L'espoir d'un futur avec elle

par croro

Chapitre 16 : L’espoir d’un futur avec elle.

 

Hinata avait passé une agréable soirée avec son nouvel ami et ses trois compagnons de jeux. De très bonne humeur grâce à eux, elle s’était couchée ce soir-là, un petit sourire aux lèvres. Un évènement légèrement stressant l’attendait le lendemain et ils avaient facilement réussi à le balayer de ses pensées. Alors que du côté de sa famille ils allaient pouvoir reprendre leur vie d’aubergiste, sa vie en colocation avec Naruto était sur le point de finir. Dans quelques jours elle allait retrouver sa vie normale en tant qu’Hinata Hyûga. Une vie de simple employée d’une auberge familiale tentant de remonter la pente, après une catastrophe qui les avait menés au bord de la faillite. Naruto, ses colères et finalement cette amitié naissante feraient vite partie du passé. Elle perdit son sourire en réalisant que c’était probablement la dernière fois qu’elle participait à ce rassemblement « jeu vidéo ».  Elle avait tellement attendu et espéré qu’il l’accepte enfin chez lui, qu’elle était triste de savoir la fin du contrat aussi proche. Elle allait devoir dire adieu à ce bel appartement et à l’indépendance qu’elle avait gagnée. Adieu à Tobi, le chien auquel elle s’était attachée. Adieu au nom Uzumaki et au privilège d’être mariée à un homme aussi populaire auprès des femmes. Pour tout ça, elle n’était pas loin de regretter son futur retour chez elle. Retour à la vie normale, à espérer que les clients soit assez nombreux pour couvrir les frais et payer les factures.  Une vie de pauvre, pleine de galère.

Ce qu’elle vécut le lendemain, l’ouverture officielle de l’auberge, imagé parfaitement le mot «  galère ».  Le client prévu pour ce jour-là annula sa venue dans la matinée, pour finalement n’être là que le lendemain. Tout ce qui était prévu pour son accueil devait être reporté au jour suivant. Habillée de son nouveau tailleur noir, Hinata resta toute la journée à l’accueil devant le registre des réservations vides. Le téléphone ne sonna pas une seule fois. Elle était clairement venue travailler pour rien ce dimanche. Ce mauvais début ne fut pas une surprise. L’auberge venait à peine de rouvrir et les gens n’étaient pas forcément au courant. A part l’installation de panneau annonçant la nouvelle aux environs, la seule publicité qu’Hinata avait pu s’offrir n’apparaissait que le jour suivant dans le journal régional. Entre une annonce sur une page d’un journal lu par des milliers de personnes et la distribution de tract publicitaire, elle avait dû faire un choix. Elle ne disposait pas des ressources nécessaires pour attirer un plus grand nombre de client.

Mise à part la moitié de l’auberge qui avait fait peau neuve, rien n’avait vraiment changé. Cette petite reprise était plutôt mauvais signe. Le mardi, trois jours après l’ouverture, seulement deux chambres étaient occupées. Il y avait bien quelques réservations en plus pour les semaines d’après mais rien d’extraordinaire. Le taux d’occupation des chambres était quasiment le même qu’avant l’incendie. Ce n’était pas encourageant pour la suite. Tandis que Mr Hyûga vaquait à ses occupations sans se préoccuper de leur probable faillite, Hinata semblait être la seule à véritablement y penser. Sa sœur  ne prenait pas le problème au sérieux et faisait confiance à la bonne humeur de leur père pour dire que tout allait bien. Beaucoup plus réaliste qu’eux, Hinata avait du mal à comprendre leur naïveté. Il était évident que s’ils continuaient comme ça, ils allaient droit dans le mur.

Un peu déprimée par une nouvelle journée de travail passée à ne rien faire, Hinata rentra à l’appartement en trainant les pieds. Comme le jour précédent, par manque de travail, elle avait quitté l’auberge très tôt. Avec seulement deux clients, sa présence n’était pas indispensable. Ils étaient suffisamment nombreux, même un peu trop, pour s’occuper du repas et du service du soir.  Totalement inutile, Hinata invita Tobi à la suivre avant de s’arrêter une dernière fois devant le portail. Elle admira le jardin et l’auberge en arrière-plan. Ils avaient tout donné pour la remettre en état et pourtant elle n’allait pas les aider à éponger leurs dettes. Même avec l’argent du contrat de mariage elle n’était pas sûre de pouvoir faire grand-chose. Il ne lui restait qu’une solution et ça n’allait certainement pas plaire à son père. Pour éviter de vendre les terres, chères à leur défunte mère, Hinata allait devoir trouver un travail.  Et cette fois l’aide d’Hanabi, toujours prête à arrêter ses études pour travailler, ne pourrait être refusée. Avec deux salaires en plus, ils avaient des chances d’être à l’abri malgré le manque de client.

La jeune femme arriva à l’appartement, pris une douche et passa une bonne heure devant la télé essayant de penser à autre chose. Puis elle descendit devant l’immeuble accompagnée Tobi qui réclamait une sortie indispensable pour lui. Elle trouva Mr Taichi, le SDF, assit sur les marches et comme cela faisait bien longtemps qu’ils ne s’étaient pas croisés, une discussion s’engagea aussitôt entre eux. Elle préféra laisser son problème de côté, trouvant le sujet déplacé face au SDF, dont la situation était plus à plaindre. Elle lui laissa le loisir de s’exprimer et finalement le sujet tourna autour de lui, de sa vie antérieur, des quelques pièces qu’il avait réussi à gagner aujourd’hui, de ce qu’il s’apprêtait à aller acheter avec pour manger ce soir-là. Le temps passa sans qu’elle s’en aperçoive. Ce n’est que lorsqu’elle vit Tobi courir vers son maître arrivé au loin, qu’elle se rendit compte que la nuit commençait à tomber.

L’arrivée de Naruto précipita le départ de Mr Taichi. Il était temps qu’il aille se débarrasser des quelques pièces de monnaie qu’il possédait. Il salua Hinata avant de faire de même à Naruto qu’il croisa en partant. Celui-ci le gratifia à son tour d’un simple « bonsoir » pour lui répondre. Un simple mot qui honorait le SDF, appréciant les efforts qu’il faisait pour ne plus l’ignorer. 

- Bonsoir. L’accueillit Hinata avant de s’étonner de le savoir déjà de retour alors qu’elle n’avait pas encore préparé le repas. Vous rentrez tôt aujourd’hui.

- Oui, c’est parce qu’il y a le match dans une heure. Lui répondit-il.

- Le basket ! S’exclama-t-elle aussitôt. C’est vrai, j’avais oublié que c’était aujourd’hui. Je suis tellement préoccupée par l’auberge que ça m’est sorti de la tête...

- Qu’est qui vous arrive ? Lui demanda-t-il curieux. Vous avez ouvert dimanche et vous avez déjà un problème…

Hinata regarda le jeune homme face à elle et sans réfléchir, elle lui confia ses interrogations.  Comme à un ami, elle s’ouvrit à lui sans vraiment s’en rendre compte.

- C’est juste que je me pose des questions sur l’avenir. Commença-t-elle. On a beau avoir enfin ouvert je manque cruellement de travail… A part un habitué, nous avons juste eu un seul client. A cette allure-là, j’ai bien peur qu’on ne s’en sorte pas…

- Vous ne seriez pas un peu pressée ? S’exclama Naruto. Laissez-leur le temps de venir, vous n’êtes ouvert que depuis trois jours.

- Oui je sais. Mais je ne pense pas que ça s’arrangera. C’était pareil avant l’incendie… Je pensais qu’avec ça, on allait pouvoir prendre un nouveau départ et au moins doubler notre chiffre d’affaire. Mais en fait, cela n’a rien changé et je suis certaine que ça restera comme ça. Cela fait bien longtemps qu’on a plus le même succès.

- Pourquoi? Votre auberge est pourtant typiquement japonaise, cela devrait être le contraire. Normalement les touristes adorent le traditionnel et même les gens de la ville aiment se ressourcer dans ce genre d’endroit.

- Oui je sais… Mais il y a quatre ans, ils ont construit un complexe hôtelier quelques kilomètres avant notre auberge. Ils ont tout ce qu’il faut pour les clients là-bas. L’architecture moderne avec tout le confort nécessaire et le traditionnel, comme nous. Du coup Ils n’ont plus besoin de venir jusque chez nous… Depuis qu’ils sont là, on a tout perdu.  Mais mon père s’obstine à croire que tout va bien. Pourtant ce n’est pas le cas… on aurait dû accepter la proposition des promoteurs. On aurait dû vendre les terres. C’était la meilleure chose à faire… En attendant je vais devoir me trouver un travail. On a des dettes et pas assez pour pouvoir les régler.

- Vous avez besoin d’argent. Reprit le jeune homme en conclusion. Combien ?

- Oh non. Je ne veux rien de vous. Votre famille en assez fait pour nous. Et puis vous allez déjà me donner l’argent du contrat.

- Oui, mais ce n’est certainement pas suffisant. Je peux en rajouter…

- Non merci ! S’exclama la jeune femme en se levant. Elle regarda Naruto du haut de sa marche et continua. Je me débrouillerai… Mais, c’est quand même très gentil de votre part…

Naruto la regarda sans la moindre réponse ni arguments en tête. Il ne savait plus quoi dire pour l’aider puisqu’elle refusait sa proposition. Que pouvait-il bien faire à part l’aider financièrement ? Face aux malheurs de cette femme il se rendait compte qu’il n’avait jamais eu les mêmes inquiétudes qu’elle. Même si son père l’avait autant détesté que lui, son avenir était quand même tout tracé. Pas de frères et sœurs, des parents qui n’auraient jamais osé le déshériter. Du coup, la fortune familiale lui revenait obligatoirement. Cela ne devait pas être facile d’être à la place de ceux qui n’avaient rien. A sa place à elle. C’était quand même dingue. Il avait tout et pourtant il ne pouvait pas l’aider. Etait-il condamné à la regarder s’enfoncer dans ses problèmes ? Lui, le riche héritier, n’avait-il pas le pouvoir de faire quoi que ce soit pour elle ?

- Je vais m’habiller. Reprit-elle. Sinon je vais nous mettre en retard.

- Non, c’est bon. On n’est pas obligé d’y aller. Lui répondit-il en montant les marches.

- Pourquoi ? Il n’est pas question que je vous empêche d’y assister. Expliqua-t-elle à son mari arrêté à sa hauteur. En plus je n’ai jamais dit que je ne voulais pas y aller. J’ai juste oublié, ça ne veut pas dire que je ne veux pas venir avec vous.

- Ce n’est pas ce que je pensais. C’est moi qui ne veux pas y aller. Lui révéla-t-il. Je ne suis pas fan de basket. Ce sont des places qu’on m’a données alors on n’est pas obligé d’y aller.

- C’est dommage… J’avais besoin de sortir me changer les idées…

Face à la déception évidente de la jeune femme, Naruto resta silencieux. Il était ravi d’annuler ce match qu’il n’affectionnait pas du tout, mais il n’avait pas imaginait qu’elle le prendrait de cette façon. Il avait tout à coup l’impression de faire une erreur. Elle avait visiblement envie de sortir, même si quelques minutes auparavant elle avait oublié ce match. Il venait involontairement de gâcher l’opportunité de lui faire plaisir et à cause de cela elle était déçue.  Légèrement paniqué par la situation, Naruto voyait une belle occasion d’être avec elle lui échapper. Ce n’était pas dans son intérêt de laisser les choses comme ça. Il fallait absolument qu’il corrige sa bêtise.

- Tobi !! s’écria tout à coup Hinata. Viens, on y va !

Naruto regarda son chien, qui, sans la moindre difficulté, répondit favorablement à l’appel de sa mère d’adoption. Tobi monta les escaliers sous les yeux de ses maitres. Il les dépassa et disparut dans le hall de l’immeuble. C’est à l’instant où la jeune femme se mit en marche pour le suivre que son mari prit la parole.

- Attendez !!...

Surprise, Hinata arrêta son ascension et se retourna aussitôt vers lui. 

-… Je peux quand même vous emmenez quelque part… si vous voulez. Proposa-t-il.

- Oui. Répondit-elle sans hésitation Où ça ? 

Naruto ne répondit pas tout de suite. Il garda le silence pendant quelques secondes semblant réfléchir. Il n’avait pas la réponse. Il proposait cela pour rectifier le tir mais il n’avait pas eu le temps de chercher ce qu’il allait bien pouvoir lui offrir comme sortie. A part ce match de basket, il n’avait à cet instant aucune idée pour la suite.

- Allez-vous habiller. Lui ordonna-t-il pour éviter de perdre du temps à chercher et par la même occasion, éviter qu’elle s’aperçoive qu’il n’avait pas la réponse à sa question. On mangera là-bas.

Hinata ne posa pas plus de question et accepta la situation. Elle ne savait pas ce qu’ils allaient faire mais ça ne la dérangeait pas. C’était même plutôt excitant. Elle lui faisait entièrement confiance et même si finalement cette sortie ne s’avérait pas des plus intéressantes, elle était ravie de partager encore quelque chose avec lui. 

Une quinzaine de minutes plus tard, elle était prête et Naruto avait eu assez de temps pour réfléchir.  Il avait finalement trouvé l’endroit idéal pour que cette soirée avec elle soit agréable. Il était même quasiment sûr qu’elle apprécierait autant que lui. Accompagné de Tobi, qu’il avait autorisé à venir avec eux, il prit la route, sa femme sur ses talons. Celle-ci toujours dans l’ignorance, suivit son mari qui l’invita à monter dans sa voiture. Il roula jusqu'à la première superette qu’il trouva ouverte, demanda à Hinata ce qu’elle voulait manger et partit acheter de quoi diner. Il ne mit pas bien longtemps à revenir à la voiture pour enfin menait sa petite famille en balade. A la fois impatiente et curieuse de savoir ce qu’il avait prévu, Hinata résista plusieurs fois à l’envie de prendre la parole pour en savoir plus. Mais si Naruto avait décidé de rester silencieux, c’est qu’il avait probablement ses raisons et elle n’avait absolument pas envie de gâcher cette sortie.

Se contentant de regarder le paysage en se posant milles questions, Hinata eut un semblant de réponse lorsque Naruto pénétra dans un garage souterrain. Elle savait où ils se trouvaient parce qu’elle avait parfaitement reconnu l’endroit mais elle n’était pas réellement sûre que ce soit bien l’arrivée. Il venait de se garer et les invita, elle et Tobi, à sortir. Muni de leur diner, il les entraina à un ascenseur et appuya sur un bouton pour monter au rez-de-chaussée. Puisqu’il avait pris toutes les affaires, elle était maintenant certaine que c’était bien ici que Naruto avait prévu de passer la soirée. Mais cela restait quand même bizarre parce qu’ils venaient, en ce moment même, de pénétrer dans le hall de l’immeuble abritant l’entreprise de la famille Uzumaki. Naruto venait de les amener jusqu'à son entreprise et la jeune femme avait du mal à savoir ce qui pouvait bien être intéressant ici.  Qu’avait-il l’intention de lui montrer? Elle le suivit jusqu'au comptoir de l’accueil où un homme, agent de sécurité les accueillit d’un air plutôt étonné.

- Mr Uzumaki ? S’exclama-t-il à l’encontre de celui-ci. Bonsoir…

- Bonsoir Kotaro… le salua Naruto à son tour. Tu viens de prendre ton service ?

- Euh, non. Ça fait bientôt deux heures maintenant. Lui répondit l’agent de sécurité sans même regarder sa montre. Est-ce que vous avez oubliez quelque chose ? 

- Oui, on peut dire ça… répondit-il à son tour. Est-ce que ma mère est encore là ?

- Non, il n’y a plus personne à votre étage.

- Tant mieux… J’ai besoin que tu enlèves l’alarme de son bureau, s’il te plait ?

- Oui bien sûr… répondit l’agent avant de reporter son attention sur un écran d’ordinateur. Et tout en pianotant sur les touches du clavier il continua. 6ème étages, bureau de la direction…

- Les grilles ne sont pas encore fermées ? S’étonna tout à coup le jeune homme. Tu attends qui?

- Les avocats du 2ème. Ils ont une réunion importante qui risque de durer un bon moment.

- Toujours les mêmes…

- Ils sont sur une affaire compliquée en ce moment… Reprit l’agent comme s’il prenait leur défense…  Hier ils sont partis à 23h…

Il marque une petite pause et reprit.

- Voilà, c’est fait. Alarme coupée. N’oubliez pas de revenir me voir quand vous aurez fini.

- Compte sur moi. Et merci…

Naruto termina sur cette politesse et sans rien ajouter il se remit en route vers les ascenseurs. Totalement passive, assistant en silence à l’échange des deux hommes, Hinata le suivit.

- Attendez Monsieur ! S’écria tout à coup l’agent de sécurité.

Naruto et son accompagnatrice se retournèrent vers lui, surpris par son intervention.

- Le chien. Vous devez savoir qu’ils ne sont pas autorisés dans l’immeuble ?

- Oui je sais. Mais lui ce n’est pas pareil. C’est mon chien… lui répondit le jeune homme bravant l’interdiction. Il ne fera rien de mal. Et si c’est le cas, tu n’auras qu’à dire que c’est de ma faute.

L’agent de sécurité ne sembla pas apprécier la situation mais il n’ajouta rien et laissa Naruto s’éloigner. Ils reprirent tous les trois le même ascenseur qui les avait menés jusqu’ici mais cette fois pour monter au 6ème et dernier étage de cet immeuble. Hinata suivait son mari qui la guidait vers le bureau de la direction. Elle ne comprenait toujours pas ce qu’ils faisaient là et elle était pressée d’en savoir plus.  Visitant l’étage réservé au Seitai Mag, elle découvrait les lieux comme si c’était la première fois. Il faut dire que lors de sa première visite, avec Shikamaru, elle n’avait pas vraiment eu le temps d’apprécier l’endroit. Les couloirs désertiques et les nombreux bureaux plongés dans la pénombre donnaient une impression de grandeur. Croisant une grande pièce peuplée d’une dizaine de bureau, Hinata s’imagina accoudée à l’un d’eux. Habillée de son nouveau tailleur chic, elle pouvait parfaitement passer pour l’une des employées. Elégante et intelligente, gagnant sans aucun doute un super salaire à la fin du mois. Oui, c’est cela qu’il lui fallait. Rien à voir avec sa galère à elle.

La jeune femme pénétra après Tobi dans le bureau de la direction. Le chien, nullement perturbé par cette sortie, semblait être parfaitement à l’aise dans ces lieux. Il avait sagement suivi son maitre sans s’en éloigner une seule seconde mais, arrivé à destination, il paraissait soudainement plus excité. Courant jusqu'à la seule fenêtre que possédait ce bureau, Tobi attira le regard d’Hinata qui en oublia d’admirer cette pièce dans laquelle Mme Uzumaki passait ses journées à travailler. Le chien cibla la fenêtre fermée comme si quelque chose l’intéressait de l’autre côté. Un oiseau avait peut-être attiré son instinct de chasseur. Son maitre le rejoignit aussitôt et tout en le caressant il lui ordonna de se calmer. 

- Calme-toi Tobi… s’exclama-t-il. Tu as compris où on va, c’est très bien. Mais vas-y doucement…

A quelques pas, Hinata regardait cette scène, parfaitement normale, d’un maitre essayant de calmer son chien. Un animal qui, comme toujours depuis qu’elle le connaissait, faisait preuve d’une obéissance extraordinaire. Répondant à la demande du jeune homme, Tobi s’était immédiatement calmé. Seule sa queue qui continuait à se balancer frénétiquement de droite à gauche prouvait qu’il était toujours aussi joyeux. Son maitre le lâcha et attrapa les poignets de la fenêtre pour l’ouvrir en grand.

- Vas-y ! S’exclama-t-il presque aussitôt.

A ces mots le corps de Tobi reprit vie et en une fraction de seconde, sous les yeux stupéfait d’Hinata, il sauta dans l’ouverture et disparu à l’extérieur. Tobi venait de sauter par la fenêtre d’un bureau situé au 6ème étage.

- Il a l’habitude. Il sait où il va… s’exclama Naruto à la jeune femme qui affichait sur son visage la surprise de cette scène surréaliste. J’y vais d’abord et après c’est vous…

Hinata regarda son mari enjamber la fenêtre à son tour et disparaitre dans la nuit de l’autre côté. Elle rejoignit aussitôt la fenêtre à demi paniquée et tomba nez à nez avec Naruto qui venait de réapparaitre.  

- A vous ! S’exclama-t-il l’invitant à le suivre. 

Penchée au bord de la fenêtre, la jeune femme découvrit que son mari n’était pas en train de voler. Elle avait beau avoir confiance en lui, elle n’était quand même pas prête à le suivre n’importe où, surtout pour sauter par la fenêtre, du 6ème sans le moindre parachute. S’ils avaient, lui et son chien, le pouvoir de voler, ce n’était pas du tout son cas. Rassurée d’avoir au moins de quoi poser ses pieds de l’autre côté, Hinata prit son courage à deux mains et enjamba à son tour la fenêtre. Plus petite que lui, il lui fallut pousser sur ses bras pour pouvoir monter sur le rebord de la fenêtre. Puis préférant faire cela par étape en évaluant tous les dangers, elle resta assise quelques secondes sur le bord. Ses jambes à l’extérieur ne touchaient évidemment pas le sol. Il ne lui restait qu’un saut pour y être. Ne se laissant pas le temps de réfléchir pour certainement décider de faire demi-tour, Hinata passa à l’action. Cherchant le sol avec l’un de ses pieds elle se laissa glisser dans l’inconnu et termina sa course sans problème sur ses deux jambes. Sans la moindre prise à laquelle se tenir et en pensant aussitôt au vide qu’elle ne voyait pourtant pas, elle recula pour se coller au bord de la fenêtre. 

- C’est assez large pour deux personnes, vous ne risquez pas de tomber. Expliqua Naruto restait près d’elle, témoin de sa soudaine panique.  Ça va aller ?

La jeune femme regarda cette plateforme qui leur permettait d’être à l’extérieur au 6ème étage. C’est vrai qu’elle était assez large. Un mètre ou deux les séparaient du bord, il fallait vraiment y aller et s’y pencher pour voir le bas de l’immeuble.

- Oui très bien… lui répondit-elle en se détachant du mur pour prouver ses paroles.

Elle avait le vertige mais il lui suffisait d’oublier que le vide se trouvait à quelques pas d’elle et tout irait bien. Prête à prouver que cela pouvait fonctionner, Hinata fit un pas vers le jeune homme avant d’entendre les aboiements de Tobi. Revenant de nulle part, le chien arrivait vers eux en courant. Le danger de ce boulet de canon leur fonçant dessus, perturba le peu de sérénité qu’elle avait en ce lieu. Un peu paniquée, elle se réfugia auprès de son mari et s’y accrocha. Cachée à côté de lui, elle se sécurisait avant l’arrivée de Tobi et le probable contact qu’il aurait avec elle.  Mais Naruto qui avait compris son malaise arrêta aussitôt la course de son chien en émettant un sifflement. Il était beaucoup trop excité par la situation et s’en était véritablement dangereux. Ce bruit figea le chien sur place.

- Je t’ai dit de te calmer ! S’écria Naruto.  Assis !

Tobi fit ce qui lui était demandé et attendit l’arrivée de son maitre qui s’était mis en route vers lui. Toujours accrochée à lui, Hinata le suivit comme son ombre.

- Doucement ! Reprit Naruto sur un ton assez dur pour que le chien comprenne et en le corrigeant d’une petite tape sur la tête. Si tu refais ça, tu rentres !

Hinata apprécia le dénouement de cette histoire et remercia la parfaite éducation que Tobi avait hérité de son maitre. Il n’y avait aucune fausse note dans leur relation. Ils se comprenaient sans même se parler. 

- On va un peu plus loin… reprit le jeune homme plus calmement en s’adressant à Hinata. Il y a une meilleure vue de l’autre côté…

Il siffla pour donner le départ à Tobi et se remit en route. Il constata aussitôt que celui-ci avait parfaitement compris sa précédente faute. Restant à ses côtés, il était calme et marchait au pas. À part cela un détail attira son attention. La jeune femme n’avait toujours pas lâché sa prise. Elle était toujours accrochée à son bras. Ce poids n’était pas dérangeant. C’était même plutôt gratifiant de savoir qu’elle se sentait plus en sécurité près de lui. Sans préméditation, Naruto gagnait encore une proximité avec elle. C’était la seconde fois qu’ils sortaient ensemble le soir et dans les deux situations il avait, sans le vouloir, réussi à attirer la jeune femme vers lui.  C’est vrai que le choix des sorties n’avait rien de classique. Une balade en forêt en pleine nuit et la découverte de la ville du 6ème étage d’un immeuble. Ce n’était pas volontaire mais tout était réuni pour que la femme apeurée s’agrippe toute la soirée à l’homme courageux, ravi de la situation. Il avait décidément beaucoup de chance.

 

Lorsque Naruto avait parlé de « meilleure vue », Hinata avait aussitôt porté son attention à sa gauche. Et alors qu’il s’était remis à marcher, elle pensait avoir enfin compris la raison de leur présence ici. Obnubilée par le vide, elle n’avait pas pris la peine de s’intéresser au paysage. La nuit, les éclairages de la ville, ceux des appartements et la hauteur que cet immeuble leur permettait d’avoir. Voilà le parfait mélange pour une vue magnifique. C’était donc cela son but depuis le début ? Admirer la vue du 6ème étage de son entreprise. Il avait préféré annuler un divertissement plutôt animé pour l’emmener ici. Elle reporta son attention sur lui alors qu’il continuait à la tirer vers l’endroit qu’il estimait  être mieux. Cet homme dos à elle, sur qui elle avait depuis le début des a priori continuait de la surprendre. Comment un homme comme lui pouvait aimer ce genre d’endroit ? Cela ne collait pas à sa personnalité. Toutes ces nouvelles facettes de lui, qu’elle découvrait petit à petit, le rendait de plus en plus intéressant. Passant un virage les menant à un autre versant de l’immeuble, Hinata se rendit compte que sa main tenait toujours fermement le bras de son guide. Elle n’avait, à aucun moment, pensé à le lâcher depuis qu’ils s’étaient mis à marcher. Et lui, n’avait absolument rien dit. Il acceptait gentiment de lui prêter son bras. Occupée à apprécier une fois de plus son comportement, Hinata se vit dérangée en pleine pensées par le jeune homme.

- C’est là… commença-t-il… la vue est beaucoup plus dégagée et on peut au moins voir une bonne partie de la tour de Tokyo…

Il s’arrêta en sentant la main d’Hinata desserrer son étreinte et libérer son bras. Se tournant automatiquement vers elle, il la trouva en admiration devant la vue qui se présentait devant eux. La bouche ouverte, les yeux pétillants d’excitation, elle passait déjà en revue la beauté des bâtiments illuminés. Un coup à droite, un coup à gauche, contemplant les grands buildings en arrière-plan et la tour qui avait réussi à se faire une place entre eux.

- C’est magnifique… laissa-t-elle échapper avant de retrouver le silence.

Respectant ce moment entre elle et ce merveilleux plan de la ville, Naruto resta muet. Il la contempla quelques secondes ravi de constater que son choix de sortie était une fois de plus une réussite. Elle n’avait pas besoin d’en dire plus pour le prouver. Comme lui, elle aimait ce point de vue de la ville. Il ne s’était finalement pas trompé. La tranquillité de ce lieu valait mille fois le match incompréhensible qu’il avait préféré décliner. Toujours un œil sur elle, il laissa filer les minutes afin de lui permettre de découvrir cet endroit. C’est elle, qui après de longues minutes de silence, surprit le jeune homme resté discret à quelques pas d’elle, en se tournant vers lui. 

- Vous êtes incroyable… D’abord les lucioles, maintenant ça… Où allez-vous chercher de telle idée ? Est-ce que votre père a encore quelque chose à voir avec ça ?

Troublé par sa soudaine intervention et ses premiers mots semblant le complimenter, Naruto retrouva aussitôt son naturel en entendant parler de son père. A cette seule mention, il perdit son calme. Pourquoi pensait-elle que cela venait encore de son père?

- Non. S’empressa-t-il de répondre. Pourquoi cela devrait avoir un rapport avec lui ? Vous croyez que je ne suis pas capable de trouver ça moi-même ?

- Non, ce n’est pas ce que je pensais. Lui répondit la jeune femme regrettant aussitôt sa curiosité. On était dans le bureau de vos parents alors je me disais que c’était possible que ce soit encore grâce à lui…

- C’est le bureau de ma mère ! l’interrompit-il laissant monter une petite colère. Il se tourna et se remit à marcher tout en continuant sur sa lancée.  Pourquoi doit-on encore parler de lui dans un moment pareil ? Laissez-le là où il est ! Il m’a assez pourri la vie, j’en ai marre de …

Se rendant compte de son emportement, il se tût et s’arrêta aussi sec. Il se retourna vers elle et ne put que se maudire en la trouvant derrière lui le visage marqué par la stupeur.

- Je suis désolé… s’exclama-t-il aussitôt couvrant en partie le « pardon » qu’Hinata un peu paniquée venait aussi de lui adresser. Non, c’est à moi de m’excuser… Je n’aurais pas dû parler comme ça... En plus, vous avez raison… c’était son bureau à ce moment-là. Et c’est parce que je l’attendais que j’ai découvert cette vue. Du coup, c’est quand même un peu grâce à lui…

- Mais c’est vous seul qui l’avez découvert… rectifia-t-elle… et je vous remercie de le partager de nouveau avec moi.

Le silence qui suivit accompagna le soulagement des deux protagonistes. La peur d’un nouveau conflit entre eux avait paniqué Hinata et lui avait craint de l’avoir choqué. Il avait eu le sentiment d’avoir gâché la soirée en quelques mots, pourtant elle ne semblait pas lui en vouloir et venait même de le remercier. Il avait de la chance mais devait quand même corriger ce défaut avant de vraiment le regretter.

- On devrait manger… s’exclama-t-il tout à coup en secouant le sac qu’il portait toujours en main.

Hinata acquiesça et le suivit. Ils s’installèrent contre le mur de l’immeuble à même le sol et partagèrent le contenant du sac de marchandise acheté pour le repas. Intéressé par l’appétissant repas que ses maitres exhibés sous son nez, Tobi s’installa face à eux. Sagement assis, il espérait être assez attendrissant pour avoir droit à quelque chose. L’avantage d’avoir deux maitres, lui donnait au moins deux fois plus de chance d’y arriver.

- Tobi à l’air de bien connaitre les lieux ?  S’interrogea la jeune femme après avoir avalé la première bouchée du sandwich qu’il lui avait donné. Est-ce que vous venez souvent ?

- Oui, assez souvent. Au début ça me permettait d’être tranquille parce que personne ne savait où j’étais. Et après j’ai pris l’habitude de venir à chaque fois que ça n’allait pas. Souvent quand j’étais contrarié à cause de lui d’ailleurs. Expliqua-t-il en parlant de son père. Du coup Tobi est habitué à venir avec moi depuis qu’il est petit. En fait, je n’ai jamais amené personne ici à part lui… et vous maintenant.

- Vraiment ? S’étonna Hinata avant d’avoir la confirmation de Naruto qui se contenta d’hocher la tête pour ne pas répondre la bouche pleine. Ouah ! J’en suis honorée. C’est l’un des privilèges d’être votre femme ?

- On peut dire ça…

Hinata fit un large sourire avant de croquer une fois de plus dans le délicieux sandwich tant convoité par Tobi. Elle avala et reprit aussitôt ne laissant pas le temps au silence de prendre place entre eux.

- Vous êtes surprenant… Quand on vous voit, au premier abord, on ne vous imagine pas aimer ce genre de chose. Vous êtes totalement imprévisible.

- Et alors? Vous trouvez que ce n’est pas bien ?

- Non au contraire. Cela vous va très bien. Justifia-t-elle aussitôt en se tournant vers lui. Un peu gêné de lui faire un tel compliment elle reprit en focalisant de nouveau son attention sur son sandwich… En fait, je me rends compte que je ne vous connais pas vraiment. Cela fait presque quatre mois que j’habite chez vous et il y a encore plein de choses que j’ignore. C’est dommage…

- Je vous intéresse ?  S’étonna Naruto sans faire attention à la formulation de sa phrase.

- Bien sûr ! répondit Hinata avant de se rendre compte que sa réponse un peu trop directe pouvait prêter à confusion. Euh… oui, en tant qu’ami j’aurais voulu vous connaitre un peu mieux.

- Qu’est-ce que vous voulez savoir ?

- Je peux ?  S’exclama-t-elle surprise en le regardant avec des yeux écarquillés.

- Oui. Tant que ce n’est pas trop personnel, j’y répondrai…

Complètement prise au dépourvu, Hinata mit quelques secondes avant de reprendre la parole. Il l’invitait à lui poser des questions, mais il était difficile d’en trouver une, comme ça, de but en blanc. C’est en se servant de leur situation actuelle que sa première question lui vint à l’esprit.

- Comment en êtes-vous arrivé à passer par cette fenêtre ? Lui demanda-t-elle.

Elle effectua une légère rotation sur elle-même afin d’avoir le jeune homme en ligne de mire et attendit sa réponse en espérant qu’elle n’est pas déjà franchit sa limite personnelle. 

- J’attendais mon père pour aller à un entrainement de base-ball. J’étais dans un club à l’école primaire. Je l’ai attendu une heure avant de me rendre compte qu’il ne viendrait pas. Sa réunion était beaucoup plus importante que son fils… Je m’ennuyais, j’ai voulu essayer. Je savais que c’était accessible. J’avais vu des hommes sortir par là pour réparer quelque chose sur le toit. J’étais jeune, j’avais peur de rien. C’est la secrétaire de mon père qui a eu la peur de sa vie. Quand elle a vu la fenêtre ouverte, elle a alerté tout le monde. Ils étaient tous en panique et moi j’étais content de l’avoir fait. La réunion a été écourtée, du coup j’ai énervé mon père qui me l’a fait payer devant tout le monde… Voilà… Vous avez l’impression de me connaitre un peu plus maintenant ? La questionna-t-il après avoir terminé son histoire.

- Oui. Maintenant je sais que lorsque vous vous ennuyez vous passez par les fenêtres… répondit-elle avec un sourire aux lèvres. …Que votre père avait une secrétaire… et que vous aimiez le base-ball…

- Non. J’en ai fait mais je n’ai jamais aimé. Rectifia-t-il. C’est lui qui voulait que je sois sportif. Et il n’a même pas été fichu d’assister au match le plus important. Ce jour-là on a perdu et j’ai décidé d’arrêter. Je n’allais pas perdre mon temps à pratiquer un sport qui n’avait aucun intérêt pour moi puisque le seul concerné s’en fichait…

Il fit une pause et reprit.

- Autre chose ?

- Euh…Oui… Pourquoi vouloir à tout prix toucher votre héritage maintenant ? Lui demanda-t-elle naturellement avant de se rendre compte qu’elle venait de franchir la limite. Ah ! Mince. Laissez tomber. C’est un peu trop personnel. Je vais en trouver une autre…

- Pourquoi vous demandez ça ?  L’interrogea-t-il étonné par sa question.

- Parce que… hésita-t-elle … vous vous êtes marié avec une inconnue, au lieu d’attendre de pouvoir le faire avec la femme que vous aimez.

Cela devenait personnel c’est vrai. Mais bizarrement il ne voyait aucun inconvénient à lui répondre. Elle souhaitait le connaitre, même en tant qu’ami, ce n’était pas un détail à négliger. Il trouvait sa curiosité assez étonnante et plutôt osée mais il répondit avec sincérité.

- Je n’étais pas en couple. Et même si ça avait été le cas, je n’me serais jamais marié. Expliqua-t-il. Je ne vois aucun intérêt au mariage. Je n’ai pas besoin de cet acte pour prouver que j’aime quelqu’un. Mon père le savait très bien. C’est pour ça qu’il a rajouté cette clause. Il savait que si je voulais vraiment son argent je serais obligé de me marier. Et là il aurait gagné…

- C’est le cas, puisque vous êtes marié finalement…

- Non. Ce n’est pas le mariage qu’il attendait puisque tout est faux. Du coup c’est moi qui ai gagné.

- Gagner …? Vous dites ça comme si c’était une compétition…

- On peut dire que ça en était une… Je le détestais, il était hors de question que je lui ressemble. Du coup j’ai toujours mis un point d’honneur à faire le contraire de ce qu’il voulait de moi… et j’y suis toujours arrivé…

- Vous n’avez jamais vraiment discuté avec lui ?

- Pour quoi faire ? Pour l’entendre me dire que je suis un bon à rien… Que je n’irais pas loin dans la vie si je ne suis pas son exemple… Abandonner ma famille pour me plonger dans le travail…

- Il voulait juste vous assurer un bel avenir. Expliqua-t-elle. C’est vrai que pour ça il a négligé sa famille mais cela partait d’un bon sentiment…

- Qu’est-ce que vous en savez ? La questionna-t-il, étonné par cette affirmation.

- Votre mère m’en a parlé. Elle reconnait qu’il vous a délaissé, vous et elle, pour privilégier son travail. Pourtant elle ne lui en veut pas. Il a mis toutes les chances de son côté pour faire de son entreprise ce qu’elle est aujourd’hui. Pour vous assurer un bel avenir et il a réussi.

- Ce n’était pas ce dont j’avais besoin…

- Il a cru bien faire. Mais malgré cette erreur il a quand même toujours été là pour vous. C’est lui qui s’occupait de régler vos affaires lorsque vous aviez des problèmes. Malgré vos bêtises il ne vous a jamais abandonné.

- Mes bêtises ? Ne me dites pas qu’elle vous a raconté ça aussi ?  Il ouvrit de grands yeux horrifiés en voyant la jeune femme hocher la tête pour confirmer. Les vols ?

- Les mauvaises fréquentations, les trafics… Ajouta-t-elle après avoir acquiescé. Oui, je sais que vous n’avez pas été tendre avec eux.

- Pourquoi vous a-t-elle raconté tout ça ? S’offusqua-t-il. C’est personnel. Elle n’avait pas le droit…

- Je l’aurais deviné sans son aide. Je vous rappelle que j’ai rencontré vos amis. Expliqua-t-elle en parlant principalement du dénommé Akita. J’ai bien compris que vous n’étiez pas n’importe qui pour eux…

- Ce ne sont pas mes amis. Rectifia-t-il. Et puis c’est de sa faute si j’ai fini par les suivre ! Ce ne serait pas arrivé s’il avait été là !

Il termina sa phrase un peu énervé comme s’il s’en prenait à la jeune femme. Face à lui, celle-ci resta silencieuse, le laissant reprendre son calme. Vu la teneur de leur discussion elle comprenait parfaitement son emportement.

- Je trouve que vous en savez déjà beaucoup pour quelqu’un qui souhaite mieux me connaitre. Reprit-il une fois la tension un peu retombée. Ma mère s’est bien occupée de vous. Et puis, à quoi vous jouez depuis tout à l’heure ? Vous ne le connaissiez pas et vous le défendez comme si vous étiez son avocat.

- Je veux bien prendre ce rôle s’il le faut… répondit-elle. Il ne peut plus se défendre maintenant, faut bien que quelqu’un le fasse.  Et puis je ne vous crois pas quand vous dites que vous le détestez. Je ne pense pas qu’on puisse réellement détester un père ou une mère. Le mien aussi a choisi de faire passer son travail avant ses enfants mais je sais que ça ne veut pas dire qu’il ne nous aime pas. Il fait ce qu’il avait commencé avec ma mère pour qu’on puisse reprendre l’affaire à notre tour… Vous lui en voulez et ce qui est dommage c’est que vous ne pourrez jamais mettre les choses au clair avec lui. Pourtant cela vous aurez bien aidé…

Elle fixa le jeune homme attendant une réaction de lui plutôt explosive pour défendre son point de vu, mais à son grand étonnement il garda son calme. Il souffla comme pour prouver un léger agacement et la quitta du regard pour poser sa tête contre le mur.  

- Décidemment je n’en aurai jamais fini avec lui. Commença-t-il. Même mort il a réussi à vous rallier à sa cause. Maintenant quand je vous regarderai, je penserai à lui… c’est super… j’en avais pas assez avec le travail, ma mère et Tobi. Il a fallu que vous vous y mettiez aussi.

- Pourquoi Tobi ? Le questionna Hinata.

- … C’était le sien… Il lui a été offert. Mais comme il n’en voulait pas, j’en ai hérité avec l’appartement. C’était facile de s’en débarrasser. Ce n’était qu’un chien après tout.

- Il vous en a fait cadeaux. Cela vous fait au moins un bon souvenir de lui.

- Ouais, comme si j’en avais besoin…

-Vous êtes difficile en affaire. J’ai l’impression d’avoir plaidé pour rien. Est-ce que j’ai réussi, ne serait-ce qu’un peu, à changer ce que vous pensiez de lui ?

- Non, mais c’était bien essayé. N’oubliez pas que vous parlez à quelqu’un qui a passé une bonne partie de sa vie à le détester, je ne pense pas que ça puisse changer du jour au lendemain.

- Dommage…

Hinata se ré-adossa au mur tandis que lui se leva et partit vers le bord admirer la vue. Elle regarda le cadeau hérité de ce père détesté suivre son maitre et focalisa son attention sur eux. Elle était un peu déçue de la conclusion de cette conversation. Mais il n’avait pas tort, même si grâce à ses paroles il se remettait en question, cela n’allait certainement pas pardonner les erreurs de son père. Elle avait quand même essayé et elle était plutôt ravie qu’il le prenne bien. Il s’était ouvert à elle bien plus qu’elle ne l’aurait espéré alors même que le sujet était plus que personnel. Il avait souffert de l’absence de son père et il en souffrait encore. Elle était bien placée pour le comprendre puisqu’elle avait perdu sa mère, mais ce n’était quand même pas comparable. Il en voulait à son père et la frustration de ne pas avoir eu la moindre excuse ou explication avant son décès était certainement la chose la plus difficile à supporter.

Naruto admirait la vue mais n’en pensait pas grand-chose. La conversation, sous forme de leçon de moral, qu’il venait d’avoir avec Hinata ne l’avait pas laissé indifférent, contrairement à ce qu’il lui avait laissé croire. Elle avait répété des choses qu’il avait souvent entendu de la bouche de sa mère. Des explications qu’il avait toujours refusé d’entendre. Bizarrement ces même mots, venant d’elle, n’avait pas la même résonnance. Il avait envie d’y croire comme elle semblait y croire elle aussi. Mais comment excuser ce père absent ? L’entreprise, l’argent, le futur tout tracé, il n’en avait rien à faire de tout ça.  C’était un père qu’il voulait. Quelqu’un qui s’intéresse à lui. Qui le félicite quand il permet à son équipe de gagner. Qui le recadre quand il dépasse les limites. Quelqu’un qui, tous les jours, dans ses actions, lui prouve qu’il l’aime. Il n’avait rien eu de tout ça et c’est ce qui lui avait manqué le plus.

Minato pouvait être fier de lui-même, là où il était, il avait réussi à rallier à sa cause la femme de son fils. La seule femme que ce dernier aurait préféré garder de son côté. Celle dont il était tombé amoureux défendait ce père qu’il essayait d’oublier. C’était décevant.  Elle aussi ne le soutenait pas et devait certainement le trouver ridicule d’être aussi borné. Personne ne le comprenait et c’était bien dommage qu’elle ne soit pas l’exception à cette règle.

Après quelques minutes de solitude près du bord, il se réinstalla de nouveau à côté d’elle et lui proposa un autre sandwich. La présence de Tobi, qui ne perdait jamais de temps pour faire parler de lui, permit de combler le silence près à s’installer entre eux et débuter un nouvel échange. Hinata avoua son affection pour ce chien qu’elle avait rapidement intégrée dans sa famille. Elle salua son éducation parfaitement réussie et fit part de sa tristesse de savoir que bientôt elle ne l’aurait plus à ses côtés. Tout le monde l’appréciait à l’auberge et les clients semblaient également très intéressés par sa présence. Ravi d’apprendre cela même s’il se doutait qu’elle était loin de le détester, Naruto se fit à son tour porte-parole du chien lui assurant que Tobi l’appréciait autant de son côté.  Il lui révéla que, l’intérêt soudain que Tobi avait porté sur elle depuis son arrivée, était inhabituel. Gentil avec tout le monde en temps normal, il avait toujours eu quelques difficultés avec les femmes que son maitre invitait chez lui. Jusqu’au jour où elle avait emménagé sous leur toit, et là, dès le début et sans le moindre problème il avait agi avec elle comme avec personne auparavant. Naruto n’avait jamais trouvé la moindre explication à cette exclusivité mais il s’était au moins rendu compte que dans cette histoire son chien avait été plus intelligent que lui. Il l’avait justement jugée et accepté dès le premier jour alors que lui avait perdu son temps en se comportant comme un idiot.  Un léger sourire aux lèvres, Hinata caressa le chien, à la fois ravie et étonnée d’apprendre qu’il lui avait octroyé un traitement de faveur. C’était dur à croire puisqu’en sa présence il avait toujours été gentil avec tout le monde. Mais c’était une fois de plus un honneur d’entendre une telle chose.

Ils bavardèrent de longues heures passant naturellement d’une chose à une autre. A la fois inintéressante comme l’architecture de la plus grande tour face à eux et instructive avec la découverte des noms de chaque constellations qu’Hinata semblait reconnaitre. De l’entreprise Seitai Mag, ils finirent par parler de Shikamaru. De Mme Uzumaki, à la maladie de Mr Hyûga.  Puis pensant à la fin du contrat prévu exactement le mardi de la semaine suivante, la nostalgique prit le dessus. Hinata s’intéressa aux amis sportifs du samedi qu’elle avait eu plaisir à connaitre, à ces soirées jeu vidéo qu’elle avait vraiment appréciées et qu’elle était certaine de regretter. De l’anniversaire de Kiba, elle passa longuement sur Sasuke et la joie d’avoir constaté le samedi suivant que leur amitié n’avait pas été entachée par leur dispute. Elle fit quelques louanges sur cet ami qu’elle avait apprécié, sans faire la moindre remarque sur ses véritables intentions. Déçu qu’elle n’aborde pas ce sujet-là, Naruto retint sa curiosité et l’envie d’en savoir plus sur les raisons du refus qu’elle avait infligé à Sasuke. Cette question restait sans réponse puisque lui-même n’avait pas eu d’explication. Mais il n’était pas question pour lui d’oser faire la moindre remarque sur ce sujet personnel si ce n’était pas elle qui en parlait avant.

Un peu frustré de finir la dessus, il laissa tomber ses interrogations et répondit à la soudaine excitation de Tobi en déclenchant le départ. Il était probable que celui-ci cache une forte envie de retrouver la terre ferme pour assouvir un besoin naturel. Ils retournèrent à l’intérieur, empruntèrent l’ascenseur et saluèrent l’agent de sécurité qui remis aussitôt les alarmes en route. Tobi eut droit à un petit moment de liberté avant de rejoindre définitivement la banquette arrière de la voiture. La tête passée par la fenêtre, il profita du voyage en se régalant de l’air frais de la nuit lui arrivant en pleine gueule tandis qu’Hinata luttait contre la fatigue côté passager.

Une fois arrivée et profitant des quelques mètres qui séparaient la voiture de l’immeuble, la jeune femme fit part de ses remerciements à son mari pour cette soirée magnifique qu’elle avait aimé du début à la fin. Il n’en fallut pas plus pour satisfaire le jeune homme qui ne résista pas aux regards un peu trop sincère qu’elle posait sur lui. Préférant fixer un mur ou un arbre plutôt qu’elle, il serra les dents pour empêcher toute expression de joie passer sur son visage. Il monta les marches menant à la porte de l’immeuble, ignorant comme toujours la masse sombre du SDF installé dans un coin et attrapa ses clefs pour ouvrir la porte. Il entendit aussitôt derrière lui celle qui le mettait toujours aussi mal à l’aise prendre la parole pour s’adresser au sans-abri. Contrairement à lui, elle ne pouvait s’empêcher de lui parler. Il ouvrit la porte, laissa Tobi franchir le seuil pour y monter aussitôt les marches et se retourna vers la jeune femme. Il la retrouva accroupie à hauteur de l’homme qui parlait d’une voix tellement basse qu’aucun de ses mots ne parvenaient à ses oreilles. La proximité qu’elle laissait entre elle et cet homme sale ne l’étonnait plus, de même que l’intérêt qu’elle lui portait tous les jours depuis qu’elle était là.  Même s’il ne comprenait toujours pas pourquoi elle perdait son temps avec lui, il était forcé de respecter cela. Placé dans l’ouverture de la porte pour l’empêcher de se fermer, il attendait sagement qu’elle finisse sa bonne action, attentif aux paroles de la jeune femme qu’il réussissait à entendre. 

- Vous n’avez pas l’air très bien aujourd’hui. Qu’est-ce qu’il vous arrive ?...... Vous avez mangé ?…. Depuis quand ?…. 2 jours ? Mais comment ça se fait ? … Pourquoi n’êtes-vous pas venu me voir ? Je vous avais dit de le faire. Vous ne devez pas rester le ventre vide aussi longtemps. C’est pour ça que vous êtes fatigués…. Je vais vous chercher quelque chose à manger… Non ! Vous devez manger !... Non, il n’est pas question que je vous laisse comme ça…. Vous savez très bien que ce n’est pas grand-chose pour moi…

Conscient du problème de cet homme, qu’elle ne semblait pas prendre à la légère, Naruto resta bête face sa volonté de lui venir en aide. L’obstination dont elle faisait preuve était fascinante. Pourquoi mettait-elle autant d’énergie là-dedans ?  Tout à coup, comme réveillé par un choc, le jeune homme leva une de ses mains. Toujours chargé du sac contenant le repas qu’ils avaient partagé un peu plus tôt, il trouva la solution au problème de sa femme. Il l’ouvrit, en inspecta le contenu pour enlever les emballages vides qu’il n’avait pas encore jeté et confirma la présence de deux sandwichs restant qu’ils n’avaient ni l’un ni l’autre voulu manger.  Sans réfléchir plus longtemps, il lâcha la porte pour faire offrande de ses achats.

- Tenez ! Mangez-les. Ordonna-t-il le sac suspendu entre le SDF et la jeune femme. On n’y a pas touché.

Il resta le bras en suspension attendant que l’homme accepte de le prendre mais celui-ci probablement surpris, se contenta de le regarder avant de porter son attention sur la jeune femme comme s’il avait besoin de lui demander son avis. Naruto l’imita et regretta aussitôt de l’avoir fait. Il la trouva les yeux fixés sur lui. L’étrangeté de ce regard lui rappela tout à coup que ce qu’il était en train de faire ne lui ressemblait pas. De nouveau mal à l’aise, il résista cette fois-ci à l’envie de fuir son regard. Il était évident que dans le cas contraire elle aurait remarqué son malaise. Elle le fixa de longues secondes avant de débloquer finalement la situation. Elle attrapa le sac et le remercia avant qu’il ne se retourne pour retrouver sa porte. Il entendit la jeune femme reprendre la parole.

- Prenez-les s’il vous plait… s’exclama-t-elle en posant le sac sur l’homme. Ils sont très bons… Ce n’est rien.  Et la prochaine fois n’oubliez pas que je suis là… à demain. Passez une bonne nuit…

Elle se leva enfin, passa la porte et suivit le jeune homme dans les escaliers. Parfaitement silencieuse, elle était perdue dans ses pensées. Les yeux pratiquement en admiration sur le jeune homme occupé à tourner les clefs dans le verrou de la porte d’entrée, elle était bloquée sur l’action généreuse dont il venait de faire preuve. La surprise de le voir débarquer avec ce sac l’avait totalement stupéfaite. Alors qu’elle était prête à aller chercher de quoi nourrir Mr Taichi, Naruto avait pensé aux deux sandwichs restant de leur repas et les avait offerts généreusement. Cela ne lui ressemblait pas de faire ça mais il avait quand même eu l’idée et la gentillesse de prendre cette initiative. Ce geste venant de lui était parfaitement admirable. Elle se déchaussa dans l’entrée et le regarda s’éloigner vers la cuisine. Elle se rendit compte que tous ces changements qui s’étaient opérés en lui depuis un certain temps le rendaient de plus en plus parfait. Les repas et les soirées qu’ils passaient ensemble, la sympathie dont il faisait preuve, le cadeau des lucioles qu’il lui avait offert, les longues conversations personnelles qu’il acceptait d’avoir, cette dernière sortie exceptionnelle qu’il avait spécifié avoir partagé uniquement avec elle. L’accumulation de ses faits détruisait petit à petit le mur qui s’était dressé entre eux. Et cette action inattendue de sa part venait de l’achever définitivement. Il n’était plus l’homme méchant, indifférent et égoïste qu’il avait été auparavant.  Il était devenu l’homme parfait que n’importe quelle femme rêve d’avoir auprès d’elle. Hinata était définitivement charmée par ce nouvel homme qu’elle découvrait et avec qui, elle pouvait avouer, aimait passer du temps. Et même si elle savait que leurs différences sociales les éloignaient toujours autant, rien ne l’empêchait de l’apprécier comme les autres femmes.

Elle cessa sa contemplation quelques secondes avant qu’il ne s’en aperçoive, lui souhaita une bonne nuit et rejoignit sa chambre. Elle était ravie de ce retournement de situation. Elle pouvait enfin faire des éloges sur lui sans regretter ses mots.  Elle avait maintenant la possibilité de confirmer les dires de son assistant, d’expliquer l’amitié que Shikamaru lui portait et comprendre l’admiration de ses collègues féminines.  Mais elle avait quand même un regret. Celui de n’avoir plus que six jours à vivre avec lui dans cet état d’esprit. Le calvaire du début de ce contrat n’en était plus un, et il ne lui restait plus beaucoup de temps pour l’effacer et en faire un bon souvenir. Ils étaient enfin sur la même longueur d’onde mais cela arrivait beaucoup trop tard.

 

Le lendemain, même si aucune bonne nouvelle concernant le chiffre d’affaire ou le futur de l’auberge n’allait venir égayer sa journée, Hinata était moins déprimée que la veille. Naruto n’avait pas vraiment eu tort de lui reprocher son empressement. Ce n’était que le début, il fallait faire confiance au temps, à la légère publicité qu’elle avait pu faire et surtout aux bouches à oreilles. Maintenant face à ses chambres dépourvues de client, elle s’efforçait de penser positivement oubliant le désastre futur qu’ils risquaient de connaitre. Naruto avait réussi à lui remonter le moral et grâce à cela elle se sentait beaucoup mieux. Elle était prête à affronter et accepter ce début d’activité difficile et essayer d’éviter la fermeture par tous les moyens possibles.

La liste des bonnes actions que l’amour faisait faire au jeune homme pour elle, était loin d’être terminée.  Ce mercredi-là, en plus du travail qu’il avait déjà prévu sur son planning, Naruto avait un nouvel objectif.  Il allait profiter de son travail pour aider celui Hinata. Arrivé au bureau avant sa secrétaire et les employés de sa rubrique, il passa les premières heures à les attendre réfléchissant aux possibilités qu’il avait pour y parvenir. Michiru arriva la première pour lui offrir son café quotidien puis Kaito pour accompagner son patron dans les déplacements de la journée. Il salua celui-ci et lui rappela les rendez-vous prévu dans la matinée. 

- A quelle heure on doit y être ? Demanda Naruto.

- Au plus tard 10h. Répondit Kaito.

Naruto regarda l’horloge accrochée au mur et constata qu’il lui restait une heure pour se concentrer sur son objectif avant de quitter le bureau.

- J’ai une urgence ce matin. Où sont les autres ? Demanda-t-il en parlant de ses rédacteurs.

- Suzu est déjà au bureau. Elle prépare la liste des idées que vous avez demandées pour la rubrique. Expliqua Kaito.  Et Fûta, il est encore en maladie pour deux jours.

- Fais venir Suzu et Michiru ici. J’ai besoin de tout le monde. Et dépêche-toi!

Kaito répondit aussitôt à l’ordre de son patron et partit chercher ses collègues. Il revint avec la dénommée Suzu et alerta Michiru au passage. Une réunion d’urgence se préparait. Deux d’entre eux s’installèrent sur les chaises devant le bureau du patron tandis que Michiru se contenta de la banquette derrière eux.

- J’ai un sujet de dernière minute à ajouter à la parution de mercredi prochain… commença-t-il avant d’être coupé par la secrétaire.

- C’est impossible monsieur. S’exclama-t-elle en se levant de la banquette. J’ai déjà donné les fichiers au service publication. C’est déjà bouclé pour nous.

- Je sais. C’est pour ça que tu es là. Tu les appelles et tu bloques la rubrique pour deux ou trois jours. Ils le feront, ne t’en fais pas.

- Il y a quand même un problème, intervint Suzu. On est beaucoup trop juste au niveau des pages ce mois-ci, ça va être compliqué de rajouter un sujet. Sauf si on en supprime un autre…

- Ça ne peut pas attendre le mois prochain ? Le questionna à son tour Kaito.  

- Non, c’est un sujet publicitaire. Ça ne peut pas attendre. Je le veux obligatoirement dans ce numéro. Michiru tu t’occupes du service publication et après tu appelles la direction et tu exiges une page en plus. Tu n’auras qu’à lui expliquer la situation. Elle voulait rajouter des pages pour une nouvelle rubrique, ça m’étonnerait qu’elle refuse de nous en donner une de plus. Si elle te pose problème tu me le dis… C’est toi Suzu qui a la responsabilité de t’en occuper. Je te veux sur le terrain et tu iras seule. Tu as jusqu'à vendredi soir pour me remettre ta conclusion, ton avis et des photos comme d’habitude. Et on travaillera la mise en page de l’article ensemble. C’est compris ? demanda-t-il à sa rédactrice.

- Oui. Ce sera fait. Lui répondit-elle.

- Voici l’adresse…

Il fit glisser une feuille vers elle et reprit.

- C’est en dehors de la ville, tu …

- Je la connais… S’exclama tout à coup Kaito en coupant la parole à son patron. Les yeux posés sur la feuille il avait reconnu l’adresse de cet endroit qu’il avait déjà visité…C’est la famille de votre femme. Mais c’est une auberge ?

- Et alors ? S’énerva Naruto. Tu insinues que pour ça on ne peut pas le faire ?

- Non, c’est juste… un peu différent des restaurants… répondit l’assistant regrettant d’avoir réagi aussi vivement.

- Je le sais bien mais on le fait quand même. Répondit-il avant de s’adresser exclusivement à Suzu. Tu réserves une chambre là-bas et tu passes au moins une nuit sur place. Tu fais le même travail que pour les restaurants. Tu notes la cuisine, le personnel, l’accueil, l’environnement… c’est exactement pareil sauf que tu rajoutes l’hébergement et tout ce que tu pourras trouver d’intéressant. Garde en tête que c’est de la publicité et surtout je ne veux pas que tu décline ton identité…

- Pourquoi ? S’exclama Kaito

- Ça fausserait l’article, c’est évident. Lui répondit Suzu croyant comprendre. S’ils savent que je prépare un article, ils risqueraient d’être beaucoup trop parfaits par rapport à la réalité. 

Naruto approuva sa réponse, ravit qu’elle l’ait fait à sa place même si ce n’était pas la véritable raison à sa demande. Le plus important pour lui c’était qu’Hinata ne connaisse pas ses intentions. Il voulait lui faire de la publicité mais n’avait pas envie d’ébruiter cela. Elle n’avait pas besoin de le savoir tout de suite. Il préférait qu’elle s’en rende compte à la sortie du magazine. D’ailleurs avec un peu de chance elle ne s’en apercevrait même pas.

- Ça fait un peu penser au guide touristique… expliqua Michiru. Ils notent les hôtels et tout type d’hébergement pour les touristes. Ça aide beaucoup quand on organise ses vacances…

- Mais oui, elle a raison. Intervint à son tour Suzu. Ce serait une excellente idée pour la rubrique. On parlerait bien entendu de la cuisine que proposent ses hôtels et on élargirait au niveau touristique en parlant du reste. Le tourisme et la cuisine vont très bien ensemble. Si la directrice accepte de nous donner une page, vous tenez là la possibilité d’agrandir la rubrique.

Naruto regarda Suzu d’un œil étonné. Elle venait de lui apporter la réponse pour faire évoluer sa rubrique et avec le sujet qu’il avait lui-même donné en plus. Il avait réfléchit toute la matinée avant leur arrivée et il n’avait jamais pensé à cela alors qu’elle, en quelques secondes, elle avait réglé deux interrogations à la fois.

- Bonne idée Suzu. La félicitât-il. On va faire ça.

Celle-ci fit un large sourire ravie d’avoir obtenu l’aval de son patron.

- Si tu es libre tu y vas dès ce soir, reprit-il… sinon cela peut attendre demain. N’oublie pas le délai Vendredi.

- Oui, c’est noté… lui répondit-elle.

- Michiru tu demandes finalement une nouvelle page définitive à la direction. Reprit Naruto. Tu t’occupes d’annuler la publication prévue et tu réserves une chambre à l’auberge pour Suzu. 

- Entendu… répondit Michiru

- Et nous… conclut-il en s’adressant à Kaito. On a des rendez-vous…

- Allons-y. S’exclama celui-ci avant de se lever. 

- Merci à tous. Et bon travail. Conclut le patron récoltant trois sourires d’employés ravis d’avoir participé à une réunion aussi fructueuse.

Michiru n’eut aucun mal à obtenir l’approbation de la directrice pour une nouvelle page. En expliquant le pourquoi de cette demande elle avait tout de suite reçu une réponse positive. L’article prévu sur l’auberge de la femme de son fils l’avait étonnée en premier lieu mais elle en avait été ravie. L’idée que cet article puisse venir en aide à Hinata et savoir qu’il avait enfin trouvé le nouveau sujet pour compléter sa rubrique lui plaisait. Comment lui refuser quoi que ce soit quand il continuait encore et toujours à la surprendre ?

 

Dans la même journée, Hinata reçut plusieurs appels à l’auberge. Quelques réservations par ci par là dont une pour le soir même. À fond dans son travail, la rédactrice de Naruto avait préféré commencer son enquête tout de suite. Se faisant passer pour une femme d’affaire venant de loin en quête de calme et de tranquillité elle passa absolument inaperçu. Elle passa finalement une nuit de plus dans cette auberge. À sa demande, Naruto avait accepté de lui accorder un supplément. Elle fit la connaissance de la femme de son patron, qu’elle avait déjà vu auparavant à la fête organisée par son entreprise, et de la famille de celle-ci. Entre travail et vacance, la rédactrice  profita de ces deux jours tranquilles, jouant la cliente à la fois sympathique et exigeante. Testant la gentillesse de Mme Uzumaki à l’accueil pour avoir des conseils de sorties et celle de sa sœur qui était chargée de lui amener le petit déjeuné dans sa chambre le matin. Elle profita d’un repas pour tester le calme à toute épreuve de la vieille dame qui la servait et noter les deux personnes en cuisine. Handicapée depuis sa jeunesse par une peur phobique des chiens, la jeune femme avait eu beaucoup de mal à profiter du jardin. Elle avait eu l’agréable surprise d’y trouver un chien. Un peu trop curieux, l’animal, qu’on lui avait présenté comme étant extrêmement gentil, n’avait pas cessé de la suivre lorsqu’elle avait tenté de faire le tour du propriétaire pour avoir un aperçu de l’extérieur.  Très compréhensif, le vieux monsieur chargé à tout faire l’avait débarrassé du parasite et durant ces deux jours, avait toujours été là pour l’aider au cas où l’animal l’approchait d’un peu trop près.

Malgré ce point négatif et personnel, le séjour avait été une parfaite découverte. Le vendredi après-midi, la rédactrice était de retour au sein de son entreprise pour exposer son expérience à son patron. Celui-ci, plutôt tendu par les révélations qu’elle allait lui faire et la possibilité que son ressentie soit  négatif, souffla de soulagement lorsqu’elle débuta sa narration. L’accueil, le service et la nourriture excellente n’avaient rien à envier aux restaurants étoilés auxquels elle avait déjà eu affaire. Elle avait été charmée par la beauté des lieux et la sympathie du personnel de cette auberge. Sa note était positive malgré la présence d’un chien mascotte qu’elle avait tenté pendant son séjour d’éviter. Rassuré par la qualité de cette auberge, Naruto se garda bien de lui révéler que la seule chose négative qu’elle avait trouvée lui appartenait. Il visionna les photos pendant que la jeune femme lui décrivait ses journées en lisant ses notes. Elle avait réussi à prendre de très jolis clichés, de sa chambre, de la salle à manger, du jardin et même de l’équipe pratiquement au complet. Il reconnut tout le monde, même Tobi y avait sa place, mais déplora l’absence d’Hinata et son père. Passant aux images suivantes il tomba sur une photo d’elle. De qualité médiocre on la distinguait à peine près d’une fenêtre.

- J’ai complètement loupé celle-ci… expliqua Suzu en apercevant la photo sur laquelle il s’était arrêté… la pièce était trop sombre et j’ai oublié de mettre le flash. Dans le cas contraire elle aurait été parfaite.

Naruto ne pouvait pas la contredire sur ce coup-là. Elle avait pris la photo sous un angle parfait dévoilant la jeune femme de profil devant une fenêtre, mais le manque d’éclairage gâchait tout. 

- Je voulais la reprendre mais elle a remarqué ma présence. Je n’ai pas réussi à l’avoir avec le reste de l’équipe mais elle a quand même accepté de poser pour moi après. Vous devriez la trouver juste après…

Naruto appuya aussitôt sur le bouton pour découvrir la photo suivante. Cette fois ci, comme Suzu venait de le dire, Hinata posait devant le comptoir d’accueil. On la voyait entièrement, vêtue de la tenue qu’elle avait achetée en sa présence. Elle tenait dans ses mains un livre ouvert et regardait l’objectif un grand sourire aux lèvres.

- Je lui ai demandé de prendre cette pose, ça faisait beaucoup plus naturel. Expliqua la rédactrice. Après le chien est arrivé et il a tout gâché. Elle a bien essayé de m’inciter à le caresser mais il n’est pas encore né celui qui y arrivera… Je les ai quand même prit tous les deux…

Naruto changea la photo pour tomber sur celle dont elle parlait à l’instant. Hinata y était toujours, accompagnée de Tobi. Baissée à hauteur du chien elle ne regardait pas l’objectif mais plutôt le chien qui était lui aussi focalisé sur elle. Face à face, elle caressait l’animal comme en témoignait ses mains posées de chaque côté de son cou. Il examina le cliché, l’expression joyeuse et sincère de la jeune femme et l’excitation évidente de Tobi rendait la photo parfaite. Décidemment son chien était bien meilleur que lui. Ils étaient tellement proches tous les deux qu’il en était presque jaloux. Cette photo était la plus réussie. Son chien et surtout sa femme s’y trouvaient ensemble. Probablement les deux premières personnes auxquelles il tenait le plus. Sa famille actuelle… 

- Evidemment ce n’est pas ce genre de photo qu’on va pouvoir utiliser, mais je trouvais qu’ils étaient mignons tous les deux…

Oui, mignon. C’est bien vrai, pensa-t-il.

- Tu n’en as pas une seule avec le patron de l’auberge ? Lui demanda-t-il préférant passer à autre chose avant de bloquer sur le cliché.

- Non. Je ne l’ai pas vu pendant mon séjour. On m’a dit qu’il était en déplacement personnel. C’est un problème ?

- Non, ce n’est pas grave. Mettons-nous au travail… 

Le déplacement personnel était probablement lié à l’hôpital. C’était dommage qu’il n’y soit pas mais ce n’était pas véritablement un problème. L’article fut bouclé le lendemain, samedi, dans la journée. Naruto se contenta d’approuver les écrits de sa rédactrice et choisit les photos qui accompagneraient le texte et combleraient la page.  Suzu avait bien géré le sujet. Elle y décrivait la beauté du coin et la tranquillité qu’on y trouvait. Chaque personne y travaillant avait  été cité, même Mr Hyûga avait eu droit à quelques mots en tant que patron. Elle avait aussi inclus Tobi, malgré le fait qu’elle ne l’avait pas vraiment apprécié. En véritable mascotte, il avait quand même son rôle auprès de la clientèle et ce n’était que du positif pour ceux qui n’en avait pas peur. C’était un bon article pour une publicité réussie. Normalement, si le succès était au rendez-vous, comme pour les restaurants qui avaient la chance d’être cité dans ce célèbre magazine, la famille Hyûga allait connaitre une popularité nouvelle. C’était ce qui leur fallait pour que les comptes soient bons et il était persuadé que ça allait être le cas.

Satisfait par leur travail et son objectif atteint en temps et en heure, Naruto profita de sa bonne humeur pour organiser le soir même une soirée cinéma entre sa femme et lui. N’ayant pas de soirée jeu vidéo entre potes, organisée un samedi sur deux, il était dans l’obligation d’en profiter.  Ils regardèrent un premier film avant de s’endormirent devant la lenteur du deuxième. Réveillé en sursaut, Naruto s’était maudit de n’avoir pu résister à l’appel du sommeil. Encore une soirée qui n’allait pas lui servir à grand-chose. Profitant de la situation, il s’octroya le droit de contempler la jeune femme en train de dormir jusqu'à ce que celle-ci y mette fin en se réveillant à son tour.

 

Naruto se réveilla le lendemain matin midi. Il trouva l’appartement totalement silencieux et vide. Hinata et Tobi n’étaient déjà plus présents. Assit sur l’une des chaises du bar dans la cuisine, il fixait le grand verre de jus d’orange qu’il venait de se servir en pensant à la journée qu’il allait vivre aujourd’hui. Il n’avait absolument rien de prévu. Comme souvent, il allait flâner devant la télé sans mettre un pied dehors puisque Tobi n’était pas là.  Il regretta pour une fois cette absence. Même si la solitude était la plupart du temps appréciable, ce jour-là le manque de bruit l’incitait plutôt à la dépression. Il n’était pas en grande forme. Physiquement tout allait bien mais moralement un détail commençait à sérieusement le travailler. Il restait deux jours avant la fin du contrat de mariage. Ce qui normalement aurait dû être une bonne nouvelle, puisque la fin du contrat lui donnait enfin le droit de toucher l’héritage, sonnait plutôt comme un problème. Hinata n’avait plus que deux nuits à passer à l’appartement avant de retourner définitivement chez elle. Si Naruto ne prenait pas l’initiative de faire quelque chose, il était fort probable que leur route ne se croise plus de sitôt, si ce n’est plus jamais. Plusieurs possibilités s’offraient à lui. Il pouvait la laisser partir, oublier ses premiers vrais sentiments et passer à autre chose. Cela ne devait pas être trop difficile puisque son carnet d’adresse assez fourni lui permettrait certainement d’effacer son existence en moins de temps qu’il faudrait pour le dire. Novice dans ce domaine, il imaginait que si elle disparaissait de sa vie et qu’il reprenait le chemin de son éternel célibat, il serait facile pour lui d’enterrer définitivement ces quatre mois passés avec elle.  L’autre possibilité, dictée par son cœur, l’obligeait à passer à l’action. Pour cela il pouvait agir comme Sasuke, en l’embrassant sans lui demander son avis quitte à se prendre une gifle ou bien se montrer plus gentleman en lui avouant ses sentiments. Difficile pour lui de savoir quel comportement il devait adopter entre les deux. Face à elle ce n’était jamais simple de faire quoi que ce soit et la peur de se faire rejeter ne lui donnait pas le courage nécessaire.  Alors qu’habituellement dans ses relations avec les femmes le refus ne venait que de lui, avec Hinata les chances que ce soit le contraire étaient bien là.  Elle était différente et rien dans son comportement ne prouvait une quelconque attirance de sa part.

Prêt à prendre enfin une décision, la sonnerie de son téléphone interrompit ses pensées. Au bout du fil, sa mère réclamait son aide à son domicile. Celui-ci accepta sa demande sans même attendre qu’elle lui explique pourquoi sa présence lui était nécessaire. L’idée de sortir de son appartement pour occuper ses pensées lui suffisait. Peu importe ce qu’elle comptait faire de lui, il avait sauté sur l’occasion de sortir s’aérer.  Il passa la journée chez elle, dans son ancienne maison familiale, à tirer des meubles, descendre des cartons qu’elle voulait trier pour les remonter une fois la besogne faite. Etonnamment docile ce jour-là, il avait sans mal répondu à quelques-unes de ses demandes concernant le jardin et prit même l’initiative de passer la tondeuse à la place du jardinier qu’il jugeait nul et trop cher payé. Kushina avait du mal à croire qu’elle avait affaire à son propre fils ce jour-là.  Bien qu’il était toujours aussi râleur, il n’avait jamais refusé la moindre de ses demandes. Ce qui était plutôt rare venant de lui. Et les initiatives qu’il avait prises  l’étaient encore plus.  

La mère et le fils étaient réunis sans qu’aucune dispute ne vienne entacher leur bonne humeur. Cet après-midi assez agréable ranima des souvenirs chez le jeune homme. Des souvenirs dans lesquels son père était la plupart du temps acteur de près ou de loin. Sa chambre d’ado, qui n’avait pas changée, gardait toujours les stigmates d’une terrible colère qu’il avait infligé à la porte de son placard à cause de lui. Il se revoyait dans le jardin essayant d’attraper la balle qu’il lui lançait pour faire de lui le meilleur joueur de base-ball. La cuisine dans laquelle sa mère passait beaucoup de temps à cuisiner pour finalement manger seul avec son fils face à une assiette vide. Se rappelant le visage de celle-ci  dans ces moments-là, Naruto avait toujours la même question en tête le concernant. Comment pardonner à ce père qui laissait dans cette maison plus de mauvais que de bon souvenir?

Kushina, ne pouvant s’empêcher d’assouvir sa curiosité, le questionna sur son humeur et sa serviabilité du jour. Il y avait plusieurs possibilités à ça, la fin du mariage dans quelques jours, le bonheur de toucher l’héritage, le départ d’Hinata. Est-ce que c’était pour toutes ces raisons qu’il était aussi exemplaire aujourd’hui? Mais cela ne plut visiblement pas à son fils. Elle n’avait pas était capable de comprendre quoi, mais mentionner le nom de sa future ex-femme avait visiblement était l’élément déclencheur. Il avait aussitôt prit la mouche et décidé de partir précipitamment. Peut-être qu’il n’aimait tout simplement pas parler d’elle ? Il ne l’appréciait pas tellement depuis le début et cela n’avait certainement pas changé. Mais dans ce cas, le fait même d’en parler aurait dû le ravir puisque son futur départ sonnait comme une libération. Ce jeune homme était de plus en plus surprenant et totalement incompréhensible.    

Naruto avait fui sa mère alors qu’elle commençait à lui parler d’Hinata. Pourquoi croyait-elle que son comportement avait un rapport avec elle ? Cela se voyait tant que ça qu’elle était importante pour lui ? Pourtant il n’avait rien dit ou rien fait pour qu’elle s’en rende compte. Le fait même que sa propre mère le pense l’avait un peu paniqué, et honteux, il avait préféré partir avant qu’elle lui dise clairement. Il n’était pas encore prêt à parler sentiment avec elle.

Son retour chez lui ne fut pas une si mauvaise idée. Hinata était déjà rentrée. Tobi l’accueillît en premier en venant à sa rencontre tandis qu’elle, assise sur le canapé le salua de loin. Un livre en main elle avait aussitôt reporté son attention sur sa lecture, qui semblait plus passionnante que lui. Laissant le calme revenir dans l’appartement il s’immobilisa dans la cuisine et ne trouva rien de mieux à faire que de la contempler. Parfaitement visible face à lui, elle était absorbée par son bouquin. Notant qu’il était bientôt 19h00 et qu’elle était déjà en pyjama, il comprit qu’elle était là depuis longtemps. D’ailleurs en parlant de tenue, elle portait l’un de ses pyjamas qu’il avait vu à plusieurs reprises sur elle et qu’il appréciait particulièrement parmi tous ceux qu’elle lui avait permis de voir. Son tee-shirt beaucoup trop grand pour elle et certainement très vieux vu son état, laissait toujours une épaule découverte allant même  jusqu'à découvrir une partie du soutien-gorge qu’elle gardait toujours en dessous. Il était facile d’imaginer le reste en voyant cela. Elle passait son temps à remonter le tissu pour le remettre en place mais cela ne durait jamais très longtemps. Il retombait au moindre de ses mouvements. Pourquoi le mettait-elle toujours s’il ne lui allait pas ? C’était bête pour elle. En revanche pour les spectateurs, ça ne l’était pas du tout. Habituellement accompagné d’un short, elle dévoilait aussi une bonne partie de ses jambes nues. Ce pyjama était un cadeau pour les yeux.

Un mouvement de la jeune femme le ramena sur Terre. C’était le moment idéal pour passer à l’action. Mais comment ? Il était toujours aussi bloqué et incapable de se décider. Hinata bougea de nouveau pour lever la tête vers lui. Pris en flagrant délit, Naruto se figea espérant probablement passer inaperçu. Il avait été tellement insistant qu’elle avait dû sentir son regard sur elle.

- Je n’ai pas fait le repas… s’exclama-t-elle. Je suis désolée je n’ai pas vu le temps passer…

Elle se leva pour le rejoindre dans la cuisine et s’arrêta devant le bar.

- Je suis tombée sur ce livre et je n’ai pas pu m’en détacher. Reprit-elle pour sa défense. Si vous n’êtes pas trop pressé, je peux préparer quelque chose ?

- Non c’est bon… répondit Naruto ravit qu’elle n’est pas fait attention à son comportement. Je vais commander une pizza…

- Ah oui, bonne idée…

Il prit son téléphone en main et le numéro de son livreur de pizza habituel.

- Vous avez une préférence ?

- Non, peu importe.

Il s’occupa de la commande et proposa une bière à Hinata dans la foulée. Perchée sur un tabouret de la cuisine, celle-ci accepta et repartit aussitôt dans sa lecture en attendant la pizza. Naruto préféra attendre devant un jeu vidéo pour oublier le temps. Une partie d’un jeu d’action aventure qu’il avait laissé en suspens depuis bien longtemps déjà. Ce fut une bonne idée puisqu’il ne vit pas les minutes tourner avant que le livreur ne fasse son apparition. Il continua sa partie tout en mangeant tandis que la jeune femme qui l’avait rejoint sur le canapé essayait de se replonger de nouveau dans son histoire. Elle abandonna et ferma son livre après deux tentatives infructueuses et laissa sa curiosité s’intéressait au jeu vidéo en cours. Comme s’il s’agissait d’un film, elle suivait le parcours du personnage qu’incarnait Naruto. Celui-ci passa quelques minutes focalisé sur son jeu jusqu'à ce qu’il décide d’arrêter, légèrement agacé de se retrouver bloqué à un niveau. Ce n’est qu’à ce moment-là qu’il s’aperçut qu’Hinata n’était plus occupée à lire.  Il changea de jeu et en profita pour lui proposer de participer. Celle-ci, reconnaissant l’un des jeux qu’il lui avait déjà fait découvrir durant les soirées avec ses amis, accepta la manette sans le moindre problème. Ils enchainèrent les parties de course de voiture, de matchs de foot et de combat. Hinata était en pleine forme mais n’avait toujours pas la capacité de gagner.  Devant sa déception, l’imbattable Naruto perdit leur deuxième combat pour enfin pouvoir l’entendre crier de joie.

- Vous avez fait exprès ! S’exclama-t-elle au lieu d’apprécier sa victoire.

- Non pas du tout. Se défendit le jeune homme.

- Menteur. Je ne vous ai jamais vu perdre contre l’un de vos amis. Cela ne peut pas arriver avec moi.

- Pourtant vous l’avez fait…

- Parce que vous m’avez laissée vous battre. Expliqua-t-elle.  Je préfère mériter ma victoire alors jouez normalement.

- Si je fais ça vous ne gagnerez jamais. Avoua-t-il.

- Ça c’est vous qui le dites. Laissez-moi m’échauffer et m’habituer à cette manette et vous verrez ! Le menaça-t-elle.  

- Je joue sérieusement alors ?

- Oui…

Naruto accepta ce défi et commença à enchainer les victoires.  Désespérément perdante mais tenace, Hinata ne cessait de réclamer des revanches. La victoire allait certainement arriver à force de persévérance. Mais malheureusement face à cet habitué, le temps et le nombre de partie jouée ne servaient à rien. Une réflexion de sa part lui rappelant encore une fois qu’elle n’avait aucune chance contre lui, l’incita finalement à obtenir cette victoire coute que coute quitte à tricher un peu. Elle oublia bien vite sa volonté de victoire méritée et tenta de parvenir au K.O en forçant le destin. Mais ses tentatives restèrent vaines. Naruto, bien que gêné par les agissements de cette tricheuse, arrivait toujours à jouer des coudes et gagner la partie. Même Tobi participant à la fête n’avait pas réussi à l’aider. Poussé sur le canapé par une attaque de celui-ci, Naruto termina et gagna pour la énième fois. Debout devant l’écran, Hinata se tourna vers lui agacée par son incapacité.

- Même en trichant vous êtes toujours aussi nulle… remarqua-t-il confortablement installé dans le canapé.

- Ma manette ne fonctionne pas. J’essaie de faire les mêmes techniques que vous mais ça ne marche pas. Expliqua-t-elle.

- Bien sûr. Vous n’assumez pas. Faut bien trouver un coupable…

- C’est vous. Vous m’avez donné la manette cassée ! Je veux la vôtre ! Ordonna-t-elle le bras tendu devant lui.

- Non. Ce sont les mêmes et la vôtre n’est pas cassée.

- Donnez-la-moi ! Je veux essayer. Insista-t-elle en essayant d’attraper l’objet.

- Non.

Les bons réflexes du jeune homme lui évitèrent de perdre la manette. Hinata repartit une fois de plus à l’attaque.

- Pourquoi vous ne voulez pas me la donner ? S’exclama-t-elle laissant de nouveau la manette lui échapper. Ça ne vous coute rien d’échanger avec moi.

- Ça n’a rien avoir avec la manette. C’est vous qui ne savez pas jouer. Ce sera la même chose avec celle-là.

- Laissez-moi quand même essayer ! S’exclama-t-elle avant de tenter une fois de plus de lui arracher des mains. Soyez gentil donnez-la-moi !

Un peu gênée par ce jeu qui la rapprochait un peu trop familièrement de lui, Hinata abandonna lorsqu’il leva la manette en l’air pour la mettre hors de portée. Il avait gagné parce qu’à cette hauteur-là elle n’avait aucune chance de l’atteindre sans lui monter dessus. Et cette éventualité n’était pas envisageable.

- J’ai encore gagné ! S’exclama le jeune homme pour la narguer comprenant la situation.

- Bravo. J’abandonne. Avoua-t-elle. Vous êtes beaucoup trop fort. Moi je suis nulle… et je le resterai…

Naruto se leva tout en lui expliquant qu’une bonne connaissance des touches de la manette était nécessaire pour effectuer les attaques les plus foudroyantes. Avec de l’entrainement elle pouvait parvenir à s’en servir. Acceptant sa défaite Hinata était enfin  prête à passer à autre chose. Elle se tourna vers Tobi qui venait d’aboyer et le trouva la queue balayant l’air d’excitation. Participant à sa façon, Tobi n’était jamais très loin d’eux.

- C’est fini. Tu peux te calmer. Lui dit-elle comprenant qu’il n’avait pas encore remarqué que le calme était revenu entre son maitre et elle.

S’adresser au chien fut une véritable erreur. Toujours en mode « jeu », Tobi répondit à ses paroles en lui sautant dessus. Cette action inattendue et le poids de ses deux pattes avant posées sur elle, la poussa et l’éjecta en arrière sur le jeune homme qui par bonheur était toujours derrière elle. A peine le temps de se retourner pour pouvoir le remercier d’avoir stoppé son éventuelle chute que celui-ci perdit l’équilibre. Entrainant Hinata avec lui, il s’écrasa sur le canapé heurtant au passage un coin de la table basse. Les yeux fermés par reflexe, il sentit le corps de la jeune femme s’écrouler sur lui avec une étonnante légèreté. Serrant les dents à la douleur commençant à enflammer une de ses jambes, il rouvrit les yeux et trouva le visage de la jeune femme à quelques centimètres du sien. Elle avait réussi à limiter le contact avec lui en arrêtant sa chute in extrémis avec ses mains. Les mains posés de chaque côté de sa tête elle avait bien géré sa réception lui évitant de se prendre un coup de plus au passage. Troublé par la proximité de leur visage et le regard de la jeune femme sur lui, il resta silencieux oubliant sa douleur. Cette situation, qui était pour n’importe qui dans ce cas de figure, l’occasion de tenter un contact physique plus approfondit ne sembla pas être une évidence pour lui. Son cerveau et son corps totalement bloqué ne lui permirent pas de prendre la moindre décision. Cette posture légèrement embarrassante entre eux dura de bonnes secondes avant qu’Hinata fasse ce que le cerveau de Naruto ne parvenait pas à lui ordonner. Elle combla l’espace entre eux et posa ses lèvres sur celle du jeune homme. Surprit par cette initiative celui-ci ouvrit de grands yeux et resta aussi figé qu’il ne l’était avant. Son inaction poussa la jeune femme à mettre aussitôt fin à ce rapprochement. Elle se redressa une main sur la bouche, semblant horrifié par ce qu’elle venait de faire.

- Je suis désolée ! S’exclama- t-elle une fois debout. Je ne sais pas ce qui m’a pris de faire ça. Je vous demande pardon…

De nouveau assis sur le canapé, encore sonné par les évènements, Naruto regardait la jeune femme se confondre en excuse.  Il n’y avait pourtant pas de quoi.

 - Ce sont certainement les effets de l’alcool… Expliqua-t-elle. Oubliez-ça s’il vous plait…

- Attendez… Commença-t-il semblant tout à coup se réveiller en entendant ses derniers mots. …

Voulant l’empêcher de s’en aller, il n’eut malheureusement pas le temps de reprendre la parole que le bruit strident de la sonnerie de l’appartement l’interrompit. Hinata trouva en cette opportunité l’occasion de fuir. Elle prit les devants pour interroger par l’intermédiaire de l’interphone, la personne qui venait de les déranger.  Une voix féminine lui parvint, lâchant seulement quelques mots.

- « Naruto, c’est moi !! »

Comprenant sans problème qui cela pouvait bien être, elle se tourna vers le jeune homme.

- C’est pour vous… lui lança-t-elle croisant une seconde son regard. 

Elle baissa la tête sans attendre et tourna les talons pour s’enfuir dans sa chambre. Elle entendit la porte d’entrée s’ouvrir puis plus rien. Retrouvant la sécurité et l’isolement de sa chambre elle pouvait enfin céder à la panique. Le dos collé à sa porte fermée, elle porta sa main sur sa bouche horrifiée par ce qu’elle venait de faire.  Cette initiative ne lui ressemblait pas. Elle était terriblement honteuse et pensait déjà à la prochaine fois où elle allait le croiser. Comment allait-elle faire pour le regarder dans les yeux maintenant ? Espérant de toutes ses forces qu’il ne lui en tienne pas rigueur, Hinata remerciait la chance et la jeune femme qui était avec lui en ce moment. Elle venait de la sortir d’une mauvaise passe et elle allait probablement permettre au jeune homme d’oublier ce qui venait de se passer entre eux. Oui évidemment. Puisqu’ils allaient passer la soirée ensemble, il allait facilement effacer son erreur à elle. Ouf ! Tout allait bien. Ils allaient pouvoir faire comme s’il ne s’était rien passé. Elle retrouva son calme sans pouvoir supprimer les images de ces quelques secondes passées sur lui avant qu’elle ne puisse s’empêcher de l’embrasser. Ce qu’elle avait ressenti à ce moment-là avait été d’une telle intensité qu’elle n’avait pas eu la force de résister à l’envie de le faire. Il était là face à elle, calme et silencieux. L’expression de son visage et ses lèvres à quelques centimètres des siennes, l’avaient irrésistiblement attirée et invité à écouter ses envies. Elle avait agi sans vraiment s’en rendre compte mais ce n’était pas une erreur. Aucune excuse n’était véritablement valable puisque qu’elle avait pris cette initiative de sa propre volonté. Ce nouveau Naruto avait réussi à l’atteindre. Il lui plaisait et elle venait de le prouver.

De retour dans son appartement Naruto maudissait l’idiote qu’il venait de renvoyer chez elle. Il était descendu à sa rencontre et l’avait reconnue. Mais peu importe qui elle était, il ne l’avait pas invité et sa venue avait interrompu un instant précieux entre Hinata et lui. Cette pauvre femme venait de se faire jeter par un Naruto frustré et quelque peu énervé. Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas utilisé son téléphone pour appeler l’une d’entre elles et il avait fallu qu’elle se ramène directement chez lui pour foutre en l’air un moment pareil.

Hinata n’était pas dans le salon, il l’avait vu partir vers les chambres comme si elle avait eu la volonté de le fuir. Il marcha jusque dans le couloir menant aux chambres et s’y arrêta. La porte de sa chambre était fermée. Pourquoi avait-elle eu une réaction aussi bizarre ?  Alors que lui n’avait pas réussi à prendre cette initiative, elle,  elle l’avait embrassée. Mais au lieu d’assumer son acte, elle s’était excusée comme si cela avait été une bêtise. Pourquoi n’avait-elle pas profité comme toutes les autres ? Elle avait choisi d’expliquer son comportement par l’alcool mais la raison était certainement toute autre. Il ne pouvait pas croire que ce genre d’action puisse être une erreur ou un accident. Si elle avait fait ça, c’est qu’elle l’avait voulu.

Et lui dans cette histoire, qu’avait-il fait ? Rien. Il n’avait absolument rien fait. C’était sans aucun doute, lui  le pire des idiots dans tout ça. Pas Hinata ni cette jeune femme arrivée au mauvais moment. Non. Tout était de sa faute. Elle lui avait tendu une perche en agissant à sa place et au lieu d’en profiter pour approfondir les choses il était resté bloqué comme un imbécile. Elle avait fait le moitié du chemin et totalement inactif il l’avait laissé faire, pour finalement la regarder fuir après. Quel idiot ! Pourquoi, après toutes ses interrogations sur son futur, il n’avait pas réussi à sauter sur l’occasion pour enfin avoir son destin en main ? Pourquoi n’avait-il pas à agi normalement ? C’était pourtant la meilleure façon d’y arriver.     

Dans le couloir, se maudissant de tout, Naruto réfléchissait. Il devait absolument trouver le moyen de ne pas en rester là.  Ce qu’elle avait fait, même si elle ne l’assumait pas vraiment, permettait au moins d’écarter la peur du refus. S’il voyait juste, cette jeune femme, qui ne lui avait jamais montré le même intérêt que les autres, était enfin tombée sous son charme. Il ne pouvait pas croire qu’une personne comme elle, puisse embrasser quelqu’un pour le fun. Mais il fallait absolument qu’il en soit sûr et pour cela, il devait lui parler.  

Il passa de longues minutes avec lui-même marchant de sa chambre à la salle de bain. Il n’arrivait pas à prendre la décision d’aller frapper à sa porte pour mettre les choses aux claires.  Pourtant il devait le faire. Vu l’heure tardive, il y avait peu de chance qu’Hinata sorte de sa chambre maintenant, c’était donc à lui de passer à l’action. Au bout d’un trentième va et viens, un bruit au bout du couloir attira son attention. La porte de la jeune femme venait de s’ouvrir. La chance était finalement avec lui. Immobile au niveau de l’entrée du salon, Naruto regarda son chien en sortir. Celui-ci s’arrêta à sa hauteur espérant des caresses mais son maître, plus intéressé par le bout du couloir, l’ignora totalement. La porte était toujours ouverte comme en témoignait la lumière en sortant. Elle allait forcément suivre Tobi. C’est ce qu’elle fit dans la seconde qui suivit. Elle passa la porte, fit quelques pas dans le couloir et s’arrêta aussitôt en l’apercevant.

- Vous êtes là ? S’exclama-t-elle surprise. Je … pensais que vous étiez avec votre amie ?

- Ce n’est pas mon amie. Répondit-il aussitôt. Elle est rentrée chez elle.  Je n’attendais personne…

- Ah… laissa-t-elle échapper. Ne voyant rien à ajouter sur le sujet elle reprit. Je… je vais dans la cuisine.

- Attendez ! S’exclama Naruto. A propos de ce qui s’est passé tout à l’heure…

- Tout à l’heure ? répéta Hinata dont le stress commençait à revenir. Il ne s’est rien passé. Oubliez ça s’il vous plait. C’était juste… un égarement de ma part. Désolée…

Elle reprit aussitôt son chemin. Naruto la regarda marcher d’un pas décidé la tête basse comme si elle fuyait de nouveau. Il la laissa approcher et commencer à le contourner avant de décider de l’arrêter en attrapant son bras au passage. Il n’avait pas le temps de réfléchir. L’inaction n’était plus envisageable.

- Non ! Je ne vous crois pas. S’exclama-t-il.

- Quoi ?

- Vous mentez. Ce n’était pas une erreur… On n’embrasse pas quelqu’un par erreur… Expliqua-t-il.  Vous avez fait ça parce que vous en aviez envie... J’ai raison, n’est-ce pas ? 

- Oubliez-ça s’il vous plait… répondit-elle sans le regarder.

- Non. Je ne pourrais pas…

- Hein ? S’étonna-t-elle levant enfin la tête vers lui. Pourquoi?

Naruto ne répondit pas. Il attrapa le menton de la jeune femme pour stabiliser son visage, s’abaissa à son niveau et déposa un baiser sur ses lèvres.  Cela ne dura que quelques secondes avant qu’il ne se redresse et reprenne aussitôt.

- Pour moi, ce n’est pas une erreur. Reprit-il.  J’avais envie de le faire... Et vous?

Hinata resta silencieuse encore un peu figée par la surprise de son action. Face à lui, le cœur battant la chamade elle n’avait plus envie de mentir. Elle hocha la tête pour confirmer ce qu’il pensait. Oui, c’était en toute conscience qu’elle avait fait ça. Oui, elle en avait eu envie. Naruto accueillit cette réponse tant attendue avec un certain soulagement. Il ne s’était pas trompé. Elle le regardait enfin comme les autres. Son visage marqué d’un sourire, il lâcha le bras de la jeune femme, sûr que la fuite n’était plus à son programme et l’embrassa à nouveau. Cette fois-ci, elle ne put qu’y répondre. Il plaça ses deux mains de chaque côté de son visage pour approfondir son baiser, laissant enfin parler ses envies. La plaquant au mur, il laissa ses mains balader le long du corps de la jeune femme. Cela faisait tellement longtemps qu’il attendait ça. Sentir sa peau nue contre lui, caresser les moindres parcelles de son corps, l’embrasser dans les endroits les plus intimes. Il ne pouvait plus se retenir. Arrivé à hauteur de ses hanches, Naruto attrapa le pyjama d’Hinata. Il allait enfin pourvoir admirer ce que ce bout de tissu cachait, plus question d’imagination. Mais il ne voulait pas aller trop vite. Il passa ses mains en dessous du tissu. Au contact des mains du jeune homme sur sa peau, Hinata frissonna. Il caressa son ventre, ses hanches, fit glisser ses doigts le long de sa colonne vertébrale. Il était doux dans ses caresses, sensuels. Malgré son évidente excitation, il ne voulait pas la brusquer, il voulait faire ça bien. Cette femme n’était pas n’importe qui. Cette dernière se laissait faire, le souffle de plus en plus coupé par l’excitation que lui procurait les mains de son mari. La voyant réceptive à ses caresses, Naruto décida de lui enlever son haut de pyjama. Comprenant ce qu’il avait en tête, Hinata leva les bras pour l’aider dans sa tâche. Ce qu’il voyait allait au-delà de tout ce qu’il avait pu imaginer. Il la contempla quelques instants. Il laissa le t-shirt tomber sur le sol et de sa main droite dégrafa l’attache du soutien-gorge. Lui ôtant les bretelles, il laissa tomber le sous vêtement à ses pieds. Laissant ses doigts balader au grès de ses envies, il commença à lui caresser la poitrine, sans se précipiter afin de graver à jamais ce moment dans son esprit. Désireux de sentir son corps pressé contre le sien, Naruto enleva son t-shirt. Il l’attira vers lui, pressant son corps contre le sien, sentant les rapides pulsations du cœur de la jeune femme sur son torse. Sentir la poitrine de la jeune femme sur sa peau nue le rendit fou de désir. Il ne lui en fallut pas plus. De sa main droite, il attrapa le visage de sa femme et l’embrassa langoureusement. De sa main gauche il lui attrapa le dessous des fesses et la souleva pour la placer sur ses hanches. Hinata plaça ses jambes à chaque extrémité de son bassin pour prendre un meilleur appui. Sans quitter sa bouche une seule seconde, il pivota vers sa chambre. Celle-ci comprenant la suite des évènements et étant pleinement consentante, pénétra pour la première fois dans cette pièce longtemps interdite. La porte se referma derrière eux laissant Tobi, arrivé trop tard, pleurer de l’autre côté.