Epilogue

par croro

Epilogue :

Une semaine plus tard, par une après-midi ensoleillée, le Seitai Mag était en pleine effervescence, du moins les filles du sixième étage. Des rumeurs, des « on dit », des ragots se rependaient mais aucune confirmation ne venait.

- Alors, il est encore marié ? Demanda une jeune femme blonde à sa collègue

- Non, j’ai entendu dire qu’elle était venue signer les papiers du divorce, à ce qui parait elle l’a trompée. Répondit cette dernière.

- D’où tu tiens ces informations, Ayumi. S’exclama un jeune homme derrière elles. Il est divorcé mais ils sont encore ensembles. Elle ne l’a jamais trompée.

- Tomohisa, quand on voudra un avis de mec on t’appellera. Je sais ce que j’ai entendu, elle l’a trompée dès le début du mariage, je le tiens d’une source sûre moi !!!!

- Une source sûre ?! Dans l’entreprise ?! L’interrogea Tomohisa en rigolant. Si tu le dis. Tout en s’éloignant, il rajouta. Ce qu’on peut entendre comme connerie ici.

Les deux jeunes femmes le regardèrent partir, puis très vite la jeune femme blonde reprit.

- Ça veut dire qu’il est de nouveau libre ?

- Et oui, et je compte bien être là pour le réconforter. Répondit la jeune femme prénommée Ayumi.

- C’est ce qu’on verra ma belle, la compétition est lancée. Rétorqua sa collègue. Que la meilleure gagne.

Elles se tapèrent dans la main en rigolant. Rejointes par quatre autres femmes, elles continuèrent à papoter du nouveau statut de célibataire du fils de la directrice.

 

Accompagnée de Tobi, Hinata se dirigeait vers ce grand immeuble qui dominé toute la ville. Une semaine plus tôt, le jour où elle était venue signer les papiers, elle avait vraiment cru ne jamais y remettre les pieds. La déclaration de Naruto l’avait vraiment surprise, jamais elle se serait doutée des sentiments qu’il éprouvait pour elle. Il faut dire que leur relation avait commencé d’une façon assez spéciale, et que rien ne présageait un tel retournement de situation. En compagnie du chien, elle pénétra dans l’ascenseur et appuya sur le bouton 6. Elle connaissait un peu mieux les lieux maintenant, mais elle comptait tout de même sur Tobi pour la guider vers le bon bureau. Arrivée à l’étage n°6 les portes s’ouvrirent et Tobi sortit en courant sur le palier.

- Tobi, attends. Cria-t-elle en le suivant.

Obéissant à l’ordre de sa maîtresse, celui-ci s’arrêta et attendit qu’elle soit à sa hauteur pour reprendre sa marche, plus calmement afin que sa maîtresse puisse le suivre.

- Regarde c’est le chien de Mr Uzumaki.

- C’est qui celle-là !!

- Mais c’est son ex-femme. Qu’est-ce qu’elle fait avec son chien ?

Un groupe de six jeunes femmes la dévisageait. Comme une pestiférée, elles la suivaient toutes du regard, et pas d’un regard bienveillant, bien au contraire. Elle avait l’impression qu’on lui reprochait quelque chose. Hinata était bien consciente qu’elle faisait des envieuses. Shikamaru lui avait dit plusieurs fois que Naruto avait de nombreuses groupies au travail. Mais elle n’avait jamais imaginé faire ce genre d’effet. Mal à l’aise, elle avança sans rien dire. Quelques secondes plus tard, elle traversa le couloir donnant sur le bureau de la secrétaire de Naruto. Suivant toujours de près Tobi, elle accéléra le pas, pressée de le revoir. Le bureau de Mizuki étant vide, Hinata pénétra dans la pièce et toqua à la porte du rédacteur en chef. A travers la baie vitrée, Naruto lui fit signe de rentrer.

- Parfait, je vous rappellerai demain pour voir avec vous les derniers points importants….début d’après-midi je pense…très bien, bonne journée à vous aussi.

Un sourire aux lèvres, il raccrocha le combiné.

- J’ai bientôt un nouveau partenariat pour la rubrique, ce n’est pas encore fait mais un chef étoilé français a accepté de venir nous voir pour collaborer avec nous. S’exclama tout sourire Naruto. Tu m’as manqué, rajouta-t-il en se levant.

Il s’approcha d’elle et l’embrassa. Il s’installa face à elle, à demi assit sur son bureau.

- Ça va toi ? T’as pas l’air bien ?

- Oh, ce n’est pas grand-chose… tes employées femmes, répondit-elle en insistant bien sur le mot « femme », ne sont pas très accueillantes, si elles avaient pu me tuer du regard elles l’auraient toutes fait. Ça m’a un peu gênée, c’est tout. Rajouta-t-elle dans un sourire. T’as fini ?

- Pas tout à fait, répondit Naruto avec une moue désolée, j’ai pris un peu de retard. J’ai encore deux articles à valider et je suis tout à toi.

- Ok, ça marche…elle n’est pas là ta secrétaire ?

- Non, elle est partie en pause, répondit celui-ci en retournant s’asseoir à son bureau. Au fait, ça y est, nous sommes officiellement divorcés.

- Oh….

- Et oui. On va prendre notre temps maintenant.

Elle s’approcha de lui, et l’embrassa. Elle était contente qu’il soit si patient avec elle. Bien qu’attachée à lui, elle voulait suivre les étapes précédentes avant de devenir officiellement sa femme. N’ayant que très peu d’expérience en relation de couple, elle ne voulait pas devenir « la femme » de Naruto avant d’avoir été sa copine. C’était difficile à expliquer mais elle le ressentait comme ça. Le voir aussi compréhensif la touchait énormément.

- Merci, merci pour tout. Lui dit-elle entre deux baisers.

- Si j’avais su que divorcer avec moi te rendrais folle de joie, je l’aurai fait dès le début. La taquina-t-il.

Comme simple réponse, elle lui sourit et l’embrassa de nouveau.

- Allez je te laisse travailler, fit-elle en se redressant, comme je ne peux pas embêter ta secrétaire, je vais rendre visite à Shikamaru. Je l’ai croisé au rez-de-chaussée, je vais lui tenir compagnie. Il avait l’air de s’ennuyer devant la machine à café.

- Attends, j’allais oublier, fit Naruto la coupant ainsi dans son élan, j’ai eu le notaire au téléphone ce matin, les papiers sont bientôt prêts.

- C’est génial…quand est-ce que tu toucheras l’héritage ?

- Je ne sais pas trop, ces choses-là mettent du temps. Tu prévois toujours de donner ta part à une association ?

- Oui, et je ne changerai pas d’avis, rajouta-t-elle avant qu’il intervienne de nouveau. Les sans-abris ont plus besoin de cet argent que moi.

Après un dernier baiser elle se dirigea vers la porte, se retourna et siffla.

- Tu viens Tobi, ne me laisse pas seule face à ses harpies.

Le chien qui, quelques minutes avant, essayait de faire la peau à un os en caoutchouc, se leva d’un bond, et la rejoignit à la porte. Elle le gratifia d’une caresse.

- Il est super ton chien. Fit-elle à l’attention de Naruto.

- Il est comme son maître, répondit celui-ci en se levant. Il se dirigea vers Hinata, et se pencha pour l’embrasser. Il est fou de toi, lui murmura-t-il.

- Qui ne le serait pas…répondit-elle en souriant.

- Je te raccompagne, je n’ai pas envie que tu te fasses agresser par mon fan-club. Il ouvrit la porte. Après vous, madame !

Morte de rire, elle passa le seuil de la porte suivit de près par Tobi et Naruto.  Ils arrivèrent à la pièce centrale, grande pièce remplie de bureau, là où tous les employés se trouvaient.

- Je peux vous laisser là Madame ? Ca va aller ? Demanda-t-il  avec un petit sourire taquin.

- Ne te moque pas de moi, il n’y avait rien de sympathique dans leur regard. Au pire, j’ai ton chien pour me défendre. Elle adressa un grand sourire. A tout à l’heure, je t’attends en bas.

Au moment où elle allait s’éloigner, une main ferme lui empoigna le bras, la fit pivoter et l’embrassa langoureusement. Les employés étaient estomaqués, la plupart des femmes avaient la bouche grande ouverte et les hommes, un grand sourire aux lèvres, regardaient la scène. Le groupe des six femmes se regardèrent, elles n’y comprenaient plus rien.

Naruto lâcha sa partenaire, la fit pivoter complètement vers lui.

- Je crois qu’elles ont compris le message, fit Hinata comprenant la raison de son baiser.

- Non je ne crois pas, je pense qu’un deuxième baiser s’impose.

Il lui prit le visage entre ses mains et l’embrassa avec plus de passion que la précédente. Il y mettait tout son amour. Ce n’était pas seulement pour faire taire ces commères, il en avait envie. Il tenait à elle plus que de raison et voulait le faire savoir.

- Là elles ont compris, mais il faudra peut-être une piqûre de rappel de temps en temps. Conclut Naruto, dans un large sourire.

Les employés s’étaient, pour la plupart, remis au travail. Seul le groupe des six regardaient le jeune couple s’embrasser pour la deuxième fois. Le patron n’était finalement pas redevenu célibataire. Elles s’étaient fait devancer par cette femme qui avait la chance d’embrasser le beau Uzumaki. Elles suivirent du regard cette jeune femme qui était, de nouveau, la copine du patron.

Une des six se retourna vers ses copines de travail, encore en train de reluquer Hinata.

- Et vous pensez quoi de l’expert-comptable ? Mr Kawauchi ?

 

Naruto regarda partir Hinata avec un grand sourire. Il était heureux. Il avait eu du mal à se déclarer mais il n’était pas déçu. Sa déclaration à l’auberge avait été l’une des choses les plus difficiles qu’il avait dû faire. Dévoiler ses sentiments n’était pas chose facile. C’était la première qu’il ressentait ce genre de chose, alors se déclarer lui avait paru insurmontable. Draguer était devenu une routine pour lui, mais c’était différent avec Hinata. Comme si, il n’avait pas droit à l’erreur. Après sa déclaration, ils étaient partis tous les deux faire un tour pour discuter. Suite à une longue réflexion, ils avaient convenu de mettre un terme au contrat de mariage. Elle voulait faire les choses dans les règles, suivre les étapes une à une. Naruto avait eu du mal à comprendre, après tout il savait qu’un jour ou l’autre il la demanderait en mariage. Malgré cela, il avait accepté. Tout ça était si soudain pour elle. Lui l’aimait et il était indéniable qu’elle tenait énormément à lui, qu’elle s’était attachée mais elle voulait prendre son temps. Lui, il l’aimait et voulait qu’elle porte son nom. Elle, elle était très attachée à lui mais souhaitait aller doucement. Même si elle avait aimé porter son nom, qu’elle avait aimé la cohabitation avait lui, elle ne voulait pas être officiellement Mme Uzumaki. Du moins pas pour le moment. Elle voulait rester auprès de lui, vivre avec lui, partager ses peines, ses joies et pouvoir découvrir encore un peu de sa personnalité avant le grand saut vers le mariage. Elle était donc revenue vivre avec lui le soir-même et il avait signé les papiers du divorce. Ce n’était que partie remise. Il la regarda s’éloigner. Arrivée aux couloirs donnant sur les ascenseurs, elle se retourna et lui fit un grand signe de la main accompagné d’un magnifique sourire. Oui, pas de doute possible, elle deviendra Mme Uzumaki.

 

 

2 ans plus tard…

En plein centre-ville de Tokyo, un évènement soudain animait une petite rue piétonne d’ordinaire plutôt calme. Devant sa boutique, un vendeur inquiet  assistait à une petite scène de panique. Une femme enceinte était sur le point d’accoucher. Installée sur une chaise, celle-ci tentait de garder son calme face une autre jeune femme, très agitée, au téléphone avec les secours.

- Les contractions ? Je ne sais pas. Je ne suis pas médecin ! S’exclama celle-ci à son interlocuteur. Elle est bientôt à la fin de son neuvième mois !... Dans une semaine… Oui, je suis sa sœur !... Mais je suis calme !… oui c’est ça !

Elle raccrocha et continua.

- Elle est marrante elle. Elle parle comme s’il ne se passait rien de grave ! Et puis je suis tout à fait calme ! S’énerva-t-elle avant de s’adresser à sa sœur. Ça va Hinata ? Ils arrivent. Ils ne sont pas loin. En tous cas c’est ce qu’elle a dit… Mais qu’est-ce qu’ils font à la fin ?

Inspectant les alentours à la recherche de l’ambulance qu’on leur envoyait, la jeune femme continua son monologue comme si elle était seule.

- Qu’est-ce qu’ils font? C’est long! C’est long! C’est long! C’est long! S’exclama-t-elle en marchant de long en large face à sa sœur en pleine souffrance.

- Hanabi!… l’interpella celle-ci en grimaçant de douleur. Je vais t’assommer si tu n’arrêtes pas ça!

- C’n’est pas de ma faute! Lui répondit-elle en revenant vers elle. Soi-disant ils arrivent tout de suite. Mais en attendant les minutes passent…

- Ça fait même pas deux minutes que tu les as appelé, t’exagères …

- Mais il faut qu’ils se dépêchent. Il n’est pas question que le petit naisse ici. Je ne veux pas assister à ça, moi !

- Et tu crois que moi j’ai envie? S’énerva Hinata les dents serrées par les effets de la contraction.

- Retiens-toi alors ! Lui ordonna Hanabi.

- C’est ce que je fais…

Hanabi s’éloigna de nouveau de sa sœur pour continuer à se plaindre.

- Pourquoi ça arrive aujourd’hui ? J’avais enfin ma journée. Je dois être maudite, je vois que ça. Même ton fils ne veut pas que je fasse du shopping.

- T’as appelé Naruto? Lui demanda tout à coup sa sœur… Il faut le prévenir…

- Ah merde ! Je l’ai oublié. Lui répondit-elle en prenant son téléphone dans sa poche. Elle pianota dessus et ajouta en posant le téléphone sur son oreille… Il n’est jamais là quand il faut celui-là ! Allez… Répond crétin ! … … Répondeur…

- Essaie encore une fois… il est à la maison…

- Allez décroche ! … décroche… décroche… Non c’est pareil. Constata la jeune femme après ses tentatives infructueuses… Puisqu’il est à la maison, je vais appeler Kosuke. Il ira le prévenir. Lui au moins il va me répondre…         Kosuke ? Ah enfin!... J’ai besoin que tu m’aides ! …

Soulagée de savoir que Naruto allait enfin être prévenu, Hinata poussa un grand soupir avant de fermer les yeux pour se calmer. La contraction était passée. Elle avait maintenant quelques minutes pour reprendre son souffle avant d’accueillir la prochaine. 

- Ça va madame ? Entendit-elle à côté d’elle.

Elle ouvrit les yeux et découvrit le vendeur de la boutique penché sur elle.

- Oui ça va… lui répondit-elle. Pour l’instant ça va…

- On dirait que votre sœur est plus stressée que vous. Remarqua-t-il en fixant Hanabi.

- Oui. A croire que c’est elle qui va accoucher… 

- Je peux la comprendre. Expliqua-t-il. Le jour où ma femme et moi avons eu notre premier enfant, j’étais dans tous mes états. J’étais tellement envahissant que les médecins m’ont viré de la salle d’accouchement. On n’est jamais parfaitement préparé, quand c’est la première fois que l’on vit cet évènement… Mais ne vous en faites pas, ça va bien se passer…

- Merci. Heureusement que vous êtes là. Si j’avais été seule avec elle, je crois que serais allé à l’hôpital en courant…

Cette dernière phrase fit rire le vendeur qui comme Hinata avait les yeux rivés sur la petite sœur collée au téléphone. Très agitée, celle-ci ne semblait pas s’être calmée. Hinata n’entendait pas ses paroles mais elle était quasiment certaine que cette agaçante pipelette devait casser les oreilles de Kosuke. Si c’était toujours lui qu’elle avait au bout du fil, il avait tous les droits de l’envoyer balader. Qui ne serait pas tenté de le faire dans cette situation?  Elle, elle était bien placée pour le savoir. Subir les douleurs des contractions avec en fond sonore la voix énervante de cette petite sœur stressée, lui donnait une envie folle de meurtre. C’est la présence du père de l’enfant qui manquait. Dans ce genre de moment, la compagnie de Naruto aurait été plus réconfortante que celle d’Hanabi. Hinata regrettait énormément son absence. Elle aurait tout donné pour pouvoir serrer sa main et l’avoir auprès d’elle. Mais il était occupé ailleurs et risquait de rater l’arrivée de son fils. Espérant de tout son cœur le contraire, Hinata serra les dents en sentant la prochaine contraction approcher. Elle avait hâte que tout cela soit enfin terminé.

A 29 ans, Hinata était une femme heureuse. Elle avait trouvé l’amour et sa famille était sur le point de s’agrandir. Le point de départ de ce bonheur n’avait rien de banal. Cette histoire de mariage arrangé par intérêt, qui avait failli se terminer prématurément à plusieurs reprises, l’avait menée à cette vie rêvée qui était maintenant la sienne. Après l’annonce officielle du divorce, Naruto avait tout fait pour que ce bonheur soit possible. Il lui avait offert une vie simple, oubliant son monde chic et friqué, auquel elle n’était pas habituée. Loin d’avoir effacé le mariage de sa mémoire, Naruto avait attendu un an de vie commune pour lui faire une demande en bonne et due forme. Une invitation à porter son nom qu’elle avait immédiatement acceptée. C’était un honneur de lui dire oui après tout ce temps. Une fierté d’épouser l’homme qu’elle aimait. La cérémonie de mariage n’avait pas tardé à suivre pour marquer cet évènement. Conviant seulement la famille et les amis les plus proches, c’est en toute simplicité qu’ils l’avaient organisé. Ce vrai mariage d’amour, sans strass ni paillette avait été l’un des plus beaux jours de leur vie et aujourd’hui ils s’apprêtaient à en vivre un autre. De leur union, un bébé était sur le point de voir le jour. Une étape presque logique de leur vie à deux.

-C’est bon, s’écria tout à coup Hanabi toujours au téléphone. Il va le prévenir !!

Un léger soulagement traversa le visage crispé d’Hinata tendu par la contraction qu’elle était encore en train de subir. Naruto allait enfin être prévenu.

- C’est votre mari ? Lui demanda le vendeur toujours présent.

- Oui… répondit simplement Hinata avant de s’arrêter, marquée par la douleur.

- Tant mieux. Il va pouvoir vous rejoindre à l’hôpital…

 - J’espère… parce que j’ai besoin de lui…

- Ne vous inquiétez pas pour ça. Il va venir. Tous les futurs papas ne rateraient cet évènement pour rien au monde. Il sera là…

-…  j’ai bien peur qu’il arrive trop tard… reprit Hinata. Les contractions sont de plus en plus proches.

- Ah. Ça, ce n’est pas bon signe si vous restez là… s’exclama le vendeur. Il faut absolument vous amener à l’hôpital.

- Ils sont là ! Entendirent-ils tout à coup. L’ambulance est là !

Face à eux, Hanabi toujours aussi énergique, faisait signe au véhicule des secours pour leur indiquer leur présence. Ça y’est ils étaient là. Il n’y avait maintenant plus aucun risque que l’accouchement se fasse sur le trottoir.

 

Alors qu’Hanabi était enfin soulagé, Kosuke quittait son poste de travail pour prévenir au plus vite le futur papa. Il ne lui fallait que quelques foulées pour le rejoindre sur le terrain à côté de l’auberge. Là, une vieille maison inoccupée depuis plusieurs années, reprenait vie des mains de son nouveau propriétaire.

Depuis sa si difficile déclaration d’amour, Naruto avait accumulé les réussites malgré le divorce qu’il avait été obligé d’accepter. Hinata avait souhaité clôturer ce contrat qui les avait réunis sous le même toit, pour mieux recommencer. Et finalement elle avait eu raison. La bague qu’il portait aujourd’hui au doigt n’était pas celle d’un contrat signé pour l’appât du gain. Non. C’était la preuve de leur amour et la volonté d’être à tout jamais ensemble. Alors qu’il avait toujours été le premier à critiquer cette union qu’il trouvait inutile, il n’avait jamais cessé d’y penser. Pourtant rien de l’obligeait à partager son nom avec elle. Hinata n’avait pas besoin de ça pour être heureuse, elle lui avait dit. Elle n’avait jamais rêvé de mariage. Il n’était pas obligé de passer par cet acte pour lui prouver quoi que soit. Elle le croyait. Malgré cela il n’était jamais revenu sur cette envie soudaine d’en faire véritablement sa femme. Peut-être avait-il besoin de cela pour être sûre de la retrouver tous les jours à ses côtés?

Habitué à cohabiter avec elle durant les quatre mois du contrat, Naruto avait très bien vécu l’installation définitive de la jeune femme chez lui. Sa vie avait changé depuis qu’elle avait mis les pieds dans la chambre d’ami et il était prêt à en faire plus maintenant qu’elle partageait son lit. Ce n’était plus son appartement, son frigo ou son chien, c’était les leurs. Tout se passait parfaitement bien entre eux et le vrai mariage n’apporta aucun malheur à leur couple. Tout leur souriait. Les évènements s’enchainaient les uns après les autres. Le mariage passé, ils découvrirent avec joie l’arrivée d’un futur bébé. La famille allait s’agrandir. Une étape supplémentaire de leur vie allait être franchie. Il n’en fallut pas plus pour que le futur papa toujours aussi sérieux se mette en quête d’une habitation pour sa petite famille. C’est avec l’aide du père d’Hinata qu’il découvrit cette maison pratiquement à l’abandon près de l’auberge. Elle avait besoin d’être retaper et rafraichit à quelques endroit mais malgré ses détails c’était exactement ce qui leur fallait.

Sous la supervision de Mr Hyûga en chef de chantier, Naruto entreprit les travaux presque à lui tout seul. Kosuke et Mr Kenji venait lui donner un coup de main à chaque fois qu’ils pouvaient. Même s’il n’était pas du tout habitué à se servir de ses mains pour faire des travaux aussi pénibles, Naruto pris ce projet très à cœur. C’était sa maison, celle dans laquelle son bébé ou plutôt son fils allait grandir. Hinata pensait déjà à la décoration, aux chambres, à l’emplacement des meubles. Interdite de chantier parce qu’elle était enceinte, Hinata n’eut pas le droit d’y participer. Elle regardait son mari en plein travail et admirait les efforts qu’il faisait pour que la maison soit habitable à l’arrivé du bébé.

Alors que Kosuke était sur le point de donner l’alerte, Naruto était plongé dans ses pots de peintures pour les finitions à l’intérieur de la bâtisse. Son manque d’expérience dans le domaine et son accumulation de travail au magazine lui avait causé beaucoup de retard. Avec l’aide de son assistant il passait parfois des après-midi sur le terrain pour se rattraper. Il espérait toujours terminer les travaux dans les temps. Ce jour-là avec Kaito il terminait la mise en état du parquet et des murs de la maison. Alerté par Kosuke qui s’était arrêté devant la maison un peu essoufflé, Kaito couru à son tour pour prévenir son patron.

- Patron ? S’écria-t-il en traversant le couloir de l’entrée rompant le silence et le travail studieux qui régnaient dans la maison. Arrivé devant Naruto, il reprit. Votre femme. Elle est à l’hôpital ! 

Accroupit dans un coin d’une petite pièce de la maison, Naruto resta figé. Il était surpris par la nouvelle et il n’y avait rien de plus normal à cela puisque la naissance de son fils était prévue dans une semaine. Sans réponse, il laissa passer de longue seconde sans la moindre réaction. Attendant un mouvement de la part de son patron, Kaito continua en pensant ne pas avoir été assez clair.

- Elle va accoucher ! Il faut y aller !

- Mais… je n’ai pas terminé… lui répondit finalement son patron en baissant les yeux sur son travail.

- C’n’est pas grave on finira plus tard. Posez tout ça ! Lui ordonna Kaito en lui prenant ses outils des mains avant de l’encourager. Allez, on y va !

- Mais… la chambre… elle n’est pas prête…

- Il n’en aura pas besoin tout de suite. Ne vous en faites pas. Expliqua Kaito. Allez venez ! Le temps presse.

Il attrapa le bras de son patron pour le redresser et le tirer à l’extérieur de la pièce. Puis, Naruto le suivit jusqu’à la voiture sans un mot. Il croisa Kosuke en compagnie de Tobi sans leur prêter la moindre attention et monta dans le véhicule par la portière que Kaito avait pris la peine de lui ouvrir.

- Non Tobi ! Tu ne viens pas avec nous ! S’exclama Kaito en rejoignant le côté conducteur. Tu restes ici !

Il démarra la voiture et laissa le chien, triste et obligé d’obéir, regarder la voiture s’éloigner. Ils n’avaient vraiment plus le loisir de perdre du temps pour rien. La femme de son patron était déjà à l’hôpital sur le point d’accoucher, si ce n’était pas déjà fait. Il devait se dépêcher d’y arriver afin de lui permettre d’y assister. Arrêté à un feu rouge, Kaito réprima son envie d’appuyer sur le champignon pour griller la priorité à toutes les autres voitures. Il était légèrement tendu par la situation et craignait d’arriver en retard. Obligé de respecter les lois, il patienta et profita de ce moment pour jeter un coup d’œil vers son patron qui n’avait pas ouvert la bouche depuis leur départ. Les yeux dans le vide celui-ci paraissait parfaitement calme et serein contrairement à lui, pourtant ce n’était pas du tout le cas. Kaito le savait. Si Naruto semblait agir bizarrement depuis qu’il avait appris la nouvelle, c’était en grande partie à cause du stress. Toutes ces années passées à ses côtés lui avaient appris à le connaitre. Et dans cette voiture, malgré les apparences, il ne faisait aucun doute que le plus perturbé des deux était le futur papa. Pour avoir lui aussi connu ce genre de situation à plusieurs reprises, Kaito pouvait parfaitement le comprendre. Il n’est jamais évident d’accueillir un bébé au sein de sa famille surtout lorsque c’est la première fois. Les nouvelles grandes responsabilités qu’il apporte ne sont pas simples et semblent pour beaucoup insurmontables. L’arrivée d’un enfant sonne la fin d’une vie sans contrainte ni horaire dans laquelle on prend les décisions pour soi-même. Fini les sorties à pas d’heure le weekend et les réveils tardifs. Fini les repas à deux à ne penser qu’à la femme qu’on aime. Ce petit être devient le nouveau moteur de la vie du couple. Tout se fait et se décide, autour et avec lui. On ne pense plus seulement pour deux mais pour trois.

Deux ans après le chamboulement qu’Hinata avait apporté à sa vie, Naruto était en train d’en vivre un autre. Et même s’il avait tout fait pour être prêt pour cela il avait encore visiblement du mal à être à l’aise face à cet évènement. C’était plutôt amusant de le voir aussi troublé. Mr Uzumaki Naruto allait être papa pour la première fois. C’était merveilleux pour lui de passer à cette étape de sa vie. Car malgré les difficultés que semble apporter l’arrivée d’un bébé, cela reste quand même un cadeau de la vie. Ce futur papa était conscient de cela et il le prenait comme tel. C’était une décision de leur part, à lui et sa femme, alors il était ravi d’être père. Il avait plutôt bien vécu les neuf mois d’attente avec Hinata. Toujours au petit soin avec elle, il avait redoublé d’effort pendant cette période-là. Au sein de son entreprise, en continuant à gérer sa rubrique d’une main de maitre, dans les travaux de la maison qu’il voulait offrir à sa petite famille et surtout au soutien qu’il avait apporté à sa femme. Il avait été parfait sur toute la ligne. Mais plus la date fatidique approchait, plus le stress prenait le dessus. Il avait aussitôt commencé à se questionner sur lui, son fils et leur futur et perdit toute confiance en lui.  Allait-il réussir à s’occuper de lui ? Pouvait-il être un bon père ou allait-il suivre le même chemin que le sien ? Son fils allait-il l’aimer ou le détester? Allait-il être à la hauteur de son titre? Toutes ces interrogations tournées autour de son vécu, son père et de la peur de lui ressembler. De faire les mêmes erreurs que lui.

Naruto n’avait jamais caché ce petit mal-être. Hinata le savait et avait essayé plus d’une fois de lui enlever ces idées de la tête mais rien n’y avait fait. Tout le monde avait tenté à sa façon de le rassurer et de lui faire oublier ses interrogations mais elles étaient visiblement toujours là. 

- Ça va patron ? Lui demanda Kaito compatissant.

- Non… répondit celui-ci en toute honnêteté. Il n’était pas censé arriver maintenant… 

- Il n’a qu’une semaine d’avance… Il s’est passé la même chose à la naissance de ma fille. Raconta Kaito. Ça nous a pris au dépourvu mais je me dis toujours qu’elle avait certainement hâte de nous voir. C’est pareil pour vous. Il n’a finalement plus envie d’attendre, alors on peut dire qu’il a hâte de vous voir…

Tandis que Naruto fixait toujours l’horizon, son assistant retrouva le silence et se concentra sur sa conduite. Alors que sa dernière phrase avait pour objectif de le rassurer, ce fut tout le contraire dans la tête de Naruto. Aussi troublé qu’auparavant, il était loin de se sentir bien. Si son fils avait hâte de le voir, lui avait du mal à penser la même chose. Il n’était pas prêt à le voir arriver maintenant. Il s’était mis une grande pression sur les épaules pour finir les travaux de la maison avant sa naissance. En quelques secondes, cette nouvelle, qui en était pourtant une bonne, avait brisé son objectif. Son rôle de père commençait très mal. C’était un premier échec pour lui.

C’est avec ce sentiment qu’ils arrivèrent à l’hôpital. Toujours aussi perturbé, il suivit Kaito comme un zombie. Celui-ci prit les choses en main, s’adressa à l’accueil pour demander son chemin et emmena son patron à bon port. La voix d’Hanabi résonnant dans le couloir de la maternité leur indiqua qu’ils ne s’étaient pas trompés. 

- On venait à peine de commencer le shopping. Disait-elle de loin. Il n’a même pas attendu que je puisse m’acheter quoi que ce soit.

- Vous avez eu de la chance d’être en ville finalement. S’exclama une voix masculine.

- Oui c’est vrai. Ajouta une voix féminine. Au moins vous n’étiez pas loin de l’hôpital.

Naruto reconnut la voix des trois personnes qui animaient les couloirs de cet étage. Hanabi racontait à Shikamaru et Temari, arrivés quelques minutes auparavant, leur mésaventure. Kaito s’arrêta à un croisement en les apercevant. 

- Vous en avez mis du temps ? S’exclama Hanabi en les voyant apparaitre au bout du couloir. Qu’est-ce-que vous faisiez ?

- Y’avait du monde sur la route. Répondit Kaito comprenant que Naruto n’avait toujours pas envie de parler.

Il préférait lui chercher une excuse au lieu de dire la vérité. Ils n’avaient pas tous besoin de savoir qu’il était plus ou moins perturbé en ce moment même. Mais alors que Kaito cherchait la discrétion pour le bien être de son patron, le comportement de celui-ci l’obligea à faire le contraire.

- Mais qu’est-ce qu’il fait ? S’exclama Hanabi. Ce n’est pas le moment de rêvasser !

Kaito se tourna pour constater que son patron ne le suivait plus. Toujours au croisement, il n’avait pas bougé d’un pouce. Il retourna aussitôt sur ses pas pour le chercher.

- Qu’est qu’il a ? Lui demanda Hanabi sans attendre qu’il les ait rejoints.

- Toujours la même chose… lui répondit Kaito sincèrement.

- Mauvais père… ? Devina-t-elle.

- Oui, entre autre. Et la maison aussi… Expliqua Kaito avant d’arriver devant eux.

- Crétin ! Quand est-ce que tu auras fini avec ça ? S’énerva Hanabi face à un Naruto pas vraiment enclin à se défendre. Tu ne seras pas un mauvais père, bon sang! Je serais là pour y veiller et je peux t’assurer que t’auras affaire à moi si tu t’écartes du droit chemin!… Réveille-toi ! T’es sur le point de rater la naissance de ton fils !

Secoué par les paroles et le ton qu’elle venait d’employer, Naruto prenait enfin conscience de l’urgence de la situation.

- Hinata t’attends. S’exclama Shikamaru pour en rajouter une couche. Elle a besoin de toi !

- Hinata ? Répéta-t-il en se rendant compte de son imbécilité.

- Oui. Vas-y ! Lui ordonna Shikamaru pour finir en pointant la porte à coté de laquelle ils étaient.

Naruto n’attendit pas une seconde de plus et poussa la porte à battant menant vers sa femme. Il s’était enfoncé dans sa peur d’être mauvais et en avait oublié l’essentiel. Il avait égoïstement oublié celle qui avait le plus besoin de soutien en ce moment. Celle qui était pourtant la plus importante à ses yeux. Il avait négligé Hinata pour ne penser qu’à lui et son éternel problème de père. Quel con ! Il était impardonnable.   

Il eut à peine le temps de se demander où il devait aller que face à lui, une femme sortit de nul part l’interpella. 

- Vous êtes Mr Uzumaki ? Lui demanda-t-elle avant de reprendre après sa confirmation. Je vous attendais. C’est par ici !

Il la suivit au pas de course et trouva Hinata installée sur une table de travail en position allongée.

- Hinata ! S’écria-t-il en se précipitant vers elle.

- Naruto… ! S’exclama celle-ci le visage marqué par la douleur. Les yeux embués de larmes elle était soulagée de le voir. Enfin, tu es là…

- Oui,  Je suis désolé… s’excusa-t-il avant de déposer un baiser sur son front.

- j’ai eu peur que tu arrives trop tard…

- Désolé, j’ai été con…

Il passa sa main sur le visage de sa femme et essuya les larmes qu’elle n’avait pu retenir.

- Comment ça ? Lui demanda-t-elle loin de comprendre ses mots.

- C’est rien, laisse tomber. Je suis là maintenant.

Déçu par lui-même, Naruto regrettait vraiment son comportement. Il avait été long à la détente et à cause de cela il avait inquiété Hinata. En plus des souffrances qu’elle était en train d’endurer, il en avait rajouté. 

- Ça y’est on est prêt ici ! S’exclama tout à coup une sage-femme prête à accueillir le bébé. Elle continua en s’adressant alternativement à Naruto et à Hinata. On dirait bien qu’il vous a attendu Monsieur !... Vous êtes prête ? On fait ce qu’on a dit. À mon signal on inspire, on bloque et on pousse. Monsieur, je compte sur vous, pour la soutenir!

- Oui ! Répondit-il légèrement stressé en attrapant aussitôt la main d’Hinata.

Prêt à se rattraper pour faire oublier son retard, Naruto allait faire tout son possible pour l’épauler. Faire de sa présence, qui semblait inutile dans ce genre de situation, une aide indispensable qu’elle ne pourrait regretter. Oublier son stress et paraitre le plus calme possible pour la rassurer, voilà ce qu’il allait faire. Lui parler et lui tenir fermement la main pour lui rappeler qu’elle n’était pas seule dans ce moment difficile.

 

Quatre heures plus tard, alors que la nuit était déjà tombée, Hanabi était toujours dans ce couloir vide et silencieux. Cela faisait bien plus d’une heure que la porte menant à sa sœur ne s’était pas ouverte. Une infirmière lui avait annoncé à ce moment-là la naissance du bébé puis plus rien. Elle devait attendre l’autorisation pour avoir la chance de le voir. Assise sur une banquette non loin de la porte, elle patientait sagement en veillant à ne pas trop piquer du nez. Au moindre bruit suspect elle se redressait avec l’espoir de voir peut-être apparaitre Naruto content de pouvoir lui raconter ce qu’il venait de vivre. C’est une jeune femme qui l’invita finalement à la suivre jusqu'à la chambre de sa sœur.

- Vous avez de la visite. Expliqua la jeune femme au nouveau parent après avoir taper à la porte. Elle laissa Hanabi entrer dans la chambre et s’adressa une dernière fois à elle. Puisque vous êtes seule vous pouvez rester un peu plus longtemps. Après faudra les laisser se reposer.

- Oui, ne vous inquiétez pas. Lui répondit celle-ci en la regardant partir.

- Où sont passés les autres ? L’interrogea aussitôt Hinata installée sur un lit en position assise, la mine fatiguée.

- Il est tard. Ils sont tous rentrés. Commença-t-elle à expliquer en jetant déjà un coup d’œil vers Naruto assit sur un fauteuil à côté du lit, les bras occupés par le nouveau-né. Papa a dû rentrer pour aider Emiko à l’auberge. Il voulait rester mais j’avais peur que ce soit trop long pour lui. Il viendra demain. Shikamaru et Temari aussi. Ils ne voulaient pas te déranger maintenant.

Pressée de découvrir l’événement du jour, elle  s’approcha du papa. Semblant être sur un petit nuage, celui-ci s’était totalement métamorphosé. L’homme dépourvu de confiance en lui n’était plus. Un sourire affiché sur son visage, il portait dans ses bras le petit emmailloté dans une petite couverture.

- Bonjour petit Boruto. S’exclama-t-elle en lui caressant la joue.

Semblant endormit, celui-ci ouvrit doucement les yeux. Comme s’il s’était reconnu, il découvrit le visage de sa tante penché sur lui.

- Mince alors. Reprit Hanabi en constatant un détail. Tu ressembles un peu trop à ton père… Hinata, tu es vraiment sûre d’être sa mère ? Il n’a absolument rien de toi.

- Tu veux le prendre ? Lui demanda Naruto trop heureux pour faire attention à ses paroles.

Il céda le bébé à Hanabi ravie de faire enfin la connaissance de son neveu. Celle-ci resta silencieuse quelques secondes pour profiter du visage presque souriant du bébé. 

- Alors, ça s’est bien passé ? Demanda-t-elle enfin en s’adressant à sa sœur.

- Très bien. Ça a été plutôt long mais ça c’est très bien passé.

- Dis-moi qu’il s’est évanoui ?

- Non pas du tout. Lui répondit Hinata en souriant comprenant qu’elle parlait de Naruto. Il a été parfait…

- Dommage. J’aurais bien rigolé… Tu vois, ce n’était pas la peine de pleurer. Exagéra-t-elle en regardant Naruto à côté d’elle.

- Je n’ai pas pleuré. Se défendit-il simplement en se levant.

- C’est tout comme. Mais heureusement que j’étais là. Expliqua-t-elle fière d’elle avant de baisser les yeux sur le bébé. Ton papa c’est un crétin, Boruto. Un petit crétin…

- Hanabi. Tu ne vas pas commencer à lui apprendre des bêtises ? S’exclama Hinata. Et puis de quoi vous parlez ?

- De rien du tout. Lui répondit-elle cherchant quoi lui dire pour noyer le poisson.

Heureusement pour elle le petit Boruto commençait à s’agiter dans ses bras. Les petits gémissements qu’il poussait marquaient presque le départ de pleurs. Profitant de cette occasion pour passer à autre chose, Hanabi lui tendit.

- Tiens, on dirait qu’il veut sa maman. 

Elle laissa Hinata s’occuper de lui et se tourna vers Naruto.

- J’ai comme l’impression qu’il n’a pas apprécié ton surnom.

- Il n’est pas le seul… Remarqua Naruto.

- Quoi ? Moi je trouve que ça te va très bien. Lui dit-elle avec humour.

- Ah ouais ? Qu’est-ce que tu dirais si moi je t’appelais «  tête à claque » ? Proposa-t-il sur le même ton qu’elle.

- Tu n’as pas intérêt. Répondit-elle.

- Alors arrête de le faire et appelle moi par mon prénom.

- C’est un ordre ?

- Oui.

- Comment ça, oui ? Ce n’est pas parce que t’es marié avec ma sœur qu’il faut te croire tout permis. N’oublie pas. C’est moi qui ai un œil sur toi !

- Ça suffit tous les deux !! S’exclama Hinata coupant la parole à Naruto sur le point d’en rajouter. On dirait deux enfants…

- C’est lui qui a commencé. Répondit Hanabi en le fusillant du regard. 

- On dirait que vous commencez à vous apprécier…  Remarqua Hinata le sourire aux lèvres pour les taquiner.

- Pas du tout ! Je le déteste. Rectifia Hanabi.

- C’est réciproque. Confirma Naruto avant d’ajouter. Tête à claque…

- Crétin…

Hanabi conclut leur échange amical par ce mot. C’était toujours aussi amusant de les voir se chamailler comme ça. Alors que deux ans auparavant, la moindre discussion entre eux partait en guerre à cause du caractère pas vraiment accueillant d’Hanabi, aujourd’hui leur relation était tout autre. Elle l’acceptait au sein de sa famille mais refusait d’avouer une quelconque amitié entre eux. Plutôt sympa, Naruto entrait sans mal dans son jeu et voilà ce que ça donnait. Une sorte de dispute amicale qui se terminait toujours par des sourires, sous les regards amusés du reste de la famille.

 

 

Deux mois après la naissance…

Loin du brouhaha de la ville, une petite maison commençait à animer le silence de la campagne. Ses habitants accueillaient familles et amis pour fêter leur récent déménagement. Pour l’occasion l’auberge voisine avait fermé temporairement ses portes. Clients fidèles ou de passage, tout le monde était invité. Les hôtes accueillaient leur invité près du petit portail clôturant leur jardin qui se remplissait à vue d’œil. Les enfants couraient déjà autour des tables dressées pour l’occasion en essayant de fuir le chien qui les poursuivait. C’était la fête chez la famille Uzumaki.

Les gens arrivaient les uns après les autres. Les deux familles Hyûga et Uzumaki étaient déjà là. Le père, Mr Hyûga discutait avec un de ses clients admirant la beauté de la maison. La petite sœur donnait un coup de main à son petit ami et son chef cuisinier pour installer le festin qui allait régaler les convives. Mr Harada n’étaient pas loin pour superviser le tout et Emiko et Kushina s’occupaient du petit Boruto alors que ses parents saluaient leurs invités. Les collègues de travail de Naruto, également de la partie, étaient là. Kaito et sa femme bavardaient avec Michiru, fraichement arrivée en compagnie de son fils, alors que Shikamaru et Temari s’ajoutaient à leur groupe. A l’entrée Naruto et Hinata plaisantaient avec les amis sportifs de celui-ci qui venaient d’arriver. L’un accompagné de sa femme, l’autre de sa nouvelle compagne, ils plaisantaient sur le compte du troisième qui était comme toujours en retard. Son arrivée quelques minutes plus tard ne passa pas inaperçue.

- On a gagné ! S’exclama Choji en levant sa main et celle de sa femme en l’air pour fêter leur victoire. Il est venu seul.

- Vous pariez sur moi ?! S’offusqua Sasuke en comprenant la situation.

- Nous on croyait en toi Sasuke. Expliqua Kiba. Ben alors pourquoi t’es tout seul ?

- T’avais dit que tu serais accompagné. Ajouta Naruto.

- Ouais je sais. J’espérais qu’elle vienne mais elle a annulé à la dernière minute. Du coup je n’ai pas eu le temps d’en contacter une autre. Tu sais ce que c’est ?

- Ben non. Plus maintenant. Ça fait deux ans que j’ai la même. Lui rappela Naruto en attrapant la main d’Hinata.   

- Ah oui c’est vrai. Tu ne sais plus ce que c’est…

- Il y a que toi qui sait ce que c’est Sasuke. Remarqua Choji. Quand est-ce que tu vas décider d’arrêter de t’amuser ?

- Je ne sais pas. Je vais y réfléchir… lui répondit Sasuke avant de changer littéralement de sujet en s’adressant au couple Uzumaki. Alors vous nous faites visiter ?

- Bien sûr. Suivez-nous ! Les invita le maitre des lieux.

Ils firent le tour du propriétaire et offrirent à Naruto une multitude de compliments sur le travail effectué sur la maison. Ils avaient du mal à croire que c’était bel et bien lui qui avait remis en état cette vieille maison. Il faut dire qu’il les avait habitués à une toute autre image de lui. Un homme toujours assisté qui obtenait les choses sans devoir mettre la main à la pâte. Pour une fois c’était le contraire. Bien qu’il ait quand même été assisté, il pouvait en être fier. Ils conclurent leur visite dans le grand salon aménagé et contemplèrent le coin télévision très intéressant pour chacun d’eux.

- J’ai comme l’impression qu’on va souvent se retrouver ici le samedi soir. Fit remarquer Sasuke en testant le confort du canapé. Qu’est-ce que vous en pensez les gars ?

- Ouais je suis d’accord. C’est aussi grand que dans ton ancien appart. Confirma Kiba en imitant son ami.

- C’est vrai. Du coup on sait où passer la soirée samedi prochain. Remarqua Choji. T’es d’accord pour nos prêter ton salon Hinata ?

- Ça dépend si je suis autorisée à rester ?  Lui répondit-elle. 

- Bien sûr, c’est chez toi. Lui rappela Choji avant de plaisanter. Et puis qui nous ferait à manger si tu n’étais pas là ?

- Choji ! L’engueula sa femme en lui donnant une petite tape sur la tête.

- Aïe ! C’était une plaisanterie chérie. Même si c’est vrai que je préfère sa cuisine aux éternelles commandes de pizzas.

- Je vais peut-être changer d’avis finalement. Plaisanta Hinata à son tour. Vous êtes trop vieux maintenant pour jouer aux jeux vidéo.

- Si tu fais ça, tu signes notre arrêt de mort. S’exclama Sasuke. Et celui de ton mari aussi !

- Ah zut ! Je vais y réfléchir alors. Conclut-elle le sourire aux lèvres avant de terminer en regardant Naruto. Ce serait dommage…

 

La fête continua dans le jardin autour d’un buffet composé de nombreux plats que les cuisiniers proposaient. Naruto fit un discours pour remercier tous ceux qui avait de près ou de loin aidés à la remise en état de la maison. Il s’arrêta en particulier sur son assistant Kaito qui avait beaucoup fait pour que la maison de son patron soit habitable le plus tôt possible. Même si le plus gros du travail revenait à Naruto, cette maison devait sa renaissance à un travail de groupe. Et il avait parfaitement conscience de l’aide qu’il avait eu.

Passé la découverte de la maison, c’est le bébé qui devint la principale attraction de la fête. A deux mois déjà, le petit Boruto était un bébé très éveillé. Sa petite bouille souriante attirait tous les regards vers lui. Il passait de bras en bras, aussi bien qu’Hinata l’avait rapidement perdu de vue.

 

Dans les bras de son grand père, il répondait avec des sourires aux appels joyeux de sa grand-mère un peu folle face à lui.  Pensant peut-être pouvoir parler son langage, Kushina faisait des bruits bizarres tout en agitant un petit panda en peluche devant lui. Les effets de ce jouet étaient presque immédiat et à tous les coups le bébé les gratifiait d’un sourire qui en ferait fondre plus d’un.

- Ils sont très bien dans cette maison… fît-elle remarquer à Mr Hyûga après avoir cédé la peluche à Boruto. Merci de l’avoir aidé à en arriver là.

- Oh, je n’ai rien fait. Lui répondit Mr Hyûga. C’est l’œuvre de votre fils.

- Sans vos précieux conseils, il n’aurait probablement pas réussi. Vous n’y êtes pas pour rien. Insista Kushina.

- C’était la moindre des choses… En tous cas vous pouvez être fière de lui. Il s’est bien débrouillé pour quelqu’un qui n’avait jamais fait de travaux de sa vie. 

- Oui c’est vrai. Je ne pensais pas qu’il était capable de faire ça. Il m’étonnera toujours… Au fait, comment se passe le travail à l’auberge en ce moment? Hinata m’a dit que vous êtes souvent au complet.

- On n’a pas à se plaindre, oui. D’ailleurs en ce moment, je réfléchis à l’idée de rajouter une ou deux chambres. On manque de place… A une certaine époque je n’aurais jamais imagé pouvoir refuser des clients. Mais aujourd’hui je n’ai pas le choix.

- C’est bien. Ça veut dire que la popularité de votre établissement n’est plus à faire. Vous êtes très bien noté auprès des touristes et vous méritez votre succès… D’ailleurs je compte bientôt profiter de vos services. J’ai décidé de m’octroyer quelques jours de repos. A votre avis, il est préférable que je réserve pendant quelle période ?

- Venez quand vous voulez. Lui répondit Mr Hyûga. Je vous réserverai la meilleure des chambres même si pour ça je dois refuser des clients.

- Oh non, ne faites pas ça.

- Bien sûr que oui. Vous avez tellement fait pour nous. Je vous dois bien ça.

- Cela fait deux ans que vous n’arrêtez pas de le dire. Remarqua Kushina. Quand allez-vous oublier tout ça ? 

- Jamais. Il faut bien que je vous rende la pareille.

- Vous l’avez déjà fait. Regardez ce que mon fils est devenu ? C’est grave à votre fille. Je ne l’ai jamais vu aussi bien. Et il y a ce bout de chou aussi. S’exclama-t-elle en attrapant la main de Boruto. Je suis enfin grand-mère…

 

Pratiquement collé au buffet, Sasuke, Choji et la femme de celui-ci profitaient du festin. En fin gourmet, Choji appréciait chaque bouchée avec délectation. Les cuisiniers s’étaient donnés à fond pour offrir un déjeuner de qualité aux invités et ils avaient réussi car c’était excellent. Tandis que Choji était satisfait par la nourriture, Sasuke avait du mal à supporter les enfants qui courraient autour d’eux. A chaque fois que Choji ouvrait la bouche pour réprimander l’un des siens, Sasuke soufflait et râlait pour exprimer son malheur. Il n’aimait pas les enfants et n’avait jamais caché son aversion pour eux. 

- T’en as pas marre de leur crier dessus depuis tout à l’heure ? Demanda Sasuke agacé par les cris incessants de son ami.

- Faut bien les surveiller. Lui répondit Choji.

- Fallait les laisser chez toi. Depuis qu’on est arrivé, ça crie de tous les côtés. A cause de ça je commence à avoir mal au crâne et toi tu en rajoutes une couche en criant à coté de mon oreille.

- Désolé, mais je préfère intervenir avant qu’ils fassent des bêtises.

- Tu n’es toujours pas prêt à en avoir Sasuke… Remarqua la femme de Choji avant de lui demander. Qu’est-ce que tu ferais si y’en avait une qui tombait enceinte? 

- Je l’oblige à avorter. Répondit celui-ci sans hésiter. Et si elle refuse, je veux plus entendre parler d’elle. Il n’est pas question que je m’occupe d’un mioche que je ne veux pas.

- T’es catégorique. Remarqua Choji.

- Et cruel. Ajouta sa femme. Toutes les femmes veulent des enfants et toi tu veux les obliger à avorter.

- Elles n’ont pas toutes la fibre maternelle et puis ça n’arrivera pas de toute façon. Je fais très attention à ça. Je ne suis pas bête…

- Moi, je ne serais pas contre un petit dernier. Reprit la femme de Choji. Elle s’approcha de son mari et s’adressa à lui en l’incitant à regarder le bébé au loin. Ça ne te donne pas envie d’en avoir un autre quand tu le regardes ? Il est tellement mignon.

Choji jeta un coup d’œil vers le petit Boruto. Son grand père qui l’avait dans les bras était en train de le donner à Hanabi. 

- T’es sérieuse ? S’étonna Choji. Je croyais que tu en voulais que deux ?

- Oui c’est vrai. Mais finalement, j’ai changer d’avis.

- Ah! Ben… si c’est ce que tu veux, je ne suis pas contre… accepta Choji.  

- Super… termina sa femme en lui sautant dans les bras avant de l’embrasser.

A côté d’eux, Sasuke les regardait avec un air légèrement dégouté. Comment pouvaient-ils être heureux d’en faire un troisième ? Les deux boucans qu’ils avaient déjà ne leur suffisaient pas ? 

- Beurk ! Vous êtes écœurant. S’exclama-t-il en assistant à leur roulage de pelle sauvage. N’oubliez pas que je suis toujours là ?... D’accord. Je crois que je vais aller voir ailleurs.  Décida-t-il en constatant que ses paroles n’avaient aucun effet. 

Il se tourna et fit deux pas avant de faire face à un obstacle de taille qui provoqua un léger accident. L’un des mioches, comme il avait l’habitude de les appeler, venait de lui rentrer dedans. Et évidemment il n’avait pas les bras vide. Sasuke jeta à peine un coup d’œil vers l’enfant, tombé à la renverse sous la force du choc, une assiette vide dans les mains, et focalisa son attention sur son pantalon. 

- Oh putain! S’exclama-t-il en constatant aussitôt les dégâts. Mon pantalon !! Mes chaussures !!

Choji et sa femme stoppèrent leur témoignage d’amour, en l’entendant râler une fois de plus, pour découvrir ce qu’il venait de se passer. Cette situation plutôt cocasse prêtait à rire. Mais Sasuke beaucoup trop sérieux la rendit légèrement gênante pour le petit garçon.

- Sale gosse ! S’exclama-t-il à l’enfant toujours au sol. Regarde ce que tu as fait ? 

Effrayé, celui-ci se leva et s’en attendre une seconde de plus, se tourna pour fuir la scène du crime.

- Où tu vas comme ça ? L’interpella aussitôt Sasuke en attrapant la capuche de sa veste. Tu ne comptes pas t’excuser ?

- Sasuke ! S’exclama Choji. Vas-y doucement. Il n’a pas fait exprès.

- Tu lui fais peur. Ajouta la femme de celui-ci en rejoignant le petit. Lâche-le ! Tu vas lui faire mal. Ça va mon garçon ? Tu ne t’es pas fait mal ? Lui demanda-t-elle baissée à sa hauteur.

- Et moi alors ? Je suis plein de bouffe ! Râla Sasuke.

- Oh ça va. C’est rien du tout. Lui répondit-elle sans même le regarder.

- Comment ça s’est rien ? Mon pantalon, il est…

- Oh mon dieu !! S’exclama une nouvelle voix féminine. Mais qu’est-ce que tu as fait Yuki ?

- Maman ! S’exclama l’enfant plutôt ravie de la voir à côté de lui.

- Je suis vraiment désolée. Reprit-elle en panique. Je l’ai juste perdu de vue deux minutes et… oh la la , votre pantalon !

- Vous êtes sa mère ? Lui demanda Sasuke comme si ce n’était pas suffisamment explicite pour lui. 

- Oui. Lui répondit-elle. Je suis vraiment navré. Je vais nettoyer tout ça.

- Non, c’est bon… lui répondit Sasuke en la regardant partir paniquée vers la table pour attraper des serviettes.

Elle revint aussitôt les mains chargées pour réparer la bêtise de son fils.  Sous les yeux étonnés de Choji et sa femme, une scène plus ou moins surréaliste eut lieu. Sasuke qui deux minutes auparavant crachait son venin sur les enfants et plus particulièrement celui-ci, leur trouvait tout à coup toutes les qualités du monde. Sous le charme de cette maman, le jeune homme oublia sans difficulté son malheur pour se concentrer sur elle. Alors que pour elle, la situation dramatique du pantalon de Sasuke avait toute son attention, celui-ci se préparer déjà à la draguer.

- Laissez ça. Ce n’est pas grave. S’exclama-t-il alors qu’elle frottait déjà son pantalon.

- Non, c’est de ma faute. J’aurais dû mieux le surveiller. Lui répondit-elle refusant qu’il lui prenne la serviette. Oh non, vos chaussures aussi ! Je suis vraiment navrée. S’il faut payer le teinturier ou quoi que ce soit d’autre, je le ferai.

- Non ce n’est pas la peine…

- Est-ce qu’il s’est excusé ? Lui demanda-t-elle tout à coup.

- euh… ben…

- Yuki, excuse-toi tout de suite ! Reprit-elle sans attendre de réponse en se tournant vers son fils. Viens ici ! Tu as vu ce que tu as fait ?  Tu as sali le monsieur. Je sais que tu n’as pas fait exprès mais tu dois t’excuser.

- Laissez-le. Ce n’est pas grave…  

- Pas question. Il doit être poli, c’est normal. Allez Yuki, fais tes excuses au monsieur ?

- Pardon monsieur, je suis désolé… s’exclama le petit garçon très obéissant avant de baisser la tête.

Face à lui et aux regards de sa mère qui venait de se redresser, Sasuke se sentit obligé de répondre.

- Ce n’est rien… la prochaine fois, fais attention… lui dit-il sur un ton gentil.

- C’est bien Yuki. Tu peux aller jouer maintenant. Reprit la jeune femme.

Le petit s’éloigna sous les regards silencieux de tout le monde. Toujours témoin de la scène, Choji et sa femme trouvèrent le moment opportun pour laisser Sasuke et cette jeune femme tranquille. Il était évident que Sasuke allait passer à l’attaque.

- Bon ben, et si on allait voir les enfants nous ? S’exclama Choji à sa femme.

- Oui. Allons-y. Je suis sûre qu’il faut les gronder… lui répondit sa femme.

Sasuke apprécia le départ de ses amis. Ils se connaissaient tellement bien qu’il n’avait pas besoin de leur demander. La jeune femme reprit aussitôt la parole.

- Je suis désolée. S’excusa-t-elle encore. C’est un enfant plutôt énergique.

- Ce n’est pas grave. C’est un accident. Ça peut arriver à tout le monde. La rassura-t-il. Et puis les enfants ont besoin de courir. C’est normal.

- J’ai toujours du mal à le tenir dans ce genre d’endroit.

- Son père n’est pas venu ? Lui demanda-t-il pour commencer à se renseigner.

- Non, il est parti depuis bien longtemps. On est que tous les deux. Répondit-elle. Je l’élève seule alors ce n’est pas toujours facile.  

- Ne vous inquiétez pas, vous avez plutôt l’air de vous en sortir. Lui dit-il gentiment ravi d’apprendre qu’aucun homme ne partageait sa vie. 

- Merci. C’est gentil…

- Vous êtes ici parce que vous connaissez Hinata ?

- Euh oui. Les deux en fait. Je travaille dans la même entreprise que Mr Uzumaki. Expliqua-t-elle.

- Ah. Vous êtes une de ses collègues ?

- Pour être exacte je suis sa secrétaire.

- Oh, sa secrétaire ? Répéta-t-il. Moi je suis un de ses amis. Je m’appelle Sasuke. Lui apprit-il en tendant sa main.

- Moi c’est Michiru. Répondit-elle à son tour en acceptant sa poignée de main. Et vous avez fait la connaissance de mon fils Yukihiro.

- Enchanté de vous connaitre. S’exclama-t-il tout sourire, éblouit par son charme.

- Moi aussi… termina-t-elle.  

Tandis que Sasuke faisait la connaissance de la secrétaire de son ami, Hanabi avait hérité de la garde temporaire du bébé. Cela faisait une bonne heure que son père lui avait confié pour qu’il dorme un peu. Malheureusement pour elle, malgré tous ses efforts, il n’avait pas une seule fois fermé les yeux. Assise dans un coin du jardin un peu à l’écart du bruit, elle observait les vas et viens des enfants qui s’amusaient à se courir après. Depuis quelques minutes il y avait même avec eux quelqu’un qui n’avait plus vraiment l’âge de jouer. Alors que Tobi courait dans tous les sens, Kosuke qui venait de les rejoindre, semblait poursuivre les enfants. Après plusieurs longues minutes à courir sans réussir à en attraper un seul, le jeune homme remarqua Hanabi.   

- Qu’est-ce qui se passe Kosuke ? Lui demanda la jeune femme alors qu’il venait de s’arrêter devant elle, essoufflé. Tu t’ennuies tellement que tu as décidé de t’amuser avec les enfants ?

- Non… C’est à cause de Tobi… Il m’a volé mon tablier… et maintenant se sont les enfants qui l’ont... lui répondit-il entre deux bouffées d’air. J’essaie de les choper mais ils m’échappent à tous les coups.

- T’es nul. Tu ne sais vraiment pas y faire avec les enfants.

- Parce que toi tu ferais mieux peut-être ?

- Bien sûr. Je te le récupère en deux minutes ton truc. Expliqua-t-elle. Mais qu’est-ce que je gagne en contrepartie ?

- Un baiser ? Proposa Kosuke.

- Ah non! C’est trop banal.

- Un diner aux chandelles ? Reprit-il avant de récolter une seconde réponse négative. Un baiser, un diner aux chandelles et … il se pencha vers son oreille et termina en chuchotant loin des oreilles du bébé.

- Ah ! Intéressant. Répondit Hanabi avant de se lever. Marché conclu. Tiens. Garde Boruto en attendant…

- Quoi ? Mais qu’est-ce que je fais avec lui ? Lui demanda-il un peu paniqué à l’idée de se retrouver seul avec lui.

 - Je ne sais pas. Il ne veut pas dormir… Vas le donner à Hinata. C’est elle qui devrait s’en occuper… Bon alors, où sont passés ces gosses? Je vais leur montrer qui est le chef ici !

Alors qu’Hinata discutait avec Temari dans le salon à l’intérieur de la maison, Kosuke angoissé d’avoir la responsabilité du bébé, faisait le tour du jardin pour la trouver. Il était plutôt pressé de pouvoir le rendre à sa maman, car en plus d’être parfaitement novice en matière de bébé, celui-ci commençait à sentir mauvais. Il avait vraisemblablement besoin d’être changé et comme par hasard il avait attendu d’être dans ses bras pour ça. Kosuke fila en quatrième vitesse, jetant des regards partout autour de lui et tomba enfin sur Hinata. Il lui céda aussitôt sa boule puante et tourna les talons ravit de s’en être débarrassé.  Hinata accueillît son fils avec joie. Même si elle était obligée d’aller aussitôt le changer, elle était contente de le revoir enfin. 

Dans la chambre du petit, Hinata et Temari faisaient face à un Boruto quelque peu agité. Allongé sur une table à langer, il prouvait qu’il n’était pas prêt à dormir. 

- Ben dis donc t’es en pleine forme toi ? Remarqua Temari alors qu’Hinata déboutonné ses habits.

- Oui et c’est bien dommage. Confirma celle-ci en détachant la couche. J’aurais bien voulu qu’il dorme.

- Il veut profiter de la fête comme tout le monde. Au moins il dormira mieux ce soir. 

- Là, je ne suis pas contre. En ce moment il se réveille trois fois dans la nuit. S’il pouvait au moins une fois en faire une complète, je serais la plus heureuse.

- Et Naruto, il te donne un coup de main quand même ? L’interrogea Temari.

- Oh oui, ne t’inquiète pas. C’est souvent lui le premier debout. Expliqua Hinata. Je n’ai pas à me plaindre pour ça.

- Tant mieux. Lui qui craignait d’être un mauvais père, il commence plutôt bien.

- Oui, même «  très bien ». Rectifia Hinata. C’est le plus parfait de tous les papas. N’est-ce pas Boruto ? Lui demanda-t-elle en le redressant enfin.

Le petit la gratifia d’un sourire comme s’il confirmait les dires de sa mère et reporta aussitôt son attention sur Temari qui avait empoigné une peluche orange installé dans son lit.

- Sa chambre est magnifique. S’exclama-t-elle en regardant chaque détail. Naruto a vraiment bien travaillé.

- C’était la pièce le plus importante pour lui. Expliqua Hinata. Il a passé du temps dans cette pièce. Pour ça, quand il est sérieux on peut plus l’arrêter.

- Et c’est réussi. Termina Temari en se tournant vers Hinata. Vraiment réussi… Qu’est-ce qu’il y a Boruto ? Tu as reconnu ta peluche ? Lui demanda-t-elle alors que le bébé semblait lorgner sur le jouet. Tu la veux ?... elle tendit l’objet au bébé et reprit… Il est un peu trop gros pour toi ce renard…

- C’est la peluche que Naruto a gagner pour moi au festival, pendant les quatre mois du faux mariage… Lui apprit Hinata.

- Ah ! C’est celle-là. S’exclama Temari au courant de l’affaire. Celle qu’il a voulue à tout prix gagner pour toi… Je me rappelle quand tu m’avais raconté ça, j’avais trouvé son comportement bizarre. Qu’il fasse autant d’effort pour toi. Et Shikamaru qui disait le contraire. Il n’arrêtait pas de me répéter que c’était normal. Que Naruto était un homme bien et qu’il avait simplement voulu être sympa avec toi. Maintenant je comprends mieux pourquoi. Il était certainement déjà intéressé par toi. Je le traitais de tout et de rien alors qu’il était probablement amoureux de toi. Quand j’y repense je ne peux pas m’empêcher de me traiter d’idiote.

- Moi aussi tu sais. Je n’étais pas loin de penser comme toi. On est deux idiotes…

Temari accepta en rigolant avec son ami.

- Mais pour notre défense, il faut quand même dire que ton mari cachait bien son jeu. Reprit-elle. Du coup ce n’est pas vraiment de notre faute.

- On est pardonné alors ?

- Sans aucun doute. Regarde, même Boruto est d’accord… lui indiqua-t-elle en appréciant le sourire du bébé toujours aussi calme dans les bras de sa mère. Elle continua. C’est dingue ce qu’il ressemble à son père.  Blond aux yeux bleus. Il n’aurait pas pu mieux faire…

Alors qu’elle s’apprêtait à jouer avec la peluche pour amuser le petit, une voix masculine l’interrompit au loin.

- Hinata ? Vous êtes où ? S’écria-t-il. 

Celle-ci n’eut pas le temps de répondre qu’il apparut au seuil de la porte. C’était Shikamaru, muni d’un appareil photo.

- Ah vous êtes là ! S’exclama Naruto apparut soudainement à côté de lui. Qu’est-ce qu’il se passe ? 

- Rien. On s’amusait. Répondit Temari.

- Vous venez ? Proposa Shikamaru en s’adressant à Hinata. Il agita l’appareil photo et continua. J’aimerais prendre une photo de vous trois ?

- Oui bien sûr… lui répondit-elle.

Shikamaru partit sans attendre suivi par Temari, laissant derrière eux Naruto retrouver sa femme et son fils.

- Ça va ? Lui demanda-t-il comme s’il ne l’avait pas vu depuis longtemps.

- Oui. On vient de le changer. Il est tout propre… Lui expliqua-t-elle en le regardant faire des papouilles et des bisous à son fils. Elle continua. Il est en pleine forme. Il ne veut pas dormir…

- Ça se voit… répondit Naruto avant de se redressait pour s’intéresser à elle. Et toi ça va ? Pas trop fatiguée ?

-  Non ça va…

- Comme d’habitude. Remarque-t-il avant de l’embrasser.

- Mais c’est vrai. Insista-t-elle libérée des lèvres de son mari.  Tu t’inquiètes pour rien…

- Faut bien que je prenne soin de toi. Je ferais un piètre mari si ce n’était pas le cas.

- Tu es parfait, ne t’en fais pas. 

Naruto l’embrassa une seconde fois et profita d’elle quelques secondes avant de se rappeler qu’ils étaient toujours attendus. 

- On devrait y aller. S’exclama-t-il en se détachant enfin de sa femme. Il attrapa son fils pour le porter à son tour et continua. Shikamaru veut prendre les photos pour l’album que Temari prépare.

- Ah oui c’est vrai… termina Hinata.

Elle attrapa la main que Naruto lui tendit et le suivit jusque dans le salon. Là, sous les directives de Shikamaru et Temari, ils prirent la pause. Naruto, debout, son fils dans les bras et Hinata à côté d’eux.

- Tiens Hinata, prend ça. S’exclama Temari en lui posant dans les bras l’animal en peluche qu’elle avait gardé. Il fait aussi partie de votre histoire.

Hinata fit un large sourire avant de se tourner vers Naruto qui fit de même. C’est vrai que ce renard avait marqué leur couple et il n’était pas prêt de l’oublier. Pour Hinata c’était même plus que ça. Le renard représentait le présent et le passé. Sa mère en avait gagné un, comme elle, à la fête foraine et maintenant ils allaient reproduire la même photo que ses parents à leur époque.  Finalement ce renard était bien un signe du destin.

- Attendez ! S’écria tout à coup Hinata. Il manque quelqu’un! Où est Tobi ? Demanda-t-elle à Naruto

- Il est dehors je crois… lui répondit-il.

- Tobi ! S’écria-t-elle aussitôt alors que Naruto émit à son tour un sifflement pour être sûr qu’il les entende.  

Quelques secondes de silence passèrent dans le salon avant que le bruit d’une course effrénée leur indiquait l’arrivée imminente du chien. Il avait bien reçu le message. Aucun bruit n’était comparable aux sifflements de son maitre. Il déboula aussitôt devant eux, excité par ce qui l’attendait. Hinata tenta aussitôt de le calmer en le caressant mais ce fut, comme d’habitude, la voix de Naruto qui le calma dans la seconde. Sagement assit et ne comprenant pas la situation, Tobi se trouva être l’un des protagonistes d’une photo de famille avec, accroupit à côté de lui, ses deux maitres et le petit être fraichement arrivé. Face à eux Shikamaru les canardait de photo alors que Temari tentait d’attirer l’attention du bébé qui était maintenant focalisée sur le chien. C’était une jolie petite famille pleine de bonheur. La nouvelle famille Uzumaki. 

 

 

....Fin….