Hanabi mène l'enquête

par croro

Chapitre 8 : Hanabi mène l’enquête

Cela faisait très longtemps qu’Hanabi ne faisait plus le chemin du retour avec ses amis de l’université.  Elle restait toujours plusieurs heures en plus pour recopier des notes ou faire des recherches. Rester à la fac le soir lui permettait de travailler plus sérieusement que si elle rentrait à l’auberge. Cet endroit était tellement habité qu’il était impossible de trouver le moindre silence. Ses amis étaient donc tous habitués à la saluer dans la salle et passaient les grilles de l’établissement rarement en sa compagnie. Hanabi prenait très au sérieux ses années d’études et s’interdisait l’échec. Ils comprenaient tous son sentiment mais lui conseillaient quand même de ne pas trop en faire. Elle ne s’autorisait aucune pause et refusait toutes les invitations de sortie, de shopping ou autres. Elle acceptait que lorsque c’était les vacances et qu’elle avait du temps à perdre. C’était donc très rare.

Pourtant ce jour-là Hanabi était bien décidé à déroger à sa règle. Elle avait quelque chose à faire au centre-ville. Une recherche avait-elle expliqué à ses amis, tous très surpris par cette nouvelle. Mais qu’est ce qui pouvait être intéressant au centre-ville pour dévier Hanabi de son droit chemin ? 

- Sur quoi porte cette fameuse recherche ? demanda Kana, l’une des deux jeunes filles qui suivait Hanabi à l’extérieur.

-  Je te l’ai déjà dit : c’est rien d’important ! répondit celle-ci. D’ailleurs tu devrais te dépêcher Kana. T’as vu l’heure qu’il est ? Tu vas être en retard à ton boulot. Et toi Chiyo t’avais pas quelque chose à faire y’a deux secondes ?

-  Tu rigoles ?!! Ma mère peut bien attendre ! répondit la dénommée Chiyo. Melle Hyûga a quelque chose à faire en dehors de la fac ! Ce n’est vraiment pas banal ! Je ne peux pas laisser passer ça !!

- Je vais juste faire une course, c’est rien d’exceptionnel ! S’expliqua Hanabi.

Mais l’interrogatoire ne faisait que commencer.

- Quelle genre de course?  Et pourquoi est-elle plus importante que faire les magasins avec nous ? demanda Kana.

- J’ai trouvé ! s’exclama Chiyo. T’as rendez-vous avec un mec  et tu ne veux pas nous le dire !

Hanabi s’arrêta et se tourna vers ses deux amies attendant sa réponse. Elle les connaissait très bien et savait qu’elles étaient trop curieuse pour la laisser partir sans explications. Après tout ce n’était pas un secret, alors autant les mettre au courant.

- C’est presque ça… en fait je vais faire des recherches sur un mec… elle leur tendit un papier et continua. Mais ce n’est pas ce que vous croyez !

- Uzumaki Naruto… c’est qui celui-là ? demanda Chiyo après avoir lu à voix haute le nom écrit sur le bout de papier.

- J’ai déjà vu ce nom quelque part ! s’exclama Kana…  Ah oui ! C’est dans le magazine que j’achète. Il me semble qu’il doit être journaliste. C’est ça ?

- J’n’en sais rien. Je sais qu’il travaille pour ce magazine mais je ne sais pas ce qu’il fait là-bas. Répondit Hanabi. J’ai juste besoin de savoir où il habite. Alors je vais sur son lieu de travail pour me renseigner.

- Pourquoi ? demanda Chiyo

- Ma sœur sort avec lui. Et comme je ne le connais pas, j’ai décidé de me renseigner sur lui, répondit Hanabi.

Hanabi préférait ne pas tout dévoiler à ses amis. Le mariage par exemple. Elles n’avaient pas besoin de savoir ça. Après ses quelques explications, les deux jeunes filles étaient enfin satisfaites. Kana partit à son travail tandis que Chiyo insistait pour accompagner Hanabi. Elle était intéressée par cette histoire et oublia volontairement les besoins de sa mère qui pouvait attendre.  Hanabi accepta sa compagnie.

Après un trajet en bus Hanabi et Chiyo arrivèrent en ville. Le bâtiment n’était pas difficile à trouver. Elles connaissaient toutes les deux le quartier des affaires. Un quartier exclusivement emprunté par des employés de bureau, des cadres, des hommes et  des femmes habillés de costume sombre. Après quelques indications demandées à un passant les jeunes femmes s’arrêtèrent devant l’immeuble recherché.

- Waouh ! C’est la première fois que je vais entrer dans ce genre de bâtiment ! s’exclama Chiyo en le regardant dans toute sa grandeur. 

- Moi aussi… répondit Hanabi. Bon allons-y ! On va aller demander directement à l’accueil.

- C’est parti ! Que l’enquête commence ! Conclut Chiyo avant de passer la porte.

Les yeux émerveillés devant autant de luxe, les jeunes femmes se dirigèrent vers le comptoir d’accueil. Une dame y était présente, déjà occupée à parler avec un homme qui semblait de très mauvaise humeur. Le ton qu’il employait traduisait un mécontentement que l’hôtesse d’accueil tentait de calmer.  Hanabi et Chiyo n’avaient plus qu’à patienter jusqu’à ce que cet entretien très animé prenne fin. Mais Hanabi n’était pas du genre à rester statique. Elle abandonna Chiyo devant l’accueil et commença une petite inspection des lieux. Ce hall était gigantesque, des fauteuils, des chaises et des tables trônaient à quelques endroits. Certains vides et d’autres occupés par des gens qui patientaient en lisant des journaux. Hanabi passaient ses yeux d’une personne à l’autre. D’un homme d’affaires très bruyant au téléphone à une femme chargée comme un bœuf qui s’apprêtait à prendre l’ascenseur. Elle circulait dans ce hall comme si elle visitait tranquillement un musée. Quand soudain sa route qui n’avait pas rencontré d’embuche depuis le début, fut stoppée par un groupe de femmes jacassant comme des poules courant derrière un sac de graine. Sans faire attention à Hanabi qui n’était certainement pas assez voyante, ces quatre jeunes femmes passèrent tout en continuant leurs conversations.

Aussitôt prête à les insulter intérieurement, Hanabi  arrêta ses pensées pour tendre l’oreille et  écouter l’une d’elle qui commençait à se plaindre. C’était plutôt intéressant car elle se plaignait d’un homme qui ne semblait pas sympa avec elle et qu’elle avait rapidement nommé Naruto. Hanabi les suivit aussitôt jusqu’au fauteuil et s’installa près d’elles. D’après ce qu’elle avait pu entendre pour l’instant cet homme travaillait ici et était très chanceux d’être bien placé car dans le cas contraire il aurait déjà était viré depuis longtemps. Il n’y avait surement pas plusieurs Naruto dans cette entreprise c’était donc sur cet homme qu’Hanabi enquêtait. La jeune femme qui se plaignait était en colère car ce fameux Naruto ne l’avait pas contacté depuis un certain temps. Qu’il l’avait jeté comme une vieille chaussette et méritait maintenant une bonne correction pour son comportement. Hanabi trouvait plutôt normal que Naruto ne contacte plus cette jeune femme, il était marié avec sa sœur alors les ex c’est au placard.

Elle fut étonnée lorsqu’elle apprit que cette femme n’était pas la seule à penser ça. Bizarrement elles étaient toutes d’accord et avaient toutes vécu la même chose. Mais bon sang combien avait-il eu de conquête ? Quatre dans la même entreprise c’était quand même beaucoup. Cet homme était très populaire et en avait bien profité dans son entreprise. Ses pensées furent tout à coup dérangées lorsqu’elle entendit le mot « mariage ». Ça devenait de plus en plus intéressant. Hanabi comprit qu’elles s’interrogeaient sur la mariée. Comment était-elle ? Qui était-elle ? Aucunes ne la connaissaient. Elle était inconnue de tous et ne faisait pas partie de cette entreprise.  Ça elles en étaient sûres. Sur ce point Hanabi ne put que leur donner raison.

A quoi pouvait-elle bien ressembler ? Ce fut leur dernière interrogation.  Elles avaient toutes quelques hypothèses. Elle était super belle, vraiment très belle. Riche et plutôt connue. Peut-être une grande héritière. Elle devait être la femme parfaite, de celle qui vous donne des complexes. Si une de ses femmes avaient dans ses mains une poupée vaudou à l’effigie de sa sœur, Hanabi n’aurait pas été étonnée. Elles détestaient clairement cette femme inconnue à laquelle Naruto avait passé la bague au doigt. Mais cette description qu’elles en avaient faite ne collait pas du tout à la personnalité d’Hinata. Tous ce qu’elle venait d’entendre appuyait encore plus les doutes qu’elle avait sur cette affaire.

Un appel reçu par l’une d’entre elles ramena les pipelettes à la réalité, pour le plus grand malheur d’Hanabi qui aurait bien voulu en apprendre plus.  Se promettant de se retrouver le lendemain pour le café elles se saluèrent et partirent chacune de leur côté. Seule l’une d’entre elles resta assise. C’était la plaignante du début. Sans réfléchir Hanabi se leva et décida de tenter une approche avec cette femme, histoire d’en savoir encore un peu plus. Elle était seule et semblait sympathique, c’était donc l’occasion rêvé pour aller lui parler et lui demander l’adresse de Naruto. Elle devait probablement la connaitre. Comme à son habitude Hanabi alla droit au but, inutile de perdre encore du temps.

- Excusez-moi ! lui fit-elle en arrivant devant elle. La jeune femme quitta son téléphone des yeux pour regarder Hanabi. Je vous ai entendu parler à l’ instant de Naruto Uzumaki et je voudrais savoir si vous connaissez son adresse ?

- Pourquoi ? Qui êtes-vous ? Lui demanda à son tour la jeune femme suspicieuse.

Hanabi resta bête quelques secondes et regretta aussitôt sa manie de faire les choses sans réfléchir. Que répondre à cette question ?

- Je… le connais moi aussi. Répondit-elle en s’asseyant face à la jeune femme.

- Je m’en doute ! Tout le monde ici le connait. Ajouta la jeune femme pas convaincu par la réponse d’Hanabi.

- Disons que… je suis comme vous. Je le déteste et j’ai l’intention de me venger.

- Il vous a largué ?

- Non pas moi, c’est ma sœur ! Hanabi devait maintenant jouer la comédie pour obtenir la confiance de cette femme. Elle avait pensé à se faire passer pour une de ses conquêtes mais l’idée de dire ce genre de chose ne l’emballait pas du tout. Elle avait donc opté pour inclure une sœur dans l’histoire. Et finalement c’était presque la vérité. Elle continua sa tirade en parlant de sa sœur tout en partant dans le mélo dramatique… Il l’a laissé tomber un jour comme ça sans aucune raison apparente. Depuis elle est en pleine dépression, elle sort plus de chez elle, elle pleure tout le temps… elle l’aime alors elle a du mal à tourner la page. C’est de pire en pire depuis qu’elle a appris pour le mariage. Comment a-t-il pu lui faire ça ?

- Elle devait se douter qu’un jour ou l’autre il allait être sérieux avec l’une d’entre nous. C’était évident, ce genre de façon de vivre ne peut pas durer indéfiniment. Expliqua la jeune femme.

- Qu’est-ce que vous voulez dire ? demanda Hanabi qui avait du mal à comprendre.

- Il n’a jamais été sérieux avec aucune d’entre nous. Un jour il était avec votre sœur, le lendemain il était avec moi. On en avait toute conscience. Ce qui nous fait mal c’est de ne pas avoir été celle qu’il a choisi. Je pense que votre sœur a été trop naïve. Elle devrait définitivement l’oublier…

La jeune femme s’arrêta et reporta son attention sur son téléphone. Hanabi quant à elle, était bloqué sur ce qu’elle venait d’apprendre. Ce mec était un coureur de jupon. Il s’était surement tapé toutes les femmes de cette entreprise et n’avez jamais été sérieux dans aucune de ses relations.

- Au faite, pourquoi voulez-vous son adresse ? Qu’allez-vous faire avec ? lui demanda la jeune femme.

Hanabi eut quelques secondes d’hésitation avant de répondre.

- … Je… vais me pointer chez lui… et lui faire comprendre que son comportement avec ma sœur ne m’a pas plu.

- … Faites ce que vous voulez, mais ne dites à personne que c’est moi qui vous l’ai donné. Ça pourrait me coûter ma place et je n’ai absolument pas envie que ça arrive. Expliqua la jeune femme tout en écrivant sur un morceau de papier.  Tenez!

Après ces mots la jeune femme salua rapidement Hanabi et prit le chemin de la sortie. L’adresse enfin en main, Hanabi était ravie d’avoir rempli sa mission. Cet entretien lui avait été bénéfique car elle avait finalement appris beaucoup. Des infos qui étaient autant de raisons en plus pour confirmer ses doutes sur ce mariage. Cet homme, Don Juan,  coureur de jupon  n’était définitivement pas fait pour Hinata.

 

Hanabi chercha son amie Chiyo qu’elle avait laissé quelques minutes plutôt à l’accueil. Elle la trouva finalement un peu plus loin en compagnie d’un homme. Tout en se dirigeant vers la sortie, Hanabi passa près d’eux afin de faire comprendre à Chiyo qu’elle était prête à partir. Voyant le papier qu’Hanabi agitait entre ses mains, Chiyo comprit le message et salua son compagnon avant de la rejoindre dehors.

- J’n’ai pas réussi à avoir l’adresse.  S’exclama Chiyo lorsqu’elle arriva près d’Hanabi. À l’accueil elle n’a pas voulu me la filer. Ils ne donnent pas ce genre de renseignement à n’importe qui. 

- Moi je l’ai eu ! L’informa Hanabi avant de se mettre aussitôt en route.

- Comment t’as fait ?

- Un peu comme toi ! J’ai usé de mes charmes. Mais moi au moins j’ai réussi !

- Moi aussi j’ai réussi !! Regarde il m’a donné son numéro ! répondit Chiyo en montrant la paume de sa main sur laquelle Hanabi put lire une suite de chiffres écrit au stylo. Oui je sais ce n’est pas vraiment ce qu’on était venu chercher ici… reprit Chiyo pour sa défense… mais sache que j’ai essayé. Je lui ai même demandé à lui. D’ailleurs je sais pas pourquoi mais ça l’a énervé… il doit certainement le détester.

- C’n’est pas étonnant ! S’exclama Hanabi. Cet homme c’est une vraie pourriture !

- De qui tu parles ?

- Ben, de lui évidemment. Ce Naruto Uzumaki… répondit Hanabi en lisant le nom sur le papier.  Il s’est certainement tapé toutes les femmes de cette entreprise c’est normal que les hommes le détestent.

- Il a fait ça ? S’étonna Chiyo. Alors j’imagine qu’il doit être super canon !

- Oui il est beau, je ne dirais pas le contraire.  Et comme c’est le fils du patron de cette entreprise, il est très friqué. C’est ça mon problème ! Ma sœur n’a rien à faire avec lui !

-Mais qu’est-ce que tu racontes ?  Ta sœur a de la chance. Si j’étais à sa place j’en profiterais à fond. Toutes les femmes rêveraient d’être avec un mec aussi bien. Par hasard tu ne serais pas un peu jalouse, toi ?

- Pas du tout ! répondit Hanabi sans hésitation. Ça n’a rien à voir. Au contraire je ne le supporte pas.  J’ai juste un peu de mal à accepter qu’elle sorte avec lui. Ils sont trop différents ! En plus elle m’a toujours répété qu’elle détestait les gens comme lui.

- Elle a certainement changé d’avis à leur sujet. Je crois que tu te prends un peu trop la tête. Elle sort avec ce gars, ce n’est pas comme si elle allait finir sa vie avec. Si ça se trouve demain ils sont plus ensemble.

- Ouais… Ce n’est pas comme si elle allait se marier avec lui… 

- Tout à fait !... conclut Chiyo.

Hanabi préféra en rester là. Chiyo ne savait pas tout alors cette conversation ne menait nulle part. S’il n’y avait pas ce mariage entre Hinata et lui, Chiyo avait raison. D’ailleurs Hanabi n’en n’aurait pas fait toute une histoire. Elle aurait accepté ce nouveau petit ami même s’il ne lui plaisait pas. Car elle aurait su que ce n’était qu’une petite aventure sans conséquences. Qu’aurait pensé Chiyo si elle était au courant pour le mariage ? Aurait-elle trouvait ça normal ou bizarre ? Aurait-elle été d’accord avec Hanabi ? Le soutien d’une amie lui aurait été d’une grande aide. D’autant plus qu’elle était la seule à se poser autant de question à ce sujet. Personne à l’auberge ne trouvait cette situation anormale. Est-ce que finalement ils avaient tous raison ? Est ce qu’elle se prenait trop la tête à ce sujet ?  Elle commençait maintenant à douter d’elle-même. Il était temps qu’elle éclaircisse cette histoire.

Pour ce faire, son objectif était d’aller rendre visite à ce jeune couple marié. Une visite qui allait, oui ou non, mettre fin à ses doutes et libérer son esprit.  Elle avait déjà décidé de passer  à l’action le week-end qui arrivait. Particulièrement le dimanche car ce jour-là, jour de repos à l’auberge,  elle était sûre que sa sœur serait présente.

Chiyo et Hanabi se quittèrent assez rapidement. Hanabi rentra à l’auberge en saluant chaque personne qu’elle croisait mise à part Hinata qui n’eut droit à rien. D’un côté comme de l’autre les deux sœurs ne s’adressaient plus la parole. Tous les occupants de l’auberge avaient ressenti le malaise mais ils n’en faisaient pas vraiment cas. Comme dans toutes les familles les disputes étaient monnaie courante. En fait ça arrivait souvent dans le passé, elles se disputaient la veille pour des broutilles, s’ignoraient pendant quelques jours et quand la colère n’avait plus lieu d’être elles se reparlaient comme si de rien n’était. Même si le problème du moment était beaucoup plus sérieux que les prises de tête qu’elles avaient pu avoir dans le temps, tout le monde espéraient que ces mauvaises tensions se tassent au plus vite. En attendant ce moment-là, Emiko était là pour les soutenir autant l’une que l’autre.

- Comment s’est passée votre journée ? demanda Emiko à Hanabi qui venait de s’assoir à table.

- Bien jusqu’à ce qu’il nous redonne un devoir… fit-elle avant d’avaler le thé qu’Emiko venait de lui donner.

- Encore ? S’étonna Emiko.

- Oui, mais cette fois c’est un travail de groupe, alors ça sera plus facile. Répondit Hanabi avant de reprendre aussitôt en changeant de sujet.  Au faite Emiko, je n’ai pas vu Kosuke. Tu sais où il est ? 

- Au fond du jardin normalement. Aujourd’hui il était de corvée au puits.

-Ah ! Merci.

Sans attendre Hanabi partit au lieu indiqué. Elle trouva Kosuke la tête et une moitié de son corps enfouie dans le puits. Ne voulant pas le déranger et surtout le surprendre dans cette situation plus que dangereuse la jeune fille attendit qu’il finisse avant d’annoncer sa présence.  Kosuke était la seule personne à qui elle pouvait parler depuis cette histoire. Il l’écoutait sans donner son avis sur le sujet et surtout il ne défendait pas constamment Hinata, ce que faisait Emiko à chaque fois qu’Hanabi essayait d’entamer le sujet avec elle. Kosuke était son confident et elle avait besoin de lui raconter ce qu’elle avait fait aujourd’hui.

Elle attendit quelques minutes avant que Kosuke se redresse. Concentré dans son travail le jeune homme ne vit pas Hanabi qui décida de prendre la parole.

- Salut Kosuke ! S’exclama-t-elle.

La réaction de Kosuke qui, évidemment très surpris, venait de sursauter fit sourire la jeune femme.

- Melle Hanabi ? Bon… bonjour ! Je ne vous avez pas vu… s’exclama-t-il un peu honteux. Vous êtes là depuis longtemps ?

- Quelques minutes, oui.

Le visage de Kosuke vira aussitôt au rouge. En plus de la honte il ressentait maintenant de la gêne.  Si elle était là depuis longtemps elle l’avait vu dans une position pas très avantageuse. Accueillir cette demoiselle les fesses en l’air n’était pas vraiment bien élevé. 

- Je suis désolé ! Le seau s’est détaché, il a fallu que j’aille le récupérer,  c’est pour ça que j’étais comme… comme ça. Essaya-t-il d’expliquer. Je ne savais pas que vous alliez venir à ce moment-là.

- C’n’est pas grave. T’es en plein boulot, c’est moi qui m’excuse de t’avoir dérangé. Est-ce que tu as réussi à le réparer ?

- Oui c’est bon. C’est réglé…

- Cool ! Alors maintenant je peux te dire pourquoi je suis là ! Tu te rappelles ce que je t’ai dit hier soir ? Et bien voilà c’est fait !! S’exclama-t-elle en lui montrant l’adresse.

- Vous avez trouvé ?!!

- Ouais. Je suis allée sur son lieu de travail ! Merci pour le coup de main. Sans ton aide je n’aurais surement pas réussi.

- Oh je n’ai rien fait, répondit Kosuke, c’est lui qui nous l’a dit la dernière fois. Je n’ai fait que vous le répéter.

- Alors c’est une chance que cet homme parle trop !! S’exclama Hanabi pour conclure. Après une seconde de silence, la jeune femme reprit un peu hésitante. J’y vais dimanche … et euh… je me disais que tu pourrais venir avec moi ?

- Moi ? s’exclama Kosuke très surpris par sa demande.

- Oui toi. A qui crois-tu que je parle ?

- Vous… vous me demandez de vous accompagner ? Répéta le jeune homme comme s’il avait besoin qu’on lui confirme ce qu’il venait d’entendre.

- Oui, je pensais que c’était plus sympa d’y aller à deux… expliqua Hanabi. En plus je serais quand même plus rassurée avec toi parce que je ne connais pas très bien la ville. J’ai peur de m’y perdre.

Hanabi attendit la réponse du jeune homme mais celui-ci resta silencieux. Dans la tête de Kosuke c’était le brouillard total. Il avait envie de lui répondre oui mais Mr Hyûga n’allait peut être pas vraiment apprécier qu’il déserte son travail pour passer du temps avec sa fille. C’était un dilemme pour lui. Passer une après-midi avec la fille qu’il appréciait énormément et en contrepartie assumer les colères de son patron ou bien refuser cette demande et perdre l’opportunité de se rapprocher d’elle ?

- Tu n’es pas obligé d’accepter ! Reprit Hanabi en sentant l’hésitation du jeune homme. Si tu ne veux pas ou que tu as mieux à faire il te suffit de dire non. Je ne veux pas te forcer à m’accompagner… D’ailleurs tu sais quoi ? Laisse tomber !  Oublie tout ça,  je me débrouillerai bien toute seule.

Craignant que le jeune homme trouve cette soudaine invitation un peu bizarre et ne voulant pas essuyer un refus, Hanabi préféra renoncer. Mais sa réaction réveilla Kosuke qui répondit aussitôt.

- Attendez ! Je viens avec vous !  s’écria-t-il paniqué avant de reprendre plus calmement… euh…. Ce que je veux dire c’est que ma réponse est « oui ». Je veux bien vous accompagner.  Mais… pour le travail…  votre père que dira-t-il ?

- J’ai choisi le dimanche parce que justement c’est le jour de repos à l’auberge. Papa ne dira rien. Mais si ce n’est pas le cas tu n’auras qu’à lui dire la vérité. C’est moi qui t’es invité à m’accompagner.  D’ailleurs si tu veux j’irais lui dire ?

- D’accord…je viens avec vous dimanche…

C’est le sourire aux lèvres que la jeune femme rejoignit sa chambre. Cette journée s’était passée à merveille. Elle avait réussi à obtenir l’adresse de cet Uzumaki et quelques renseignements en plus. Prochaine étape : la visite surprise au domicile.

 

La semaine s’acheva normalement. Naruto avait eu beaucoup de travail et ce week-end de deux jours allait lui faire le plus grand bien.  Repos et farniente, voilà ce qu’il avait prévu.

Il se réveilla le samedi matin après une soirée de plaisir. Assit sur son lit, les yeux encore brumeux  il lui fallut quelques minutes pour reprendre ses esprits. Il ressentait encore l’effet des quelques verres qu’il avait bu la veille dans son bar favori.  Jetant un regard à ses côtés, le jeune homme se rappela sa soirée et cette femme qu’il avait invitée dans son lit. C’était une parfaite inconnue car même en réfléchissant un peu il ne put se remémorer son prénom. Son visage ne lui disait rien, c’était la première fois qu’il la voyait. D’ailleurs elle n’était pas vraiment très jolie, il avait certainement trop bu pour s’en rendre compte.  Sans ménagement il secoua la jeune femme pour la réveiller. C’était l’heure pour elle de s’en aller.

La jeune femme ouvrit les yeux. Elle regarda Naruto, encore à demi endormi  quand tout à coup elle se redressa, les yeux grands ouverts.  

- Oh mon dieu !! s’écria-t-elle en comprenant la situation. Qu’est-ce que j’ai fait !!

- Pas grand-chose... Lui répondit Naruto en se levant… j’ai connu mieux.

- Non ! Ce n’est pas possible !! Continua la jeune femme paniquée.

- Tiens ! lui fit le jeune homme en lui envoyant ses vêtements à la figure. Habille-toi et tire-toi !!

La jeune femme s’exécuta tout en commençant à pleurer. Debout près de la porte Naruto attendait qu’elle finisse. Il avait compris le malaise de cette jeune femme, ce n’était pas la première fois que ça arrivait. Le soir elles étaient chaudes et complètement ouverte à toute proposition et le lendemain, pouf elles retrouvaient la mémoire et se rappelaient l’existence d’un mari.  Elles n’étaient même pas fichues d’être fidèle ou même d’assumer ce qu’elles avaient fait. 

- T’es pas obligé de lui dire, lui conseilla-t-il pour essayer de la calmer. T’as fait une erreur, ça peut arriver à tout le monde !

- Non, pas à nous… répondit celle-ci entre deux sanglots. Enfin prête elle se dirigea vers la porte et ajouta. On va se marier…

- Ah…ça c’est bête ! Laissa échapper Naruto avant d’ouvrir la porte.

Il prit la peine de raccompagner la pauvre désespérée jusqu’à la porte d’entrée et la regarda quelques secondes le temps qu’elle descende les escaliers. Pauvre fille. Son futur mariage était certainement en péril. Et tout en refermant la porte le jeune homme se promit qu’à l’avenir il choisirait un peu mieux ses partenaires. Ce n’était pas vraiment amusant de détruire des mariages ou des couples de cette façon.

Il retraversa le salon en pensant à ce qu’il allait bien pouvoir faire l’après-midi même, quand son regard fut attiré vers la cuisine.  Sa colocataire se trouvait accoudée au bar, les yeux baissés sur un livre ouvert. Depuis quand était-elle là ? C’est bizarre il ne l’avait pas vu à l’aller. Sa présence lui rappela une chose qui lui avait pris la tête pratiquement toute la soirée de la veille. La promesse qu’il avait faite à Shikamaru.  Faire l’effort de parler un minimum avec elle. Naruto n’avait pas vraiment envie de ça. Avec tous les accrochages qu’il avait eu avec elle, il n’avait pas spécialement envie de la compter dans ses amies.  Mais Shikamaru y tenait vraiment alors Naruto s’était promis d’essayer.

Il y avait beaucoup réfléchit et c’est la veille dans son bar favori que la solution lui avait été conseillé. La patronne du bar qui connaissait très bien son fidèle client avait conseillé Naruto lorsqu’il avait réclamé son aide sur une question qu’il se posait. Comment fait-on pour être ami avec quelqu’un du jour au lendemain ?  lui avait-il demandé tout en spécifiant bien que cette personne le détestait probablement énormément. Il en était ressorti de ces explications que la politesse était la meilleure façon de commencer. Un simple « bonjour » et « au revoir » pouvait faire comprendre à un interlocuteur que l’on était ouvert, polie et sympathique. C’était une introduction avant une potentielle discussion.

Naruto avait donc décidé de mettre ce conseil en pratique. Ce n’était pas difficile, il n’avait qu’à  jouer la comédie pendant plusieurs jours. De cette façon il ferait l’effort demandé.  Naruto passa la porte du couloir et n’en revint qu’une heure plus tard, lavé, habillé, prêt à sortir. Il avait décidé de déjeuner à l’extérieur et ensuite rejoindre ses potes chez l’un d’eux. Il passa de nouveau devant la jeune femme  qui  toujours occupée à lire, ne quitta pas son livre des yeux à son passage. Visiblement, son intrusion dans le salon ne la perturbait pas le moins du monde. Il accrocha la laisse au collier de Tobi qu’il amenait avec lui et enfila ses chaussures. Enfin prêt il ouvrit la porte et brisa le silence.

- Bonne journée ! lança-t-il à l’adresse de la jeune femme. Puis sans attendre la moindre réponse il ferma la porte derrière lui.

Voilà c’était fait. Sa comédie venait de débuter. 

Ses mots étaient bien parvenus jusqu’aux oreilles de la jeune femme. Lorsque celle-ci leva la tête elle ne put qu’apercevoir la porte se fermer. Avait-elle imaginé cette voix ? Non elle avait bien entendu. S’était-il adressé à elle ? Non certainement pas. Il avait dû saluer un voisin.  Ou alors il était au téléphone et elle ne s’en était pas aperçue. C’était bizarre, mais inutile de se prendre la tête pour ça. Hinata laissa cette affaire de côté et reprit son activité.

 Elle occupa son après-midi dans les magasins. Avec l’aide d’Emiko, elle firent les courses afin de remplir le frigo et les placards de l’auberge.  Profitant de ce moment dans le centre commercial, Hinata prit son temps pour faire quelques boutiques afin de s’acheter quelques vêtements. Elle ne put s’empêcher de penser à Kushina et ces quelques heures qu’elle avait passées avec elle dans les boutiques. Un moment qu’elle n’avait pas envie d’oublier, elle qui n’avait jamais pu vivre ça avec sa mère.

La jeune femme rentra à l’appartement avant la tombée de la nuit. Complètement épuisée elle s’affala sur le canapé. L’appartement était désert, Naruto et Tobi n’était pas rentré. Elle profita du calme absolu qui y régnait en fermant les yeux quelques minutes. Puis pressée de reprendre sa lecture captivante, elle s’installa confortablement  dans un des fauteuils moelleux et replongea dans son histoire.

Les gargouillis provenant de son ventre l’obligèrent à faire une petite pause le temps de préparer son repas. Puis tout en mangeant cet excellent sandwich pas du tout conseillé pour garder la ligne, elle rouvrit son bouquin. 

L’arrivée de Naruto quelques heures après  ne passa pas inaperçue.  Tobi, très heureux de la revoir lui fit la fête et réclama les caresses qu’elle ne lui avait pas faites aujourd’hui.  Quant à son maitre absolument pas soucieux de déranger la tranquillité d’Hinata, aussitôt installé sur le canapé, il alluma la télévision. Hinata n’en fut pas étonnée. Elle était maintenant habituée à cette cohabitation. Si elle désirait la tranquillité il lui suffisait d’aller dans sa chambre. C’était ça la vie de colocataire.

Le film que Naruto avait choisi de regarder n’était pas si mal. Hinata n’avait pas de préférence. Elle aimait tous les types de film. Elle pouvait très bien regarder un film ultra romantique ou dramatique en versant une petite larme mais aussi un film d’horreur bourré de sang et de zombie. Elle n’était pas difficile. Et Naruto comme on pouvait si attendre d’un homme comme lui préféra s’arrêter sur un film d’action.  La jeune femme ferma son bouquin pour s’intéresser à cette séance cinéma. Le héros qui était bien évidemment un très bel homme était déjà dans l’action de son histoire. Après deux, trois cascades absolument spectaculaires et impossible à reproduire dans son jardin sous peine d’y laisser sa vie, le bel héros commence à poursuivre le méchant qui a osé enlever sa belle.  Une course poursuite s’engage à travers la ville, il frôle à x reprises l’accident quand soudain plus rien. Le film continua mais Hinata n’était plus là. Elle était déjà loin dans les bras de Morphée. Aussi intéressant soit-il, ce film ne réussit pas à la garder éveillé.  Elle s’éveilla en sursaut lorsque la belle kidnappée sautait dans les bras de son sauveur. Quelle merveilleuse histoire. Tout est bien qui finit bien. Elle avait peut-être fait un petit somme mais ça ne l’avait pas empêché de voir la fin du film. Le début du générique, fut le signal pour elle d’aller se coucher.  Elle se leva et vit Naruto faire de même.  Il allait certainement aussi se mettre au lit, bizarre pour un samedi soir. La jeune femme passa la porte de sa chambre quand soudain elle entendit :

- Bonne nuit…

Elle s’arrêta aussitôt. Naruto venait de s’exprimer. Avait-elle bien entendu ou avait-elle des hallucinations auditives comme le matin même ?  Encore une fois elle ressentit ce sentiment étrange. Comme si ce mot lui était destiné.  Comme si on attendait d’elle une réponse. Mais ce n’est que le silence qui répondit à ses interrogations. Un coup d’œil dans le couloir lui indiqua qu’il était déjà dans sa chambre. Mais pourquoi s’adresserait-il à elle ? Pourquoi tout à coup se mettrait-il à lui parler ? Il y avait quelque chose qui n’allait pas. La dernière fois qu’ils s’étaient parlé, elle avait convenu qu’elle ne lui adresserait plus la parole. Alors ce qui s’était passé aujourd’hui était impossible. 

Malgré ses pensées complètement embrouillées, Hinata s’endormit assez vite. C’est le lendemain que tout devient clair.  Les cheveux tout ébouriffés, la jeune femme se leva et tomba nez à nez avec Naruto qui s’apprêtait à sortir de la salle de bain. Il venait de prendre une douche matinale et la vision du jeune homme en serviette acheva de réveiller la jeune femme qui avait maintenant les yeux grands ouverts. Elle se décala pour le laisser sortir et tout en sortant elle eut droit de nouveau à un mot.

- Bonjour…

Maintenant tout était clair, elle venait d’avoir la confirmation. Il s’adressait bien à elle. Mais pourquoi faisait-il ça tout à coup ? Était-il tombé sur la tête ?  Hinata nettoya son visage à grande eau bien fraiche. Elle était maintenant bien réveillée. Mais elle n’arrivait pas à balayer ces questions de sa tête.  Que lui arrivait-il ? Ces trois mots sonnaient faux dans sa bouche. Elle avait l’impression d’avoir affaire à un gamin plein de fausses gentillesses essayant de racheter ses fautes  auprès de ses parents pour avoir la dernière trottinette sortie. Contrairement à ses parents qui auraient cédé au bout de quelques temps, Hinata s’était promis que s’il continuait ce petit manège il n’obtiendrait aucune réponse de sa part. Elle avait passé deux mois à essayer de communiquer avec lui mais seulement des disputes étaient sorties de ses efforts. Elle n’allait pas le satisfaire maintenant alors qu’elle s’était promis de ne plus lui parler. Non ce n’était pas à lui de décider.

 

Pour Hanabi le jour tant attendu était enfin arrivé. Cette miss détective allait pouvoir passer à l’action.  Elle ne pouvait plus attendre et avait hâte d’y être alors avec l’accord de Kosuke ils se mirent tous deux en route le matin même. Le chemin ne fut pas très long car le gentil Kosuke avait proposé à la jeune fille de l’accompagner en moto. Hanabi n’avait évidemment pas refusée son offre. Elle se réjouissait même de cette balade qu’il allait lui offrir. Et elle n’avait pas eu tort car le voyage se passa agréablement bien. Accrochée à Kosuke elle savoura le paysage de campagne qui défilait sous ses yeux et le vent soufflant sur son visage. Kosuke aussi avait apprécié ce moment particulier avec la fille qu’il aimait. Il n’en fallait pas plus pour le satisfaire.

Avec l’aide d’un plan de la ville, les deux jeunes gens arrivèrent facilement à destination. Devant eux se dressait un bel immeuble. Hanabi s’attendait à quelque chose de plus luxueux. Cet homme venait d’une famille plutôt connue dans leur milieu, une famille riche. Pourtant il habitait un immeuble comme les autres.   Le nom de famille affiché sur l’interphone confirma qu’ils étaient  au bon endroit.

- Allons-y ! s’exclama Hanabi prête à appuyer sur le bouton.

- Vous êtes sûre? La questionna Kosuke qui n’avait finalement pas trop envie de vivre une confrontation entre sœur.

- Oui je suis sûre. On n’est pas venu jusqu’ici pour rester devant la porte ! Répondit Hanabi avant de se tourner vers lui. Dis-moi Kosuke t’en as pas marre que je te le répète ? Arrête de me vouvoyer !  Tu n’as pas besoin d’être aussi formel avec moi. On a le même âge et on est amis. Alors arrêtes si tu ne veux pas que je te fasse la tête.

- Désolé. J’oublie à chaque fois.

- C’est la dernière fois que je te le dit, alors met-toi ça dans le crâne !! Conclut-elle avant que la porte de l’immeuble ne s’ouvre dévoilant une vieille dame.

Hanabi retrouva aussitôt son sérieux et se décala pour lui laisser le passage sans oublier de la saluer au passage. Puis elle empêcha la porte de finir sa course en se fermant. Ils avaient maintenant la possibilité de monter directement devant la porte. Hanabi trouva cette perspective plus intéressante pour l’effet de surprise.  Mais pour ça il valait mieux qu’elle sache à quel étage elle devait monter.  Les boites aux lettres ne lui permirent pas d’avoir la solution. Les noms de famille n’étaient pas accompagnés du numéro d’étage. 

- Y a un nom est écrit sur cette porte. S’exclama Kosuke en pointant une porte d’appartement. Celle-ci aussi !  Dit-il en vérifiant la deuxième porte du rez-de-chaussée.

- Y’a plus qu’à espérer que ce soit la même chose en haut. Ajouta Hanabi en le rejoignant.

Elle emprunta les escaliers pour commencer la recherche du bon appartement.  La chance était au rendez-vous pour nos deux amis car la première porte du 1er étage se trouva être la bonne. Le nom Uzumaki y était affiché.

- Bon ! C’est parti !! S’exclama la jeune fille avant d’appuyer sur la sonnette.  Hanabi affichait un petit sourire, elle pensait déjà à la tête qu’Hinata ferait en  ouvrant cette porte.

Il fallut quelques secondes pour qu’enfin du bruit dans la serrure leur indique qu’Hinata était enfin prête à ouvrir. Mais ce ne fut pas un visage féminin que Kosuke et Hanabi aperçurent face à eux. C’était Monsieur Naruto Uzumaki. Très surprise, Hanabi ne savait pas quoi dire. Elle n’avait même pas imaginé tomber sur lui. Pourtant en y réfléchissant et étant donné qu’il habitait ici, elle avait une chance sur deux de tomber directement sur sa sœur. Quelle idiote. Elle mit quelques secondes avant de se remettre du choc occasionné. Mais Kosuke qui comprit le malaise prit la parole en premier.

- Bonjour monsieur… commença-t-il avant de s’arrêter pour attendre une salutation de celui-ci.

Naruto avait reconnu sans difficulté les deux personnes face à lui. Comment les oublier avec ce qu’il avait vécu chez eux ? Fidèle à lui-même il ne les accueillit pas en douceur.

- Qu’est-ce que vous voulez ? Les questionna-t-il avant de se rendre compte qu’ils venaient certainement voir Hinata. Il devança aussitôt Kosuke qui était sur le point de répondre. Elle n’est pas là ! Je ne sais où elle est, ni à quel heure elle rentrera. Enchaina-t-il pour couper court et fermer la porte.

- Je veux quand même la voir ! s’exclama Hanabi.

- Et alors ? Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise. Répondit Naruto.  Vous n’avez pas compris ?  Elle n’est pas là.

- Je vais l’attendre !

- Oui c’est ça, bonne idée. Attendez-la.

Sur le point de fermer la porte, Naruto se ravisa lorsque la jeune fille reprit la parole.

- Nous allons l’attendre ici ! S’exclama-t-elle avant d’avancer vers lui.

Naruto regarda Hanabi pénétrer dans l’appartement sans l’arrêter. Elle passa à côté de lui, prit soin de se déchausser et  se dirigea vers le salon. Elle avait vraiment l’intention de l’attendre à l’intérieur.

- Faites comme chez vous !! S’exclama Naruto surprit par l’audace de cette gamine. 

- Euh… ce n’est pas ce qu’elle voulait dire. S’exclama Kosuke toujours à la porte. Elle voulait dire : peut-on l’attendre ici s’il vous plait ?

- Ah bon ? Ce n’est pourtant pas ce que j’ai cru comprendre.

- Euh… je…

- Fermez la porte derrière vous !! lui ordonna Naruto sans prendre la peine de l’écouter.  Qu’il donne son autorisation ou pas maintenant c’était trop tard.

Il retourna au salon et trouva Hanabi sagement assise.  Il fit de même et s’installa à sa place devant la télé afin de reprendre le match de foot qu’il avait laissé en suspens. Aucun but n’avait été marqué en son absence, il faut dire que ce match n’avait pas eu un début très actif.  Le jeune homme ne mit pas longtemps à sentir deux yeux collés à lui. Un regard vers ses deux invités lui confirma que la jeune fille avait les yeux fixés sur lui.

- Quoi ? Vous avez un problème avec moi ?  l’interrogea-t-il.

- Pas du tout. Pourquoi aurais-je un problème ? répondit Hanabi … je m’ennuie, il faut bien que je m’occupe.

- En me regardant ?! Fit remarquer Naruto.

- Oui, j’essayais de savoir qu’est ce qui l’intéressait chez vous. Mais je n’ai pas trouvé.

-Ah bon ? C’est pourtant évident. Je suis un homme parfait. Y’en a plus d’une qui aurait voulu être à sa place.

Quel salop ! Il savait parfaitement qu’il plaisait beaucoup aux femmes. Mais alors ce qu’elle avait entendu sur lui à son travail, tout était vrai. Toutes les femmes avaient eu une relation avec lui. Peut-être même que malgré le mariage il continuait à en voir d’autre. 

Le silence venait à peine de s’installer qu’Hanabi reprenait déjà la parole.

- Je n’ai jamais aimé le foot mais alors ce match est absolument inintéressant. Si ça continu je vais m’endormir.

- Rien ne vous oblige à rester ici. Vous savez où se trouve la sortie !

- Oh non ! On préfère rester en votre agréable compagnie. N’est-ce pas Kosuke ?

- Euh… oui… répondit celui-ci, qui aurait préféré qu’on le laisse en dehors de ça. 

Ce fut le mot de la fin. Hanabi n’avait plus rien à dire et de toute façon elle n’avait aucune envie de discuter avec cet homme. Elle attendit gentiment le retour de sa sœur qui finalement ne tarda pas à faire son apparition.

Hinata rentra les bras chargés. Elle avait profité du beau temps pour faire une petite balade en compagnie de Tobi. Finalement, tombant sur la place du marché elle s’était laissé tenter par la couleur alléchante des fruits et légumes. Elle s’était tellement fait plaisir qu’elle avait fait le chemin du retour les bras chargés de deux gros sacs.

Pressée de poser son encombrant chargement, Hinata jeta ses chaussures à l’entrée sans faire attention aux deux autres paires présente.  Elle pénétra dans le salon et aussi vite qu’une fusée elle rejoignit la cuisine pour poser sa marchandise sur le bar.  Les pensées déjà prises par le déjeuner qu’elle allait pouvoir se concocter avec les légumes fraichement achetés, la jeune femme ne se rendit pas compte que plusieurs yeux la fixaient. En partant ce matin-là elle avait laissé un Naruto à peine réveillé devant la télévision.  Imaginant que le jeune homme n’avait pas bougé d’un pouce elle n’avait pas jugé important de jeter un coup d’œil vers lui. Elle vida rapidement un sac de légume. Et c’est en commençant à les mettre en place que son regard fut attiré par une ombre venant du salon. Naruto venait certainement de se lever. A sa grande surprise c’est une femme qu’Hinata avait dans son champ de vision. Une femme qui semblait lui être familière. Il fallut quelques secondes à son cerveau pour mettre un prénom sur la personne. Hinata n’en croyait pas ses yeux. Etait-elle en train de l’imaginer ou sa sœur se trouvait bel et bien face à elle, dans cet appartement ? Elle se retourna vers la cuisine, frotta ses yeux fatigués et après avoir espéré très fort que ce ne soit qu’un mirage, elle pivota de nouveau sur elle-même.

Ses yeux ne lui avait finalement pas fait défaut, cette personne était vraiment Hanabi et comme si ça ne suffisait pas, à côté d’elle se tenait une autre tête familière, Kosuke.  La vision de ses deux personnes face à elle la laissa sans voix.

- Salut grande sœur !! S’exclama Hanabi le sourire aux lèvres, toute fière de l’effet de sa surprise.

- Qu’est-ce que vous faites là ? Se contenta de répondre une Hinata toujours sous le choc.

- Je suis contente de te voir moi aussi grande sœur ! lui répondit-elle avant de s’avancer pour la rejoindre à la cuisine. Ça fait tellement longtemps qu’on ne sait pas parlée alors je me suis dit que ça serait bien de te rendre visite.

Dans la tête d’Hinata c’était la panique totale. Aucun membre de sa famille n’était censé venir ici, dans cet appartement. La jeune femme n’était absolument pas préparée à ça. D’ailleurs comment Hanabi avait-elle su où elle résidait? Comment connaissait-elle son adresse ? Elle était pourtant certaine de ne l’avoir dit à personne. 

- Ben quoi ? Tu n’es pas contente de voir ta petite sœur ? demanda Hanabi constatant que sa sœur était mal à l’aise.  

- Euh… non… c’est que je ne m’attendais pas à vous voir ici.

- Je voulais te faire une surprise… ajouta Hanabi avec un petit sourire, fière d’enfoncer le clou.

- Mais… comment tu connais cette adresse ? Je ne vous l’ai pas dit…

- Tu crois que je ne connais pas cet homme ? Je ne suis peut-être pas à la dernière mode mais je lis les magazines comme tout le monde. Mentit Hanabi. Elle n’aurait jamais avoué avoir passé des heures et des heures à se renseigner par ci par là pour glaner des infos.  Non. Tout bon détective sait que certaine chose doivent rester secrète.

- Ah bon ? S’étonna Hinata. Je ne savais pas…

- Bon alors ? Tu me fais visiter ta nouvelle demeure ?

Visiter ? À ce mot, un nouvelle vague de panique envahit la jeune femme. Faire visiter cet appartement à sa sœur ? Non, impossible sans éveiller un peu plus les soupçons qu’elle avait sur ce mariage. Cet appartement n’était pas préparé à la visite de quelqu’un croyant au mariage. Comment allait-elle faire ? Le salon et la cuisine elle les avaient déjà vus et rien ne laissait paraitre dans ses lieux que ce mariage était un faux. Par contre les chambres étaient tout à fait explicites.  Ce nouveau couple faisait déjà chambre à part, c’était plutôt bizarre comme détail. Elle devait trouver une excuse pour empêcher cette visite.

- Euh… en faite… commença Hinata certainement de plus en plus rouge... c’est pas du tout rangé, c’est sale.  Je n’ai pas fait le ménage depuis plusieurs jours alors je n’ai pas vraiment envie que tu vois ça. On pourrait remettre ça une autre fois.

- Voyons Hinata ça ne peut pas être pire que moi ! Tu sais très bien comment je suis ? Alors je peux tout à fait supporter ton bordel !

Oui c’est vrai, Hanabi avait toujours été la plus bordélique des deux. Il fallait trouver autre chose.

- Alors ? S’impatienta Hanabi. La cuisine est ici, le grand salon est là. Je suppose que la suite c’est par là. Finit-elle en pointant la bonne direction.

Sans attendre la moindre invitation venant d’Hinata, Hanabi prit aussitôt la direction du couloir.

- Attends Hanabi !! s’écria Hinata en s’empressant de la rejoindre.

Hanabi était déjà devant une porte. Heureusement elle avait choisi d’aller à gauche. La première porte à gauche était donc la salle de bain.

- C’est la salle de bain… lui expliqua Hinata. Rien de très intéressant.

- Tu rigoles ! J’adore les salles de bain !! lui répondit Hanabi avant de pousser la porte. 

Cette pièce ne pouvait rien révéler d’anormale. Elle était utilisé autant par l’un que par l’autre. Pendant qu’Hanabi commentait cette somptueuse salle de bain, Hinata était déjà retourné dans le couloir. Placée à gauche de la sortie, elle espérait barrer la route d’Hanabi et lui faire oublier la chambre de droite qu’elle n’avait peut-être pas vue. C’était cette chambre qu’Hinata redoutait le plus. Comment pouvait-elle faire pour  qu’elle n’y aille pas. Elle ne pouvait pas ouvrir cette chambre. Tout simplement parce que c’était celle de Naruto et qu’il lui en avait interdit l’accès.

Sa stratégie s’avéra payante. En sortant de la salle bain, Hanabi se dirigea automatiquement à droite.  Les doigts croisés, priant tous les dieux qui pourraient l’entendre Hinata la suivit en espérant que sa chambre soit la plus neutre possible. Avec toute cette panique elle n’arrivait pas à se rappeler si elle avait fait son lit ou si elle avait rangé ses affaires. Cette chambre devait absolument passer pour une chambre de couple tout à fait normale. Si ce n’était pas le cas, ce mariage tombait à l’eau.

Hinata poussa un soupir de soulagement lorsqu’elle vit sa chambre. Comme à son habitude elle avait parfaitement tout rangé. Rien ne dépassait, aucun vêtement ne trainait par terre. Un lit, une bibliothèque rien dans cette chambre ne pouvait dire qu’elle était 100% féminine. Un homme et une femme pouvait très bien y dormir. D’ailleurs Hanabi n’y vit que du feu. A son expression, Hinata sut que cette étape était réussie. Quelques minutes et quelques commentaires plus tard les deux jeunes femmes sortaient de la chambre. Concluant la visite, Hinata invita sa sœur à retourner au salon tout en essayant de cacher l’existence de la deuxième chambre en obstruant sa vision. Mais Hanabi avait parfaitement vu cette troisième porte et elle n’était pas prête à partir sans l’avoir ouverte.

- Et par là-bas ? s’exclama Hanabi… c’est quoi ?

- Oh non ! C’est rien. Expliqua Hinata en gênant le passage. Allons plutôt dans la cuisine je vais te servir quelque chose à boire.

- Non ! Je veux aussi voir cette pièce !

Hanabi força le passage et se dirigea vers la porte avec la ferme intention de l’ouvrir. Mais Hinata la devança et arriva avant elle. Il était hors de question qu’elle ouvre cette porte.  Elle devait l’en empêcher à tout prix. La chambre de Naruto était beaucoup trop masculine, comment pouvait-elle lui expliquer son existence?  Choisissant d’y mettre les grands moyens, Hinata se positionna devant la porte. Ça ne pouvait pas être plus clair. Hanabi était forcé de comprendre qu’elle n’était pas autorisée à voir cette pièce. 

- C’est quoi? Un bureau? Un grand placard? Ou alors une autre chambre? Celle de mon futur neveu peut être? Allez laisse-moi regarder! Insista Hanabi.

- Non ! Cette pièce n’est absolument pas rangée. D’ailleurs elle est fermée à clef. C’est impossible de l’ouvrir !

- Fais voir ! Je vais essayer ! s’exclama Hanabi essayant de nouveau à forcer le passage.

Elle voulait accéder à la poignée mais Hinata était là pour l’empêcher d’y parvenir.

- Non ! Tu n’iras pas !!

- Mais pourquoi ? Qu’est-ce qu’il y a là-dedans ?

- Rien! S’écria Hinata commençant à perdre son calme. Il n’y a absolument rien !

 Mais pourquoi Hanabi était-elle aussi obstiné ?

- Alors pourquoi tu ne veux pas que je regarde ? demanda celle-ci.

La situation devenait de plus en plus bizarre. Pourquoi Hinata mettait-elle autant d’énergie pour lui interdire l’accès à cette pièce ? Que cachait-elle ?

- Hinata ! Laisse-moi ouvrir cette porte ! Lui ordonna-t-elle.

- Vous n’avez pas compris ? Intervient une voix masculine. Elle vous a dit non !!

Hinata leva les yeux vers ce nouvel intervenant quant à  Hanabi, elle pivota sur elle-même et trouva Naruto à peine entré dans le couloir. L’intervention de cet homme confirmait les doutes d’Hanabi. Il y avait bel et bien quelque chose qui ne tournait pas rond. Que pouvait bien renfermer cette chambre ?

- Qu’est-ce que vous cachez le dedans ? demanda-t-elle de nouveau retournée vers sa sœur.  Quelque chose d’illégale peut être ?!

- Non. Lui répondit sa sœur. Et même si c’était le cas, ça ne te regarde pas. Tu ne peux pas le comprendre ?

- Non !! répondit Hanabi en fixant méchamment Hinata.

- ça suffit !! S’exclama Naruto. Vous vous croyez où ? Vous êtes ici chez nous, alors si elle vous interdit d’aller ici  vous n’avez pas le choix vous obéissez !! Il s’interposa entre les deux sœurs et poussa Hanabi vers la sortie. Sortait de là maintenant !!!

Naruto en avait marre de cette situation. Pour qui se prenait cette fille pour insister autant? Il l’avait laissé entrer dans son appartement sans opposer de résistance et pour ça elle avait eu de la chance. Maintenant elle allait un peu trop loin en faisant comme si elle était chez elle. D’autant plus que c’était de sa propre chambre dont il était question. Personne n’avait le droit d’y entrer hormis son chien et ses conquêtes. Pour ça il était donc d’accord avec Hinata, cette porte resterait fermée.

Face à lui Hanabi abandonna aussitôt.  Elle passa la porte du couloir en soufflant de rage et croisa Kosuke qui était venue les rejoindre mais n’avait pas voulu intervenir.

- Viens Kosuke ! Rentrons ! Nous avons beaucoup de choses à raconter à papa.

Hinata qui venait d’arriver dans la pièce faillit perdre son souffle en entendant cette phrase. En parler à leur père ? Non. Elle ne pouvait pas faire ça !

- Hinata… Reprit Hanabi regarda sa sœur avec des yeux noirs…  Je te conseille de ranger cette chambre et faire disparaitre tout ce qui ne devrait pas y être.  Parce que je te promets que je vais revenir. Et ce jour-là je ne serais pas seule. Tout le monde le saura. Et cette fois, cette porte ne restera pas fermée ! Je ne te laisserai pas faire n’importe quoi !

Hanabi faisait fausse route. Elle était persuadée que tous les deux cachaient quelque chose dans cette pièce.  Ce malentendu allait mener ce faux mariage à sa fin. Hanabi allait tout gâcher.  Non Hinata ne pouvait pas la laisser faire ça. Pas à deux mois de la fin du contrat. Elle n’avait pas le choix maintenant, sa sœur devait savoir la vérité.

- Tu te trompes Hanabi ! S’exclama-t-elle. Derrière cette porte il y a une chambre, on y cache absolument rien.

- Laisse-moi regarder alors… répondit Hanabi.

- Non! …

- Tant pis pour toi alors, je vais rentrer et me faire un plaisir de…

- Attend ! Tu avais raison… s’exclama tout à coup Hinata. Le mariage… Tout est faux.

- Quoi ?  Laissa échapper Hanabi les yeux écarquillés. Elle n’était pas sûre d’avoir bien entendu et avait besoin d’une petite confirmation. J’avais raison ?

- Oui.

Accoudée au bar Hinata raconta toute l’histoire à sa sœur installée face à elle sur l’un des tabourets. Hanabi buvait ses paroles. Elle était à la fois choquée et soulagée d’entendre le fin mot de l’histoire. Elle n’y avait jamais cru et elle n’avait pas eu tort. Finalement, Hinata n’avait pas changé d’un iota.

- Fais ta valise, tu rentres avec nous ! s’exclama Hanabi à la fin du récit.

- Non, j’ai fait la moitié. Ce serait bête d’arrêter maintenant…

- On s’en fiche !! Tu n’as pas besoin de faire ça! Je vais trouver un travail et moi aussi je ramènerai de l’argent…

- Non ! Tu dois te concentrer sur tes études, je te l’ai déjà dit !

- Et bien j’arrête les cours ! s’exclama Hanabi. Je ne peux pas te laisser continuer à faire ça !

- Pourquoi? C’est rien du tout et en plus il reste que deux mois.

- Deux mois que tu nous mens. Ajouta Hanabi comme si elle venait de s’en rendre compte. Tu aurais pu au moins me le dire !

- Qu’est-ce que tu aurais dit si je t’en aurais parlé ? demanda Hinata.

- Je t’aurais dit de ne pas le faire bien sûr !

- Tu vois c’est pour ça que je n’ai rien dit. On a besoin de cet argent et ces dix millions sont tellement facile à gagner que je ne pouvais pas refuser.

Les deux sœurs restèrent encore quelques minutes à discuter ensemble. En conclusion Hanabi fut bien obligée d’accepter cette situation. En y réfléchissant bien elle n’y voyait pas d’inconvénient. D’autant plus qu’Hinata lui avait assuré qu’elle n’entretenait aucune relation avec Naruto. Elle ne faisait que vivre ici et empochait la récompense.

Après avoir promis à sa sœur de garder tout ça pour elle, Hanabi prit congé l’invitant à lui en raconter un peu plus sur le sujet une fois qu’elle se reverrait à l’auberge. Elle avait des tas de questions à lui poser pour assouvir sa curiosité.  La jeune femme appela Kosuke afin de quitter l’appartement. Celui-ci, assit en compagnie de Naruto devant la télé se leva aussitôt. Il salua Hinata et formula des tas d’excuses pour leur intrusion surprise. En retour la jeune femme essayait de rassurer le jeune homme en acceptant ses excuses et minimisant cet incident. 

- Alors ? s’exclama une voix masculine venant du canapé. Vous vous sentez mieux maintenant ?

Interrompu dans leurs échanges, les trois jeunes gens se retournèrent sur cet intervenant. C’est le visage d’un Naruto moqueur qui les accueillit. Les yeux fixés sur Hanabi, la jeune femme comprit qu’il s’était adressé à elle.

-Oh oui, je suis plus que ravie ! lui répondit-elle. Savoir que vous ne faites pas vraiment partie de ma famille me remplit de joie !

- Hanabi ! Intervient Hinata trouvant que sa sœur y aller un peu fort.

- Quoi ? C’est lui qui me demande, je lui dis la vérité.

- On est au moins d’accord là-dessus. Continua Naruto. Je n’ose même pas imaginer avoir une belle sœur comme vous. La réputation de ma famille n’aurait certainement pas supporté l’association avec votre famille de paysan. 

Les poings serrés, Hanabi fusillait Naruto du regard. Qu’est-ce qu’il pouvait être insupportable celui-là.  Essayait-il d’être plus méchant qu’elle ? Bouillonnant de l’intérieur Hanabi se retenait. Si elle continuait sur ce sujet elle risquait d’utiliser des mots un peu forts qu’Hinata n’aurait pas manqué de lui reprocher.

- Kosuke! Allons-y avant que je fasse un meurtre ! lui dit-elle.

- Je ne vous dis pas à la prochaine, je ne pense pas vous revoir !! S’exclama Naruto toujours le visage moqueur et fier d’avoir eu le dernier mot. 

Hanabi ne resta pas une minute de plus, elle se chaussa en quatrième vitesse et descendit les escaliers au pas de course. Elle continua sans s’arrêter droit devant elle, ignora la moto de Kosuke qu’elle venait de croiser et s’éloigna de plus en plus de l’immeuble. Tout à coup, rouge de colère, ne pouvant plus tenir, elle stoppa sa route. Se tournant vers l’immeuble, elle s’écria jusqu’à en perdre son souffle :

- CONNARD !!!!!!!!!!!!!!!!!

Face à elle Kosuke la regardait surpris par son cri et il n’était pas le seul. Autour d’eux, les quelques passants présents s’étaient arrêtés.  Devant eux une jeune femme reprenait son souffle avec près d’elle un jeune homme. Inutile d’être très intelligent pour comprendre cette scène. Elle venait de crier sa douleur à cet homme probablement odieux avec elle. Très gêné, Kosuke s’excusa auprès des passants qui reprirent leur chemin après lui avoir lancé quelques regards sévères.

- ça va ? La questionna-t-il.

- Oui, ça fais un bien fou ! S’exclama Hanabi. Je me demande comment elle peut le supporter. Moi ça fait longtemps que j’aurais laissé tomber. 

- C’est certainement l’argent qui la fait tenir. Expliqua le jeune homme.

- Ouais c’est certainement ça… d’ailleurs en parlant de ça. Ce que tu viens d’entendre aujourd’hui doit absolument rester entre nous. Toi et moi serons les seuls à savoir la vérité.  

- Oui, je ne dirais rien…

- Hinata veut absolument continuer. On n’a pas le choix. Et finalement elle n’a pas tort, on ne peut pas cracher sur cet argent.

Kosuke et Hanabi prirent le chemin du retour satisfait par le déroulement de cette journée. Ce qu’Hanabi avait dit à Naruto était vrai, elle était heureuse de savoir que ce mariage n’était qu’un faux. Heureuse de retrouver enfin sa sœur et elle avait hâte de discuter avec elle, comme au bon vieux temps.