous avons été investis consiste simplement à vous protéger des voleurs et des brigands. Vous ne nous avez jamais dit que vous étiez menacé par des shinobi, accusa-t-il. S’il y a des ninjas dans cette affaire, la mission passe au moins en classe B. Je croyais qu’il suffisait d’assurer votre protection jusqu’à l’achèvement des travaux de construction de votre pont. Mais ça n’a pas l’air si simple. Si nous avions su dès le départ qu’il y aurait des shinobi à affronter votre demande aurait été mise en classe B et, du coup, le prix aurait augmenté. Je suis sûr que vous aviez de bonnes raisons de ne pas nous dire la vérité, mais il n’empêche que cette petite dissimulation change toutes les données de la mission.
— Dans ce cas nous devons pensez sur le long terme ! intervint Naruto . Le pays des Vagues est actuellement sous l’influence indirecte et décroissante de Kiri. De plus nous ne sommes pas en très bons termes avec eux en ce moment. Si nous accomplissons la mission, nous pourrions ainsi saper ce qu’il reste d’influence à Kiri et accroître la notre. En d’autres termes, le village serait alors le mieux placé pour récolter toutes les futures missions que le pays des Vagues pourrait avoir à offrir. Si on rajoute à cela le fait qu’en cas de retour à Konoha la mission serait réévaluée et donc annulée puisque notre cher client ne pourrait pas la payer, nous perdrions toute légitimité pour intervenir dans ce secteur à l’avenir.

        Lorsque il eu fini son exposé, il remarqua que toute son équipe avait les yeux écarquillés comme s’ils venaient de voir un fantôme. Ce qui le vexa.

— Quoi ! s’exclama le blond. Après tout ce temps vous me preniez tous pour un débile ? les interrogea avec une légère pointe de mépris dans la voix et un regard glacial.
— Calme-toi Naruto, demanda normalement Kakashi qui s’était repris. Avec l’analyse que tu nous as fournie, il est plus qu’évidant que nous ne pouvons pas faire demi-tour. Par contre pourrais-tu me dire où tu as appris tant de choses en géopolitique ninja, s’il-te-plaît ?
— J’ai régulièrement séché les cours tout au long de ma période à l’académie, parfois Shikamaru Nara m’accompagnait, commença Naruto tout en se calmant. En général on se posait chez lui, enfin quand sa mère n’était pas là. Parfois, son père était présent et nous jouions ensemble au shogi et au go. Pendant nos parties nous discutions de tout et de rien, ce qui pour un Nara signifiait parler de sujets complexes tels que la géopolitique shinobi, les différentes types de guerres que se livraient les villages ninja, l’économie et bien d’autres...

        Suite à cette explication Kakashi leurs signala qu’ils allaient continuer la mission. Cette annonce mit mal alèse Tazuna qui présenta des excuses ainsi que toutes les informations qu’il n’avait pas révélées. Après quoi ils reprirent la route et l’épouvantail laissa un clone derrière eux afin d’interroger ou torturer, selon le point de vue, les prisonniers et finir le travail comme il l’avait appelé.