Chapitre 3

par KuroKeitaro

Chapitre 3

 

 

Un claquement sec réveilla le jeune renard. Il se retourna sur le lit, s'écorchant sans y faire attention la main. Une ombre parcourait sa chambre, observant et notant la disposition des objets. Bien qu'ayant vu que le propriétaire de la chambre s'était réveillé, l'ombre ne fit aucun geste pour engager une quelconque conversation. Elle se cogna la jambe, découvrant à Naruto l'origine du son qui avait dérangé son sommeil. Finalement, jugeant avoir assez repéré les lieux, elle se retourna et planta ses yeux dans ceux, oranges, de l'Uzumaki.

 

Le blond dérangea un peu les motifs formés par sa chevelure et eut un petit rire nerveux. Il détourna le regard, s'attardant sur les bras croisés et les jambes légèrement pliées de l'ombre à l'air décidé. Mal à l'aise devant le silence accusateur, il baissa les yeux, regardant ses doigts se tourner autour. Il se gratta encore une fois la tête et, voyant que son ami n'allait pas bouger, se pelotonna dans ses draps, dissimulant son visage entre ses genoux.

 

Un temps passa, mais le meilleur ami de Naruto était d'un naturel patient et ne se laissait pas apitoyer par des ruses aussi grossières. Il savait que le blond avait besoin d'accepter ses fautes et d'oser faire le premier pas. Sinon, il n'allait pas admettre pouvoir se tromper, et c'était dangereux.

 

Un gémissement sortit de l'amas de draps. Le Kyuubi doutait. Il détestait sentir le regard des autres sur lui. Se savoir coupable l'énervait au plus haut point. Il se haïssait pour toutes les fautes qu'il avait commises, pour tous les meurtres qu'il avait permis.

 

Naruto découvrit sa tête et ouvrit les yeux. L'ombre ne sursauta pas en croisant la tempête rouge sang qui régnait dans ce regard. Les différentes teintes de rouges se mêlaient et bougeaient dans les pupilles, formant un flux lumineux et un spectacle rare. L'ami observa avec intérêt les émotions défiler sur le visage androgyne. Il connaissait la répugnance et la colère que le blondinet devait éprouver envers lui-même. Savoir que des gens souffraient par votre faute était toujours douloureux à admettre.

 

L'ombre s'inquiéta néanmoins, elle aurait cru que le passage de Kakashi aurait déjà aidé un peu Naruto. Ce n'était apparemment pas le cas. Il soupira fortement et remarquant que son meilleur ami restait prostré, et cela, malgré les longues minutes qui s'écoulaient s'approcha. L'Uzumaki n'allait pas bien, beaucoup moins bien qu'il ne l'avait supposé. L'ombre laissa échapper un juron en découvrant que malgré son rapprochement, le renard n'avait pas bougé. Il n'avait même pas réagi quand il l'avait pris dans ses bras ! Elle chuchota :

 

-                     Oh, galère… Naruto… C'est si grave que ça ? Qu'est-ce que tu nous caches ?

 

Le blond, réagissant enfin à la voix douce, posa sa tête dans le cou de son meilleur ami. Ce dernier caressa lentement les cheveux soyeux de son vis-à-vis, ne sachant que dire. Il ne savait pas ce qui rongeait son ami depuis tant d'années, il ne comprenait pas. Oh, bien sûr, il avait remarqué le lien qui liait la mort d'une jeune fille et le suicide psychologique de Naruto, mais il ne comprenait pas la teneur de ce lien.

 

Le blondinet releva la tête. Il avait remarqué la mine soucieuse de l'ombre et se doutait qu'il était le centre de ses pensées. Se refusant d'inquiéter un peu plus son compère, il s'ébroua et en profita pour se forcer à sourire. La silhouette secoua la tête, mécontente :

 

-                     Arrête ça. Je ne suis pas en porcelaine, tu as tendance à l'oublier un peu. Enlève ce faux sourire tout de suite. Parlons plutôt de ton foutu sceau. Et ne me dis pas que le problème est réglé.

-                     Je m'excuse…

-                     T'es pardonné, bon alors, c'est un sceau des sens, à quel stade te trouves-tu ?

-                     Comment tu sais ça ? Kakashi n'a quand même pas pu déjà te le dire ! Au premier stade, on vient de me le mettre.

-                     Menteur ! Tu te coupes à la main et ne le sens même pas ! Aurais-tu oublié ma capacité à traiter les informations ? J'ai dû lire un livre sur ce sceau, ton toucher est atteint, gravement. Tu ne dois plus pouvoir manger… et de toute façon, tout le monde sait que ta punition pour t'être échappé a commencé dès ton retour.

-                     … je m'excuse encore une fois.

-                     La libération ?, insista l'ombre.

-                     Ce soir, Kakashi me ferait regretter amèrement toutes indécisions. Il me l'a clairement fait comprendre., soupira Naruto, le visage dans ses mains. Et avant que tu me le demandes, oui, Kyuubi participe, oui, il y a des risques, et oui, il y aura sûrement des conséquences. Je risque de mourir par hémorragies internes et de tomber malade.

-                     En gros, il te faut un médecin… Mmh, ils ne vont pas te laisser mourir, tu ne risques rien.

-                     Parlons de toi. Qu'as-tu fait pour être envoyé à l'isoloir ? Je sais que tu es tombé sur un sadique, mais quand même !, s'enquit Naruto, curieux.

-                     Une bêtise… j'avais une image d'elle, il l'a vue., soupira la silhouette.

Naruto prit son ami dans ses bras. L'ombre n'était pas depuis sa naissance dans ce centre. Il avait goûté à la joie d'avoir des parents, de se faire des amis. Enlevé à six ans à sa famille, ses souvenirs de ces années de bonheur restaient gravées en lui. Le visage d'une petite fille blonde, courant partout ne quittait pas ses pensées. Il n'avait eu d'elle que cette photographie, dissimulée sous ses bras pendant des années. Sa perte équivalait à une énorme blessure.

-                     Je vais te laisser. Mon corps s'épuise. Il faut que je le rejoigne. Naruto…

-                     Oui ?

-                     Je voulais… merci., il rajouta devant l'air d'incompréhension de son ami : d'avoir encore besoin de moi.

Sur ce, l'ombre se dissolu, laissant le blond dans ses pensées. Un moment passa, puis le démon renard jugea que son hôte réfléchissait un peu trop. Sans l'avertir, il lâcha une décharge de chakra qui fit sursauter Naruto.

 

-                     Je t'ai déjà dit de ne pas faire ça !

-                     Désolé gamin, mais tu t'inquiètes trop.

-                     Mais les enfants Kyuu ? Je ne peux pas utiliser le chakra… ils les tueraient !

-                     Naruto Uzumaki. Venge-les plus tard si ça te chante, mais je ne te laisserais pas mourir !

-                     Je peux t'en empêcher ! Notre pacte !

-                     Pas si ta vie et la mienne sont en danger. Relis les articles, moi, je commence.

 

Naruto grimaça en sentant l'énergie le remplir et le réchauffer avant de fondre sur l'emplacement du sceau. Il avait l'impression que son corps allait brûler. Il jurait sentir son sang bouillir en ses veines. La pression s'accumula autour du tatouage, voulant briser le mur qui l'entourait. Le renard ouvrit la bouche sur un cri muet. Ses yeux, exorbités, brillaient de couleurs différentes, celle-ci passant à toute vitesse. Des rayons lumineux sortirent de sa bouche et de ses doigts, se ruant à l'extérieur. La pression s'accumulait en lui, devenait énorme. Son corps allait exploser ! Un de ses muscles claqua à la jambe, rejointe par plusieurs vaisseaux sanguins et ligaments. Du sang sortit de sa bouche, inondant les draps. Il avait mal, ses membres se brisaient, guérissaient, se cassaient à nouveau. Il aurait préféré que Kyuubi n'essaye pas de le guérir au fur et à mesure.

 

Un halo lumineux l'entoura soudain, le chakra s'échappant par les pores de sa peau. Partout où l'énergie jaillissait, suivaient aussitôt des cascades de sang. Sa chair s'arrachait d'elle-même par endroits, dévoilant ses muscles et parfois, les os. Son nez s'écrasait comme aspiré de l'intérieur. Des flots de sang en sortaient ainsi que de sa bouche, il s'étouffait. Ses tympans éclatèrent sous la pression, emplissant ses oreilles du liquide gluant et rouge. Les cheveux blonds, si doux et harmonieux, se dressaient sur sa tête, électrisés, s'enflammant par endroits. Son cœur battait à une vitesse folle, trop vite, il avait besoin d'oxygène.

 

Enfin, le sceau céda. Ce fut une avalanche de chakra, le corps inanimé de Naruto flottant dans les airs. La cellule était inondée de lueurs aux teintes diverses. La porte s'ouvrit dans un claquement sonore. La cavalerie arrivait.

 

 

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Un cri de joie retentit dans un appartement. Une voix masculine. Un claquement de main joyeux suivit, provenant d'une salle remplie d'écrans de surveillance. Un homme se leva de sa chaise et se mit à faire une danse tribale. Une jeune femme était accoudée à l'embrasure de la porte. Il la prit dans ses bras, la faisant tourner dans les airs tout autour de lui. Elle le frappa au bras en riant, lui criant de la lâcher. Il la serra contre lui et l'embrassa dans le cou, savourant son parfum. Enfin, après tant d'années, ses plans allaient pouvoir s'exécuter. Il prit sa compagne à bout de bras, la regarda avec un immense sourire et l'embrassa, encore et encore. Les deux chevelures noires se mêlaient formant d'intéressants reflets. À bout de souffle, ils se séparèrent et l'homme admira les joues rougies de la jeune femme. Il la trouvait si belle en ce moment ! Aussi belle que ses projets.

 

Affamés par leur attente, ils allèrent en cuisine. On aurait pu croire que le spectacle auquel ils avaient assisté leur aurait coupé l'appétit, mais au contraire, cela l'avait amplifié. Le sang ne leur faisait plus rien depuis longtemps, en tout cas à l'homme. La jeune femme ne mangea pas, restant dans ses pensées. Voir le démon renard souffrir ainsi l'avait peinée. Son compagnon la regarda d'un air interrogateur, toute trace de joie effacée. Elle secoua la tête négativement, le rassurant un peu. Il demanda quand même :

 

-                     Tu penses toujours à lui ?

-                     Je… oui. Est-ce vraiment juste de lui faire subir tout ça ?

-                     Pense aux autres, ma chérie. Pense à tous ces enfants qui seraient arrachés à leur famille si nous échouions. Il vaut mieux une victime que des milliers d'autres. Et, il s'en remettra.

 

La jeune femme resta silencieuse. L'enfant-démon ne s'en remettrait pas, elle le savait. Mais la cause de son compagnon était juste… et bien trop primordiale pour qu'elle se permette de la critiquer. Elle regrettait simplement que le hasard ait choisi Naruto.

 

La femme se demandait de temps en temps si son choix avait été le bon. Avait-elle eu raison de suivre cet homme ? Avait-elle eu raison de quitter Naruto ? Tant de chemins différents. Elle observa un instant son amant qui l'installa sur ses genoux, sentant son besoin d'être rassurée. La jeune fille sourit devant tant de sollicitude. Après tout, oui, elle avait bien choisi. Il l'aimait, il l'avait aidée à surmonter son principal défaut. Et ces enfants méritaient une meilleure vie.

 

-                     Ça va mieux ?, demanda son compagnon.

-                     Oui, merci.

-                     Je t'aime, pas besoin de me remercier.

Le jeune homme lui sourit et la porta jusqu'à leur chambre, la serrant plus fort en la sentant se pelotonner contre lui. Un vrai petit chaton en quête d'amour.

 

 

 

Remise en pages effectuée et fautes d’orthographe corrigées ! Voilà, si quelqu’un trouve que ça fait toujours pavé de texte, qu’il me le dise, je tâcherais d’améliorer ça !^^

 

Je remets la question : Qui a deviné l’identité de l’ami de Naruto ? J’ai mis pas mal d’indices, et dans ce chapitre, mon dernier.

 

Je remercie encore et toujours ceux qui me suivent ou qui me commentent et je rappelle être ouverte aux corrections.

 

A bientôt, Kuro