Lorsque tout commença

par Jill

Naruto Crisis

 

Chapitre 1 :

 

 

Je n’ai même plus de larmes à verser, je n’ai même plus assez d’argent pour me saouler… au fond de moi, je suis pris de légers tremblements.

_ Calme toi s’il te plait, je murmure, allons du calme… 

Je ne me parle pas à moi contrairement à ce que doivent penser les badaud, mais à « lui ». En moi, celui qui, il y a 3 ans m’a fait commettre l’irréparable.

Mais je ne lui en veux pas, pas du tout, car le seul fautif c’est moi, j’étais faible, je suis faible et je le serais toujours.

Lorsque j’ai repris conscience parmi les morts, à partir de ce moment, j’ai erré sans but dans le pays du feu, puis dans celui du sable, dans Suna, dans ce bar…

Je me suis vidé, petit à petit, je me suis vidé de ma vie, de mes sentiments… pendant ces trois années étranges et irréelles… j’ai du mal à me souvenir… tout cet alcool au fond de mon sang…

J’en ai marre, je veux crevé, ce soir je m’ouvrirais les veines et je me viderais de la seule chose qu’il me reste en dehors de ce mal qui me ronge, lentement, tout seul, comme toujours depuis ma naissance…

« Il » n’est pas d’accord mais je lui fais comprendre que ce n’est plus la peine, je n’ai plus de but, plus de rêve, notre situation a tout les deux ne vaut plus rien… quoi qu’il se passe maintenant, c’est fini… et il s’apaise, il est compréhensif… ou juste fatigué… comme moi… il veut juste que ça s’arrête…

 

Une cloche retentit au loin…

 

Bientôt minuit pensais-je…bientôt la mort savais-je…

Je vois le patron du bar faire entrer les putes, il donne les tarifs. A ce moment je me dis : pourquoi pas ?

La réponse apparaît dans le flou de ma vision…

Parce que j’ais pas un rond…

…et puis après tout tant pis, j’en ai plus rien à faire.

Je m’en fait une et je me saigne après, c’est tout…

Les filles commencent à bouger… c’est beau…

Ca lui plaît aussi à « lui », il est impatient… j’imagine. Une d’entre elles vient vers moi, j’ai le regard embué, les idées pas claires et cette satanée nausée. Elle commence son travail, elle me caresse… Elle m’embrasse. Je suis trop bourré pour en apprécier quoi que soit, tant pis, ça n’a plus d’importance…

…bizarre… je me sens bizarre, est-ce à cause d’elle ?

Puis elle finit par arrêter, elle recul son visage et nous nous observons pour la première fois dans les yeux… C’est à ce moment là que j’ai compris, il y a quelque chose de bizarre, d’étrange… de familier…

Parce que ces yeux là, ils sont complètement blancs…

 

Elle aussi a comprit, elle tremble, elle à froid.

 La stupéfaction est passée, il faut maintenant faire face…

_ ...tu…non…tu n’es…oh na…na…

J’aurais tout donné pour me trouver ailleurs en ce moment, mais je n’ai plus rien à donner, à part ma pauvre vie…

_ NARUTO !

Et c’est complètement en larmes qu’elle s’effondre sur moi, et que moi je veux plus que jamais m’effacer…

_ Oh Naruto c’est toi ! Je t’en supplie die moi que c’est toi ! me demande-t-elle.

Je ne réponds rien, je veux mourir…

_ Hinata… soufflais-je.

_ Dit moi que c’est toi, m’implore-t-elle.

Finalement, je la prends dans mes bras… 3 ans que je ne l’ai pas vue, 3 ans que nous sommes séparés.

_ Pardon Hinata, je suis désolé…

C’est tout ce que je trouve à lui dire, tout ce qui me passe par la tête.

Elle continue de pleurer, de joie ou de tristesse ? Peut être un peu des 2. Elle tremble, je lui donne mon manteau, elle n’est que trop peu couverte.

Les badauds nous observent, étonnés, mais je m’en fous, je dois partir…

Alors je m’éloigne un peu d’elle, elle panique :

_ N…Naruto.

_ Je suis désolé Hinata, je dois partir…

_ Non ! Naruto attend !

Elle me lance un regard implorant…

_ Naruto…par pitié…

Je fais un pas, puis deux, j’accélère, je ne veux pas l’entendre dire…

_ Ai…aide-moi, Naruto.

C’est fini, ma tentative de fuite est un échec, je reviens vers elle, pour tenter de lui faire lâcher prise…

_ Je ne peux pas Hinata, tu dois comprendre…

_ Aide moi Naruto.

_ Hinata, écoute…

_ S’…S’il te plait.

Et elle se remet à pleurer. Je ne l’ai jamais vu si misérable, et pourtant, c’est ma faute, entièrement ma faute, alors, qu’attend-t-elle de moi ? Mais je ne peux pas continuer à la voir comme ça… pas elle… depuis tout ce temps…

… alors, je m’avoue vaincu… et je fais face à ma faiblesse…

_T’as de l’argent ? je lui demande en m’asseyant.

Elle relève la tête et murmure un timide « oui ».

_Alors demande une bouteille, dis-je dans un soupir.

La jeune femme parvient à esquisser un sourire, au milieu des larmes et, bizarrement, moi aussi.

 Et tandis que nous discutons, des souvenirs enfouis au plus profond de mon âme… ce genre de souvenir auquel il m’a été impossible de penser ces dernières années, refont surface… dans le flot interminable de souffrances qui est le miens…

 

 

 

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 Ce souvenir… je me rappelle… elle était venue vers moi ce jour là. Comme à son habitude, elle bégayait et ne parvenait pas à aligner deux mots, elle semblait très embarrassée :

_ N…Na…Naruto ?

_ (bâiilllle) oui ?

Le soleil se couchait, je m’étais installé sur la colline après le retour d’une mission épuisante et je n’étais pas vraiment disposé à l’écouter. Voyant donc que la conversation n’avançait pas, je m’étais levé, lui ai dit bonne nuit et me suis dirigé vers ma maison. Sauf que…

_ Naruto ! Attend ! Elle s’était mise à courir pour me rattraper.

Une fois passé le premier choc (Elle venait d’aligner deux mots en ma présence!), je pris de plein fouet le second qui était due à un sol glissant, une grande vitesse et l‘impossibilité d’effectuer un dérapage contrôlé. Incapable de conserver mon équilibre, nous dévalâmes donc la colline l’un contre l’autre étant donné qu’elle n’était visiblement pas disposée à me lâcher.

Tout ça pour finalement la retrouver allonger sur moi, ses lèvres à quelques centimètres des miennes. Avant cela je ne savais pas qu’il pouvait exister un rouge aussi foncer que celui qu’arborait son visage. Elle se trouvait complètement tétanisée et pourtant elle s’offrit le luxe de ne pas s’évanouir (Ce qui pour une fois m’aurait bien arrangé). Je n’osais même pas imaginer ce qui se passait dans sa tête de peur de perdre la mienne. Enfin, après moult hésitations (Et une bonne dizaine de minutes), elle décida (Sans prévenir), de m’embrasser.

_ Euh…Hinata ? parvins-je à placer entre deux baisers.

Mais elle n’écoutait pas.

J’aurais bien fait quelque chose, mais d’une, je ne pouvais absolument pas bouger, et de deux… c’était pas désagréable.

Il s’écoula alors une autre dizaine de minutes au terme duquel elle me regarda droit dans les yeux. Elle était souriante, sans doute l’étais-je aussi, je passai ma main dans ses cheveux soyeux :

_ Tu voulais me dire quelque chose ? demandais-je.

_ Naruto, je…je…

Elle prit alors son courage à deux mains et…

_ Je t’aime.

 

Ensuite, je crois me souvenir que nous avons passé la nuit là, l’un contre l’autres…

 

 

 

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C’était il y a un peu plus de trois ans.

 

Aujourd’hui, tout est différend. Elle est aussi paumée que moi dans un bar aux tréfonds de Suna. Ca fait longtemps qu’elle n’est plus vierge je ne peux m’empêcher de penser...

Mais après tout je m’en fous… complètement. Mais je suis content de la revoir.

Cela fait une demi-heure que nous parlons de tout, de rien, de choses futiles… mais ça ne peut pas durer, je décide d’y mettre un terme. Alors brusquement…

_ Hinata, je ne peux pas t’aider… c’est ma faute si tu en es là, je ne ferais qu’aggraver la situation… si j’essayais…

_ Non. Ce n’est pas de ta faute, c’est ce démon qui… qui a…

_ Si le démon s’est libéré, c’est parce que j’ai été trop faible pour le contenir… c’est tout.

_ M… mais…

_ C’est tout !

Je regrette immédiatement le ton que j’ai employé, je ne suis qu’un imbécile. Alors je reprends sur un ton plus doux :

_ Le seul et unique fautif c’est moi, lui dis-je, amer.

Elle baisse la tête :

_ Mais tu ne peux pas nous laisser tomber ! crie-t-elle. Nous on avait confiance en toi et…tu…tu nous a abandonné alors qu’on avait le plus besoin de toi !

Ce fut à mon tour de baisser la tête, elle a totalement raison, j’ai fuit, dès mon réveil j’ai fui car j’avais peur, peur de moi, peur de ce que j’avais fait… peur de ne pas être pardonné… mais maintenant je n’y peux plus rien…

Soudain, quelque chose me frappe, quelque chose dons je n’avais pas tenu compte et qui pourtant me tétanise…elle a bien dit… « Nous » ?!

_ Eh ! Le blond ! Not’ copine te plaît ?

_ Et une à trois ! Ca t’intéresse pas ?

 

Non !

 

Je me retourne, très lentement, bien que je sache que c’est inéluctable.

 

Non !

 

Pas maintenant.

 

Non !

 

Pas ici.

 

J’étais retourné maintenant et je voulais à nouveau mourir

 

 

Sakura…Inô…

 

 

 

Il se passe quelque minutes incertaines. J’en profite pour les observer : elles ont toutes les deux maigris, je n’aurais jamais cru cela possible, et pourtant…

Elles semblent aussi misérables que Hinata, le teint pâle, la mine renfermée…

Sakura donne la même impression que moi, celle d’avoir pleuré toutes les larmes de son corps. Elle a le regard dur, les cheveux délavés…

Je me retourne d’un geste dédaigneux, avale d’une traite mon verre et me lève, me préparant à partir.

Cependant…

_ NARUTO !!

Inô vient de me sauter dessus, m’agrippant de toutes ses forces comme si elle avait peur que je tombe par terre, elle est en train de pleurer.

Trop tard, je pense, je ne peux plus partir, et alors que j’attends, résigner, que Sakura me saute elle aussi dessus, quelque chose me frappe.

Le regard de Sakura. Ce n’est pas de la reconnaissance, du bonheur ni même du soulagement, mais de la haine, de la haine pure et sauvage.

 _ Qu’est-ce que tu fais là, crache-t-elle.

Inô me lâche, surprise, tandis que je reste debout, impassible.

_ Suis-je bête, raille-t-elle, tu voulais t’envoyer en l’air hein ? Et avec Hinata par-dessus le marché.

_ Sakura ! intervient Hinata.

_ Sakura, voyons… implore Inô.

_ Casse-toi ! crie-t-elle, MAINTENANT !

Je ne demandais pas mieux, cependant je ne bouge pas, pourquoi ?

C’est vrai ça, pour quelle raison est-ce que je refuse de partir?

La lumière se fait dans mon esprit, j’ai presque oublié la raison qui m’a poussé à continuer à vivre jusqu’à maintenant.

 

« Pourquoi »… la voilà la raison.

 

Elle continue de me foudroyer du regard, mais je reste là.

_ Tu as finis ton verre non ? Alors tire-toi ! hurle-t-elle.

Je me rassois, c’est maintenant ou jamais, je vais enfin savoir… j’espère…

_ Ne t’en fais pas, je vais partir…

Hinata étouffe un sanglot.

_ ... mais avant tu vas me dire une chose.

_ Je n’ais rien à te dire, pas après ce que tu as fait !

Je lui jette un regard venimeux.

_ Oh si, répondis-je.

Je tourne lentement la tête vers elle.

_ Dis moi ce qui s’est passé il y a 3 ans.

 

 

_ Tu te fiche de moi ! éructe-t-elle, tu sais mieux que personne ce qui s’est passé alors si tu es venu ici pour te moquer de nous part tout de suite !

J’esquisse un sourire forcé.

_ Tu te trompes complètement, à vraie dire… je ne sais que le dixième des évènements.

_ Quoi ? dirent-t-elles, sans comprendre.

Je les regarde droit dans les yeux :

_ Je n’ais pas le moindre souvenir de ce qui s’est passé juste avant et pendant ma transformation.

 

 

_ Ce… C’est vrai ? souffle Inô.

_ Alors Sakura, fouille ta mémoire et dis-moi ce qui à pus me pousser à me transformer en renard à neuf queues et détruire mon propre village, parce que je ne partirais pas avant.

Un long silence s’ensuit… son regard perçant me traverse de part en part sans trop savoir comment réagir…

Après une longue hésitation, Sakura prend une chaise et s’installe finalement à la table.

Elle commence à m’expliquer…

_ Inô et moi nous nous trouvions au Nord de la ville, la bataille avait commencé au Sud-est de notre position, nous organisions l’évacuation lorsqu’une énorme explosion a retentit, tu venais de te transformer. Tu te rends donc compte que d’après la distance, nous n’avons pas pu voir ce qui se passait autour de toi.

J’émets un léger grognement, bien que je ne me sois pas fait d’illusions, c’est tout de même difficile à entendre.

_ Que s’est il passé ensuite ? je demande.

Elle semble réfléchir un instant…

_ Eh bien…

 

 

 

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3 ans plus tôt…

 

 

_ Sakura ! Qu’est-ce qui se passe !

_ Je crois que c’est Naruto ! Le démon s’est libéré !

Seulement quelques jours… ça ne faisait que quelques jours que maître Tsunade nous avait tous mit au courant… concernant le « problème » de Naruto… et il se libérait !

_ Mais…mais c’est horrible !

_Dépêchons-nous de partir.

C’était la débandade, tout le monde courait partout, on entendait les cris, les pleurs, les appels au secours. Lorsque soudain…

Une terrible explosion secoua le sol, un souffle destructeur emporta tout sur son passage… une intense lueur bleue envahie notre champs de vision…

Grâce à nos réflexes de ninjas, nous sommes parvenus à éviter de nous faire broyer par l’onde de choc… mais de très près…

Seulement… lorsque nous avons crus que c’était finis… une inexplicable fatigue s’empara de nous… avant de nous plonger dans un profond sommeil…

 

Peu à peu, nous avons repris connaissance, contemplant le paysage de désolation, le démon avait disparu, mais un autre danger approchait…

Des ninjas de Kiri ! Ils profitaient du carnage pour envahir le pays du feu !

_ Inô ! Il faut partir, vite !

_ Où sont les autres ?

_ On a pas le temps, vient on part.

_ Mais où ?

_ J’en sais rien mais allons-y !

_ Regarde !

Un corps gisait, inconscient. C’était Hinata.

_ Elle respire encore !

_ Alors on l’emmène ! Viens !

Derrière nous, les ninjas se rapprochaient. Nous n’avions plus le temps de chercher les autres.

Et Pendant que nous nous enfuions vers un avenir incertain, je regardais avec horreur la ville détruite… mon village… mes parents… maître Tsunade…et Sasuke…

Une rage étrange s’empara de moi…

_ Naruto, pensais-je… Tout ça… C’est de ta faute.

 

 

J’ai écouté leur récit avec attention, mais ça ne m’a avancé à rien, je leurs demande :

_ Vous n’avez vraiment rencontré personne d’autre sur votre route ?

Silence… Je vois bien qu’elles sont gênées, il s’était passé quelque chose…

_ En fait si, avoue Inô, mais…

Hinata se mit à sangloter…

_ Elle était morte, achève Sakura sans délicatesse.

_ Elle ? je demande.

Inô baisse la tête…

_ Tenten, murmure-t-elle.

Un terrible poids tombe dans mon estomac.

Un silence pesant suit cette déclaration, Sakura qui continue de me foudroyer du regard, Inô, la tête baissée et Hinata qui renifle silencieusement.

Ca n’a que trop durée…

Je me lève et entreprend de mettre la plus grande distance possible entre elles et moi lorsque…

_ Non ! Attend ! m’interpelle Inô.

_ N… Naruto, bégaye Hinata.

_ Mais vous n’avez pas honte ! hurle Sakura.

Je me retourne, un peu surpris de sa réaction. Elle continue de crier :

 _ C’est entièrement de sa faute si on en est là ! Entièrement vous entendez ! Et maintenant vous allez vous traînez à ses pieds pour son seul plaisirs ! Lui qui nous a lâchement abandonné alors qu’il aurait pu se racheter ! Maintenant c’est trop tard !

Et elle me jette un regard assassin.

Personnellement, je décide de sourire, histoire de la mettre encore plus en rogne.

_ Bon, alors je vais vous laissez ! C’était sympa de vous revoir ! Mais ce n’est pas le tout, j’ai des veines à m’ouvrir moi !

Hinata veut courir vers moi mais elle est stoppée par la main de Sakura.

Arrivée à l’embrasure de la porte, je leurs fait face et je déclare :

_ Tchao tout le monde !

Et je sors dans la nuit du pays du sable…

 

Je marche pendant une dizaine de minutes, avec toujours un sourire triomphant sur mon visage, mais…

 

Je ne peux pas… la nausée qui revient…

Je perd l’équilibre et je m’écroule contre un mur, je ne souris plus… aller vite ! je pense. Je sors un kunaï de ma sacoche, et je regarde ma main.

C’est la pleine lune au dessus de Suna… un léger vent frais me caresse le visage et quelque chose… comme un rêve qui revient…

… comme des pensées…

 

… comme une promesse.

 

 

Un jour je serais Hokage !

 

Konoha est détruite.

 

Je n’abandonnerais pas !

 

Il n’y a plus d’espoir.

 

C’est comme ça que je conçois mon nindô.

 

Il n’y a plus de but.

 

Sakura… C’est une promesse à vie !

 

La vie… je peux y mettre un terme ce soir…

 

Espèce de trouillard.

 

 Un but…

 

La lune est belle ce soir…

 

 

 

jill