Première Bataille : Le Conseil

par Ryu-sama

Première Bataille : Le Conseil

- Je déclare cette session extraordinaire du conseil formel de Konohagakura no satō ouverte, dit d’une voix claire le Sandaime.
Il se trouvait dans un des rares bâtiments encore en état après les évènements de la nuit passée et le seul ayant une salle suffisamment grande pour accueillir l’ensemble du conseil.
À ses côtés, se trouvait ses deux conseillers, Mitokado Homura et Utatane Koharu, qui s’avèrent être ses deux anciens coéquipiers, entrainés par Senju Tobirama, le Nidaime Hokage, lui-même. Derrière lui, comme il convient à ce que l’on pourrait nommer l’ombre de l’ombre ou encore la racine de l’arbre, se trouvait Shimura Danzō
Le premier, d’un naturel excessivement prudent, ne prend que très rarement une décision sans y avoir longuement réfléchi, mais, lorsque sa décision est arrêtée, il devient presque impossible de le faire changer d’avis. Jamais il ne prend de décision qui pourrait nuire au village, même si les bénéfices sont impressionnants. Cela lui fait préférer une politique conservatrice et approuver les actes et la politique de frappe préventive de Danzō, du moins la majorité du temps.
La seconde, modeste et extrêmement protectrice, semble oublier l’existence de sa propre opinion et lui préfère le bien du village. Bien que moins radicale que Danzō, ou même Homura, elle demeure une personne qui prêche les mesures les plus radicales lorsque cela sert les intérêts du village. Plus enclines à la clémence et au pardon que le reste des conseillers du Sandaime, elle n’en demeure pas moins implacable et autoritaire.
Le troisième, Shimura Danzō, se passe de présentation. Chef des Ne, la branche cachée de l’ANBU, il privilégie les mesures les plus radicales possibles du moment qu’elles ne nuisent pas à Konohagakure no satō.
Formant un cercle avec le Sandaime à l’un de ses sommets, les membres des conseils militaires et civils s’assoyaient. Au plus près de l’Hokage, sur la moitié du cercle environ, répartis également de chaque côté de ce dernier, se trouvait le conseil militaire, alors que, sur l’autre moitié, face à l’Hokage, se trouvait le conseil civil.
Ce dernier, représentant les intérêts économiques et commerciaux de la population non-militaire de Konohagakure no satō ainsi que les services non-militaires offerts par l’Hokage, se faisait une joie d’approuver tout ce qui pouvait leur donner un avantage sur les autres, mais, en fait, ils étaient plus proches de la meute d’hyènes affamées que du conseil se préoccupant du bien-être de ceux qui sont sous leur responsabilité.
Finalement, le conseil militaire, là où les loups se battaient pour obtenir le plus de contrôle sur le village et son avenir, était la partie du conseil la plus importante. Dans cette partie, on pouvait trouver les chefs des clans, majeurs comme mineurs, de Konohagakure no satō et plusieurs postes administratifs tels que le chef de l’ANBU et celui des jōnin, ou ceux des chefs des divers départements des services ninja de Konoha.
Parmi ces derniers, on peut trouver le chef du Département de Torture et d’Interrogatoire, le chef de la Section de la Recherche Médicale et celui de la Section du Développement du Fūinjutsu ainsi que plusieurs autres. Leur rôle n’est pas particulièrement important et, tant que cela ne concerne pas leur domaine, ils n’ont pas réellement plus de pouvoir que le conseil civil. En fait, lors de la majorité des réunions du conseil militaire, réunions dites du haut conseil, ils ne sont pas invités, laissant seulement les chefs de clans, le chef de l’ANBU, le chef des jōnin avec l’Hokage et son conseil.
Par contre, la première parti du conseil militaire brille autant par les conflits et les luttes de pouvoir qui s’y déroulent que par leur absence de cohésion et d’intérêts pour le reste du village. Cela est plus ou moins vrai. En fait quiconque assistant à quelques séances verrait rapidement que le chef du clan Senju et celui du clan Uchiwa ne cessent de se mettre des bâtons dans les roues mutuellement, forçant les autres à prendre parti. Outre le clan Senju et le clan Uchiwa, il existe trois autre clan dits majeurs : les Hyūga, les Uzumaki et les Namikaze, malgré le fait que les deux derniers n’aie plus qu’un membre encore en vie et que ce membre doit à tout prix être dissimulé du conseil. Les clans mineurs réunissent les Akimichi, les Nara et les Yamanaka ; les Aburame et les Inuzuka ; les Kurama, les Sarutobi et les Ryūko.
- Abordons, en premier lieu, le premier point à l’ordre du jour… Mamoru-san, veuillez nous faire part des rapports de vos tokubetsu chūnin, continua l’Hokage.
- Hokage-sama, commença l’interpellé, chef de la Section de la Sécurité de Konohagakure no satō. La nuit passée, aux environs de vingt-trois heures trente, les gardes en service ont perçu un important dégagement de chakra provenant d’une zone localisée à une dizaine de kilomètres de la porte…
- Comment quelqu’un dégageant une quantité telle de chakra qu’il en devient perceptible pour de simples civils a pu s’approcher autant de la porte avant d’être remarqué ? le coupa un membre du conseil civil avec un ton accusateur.
- Par invocation, lui répondit le chef du clan Nara. Continuez Mamoru-san.
- Comme je le disais, le dégagement de chakra fut localisé à une dizaine de kilomètres de la porte. Quelques instants plus tard, le démon-renard était apparu et se dirigeait directement vers le village.
- Il semblerait donc que le démon-renard ait été invoqué, poursuivi le chef du clan Senju. Pourtant, celui-ci n’était-il pas supposé être scellé dans l’une des reliques du Hinoyouna jinja1 ?
- Il l’était… répondit le Sandaime. Nous ignorons toujours comment il a pu se libérer du fūin l’emprisonnant dans la relique.
- Après que le démon soit apparu, l’ensemble des forces du village a tenté de le retenir pendant que les genin évacuaient les civils, enchaîna Danzō, tentant d’appuyer le Sandaime en déviant les interrogations de sur le pourquoi de la rupture du fūin.
- Honoka-sama, pouvez-vous nous faire un bilan des pertes suite à l’attaque du Kyūbi no Yōko ? demanda l’Hokage.
- Outre le Yondaime lui-même, le bilan provisoire est désastreux : 2 000 jōnin et plus de 15 000 chūnin décédés ; deux à trois fois ce nombre souffrant de blessures graves qui ne pourront plus rejoindre les forces du village, annonça sombrement le chef de la Section Médicale de Konohagakure no satō.
- ANBU-sama, quelles sont les pertes du côté de l’ANBU ? demanda le Sandaime.
- Tout aussi désastreuse je le crains, répondit l’ANBU en question, le visage couvert par un masque représentant un chat. Sur les 300 ANBU en poste au village, seul une cinquantaine a survécu à l’attaque.
- Hokage-dono, commença un des membres du conseil civil, comment le renard a-t-il pu être vaincu ???
- Le Yondaime a donné sa vie pour sceller le renard dans le sein d’un nouveau-né…
- Un enfant… Qui ??? Quel est son nom ??? Il faut l’abattre… Il doit mourir… Il ne peut pas vivre parmi nous… s’écrièrent divers membres du conseil civil.
- Non, nous ne devons pas le tuer, répondit fermement Danzō. Au contraire, le simple fait de posséder le démon-renard nous place au-dessus des autres villages… Il est un atout militaire incroyable. Nous devons l’utiliser, conclut-il d’une voix forte.
- Merci Shimura-sama, commença le Sandaime. Comme il vient d’être énoncé, le porteur représente un avantage militaire d’importance… Et, je ne crois pas qu’il soit nécessaire d’exposer les avantages économiques d’une puissance militaire accrue.
- Que compter vous en faire donc ? demanda un conseiller civil.
- Un ninja, un membre des forces militaires… répondit le Sandaime.
- Je vous demandais comment vous comptiez l’amener à embrasser la profession. J’ai trois petits-enfants qui souhaitent joindre les forces ninja du village et je ne veux surtout pas qu’ils côtoient ce démon, le coupa d’un ton légèrement agressif le conseiller.
- Malheureusement, cela concerne le conseil militaire uniquement, Kubo-sama, répondit Danzō, coupant court à la discussion.
- Effectivement, mais la question de son logement jusqu’à sa majorité est de notre ressort, commença un autre conseiller civil.
- Nous sommes donc en droit de demander son identité, dit un dernier membre du conseil civil.
- En fait, tant que cela ne porte pas atteinte à la sécurité des civils, nous n’avons aucune obligation envers vous, répondit Homura, en grinçant des dents devant tant d’impertinence.
- Antei-sama, en tant que chef de la Section du Développement du Fūinjutsu, pouvez-vous nous certifier que le fūin retenant le démon-renard est parfaitement sécuritaire ? demanda un conseiller civil, un air totalement hypocrite sur le visage.
À ce moment, quiconque aurait observé l’Hokage l’aurait vu les muscles si tendus qu’il aurait pu croire que ce dernier voulait arracher la tête du conseiller.
- Non, malheureusement, il m’est impossible de certifier que le fūin est parfaitement sécuritaire.
- En conséquent, nous, membres du conseil civil, demandons formellement que l’identité du porteur du démon-renard soit révélée publiquement, dit d’une voix triomphante l’un des membres du conseil civil.
- Je seconde, dit un deuxième.
- Je suis, termina un troisième.
- Son nom est… commença Danzō.
- Uzumaki Naruto, le coupa le Sandaime. Et, dès maintenant, cette information est classée comme étant un secret militaire de rang S.

***


- Je déclare cette réunion informelle du conseil militaire de Konohagakure no satō ouverte, déclara d’une voix forte le Sandaime alors que ses conseillers et les chefs de clans du village prenait place autour de la table. Puis-je savoir pourquoi cette réunion a été convoquée et par qui ?
- C’est moi qui l’aie convoqué, Hokage-sama, dit calmement Danzō. Il est grand temps à présent de décider de ce que nous devons faire du jinchuriki du Kyūbi. Cela fait presque un an qu’il est dans cet orphelinat. il est temps que nous songions à son avenir…
- Que voulez-vous proposer, Danzō-sama ? demanda doucereusement Senju Kuchiki, le chef du clan Senju ou, plutôt, de ce qu’il en reste.
- Qu’il soit entraîné le plus tôt possible.
- Et pourquoi devrait-il être entraîné ??? répliqua le Senju. Au contraire, ne devrions-nous pas l’empêcher d’acquérir un tant soit peu de puissance supplémentaire. Il en serait ainsi plus facile à garder sous contrôle.
- Avez-vous si peu confiance en les capacités des membres de votre clan quant au contrôle d’un jinchuriki que vous voulez limitez son entraînement au strict minimum ??? suggéra subtilement le chef du clan Uchiwa, Uchiwa Fugaku.
- Ce n’est pas… tenta de ce défendre Kuchiki.
- C’est totalement ça… nous ne voulons pas que notre jinchuriki soit dans l’obligation de libérer le démon pour se battre contre un simple genin, n’est-ce pas ? l’acheva Hyūga Hyashi.
- La véritable question ne devrait-elle pas être quand et comment il sera entraîné au lieu d’être s’il le sera ??? demanda Nara Shikaku.
- Nara-san, il est clair que c’est le clan Senju qui doit s’occuper de son entraînement, dit le chef dudit clan.
- N’était-ce pas vous qui, il y a à peine quelques minutes, ne voulait pas qu’il soit entraîné ??? dit narquoisement Inuzuka Tsume, chef du clan Inuzuka. Vous semblez avoir pris beaucoup de courage en très peu de temps Senju-sama…
- Suffit, s’exclama l’Hokage d’une voix exaspérée. Tant que Naruto n’aura pas atteint un âge où je le jugerai suffisamment vieux pour être entraîné, nul n’en aura la charge. Et, tant qu’il ne sera pas entré à l’académie, ce seront mes junin qui s’en chargeront.
- Mais, Hokage-sama, ils ne sont pas… commença le chef du clan Senju avant de se taire devant le regard mauvais que le Sandaime lui lança.
- Qui en sera responsable ? demanda le chef du clan Uchiwa.
- Quelques-uns de mes meilleurs jūnin en termes de taijutsu et de kenjutsu, répondit l’Hokage.
- Qui… tenta de redemander le chef de clan avant de se retenir devant l’aura meurtrière dégagée par l’Hokage.
- Ensuite, il sera envoyé à l’académie comme tous les enfants de son âge et suivra un cursus normal tout en continuant son entraînement avec ses instructeurs junin. Ensuite, il entrera sans les forces régulières au sein d’une équipe de genin et sera confié, et uniquement lorsqu’il sera un genin, à l’instruction de l’ANBU pour intégrer les forces spéciales lorsque je le jugerai prêt.
- Hokage-sama… commença le chef du clan Hyūga.
- C’est tout ce qu’il vous est nécessaire de savoir pour l’instant, le coupa l’Hokage en question complètement exaspéré. La séance est levée.



1 Sanctuaire du Feu Ardent