Au croisement de la route

par Ch0utey

Bonjour !

[!] Cette histoire est abandonnée. Il n'y aura pas de suite, j'ai simplement réécrit certains chapitres il y a quelques temps et... je les publie maintenant, parce que je n'aime pas du tout ce que j'ai fais du début de cette fiction à l'époque. [!]

Titre : Lueur d'espoir éteint.

Auteur : Ch0utey.

Univers : Naruto.

Crédits : tout est à Masashi Kishimoto.

Genres : Action et aventure / Friendship.

Histoire centrée sur l'amitié et les relations plus ou moins chaotiques. Comme elle ne sera jamais finie, il n'y a pas de romance.

Situation dans le manga : cinq ans après la next gen. Nos héros ont donc entre 21 et 22 ans.

Rating : quelques gros mots, c'est tout. Un peu de violence aussi, mais si vous lisez déjà le manga rien de choquant.

Note : désolée pour les fautes, j'ai fais ce que j'ai pu.


Voilà, sur ce... bonne lecture pour les courageux :)


Chapitre 1

Au croisement de la route


Ce n'était qu'une ombre sur le sentier de terre défraichie et stérile. De chaudes bourrasques balayaient ses cheveux rosâtres et à perte de vue s'étalaient des collines pelées et mortes... le désert, immense, effrayant de part sa grandeur. Elle était juchée sur une imposante limace rayée de bleu et avançait inlassablement dans la province assombrie par l'orange sombre du ciel et les nuages gris s'y amoncelant. L'entièreté du monde ne semblait qu'être désolation et néant.

Les traits fermés et la peau sale, Sakura se laissait porter par son invocation avec un désespoir amer au fond au cœur. Elle n'était plus qu'une kunoichi en déroute avec comme seule trace de « l'avant » un bandeau terni orné de la Feuille coincé au fond de son sac. Sans foyer où rentrer, sans épaule sur laquelle se reposer, la médic-nin portait sur son visage les dernières lueurs d'un village oublié.


Konohagakure n'existait plus.

Il y avait eu la Catastrophe, événement inqualifiable d'une rare violence, puis le monde avait plongé dans le chaos en emportant avec lui les ruines du monde shinobi.

Personne ne savait vraiment comment, personne ne savait vraiment pourquoi. On se rappelait de la tempête, de la foudre, du métal qui claque et broie tout sur son passage... puis juste de l'incommensurable silence à l'aube du jour.

Les très peu de ninjas survivants furent tous éparpillés à la surface du globe, séparés chacun les uns des autres par la désorientation et la peur. Certains tentèrent de retrouver leurs amis ou leurs familles, d'autres moururent dans des circonstances parfois trop suspectes.

Pourtant, un mince espoir ancré dans le cœur, quelques rescapés cherchaient encore une trace de leurs compagnons à travers les chemins chauds de poussière et de silence. Ce qu'il restait en eux n'était que colère et haine envers les seuls responsables de toute cette misère... le groupuscule qu'on n'osait plus nommer dans les rares villes encore debout et infestées d'espions, traquant et capturant les derniers réfractaires au pouvoir de l'Akatsuki.


Sakura soupira une énième fois. Le jour où tous ces fumiers la retrouverait, les poules auraient des dents. En vérité, cela lui importait peu ; son seul objectif était de retrouver ceux qui partageaient sa vie autrefois : Naruto, Ino, Sai, et tous les shinobis du village. Ils avaient été arrachés les uns des autres lors de la Catastrophe et de l'exil des habitants. Tout était mélangé dans son esprit. Elle se souvenait encore des cris et des pleurs, de ses bras qui l'enserraient, de leurs yeux remplis d'incompréhension...

Elle essayait de ne pas y penser, seule dans le froid cinglant des nuits ou dans l'étouffante chaleur du jour. Elle essayait d'oublier le Hokage, son maître, son amie ; celle qui était morte sans un mot, sans un regard, dans l'inconscience de tous... Tsunade avait disparu en silence, et personne ne saurait jamais ce qui avait bien pu se passer ce jour-là.


Sakura serra ses poings gantés contre sa monture et releva des yeux malachites vers l'horizon où, à sa grande surprise, un bâtiment se détachait de la poussière.

Un ancien motel ou bistrot, sans aucun doute. Le genre d'endroit perdu remplis de cadavres encore enroulés dans des draps ou avachis entre deux chaises, laissés là dans un repos éternel.

Après quelques minutes, la rose arriva enfin devant la petite échoppe miteuse. Sur le coté de la devanture, une pancarte autrefois lumineuse indiquait « Fire ». Elle était à moitié arrachée du mur, pendante minablement au-dessus de la porte aux vitres ternes.

Sakura sauta de sa limace et la remercia tout en la faisant disparaître.

La porte grinça légèrement et une clochette tinta dans le petit bar.

Il flânait dans l'air une odeur de moisissure et d'humidité. La salle vétuste paraissait bien conservée, bien que les couches de poussière sur les meubles ne trompaient pas. Quelques tables étaient disposées maladroitement dans la pièce vide et un comptoir longeait le mur à gauche. Elle pouvait presque entendre le fantôme d'une musique de fond qui grésillait, amenant la joie et l'allégresse dans la salle il y avait très longtemps.

La kunoichi vit une personne assise sur un tabouret avec un verre à la main et fronça les sourcils, se mettant sur ses gardes. Du coin de l'œil, elle perçut un autre homme vêtu de haillons avachi sur une chaise dans un angle, les mains tendues devant lui et le regard perdu dans un passé figé au creux de sa rétine. Il portait encore une serviette nouée à son bras où le nom du bar cousu se détachait par endroit.

Sakura fit un pas et, reportant son attention sur le « client », une drôle d'impression la prit aux tripes alors qu'elle examinait sa fine silhouette légèrement penchée en avant.

Elle s'approcha et s'assit non loin de l'individu à la longue cape noire. Elle lança une vieille pièce au barman qui la réceptionna habilement pour la glisser dans son blouson crasseux, visiblement inconscient de ses gestes automatiques et de ses yeux vides.

La rose se pencha sur le comptoir, agrippa un verre fendu qui trainait et fit couler de la bière qu'elle se servit à la pression rouillée. La provenance de cette boisson lui était inconnue mais au fond, elle se doutait bien que cet homme ne vivait pas sur ses réserves...

Avec un relent d'amertume, Sakura avala cul sec et soupira d'aise quand elle sentit le liquide piquer sa gorge. Prise dans son élan, sa voix un peu enrouée s'éleva dans la pièce et elle sentit plus qu'elle ne vit le tressaillement qui secoua l'autre client.

« On se connaît ? »

La mystérieuse personne posa son verre, dévoilant une main pâle et tremblante alors qu'elle se redressait. La jeune femme sursauta quand un son fluet qui ne lui était pas inconnu résonna dans le petit bar :

« Sa-... Sakura...? »

L'inconnue se tourna et délit sa capuche, faisant couler une cascade de mèches noires dans son dos. Des yeux nacres aux bords des larmes firent leur apparition de dessous le vêtement usé et Sakura ne put s'empêcher d'écarquiller les siens dans un hoquet. Son cœur frappait fortement contre sa poitrine quand elle lâcha son verre qui vint rouler sur le bois du comptoir. La kunoichi se releva et s'avança avec un espoir incertain au fond des yeux.

« Oh mon dieu, Hinata.

-C'-c'est bien toi, Sakura ! »