Le réveil d'un mort [Début de la préquelle]

par Jill

During Crisis

 

Prologue

 

 

 

 

I’LL BE BACK !!!! Avais-je dit, ruisselant de sueur, les doigts endoloris par le souvenir de ces nuits blanches à taper sur mon clavier comme si ma vie en dépendait… et bien…

I AM BACK !!! Avec comme promis la suite de Naruto Crisis.

Enfin, pas tout à fait, car ce que vous vous apprêtez à lire maintenant va vous conter l’errance de Naruto, durant les trois années qui le sépare de son naufrage dans ce bar infecte de Suna et de son terrible affrontement avec Aniki. Une partie qui devrait somme toute être assez courte (Je n’estime pas plus d’une dizaine de chapitre) mais qui mettra en scène l’arrivée dans la vie tourmentée de Naruto de la mystérieuse jeune femme connue sous le pseudonyme de « l’aveugle ».

La descente aux enfers est en marche !

Bonne lecture à tous !

 

 

 

 

 

Je comprends pas…

 

Nuit noire… adossé contre un arbre…

 

… crevé… mal… très mal… sang…

 

… mort… sang mort… nuit…

 

Brouillard devant les yeux… vois rien… ma tête…

 

… mal… très mal…

 

… loin…

 

… partir…

 

Marcher… non, ramper… mal aux jambes…

 

Me traîne… gout de sang, de cailloux, de terre… de mort…

 

Plus de force… m’arrête, recommence… mal aux doigts, m’arrache les ongles… doit continuer, sais pas pourquoi…

 

Comprends pas…

 

Mort… mort… idées embrouillées… mort… souviens pas… mort… comprend pas…

 

Lève la tête vers la lune… grosse… ronde… brillante… mort… tous…

 

Ils sont tous morts…

 

 

 

 

Lumière…

Un flot lumineux s’écrase de plein fouet contre ma rétine. Je lève instinctivement un bras en l’air… avant d’être brutalement interrompus par une douleur fulgurante à l’avant-bras. Je réprime un cri de douleur avant de me rendre compte de ma situation. Le soleil est haut dans le ciel, je me trouve à plat-ventre, au milieu d’une petite clairière. Avec toutes les précautions du monde, je me suis mis assis. La douleur dans mon bras ne s’amenuise pas et me fait faire une grimace. C’est alors que je le remarque enfin… l’état dans lequel je suis.

Une quantité indénombrable de blessures cicatrisées couvertes de sang séché, mes vêtements déchiquetés, réduits à l’état de lambeaux, mon œil gauche qui refuse obstinément de s’ouvrir et en passant ma main dans mes cheveux, je me rend compte qu’il en manque une bonne partie.

Mais qu’est-ce qui a pu me… me…

Peu à peu, la vérité… ou plutôt, la triste vérité m’apparaît peu à peu à l’esprit… je n’en sais rien, je ne sais rien de ce qui a pu me mettre dans cet état. La panique m’envahit. Tout à coup, un flash traverse mon crâne et me file un mal de tête à crever.

Je revois la lune, la nuit… la mort… et des braises autour de moi… c’est tout.

Je m’écroule à terre, j’essaye de hurler, mais aucun son ne sort de ma bouche. Au contraire, des larmes sortent instinctivement de mes yeux, sans que je ne puisse les arrêter.

Je reste là, à pleurer, pendant plusieurs minutes, peut-être plusieurs heures…

 

Autour de moi, des oiseaux chantent, le vent passe au travers du feuillage des arbres… et des bruits de pas retentissent.

Il ne me faut pas une seconde pour réagir. Comme poussé par un instinct animal, je sors un kunaï de ma sacoche avec mon bras valide et je le lance droit sur l’endroit d’où viennent les bruits de pas.

Un bruit d’impact, puis un cri.

Je me dis qu’il faut que je me lève pour aller voir… mais mon corps refuse toujours de régir, pendant ce temps, l’autre continue de hurler.

Finalement, après plusieurs minutes de tentatives, je fini par me lever.

Mes jambes ne sont pas en meilleur état que le reste de mon corps.

Il me faut trente bonnes secondes pour lever une jambe et la reposer. Ecartant quelques fougères, je vois enfin à qui appartiennent tous ces cris.

Au pied d’un arbre, un ninja agonise.

Par un hasard que je n’explique pas, mon kunaï l’a frappé droit dans le cœur… pourtant, il vit toujours…

J’écarquille les yeux en voyant son bandeau frontal… et le signe des ninjas de Kiri dessus. De plus… je remarque que ses mains sont couvertes de sang… mais il est sec… ce n’est donc pas le sien.

Mon sang ne fait qu’un tour, je m’approche de lui, l’attrape par le col et le plaque contre le tronc de l’arbre. Je le secoue, sans but apparent… il perd de plus en plus de sang et hoquette violement.

J’ouvre la bouche… je voudrais parler, crier, hurler…

Mais un blocage douloureux au niveau des cordes vocales m’empêche d’articuler correctement, j’arrive juste à cracher quelques sons… et parfois un mot déformé et inaudible… comme si je n’avais jamais parlé de ma vie :

 

_ aaahduuyiaa

 

Je tousse avec force, crachant même un peu de sang sur le visage de l’autre. Je respire un bon coup avant d’ouvrir la bouche en grand en espérant que quelque chose va sortir :

 

_ tuu

 

Avec rage, je donne un violent coup de poing dans la tête du ninja qui s’écroule à terre.

 

_ … qu… qu…

 

Dans un dernier effort, je réussis à prononcer :

 

_ … qu !... QUOI !!!!

 

C’est tout ce que je réussis à dire… je n’ai pas la force d’en faire plus.

Au sol, l’autre se tourne lentement vers moi. Il me dévisage lentement avec une respiration saccadée. Tout à coup, ses yeux semblent s’animer… et des mots se forment en sortant de ses lèvres :

 

_ … toi… le démon… à retrouver…

 

Constatant que l’agonisant a encore beaucoup de choses à dire, je me rapproche de lui pour une nouvelle fois agripper son col.

Il poursuit ses phrases qui n’en sont pas :

 

_ … tu es… un monstres… tu as… as détruit… détruit… Ko… Kono

 

 

 

Il est mort…

… et moi aussi… de plus en plus… je crois savoir… je crois savoir ce que signifie « Kono »…

 

Je reste immobile comme une statue… ma tête… j’ai beau chercher… essayer de mettre de l’ordre dans mes idées… il n’y a rien à faire…

… mais qu’est-ce qui s’est passé ?

Je réussis à lever une jambe… je fait un pas… puis un autre… et encore un…

Je marche… lentement… mais je marche.

 

Entre les arbres… je me dirige avec le bruit… ma direction… là où il n’y en a pas…

Je trébuche… j’essaye de me rattraper mais je finis face contre terre… exténué…

 

 

Un bruit…

Il y a quelqu’un à côté de moi…

 

… un simple instant… puis le silence revient…

… longtemps…

 

… Il n’y a rien…

 

 

J’ai plus le choix… je rampe…

Je m’arrache les ongles à avancer… m’enfonçant plus vers cet endroit au silence étouffant…

 

 

… je ne sais pas…

 

 

… que je ne suis pas seul… dans l’ombre…

 

 

 

… il y a quelqu’un… comme moi… presque mort…

 

 

… un homme déchue… blessé…

 

 

 

 

… un homme… qui m’observe…

 

 

 

 

 

J’y suis… je me souviens de ces arbres…

Mes bras… en sang…

… je me souviens… je suis presque arrivé… chez moi…

 

 

Ma maison… mon village…

Je me relève… j’avance…, plus que quelques arbres qui me bouchent la vue… je rentre…

 

… chez moi…

 

J’y suis… presque…

 

 

Un rayon de soleil m’aveugle un court instant… et peu à peu…

 

Je recouvre la vue…

 

 

 

 

 

… ma…

 

 

… ville ?

 

 

 

 

J’ai… j’ai vraiment…

 

… peur…

 

Elle… non… rien…

 

Il ne reste… rien !

 

Mes jambes s’écroulent… je ne sens plus mon corps…

 

Rien… plus rien !

 

Je… je n’ai… non !! C’est… c’est moi ? C’est moi ça ?!

Ce décor…

… paysage vide… que… des débris… tout semble… mort ?

 

Je vais… vomir…

Les larmes dans mes yeux… coulent… sans fin…

Mort… où… où ils sont ?

 

Où ils sont ?

 

 

 

Ils… ils… je… tous… tués… assassinés… non… non, non, non non non non !!! Non !!

 

Je les ai… tous….

 

 

 

Ils sont tous mort… et c’est ma faute.

 

Rapidement, frénétiquement, je bas des jambes, je bas des bras, tout mes muscles s’activent en un instant, électrisés par une terreur atroce, envahissant mon cerveau et s’insinuant dans les moindres espaces de mon esprit. J’arrive à me relever, m’agrippant désespérément à un tronc d’arbre, galvanisé par toute cette adrénaline, je cours, encore, encore, encore, loin, toujours plus….

Loin… partir… partir… fuir…

 

« Je compte sur toi Naruto ! »

 

… non…

 

« Je ramènerai Sasuke ! »

 

Non…

 

« Je vous protègerai tous ! »

 

 

Non !

 

 

« Je deviendrai Hokage ! »

 

 

 

NON !!

 

Je trébuche, je tombe, je m’écrase le crâne contre un tronc d’arbre. La douleur me foudroie comme une volée de poignards…

Mais je me relève… je continue… je continue… encore et encore… encore et encore…

 

Je dois…

… partir…

 

Jamais… je ne dois…

 

 

Je ne dois pas revenir…

 

 

 

Je n’entends plus les oiseaux…

Je ne vois plus le ciel…

Je ne sens plus le vent…

 

 

 

 

… je suis mort.

 

 

 

jill

 

 

Et voilà ! La suite viendra en son temps, lâchez les comms !!!

À toutes !