Le corbeau et le serpent

par Jill

Naruto Crisis

 

Chapitre 6 :

 

 

 

Récapitulatif :

 

Ninjas retrouvés             Etat actuel              lieu actuel____

Naruto                              Bon         _____ruines de Konoha___

Hinata                               Bon                                Suna______

Inô                                     Bon                               Suna______

Sakura                               ?                                     ?_________

Tenten                               Décédée                   _____________

Kiba/Akamaru          Bon/Reste 3 mois à vivre_____Suna______

Shikamaru                         Dans le coma                  Suna______

« …chiwa »                           ?                      ruines de Konoha__

« Jambe de fer »                    Folie                près de Sakura_____

Tsunade                                Décédée                                          _

Kakashi                               Borgne, Bon                    Suna_____

Neji                                      Bon                                 Suna_____

Choûji                                _Bon                                Suna______

Jiraya                                  Bon                      ruines de Konoha     

Orochimaru                        Décédé                                                 

 

 

 

 

_ … Itachi… Uchiwa Itachi.

Il est vivant.

Un déclic, une simple impulsion... un réflexe…

_ RASENGAN !

Le Uchiwa parvient in extremis à éviter la boule d’énergie et effectue une roulade pour s’éloigner à quelques mètres de ma position.

_ Je constate que l’absence des tes pupilles n’ont pas altéré tes réflexes.

_ J’ai affiné mes autres sens, tu serais étonné de savoir tout ce que l’on peut apprendre en trois ans de détention.

_ Et tout ce que l’on peut perdre.

Je dis cela en faisant allusion à son apparence physique.

_ Héhéhéhé…

Son expression change du tout au tout pour passer à une rage terrible.

_ KATON ! GOUKAKYUU NO JUTSU !

Une énorme boule de feu déferle sur moi à une vitesse impressionnante.

Un contre vite !

_ KATON ! HOUSENKA NO JUTSU !

Une multitude de boule de feu sortent de ma bouche. Nos deux attaques s’annulent simultanément.

_ Je suis étonné, je ne pensais pas que tu maîtrisais aussi bien ce genre de technique.

_ Comme tu le disais, on en apprend des choses en trois ans.

_ Mais est-ce que tu peux faire… ça ! KATON ! RYUUKA NO JUTSU !

Cette fois, un terrifiant dragon est formé avec les flammes qu’il a créé… rien de plus facile…

_ J’ai mieux : SUITON ! SUIRYUUDAN NO JUTSU !

Grâce à une petite mare qui se trouve à proximité, je créé un dragon d’eau pour dissoudre les flammes mais cela a aussi pour effet d’évaporer mon dragon. Nous voici a nouveau a armes égale.

_ Sans tes deux lucioles rouges tu es un adversaire tout à fait à ma mesure.

_ Nous verrons bien ce qu’il en est…

Une ombre se déplace à grande vitesse dans sa direction et s’apprête l’attaquer… Jiraya.

_ Il ne faudrait quand même pas m’oublier.

Itachi parvient une fois de plus à esquiver mais se retrouve de toute évidence dans une position désavantageuse, deux contre un.

_ Eyh l’aveugle, je ne sait pas ce que tu fous ici, ni même ce qu’il s’est passé il y a trois, mais il y a une chose dont je suis sûr : je vais t’exploser jusqu’à ce que tu te décide a parler.

_ Si on ne m’avait pas privé de mes yeux à la prison…, commença-t-il d’un ton menaçant.

_ Trêve de palabres inutiles, première question : où est Sasuke ?

Un court silence s’ensuivit au terme duquel Itachi, par un étrange coup du destin, se mit à rire à gorge déployé.

_ Tu le dit… si on te fait marrer.

Je suis inexplicablement pris par une envie soudaine de le mordre jusqu’au sang.

Parvenant peu à peu à retrouver le contrôle de lui-même, il nous dit :

_ Alors tu ne l’as toujours pas revu hein ? C’est pour le moins étrange vu sa mission… je croyais que le boss avait fais le nécessaire…

_ Continue à parler…

_ Malheureusement pour toi j’en ai déjà bien trop dit, je devais juste m’assurer que les choses suivaient leur cours, je constate que c’est le cas.

_ Mais enfin de quoi tu parles ! Quel boss ? Quelle mission ?

_ La situation est telle quelle était prévus, je peux donc partir la conscience tranquille.

_ Si tu crois que tu vas t’en tirer comme ça !

Je fonce sur lui, il a réussi a mettre furax.

_ KAGE BUNSHIN NO JUTSU !

Mon double commence à concentrer du Chakra dans ma main, plus que quelques mètres…

_ OODAMA RASENGAN.

Touché ! Il… et merde… un clone…

Il m’a prit a revers, même Jiraya ne peux pas réagir… je me suis fait avoir…

Il va m’envoyer un coup de poing, je ne peux rien faire… zut…

«  SLASSSHHHH »

Je ne sens rien, il ne m’a pas touché, je le vois valdinguer dans un mur croulant et devant moi…

Devant moi…

 

Celui auquel je n’aurais jamais pensé… celui que j’ai faillit oublier…

 

Le dernier membre de l’équipe 7…

 

Celui que nous surnommions « la poupée »…

 

_ … Saï… ?

 

 

 

Pendant ce temps, à Suna :

 

Il faisait chaud, comme tous les jours dans cette étrange citée. Hinata Hyuuga se tenait debout sur un balcon du palais du Kazekage, elle réfléchissait. Ses pensées allaient surtout vers Naruto… Naruto… mais où pouvait il être en ce moment et que faisait il ? Elle était tellement dans les nuages qu’elle ne remarqua pas immédiatement le Kazekage qui s’était approché.

Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’elle se rendit compte de la présence de Gaara.

_ K… Kazekage-sama je…

_ Gaara…

_ Pardon ?

_ Appelle-moi… Gaara.

_ Euh… et bien… d’accord… Gaara.

Un long silence s’écoula durant lequel Hinata était comme pétrifié, mais elle se ressaisit vite et décida d’engager la conversation :

_ Je… euh… voulais vous… te remercier pour… tout ce que tu fais… pour nous.

Il se contenta de soupirer devant l’incapacité de Hinata à aligner une suite de mot.

_ Je ne fais que payer mes dettes.

_ Est-ce vraiment… la seule raison ?

_ ... Peut-être pas.

_ …

_ …

_ Alors… pourquoi ?

_ Peut-être parce que depuis un certain temps la vie au palais est un peu moins monotone.

Hinata pensa qu’il devait sans doute faire allusion à l’aile Ouest du palais réduit en centre après l’essai infructueux de Kiba d’améliorer le « Gatsuuga », ou encore le bureau totalement dévasté par Choji après la remarque désobligeante d’un garde sur son apparence physique (Sans commentaire), effectivement, il n’y avait pas de quoi s’ennuyer. Mais Hinata n’était pas heureuse… loin de là.

_ Mais… tu pleures ?

En effet, la Hyuuga était secoué de sanglot.

_ Je… excusez-moi mais… je me fait tellement de souci… pour… Naruto et… les autres… combien encore sont… mort…

Le Kazekage la regarda, sans le montrer, il commençait un peu à paniquer, il n’était pas du tout habitué à ce genre de situation… et ne savait pas comment réagir.

Alors, sans trop savoir pourquoi ni comment, il la prit dans ses bras et tenta de la rassurer :

_ Naruto n’est pas le genre à abandonner facilement…

Ses mots sont froids et semblent dénués d’émotion… pourtant…

_ B… boui…

_ Et puis le connaissant, il n’arrêtera de chercher vos amis que si la planète venait à être détruite alors je pense qu’il n’y a pas de soucis à se faire… tu n’es pas d’accord ?

_ Ou…Oui, vous… tu as raison.

Un nouveau silence prit place mais… il n’avait rien de gênant… il était… relaxant.

C’est seulement à ce moment là que Hinata se rendit compte qu’elle se trouvait dans les bras du Kazekage de Suna et… par pur réflexe, recula vivement emmenant avec elle Gaara qui ne s’y attendait pas et qui perdit son équilibre.

La suite… c’est Kiba qui pénètre en trombe sur le balcon et assiste à une scène pour le moins inattendu : le Kazekage allongé sur Hinata dans une position qui pouvait faire penser à pas mal de chose.

Un immense sourire sur le visage il se retourne et hurle à tout va :

_ Hé tout le monde ! Devinez quoi !

C’est sûr… moins monotone c’est impossible.

 

 

 

Ruines de Konoha :

 

_ Donc tu dis que tu es resté ici depuis trois ans ?

_ C’est exact.

_ Tu n’as pas pensé qu’il y avait mieux à faire ?

_ Non.

_ … Je vois.

Itachi avait disparu juste après le coup que lui avait infligé Saï et j’en avais profité pour aller aux nouvelles.

_ Tu n’as pas essayé de chercher les autre ?

_ En fait, je suis resté inconscient un bon moment et à mon réveil… je n’ai vu que des cadavres… alors j’ai pensé que tout le monde y était passé. Je me suis aménagé un abris et j’y suis resté… c’est tout ce qu’il me restait à faire.

Il n’a jamais su après tout… ce n’est que maintenant que je me souviens qu’il n’a jamais su réagir par lui-même… se retrouver seul, sans personne pour lui indiquer quoi… ça devait être éprouvant, d’une certaine façon…

_ Tu as réfléchis à ce que je t’aie demandé ?

_ Aller à Suna ? Et bien, pourquoi pas, je n’ai rien de plus intéressant à faire.

_ Bon.

Il semble heureux.

Finalement, mon excursion à Konoha a été bénéfique, j’ai obtenue quelques informations mais… c’est loin d’être suffisant.

Je sais déjà que Sasuke est bien vivant, c’est un bon début, mais il a parlé d’une mission et surtout… d’un chef. De quelqu’un qui tire les ficelles en cachette. Décidément tout cette histoire est de plus en plus compliqué à comprendre.

A près avoir quitté mes deux amis je me dirige vers ma prochaine destination qui est… euh… on verra bien. L’avenir me le dira…

Et quelque chose me dit…

Que l’avenir me réserve bien des surprises…

 

 

 

Ailleurs :

 

_ Kyiiih kyiiih…

Cette odeur…

_ Kyiiih…

Cette délicieuse odeur…

_ Kyiiihiiihiii…

C’est la sienne…

_ Kyiiiiiiiihiiihihihihihiiihihihihihi !

 

 

Sakura !

 

 

 

Encore ailleurs :

 

_ Kiba arrête tu es ridicule.

_ Ino ! Tu connais pas la dernière ?

_ Kiba tait-toi je t’en supplies.

_ Il y a « quelque chose » entre Hinata et Gaara !

_ Ce n’est pas vrai ?! Hinata tu nous avais caché ça.

_ Mais je vous dis que c’est faux !

_ Choji ! Tu connais pas la dernière ?

_ Arrête !

 

 

 

 

Il fait beau, les oiseaux chantent, le vent souffle en une douce brise de printemps, les arbres se mouvent avec harmonie dans le paysage de verdure qui s’étale à des kilomètres à la ronde dans un festival de couleurs toute plus magnifique les unes que les autres, le soleil brille et ses rayons apportent le bonheur et la chaleur aux petits êtres chétifs de notre planète bien aimé tandis que les nuages d’un blanc nacré viennent apporter une touche de…

_ ATTENTION !!!

_ Qu’est-ce que…

« BLAAAMM »

Selon les calculs pré-établies me permettant une rapide analyse de la situation, je constate non sans une certaine émotion que quelque chose m’est tombé dessus. C’est tout du moins la solution la plus plausible pour expliquer que je soit allongé par terre avec un corps étranger affalé sur mon ventre rendant laborieuse la moindre inspiration… de l’air par pitié !

Le fameux « corps étranger » apparemment dans les vapes, je me décide à remuer un peu pour espérer ne pas mourir asphyxié. Seulement… un léger obstacle me freine momentanément dans mon élan, d’après les… particularités physiques de l’être en question, j’en suis arrivé à la conclusion irréfutable et inébranlable suivante : c’est une fille, je dirais même : c’est une femme. Tout ce que je peux distinguer de ma position actuelle, c’est une touffe de cheveux bleue.

_ Hmm ?

En bougeant j’ai du la réveiller car elle commence à se rendre compte dans quelle situation elle se trouve et, sans prévenir, elle amorce un mouvement pour se dégager.

Manque de bol, je suis définitivement maudis. En effet, nos vêtements par un habile coup du sort, se sont retrouvés accrochés, s’ensuit alors une perte d’équilibre et le dévalement de la pente à proximité, l’un contre l’autre est il besoin de le souligner, ça me rappelle quelque chose.

Pour finir nous nous retrouvons dans la même position qu’il y a une minutes : elle sur moi.

Je devine sans aucun mal que si elle met autant de temps à réagir, c’est de peur de déclencher un nouveau cataclysme. Alors, avec une ultime prudence (C’est-à-dire celle d’une tortue), elle éloigna son corps du miens avec tout le tact possible.

C’est là que nos regards se croisent…

_ T… tu es…

_ T… toi…

 

_ Mitarashi… la folle ?!

_ U… Uzumaki ?!

Finalement nous sommes parvenus à nous relever et nous nous faisons face :

_ Toi… tu… tu… !!

_ Je ?

Elle sembla particulièrement estomaquée de me voir… c’est sans doute normal…

En trois ans, elle n’avait pas changé d’un iota, les mêmes yeux perçants, les mêmes cheveux bleus violacés… peut-être était-elle plus maigre encore…

_ Qu’est-ce que tu fiches ici ! finit-elle par hurler.

Je prends une grande inspiration, avant de lâcher sans cérémonie :

_ Je recherche les survivants de Konoha pour les rassembler à Suna.

Elle cligne des yeux, son cerveau semble fonctionner à cent à l’heure…

_ Maintenant j’aimerais que vous me disiez quelque chose…

Un déclic se fait dans son esprit, et elle réplique immédiatement :

_ Désolé mais pas le temps, j’ai une affaire très importante à régler.

_ Où ça ?

_ A Taki no Kuni et… mais pourquoi je te parle de ça moi ? Je dois partir, à la prochaine, bye bye.

_ Attendez !

Là je l’ai vraiment cassé dans son élan.

_ Quoi !?

_ Je viens avec vous.

_ Ah mais non !

_ Si si, c’est sur ma route.

_ Vraiment ?

_ Euh… j’ai pas vraiment de route mais bon, maintenant j’en ai une.

_ C’est hors de question !

_ Je ne vous laisse pas le choix.

_ Fous-moi la paix… et arrête ce vouvoiement ! Je suis encore une jeune fille !

En échange, je vous accom… je t’accompagne.

_ Hors de question ! Tu…

_ Désolé… mais vous… tu n’as pas le choix.

Nous nous regardons durant quelques secondes… ses yeux me fixent sans faillir…

Pour une raison inconnue, elle me tourne le dos en soupirant…

_ D’accord…

 

 

 

Au même moment à Suna :

 

Il avait été placé à l’infirmerie, dans une chambre à part. La plupart des médecins s’étaient penchés sur son cas, sur ordre du Kazekage, mais la totalité de leurs essais se sont soldés par des échecs retentissants. Désormais… il n’y a plus qu’à attendre… et espérer…

La porte s’ouvre dans un couinement pour laisser apparaître un tas de poil du nom de Kiba.

Il s’approche silencieusement du corps endormis de son compagnon.

_ Tient le coup Akamaru, il faut patienter jusqu’au retour de Naruto.

L’animal émet un léger grognement dans son sommeil, son état s’aggrave progressivement mais encore assez lentement pour ne pas ressentir de douleur… pour le moment.

_ Au fait, je ne t’ai pas raconté la dernière…

Kiba resta ici un petit instant à discuter avant de faire le chemin inverse.

_ Bon ! Il est de mon devoir de mettre de l’ambiance dans cette baraque, je ne dois pas faillir, je reviens dans une heure Akamaru.

« Reviens vite Naruto… je t’en supplie »

 

 

Retournons à nos moutons :

 

_ … et donc j’aimerais que tu ailles à Suna pour rejoindre les autres.

_ T’es bouché ou quoi, je t’ai dis que j’avais un truc important à faire.

_ C’est quoi ?

_ A quoi ça t’avancera de le savoir vu qu’on va se séparer.

_ Pas question, je te colle aux basques jusqu’à ce que tu te décides à aller à Suna.

_ Tu es têtue.

_ Et toi tu pourrais faire attention quand tu cours comme une dératée sur une route publique.

_ Tu était le seul idiot à des kilomètres à la ronde, tu n’avais qu’à te pousser lorsque j’ai crié.

_ Parlons-en justement de ton cri, je ne sens plus mes oreilles.

_ Qu’est-ce que tu insinues ?!

_ Que tu as une voix stridente.

_ C’est pas vrai !

_ Si.

_ Non.

_ Si…

Pour ce que j’en sais, elle a toujours eu un comportement un peu gamin et apparemment ça ne s’est pas amélioré avec le temps. Mon dieu… pourquoi tant de haine ?

_ On est arrivé.

En effet, nous nous approchons peu à peu d’un village pour le moins en effervescence vu la tonne de décoration qui surplombe la citée.

_ Tu sais ce qui se passe ?

_ On arrive pile au moment où doit se dérouler la fête de l’eau.

_ La fête de l’eau au village de la cascade… oui ça me paraît évident.

_ Durant une semaine, on déverse toute sorte d’herbes et de potions dans la cascade et on raconte que si on s’y baigne, des miracles se produisent, comme des guérisons etc.

_ Mouai, encore un truc tordu pour attirer les touristes en mal de bizarrerie.

_ Bon ! Nous sommes arrivés, à la prochaine…

_ Je t’ai dis que je te lâcherais pas tant que je suis pas sûr que tu ailles à Suna.

_ T’es vraiment lourd.

_ Ne commence pas à imiter Sasuke…

_ Hein ?

_ Rien…

Nous commençons à déambuler dans les rues, elle semble bien connaître l’endroit mais arrivé à un carrefour, elle semble hésiter. Elle me jette un rapide coup d’œil avant de déclarer :

_ Il se fait tard, on va chercher un hôtel et je ferai ce que j’ai à faire demain.

_ C’est toi qui vois.

Ca y est. Désormais j’en ai la certitude : elle me cache quelque chose.

Evidemment, comme il fallait si attendre, ce qui devait arriver arriva.

Petit récapitulatif : nous sommes en pleine fête de village, les rue sont bondées, les hôtels aussi et nous n’avons fait aucunes réservations…

_ Comment ça « complet » ?!

_ Fallait s’y attendre.

_ Et zut !

_ C’est quand même le dix-septième qu’on fait.

_ Il en reste combien.

Je jette un rapide coup d’œil à une carte trouvé à l’office de tourisme…

_ Environ 75.

Nous soupirons en cœur et reprenons nos recherches.

La nuit va être longue…

 

 

 

Suna, Palais du Kazekage :

 

Un nouvel arrivant se pointe devant le palais. C’est Saï…

_ « Siffle »

Désormais, sur une initiative du Kazekage, les survivants de Konoha ont organisé des tours de gardes pour accueillir les nouveaux venus. Et cette fois, celui qui en est chargé est…

Brusquement, Saï se crispe, une goutte de sueur coule sur son visage d’habitude inexpressif. Il ne faut pas chercher bien loin : c’est sa façon à lui d’être terrorisé…

Vite ! Un endroit pour se cacher avant de…

_ Eyh ! Toi là-bas !

Et merde.

_ Est-ce que tu viens de Konoha, ou bien est-ce que… mais… tu…

_ S… salut… Ino.

 

Le suspens était à couper au couteau, l’atmosphère était insoutenable, jusqu’à ce que…

_ SALE BATARD !!!!!

_ Oui, moi aussi je suis content de te…

Un coup de poing terrible le sonna comme une cloche, avant de sentir Ino se jeter sur lui en hurlant comme une damnée.

_ ORDURE, PAUVRE RAT, CRETIN, IMBECILE, IDIOT…

Et ça dura un bon moment de cette façon durant lequel Saï ne fit rien pour se défendre, d’une parce qu’il voulait éviter de l’énerver davantage et deux… parce qu’il le méritait.

Progressivement… elle se calma… puis… elle se mit à pleurer.

_ Idiot… idiot… idiot… pourquoi tu n’es pas venu plus tôt… je… je croyais que tu n’avais pas survécu…

Il tenta de s’expliquer :

_ Je… je suis désolé… à vrai dire… je pensait être le seul survivant mais… une fois de plus… je t’ai sous-estimé, dit il en arborant le meilleur sourire qu’il connaissait.

Ino aussi se mit à sourire… pour la première fois depuis trois ans… elle était vraiment heureuse…

« Merci… Naruto »

 

 

_ Non.

_ Si !

_ Non.

_ Si !

_ J’ai dit non…

_ C’est ça où tu dors dehors.

_ J’aime autant.

_ T’es vraiment un gamin.

_ Et c’est toi qui me dis ça ?

_ Va au diable.

_ J’y vais de ce pas.

_Tu vas arrêter de faire l’idiot ? C’est quand même pas si terrible…

_ Inutile d’insister, je refuse.

_ C’est la seule de disponible.

_ Précisément : la seule, et nous sommes deux.

_ Tu te fais des idées.

_ Peut-être pas.

_ Tu n’as pas le choix.

_ Si… je dors dehors.

_ Crétin.

_ Idiote.

_ Ce serait plutôt à moi de m’inquiéter, vue ce qui s’est passé dernièrement…

_ Excuse-moi, mais il me semble que c’est toi qui m’es rentré dedans.

_ T’avais qu’à décrasser tes oreilles.

_ Et toi tes yeux.

_ Sourdingue.

_ Bigleuse.

Cela commençait à faire un moment que nous nous balancions des civilités à la tête et je sens venir la migraine, je continue pourtant à m’obstiner :

_ Je n’ai pas confiance, un jour, maître Kakashi m’a raconté que tu avait essayé de le …

_ C’est un tissu de mensonge ! Et de toute façon, Kakashi n’est qu’un gros naze.

_ Peut-être… mais en attendant moi je préfère me méfier.

_ Dans ce cas je n’ai plus qu’une solution…

_ Hey, qu’est-ce que tu… « Aïe » mon bras… lâche-moi !

_ Pas question de te laisser prendre froid dehors.

_ Fous-moi la paix !

_ Je croyais que tu voulais me coller aux basques ?

_ Il y a des limites…

Tandis qu’Anko manque de m’arracher le bras en me traînant de force à travers l’hôtel vers l’unique chambre disponible que nous avons finalement dénichée au bout d’une trèèèèès longue recherche, je jette de rapides coups d’œil par les quelques fenêtres qui parsèment le bâtiment. La fête bas son plein dehors, étant donné que les festivités durent en tout et pour tout trois jours, j’aurai peut-être le temps d’aller y faire un tour demain.

Nous arrivons finalement devant une porte de bois massif  où est inscris le nombre 13.

_ Ça porte malheur.

_ Arrête de dire des bêtises et entre.

Je m’exécute non sans quelque grommellements et pénètre dans une petite pièce à demi éclairé par une bougie, dans laquelle se trouve disposé un lit deux places et une porte menant sans doute vers la salle de bain.

La kunoichi aux cheveux bleus pousse un soupir de contentement :

Chouette, je vais enfin pouvoir prendre un bon bain.

_ Anko…

_ Et toi qui voulais dormir dehors, non mais vraiment, on n’a pas idée…

_ Anko tu…

_ Il y a des fois où je ne te comprends pas.

_ Anko ?

_ Quoi !

_ Tu peux me lâcher la main ?

 

 

_ …

 

 

_ Je vais me laver.

Je vois alors la salle de bain se fermer dans un coup sec.

_ … les femmes…

Tout en massant mon bras endolorit, je ne peux m’empêcher d’avoir une pensée pour Shikamaru…

 

Les minutes s’enchaînent avec une lenteur déconcertante, je me ressasse sans interruption les évènements de ces dernières semaines… Qu’est-ce qui se serait passé si… si je n’avais pas rencontré les filles dans ce bar… si j’avais refusé de les aider…

 

Et surtout…

 

De ce moment…

 

 

Quelque temps avant, à Suna…

 

La lune est belle ce soir…

 

Doucement… avec une attention presque religieuse…

J’approche la lame de mon poignet…

 

Tout va finir…

 

Enfin…

 

Je la sens… la froideur du métal…

 

Un sentiment de libération qui ne fait que s’accentuer…

 

Tout…

 

… est…

 

… fini…

 

 

 

_ Je ne ferais pas ça si j’étais toi.

 

Quoi ?

 

_ Qui est là ?

Une ombre s’approche… lentement… révélant peu à peu ses traits…

 

_ Naruto… tu dois vivre…

 

Une voix… apaisante… je crois la connaître…

 

Ce visage… je m’en rappelle… mais… est-ce possible ? Ou l’effet de l’alcool me donne des hallucinations…

 

_ Vous… mais… comment vous…

_ D’autres ont encore besoin de toi Naruto…

_ Je… je ne peux pas…

_ Lève-toi Naruto… et marche…toi… tu es toujours vivant…

_ Je…

Et zut… cette satanée nausée… je pers momentanément l’usage de mes yeux… et lorsque finalement ma vue s’éclaircie…

… il a disparue…

 

Que dois-je faire…

…que dois-je faire…

 

Je me lève péniblement en rangeant mon kunaï… pourquoi

…pourquoi faire…

Je ne me pose pas plus de question et je me dirige d’un pas claudiquant vers l’endroit où on m’attend…

«  Il » a raison… je suis toujours vivant... et j’ai la désagréable sensation que je me dirige tout droit vers les ennuis…

 

Les filles… j’arrive…

 

 

 

Retour au présent :

 

Je pousse un bâillement d’une longueur record en contemplant les lumières témoignant de l’agitation festive en ville.

Je me sens dériver doucement vers le sommeil…

 

Que… ?

Oh putain ! J’ai vu…

L’adrénaline me monte au cerveau… j’en suis sûr c’est…

Zut ! J’ai pas un bon poste d’observation.

Je dois changer de point de vue…

La fenêtre d’à côté…

Purée vite !

J’enfonce comme un bourrin la porte en faisant sauter un verrou au passage pour accéder à la fenêtre voisine…

 

Sauf que…

 

L’espace d’un instant j’ai complètement oublié pourquoi cette porte avait un verrou…

 

La mémoire me revient en un éclair…

 

_ Uzumaki Naruto ! Qu’est-ce que tu…

Et comme de par le plus grand des hasards, « elle » vient juste de sortir de l’eau, mais n’a pas encore eu le temps de se saisir d’une serviette…

S’ensuit alors un cri parfaitement inhumain, un chapelet de juron qui ne semble pas vouloir prendre fin, une imitation quasi-parfaite à la Hinata de par moi-même, une porte qui se referme et me voila de nouveau seule dans la chambre plongée dans l’obscurité avec des images dignes du paradis du batifolage plein la tête.

Pourtant… au milieu de tout ça… quelque chose comme… comme une mèche de cheveux roses entraperçut dans la foule… me rappelle que ce n’est pas le moment de se reposer.

Patience… j’en saurais plus demain…

 

Mais avant…

 

_ J’ai finis.

 

Une voix ultra menaçante me fait remarquer que Anko se trouve dans l’embrasure de la porte (Avec une serviette dieu merci.) et me lance tellement d’éclairs par l’intermédiaire de ses yeux que je sens mes cheveux se hérisser au-delà des limites possibles. Je me sens inexplicablement pris de tremblements. Je contourne donc soigneusement son regard et me dirige (Sans cesser de trembler) vers la salle de bain…

 

Mon dieu… pourquoi tant de haine…

 

 

Pendant ce temps à Suna :

 

C’est décidé ! Je me lance !

Moi, Hinata Hyuuga, je ne vais laisser courir des rumeur stupides, j’ai donc pris la décision d’en parler au Kazekage pour qu’il mette un terme aux élucubrations de Kiba. A bas ma timidité !

Je me trouve devant la porte du bureau du chef de Suna et je frappe vigoureusement à la porte, j’entends « entrez ».

Je fait donc ce que la logique m’ordonne : j’entre.

 

_ Oh, c’est toi.

Je sens ma détermination se dégonfler inexplicablement comme une vieille baudruche en entendant le ton désabusé qu’il prend.

A cet instant, je perds toutes mes résolutions et je commence à faire n’importe quoi :

_ Euh… et bien… euh oui… c’est… c’est moi.

_ Je vois ça.

Et le rouquin se plonge immédiatement dans une masse de papier, se soustrayant à ma vue. Un silence pesant s’installe, rythmé par les grattements du stylo sur les feuilles.

_ Vous… tu attendais quelqu’un ?

_ J’ai convoqué Kiba pour une histoire de toit écroulé, mais je doute qu’il vienne.

_ Ah bon.

 

 

_ …

_ … 

 

_ Tu es au courant ?

Son ton cassant me prend de cours.

_ A… à quel propos ?

_ Demain commence la fête du sable.

_ Cette fameuse fête qui va durer trois jours ?

C’est marrant, j’ai entendu parler d’un truc similaire dans le village de la cascade… ça manque un peu d’originalité tout ça.

_ Tu veux m’accompagner ?

_ Je… quoi ?

_ Au bal d’ouverture de la fête, demain soir, est-ce que tu veux m’accompagner ?

_ Euh… et bien…

_ Ce serait un moyen de rapprocher Suna et Konoha, de faire taire l’animosité des habitants du village à votre encontre… rien de plus.

_ Je… mais… enfin…

Il ne se rend pas compte ? Il me demande ça comme ça, d’entrer, ce n’est pas du tout pour ça que j’étais venu moi.

_ Alors ?

Mais… mais… qu’est-ce que je dois répondre, si j’accepte, les autres vont encore s’imaginer des choses et ça me donnera d’énormes responsabilités !

_ D’accord.

Mais quelle… ! Qu’est-ce qui m’a prit ? Adieu la tranquillité maintenant.

_ Parfait.

 

 

_ …

_ …

 

 

_ Encore une chose.

_ Ou…oui ?

_ Si tu n’as rien à te mettre, tu n’as qu’à demander à Temari.

_ D’accord.

 

_ …

_ …

 

Soudainement, et sans prévenir, Gaara se lève de son siège.

_ Où, où vas-tu ?

_ … je reviens…

Instinctivement, je me place devant lui pour tenter de lui parler… grave erreur…

Mon mouvement soudain a en effet provoqué l’effondrement d’une pile de papier qui s’étale juste sur la trajectoire de Gaara… et ce qui devait arriver arriva : une malencontreuse glissade et le Kazekage prit de court ne peut pas contrôler sa tombée… et je me trouve juste devant lui…

J’ai un peu de mal à reprendre mes esprits et surtout… à réaliser que Sabaku no Gaara est allongé sur moi.

Et là… que faire ?

Attendre qu’il se décide à bouger ? Ou prendre les devants et le repousser ?

Le temps passe… j’en conclu qu’il est confronté au même dilemme que moi.

Seulement voila : la porte du bureau s’ouvre…

 

Et là… je ne sais pas…

Est-ce que je suis maudite ?

Ou simplement une terrifiante malchance.

Toujours est il que c’est Kiba qui rentre dans la pièce.

Il pose alors ses yeux sur nous et étire ses lèvres dans un si grand sourire qu’il doit être à deux doigts d’un claquage de la mâchoire.

1 secondes…5 secondes…

Finalement, l’homme-bête s’élance dans le couloir en hurlant à tue-tête des « Hey tout le monde ! ».

Gaara se décide finalement à se relever en marmonnant un « j’ai du travaille » ne me laissant pas d’autre choix que de m’en aller, bredouille. Avec un peu de chance, je peux encore essayer d’arrêter Kiba.

 

Mon dieu… pourquoi tant de haine…

 

 

 

jill