I'll never be the same

par goldenpair

Long Way To Go :

Chapitre 15 : I’ll never be the same.

Temari servait, déambulait, prenait les commandes avec efficacité, trop d’efficacité même. Son chef la regardait travailler du coin de l’œil, il la surveillait. Non pas qu’elle du mauvais travail, au contraire. Il la surveillait pour vérifier que tout allait bien, car il savait que depuis le départ de la petite Sakura, la jeune fille affichait que très rarement de réels sourires.

En ce samedi soir, le restaurant était plein. Beaucoup de familles venaient dîner, quelques hommes d’affaires et des couples. Temari n’avait pas de minute à perdre, elle devait prendre la commande d’une table, servir une autre, débarrasser et servir la première ainsi de suite. Pas de repos pour la sulfureuse blonde qui ne s’en plaignait pas. Cela lui permettait de faire le vide, d’oublier ses problèmes, se concentrer sur une seule chose.

En réalité tout se bousculait dans sa tête. Son père qui finalement déménageait seul et les « laissent » avec leur vieille nourrice. Sakura qui n’était plus la même. Elle espérait que leur plan allait marcher. Et puis, il y avait aussi Shikamaru, depuis un an, ils s’étaient rapprochés un peu plus, toujours en se chamaillant mais ce qui l’attirait vers lui. Il semblait veiller sur elle, et la rattraperait si elle tombait. Mais elle sentait que la prochaine chute serait terrible. Elle continua son service sans plainte.

Vers vingt et une heures trente, on lui attribua l’une des tables VIP du restaurant. Elle n’aimait pas particulièrement servir ce côté du restaurant. Elle alla malgré tout prendre la commande. Elle n’avait pas levé les yeux, « ils » n’aimaient pas ça et cela l’arrangeait. Elle regardait fixement sa feuille de papier :

_ Nous aimerions avoir tout d’abord une carafe d’eau et votre meilleure bouteille de blanc (j’y connais rien en vin désolée ^^). En entrée, je prendrais des noix de st jacques à la sauce aux truffes (plat inventé ou pas ! XD), déclara une voix d’homme. Et toi, Sakura, que désires-tu ?

Temari se figea, mais ne releva toujours pas la tête :

_ Une salade de chèvre chaud (sans chèvre chaud ! XD dédicace à Hina of goldenpair ^^), dit-elle morne.

Temari repartit très vite, donna la commande au cuisinier et demanda sa pause. Ce que son chef de salle accepta. Elle passa par les cuisines surchauffées et s’échappa par la porte de derrière. Elle s’adossa au mur sale, les bras complètement amorphes, le regard tourné vers le ciel qui était très peu étoilé. Des larmes silencieuses coulèrent doucement sur son visage. Elle attrapa l’une d’entre elles sur sa joue, se rendant compte qu’elle pleurait encore et toujours.

Une main d’homme attrapa délicatement le poignet de la blonde. Elle baissa son regard vide vers celui qui la voyait aussi pitoyable. Mais elle ne put voir son visage et l’entendit chuchoter :

_ Laisses-les couler, ne les retient pas, murmura une voix qu’elle ne connaissait que trop bien.

Temari reprit ses esprits. Sa main entourait toujours son poignet délicatement, pour l’apaiser. Son parfum était imprégné sur ses vêtements, et elle ne pouvait s’en détacher. Pourquoi ?! Pourquoi il fallait que ça tombe sur elle ?

_ Je te ramène chez toi, annonça-t-il. Ton patron est d’accord, il dit que tu as assez travaillé pour aujourd’hui.

Il la tira toujours délicatement pour qu’elle rentre à son appartement. N’ayant pas récupéré ses affaires, il frappa à la porte pour qu’on leur ouvre. C’est le plus jeune de la fratrie qui leur ouvrit, un livre à la main ? Temari ne bougea pas. Shikamaru la fit entrer dans la grande pièce à vivre. Il demanda à Gaara où se trouvait la chambre de sa sœur. Celui-ci répondit que c’était après le couloir. Dans la chambre de la jeune fille, il la fit s’asseoir sur son lit :

_ Je vais chercher du thé, d’accord ?

Elle ne bougea toujours pas. Il sortit en refermant la porte qu’il n’avait pas fermée en entrant. Dans la cuisine en préparant le thé préféré de sa sœur, Shikamaru expliqua la situation :

_ Elle va me tuer si je te raconte ça, mais bon, commença Gaara.

_ Qu’est-ce qui se passe ? Demanda le brun inquiet.

_ Et bien, continua le petit frère, tous les soirs elle s’enferme dans sa chambre… et elle pleure. Je ne sais pas pourquoi, moi je pense qu’elle est amoureuse mais que ce n’est réciproque ou qu’elle a été rejetée.

Le cœur de Shikamaru se serra. Temari amoureuse ?! Mais de qui ?!

_ Si c’est le cas, poursuivit le roux, le mec est un idiot fini ou aveugle.

Le thé fut prêt et Shikamaru se redirigea vers la chambre de son amie, le cœur lourd. Il entra en ayant frappé trois coups à la porte. Elle était à présent assise à son bureau, regardant une photo. Il s’approcha, déposa le plateau de thé et put apercevoir la photo qu’elle admirait avec des yeux presque rêveurs. Il reconnu le cliché, il avait été pris lors de l’anniversaire de Tenten, au parc :

_ Pourquoi faut-il que ça tombe sur moi ?! D’abord Sakura, ensuite mon père, et puis t…, non rien.

Shikamaru tenta vainement de comprendre ce qu’avait voulu dire la jeune fille. Le dernier problème qu’elle avait voulu évoquer devait être celui dont elle était amoureuse et dont elle ne voulait pas parler. Il semblait qu’il est trouvé un indice sur son identité, son prénom semblait commencer par un « t ». Pour le moment, il ne voyait pas qui cela pouvait être :

_ Tu veux du t…

_ Tu n’es qu’un idiot ! S’écria-t-elle. Tu es aveugle ! Tu as beau avoir un QI de deux cent, parfois je me demande si ce n’est pas plutôt dix et encore ! Tu es un idiot fini ! S’écria-t-elle de nouveau.

_ Que ? Ne put que dire Shikamaru.

_ Raaah ! Quand est-ce que tu comprendras ?!

Ne comprenant pas ce qui se passait, Shikamaru ne bougea pas d’un pouce. Mauvais choix. Temari le gifla avant de commencer à frapper son torse de ses petits poings :

_ Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ? Arrêtes de faire l’idiot !

Il attrapa ses deux poignets et fixa ses yeux verts forêts légèrement brillants. Il la dévisagea ce qui la fit légèrement rougir :

_ Qu’est-ce que tu fais ? Demanda-t-elle.

_ J’admire.

Elle rougit encore un peu plus. Se disant que si elle n’essayait pas, elle ne saurait pas. Alors un râteau pour un autre, elle préféra tenter sa chance. Autant lui faire comprendre directement ce qu’elle cherchait à lui dire.

Elle s’avança vers le brun.  Sur la pointe des pieds elle effleura les lèvres du brun, comme pour demander son accord. N’obtenant aucune réponse, elle redescendit sur terre et préféra lui tourner le dos. Elle ne voulait pas voir son visage et encore moins qu’il voit ses larmes une nouvelle fois.

Il ne réalisait pas trop ce qui venait de se passer. Tous les évènements récents se déroulaient dans sa petite tête de génie. Il allait devoir agir vite s’il ne voulait pas la perdre et ou se prendre un gifle monumentale. Il lui attrapa le poignet (non je ne fais pas une fixette sur les poignets ! quoique… XD), la retourna vers lui, l’attira à lui et l’embrassa véritablement. Après plusieurs échanges passionnés, le brun prit la parole :

_ Franchement fille galère, tu ne pourrais pas être un peu plus explicite ?

_ Mais je croyais que t’avais deux cent points de QI, le fainéant ! Je pensais que tu comprendrais ! Riposta-t-elle.

_ Pas la peine de crier, je suis juste à côté, dit-il tout simplement.

_ Comment ça je crie ?! Et puis je fais ce que je veux d’abord !

Elle attrapa le t-shirt de son brun pour l’attirer à elle et l’embrasser langoureusement. Gaara et Kankuro firent leur apparition n’ayant pas entendu leur sœur crier aussi fort depuis longtemps :

_ Oups, on dérange je crois, signala Gaara.

_ J’en ai bien l’impression, certifia Kankuro.

Les deux frères quittèrent la chambre, ne se souciant pas plus que cela de laisser leur sœur toute seule dans sa chambre avec un homme (Super la famille ! XD).

Il était tard, dans les environs de vingt deux heures. Kiba promenait son chien Akamaru qui avait eu une envie pressante. Ils se baladaient tranquillement dans le parc proche de chez eux. Akamaru gambadait joyeusement devant son maître. Ce dernier était totalement ailleurs. Ses pensées vagabondaient un peu partout mais surtout vers une jolie blonde aux yeux bleus. Il divaguait tellement qu’il crut la voir assises sur l’un des bancs du parc dans le quel il se promenait. Il continuait de marcher mais il se rendit vite compte que le mirage était bel et bien réel. Il laissa son chien continuer de se dégourdir les pattes et alla s’asseoir aux côtés de la blonde :

_ Qu’est-ce qui t’amènes si tard ici ? Questionna le brun.

_ Je voulais prendre l’air et admirer les étoiles par la même occasion, murmura-t-elle.

_ Hum…

Ils ne parlaient pas, chose étonnante de la part des deux amis qui étaient, il fallait le dire de vraies « pipelettes ». Le silence n’était pas gênant, il était apaisant, et dans la situation actuelle cela était des plus nécessaire. Après une dizaine de minutes, Ino se leva du banc sous le regard interrogatif de Kiba :

_ Tu me raccompagnes ? Proposa-t-elle.

 Kiba se leva à son tour, siffla Akamaru qui revint vers son maître :

_ Avec plaisir, accepta le brun.

Durant le trajet pour ramener Ino chez elle, le silence était encore présent et toujours apaisant.

Devant l’immense demeure de la blonde, Kiba fut comme toujours émerveillé. Tout comme Sakura, il n’était pas habitué à côtoyer autant de richesse :

_ Merci de m’avoir raccompagnée, remercia Ino. Bonne nuit et à lundi.

Ino s’avança pour lui faire la bise, mais Kiba qui était toujours dans sa contemplation tourna la tête. Sans le vouloir (et sur la volonté de l’auteur surtout XD), ils s’embrassèrent de façon fugace. Ils s’écartèrent vivement l’un de l’autre, bien qu’un peu à regret, rouges :

_ Désolée, je ne voulais pas…

_ Non c’est de ma faute, s’excusa Kiba.

Le silence devint cette fois-ci gênant :

_ À Lundi, dit-il en s’éloignant de son amie complètement confus.

Ino rentra chez elle bouleversée. Elle était perdue. Ce baiser même involontaire, elle sentait qu’elle l’avait inconsciemment désiré. Son cœur lui disait d’aller vers l’avant et d’oublier le passé, alors que la tête restait bloquée sur cet échec et cette blessure.

Elle monta directement à sa chambre pour se jeter dans son lit. Arrivée à destination, elle s’allongea sur le dos et admira le plafond, songeuse. Ses doigts vinrent instinctivement effleurer ses lèvres. Un sourire apparu et ses yeux pétillèrent comme avant.

Dans une chambre de jeune fille, un couple venant de se former était tendrement enlacé :

_ Dis Shika, le plan ça avance ? Demanda la Sabaku.

_ Oui tout le monde m’a donné les copies des mails qu’ils avaient envoyées et reçues. Il ne me reste plus que tes mails et tout sera prêt, expliqua-t-il.

_ La clé USB sur le bureau, dit-elle succincte.

Il regarda en direction de la dite clé avant de rediriger son attention vers Temari. Il lui embrassa le front avant de se lever, de récupérer la clé et de commencer à mettre ses chaussures :

_ Qu’est-ce que tu fais ?

_  Je vais devoir rentrer, j’ai lâché mes parents en plein milieu du restaurant, s’expliqua-t-il.

_ Et tu ne peux pas les appeler ?

_ Euh … oui.

_ Bon et bien c’est réglé.

Elle tira encore une fois sur le pauvre t-shirt de Shikamaru. Il perdit l’équilibre et se retrouva allongé  sur le lit de la jeune fille. À peine eut-il fait cette constatation que Temari se retrouva assise à califourchon sur son petit-ami et l’embrassa passionnément. Il ne posa pas plus de questions.

 

Coline Serreau a dit : « Le chaos est rempli d’espoir parce qu’il annonce une renaissance ».

Il n’y a rien d’autre à dire, il suffit de regarder Temari et Ino.

Fin du chapitre 15 : I’ll never be the same.