Il y a une faille

par Jill

Naruto Crisis

 

Chapitre 30 :

 

 

Je ne perds pas un seul instant et je passe illico en mode super-vitesse, car je sais que si jamais j’entre en contact avec les mains Chakranisée d’Aniki, ma peau ne vaudra plus grand-chose…

 

_ Il court, il court, le renard…

 

A droite ! Je baisse la tête en une fraction de seconde pour éviter un coup de poing.

 

_ … le renard qui va crever !

 

A gauche ! Je saute en l’air aussi vite que possible, en tourbillonnant sur moi-même pour l’empêcher de trop s’approcher. Peine perdue, Aniki fonce à toute allure dans ma direction. Décidé à faire face, je dresse un puissant bouclier de Chakra devant moi, mais néanmoins je n’ai pas assez de temps pour le solidifier complètement. Aniki abat ses poings d’énergie contre ma carapace de Chakra qui explose en un instant. Emporté par le souffle, je m’écrase à la vitesse d’une comète contre le sol avant de poursuivre mon atterrissage sur un bon kilomètre en créant une profonde traînée dans la terre.

 

 

 

 

_ On est mal.

 

Le verdict de Shikamaru tombe comme une guillotine sur les têtes de la petite équipe. Neji tente de comprendre :

 

_ Je ne pense pas qu’il faille être aussi expéditif, Naruto…

_ Naruto est dans la merde.

 

Le moins que l’on pouvait dire, c’est qu’entendre ces mots de la bouche du jeune Nara avait quelque chose de très peu rassurant.

Sasuke reprend calmement :

 

_ Que veux-tu dire ?

 

Après une courte inspiration, Shikamaru déclare :

 

_ Ce type a clairement l’avantage, il maîtrise parfaitement son état et la quantité phénoménal de Chakra qu’il possède, il paraît évident qu’il possède encore de nombreuses techniques cachées… Naruto, en revanche, est totalement dépassé par sa puissance, de plus, il vient d’épuiser toutes ses ressources en matière de jutsus : le multi-clonage, sa technique fétiche ne lui sert strictement à rien, ses rasengans, aussi puissants soient-ils sont facilement contrés et je ne pense pas qu’il soit seulement envisageable d’utiliser des techniques de corps à corps contre ce monstre…

_ Tu veux rire, s’emporte Neji, avec une réserve illimitée de Chakra, tu insinues que Naruto ne pourrait pas…

_ A quoi sert tout ce Chakra si Naruto ne peut pas l’utiliser ? Il ne possède aucune technique plus destructrice que son rasen-shuriken à longue portée et à quoi peut bien servir ses boucliers de Chakra s’il n’a pas le temps nécessaire pour les dresser correctement ? C’est triste à dire, mais Naruto n’a pas eu l’occasion d’apprendre d’autres techniques, en tout cas d’autres techniques utiles pour cette situation… sans compter que…

_ Quoi d’autre ? demande Anko.

 

L’air sombre, Shikamaru répond :

 

_ … il se retient.

_ Quoi ? interroge Sasuke.

_ … il n’est pas à fond, c’est évident. Lorsque je me suis battu contre lui, c’est comme s’il lisait chacune de mes actions avant que je ne les exécute, ce type est intelligent, très intelligent, bien plus que moi en tout cas. Avec une tel capacité d’adaptation, de tactique, de réflexions et autre, couplé avec le pouvoir réunis de 8 bijuus… j’en conclu que ce combat devrais déjà être terminé…, achève-t-il avec froideur.

 

Un silence pesant s’abattit sur le groupe…

 

 

 

 

Du sang… je saigne… un tout petit peu, mais je saigne, sur le coin des lèvres. Je sens mon Chakra s’activer pour réparer les dégâts… c’est passé tout près, ses poings m’ont frôlé de beaucoup trop près et j’ai failli mourir…

Je me relève sans trop de mal, tout en ayant un léger tournis… il est déjà devant moi…

 

_ Tss tss tss… mon pauvre, pauvre Naruto… si tu te voyais…

_ Ce n’est pas fini, Aniki…

_ Je sais…

 

Il fait demi-tour, me tourne le dos et fait quelques pas en avant, avant de lancer tout haut :

 

_ Lorsque j’ai enfin su où mon cher frère dissimulait da pouffiasse de morue, j’ai…

_ Qu’est-ce que tu fais ? Tu ne me demandes pas de me battre ? De te mettre en difficulté ou n’importe quoi d’autre ? Comme tu le fais d’habitude ?

 

Aniki ne répond pas immédiatement, il fait durer le semblant de silence qui règne autour de nous avant de tourner lentement la tête vers moi :

 

_ Décidemment, tu es vraiment irrécupérable… car nous savons tous les deux, mon pauvre petit Naruto… que tu n’arriveras jamais à me mettre en difficulté « ou n’importe quoi d’autre », achève-t-il avec un sourire carnassier.

 

Je ne trouve rien à répondre… il n’y a rien à répondre… car au fond de moi, je ressent le besoin de penser… qu’il a raison…

 

_ Maintenant, poursuit-il avec entrain, laisse-moi te conter la suite de cette passionnante histoire : lorsque j’ai découvert où se cachait cette sale harpie donc, j’ai, comme tu le sais si bien, intégré tous ces nouveaux élément au plan kyna et le soir de l’attaque du démon… tandis que mon frère se débattait comme un forcené pour donner l’illusion qu’il contrôlait la situation, ta mère était en train d’accoucher grâce aux soins de personnes sélectionnées secrètement par mon frère… j’ai donc décidé… d’aller lui rendre une petite visite…

 

La lueur sadique se reflétant dans son visage me donna la chaire de poule…

 

_ J’ai commencé par buter sous ses yeux tous les médecins, avant de me servir d’un genjutsu pour qu’elle se tienne tranquille… tandis que je vaquais à mes petites affaires…

_ Quel genre… d’affaire ?

_ Oh… trois fois rien… j’ai lu dans un bouquin comment il fallait faire et le reste fut très facile...

 

Une vision morbide me soulève l’estomac :

 

_ Tu n’as quand même pas…

_ Et si, mon tout petit Naruto… c’est moi… qui t’ai sortie du ventre de ta mère.

 

Je n’ose rien répliquer, tellement je suis secoué… il était là lorsque je suis… lorsque j’ai… c’est lui qui a…

 

_ Je me souviens, dit-il avec un ton faussement nostalgique, je me souviens du regard que tu m’as lancé, quand tu t’es mis à pleurnicher… je me souviens d’avec quelle incroyable volonté de fer j’ai dû me résoudre à ne pas te tuer immédiatement tellement tu me répugnais… mais il fallait bien, ton destin était déjà écrit, j’avais déjà tout planifié pour toi avant même ta naissance… tu me serais bien plus utile vif… que mort écrasé par un tabouret en répandant ton sang sur le sol blanc… j’ai donc chargé un civil via un genjutsu, de t’amener immédiatement à mon frère, sachant pertinemment qu’il saurait ce que ça signifiait pour lui… pour elle… et pour toi.

 

Il marque une pause, j’en profite pour demander, la voix tremblante :

 

_ … et… ensuite… qu’à tu fais à… ma mère ?

 

Son sourire se démultiplia :

 

_ J’ai commencé par la laver… histoire de vérifier si mon frère avait du goût en matière de femme et surtout pour épancher tout ce sang, ce liquide, ce… pouah, rien que de m’en rappeler j’ai envie de gerber… enfin bref… une fois propre, je l’ai bien empaquetée avant de l’emmener à l’extérieur de la ville, toujours sous genjutsu, afin de rejoindre… ma nouvelle équipe…

_ … l’Akatsuki.

_ Tout juste ! Nous nous sommes donc retranchés chacun de notre côté afin de collecter des informations. Ce que je n’ai pas fait immédiatement…

_ Que veux-tu dire ?

_ Je me suis retiré quelques temps dans une petite planque aménagée et contenant tout mon… « matériel ». Il s’est ensuite écoulé 1 an… pour ainsi dire… la plus belle année de ma vie…

_ Qu’est-ce que tu lui as fait…

_ Pendant une année entière… j’ai effectué sur elle plus d’expériences, de manipulations et de lavages de cerveaux que jamais dans toute mon existence. Que ce soit au niveau physique que psychique, elle a été en quelque sorte… pas un cobaye mais… de loin, dépassant même Sasuke… ma plus belle création.

_ Cré… ation.

_ Rends-toi compte… à la fin de cette année elle m’appelait maître, tuait dès que je l’ordonnais… elle était tout simplement à ma botte, qu’elle pouvait lécher si je lui laissai la permission, je lui ai fait oublier mon frère, oublier ta naissance, oublier son identité ! J’ai créé de mes mains quelqu’un de nouveau, de totalement soumis et de plus loyal que le plus loyal des chiens de garde, termine-t-il avec un geste théâtrale en bon mégalomaniaque qu’il est, elle est devenue mon second… au sein de l’Akatsuki…

 

Je dois avoir la bouche entrouverte… je ne sais plus quoi penser… je ne pense plus… je ne sais plus à quoi m’en tenir avec lui… jusqu’où peut donc aller sa perversité !

 

_ Et… maintenant, fais-je avec tout le calme dont je suis capable, où… est-elle ?

 

Comme je m’y attendais, Aniki sourit… comme je m’en doutais…

 

_ Elle est morte bien sûr ! Comme tous les autres !  J’ai laissé Jiraya s’en charger ! Ce débile l’a trucidé sans ménagement sans chercher plus loin que la couleur du manteau qu’elle portait fuahahaha !

 

C’est le clash, l’étincelle, la goutte d’eau…

 

_ Aniki…

_ Oui ?

_ LA FERME !!!

 

Une haine farouche s’est emparée de moi, je cours comme un malade, défonçant le sol sous la puissance de mes pas, je réunis tout le Chakra que je peux dans ma main et je frappe ! Suite à un sourire furtif, apparemment satisfait de ma réaction, Aniki contre ma main d’un coup de bras avant de chercher à m’atteindre avec ses poings. En un clin d’œil, je suis derrière lui, près à lui enfoncer mon coude dans la nuque, il esquive d’un mouvement de tête avant de se retourner en tourbillonnant, m’obligeant à faire une roulade en arrière. Lorsque mon ennemi termine de tourner sur lui-même, il a tout juste le temps de voir pas moins d’une dizaine de rasen-shuriken téléguidé foncer vers lui. Considérant le replie  comme une bonne initiative, Aniki défonce deux disques de ses poings avant de reculer rapidement. Faisant appelle à toute ma concentration, j’’aligne les huit disques restants en cercle autour du rouquin, qui attend de savoir d’où viendra l’attaque. D’un seul coup, je lâche tout et mes shurikens de Chakra de déplacent tous en même temps au centre du cercle, la où le rouquin exécute un saut en hauteur… comme prévu.

En un instant, je suis au même niveau que lui et je ne lui laisse pas le temps de faire quoi que ce soit que j’enchaîne :

 

_ U !

 

Je donne un coup de pied latéral qu’il contre de l’avant-bras.

 

_ ZU !

 

Sans avoir besoin de mes clones, grâce à ma super-vitesse je me téléporte presque juste à sa gauche et je décoche un nouveau coup, contré lui aussi de très peu.

 

_ MA !

 

Je réitère la manœuvre sans plus de succès, mais bien déterminé à aller jusqu’au bout.

 

_ KI !

 

Mon quatrième coup après déplacement est contré de la même façon que les autres… parfait, le plan est en place ! Il s’attend à ce que je me déplace une nouvelle, fois. Instinctivement, il détourne alors le regard une courte fraction de seconde, c’est l’occasion !

 

_ NARUTO RENDAN !

 

J’abats mon pied dans le sens de la longueur, droit sur sa tête qui remarque trop tard le coup s’approchant à vive allure, je l’ai eu ! Je mets toute ma force dans ce coup de pied… mais il y a un problème. Juste avant de frapper, je vois ses sharingans briller…

Je frappe, mais dans le vide, esquivant le coup au tout dernier moment avec un sourire sur les lèvres, j’aperçois ses pupilles tourbillonner dans leurs orbites avant qu’il ne s’exclame :

 

_ A !

 

Il décoche à son tour un coup de pied que j’esquive très difficilement.

 

_ KA !

 

Je me prends le second de plein fouet.

 

_ TSU !

 

Le troisième parvient dans mes omoplates.

 

_ KI !

 

Je sens son pied me frapper le ventre, je relève les yeux vers lui, déboussolé, juste avant d’entendre :

 

_ ANIKI RENDAN !

 

Le dernier coup de pied s’abat sur le haut de mon crâne et me propulse tête la première vers le sol. Instinctivement, je dresse un bouclier de Chakra autour de moi, ce qui suffit à amortir ma chute.

J’atterris sur mes pieds en un seul morceau… mais avec tout de même un picotement sur le front… et un filet de sang qui dégouline devant mes yeux.

Il a copié ma technique…

J’entends alors un battement de main, plus loin…

 

_ Bien, Naruto ! Tu te réveille… ça fait plaisir que ça devienne enfin un peu plus intéressant… au fond, il suffit que tu en veuilles et que tu te décides à te lâcher un peu pour faire des miracles ! Tu as faillis me toucher ! C’est pas un miracle ça ?

_ Mais j’ai pas réussi…

_ Héhé… le problème… c’est que tu es encore trop mou… voyons si je peux t’exciter un peu plus…

_ Ta gueule sale monstre, je ne me laisserais plus manipuler, c’est fini ! Je vais la venger, tu entends ! Ma mère et mon père et tous ceux que tu as fait souffrir de près où de loin… je vais les venger !

_ J’ai trouvé ! lança victorieusement le rouquin sans avoir prêté une quelconque attention à ce que je disais.

 

Il marque une courte pause, avant de me sortir son sourire ultra-sadique, aidé de la pluie battante et des éclairs déchirant la voute céleste, participant à son aspect plus que lugubre.

 

_ … une fois que je t’aurais dépouillé toi et tes amis de votre carcasse sanguinolente… je partirais en chasse… et je dénicherais… l’aveugle.

 

D’un seul coup, je me crispe.

 

_ Et une fois que je l’aurais trouvé… mouhé… mouhéhéhéhééAAHAHAHAAAA !

 

Ce ire, démoniaque… qui lui va si bien… je serre les poings de toutes mes forces, et je lance, aussi menaçant que possible, les yeux injectés de sang, mon Chakra semblant s’illuminer encore plus et s’agitant, comme mon esprit :

 

_ Si jamais… tu touches… à un seul des ses cheveux…

 

Je ne termine pas ma phrase, je fonce. Dans un dernier éclat de rire, Aniki m’imite et un nouvel éclair résonne autour de nous…

 

 

 

 

_ Merde, c’est pas bon ! trancha Sasuke, Il perd encore les pédales.

_ Mais en attendant, ça à l’air de vraiment le rendre plus fort… peut-être que, suggéra Shikamaru.

_ Y a rien à supposer ! Tu oublie quand bien même il arriverait à le toucher, ce type n’arrête pas de se régénérer, il est immortel, bon sang !

 

Anko, un peu à l’écart, entendit les paroles de l’Uchiwa… qui firent leurs chemins dans sa tête… lentement… quelque chose monta en elle… quelque chose comme une impression, une lueur…

 

« il n’arrête pas de se régénérer »…

 

                                        « immortel »

 

                      « … petite sœur »…………….

 

« expérience »….

 

Elle releva brusquement la tête… et si…

Elle prit subitement la parole :

 

_ Je… crois que… il y a… je pense à quelque chose…

 

 

 

 

 

_ Non !

_ Ne me complique pas la tâche…

_ J’ai dit, NON !

_ Jiraya, s’il-te-plaît…

_ Rien à faire ! C’était, c’est et ça restera NON !

 

Dans le bureau du respectable Hokage Sandaime, ce dernier se livre à une féroce lutte verbale contre son ancien élève, le sannin légendaire Jiraya.

Potentiellement exaspéré, celui-ci reprend :

 

_ Pourquoi vous ne confiez pas ça à Orochimaru ?! Pourquoi c’est forcément sur MA pomme que ça tombe ce genre de truc !

_ Orochimaru ne s’est pas encore décidé à prendre des élèves et…

_ Oui, bien sûr ! Oro est le préféré, Oro ne prend pas d’élève alors on ne va pas en coller d’office à Oro !

_ Jiraya…

_ Je ne suis pas d’accord ! Déjà que je me ramasse le rejeton de cette autre famille de bourges décérébrés, je refuse de prendre cette responsabilité en plus !

 

Sandaime soupire :

 

_ Je comprends ce que tu ressens. Mais tu dois aussi te rendre compte des enjeux. Cette action marquera un tournant dans les relations entre nos deux villages et permettrait de renforcer…

_ Quand bien même ! Je ne vois pas pourquoi ce serait à moi qu’incomberait la charge de…

_ Parce que parmi tous les maîtres, tu es le plus à même de remplir cette fonction ! Celui en qui j’ai le plus confiance !

 

Peu satisfait par les arguments de son maître, le ninja aux cheveux blancs croise les bras dans une expression boudeuse.

Plus calmement, le vieil homme reprend, la mine grave :

 

_ La menace de la guerre gronde partout, Jiraya. S’assurer le soutien d’allié fiable est capital en ces temps sombre. Nous avons finalement réussi à trouver un moyen d’entretenir des relations stables entre nos deux villages. Il suffit que tu fasses ce qu’il faut !

_ Mais…

_ Nom d’un chien Jiraya ! Il s’agit d’une question de vie et de mort ! De la survie de nos ninjas !

 

Le ton sans réplique du Hokage finit par avoir raison de la décision du sannin. Après un féroce duel de regard, Jiraya lâche :

 

_ J’accepte… mais à une seule condition.

_ Je t’écoute, répliqua Sandaime, un brin suspicieux.

 

Pour seule réponse, Jiraya tend la main. Le vieil homme la regarde avec un profond dégoût.

 

_ C’est hors de question !

_ Allons, maître… la paix du monde dépend de vous…

 

Sandaime grimace, rechigne encore quelques secondes et finit par enfoncer sa main dans sa poche, pour en extraire une unique clé.

 

_ La clé des vestiaires du bain publique… t’as intérêt à me la rendre.

 

Un grand sourire illumine le visage du sannin qui range très soigneusement la clé dans sa veste.

 

_ C’est bon, j’accepte… mais c’est bien pour vous faire plaisir !

_ C’est ça…

 

Tournant les talons, Jiraya s’apprête à sortir du bureau, mais s’arrête un instant et demande :

 

_ Au fait, comment elle s’appelle ?

 

 

 

 

_ RASENGAN !

 

Raté… évidemment.

Ma force, ma rapidité, mes réflexes, je les apprivoise. Tout ce Chakra me semble de plus en plus fluide et malléable. J’enchaîne les coups et les attaques énergétiques avec une rapidité croissante à chaque seconde. Pourtant, ça ne suffit toujours pas…

Quand je porte un coup, il l’évite. Quand j’effectue un Rasengan, il le bloque.

Pourtant, je parviens moi-même à mieux contrer ses attaques… mais ce n’est qu’une maigre consolation… quand je sens un liquide rouge bien connu dégouliner de mon nez.

A quelques mètres de moi, Aniki sourit :

 

_ Tss… décidemment, j’ai cru que tu pourrais parvenir à un autre niveau mais…

 

D’un instant à l’autre, il disparaît de ma vue et se matérialise juste à côté de moi. J’aurais pu réagir, mais trop tard. Après une glissade d’une centaine de mètre à travers les débris de la ville en miette et une atroce douleur à l’estomac, je me redresse difficilement… et lui se retrouve juste devant moi, comme s’il n’avait pas bougé.

 

_ … il faut croire qu’il m’arrive de me tromper… Naruto ?

 

Je me remets debout.

 

_ Quoi ?

_ … j’ai finit de jouer, j’en ai marre, je vais te tuer.

 

 

 

 

_ Ça sent pas bon, pas bon du tout, remarque Neji.

_ Tu as dit quelque chose, Mitarashi ? demande Sasuke.

 

Anko hésite à répondre… si elle se trompe, cela pourrait s’avérer regrettable… mais si elle a raison…

 

_ Mitarashi ? insiste Sasuke en claquant des doigts sous le nez de la kunoichi.

 

Reprenant subitement ses esprits, Anko explique :

 

_ Lorsque 1412 m’a rendu mes souvenirs… beaucoup de chose me sont revenu en même temps… et lorsque Uchiwa a parlé de la régénération… j’ai eu un déclic… et je me suis souvenus de quelque chose.

_ Et… qu’est-ce que c’est ? interroge Shikamaru.

_ Un jour… j’étais toute petite et… je suis entré dans sa chambre à l’orphelinat… je l’ai trouvé dans sa douche… il était… il était en train de…

Le simple fait de mentionner le sanglant épisode de la douche de l’orphelinat donne la nausée à Anko.

_ Il s’était incisé une partie du crâne, tranché la main et restait sous le jet bouillant de la douche…

La nausée se propage au reste de l’équipe.

_ Puis, il s’est levé, à pris un stylo et s’est mis à écrire des choses sur une feuille.

_ Je veux bien mais… en quoi c’est intéressant ? On le savait déjà qu’il ne ressentait pas la douleur.

_ Ce n’est pas ça… enfin, pas vraiment, reprit Anko, parce que… je me souviens plus ou moins de ce qu’il a écrit sur la feuille.

_ C'est-à-dire ? fait le Nara.

_ Il faisait référence à un nerf… qu’il s’était coupé et qui permettait ainsi de ne plus ressentir la douleur… sans pour autant perdre le touché… achève Anko.

 

Le silence s’installe sur le groupe.

Sasuke finit par demander :

 

_ Et… alors ?

_ Nom de… !

 

Les yeux de Shikamaru viennent tout à coup de s’exorbiter.

 

_ Tu es certaine de ce que tu dis, Mitarashi ?! s’exclame Shikamaru, partagé entre la surprise et l’énervement.

_ Absolument sûre.

_ Excusez-moi de casser l’ambiance mais… qu’est-ce que ça change ?

_ C’est pourtant évident ! déclare le Nara, rarement aussi emporté, si il s’est réellement tranché ce fameux nerf, ça veut dire qu’il n’existe plus et de fait, il ne ressentira plus jamais la douleur !

_ D’où ma question : qu’est-ce que ça change ?

_ Tout ! Ça change absolument tout ! Parce que si tu réfléchis bien, comment tu expliques que ce nerf ne se régénère pas avec le reste quand ce type est totalement désintégré.

 

Un blanc abyssale suit ces paroles… et chacun réalise peu à peu ce que cela implique.

 

_ Mais alors, demande Sasuke, qu’est-ce que ça signifie ?

_ Je ne suis pas sûr, fait Shikamaru, mais… peut-être… peut-être…

_ Peut-être qu’il y a une faille, achève dramatiquement Anko.

 

Une faille…

 

… était-ce seulement possible ?

 

 

 

 

_ J’en ai maaaaaarre !

 

Dans une salle de classe du bâtiment de l’académie ninja, il ne reste plus que deux élèves âgés chacun de dix ans, semblant s’ennuyer avec la plus grande ferveur.

 

_ Arrête un peu de te plaindre, lâche un garçon blond à son camarade un peu enveloppé.

_ J’en ai marre ! Et quand j’en ai marre, j’ai faim et quand j’ai faim…

_ Je sais !

 

Malgré sa patience, le blondinet ne peut s’empêcher de s’impatienter.

Un court instant de silence s’ensuivit.

 

_ C’est quoi ton nom déjà ? lance l’autre.

_ J’en ai pas.

_ Hein ? Comment ça se fait ?

_ C’est comme ça.

_ Ah bon… j’ai entendu dire que ta famille était très riche.

_ C’est vrai.

_ Ça doit être bien d’être né dans cette famille, hein ?

 

Sous l’œil étonné du garçon un peu gros, le blondinet lève les yeux au plafond durant quelques secondes, avant de répondre :

 

_ J’imagine… que ça dépend…

 

Avant que l’autre ne puisse essayer d’en savoir plus, des bruits de pas se font entendre dans le couloir et la porte finit par s’ouvrir.

Un homme de bonne stature apparaît dans l’embrasure, la mine réjouie, les cheveux blancs et il est accompagné d’un autre enfant, une jeune fille, pas plus vieille que les deux autres…

Sans attendre, l’homme déclare :

 

_ Bon, les mioches ! Je m’appelle Jiraya et je serai votre maître pour les quelques années à venir ! Et elle…, continue-t-il en posant une main sur la petite fille, complètera l’équipe, elle vient du village du… du… du je-sais-plus-quoi, de toute façon j’ai oublié, alors vous verrez ça entre vous.

 

La jeune fille fait un pas en avant Le blond l’observa intensément : elle avait les cheveux noirs, des yeux profonds et la peau blanche.

A cet instant, leurs regards se croisèrent.

 

 

 

 

_ J’en ai maaaaaaaaaaaaaaaaaarre !

_ On sait !

 

Au plus profond d’une tranchée creusée par un katon de grande puissance, en pleine forêt, trois ninjas de quatorze ans se réfugient en attendant que la situation se tasse un peu. En effet, ils se sont retrouvés coincés en plein centre d’une bataille entre Suna et Kiri.

 

_ J’l’avais dit qu’il aurait fallu prendre à gauche au dernier carrefour ! Regardez où ça nous mène !

 

Le blond serre les dents à l’écoute de ses mots :

 

_ Pour la dernière fois, je te répète que la carte était trop vieille !

_ Et maître Jiraya ?! Nom d’un chien il a dit qu’il nous rejoindrait !

_ Je sais !

_ Banichi.

 

Une voix féminine ramène à la réalité les deux équipiers.

 

_ Je t’ai déjà dit de ne pas m’appeler comme ça, fait le blond à l’attention de la jeune fille.

 

Les années passées ont eus leur effet sur la kunoichi, coiffés en une queue de cheval, ses cheveux noirs descendent sur son visage, qui s’est sensiblement affiné. Ses vêtements de ninjas ne dissimulent que peu les nouvelles courbes de son corps et il émane d’elle une franche assurance alliée à un calme à toute épreuve.

 

_ Tu ne me laisse pas le choix, réplique-t-elle sans détourner les yeux.

_ Fait comme moi ! déclare le gros, appelle-le « blondin » ou alors « débile » selon la situation.

_ Merci de ton soutien GROS débile.

 

Boudeur, l’autre détourne les yeux.

 Esquivant un kunai perdu, le blondinet se rapproche de la jeune fille.

 

_ Tu voulais me dire quelque chose ?

 

Une fois de plus, leurs regards se rencontrent.

 

_ Oui…c’est ma dernière mission…

_ …quoi ?

 

Le regard grave, la jeune fille reprit :

 

_ Les relations entre nos villages se dégradent de jours en jours. On m’a donné un choix : rentrer chez moi… ou rester… et espionner. J’ai choisis.

 

Le blond ne répond pas, son regard semble identique… mais il se vide peu à peu…

 

_ Je ne crois pas que nous nous reverrons, Banichi, fait-elle en détournant le regard.

 

Sans prévenir, le garçon pose sa main sur la joue de son équipière pour rediriger ses yeux vers lui, ce qui ne manque pas d’étonner celle-ci. Ils se regardèrent ainsi intensément durant plusieurs minutes, au terme desquelles le garçon sourit à pleine dents :

 

_ Moi… je crois que si.

 

 

 

 

_ Une fois que tu seras mort et sans le pendentif du renard, celui-ci va mourir et vous ne serez plus qu’un maudit souvenir… à la même enseigne que mon frère…

 

Alors c’est fini ? C’est tout ? C’est comme ça ? Ça va finir parce qu’il l’a décidé ?

Je serre les poings de rage… même ça… même tout ce Chakra… n’a pas suffit… j’ai la puissance, j’ai la force… mais je ne peux même pas m’en servir… c’est on ne peut plus rageant…

 

Tout à coup, à l’intérieur de moi… je ressens quelque chose…

… appel…

 

 

 

Le démon renard… Kyuubi, il m’a appelé.

À peine suis-je apparut devant lui qu’il déclare de sa voix glauque :

 

_ Tu as perdu, gamin… je prends les choses en main.

_ Tu… quoi ?! Tu ne peux pas faire ça ! Tu…

_ Ton adversaire a effectué tellement de modifications sur son corps qu’il est en mesure d’utiliser tout son Chakra… ce n’est pas ton cas, donc, je prends les choses en main.

_ Attend ! Tu sais que si tu fais ça, mes amis…

_ J’ai beaucoup réfléchi… et il s’avère...

 

Un sourire machiavélique se dessine sur l’imposant museau du démon.

 

_ Il s’avère que j’ai un plan.

 

Peu rassuré, je demande prudemment :

 

_ Quel genre… de plan ?

 

Son sourire se met à rivaliser avec celui d’Aniki, et il termine dans un souffle :

 

_ Un plan digne du roi des démons…

 

 

jill