Fin du contrat

par croro

Chapitre 17   Fin du contrat, retour à la vie normale

Une nuit plus tard, Hinata ouvrit doucement les yeux. Couché à ses côtés, Tobi se redressa aussitôt pour apparaitre à quelques centimètres de son visage.  Habituée au réveil baveux qu’il lui réservait de temps en temps, la jeune femme porta aussitôt ses mains sur la gueule du chien pour le pousser afin de se lever. Elle lui offrit quelques caresses, le saluant à son tour, et se rendit compte qu’elle ne se trouvait pas dans sa chambre. Tout à coup, parfaitement réveillée et reconnectée à la réalité, le souvenir de la veille lui revint en mémoire. Elle avait passé la nuit avec Naruto, dans sa propre chambre et elle était en ce moment même assise sur son lit, dans ses draps. Elle jeta aussitôt un regard à sa gauche, par reflexe, et trouva la deuxième partie du lit vide. Le jeune homme n’était pas là. Il était certainement déjà parti travailler.  Elle n’eut pas le temps de penser à quoi que ce soit d’autre, que ses yeux tombèrent sur un radio réveil posé sur la table de chevet près du lit. Le cadran affichait dix heures passées de quelques minutes. Son cerveau n’eut pas besoin de temps pour réaliser qu’en ce lundi matin elle était très, très en retard au travail.  Elle sauta aussitôt du lit et se précipita dans la salle de bain. Une quinzaine de minutes plus tard elle entraina Tobi dans les rues pour un footing matinal afin d’avoir le prochain train. Hanabi allait sans aucun doute lui tirer les oreilles. Il était presque 11h, elle avait loupé toutes les corvées du matin. Même si l’auberge était loin d’être envahit par les clients, Hinata n’était pas spécialement ravie de laisser tout le travail aux autres. Emiko avait assez à faire en temps normal, elle n’avait pas besoin d’en avoir deux fois plus à cause de son absence. Elle s’en voulait d’arriver aussi tard mais ce n’était pas vraiment de sa faute. Elle n’avait pas dormi dans sa chambre et évidemment son réveil ne l’avait pas suivi.

A cette pensée, Hinata laissa apparaitre un léger sourire sur son visage. Oui, elle avait passé la nuit dans la chambre de Naruto. Dans cette chambre dont l’accès lui était interdit depuis le début. La seule pièce qu’elle ne connaissait pas de l’intérieur. Celle qu’il réservait à lui et ses conquêtes. Alors qu’elle s’était excusée pour l’action déplacée qu’elle avait eu pendant la soirée celui-ci avait fait la même chose. Elle avait regretté son geste de peur qu’il le prenne plutôt mal et cela avait été le contraire. Il l’avait clairement invité à aller plus loin et elle n’avait même pas refusé. Elle s’était laissé entrainer comme une femme facile. En quelques secondes elle n’avait plus été maître de son corps et de ses pensées. Incapable de réfléchir, elle n’avait pas pu résister à ses caresses, qui n’avaient pas eu le moindre mal à lui donner envie d’aller plus loin. Cette nuit passée avec lui avait été fabuleuse. Elle l’avait apprécié du début à la fin et la grasse matinée qui avait suivi prouvait qu’elle avait très bien dormit après cela.

Enfin arrivée à l’auberge, Hinata ne tarda pas à voir sa sœur débarquer face à elle pour avoir quelques explications concernant son retard.  L’excuse banale du réveil qui n’avait pas sonné passa très mal.  De mauvaise foi Hanabi refusa d’y croire prétextant qu’elle avait probablement fait exprès de louper les corvées du matin. Hinata l’écouta se plaindre d’une seule oreille. Elle n’envisageait même pas lui dire la vérité en avouant qu’elle avait passé la nuit avec Naruto. Elle, qui le détestait sans vraiment le connaitre, lui aurait certainement dit qu’elle s’était faite avoir. Elle l’aurait traité de femme idiote, naïve et beaucoup trop facile.  «  Bravo, tu fais maintenant partit de ses idiotes sans cervelle prête à donner son corps à la demande » lui aurait-elle dit. « Une de plus à ajouter à son tableau de chasse. » C’était sûr qu’elle n’aurait jamais approuvé cela et en y réfléchissant bien elle n’aurait probablement pas tort. Il était évident qu’Hinata n’avait pas la moindre chance que cette nuit soit le début d’une relation sérieuse.  Comment pouvait-elle croire à cette éventualité ? Il enchainait les conquêtes et malgré ce nombre de femmes plus parfaite les unes que les autres il n’avait jamais trouvé chaussure à son pied. Ce n’était certainement pas elle qui allait changer les choses.

Le déroulement de la journée et le travail qu’elle avait effectué pour pardonner son retard ne lui laissa pas le loisir de penser à autre chose qu’à son activité. Après avoir donné un coup de main à Emiko pour le service du déjeuner de midi, elle avait passé l’après-midi au nettoyage des parties communes. Puisqu’elle avait loupé la remise en état des chambres ce matin-là, elle leur devait bien ça. La salle à manger, la salle de bain, les couloirs et l’entrée. À elle seule, elle avait fait le grand ménage.  Elle termina par les vitres tout en discutant avec un habitué ravi de pouvoir parler avec elle. Cela faisait tellement d’années qu’il avait pris l’habitude de venir séjourner à l’auberge qu’il était devenu facilement proche de cette famille. En perpétuelle questionnement sur sa vie, il trouvait en Hinata une parfaite confidente et ses conseils lui était toujours d’une grande aide. En quelques heures il rattrapa les mois précédent pendant lesquels ils ne s’étaient pas vus à cause de la reconstruction de l’auberge. Il avait tellement à raconter qu’il la suivit même dans les pièces privées alors qu’elle devait finir sa journée au rangement du linge et la lessive du jour. Retrouver ce client fidèle au poste après la galère des travaux faisait chaud au cœur. Elle avait toujours plaisir à partager du temps avec les gens, qu’il soit nouveau ou comme lui, presque un membre de la famille. Ce genre de moment lui rappelait toujours pourquoi elle aimait tant son travail et pourquoi elle était prête à reprendre l’affaire après son père. Même s’ils n’étaient pas sur le bon chemin pour s’enrichir et éponger leur dette, elle était quand même fière de cet héritage.

Son travail achevé, elle quitta l’auberge et ce client ravi d’apprendre qu’elle s’était mariée entre temps. Un mariage éphémère qui touchait à sa fin le lendemain. C’était bizarre de lui apprendre cela maintenant alors qu’elle était censée annoncer le divorce à tout le monde dans les prochains jours. Sur le chemin du retour elle se remit à penser aux quatre mois passés, à Naruto, à ce qu’il s’était passé entre eux. Qu’est-ce que cela voulait dire pour lui ? Comment devait-elle se comporter maintenant avec lui ? Elle eut les réponses à ses questions après son arrivée à la gare. Comme toujours elle emprunta le même chemin pour rentrer et ce qu’elle vit sur ses quelques kilomètres qui la séparaient de l’appartement effacèrent le petit espoir qui lui avait effleuré l’esprit. La probabilité de pouvoir tomber sur lui dans la rue juste au moment où elle y était elle aussi était mince. Pourtant ce jour-là le destin avait décidé de les réunir pratiquement au même endroit, à la même heure. Ce coup du sort arrivait à point nommé, avant qu’Hinata ne se fasse encore avoir par ce coureur de jupon qui finalement n’avait pas changé.

Elle avait tourné la tête sans raison apparente vers la devanture de la salle de sport que le jeune homme fréquentait pratiquement tous les jours. Et là devant cet endroit elle l’avait reconnu. Il était là avec son sac de sport. A cette heure-là il devait probablement s’y rendre. Paraissant à première vue totalement seul, la présence d’une femme face à lui expliqua certainement pourquoi il se trouvait là au lieu d’être à l’intérieur.  Sur le trottoir d’en face, Hinata s’était arrêté et avait reconnu Mizuki, la jeune femme dont elle avait fait la connaissance au festival avec Naruto et Sasuke. En spectatrice Hinata assista à une scène qui, quelques jours auparavant, ne lui aurait fait ni chaud ni froid. De plus en plus proche de lui, Mizuki avait passé ses bras autour du cou de Naruto pour le tirer vers elle et finir par l’embrasser.

Il n’en fallut pas plus pour qu’Hinata, mal à l’aise face à cela, quitta la scène des yeux. Elle était toujours figée sur ce trottoir, le regard maintenant plongé dans la vitrine du magasin devant lequel elle s’était arrêtée. Elle fixa son reflet apparut aussitôt face à elle et trouva sur son visage la marque d’une réaction qui n’aurait pas dû être la sienne. Elle était choquée pourtant rien de ce qu’elle venait de voir n’était censée la faire réagir ainsi. Cette scène montrait Naruto fidèle à lui-même, attirée par n’importe qu’elle jolie femme qu’il croisait, accompagné d’une de ses habitués qu’il fréquentait. Elle avait la réponse à ses interrogations. Ce qu’elle avait pensé depuis le début était vrai. Hanabi aurait eu raison. La nuit qu’il avait passé avec elle ne voulait absolument rien dire pour lui. Elle faisait bel et bien partie de sa ribambelle de compagne sexuelle. Il pouvait ajouter son nom sur la liste. A cette pensée, Hinata ne put retenir son émotion et les larmes qui menaçaient depuis quelques secondes de couler sur son visage. Elle effaça aussitôt cette tristesse qui prouvait qu’elle était touchée par cette nouvelle en se traitant d’idiote. Elle savait qu’il n’y avait pratiquement aucune chance qu’il la considère différemment des autres mais elle n’avait pu s’empêcher d’espérer le contraire. Elle était dégoutée d’apprendre ça mais c’était entièrement de sa faute. C’est elle qui s’était laissé faire. Elle avait accepté son invitation sans se poser la moindre question et maintenant elle faisait partie de ses femmes frustrées qui n’était là que pour assouvir ses envies. Il avait profité d’elle et elle n’avait rien fait pour empêcher cela. Elle était la seule responsable.

Sans attendre une seconde de plus, et sans jeter le moindre regard vers eux, elle reprit son chemin. La déception qu’elle ressentait été plus forte qu’elle ne l’aurait pensé. Elle venait de voir la vérité en face et c’était certainement cela qui était dur à avaler. Elle avait honte d’elle-même. Honte d’être maintenant officiellement un numéro dans la longue liste de femme qu’il gardait sous le coude en cas de besoin. Elle devait maintenant tenter d’oublier tout ça. Supprimer cette nuit passée dans sa chambre et faire comme s’il ne s’était rien passé.

A un jour de la fin du contrat de mariage, Hinata n’avait plus le sentiment de regretter son départ. Même si Tobi était toujours de bonne compagnie, elle n’avait qu’une envie, rentrer chez elle.  Dans un moment pareil, le besoin d’être avec sa famille était des plus pressants. Avec eux elle était sûre de pouvoir facilement tirer un trait sur cette histoire. Dans sa chambre Hinata n’avait pas tardé à préparer son départ définitif de cet appartement. Elle était rentrée et sans attendre elle avait pris sa valise qu’elle avait aussitôt remplie. Elle avait vraiment envie de partir et c’était dur de penser qu’elle devait  encore attendre une nuit pour vraiment le faire. Encore une nuit en sa présence. D’ailleurs, le simple fait de savoir qu’il allait être de retour dans quelques heures la mettait un peu mal à l’aise. Elle n’avait pas envie de le voir et encore moins de lui parler. Et il était hors de question qu’elle lui donne encore satisfaction ce soir-là. S’il avait encore des envies à assouvir, ce n’est pas elle qui allait répondre à ses attentes.

Naruto fut de retour au moment où Hinata sortit de la salle de bain. Elle venait de prendre sa douche et alors qu’elle marchait droit vers sa chambre elle entendit le claquement de la porte d’entrée. Tobi partit aussitôt le rejoindre pour le saluer alors qu’elle, accéléra le pas pour fermer la porte de sa chambre derrière elle. Silencieuse elle tendit l’oreille et entendit le jeune homme parler au chien. Puis plus rien pendant plusieurs minutes laissant l’appartement dans un silence le plus total. La jeune femme enfila un pyjama et s’installa sur la banquette du coin bibliothèque pour lire un livre. Puisqu’il était rentré elle n’avait plus l’intention de sortir de cette pièce. Elle était prête à aller se coucher sans manger et sa valise déjà bouclée trônait en plein milieu de la pièce pour le lendemain. Au loin, le son de la télévision interrompit le calme un peu inquiétant qui régnait depuis un petit moment. Puis une heure plus tard  des bruits qu’elle reconnut venant de la cuisine, parvinrent jusque dans sa chambre. Il était 20h passé de quelques minutes et il était facile de comprendre que Naruto était en train de s’affairer en cuisine. Hinata se replongea dans sa lecture attendant que le temps passe et que le sommeil la gagne.  Il ne lui fallut qu’un petit quart d’heure pour que la fatigue fasse son apparition. Baillant toutes les deux minutes, elle s’allongea sur la banquette et commença à piquer du nez quand soudain un coup sur la porte la fit sursauter.

- Hinata ? s’écria la voix de Naruto de l’autre côté.

Celle-ci sauta aussitôt sur ses pieds et resta figée sans donner la moindre réponse. A peine réveillée, elle se demandait si elle n’avait pas rêvé. Les coups que le jeune homme redonna sur la porte confirmèrent que c’était bien la réalité. Il reprit une seconde fois et l’appemla de nouveau.

- Hinata ?

La jeune femme se précipita aussitôt vers la porte qu’elle n’avait pas fermée à clef. Une main collée à la porte comme si elle était prête à l’empêcher de s’ouvrir si Naruto prenait l’initiative de le faire, Hinata confirma sa présence en répondant un timide « oui ». Il savait qu’elle était là, elle ne pouvait pas tenter de se cacher.

- Tu viens manger ? lui demanda-t-il.

- Non merci, je n’ai pas faim... lui répondit-elle… Je ne me sens pas très bien, alors je préfère aller me coucher tout de suite…

- Ça ne va pas ?

- … Je suis juste un peu fatigué. Ça ira mieux demain…

- … D’accord… Est-ce que tu as besoin de quelque chose ?

- Non, ça va… Bonne nuit… répondit-elle pour couper court.

- … Bonne nuit…

Elle poussa un soupir de soulagement lorsqu’elle l’entendit s’éloigner. Heureusement il avait cru son excuse. Elle éteignit aussitôt la lumière et rejoignit son lit pour faire exactement ce qu’elle venait de lui dire. Passer sa dernière nuit ici.

De l’autre côté de la porte, Naruto était perché sur un tabouret de la cuisine. Seul face à son assiette il n’en revenait toujours pas d’avoir essuyer un refus. Lorsqu’il était rentré, il avait trouvé l’appartement vide pourtant elle était bel et bien là puisque ses chaussures étaient à l’entrée. Un peu curieux il avait constaté dans le couloir que la porte de sa chambre était fermée. Mais pas inquiet par la situation il était parti vaquer à ses occupations jusqu'à ce que l’heure du repas arrive. Ne la voyant toujours pas sortir il avait décidé de faire lui-même le repas. Il commençait à trouver son absence un peu bizarre mais il y avait probablement une raison à cela. Celle dont il pensa aussitôt et qui était la plus plausible était la lecture. Comme c’était déjà arrivé plusieurs fois, Hinata arrivait à être tellement absorbée dans les livres qu’elle empruntait dans sa bibliothèque qu’elle en oubliait même de manger. Il était donc allait toquer à sa porte pour l’inviter à venir manger et là, au lieu d’avoir une réponse positive, elle avait gardé sa porte fermée. Frustré de ne pas la voir, l’idée de baisser la poignée pour entrer sans invitation lui avait traversé l’esprit. Elle disait ne pas se sentir bien, et face à ce mur il ne pouvait rien faire. Obligé d’accepter sa décision, il avait laissé tomber. Et maintenant il était là, seul, espérant qu’elle décide de sortir avant qu’il aille se coucher. 

Cette fin de journée prenait une tournure plutôt bizarre alors qu’elle avait parfaitement commencé. Il s’était réveillé ce matin-là à cause de la sonnerie de son réveil et à côté de lui, au lieu de trouver une parfaite inconnue, il l’avait vu, elle. Après tout ce temps à se poser des questions sur le futur, après des semaines à n’être qu’un simple ami, il avait réussi à faire quelque chose de bien. Il était enfin passé à l’action après s’être assuré qu’elle ressentait la même chose que lui. Et la nuit qui avait suivi n’avait rien de comparable avec toutes celles qu’il avait vécues auparavant. Les sentiments exceptionnels qu’il avait ressenti à ce moment-là et qu’il ressentait encore en la regardant dormir prouvait que ce n’était pas seulement passager. Il n’y avait pas d’erreur. Il l’aimait. Et c’était deux fois plus vrai maintenant. Il résista à l’envie de se recoucher à côté d’elle pour profiter encore plus de sa présence et s’obligea à rester l’homme sérieux et professionnel qu’il était devenu. Ce n’est pas maintenant qu’il avait réussi à se faire une nouvelle et belle réputation au sein de l’entreprise, qu’il allait reprendre une de ses vilaines habitudes, en ratant un jour de travail pour raison personnelle. Non. Il devait partir travailler comme tous les jours. Et même s’il était dégouté de la quitter aussi vite, il était sûr, pour une fois, de la retrouver ici le soir même. Il n’y avait aucune raison que ce ne soit pas le cas.

En homme heureux, il avait passé une très bonne journée et toutes les personnes qui avaient eu affaire à lui ce jour-là avait tous plus ou moins remarqué la différence. Rien n’était venu entacher sa bonne humeur. Le moindre problème trouvait une solution sans qu’il n’ait besoin d’hausser le ton. Il avait terminé la journée à la salle de sport. Là il avait rencontré Mizuki, à qui il avait officiellement passé le mot. Il n’était plus libre et pour cette raison on ne le verrait plus souvent dans les bars. Déçue, la jeune femme l’avait questionné, après quelques minutes, et la certitude que la femme qui avait gagné son cœur n’était pas une de ses concurrentes, elle lui avait gentiment souhaité le plus grand des bonheurs. Après cela il avait fait deux heures d’efforts intense sur les machines de musculation et ne tarda pas, après la douche, à rentrer pour la retrouver.  Alors qu’il était plutôt pressé et excité de pouvoir enfin passer une soirée, en tant que couple officiel avec elle, il avait trouvé porte close et il s’apprêtait à regarder la télévision comme le célibataire qu’il était autrefois. Ce n’était peut-être pas pour ce soir-là mais au moins maintenant ils avaient la vie devant eux pour se rattraper.  Naruto était finalement allé se coucher en pensant cela. Il ne l’avait pas vue, ils n’avaient pas mangé ensemble et elle n’était pas là pour combler la place vide à côté de lui.  Mais tout cela n’était que partie remise, le lendemain lorsqu’elle se sentirait mieux.

 

Pressée de rentrer définitivement à l’auberge Hinata se leva plus tôt que d’habitude. Elle n’avait pas grand-chose à faire pour se préparer. Seul un petit passage dans la salle de bain lui était nécessaire avant de mettre un pied dehors. Sa chambre remise en état, comme avant son arrivée, Hinata traversa le couloir les bras chargés de quelques affaires sans pouvoir s’empêcher de jeter un coup d’œil du côté de la chambre du jeune homme. La porte n’était pas fermée correctement. Il avait laissé quelques centimètres d’ouverture pourtant il était bel et bien à l’intérieur. Il dormait encore et elle s’apprêtait à partir définitivement. Elle rejoignit sa valise qui l’attendait déjà près de la sortie et trouva Tobi assis à côté, prêt pour le départ. Elle bourra son bagage de ses dernières affaires et tenta de faire entrer en force la peluche renard qu’elle prenait avec elle.

- Il ne rentre pas… s’exclama-t-elle tout à coup constatant le manque de place évident.  Je te garde à la main…

Elle posa le renard près de sa valise et partit s’affairer dans l’entrée pour enfiler ses chaussures

- Voilà, je suis prête. Conclut-elle avant de se tourner vers sa valise. Mes affaires sont là, je n’ai rien oublié. Et…

Elle s’arrêta quelques secondes posant les yeux sur le chien, prêt à la suivre.

- … Tobi. Non, tu ne viens pas avec moi aujourd’hui. Lui expliqua-t-elle avant de s’agenouiller devant lui. Tout en le caressant pour la dernière fois, elle reprit. C’est fini. Tu reprends ta vie normale aujourd’hui. Moi aussi, je retourne chez moi… Tu restes ici avec ton maitre… D’ailleurs il faudrait que je lui écrive un mot. Ce n’est pas poli de partir comme ça… Tu vas me manquer Tobi. J’ai vraiment apprécié ta compagnie… J’aimerais pouvoir te prendre avec moi, mais ta famille est ici…

Elle continua ses caresses laissant le silence prendre place entre eux quand soudain une voix masculine fit son apparition.

- Bonjour ! Entendit-elle tout à coup.

Hinata leva aussitôt la tête surprise par cette interruption et se redressa en voyant Naruto qui venait de franchir la porte du couloir.

- Bonjour… lui répondit-elle à son tour le regardant approcher vers elle.

- Est ce que… commença-t-il avant de suspendre sa phrase et d’arrêter sa marche par la même occasion.

Alors qu’il s’apprêtait à lui demander comment elle allait ce matin après le coup de fatigue qu’elle avait eu la veille, un détail venait d’attirer son attention.

- Tu t’en vas ? Demanda-t-il en regardant la valise posée à côté d’elle.

- Oui… lui répondit-elle jetant elle aussi un regard à l’objet. Je rentre chez moi…

- Comment ça ?

- C’est la fin du contrat aujourd’hui. Expliqua-t-elle.  Je retourne chez moi…

- Mais… je pensais que… reprit difficilement le jeune homme, dérouté par ce que la jeune femme était sur le point de faire et qu’il n’avait pas vu venir… Ce qui s’est passé… alors tu pouvais…

- C’était une erreur. Le coupa-t-elle. Je suis désolée. Je n’aurais pas dû. J’ai juste… profité de la situation. Ce genre de comportement ne me ressemble pas du tout. Oublions tout ça…

Hinata s’arrêta-là ne sachant plus quoi dire. Face à elle, Naruto ne semblait pas plus bavard qu’elle.

- Je m’en vais… reprit-elle en attrapant sa valise. 

Elle se tourna une dernière fois face à lui et à Tobi pour les saluer tous les deux avant de quitter définitivement cet appartement.

- Je m’excuse de vous avoir dérangé tous les deux durant ces quatre mois et … je vous souhaite un bon retour à la vie normale… Au revoir…

Sans attendre une minute de plus, elle tira sa valise en dehors de l’appartement et ferma la porte derrière elle. Elle n’avait obtenue aucune réponse de la part du jeune homme qui n’avait plus donné signe de vie depuis quelques minutes. Il s’était juste contenté de l’écouter. C’est vrai qu’elle était partie bien vite mais il n’avait quand même pas daigné lui adresser un simple « au revoir ». Hinata descendit les escaliers en trouvant le comportement de son futur ex-mari un peu bizarre. Elle ne s’était pas attendue à cette interruption inopportune, mais finalement il tombait plutôt bien. Inutile de lui écrire un mot. Malheureusement cette rencontre matinale et le sujet qu’il avait aussitôt mis sur la table, lui avait donné envie de prendre la poudre d’escampette. Et finalement c’est ce qu’elle avait fait. Au point, que dans la précipitation elle en avait même oublié sa peluche. Elle regretta cette légère panique qui avait précipité son départ et dû faire ses adieux à ce renard auquel elle tenait beaucoup. Il n’était pas question qu’elle remonte le chercher. Le seul souvenir de sa vie avec Monsieur Naruto Uzumaki et qu’elle était ravie de ramener avec elle, resterait finalement ici. Un peu déçue par ce détail, Hinata partit reprendre sa vie normale. Elle laissait derrière elle, quatre mois mouvementés, fait de galère, de belle rencontre, de magnifique découverte et d’amitié éphémère. C’est avec des sentiments bien étranges qu’elle quittait tout ça.  Finalement le retour chez elle n’allait pas être des plus facile.

 

Abasourdi par ce qui venait de se passer, Naruto resta quelques minutes encore figé face à la porte d’entrée. Il avait du mal à réaliser qu’il était bel et bien réveillé et que rien de tout de ce qu’Hinata venait de dire n’était une blague. Il était stupéfait par ce départ et par les explications qu’elle avait apportées pour se justifier.  Elle avait une fois de plus qualifié ce qui s’était passé entre eux, d’erreur. Elle avait fait une erreur. Comment pouvait-elle dire ça ? Lui, une erreur ? Lui, l’homme parfait et sûr de lui, qui n’avait jamais connu la moindre difficulté pour satisfaire chaque femme partageant son lit. La seule qui avait finalement de l’importance, n’avait pas apprécié la nuit passée avec lui.  Avec ses quelques mots Hinata venait, sans le savoir de le poignarder en plein cœur. Lui qui était persuadé que ce faux mariage en était devenu un vrai, venait de connaitre sa première déception amoureuse.

Plus que sonné par la nouvelle, Naruto ramassa la peluche qu’elle venait visiblement d’oublier. Cette chose qu’il avait gagnée pour elle. Cette persévérance dont il avait fait preuve et cet argent qu’il avait dépensé sans compter pour elle. Il avait fait des tas d’efforts pour elle. De son propre chef il avait fait des choses inhabituelles. De bonnes actions sans qu’elle en fasse la demande. Volontairement ou pas, il avait changé pour cette femme et voilà ce qu’il récoltait. Il fixa le renard quelques secondes, les yeux de plus en plus remplit de colère, avant de l’envoyer s’écraser contre la porte d’entrée. Penser à ce comportement d’idiot amoureux qu’il avait avec elle depuis un certain temps et constater la situation qui en ressortait maintenant, le mettaient un peu en rogne. Il n’était pas spécialement en colère contre elle mais plutôt contre lui-même. Il avait écouté ses nouveaux sentiments, laissé tomber sa vie de célibataire pour devenir quelqu’un d’autre. Un homme plus appréciable, pour le mérite d’une femme différente de la normale qui, finalement, n’en avait rien à faire de lui. Il avait pris la mauvaise décision et maintenant il était là plein de ressentiment.

Il retourna dans sa chambre, claqua la porte derrière lui pour se recoucher aussitôt. Il oublia Tobi resté dans le salon et son travail qui avait pour l’instant perdu toute importance. Il n’avait plus envie de rien. Juste d’oublier. Et le fait de dormir semblait être la meilleure des solutions. Il eut droit à quelques heures de tranquillité avant qu’une voix vienne finalement perturber son sommeil.

- Patron ?... Patron ? entendit-il avant de sentir la langue de Tobi passer sur son visage.

La bave de son chien eut plus d’effet que les appels un peu trop léger de son visiteur. Il se redressa aussitôt en éjectant violemment Tobi au sol.

- Saleté de chien ! S’exclama-t-il en essuyant son visage.

Il fusilla Tobi du regard puis la personne qu’il trouva à côté de lui. 

- Qu’est-ce que tu veux ? Reprit-il à son encontre.

- C’est votre mère qui m’envoie… commença Kaito son assistant… Vous ne répondez pas au téléphone. On essaie de vous joindre depuis ce matin.

- Super… Maintenant t’as compris pourquoi… lui répondit-il avant de se recoucher.

- Vous ne venez pas travailler ?

- Non, j’ai trouvé mieux à faire…

- Ça ne va pas ? Vous ne vous sentez pas bien ?

- Ouais c’est ça. Je suis malade… Trouva-t-il comme excuse.

- Est ce que vous avez besoin de quelque chose ? Un médecin ? … A manger peut-être ? demanda Kaito inquiet pour son patron.

- Rien. Laisse-moi tranquille…

- Mais la directrice…

- Dis-lui que je suis malade ! S’énerva Naruto. J’ai besoin de rien ! Je veux juste qu’on me laisse tranquille. Va-t’en et prends le chien avec toi… J’en veux plus…

- Euh… D’accord. Je m’en occupe. Répondit l’assistant incertain d’avoir compris la dernière phrase. Reposez-vous bien. Si vous avez besoin de quelque chose appelez-moi… Tu viens Tobi ?

Le chien répondit sans problème à son appel. Il semblait pressé d’aller dehors et c’était compréhensible puisqu’il n’avait pas dû le sortir de la matinée. Ils quittèrent tous les deux l’appartement laissant le silence redonner à Naruto la tranquillité qu’il demandait.  Obligé de garder Tobi, Kaito retourna à son travail afin de porter la nouvelle à la directrice.

- Alors ? Tu l’as trouvé ?  Lui demanda celle-ci lorsqu’il pénétra dans le bureau.

- Oui. Il est chez lui. Il ne viendra pas travailler aujourd’hui parce qu’il est malade. Lui expliqua-t-il.

- Malade ? Qu’est-ce qu’il a ? L’interrogea la directrice.

- Je ne sais pas. Il ne m’a pas dit grand-chose. Il a juste demandé qu’on le laisse tranquille.

- D’accord, c’est ce qu’on va faire. Je préfère que ce soit ça. J’ai eu peur qu’il ait retrouvé son ancien manque de motivation. Expliqua la directrice. On va faire sans lui. Vous continuez votre travail. Je m’occupe du sien. Tu dis quand même à Michiru d’annuler ses rendez-vous.

- D’accord… répondit Kaito. Il reste quand même un petit problème. J’ai dû prendre le chien avec moi. Il m’a demandé de m’en occuper. Je l’ai laissé en bas…

- Il ne peut pas le faire lui-même? Il est si malade que ça ? 

- J’en ai bien l’impression, oui.

- Alors garde-le chez toi jusqu'à ce qu’il aille mieux.

- Chez moi ?

- Oui. Je ne vois personne de mieux placé que toi pour le faire. Tu as l’habitude de t’en occuper. Tous vos déplacements sont annulés de toute façon alors tu n’as pas grand-chose à faire. Je te confie cette tâche. Ce sera plus reposant que de supporter ton patron… D’ailleurs s’il ne revient pas demain il faudra que j’aille le voir…

La directrice envoya Kaito auprès de sa famille s’occuper à plein temps du chien de son fils. Son absence lui donnait deux fois plus de travail. Elle n’avait pas de remplacement prévu pour lui dans ces cas-là. C’était toujours elle qui prenait sa suite et le cumul de ce poste avec celui de la direction n’était jamais de tout repos.  Elle n’avait plus qu’à espérer qu’il se remette vite sur pied. De son côté l’assistant ne put qu’obéir à sa directrice et adopta Tobi sans pouvoir donner son avis. C’était bien la première fois qu’il se retrouvait dans cette situation. Son patron était rarement malade et même si avant l’arrivée de sa femme il avait l’habitude de s’en occuper la journée, il n’avait jamais était contraint de le faire aussi la nuit. D’ailleurs en parlant de sa femme, c’était elle qui le prenait avec elle ces temps-ci. Grace à elle, il n’était plus allé s’en occuper depuis longtemps. Mais alors, puisqu’aujourd’hui il se retrouvait de nouveau en compagnie de Tobi cela voulait dire qu’elle ne le faisait plus. Sa collègue Michiru confirma ses pensées en constatant avec son aide que la date de ce jour coïncidait avec la fin du contrat du mariage. La femme de leur patron était donc reparti chez elle. Le contrat était terminé et juste ce jour-là il manquait le travail.  Kaito ne doutait pas des dires de son patron. Il était malade. Mais lui et sa collègue redoutaient quand même que ce départ ne le fasse de nouveau changer.

 

En débarquant à l’auberge avec ses affaires, Hinata apprit à tout le monde sont retour définitif et le divorce qui allait suivre. Cette fois-ci la nouvelle ne fut pas dure à accepter. Dans la confidence, et ravie d’apprendre que le contrat était enfin terminé, Hanabi aida sa sœur à minimiser l’importance du sujet. Elle, qui lui avait mis des bâtons dans les roues au début, avait tout fait pour faciliter son retour et les explications qu’elle apportait à la place d’Hinata permirent d’éviter les questions inutiles. Un peu triste pour elle, Emiko et les autres étaient quand même content de la savoir de retour. Ils l’avaient tous plus ou moins réconfortée et soutenue. Les séparations n’étaient jamais faciles à vivre. Mr Hyûga, quant à lui, ne fit pas le moindre commentaire. Comme à son habitude il ne laissa paraitre aucune réaction sur son visage et ordonna aussitôt à tout le monde de retourner au travail. Il changeait toujours de sujet dans ces moments-là et montrait un manque d’intérêt qui pour une fois ne laissait pas Hinata indifférente. Il avait accepté le mariage sans problème et savoir que finalement elle divorçait quatre mois plus tard ne le touchait pas plus. Sur un sujet aussi important, concernant le futur de l’une de ses filles, il gardait encore et toujours ses sentiments pour lui. Cette ignorance était un peu dure à supporter. Même adulte on a toujours besoin de conseil. Et dans certain cas l’avis des parents, qu’il soit positif ou négatif, est le bienvenu. Que pensait-il de tout ça ? Était-il compatissant ou la traitait-il d’idiote, incapable de garder un mari bien longtemps ? Elle ne savait pas et elle n’aurait sûrement jamais la réponse.

L’histoire de son mariage presque enterrée, Hinata reprit le cours de sa vie. Le travail, les clients et les membres de l’auberge étaient redevenus ses principales préoccupations. Elle avait retrouvé sa chambre et les rituels de la vie en communauté. Encore reliée à Naruto, il ne lui restait que la signature des papiers pour officiellement effacer son existence et les quatre mois précédent. Cela n’allait certainement pas être très long. Pressé comme il était, Naruto n’allait pas tarder à la faire appeler pour ça. Attendant impatiemment cet appel pour enfin pouvoir tourner la page, Hinata se remettait à penser à lui à chaque fois que le téléphone sonnait.

Le lendemain, alors qu’elle avait réussi à l’oublier durant la journée, Hanabi se chargea de lui rappeler. L’arrivée de la jeune fille en fin d’après-midi ne passa pas inaperçue. A peine eut elle franchit le portail du jardin, qu’elle se mit aussitôt à appeler sa sœur. Sans faire attention aux clients, elle déboula dans l’auberge et ne trouva pas trace de sa cible à l’accueil.

- Que se passe-t-il Melle Hanabi ? l’interrogea Emiko venu aussitôt vers la source de ce soudain vacarme. Pourquoi criez-vous ainsi ?

- Je cherche Hinata. Expliqua Hanabi un peu essoufflée. Est-ce que tu sais où elle est ?

- Oui, elle prépare les chambres …

- Merci !

Hanabi ne laissa pas Madame Emiko continuer et reprit sa course.

- Ne courez pas, vous allez tomber !! S’écria Emiko à la jeune fille

Visiblement pressée, Hanabi avait déjà disparu dans le couloir. Elle passa les portes des chambres les unes après les autres et s’arrêta devant celle où se trouvait sa sœur. La porte grande ouverte et le chariot de linge stationné devant témoignaient obligatoirement de sa présence.

- Hinata ! S’exclama-t-elle en voyant enfin sa sœur accroupit en plein milieu de la pièce.

- T’es folle ! L’accueillit celle-ci. On n’entend que toi depuis tout à l’heure !

- Désolée… commença Hanabi en se baissant au niveau de sa sœur… mais il faut que tu vois ça ! J’ai eu du mal à croire Kana quand elle me l'a dit mais…

- Attends ! L’arrêta aussitôt Hinata en la voyant s’agiter face à elle, un magazine à la main. Aide-moi d’abord à mettre ce futon en place. Je suis un peu en retard et Mr Yoshi ne va pas tarder à revenir.

Hanabi répondit aussitôt à la demande de sa sœur qui était en train de dérouler le matelas pour mettre en place le lit. Trop excitée par la nouvelle dont elle voulait lui parler elle reprit tout en faisant le travail demandé.  

- C’est Kana qui lit ce genre de magazine. Elle m’a appelée quand elle a reconnu l’auberge… c’est une sacré publicité Hinata. Avec ça on aura plus de monde c’est évident.

- Mais de quoi tu parles ? S’interrogea Hinata une fois la chambre prête.

- De ça ! s’exclama Hanabi en affichant la couverture du magazine devant sa sœur.

- Mais, c’est le magazine de… commença Hinata avant d’être coupée.

- Oui ! C’est incroyable ! Il y a même une photo à l’article !

- Un article ?

- Oui. Sur l’auberge. Regarde ça ! Hanabi étala le magazine sur le lit et pointa la page. C’est la femme qui avait peur du chien. C’est elle qui l’a écrit. Regarde, c’est la photo qu’elle a prise...  C’était une journaliste…

Silencieuse, Hinata regardait l’article de ce magazine aussi étonnée que sa sœur l’avait été en le découvrant.

- Tu n’étais pas au courant alors ? lui demanda Hanabi pour confirmer ce qu’elle pensait être vraie. 

- Non… répondit Hinata dont la surprise sur son visage ne pouvait que le prouver. C’est lui…

- Tu ne lui as même pas demandé ?

- Non… Je lui ai parlé de l’auberge mais je n’ai rien demandé…

- Il l’aurait fait lui-même alors… conclut Hanabi.

- Pourquoi il ne me l’a pas dit ? … s’interrogea Hinata.

- Lis-le. Lui ordonna sa sœur. C’est que du positif. Elle décrit ce qu’elle a vécu ici et elle conseille à tout le monde de venir. C’est une belle publicité pour nous. J’espère que ça va marcher…

Hinata empoigna le magazine et commença la lecture laissant sa soeur continuer à parler toute seule.

- Je n’y crois pas. Je suis obligée d’avouer qu’il a fait quelque chose de bien… marmonna-t-elle. Ce salaud il …

Elle s’arrêta en apercevant le client et propriétaire de la chambre sur le seuil de la porte.

- Oh ! Mr Yoshi. Bonjour ! S’exclama-t-elle.

- Bonjour Hanabi. Répondit-il à son tour. Qu’est-ce qu’il t’arrive ? J’ai cru entendre un mot pas très élégant. Ce n’est pas moi au moins ?

- Oh non. Rien avoir avec vous. C’est… hésitât-elle avant de dire la vérité. Y’en a qu’un qui mérite ça. C’est le mari d’Hinata.  

- Ah ! Lui… C’est vrai que c’est un peu triste que ça n’ait pas marché.

- Au contraire, pour moi c’est une super nouvelle. Je n’aimais pas du tout cet homme. Je suis ravie que ma sœur soit de retour.

- Ah bon ?  Mais pourquoi ?

Hinata laissa Mr Yoshi et Hanabi continuer leur conversation tranquillement. Elle sortit de la chambre les yeux rivés sur le magazine et continua sa lecture un peu plus au calme dans le couloir. C’était très étonnant de lire ce genre de texte sur l’auberge. Elle avait sous les yeux le point de vue d’un étranger qui avait été client durant quelques jours. Son avis était plus que positif. Comme l’avait dit Hanabi, il s’agissait bel et bien de la femme qui s’était fait remarquer parce qu’elle ne supportait pas Tobi. Rien dans son comportement ne l’avait différenciée d’un client normal. Elle avait été correcte du début à la fin malgré sa peur phobique du chien. Hinata s’arrêta sur la photo qu’elle avait mise. Celle où tout le monde s’étaient réunis pour poser à sa demande. Elle n’avait même pas paru suspecte lorsqu’elle avait demandé ces photos. Hinata repensa aussitôt à ses deux jours passés à s’occuper d’elle, comme d’une cliente banale, alors que celle-ci prenait des notes pour cet article. Elle avait bien réussi son coup… 

La jeune femme tourna les pages suivantes pour finalement revenir en arrière sur les pages de la rubrique cuisine. Même si ce n’était pas Naruto qui l’avait écrit, c’était forcément lui qui était à l’origine de cela puisque l’article se trouvait dans sa rubrique. Il avait fait de la publicité pour l’auberge alors qu’elle n’avait rien demandé. C’était vraiment très gentil de sa part. Il avait pris ses malheurs au sérieux lorsqu’elle lui avait raconté et il avait pris l’initiative de lui venir en aide avec son travail. Malheureusement au lieu de lui dire il avait gardé ça pour lui. Ce n’est que maintenant que le contrat entre eux était terminé, qu’elle apprenait cela. Il méritait des remerciements et elle venait de se promettre à l’instant qu’elle n’y manquerait pas le jour où elle irait signer les papiers.

La nouvelle de cet article vantant les mérites de l’auberge fit vite le tour des employés. Hanabi n’avait pas résisté à l’envie de le faire savoir à tout le monde. Elle avait lu elle-même les appréciations de la journaliste aux deux cuisiniers soudainement fier de leur cuisine et elle avait fini par laisser son père parcourir lui-même la page. Elle avait aussitôt répondu à ses interrogations et avait expliqué qu’Hinata n’avait rien avoir là-dedans. Elle n’avait payé personne pour apparaitre dans ce magazine, son futur ex-mari avait fait cet article de son propre chef. Mr Hyûga qui ne voulait pas qu’elle dépense leur argent dans de telles choses inutiles accepta ses explications sans en dire plus. Il resta comme toujours le même et n’exprima pas le moindre sentiment positif pour cette publicité.

Les jours passèrent dans l’attente et l’excitation de voir le carnet des réservations frôler le maximum de leur capacité. Tandis qu’à l’auberge, tout le monde était à fond dans son travail pour prouver que l’article ne mentait pas,  Naruto de son côté vivait difficilement son retour à la vie de célibataire. Il n’avait pas quitté son appartement depuis le départ d’Hinata. Officiellement en maladie, Naruto n’avait plus été embêté par le travail. Surchargé de dossier en attente Kushina l’avait finalement laissé tranquille. Tous les jours elle avait espoir de le voir débarquer à son bureau pour reprendre les reines de sa rubrique. Mais passé trois jours d’absence, elle n’eut aucune nouvelle de lui. Cette soi-disant maladie commençait à devenir suspecte. Une visite à domicile semblait finalement obligatoire. La directrice privilégia le bon fonctionnement de son entreprise et décida de s’occuper du problème de son fils le weekend suivant. Elle lui laissait donc encore quelques jours pour se pointer au travail avant qu’elle soit forcée de débarquer chez lui.

Cela faisait déjà quatre jours que Naruto n’avait pas mis un pied dehors. Il passait le plus clair de son temps dans son lit à ruminer lorsqu’il n’arrivait pas à dormir. Il avait laissé tomber son travail, le sport et ses amis. Son téléphone sonnait perpétuellement dans le vide. En plus des nombreux appels venant de sa mère, Naruto avait vu s’afficher des tas de prénom avant d’éteindre définitivement la machine. Beaucoup de monde avait essayé de le joindre. Des femmes qui tentaient encore leur chance alors qu’il n’était plus intéressé, son collègue Shikamaru probablement alerté par sa mère et chacun de ses potes sportifs qui attendaient tous les soirs sa venue à la salle de sport. Ce sont eux qui finalement furent les premiers à venir à lui pour savoir qu’est ce qui pouvait bien le retenir chez lui. Un peu inquiet de ne plus avoir de nouvelle de lui, deux d’entre eux décidèrent de lui rendre visite. C’était vendredi, il était 18h et avant de se rendre ensemble à la salle de musculation Choji et Sasuke s’étaient donné rendez-vous chez Naruto. Ils sonnèrent quatre fois avant d’avoir enfin une réponse. Naruto était bel et bien chez lui mais il ne semblait pas d’humeur et envoya ses deux amis balader en refusant de leur ouvrir la porte. Malgré leurs demandes répétées, il resta catégorique et ne répondit plus à leurs appels. Trouvant le comportement du jeune homme un peu bizarre, les deux amis préférèrent insister un peu plus quitte à attendre qu’il se décide à leur ouvrir. Bloqués en bas de l’immeuble ils espéraient qu’un voisin arrive pour ouvrir la porte.

- Il a l’air super énervé… constata Sasuke en s’adossant au mur. Qu’est-ce qu’il a?

- Un problème au travail … tenta d’expliquer Choji… sa mère lui a peut-être pris la tête… 

- Ouais, c’est possible. Mais de là à réagir comme ça. Ça fait quand même quatre jours qu’il ne vient plus à la salle. Tu ne trouves pas que c’est un peu excessif pour une simple dispute avec elle ?

- Oui c’est vrai. Ce n’est pas elle…

- Et si c’était Hinata ? Il s’est peut-être passé quelque chose entre eux. C’est la première fois qu’il nous fait ça, du coup ça a certainement un rapport avec elle…

Choji n’eut pas le temps de répliquer que la porte d’entrée s’ouvrit pour découvrir une femme. Elle resta au seuil de la porte l’empêchant de se fermer et interrogea aussitôt les deux jeunes hommes.

- Vous êtes les amis de Mr Uzumaki ? Leur demanda-t-elle.

- Oui… répondirent-ils en chœur.

- Je suis sa femme de ménage. Comme il vient de vous dire, il ne veut voir personne. Mais si vous voulez quand même y aller, sa porte d’entrée est ouverte.

- Oui, merci. Lui fit Choji en tenant la porte. Est-ce que vous savez ce qu’il a ?

- Il dit qu’il est malade. Mais je n’ai pas l’impression que ce soit vraiment le cas.

- Comment ça ? S’étonna Choji.

- S’il était fatigué, il n’aurait pas la force de me crier dessus. Expliqua-t-elle. Vous allez voir, il est de très mauvaise humeur. Je suis venue spécialement deux fois cette semaine et aujourd’hui encore il ne m’a pas laissé faire sa chambre. Il a encore refusé de se lever. Je n’ai pas que ça à faire moi !

- On va s’occuper de lui, ne vous en faites pas… conclu Choji avant de la saluer.

Ils laissèrent partir la femme de ménage un peu irritée par le comportement de Naruto et montèrent chez lui. Comme elle venait de leur indiquer, ils trouvèrent la  porte d’entrée ouverte. Après un rapide coup d’œil dans le salon, ils se dirigèrent vers la chambre de leur ami.  Sasuke tapa à la porte et sans attendre la moindre invitation, il baissa la poignée. La chambre était plongée dans la pénombre et l’odeur qui en sortait prouvait qu’il n’avait pas aéré la pièce depuis un moment.

- Qu’est-ce que tu fais enfermer là-dedans Naruto ? Il faut ouvrir ! s’exclama Choji qui était allé directement vers la fenêtre pour tirer les rideaux. Allez debout !!

Aussitôt gêné par la lumière du jour, Naruto émit une sorte de grognement avant de se couvrir le visage avec sa couverture.

- Referme ça ! s’écria-t-il à demi étouffé.

- Non ! Lève-toi ! s’exclama Sasuke venu vers lui. Il tira la couverture et découvrit son ami. Tu viens avec nous.

- Laissez-moi tranquille! Se plaignît aussitôt le malade. Et puis, qu’est-ce que vous faites là ? Je vous ai dit de vous en aller !

- Ta femme de ménage nous a laissé rentrer. Lui répondit Choji. Heureusement qu’elle était là.

- Putain, fait chier celle-là ! s’exclama Naruto en se retournant de l’autre côté.

- T’as été méchant avec elle. Continua Choji. Elle nous a dit que tu ne lui as pas laissé faire son travail. Pourtant ta chambre en aurait bien besoin. Qu’est-ce qu’il t’arrive ?

- Ça fait quatre jours qu’on t’a pas vu et tu ignores nos appels. Ajouta Sasuke assit au bord du lit de son ami.

- Je suis malade. Je veux juste qu’on me laisse tranquille… expliqua celui-ci  de nouveau caché sous sa couverture. 

- Malade ? répéta Choji. C’est bizarre. Tu ne l’es pourtant jamais. Tu es sûr que ce n’est que ça ? Il ne s’est rien passé… ?

- Oh regarde ça ! s’exclama tout à coup Sasuke en se levant aussitôt du lit.

Il tendit une photo à Choji et un sourire aux lèvres attendit sa réaction.

- Tu avais raison… s’exclama celui-ci en l’admirant.

- Ouais c’est à cause d’elle… et il y  en une autre…

Lorsque Naruto avait brusquement bougé la couverture, Sasuke avait vu glisser vers lui deux petites feuilles rectangulaires. Découvrant des photos, il avait tout de suite compris, en reconnaissant Hinata, que la jeune femme était la cause de tout ça. Il tourna la première photo pour que Choji puisse voir la deuxième et reprit la parole.  

- Des photos d’Hinata. Tu dors avec des photos d’elle ?! S’exclama-t-il en se tournant vers Naruto.

Celui-ci comprit le message. Il sortit aussitôt de sa grotte et regarda ses amis. Sasuke lui fit un large sourire avant de reporter de nouveau son attention sur les images que Choji avait en main.

- On dirait une femme d’affaire… s’exclama celui-ci.

- Ouais, ça lui va super bien. Confirma Sasuke.

- Rendez-moi ça ! s’écria Naruto avant de débouler devant eux.

Il arracha les photos des mains de son ami sous le regard ravi de Sasuke qui voyait enfin son ami debout.

- Elle est où ? Lui demanda Sasuke en le regardant ranger ses précieuses images dans le tiroir de sa table de chevet.

- Plus ici… répondit le blond en retournant s’assoir sur son lit.

- Comment ça, plus ici ? Elle est partie définitivement ?  S’informa Sasuke.

- Ouais, c’est terminé…

- C’est pour ça que tu restes enfermé dans ta chambre ? Parce qu’elle est partie. Conclut Choji.

- Laisse-moi deviner… commença à son tour Sasuke. Tu n’as pas réussi à faire quoi que ce soit alors maintenant, comme c’est trop tard, tu déprimes. Je t’avais dit de te bouger le cul. Le temps passe vite, tu t’en rends pas compte ?

- J’ai fait quelque chose ! s’écria Naruto. Mais elle est quand même partie. Elle a dit qu’elle avait fait une erreur et elle s’est barré.

- Une erreur ? Tu veux dire que vous avez… passez la nuit ensemble ? l’interrogea Sasuke. Il reprit aussitôt qu’il eut la confirmation de Naruto. Ouah ! Je retire ce que j’ai dit. Tu t’es bien débrouillé…

- Mais elle a qualifié ça d’erreur… ajouta Choji. Il aurait mieux fait de ne pas t’écouter.

- Ça ne veut pas obligatoirement dire qu’elle n’a pas apprécié. Elle ne veut pas de lui, c’est tout. Expliqua Sasuke pour se défendre. Et puis il fallait bien qu’il fasse quelque chose. Il s’en serait voulu si ça avait été le contraire.

- En attendant, à cause de ça, il est déprimé.

- Je ne suis pas déprimé…  rectifia Naruto face à ses amis.

- Bien sûr que si. Et c’est tout à fait normal. Expliqua Choji. Tu viens de te faire jeter par une femme. Ce n’est pas facile à vivre ça. D’ailleurs c’est la première fois que ça t’arrive, non ?

Naruto hocha la tête pour répondre « Oui ». 

- Ça va. Une de perdue,  dix de retrouver. Leur fit Sasuke. Il n‘y a pas qu’elle sur terre. T’en trouveras vite une autre. Moi c’est ce j’ai fait.

- C’n’est pas pareil. Intervint Choji. Tu ne ressentais rien pour elle. Je te rappelle que ce n’est pas son cas. Et si tu crois que c’est facile de tirer un trait sur une femme quand tu l’aimes vraiment, ben tu te trompes. 

- Je m’en doute bien, mais il n’a pas le choix. Expliqua Sasuke. Il se tourna vers Naruto et continua. Tu ne vas pas rester comme ça, à te morfondre à cause d’elle ? T’as vu la tête que tu as ?

- Est-ce que tu es allé travailler au moins ? Demanda Choji.

- Non, je n’ai pas envie de sortir. Répondit Naruto complètement dépité. J’ai juste… envie de dormir.

- Mais ton travail ? Remarqua Choji… Avec tous les efforts que tu as fait. Tu ne peux pas tout foutre en l’air à cause de cette histoire.

- Justement… A quoi ça sert que je m’emmerde à faire des efforts ? Reprit Naruto. J’en ai fait beaucoup avec elle et j’étais prêt à en faire encore. Mais ça ne l’a pas empêchée de partir…

Les deux amis restèrent silencieux face à un Naruto très touché qui commençait enfin à exprimer haut et fort son malheur.

- Elle a fait une erreur…  Je suis une putain d’erreur... Continua-t-il. C’est drôle, j’en ai trouvé une qui n’en a rien à foutre de moi… Et il a fallu que ce soit elle…  J’ai beaucoup de chance… En plus elle me demande d’oublier. Comment je dois faire ?... J’ai essayé mais ça revient tout le temps. Je n’arrive pas à penser à autre chose... Ça me prend la tête… j’en ai marre d’être comme ça…

- Et c’est normal. Je te l’ai dit, ça ne va pas être facile. Répéta Choji. En plus ce n’est pas en restant ici que tu vas y arriver. Tu dois retourner au boulot…

- On va aller au bar.  Tu verras que les filles vont se charger de te la faire oublier. Ajouta Sasuke.

- Arrêtes ! Ce n’est pas la solution ça. Intervint Choji. Ecoute Naruto, on ne peut rien y faire si elle a préféré partir. C’est malheureusement le choix qu’elle a fait.  Tu es obligé de passer à autre chose. Ça va être compliqué mais je t’assure qu’avec le temps tu y arriveras. Tu ne dois pas t’arrêter à cette déception. Un jour, c’est sûr, tu en rencontreras une autre et cette fois ce sera la bonne. Mais en attendant tu vas te lever et venir avec nous à la salle. Ça au moins c’est une bonne solution pour te changer les idées… Tu dois reprendre ta vie en main, Naruto. Il est hors de question que tu restes ici…  

- Debout !!Lui ordonna Sasuke.

- Vous êtes chiants… leur fit Naruto en se levant. J’étais bien dans mon lit…

Il obtempéra plutôt facilement et sous les yeux de ses amis enfila la première tenue de sport qu’il trouva.

- C’est vraiment triste ce qui t’arrive… reprit Choji. Mais au moins maintenant tu sais ce que ressentent les femmes avec lesquelles tu avais l’habitude de t’amuser. Tu les jetais comme de vielles chaussettes alors qu’elle s’attachait facilement à toi...

C’est vrai. Choji n’avait pas tort. Naruto n’avait jamais fait attention aux sentiments des autres. Il utilisait les femmes à sa guise et s’en débarrassait aussi facilement qu’il les appelait. Si ce qu’il ressentait aujourd’hui était l’équivalent de ce que ces femmes vivaient en le côtoyant, il pouvait dire qu’il les comprenait. La venue de Choji et Sasuke n’avait pas été vaine. Ils avaient réussi à faire bouger Naruto sans devoir insister et même s’il était loin d’être guéri, ils lui avaient quand même permis de se sentir légèrement mieux.

Leur précieux soutient fut loin d’être terminé. Après des heures passées à enchainer les démonstrations de force à la salle de musculation, une soirée spéciale pour le malheureux Naruto fut organisée. Choji invita tout le monde à gouter à un des merveilleux plats que sa femme cuisinait. Puis avec la participation de Kiba qui s’était rajouté à la fête, ils finirent tous les quatre au bar comme le prévoyait Sasuke. Celui-ci passa la soirée à lui envoyer la plupart des femmes qui lui parlait et s’assurait qu’il ne soit jamais seul. Le pouvoir de ses jolies femmes de compagnie allait forcément faire effet sur lui.  Malheureusement Naruto ne fut pas du tout réceptif à tous ces appâts, aussi sexy les uns que les autres, qui venaient s’assoir à côté de lui.  Il les écoutait parler d’une oreille et faisait au moins l’effort de répondre quand il le fallait. Il passa le plus clair de son temps à boire et refusa toutes les propositions qu’on avait pu lui faire. Du point de vue de Sasuke, cette soirée ne fut pas  concluante. Mais il savait que son ami avait quand même passé un bon moment en leur compagnie et grâce à cela il avait pu oublier Hinata le temps d’une soirée. Naruto rentra seul chez lui en faisant à ses amis la promesse de retourner travailler le lendemain.

Même si la joie n’était toujours pas le sentiment qui l’habitait, Naruto suivit les conseils de ses amis et tenu sa parole. Fort de ses expériences, Choji avait l’entière confiance de Naruto. Il le croyait lorsqu’il disait qu’avec le temps le souvenir d’Hinata allait s’effacer. Mais il avait quand même l’impression que dans son cas, cela n’allait pas être une mince affaire. Cette reprise de travail, après quatre jours d’absence, en fut la preuve. Marqué par la déception du départ précipité de la jeune femme, Naruto retrouva son légendaire caractère et fut de mauvaise humeur du début à la fin de la journée. Ravie de le savoir enfin de retour, Mme Uzumaki ne lui fit pas la moindre remarque et lui rendit les rênes de sa rubrique. Même s’il s’était levé du mauvais pied, l’essentiel était qu’il se remette au travail. Ses employées, à commencer par sa secrétaire, regrettèrent bien vite les changements de ses derniers temps. Michiru eut affaire à un homme totalement exécrable et éternellement insatisfait. Il avait toujours quelques chose à reprochait et s’en prenait à tout le monde pour des raisons qui parfois lui échappait, même à lui.

Il laissa sa méchanceté au bureau et retrouva ses amis en fin de journée à la salle de sport. Décidé à ne plus prononcer le prénom d’Hinata devant lui, les trois amis firent comme si tout allait très bien. Pour eux ce sujet était maintenant enterré. Et si Naruto voulait se sentir de nouveau bien dans ses baskets, il devait lui aussi faire la même chose. Il était facile, en leur présence, d’oublier ses problèmes mais une fois qu’il se retrouvait seul, ses pensées allaient irrémédiablement vers elle. Il ne lui fallut pas longtemps pour que sur le chemin du retour il se remette en tête, les fois où ils avaient traversé ces mêmes rues avec elle. Passer devant le supermarché lui rappelait lorsqu’il l’avait accompagnée pour faire les courses. Une corvée qui pour une fois ne lui avait pas semblé insurmontable. Et ce satané SDF qu’il avait l’habitude de croiser devant chez lui. Maintenant à sa simple vue il repensait à elle. Cet homme qu’il avait toujours ignoré avait maintenant le pouvoir de lui rappeler l’attention qu’elle lui portait. Elle avait certainement eut plus d’intérêt pour ce microbe que pour lui. Peut-être que s’il n’avait pas eu autant d’argent, elle l’aurait regardé de la même façon ? Non. S’il n’avait pas eu cet argent, leur chemin ne se serait certainement jamais croisé. Il n’aurait jamais vécu tout ça.  La jalousie, les vrais sentiments amoureux et la douleur de la déception qui avait suivi. En regardant ce sans abris traverser la route, Naruto regrettait presque de l’avoir connue. Même s’il lui avait toujours manqué quelque chose, son ancienne vie lui convenait. C’est lui qui jouait avec les autres et non le contraire. Penser qu’à lui et laisser la souffrance aux autres, c’était quand même plus facile à vivre. 

Les yeux toujours fixés sur ce pauvre homme, Naruto le regardait se prendre le bec avec deux jeunes qui venaient de le bousculer. Après plusieurs insultes ils laissèrent le SDF planté en plein milieu du passage piéton, ramasser ce qui était tombé dans ce chahut. Dérangé par le klaxon des voitures qui exigeaient son départ pour pouvoir démarrer, le SDF dégagea le passage. A quelques pas de lui, Naruto le dévisageait et comprit que dans la boite qu’il portait dans ses mains devait se trouver des pièces de monnaies. Cette bousculade lui avait fait perdre son chargement. Préoccupé par cette perte le SDF regardait toujours par terre en direction de la route et lorsque toutes les voitures eurent fini de passer il se remit en mouvement. Sans attendre que le feu de circulation repasse au rouge il repartit le nez baissé sur la chaussée à la recherche de ses pièces. Témoin de ce comportement dangereux, Naruto souffla intérieurement. Si une voiture déboulait maintenant, il ne donnait pas cher de sa peau. Sur le point de se tourner pour reprendre sa route, le jeune homme s’arrêta en entendant une voix féminine crier. Alors qu’elle attendait pour traverser, une femme s’était soudainement mise à crier sur le SDF. Lui demandant de sortir impérativement de la route, elle alerta Naruto qui comprit en quelques secondes son affolement. Un camion était en train d’arriver dans leur direction et, constatant la vitesse à laquelle il roulait, il était fort probable qu’il n’est pas vu l’homme accroupit sur la chaussée. Sans réfléchir, Naruto laissa glisser son sac de sport à terre et s’élança sur la route. Il choppa le SDF comme il put et avec son élan, termina sa course, déséquilibré, par une chute sur le trottoir d’en face. Sous la violence du choc il mit plusieurs minutes à reprendre ses esprits.

- Oh mon dieu !! Entendit-il alors qu’il ouvrait à peine les yeux.

 - Je ne les ai pas touchés ! S’exclama une autre voix.

- Vous êtes complètement fou ! Continua une autre, cette fois féminine. Votre imprudence a failli vous coûter la vie. Cet homme vient de vous sauver !

- Je sais… je suis désolé… gémissait un autre beaucoup plus près. 

- Qu’est-ce qu’il se passe ?

- Un accident ?

- Quelqu’un a appelé les secours ?

Oubliant cette agitation face à lui, Naruto reporta son attention sur lui et tenta aussitôt de se lever. Soudainement frappé par la douleur, il retomba et grimaça. Son bras avait pris cher et puisqu’il avait du mal à respirer sans qu’une inflammation apparaisse il était fort probable qu’une ou deux de ses côtes aient un problème.

- Ne bougeait pas monsieur ! S’exclama soudainement une voix féminine. Vous êtes blessé, une ambulance va bientôt arriver.

Oui, étant donné la douleur qu’il venait de subir à l’instant il était certain qu’il n’allait plus bouger.

- Monsieur Uzumaki ? entendit-il à côté de lui.

Accroupit à sa hauteur le SDF lui lançait un regard triste.

- Merci infiniment… lui dit-il. Grâce à vous, je n’ai rien. Vous m’avez sauvé… Je suis désolé pour vous…

Naruto regarda l’homme attristé face à lui avant de retourner la tête comme s’il n’en avait rien à faire de ses paroles. Il n’avait pas besoin d’excuses ni de remerciement pour cela. Personne ne l’avait obligé à le faire. Il avait réagi instinctivement et malgré les souffrances physiques qu’il récoltait de la chute spectaculairement honteuse qu’il avait faite, il ne regrettait rien. Son objectif était atteint. L’homme en danger était secouru et en plus il n’était même pas blessé. Il avait au moins réussi cela.

Emmener à l’hôpital par les secours qui n’avait pas tardé à arriver sur place, Naruto se retrouva quelques heures plus tard allongé sur un lit à moitié endormi par les cachets. Sa mère ne mit pas bien longtemps à arriver. A peine eût-elle l’info qu’elle accourut au chevet de son fils. Arrivée un peu paniquée, Mme Uzumaki retrouva son calme après les explications des équipes médicales et en constatant sur place qu’il n’avait finalement pas grand-chose. Une petite fracture au bras et deux côtes fêlées. Voilà ce qu’il avait récolté pour avoir sauvé un homme à deux doigts de se faire renverser par un camion. Au petit soin pour ce héros qui une fois de plus la rendait fière, la directrice put obtenir cinq jours d’hospitalisation. C’était plus qu’il n’en fallait mais elle avait tellement insisté que l’hôpital n’avait pas pu refuser. Pas bavard sur la situation, Naruto laissait sa mère raconter sa mésaventure à tous ceux qui lui rendait visite. Elle était heureuse de dire qu’il avait sauvé quelqu’un. Ravie de raconter qu’au de lieu de laisser un pauvre SDF se faire renverser par un camion il avait accouru à son secours. Son fils était un héros, tout le monde devait le savoir. La nouvelle de l’accident fit vite le tour des bureaux. Légèrement déformée par le bouche à oreille tout le monde avait retenu que Mr Uzumaki Naruto s’était fait renverser par une voiture en tentant de sauver un homme.

Tandis que Naruto essayait de tenir le coup dans sa prison hospitalière, Hinata et sa famille vivaient une période florissante.  Les effets de la publicité dans le magazine de la famille Uzumaki commençaient à se faire sentir. Le carnet des réservations se remplissait à vu d’œil et déjà, son taux avoisinait les quatre-vingt-dix pour cent pour les prochaines semaines. Le nombre de plus en plus élevé d’appels téléphonique qu’Hinata recevait tous les jours, lui redonnait le sourire et l’espoir qu’elle avait perdu pour l’avenir. Si ce début de succès se confirmait et continuait dans le temps, les dettes seraient enfin couvertes et les employés allaient pouvoir accéder à leur dû en recevant enfin le salaire qu’ils méritaient. Grâce à Naruto l’auberge était sur la voie de la réussite. Oui c’était bien grâce à lui et chaque client qu’elle rajoutait aux réservations lui rappelait ce détail. 

C’est par un appel téléphonique de son ami Shikamaru, qu’Hinata apprit l’accident de son mari. Profitant du calme et du nombre encore insuffisant de client, les sœurs Hyûga avaient passé un après-midi en ville pour faire des courses.  Friande de lèche vitrine, contrairement à sa sœur, Hanabi avait insisté pour flâner dans les magasins. La prochaine entrée d’argent lui donnait envie de faire des repérages pour revenir se faire plaisir et changer sa garde-robe. C’est pendant la visite d’une de ces boutiques qu’Hinata eut vent de la nouvelle. 

- Un accident ? S’exclama-t-elle tout à coup en s’arrêtant au milieu du rayon que sa sœur venait d’emprunter.

- Oui. Tu n’es pas au courant ? S’étonna Shikamaru au bout du fil.

- Non…

- Comment ça ? Tu habites avec lui et personne ne te l’a dit ?

- Ben en fait je ne suis plus chez lui. Ça fait une semaine que le contrat est terminé…

- Déjà ? Merde, je pensais trouver les bonnes informations avec toi. Dommage. Je vais encore essayer de joindre la directrice…

- Attends Shikamaru. Qu’est ce qui s’est passé ? 

- On m’a dit qu’il s’est fait renverser par un camion. Commença-t-il. Il est à l’hôpital en ce moment, la directrice est avec lui. C’est la seule chose qu’ils savent au bureau. On nous a rien dit sur la gravité de l’accident. Il y a des tas de rumeurs qui circulent là-dessus d’ailleurs et j’ai aucun moyen de savoir si c’est vrai. Je suis en déplacement professionnel en ce moment, je ne suis pas à Tokyo. Du coup je ne peux pas aller le voir. Cela fait deux jours que j’essaie de joindre sa mère mais elle ne répond pas.  Je ne sais pas s’il va bien et ça m’inquiète un peu…

- J’espère qu’il va bien…

- Moi aussi… Confirma Shikamaru avant de conclure. Appelle-moi si tu entends quelque chose à ce sujet…  

Hinata raccrocha son téléphone, un peu troublée par ce qu’elle venait d’apprendre. Naruto avait eu un accident et Shikamaru n’avait aucune nouvelle de lui. Il n’avait pas pu lui dire grand-chose puisque lui-même était à la recherche d’information.

- Qu’est-ce qu’il se passe ? lui demanda aussitôt Hanabi qui pensait avoir compris le sujet de l’appel que sa sœur venait de recevoir.

- C’est Naruto… Il s’est fait renverser.

- C’est grave ?

- Je ne sais pas… Il est à l’hôpital… Shikamaru n’a pas la moindre nouvelle…

Hanabi resta silencieuse quelques secondes. Elle constatait sans mal que cette mauvaise nouvelle inquiétait sa grande sœur. 

- Ne t’en fais pas. La rassura-t-elle. Les crétins dans son genre s’en remettent vite. Je suis sûre que Shikamaru te rappellera pour te dire qu’il n’a rien…

Elle n’attendit pas la moindre réponse d’Hinata et reprit son repérage au milieu des rayons espérant pouvoir très vite passer à autre chose. Cette homme n’avait plus rien avoir avec eux, Hinata n’avait donc plus à se soucier de lui. Mais malgré ses tentatives pour reprendre le cours de sa promenade, Hanabi se trouva bien seule face à ses choix difficiles.  Derrière elle, sa grande sœur suivait toujours mais sa présence était devenue fantomatique.

- Je ne sais pas du tout ce que je dois faire… s’exclama Hanabi en sortant du magasin. Est-ce que tu crois que je devrais me laisser tenter par la jupe bleue hors de prix ?

Elle attendit quelques secondes la tête tournée vers Hinata. Celle-ci les yeux dans le vide, ne semblait pas avoir compris qu’elle lui parlait.

- Là, tu es censé me dire que ce n’est pas une bonne idée. Reprit Hanabi. Que papa ne serait certainement pas d’accord et qu’en plus cette jupe ne me va pas du tout... Hinata ? Tu ne m’écoutes pas ! 

- Mais si, je t’écoute. Répondit enfin celle-ci.

- Menteuse ! Ce n’est plus avec moi que tu es mais plutôt avec lui. Tu veux aller le voir, c’est ça ?

- Non, pas du tout. C’est juste que… ça m’inquiètes un peu de ne rien savoir… avoua Hinata.

- Ah bon ? Tu ne devrais pas pourtant. Vous n’avez plus aucun lien…

- Je sais mais ça reste quand même un ami.

- Comment ça un ami ? Je croyais que tu ne le supportais pas ?

- C’était avant. Depuis il a beaucoup changé. Je te l’avais dit. Ces dernières semaines il était de plus en plus différent et on est devenu officiellement ami.

- Ben voyons, voilà qu’ils sont amis maintenant. Il manquerait plus que tu me dises que tu es amoureuse de lui et là c’est le pompon. Comment peux-tu être aussi sympa avec un homme comme lui ?

- Et toi ? Comment peux-tu autant détester un homme que tu ne connais pas ? 

- Je le connais… commença Hanabi avant d’être coupé par sa sœur.

- Non ! Si c’était le cas tu ne parlerais pas de lui de cette façon !

- Ça va.  Ne t’énerve pas.  Moi qui allais te proposer d’aller lui rendre visite. Finalement je vais peut-être changer d’avis.

- Lui rendre visite ? Toi ?

- Oui. Aussi étonnant que ça puisse paraitre, j’ai quand même un cœur. Ce n’est pas parce que je ne l’apprécie pas autant que toi que je lui souhaite malheur. Par pure sympathie et parce que je dois avouer qu’on lui doit bien ça, pour l’auberge, je veux bien t’y accompagner. 

- Ah bon ?

- Oui, si ça peut te rassurer de le voir, allons-y. Conclut enfin Hanabi.

Hinata ne se fit pas prier. Elle accepta la proposition de sa petite sœur et toutes deux prirent le chemin pour l’hôpital. La dernière phrase d’Hanabi était vraie. Elle était inquiète et le seul moyen d’y remédier s’était d’aller sur place. Elle voulait avoir la certitude qu’il aille bien et pourquoi pas de le voir de ses propres yeux.  L’urgence et la gravité de la situation venaient de mettre les deux sœurs sur la même longueur d’onde. Pour une fois elles étaient du même avis. L’effort exceptionnel qu’Hanabi venait de faire pour cet homme s’arrêta devant les portes de l’hôpital. Il n’était quand même pas question qu’elle aussi lui rende visite. Répétant pour la dixième fois à sa sœur qu’elle n’était là que pour l’accompagner, elle la laissa continuer seule. Après quelques dernières recommandations, comme de ne pas trop la faire attendre, elle s’installa sur le premier banc vide qu’elle trouva dans la grande cour devant l’immeuble. La porte de l’hôpital en pleine ligne de mire, elle commençait déjà à compter les minutes.

Alors que l’impatiente Hanabi trouvait déjà le temps long, Hinata se renseigna auprès de l’accueil. On lui indiqua la chambre de Mr Uzumaki et sans attendre elle prit le premier ascenseur à sa disposition pour monter. Alors qu’elle était sur le point d’être rassurer sur l’état de santé de celui qui était toujours son mari, c’est avec une certaine panique qu’elle regardait le décompte des étages s’afficher dans l’ascenseur. Il y avait des possibilités que les nouvelles ne soient pas bonnes, tout était envisageable. L’estomac noué, elle pénétra dans le couloir à la recherche de la chambre numéroté et la trouva sans difficulté. Plantée devant la porte, la jeune femme s’octroya quelques minutes pour tenter de se calmer. Elle s’apprêtait à le revoir après une semaine de retour à la vie normale. Alors qu’elle l’avait quitté dans la précipitation, il était maintenant là derrière cette porte. Pas encore tout à fait prête à se retrouver face à lui, Hinata vit la situation lui échapper lorsque la porte face à elle s’ouvrit en une fraction de seconde. Figée devant la personne qui venait de lui voler ses minutes de préparation, Hinata resta muette alors que l’autre, un peu moins surprit qu’elle, prit la parole.

- Hinata ? Qu’est-ce que vous faites devant la porte ? s’exclama une voix féminine. Je vous en prie, entrez ! Vous êtes venu voir mon fils ?  

- Mme Uzumaki ?! S’exclama à son tour Hinata dont le cerveau venait enfin de mettre un nom sur cette personne. Je… oui…

- Il n’est pas là mais vous pouvez quand même entrer. Lui expliqua la directrice. Il est descendu rencontrer des amis. Il ne devrait pas tarder à remonter. Je vais l’appeler…

- Non non, ça va. Ne le dérangeait pas. S’exclama aussitôt Hinata suspendant le geste de la directrice. Je suis juste venue prendre des nouvelles. C’est Shikamaru qui m’a mise au courant. Il est très inquiet. Il n’arrive pas à vous joindre au téléphone.

- Ah oui, c’est vrai. Je n’ai pas eu le temps de le rappeler. Je le ferais tout à l’heure. 

Après avoir rassurée Hinata sur l’état de santé de son fils, Kushina raconta ce qu’on lui avait expliqué sur l’accident. Le SDF au milieu de la route, l’arrivée du camion, l’intervention de Naruto pour éviter le drame et la chute qui l’avait mené à l’hôpital. Ce que venait de lui apprendre la directrice était à l’opposé de ce qu’elle avait imaginé. Naruto avait échappé à l’accident. Il ne s’était pas fait renverser. Il avait lourdement chuté en portant secours à un homme. D’ailleurs si elle avait bien compris, cet homme était un sans domicile fixe qu’il connaissait depuis longtemps. Tout portait à croire qu’il s’agissait de Mr Taichi mais Kushina n’avait pas pu lui confirmer.  Elle avait simplement dit qu’il n’avait rien eu, contrairement à son fils. Elle lui fit part de ses sentiments sur cette affaire, de l’inquiétude qu’elle avait eue en tant que mère et de la fierté qui l’habitait aujourd’hui, à chaque fois qu’elle racontait ce qu’il avait fait. Hinata la comprenait parfaitement. Même elle, en tant que futur ex-femme, elle n’était pas loin de ressentir la même chose. Elle admirait ce geste héroïque et surprenant venant de lui. Il l’étonnait encore alors que, comme l’avait si bien dit sa sœur, elle n’avait plus rien avoir avec lui.

 

Loin de s’imaginer qu’Hinata était en ce moment même dans sa chambre d’hôpital, Naruto recevait ce jour-là la visite de ses amis sportifs au complet. Alors qu’il était contraint et forcé de rester enfermé entre quatre murs depuis l’accident, il avait profité de leur venue pour descendre prendre l’air.  Sasuke, Choji et Kiba étaient là, installés sur un muret, attendant le récit dans les moindres détails du héros. 

- Qu'est-ce que vous faites là?  Je vous avais dit que cela ne servait à rien de venir ! S'exclama Naruto pour les accueillir.

- Salut ! Nous aussi on est content de te voir ! Lui répondit Sasuke. Tu as l'air en pleine forme dis-donc ?

- Une fracture... commença-t-il à expliquer en secouant son bras... et deux cotés fêlées. Ce n'est rien. Inutile d'en faire toute une histoire...

- Assieds-toi. L'invita Choji en se levant pour lui céder sa place,

- Non merci, ça fait plusieurs jours que je suis cloué au lit. Pour une fois que je sors, je reste debout...

- Bon alors, tu nous racontes ce qui s'est passé ? Demanda Choji en récupérant sa place.

 Ils eurent droit en quelques lignes à sa version des faits. La route, le SDF, le camion et la chute.

- Tu n’as pas essayé de te suicider alors ? Demanda Kiba prenant la parole le premier.

- Mais non. Pourquoi je ferais ça ? s’indigna Naruto.

- Parce que tu es en pleine dépression. Il y en a qui sont passés à l’acte pour moins que ça. Expliqua Kiba.

- Ben ce n’est pas mon cas. Et puis je ne suis pas en dépression !

- Non, il est juste déprimé… rectifia Choji.

- Non, je ne suis pas déprimé... intervint Naruto avant de rectifier… Je ne le suis plus... C’est terminé…

- Sérieux ? S’étonna Sasuke. Tu l’as oublié ?

- Totalement oublié. D’ailleurs je ne sais pas de qui tu parles. Expliqua Naruto.

- Tu vois, je t’avais dit que tu devais reprendre le travail. Lui dit Choji.

- Ouais et c’est justement quand je reprends sérieusement que je me retrouve coincé ici, avec ma mère collée à mon dos toute la journée… se plaignît Naruto. J’aurais mieux fait de rester dans mon lit.

- C’n’est pas moi qui t’es dit de foncer dans le mur. Se défendit Choji. T’avais qu’à le laisser au milieu de la route. Rien ne dit que le camion ne l’aurait pas éviter.

- Tu veux dire que j’ai mal réagi, c’est ça ?

- Non, c’est très bien. Peu de gens aurait fait cela. Expliqua Choji. Assume et arrête de te plaindre.

- Faut voir le bon côté des choses. Commença Sasuke à son tour. T’es un héros, tu vas avoir encore plus de succès qu’avant.

- Ouais c’est vrai, confirma Kiba. D’ailleurs tu dois avoir la côte auprès des infirmières. Profites-en, c’est l’endroit idéal pour oublier ton chagrin d’amour…  Regardes celles qui arrivent là.

Tous les regards se tournèrent dans la direction indiquée par leur ami. Naruto eut à peine le temps de pivoter sur lui-même qu'il croisa le regard d'une jeune femme en train de passer derrière lui accompagnée d'une autre femme. 

- Plutôt pas mal, hein ? Continua Kiba. Intelligente, belle, blouse super sexy. Tu as l’embarras du choix ici…

- Ouais, c’est intéressant ça. S’exclama Sasuke alors qu'il ne s'adressait pas à lui. Viens on y va, j'en veux une aussi...

- Non merci, Ça ne m’intéresse pas.  L’envoya balader Naruto alors que Sasuke venait de se lever, prêt à aller draguer.

- Allez ! Soit sympa. Le supplia Sasuke. Laisse-moi profiter de ta popularité...

- Regardez celles-ci ! S'exclama tout à coup Kiba en tournant la tête vers sa droite. On dirait qu'elles sont intéressées.

Lassé par ce petit jeu, Naruto tourna la tête comme tous ses amis en soufflant intérieurement. Sasuke était plutôt lourd. Quand il avait décidé quelque chose à propos des femmes il était souvent difficile d'avoir le dernier mot.  Installé sur un banc, à quelques mètres d'eux, un groupe de femmes regardaient dans leur direction. Entre les rires de certaines, les messes basses et les signes quelque peu timide d'autre, il était évident qu'elles étaient ouvertes à toute tentative de drague venant d'eux. On pouvait même dire qu'elles n'attendaient que ça. Naruto découvrit cette scène avec un détachement sidérant pour quelqu'un qui se disait guérit de son premier chagrin d'amour, alors que Sasuke trépignait d'envie d'aller les voir.  D'ailleurs, malgré ses demandes, Naruto continuait à refuser catégoriquement de l'y accompagner.

- Laisse-le tranquille, tu vois bien qu'il n'a pas envie... Le défendit Choji.

- Mais j'ai besoin qu'il vienne avec moi. Avec le blessé, j'aurais plus de chance de ...

Naruto n'entendit pas la suite. Alors qu'il avait toujours la tête tournée vers les jeunes femmes qui excitaient tant cet idiot de Sasuke, quelqu'un passant près d'elles venait d'attirer son attention. A la seule vue de ses cheveux, long noir ébène, le jeune homme eut un sursaut croyant voir Hinata. Non ce n'était pas elle. Quelques secondes lui suffirent pour finalement identifier la seule qui pouvait ressembler trait pour trait à sa femme. Plus petite, cette gamine n'était autre que sa sœur. Celle-ci, à priori totalement seule, marchait vers l’entrée de l’hôpital.

- J’y vais les gars ! S’exclama tout à coup Naruto en se tournant vers ses amis. Merci d’être passé me voir. On se revoit à la salle…

- Tu t’en vas déjà ? S’étonna Kiba.

- Tu rigoles ? On a fait l’effort de venir te voir et toi tu nous accordes si peu de temps ? s’indigna Choji.

- Ouais je sais. Assuma Naruto. Mais je viens de me rappeler que j’ai un truc à faire, désolé.

- Quoi ?! S’énerva Choji.

- Vous auriez dû m’écouter, fallait pas venir… conclut Naruto en commençant à partir.

- Attends Naruto. Tu restes encore combien de temps ici ? cria Sasuke.

- Je sors demain! Eut-il comme réponse.

Abandonnés assez rapidement par leur ami, les trois jeunes hommes regardèrent Naruto s’éloigner. Il avait trouvé mieux à faire que de parler avec eux.

- C’est ta faute Sasuke. L’accusa Choji. Proposer d’aller draguer alors qu’on est là…

- Ça va. C’était pour m’assurer qu’il allait vraiment bien… s’expliqua Sasuke. En puis ce n’est pas pour ça qu’il s’est barré, il les a même pas regardées.

- Qu’est-ce qu’il peut avoir à faire d’aussi important dans un hôpital? S’étonna Choji. Il s’est foutu de nous…

- Tu ne peux en vouloir qu’à toi Choji. Commença Kiba à son tour. C’était ton idée. C’est toi qui as insisté pour qu’on vienne le voir.

- C’était pour le soutenir… expliqua celui-ci.

- Ben il n’a pas besoin de nous… conclut Sasuke.  

 

Puisque sa petite sœur était ici, il y avait des chances qu’Hinata y soit aussi. Au pas de course pour la rattraper, Naruto espérait que ce soit le cas. Peut-être même qu’elle était venue le voir lui. Il trouva Hanabi assise sur un banc toujours seule. Sans hésiter et presque confiant, il s’arrêta devant la jeune fille qui sursauta en le voyant débarquer face à elle.

- Est ce qu’elle est ici? S’exclama-t-il tout à coup sans prendre le temps de reprendre son souffle et sans la moindre salutation au préalable.

- Quoi ? Eut-il comme réponse. 

- Est-ce que votre sœur est là ? Recommença-t-il légèrement irrité de répéter.

- Oui ! Lui répondit-elle enfin, sur un ton aussi dur que lui.

- Elle est venue pour me voir ? Osa-t-il demander, calmé par la confirmation de sa présence.

- Bien sûr. Que croyez-vous qu’on soit venue faire ici ? Répondit Hanabi comme si c’était évident.

Naruto resta immobile quelques secondes, silencieux, le temps d’emmagasiner ce qu’il venait d’apprendre. Oui elle était là et oui elle était venue le voir. A cette seule pensée il reprit aussitôt ses esprits.

- Ne vous faites pas d’idée… commença Hanabi…  elle n’est pas venue parce qu’elle…

Nullement intéressé par les paroles de son interlocutrice et sans prendre congé auprès d’elle, Naruto se tourna pour foncer droit vers les portes de l’hôpital. Il devait absolument retourner dans sa chambre. Quelqu’un lui avait dit pour l’accident. Elle était venue lui rendre visite et lui, n’était même pas dans sa chambre pour l’accueillir. 

- Hey! Vous pourriez m’écouter !! Entendit-il en s’éloignant. Je n’avais pas fini !!!

Légèrement pressé, il perdit patience devant les ascenseurs et emprunta finalement les escaliers pour monter les deux étages le séparant de sa chambre. Il arriva dans le couloir, essoufflé et presque plié en deux par la douleur subitement revenue. Il était un peu tôt pour faire de tel effort dans son état mais si cela lui permettait de voir Hinata, cela en valait la peine. Il n’était pas question qu’il la loupe. Elle était là, il devait en profiter pour la voir et avoir une chance de parler avec elle. Il avait des questions à lui poser. Il prit quelques secondes pour se calmer et continua aussitôt son chemin au pas de course. Il traversa le premier long couloir évitant de justesse de renverser une femme et ses enfants. Aussitôt réprimandé par un docteur témoin de la scène, qui lui avait crié : « On ne court pas dans les couloirs Monsieur ! », il arrêta sa course avant le premier croisement pour continuer en marche rapide. Sans le savoir le médecin venait de lui éviter une violente collision car en plein virage, il heurta une autre personne arrivant en sens inverse. Sans vitesse, le choc fut beaucoup plus léger mais pas pour autant sans risque pour le blessé. Celui-ci aussitôt plié en deux par la douleur, s’énerva sans même voir à qui il avait affaire.

- Ça ne va pas non !! Cria-t-il en souffrant comme un bébé. Regardez devant de vous quand vous marchez !!

- Je suis désolée… lui répondit la personne impliquée dans la collision.

Ces trois mots suffirent au jeune homme pour reconnaitre cette personne. Gravée dans sa mémoire, cette voix féminine était pour lui reconnaissable entre mille.

- Hinata ? S’exclama-t-il levant enfin les yeux.

Il trouva la jeune femme aussi stupéfaite que lui. Une main posée sur son nez, elle resta muette face à un Naruto subitement remit de son mal, regrettant sa réaction agressive.

- Je t’ai fait mal ! Dit-il horrifié. Je suis désolé. Fais voir…

Il s’approcha d’elle et suspendit son geste lorsque celle-ci recula d’un pas pour l’éviter.

- Non c’est bon ! S’exclama-t-elle en levant sa main pour lui montrer son nez en parfait état. C’est rien et puis c’est de ma faute, alors ce n’est pas grave.

- Non c’est ma faute à moi. Je n’aurais pas dû dire ça. Avoua-t-il pour pardonner ses paroles. Je n’ai pas fait attention…

Le silence s’installa entre les deux jeunes gens. Naruto reprenait ses esprits, légèrement chamboulé par cette rencontre, tandis qu’Hinata découvrait les blessures de son mari. C’est vrai qu’il n’avait pas grand chose. Seul son bras prouvait qu’il lui était arrivé quelque chose. Mais même si cela semblait léger, il souffrait quand même un peu.  Elle venait d’en être témoin.

- Tu es venue pour me voir ? demanda-t-il alors qu’il avait déjà la réponse.

- Oui… avoua-t-elle timidement. J’étais dans le quartier alors j’en ai profité pour passer par ici… C’est Shikamaru qui m’a prévenue. Il était très inquiet… du coup je l’étais moi aussi…

- Il n’y a pas de quoi l’être… affirma-t-il appréciant ses paroles. Elle était venue spécialement pour lui rendre visite et en plus elle s’était inquiétée pour lui… Je n’ai rien du tout…

- Je sais. J’ai vu ta mère, elle m’a racontée…

- Je ne me suis pas fait renverser… Lui dit-il.

- Ce n’est pas ce qu’elle a dit… lui confirma-t-elle.

- Je ne sais pas pourquoi mais tout le monde est persuadé du contraire. Expliqua-t-il.  C’est sûr que c’est beaucoup moins ridicule que la vérité. 

- Ce n’est pas ridicule. Le rassura-t-elle aussitôt. Tu as sauvé quelqu’un, sans faire attention à toi… Personnellement, je préfère ça. Je n’aurais pas aimé que ce soit plus grave…

Hinata s’arrêta quelques secondes, gênée par ce qu’elle était en train de dire. Aussi embarrassé qu’elle, Naruto resta silencieux. Touché par ses paroles, il appréciait ce qu’elle pensait de cette histoire et surtout ce qu’elle pensait de lui.

- C’est un beau geste…  reprit-elle avant de répéter encore une fois… Ce n’est pas ridicule…

- Tout le monde aurait fait ça… Expliqua-t-il pour minimiser ce titre de héros qu’on lui avait attribué. Je n’ai pas réfléchi…

- Et grâce à ça, il n’a rien eu.

- Pas une égratignure. Il était certainement de retour en bas de l’immeuble le soir même. Expliqua-t-il sachant qu’elle parlait du SDF. Elle qui s’intéressait beaucoup à lui avait certainement besoin d’être rassuré… Il est plus robuste que moi…

Alors que Mme Uzumaki n’avait pas pu lui confirmer qu’il s’agissait de Mr Taichi, Naruto venait de le faire sans qu’elle n’ait besoin de poser la question. Le SDF qu’il avait sauvé était bien celui qu’elle connaissait.

- Merci d’avoir été là pour lui. Je suis contente qu’il n’ait rien eu. S’exclama-t-elle le sourire aux lèvres. Il ne méritait pas ça… Je suis contente pour toi aussi. J’avais imaginé le pire alors je suis ravie de te voir comme ça. J’espère que bientôt ça ira mieux…

Hinata laissa au jeune homme le loisir de prendre à son tour la parole mais celui-ci n’en fit rien. Il resta silencieux, bloqué par le regard et les paroles sincères de la jeune femme.

- Je vais y aller. S’exclama-t-elle soudainement, ramenant Naruto à la réalité. Ma sœur m’attend dehors, elle doit s’impatienter.

- Attends ! S’écria-t-il l’empêchant de se mettre en mouvement. J’ai besoin de te parler d’autre chose…

Cette phrase paniqua aussitôt la jeune femme qui avait comme l’impression que le sujet allait porter sur des faits qu’elle souhaitait oublier.

- C’est à propos de ton départ. De ce qui s’est passé entre nous… j’ai des…

- Je n’ai pas le temps. S’empressa de répondre Hinata comprenant qu’elle avait raison. Ma sœur est…

- Je le sais ! La coupa à son tour Naruto. J’en ai juste pour cinq minutes…

- Désolée il faut que j’y aille… préféra-t-elle répondre avant d’amorcer son départ.

- Attends !! S’écria-t-il derrière elle, alors qu’elle partait déjà à grande enjambée vers les ascenseurs. 

- Passe une bonne soirée ! Lui répondit-elle sans se retourner.

- Pourquoi ? Continua-t-il énervé par cette attitude qu’elle avait encore une fois avec lui.

- Parce qu’il n’y a rien à dire là-dessus. Il ne s’est rien passé et puis… je n’ai pas le temps.

Hinata ignora totalement les ascenseurs, ne voulant pas perdre encore du temps à les attendre et poussa la porte menant aux escaliers. Mais alors qu’elle était prête à les emprunter sans jeter un regard derrière elle, le jeune homme stoppa sa fuite.

- Aaaaahhh ! Merde. L’entendit-elle se plaindre de douleur.

Il avait empoigné le bras de la jeune femme avec celui qu’il avait blessé durant son accident. L’urgence de la situation lui avait fait oublier son handicap passager. Le visage crispé par la douleur, il prit quelques secondes pour s’en remettre tout en fixant la jeune femme. Celle-ci n’était pas loin de ressentir son malheur. Il ne faisait pas semblant, son expression était d’une telle intensité qu’elle avait serré les dents comme si elle résistait elle aussi à la douleur.

- Juste cinq minutes… réussit-il enfin à dire.

- Non.

La réponse catégorique qu’elle lui donna, calma aussitôt tous ses maux. Sa colère s’évapora et ses dernières forces venaient de faire de même. Comme anesthésié, il ne sentait plus aucune douleur. Elle ne voulait pas parler. Sa réponse ne pouvait pas être plus claire. L’expression de ses yeux renvoyait une ferme intention d’en rester là. Comme le capitaine d’un bateau condamné à couler en pleine tempête, Naruto se voyait contraint à abandonner le navire. Il perdait son temps face à ce mur qui n’avait aucune envie de lui laisser la chance de s’exprimer. Elle voulait partir, et bien soit, qu’elle le fasse.

- Merci d’être venu. S’exclama-t-il résigné mais toujours sincère. J’ai été content de te voir…

- … Moi aussi… lui répondit-elle alors qu’il venait de la lâcher.

C’est elle qui finalement le regarda s’éloigner pour regagner sa chambre. Ils n’étaient, encore une fois, pas sur la même longueur d’onde tous les deux. Alors que lui, voulait à tout prix en reparler, elle, continuait encore à fuir le sujet. Pourquoi faisait-elle ça ? Pourquoi le qualifiait-elle d’erreur ? Pourquoi venait-elle de dire qu’il ne s’était rien passé ? Est ce qu’elle regrettait à ce point-là la nuit passée avec lui ?

Naruto poussa la porte de sa chambre complètement dépité. Ça lui avait réellement fait plaisir de la voir mais cela ne lui avait servi à rien. Sauf à lui rappeler qu’elle n’en avait toujours rien à faire de lui.

- Ah, Naruto ! Tu es là ?! L’accueillit sa mère dans la chambre.

- Ouais c’est moi… répondit-il ne prenant pas la peine de fermer la porte derrière lui.

- Hinata est venue te voir. Elle vient de partir… lui apprit-elle.

- Je sais… j’abandonne…

- Je voulais t’appeler mais elle a dit que ce n’était pas la peine. Continua Mme Uzumaki avant de faire attention aux paroles bizarres de son fils. Comment ça, t’abandonnes ? Qu’est-ce que tu veux dire ?  

- J’en ai marre. Marre de faire des efforts pour rien… Commença-t-il à se plaindre. Il ouvrit le meuble de sa chambre et commença à remplir un sac vide de vêtement sous les yeux étonnés de sa mère…  Faut vraiment être con pour s’obstiner comme ça. Je suis complètement ridicule, ça m’énerve.  

- Je ne comprends rien à ce que tu racontes. Qu’est-ce qu’il se passe ?

- Elle s’en fou !! Lui répondit son fils comme si ça allait être plus clair.

- Elle s’en fou ? Répéta Mme Uzumaki toujours aussi perdue. D’accord, je crois que tu as besoin de te reposer. Et puis, qu’est-ce que tu fais avec tes affaires ?

- Je me casse !

- Quoi ? Comment ça, tu te casse ?

- J’en ai marre d’être coincé ici. Je rentre chez moi !! S’énerva-t-il.

- Tu ne peux pas. Il te reste un jour d’hospitalisation.

- Je m’en fiche ! T’as qu’à rester à ma place si tu veux. J’ai été assez patient. Maintenant je vais récupérer mon chien et je rentre chez moi.

- Mais qu’est-ce qu’il s’est passé avec tes amis ? Qu’est-ce qu’ils t’ont fait pour que tu sois aussi énervé ?... Tu vois, j’avais raison tu n’aurais pas dû descendre. Tu serais resté ici, tu aurais vu Hinata et au moins avec elle tu n’aurais pas été dans cet état là...

- Si ça pouvait-être vrai… conclut le jeune homme un peu plus calme en fermant le placard vide.

Malgré ses demandes répétées, Kushina n’eut pas gain de cause. Son fils avait décidé de quitter l’hôpital et son choix n’était pas contestable. Il s’était passé quelque chose durant son escapade dans la cour de l’établissement et il était certain qu’il n’allait pas lui en dire plus. Obligée d’obtempérer, elle dût se résoudre à le laisser se débrouiller. Il disait aller mieux et ne plus avoir besoin d’aide, alors elle lui devait bien une certaine tranquillité. Il lui restait au moins la possibilité de veiller sur lui au bureau, c’était déjà ça…  

Un coup de téléphone plus tard et Kaito son assistant fut sur place pour le ramener chez lui. Celui-ci lui rendit son chien qu’il avait gardé tout ce temps et assista à leurs retrouvailles avec joie. Naruto lui avait laissé avec un tel détachement qu’il avait eu peur que son patron veuille s’en débarrasser. Mais finalement il était de retour, fidèle à lui-même, témoignant de l’amour qu’il avait toujours pour lui. Sur la banquette arrière de la voiture, Tobi profitait avec délectation des caresses de son maître. Le bonheur était parfaitement réciproque. Après plusieurs jours d’absence, ils se retrouvaient enfin tous les deux et ils n’allaient pas tarder à rentrer chez eux. Kaito les déposa à proximité de leur immeuble et souhaita une bonne soirée à son patron avant de les regarder s’éloigner. Naruto avait déjà prévu sa soirée. Après une bonne douche et un petit repas, il avait décidé de profiter de son canapé qui lui avait bien manqué pendant son hospitalisation. Il allait s’octroyer une petite séance cinéma à lui tout seul. La tranquillité, confortablement installé devant la télévision. Voilà ce qui lui fallait maintenant.  

Il mit son plan à exécution jusqu'à ce que Tobi demande une sortie et l’oblige à descendre dehors en plein milieu de film. Cette sortie obligatoire fut pour lui l’occasion de revoir l’homme qui avait involontairement causé son hospitalisation. Installé sur les marches devant l’immeuble, Naruto n’avait pas fait attention à l’absence du SDF. Perdu dans ses pensées, il regardait Tobi  s’éloigner pour revenir dans la minute qui suivait. Ça faisait un moment qu’il ne s’était plus vraiment occuper de Tobi. Hinata s’était appropriée cette tâche dès son arrivée. D’ailleurs cela avait été l’un des premiers sujets à alimenter les disputes entre eux. Au lieu d’apprécier qu’elle s’en occupe, il avait rien trouvé de mieux à faire que râler et refuser son aide. Il avait perdu quatre mois à cause de ses réactions peu commodes. Comment aurait-été cette cohabitation s’il l’avait accueillie avec un peu plus de sympathie ? Ils auraient pu passer beaucoup plus de temps ensemble et peut-être qu’aujourd’hui elle aurait été encore là.  Naruto souffla, agacé par ses pensées. Elle venait encore de lui prouver qu’elle n’avait aucun intérêt pour lui, et lui, continuait encore à penser à elle. Puisqu’elle semblait vouloir à tout prix tirer un trait sur ces moments vécus avec lui, Naruto devait faire de même. Il devait reprendre sa vie là où elle s’était arrêtée à son arrivée chez lui. Il n’avait plus envie d’être cet idiot amoureux. Il voulait retrouver ses habitudes de célibataire. Son chien, son travail, le sport, ses amis et les femmes, voilà seulement ce qui devait composer sa vie. Hinata n’avait plus sa place là-dedans. Il devait la rayer de la carte. Ne plus parler d’elle et bloquer toutes pensées la concernant.

Alors qu’il était prêt à commencer cet apprentissage, le sans-abri, de retour chez lui, mit fin à ses plans.  Naruto reconnut l’homme arrivait au loin.  Cette apparition sembla lui rappeler son existence. C’est vrai qu’il était toujours là celui-là. Cet escalier était d’ailleurs, quasiment le sien. Ce SDF qu’elle avait laissé en son absence, seul dans son appartement. Elle avait fait confiance à un homme sale qu’elle ne connaissait pas. Qui était capable de faire ça ? Cette histoire aurait pu très mal se finir. Beaucoup d’homme comme lui devenait fou après des années d’errance. Elle avait eu de la chance que celui-ci n’en soit pas un. Elle était tombée sur un homme plutôt sein d’esprit qui, fallait bien l’avouer, était toujours poli. Même avec ceux, comme lui, qui passait leur temps à l’ignorer. Peut-être bien qu’il méritait l’intérêt qu’elle lui avait toujours porté. Il était quand même intervenu quand elle avait eu des problèmes par sa faute. Même s’il n’avait pas fait grand chose dans cette bataille, c’était grâce à lui et au temps qu’il avait gagné en s’interposant qu’Hinata n’avait pas subi le pire. Oui, il le méritait.

- Bonsoir. Le salua Mr Taichi en bas des escaliers.

- Bonsoir… lui répondit Naruto pour la première fois.

- Vous êtes rentrés… commença le SDF surprit et ravi d’avoir pour une fois un retour venant de cet homme. Il continua espérant ne pas parler à un mur. J’ai appris que vous étiez à l’hôpital. Mais on ne m’a pas dit si c’était grave… Est-ce que ça va ? Votre bras… ? lui demanda-t-il en regardant fixement la blessure.

- Oui. C’est juste une fracture… expliqua Naruto. C’est rien… Et vous ?

- Je n’ai rien eu ! Rien du tout !  S’exclama aussitôt le SDF.

Evidemment il n’avait rien. Naruto le savait pertinemment mais la question était sortie toute seule.

- Grâce à vous… Je suis désolé… s’excusa le SDF en s’inclinant. Je suis vraiment désolé. A cause de moi… Je m’en veux beaucoup. Je vous demande pardon.

Naruto resta muet face à autant de politesse. Vu son comportement il ne doutait pas de sa sincérité.

- Ces pièces… Commença Naruto… Valaient-elles vraiment la peine que vous vous mettiez en danger pour elles ? 

- Je n’ai rien à perdre. Lui répondit-il. Alors oui. La moindre pièce, est pour moi, une chance de plus pour pouvoir manger. 

- Vous les avez récupérés ?

- Non, j’ai laissé tomber…

- Vous n’avez pas mangé alors…

- Non mais ce n’est pas grave. Ce n’est qu’un détail…

« Non, ce n’est pas qu’un détail. Vous ne devez pas rester le ventre vide trop longtemps. Vous devez manger… ». C’est ce qu’elle aurait certainement répondu si elle était là. Le souvenir de ce soir-là et des sandwichs qu’il lui avait offert lui revint aussitôt en mémoire. Il avait fait ça pour elle mais c’est vrai que finalement ça ne coutait pas grand-chose.

- Je suis content que ce ne soit pas plus grave. Reprit le SDF installé à sa place habituelle. Et, tout en déballant ses affaires, il reprit.  J’aurais préféré être le seul blessé. Je ne mérite pas qu’on fasse ça pour moi… 

- Personne ne mérite de mourir. S’exclama Naruto. Pas même un inconscient comme vous…

- Je suis désolé… avoua Mr Taichi acceptant cette qualification. Je suis vraiment…

- Arrêtez ! J’ai compris. Vous l’avez suffisamment répété… Oubliez ça !

- Impossible. Vous m’avez sauvé la vie. Je ne pourrais pas l’oublier…

Le jeune homme garda le silence préférant clôturer cette conversation. Même si c’était normal que cet homme s’excuse, ça devenait lourd. Trop lourd pour qu’il le supporte sans perdre patience et finir par s’énerver. Ils restèrent tous les deux dans un calme des plus parfait jusqu'à ce que Tobi, qui s’était octroyé une pause aux pieds de son maître, face un bon pour partir à la poursuite d’un chat passant malheureusement par là. Naruto le laissa courser l’animal. Encore quelques minutes de liberté et ils remontaient chez eux.

- Votre femme n’est pas avec vous ? Demanda tout à coup Mr Taichi osant encore une fois la conversation.

Naruto resta muet quelques secondes, surprit par la prise de parole du SDF et par le sujet qu’il mettait sur la table. Regrettant d’avoir laissé Tobi partir à l’aventure au lieu de rentrer, Naruto fit quand même preuve de sympathie et lui répondit en toute sincérité.

- Non, elle est partie…

- Partie ? S’étonna Mr Taichi. Alors, ça n’a pas marché entre vous… ? J’en suis navré…

- Pas la peine. Ce n’est pas comme si c’était vraiment ma femme. C’était voué à l’échec…

- Alors j’avais raison ? S’exclama Mr Taichi apprenant ce détail. Ce n’était pas vraiment votre femme. Je trouvais bizarre que malgré le mariage et la vie commune vous continuez à vous vouvoyer… C’est dommage. J’ai toujours pensé que vous étiez beaucoup trop différent pour aller ensemble… mais finalement elle vous allait très bien.

- Ce n’est pas ce qu’elle pensait elle… puisqu’elle a préféré partir…

- Dommage. Je l’appréciais beaucoup. Elle était vraiment très gentille. C’est rare de rencontrer des gens comme elle… Ça va me manquer de ne plus la voir.

- Ouais, moi aussi… Avoua Naruto avant de se lever. Il s’adressa ensuite à son chien qui revenait vers lui bredouille.  On y va Tobi !

Celui-ci monta les marches en courant pour franchir la porte de l’immeuble avant son maître. Terminant leur première conversation sur une bonne note Naruto se tourna une dernière fois vers le SDF.

- Passez une bonne soirée… lui dit-il.

- Merci. A vous aussi… lui répondit l’homme un léger sourire aux lèvres.

La fin de leur échange se soldait sur un sujet plutôt triste. Alors qu’il était censé avoir repris du poil de la bête, les paroles du SDF venaient de lui plomber une fois de plus le moral.  Naruto était bien placé pour être d’accord avec lui. Oui, c’était bien dommage qu’elle soit partie. En plus d’être triste pour lui, il avait dit quelque chose de très intéressant. Il trouvait que, malgré leur différence, Hinata allait très bien avec lui. Cet avis, même s’il venait d’un homme sale en bas de son immeuble, était appréciable. Mais en même temps, c’était un peu dur d’entendre cela. Oui elle était gentille. Elle l’avait finalement toujours était. Et oui, c’était rare de rencontrer quelqu’un comme ça. C’était même la première fois pour lui. Une femme qui ne le regardait pas comme les autres. Qui n’attendait pas qu’on s’occupe d’elle. Qui ne profitait pas de sa popularité et de son argent. Une femme qui, par sa différence, avait chamboulé sa vie. En quatre mois elle avait bouleversé son quotidien, changé sa perception sur certaine chose, pour finalement l’abandonner avec une facilité déprimante.  Ce genre de belle parole lui rappelait qu’il avait perdu gros dans cette histoire.

Naruto se réinstalla devant la télévision, stoppant ses pensées qui encore une fois, à cause de Mr Taichi, étaient tournées vers elle. Comment pouvait-il guérir si à chaque fois qu’il parlait à quelqu’un, on remettait ce sujet sur le tapis. A croire qu’ils n’avaient pas envie de l’aider à passer à autre chose. Sa séance cinéma était finalement tombée à l’eau. Le film était maintenant un peu trop entamé pour qu’il réussisse à le regarder sans se poser des questions et évidemment il n’était plus aussi concentré dessus. Préférant aller se coucher, Naruto rejoignit sa chambre. Mais alors qu’il allait franchir sa porte, une petite masse noire au fond du couloir attira son attention. Le jeune homme reconnu Tobi. Assit, droit comme un i, devant la porte de la chambre d’ami, le chien regardait fixement dans sa direction.

- Tobi ! Qu’est-ce tu fais ? Lui demanda son maître tout en le caressant.

Le chien jeta à peine un coup d’œil vers lui avant de retourner à sa contemplation. A côté de lui Naruto fit de même, histoire de savoir ce qui attirait à ce point son attention. La porte de la chambre était grande ouverte, l’entrée et une partie du lit étaient visibles de leur emplacement. Autant dire qu’il n’y avait rien d’intéressant.

- Tu perds ton temps idiot ! Elle est partie. S’exclama-t-il semblant comprendre le comportement de son chien. Il pénétra dans la chambre et continua. Tu vois bien qu’il n’y a personne. Il n’y a plus rien à elle ici…

Il s’arrêta en apercevant sur un meuble quelque chose qui prouvait finalement le contraire. La peluche qu’elle avait laissée était sagement posée sur la commode de la chambre. C’était surement l’œuvre de la femme de ménage qui passait toujours derrière lui pour ranger.

- Ah ben non, regarde ! S’exclama-t-il continuant à parler à Tobi qui le suivait de près. Il empoigna le renard et reprit. Elle nous a laissé un souvenir. La peluche le plus chère de l’histoire. J’ai mis un temps fou à l’avoir. J’aurais dû l’acheter directement au lieu de me faire chier. Non, en fait je n’aurais pas dû y jouer puisque maintenant je suis condamné à la garder…  Satané Renard. Je devrais le jeter…

Il envoya l’animal sur le lit et aperçut un autre objet qu’elle lui avait forcément rendu. Sur la table de chevet, il reconnut une petite boite familière dont il connaissait le contenant sans avoir besoin de l’ouvrir. C’était la bague du mariage. Évidemment elle n’avait pas oublié de l’enlever celle-là. Contrairement à lui, qui l’avait encore. Revoir cette bague lui fit prendre conscience qu’il avait encore la sienne au doigt. Pourquoi la gardait-il encore ? Quel idiot ! Il regarda sa main d’homme marié une dernière fois avant de prendre enfin la décision de s’en séparer. Un peu coincé après autant de temps visé au doigt, l’anneau ne résista pas longtemps à la forte pression du jeune homme. Il la rangea avec l’autre dans sa boîte et abandonna le tout sur la table de chevet.

- Il faut passer à autre chose. S’exclama-t-il répétant un des fameux conseils de Choji. Toi aussi tu dois faire la même la chose Tobi. Elle ne réapparaitra plus dans cette chambre alors laisse tomber ! Viens on va dormir !

Il sortit de la chambre et traversa le couloir avant de se rendre compte que Tobi ne le suivait plus. De nouveau installé devant l’ancienne chambre d’Hinata, il semblait ne pas avoir compris un traitre mot de ce que son maître venait de lui dire. 

- Pour toi aussi c’est dur… Constata Naruto en le regardant se coucher dans le couloir. Idiot…

Naruto se coucha seul ce soir-là. Le départ d’Hinata n’avait pas laissé qu’un malheureux. Tobi aussi était perturbé, mais il allait bien falloir qu’il s’y fasse. Comme son maître, c’était retour à la vie normale.