Chapitre 26 - Investigations

par Mlle_YoYo

N’aime que toi

Chapitre 26 - Investigations

 

L’air ambiant était humide et froid. Une odeur de renfermé remontait par effluves à travers les grilles d’aérations pour la plupart en mauvais état, mais les odeurs qui prévalaient sur toutes les autres, étaient incontestablement celles de la décomposition et du formol. La putréfaction qui se dégageait des corps laissés à l’abandon dans leurs cachots semblait s’être infiltrer dans les parois décrépites de leurs ultimes demeures pour y rester incrustée solidement.

Les couloirs étaient sombres et les vitres brisées. Les machines recouvertes de poussière étaient à présent l’endroit rêvé pour les arachnides désirant s’installer au paradis des insectes. Certaines éprouvettes et autres bocaux étaient cassés laissant le liquide visqueux et gluant qu’ils contenaient se rependre sur le sol.

Hinata progressait lentement dans le couloir, une main masquant la moitié inférieure de son visage. Une fois arrivée à hauteur de la porte qu’elle cherchait, elle s’arrêta afin de l’ouvrir.

La salle des archives était une salle profonde et étroite. De chaque coté, les murs étaient tapissés de rouleaux et de livres. Une table trônait au centre, recouverte de papiers jaunis maculés de l’encre qui s’était répandue lorsque le pot en verre la contenant s’était renversé. Par chance, l’ancien sanin était quelqu’un de méticuleux et chaque information était répertoriée et classée soigneusement.

Elle attrapa d’une main les rouleaux concernant Konoha et balaya d’un ample mouvement la table afin de la débarrasser avec son autre bras. Une fois la table praticable, elle y déposa les rouleaux et en ouvrit quelques uns. Sans intérêts. Pas la moindre trace de ce fichu document! Énervée, elle donna un coup sur la table qui craqua sous le choc avec un mouvement plaintif.

Déjà que ça l’enchantait pas vraiment de jouer les rats de bibliothèque dans ce sinistre endroit alors si en plus ce qu’elle était sensé chercher n’était pas là … Elle ferma les yeux quelques secondes et inspira profondément pour se calmer.

On se retrouve dans deux jours chez la vieille Shizuka, qu’il avait dit! Quelle bonne blague! Ça lui avait déjà pris une demie journée pour arriver ici et elle avait aucune envie, mais alors absolument aucune, d’y rester vingt-quatre heures.

Finalement, après quelques heures de recherches infructueuses, elle décida de regarder dans les autres pièces au cas où tout les documents n’aient pas été rangé. Elle revint bredouille en salle des archives et continua de parcourir les parchemins jusqu’à ce qu’elle tombe sur une copie des actes de naissances de Konoha. Quelques noms étaient entourés de rouge, d’autres barrés tandis que des annotations en ponctuaient certains autres. Curieuse, elle déroula un peu plus le parchemin jusqu’à arriver sa propre année de naissance.

Elle poussa un soupir nostalgique en lisant le nom de sa mère, décédée seulement quelques mois après la naissance de sa petite sœur. Elle se demanda ce qui serait arrivé si elle n’était pas morte mais elle ne parvint pas à s’imaginer vivant une autre vie que celle qu’elle vivait actuellement même si elle arrivait très bien à se voir ailleurs que dans l’un des laboratoires sordides d’Orochimaru. Elle laissa ses yeux vagabonder un peu plus sur le document et manqua de tomber de la chaise sur laquelle elle était assise lorsqu’elle lut la généalogie de Naruto. Elle lâcha précipitamment le parchemin et se précipita vers un autre casier d’où elle tira un autre acte de naissance.

* * *

Naruto fixa avec un profond dégoût les corps sans vie et à peine formés des cobayes et expérimentions douteuses de celui qui avait convoité Sasuke pour ses dons héréditaires. Avant de pénétrer dans cette antre des horreurs, il avait vu le corps d’enfants à peine plus âgés qu’Akito. L’un d’entre eux l’avait particulièrement marqué: une partie de son visage était défigurée, brûlée; il était enchaîné à un mur presque complètement dévêtu; des greffons avaient été pratiqués sur lui. Le pauvre était sûrement mort de faim: ses blessures n’étaient pas mortelles.

Le froid et imperturbable Naruto en avait eu un haut le cœur en tentant d’imaginer ce que cet enfant avait dû endurer. S’il y avait bien une chose qu’il ne supportait pas, c’était qu’on touche aux enfants même si lorsqu’il était plus jeune, il s’amusait à terroriser ceux du village caché de la feuille il ne levait jamais la main sur eux. Les enfants, c’est sacré!

Il l’avait détaché puis l’avait dans ses bras avant de le monter à l’extérieur de cette bâtisse souterraine. Il l’avait allongé sur l’herbe grasse et fraîche qui s’étendait devant l’entrée.

« - Tu es libre à présent … », avait-il murmuré en recouvrant le petit corps inerte de sa cape comme s’il était en train de le border.

Puis, il l’avait laisser pour retourner à son objectif premier. Il avança plus avant dans le laboratoire, le verre sous ses pieds crissant à chaque pas sur le sol. D’un rapide coup d’œil et ce, sans s‘arrêter de marcher, il embrassa l’ensemble de la pièce et repéra une petite porte entrouverte masquée par la pénombre. Sans hésitation, il l’emprunta et se retrouva dans un bureau à l’ameublement sobre.

Il étudia minutieusement tout ce que contenait la pièce mais ne trouva pas ce qu’il était venu chercher: seulement des notes et des comptes rendus d’expériences. Il tomba cependant sur un document concernant le sceaux maudit et ceux qui en avait été affublés. Il fut pris d’un fou rire en lisant la partie concernant Sasuke et mit bien cinq bonnes minutes avant de retrouver un tant soit peu de sérieux.

Il laissa ensuite de coté le sceaux maudit pour s’intéresser d’avantage à la maîtrise des techniques Fuuin qu’avait acquise le sanin. Visiblement, ce laboratoire-ci ne contenait rien de plus que le détail sur certaines techniques qu’était en train de mettre au point le défunt Orochimaru.

Il ne s’attarda pas. Il devait retrouver Hinata et Gaara dans une journée et il n’avait pas pour habitude d’être quelqu’un de fâché avec la ponctualité.

Il rassembla donc les parchemins qui l’intéressaient et les glissa dans son sac avant de visiter le reste des installations. N’y trouvant rien d’intéressant, Naruto s’apprêtait à quitter les lieux quand un cylindre de terre cuite attira son attention. Des symboles ornait l’objet autour duquel s’enroulait un serpent d’argent. Il saisit l’étui et en sortit un document inaltéré par le temps. Il était récent, pas plus de quelques mois. Il sentait encore l’encre. Naruto le déroula soigneusement, y jeta un coup d’œil puis le remit à sa place avant de glisser l’étui dans son sac avec les autres parchemins.

* * *

Gaara n’avait rencontré Orochimaru qu’une seule fois mais le peu qu’il avait vu lui avait suffit et se retrouvé dans un de ses laboratoires n’avait rien d’agréable. Bien entendu, le jeune shinobis des sables n’avait pas peur de se retrouver seul dans le noir mais on peut être imperturbable en toute circonstance, ce n’est pas bon de fréquenter trop longtemps ce genre de lieu. D’abord, Gaara était un adepte du sang frais et pas d’aberrations scientifiques.

Il se demandait même si Orochimaru n’était pas lui-même une aberration de la nature avec son comportement déviant … Bon il faut bien rendre à César ce qui est à César et convenir du fait que Gaara n’était pas lui-même un exemple à citer lorsque l’on voulait faire référence à une personne saine d’esprit mais lui, il avait des circonstances atténuantes! D’abord, il avait un biju complètement déjanté qui résidait dans son corps et supporter le babillage incessant du Shukaku était pas une mince affaire.

Quoi qu’il en soit, pour Gaara, plus il se tenait loin des expériences douteuses du reptile, mieux c’était. Cependant, le boulot avant tout! Il avait une mission à accomplir et il comptait bien s’en acquitter.

Il traversa les couloirs odorants et les salles oubliées de l’édifice avant d’atteindre la salle où étaient rassemblées les archives. Les rapports médicaux ne concernant pas sa venue dans cet endroit, il occulta une bonne partie - pour ne pas dire la quasi-totalité - des documents jusqu’à ce qu’il tombe sur un document scellé portant les caractères formant le mot Jinchuriki. Avec précaution, il défit le cachet en cire et l’ouvrit. Il n’en lut pas la totalité et accorda son attention à trois autres parchemins - le premier venant de Suna, le deuxième de Konoha et le dernier était marqué des caractères Lune et Rouge, tous également scellé.