Meurtrissures

par Tentenette

Coucou Tout le monde!

Déjà 10 000 mots! Je suis très contente d'avoir pu posté le chapitre 3.

A partir de maintenant, les chapitres seront plus longs, dites-moi si ça vous dérange.

Je tiens encore à remercier ma commeuse, flow7777, tes commentaires m'encouragent beaucoup^^.

Voilà, sans plus attendre, je vous souhaite bonne lecture.


Meurtrissures

Avec des gestes précautionneux, Sarada déchira le papier kraft qui enveloppait le paquet devant elle. Le petit blond qui se tenait debout à côté affichait une grimace mécontente en tapant du pied, l'air excédé par son manège :

̶ ̶ Qu'est-ce que tu es lenteles papiers cadeaux sont justement faits pour être déchirés ! S'exclama-t-il soudain, ne pouvant plus se retenir.

̶ Si ça ne te plait pas tu n'as qu'à partie Boruto, répondit la petite fille d'un air supérieur. D'ailleurs pourquoi es-tu là, je ne me souviens pas t'avoir invité ?

Les joues rouges d'avoir ainsi été humilié, Boruto croisa les bras en faisant la moue :

̶ C'est le vieux qui m'a obligé ! Tout ça parce que personne ne voulait venir à ton stupide anniversaire, Sarada la mocheté.

̶ ̶ Alors tu aurais dû rester chez toi, abruti de Boruto ! Répliqua-t-elle sur le même ton en le fusillant du regard.

̶ Et voilà, c'est reparti, déclara Ino en levant les yeux au ciel. Pourquoi les Uchiha et les Uzumaki ne peuvent s'empêcher de se sauter à la gorge dès qu'ils sont dans la même pièce ?

̶ C'est lui/elle qui a commencé ! crièrent-t-il d'une même voix, déclenchant un rire parmi toutes les personnes présentes dans le salon des Uchiha pour assister au septième anniversaire de Sarada.

Le gâteau fut coupé et les conversations reprirent entre les convives. Dans un coin de la pièce, on pouvait voir Naruto en train d'essayer de faire la morale à son fils :

̶ Boruto, tu avais promis que tu serais gentil avec Sarada, c'est son anniversaire.

̶ Qui pourrait être gentil avec cette peste ! Et puis d'ailleurs ça ne te regarde pas le vieux, je fais ce que je veux, rétorqua-t-il avec véhémence en levant le nez en l'air.

̶ Qu'est-ce que tu as dit ?! S'étrangla Naruto en serrant le poing devant l'impolitesse de son fils.

Du caractère jovial de son père où doux de sa mère, Boruto n'avait absolument rien hérité. Il n'était qu'arrogance, colère et fierté, une vraie petite boule d'énergie qui voulait tout, tout de suite et qui surtout, ne supportait pas qu'on lui dise non. De nombreuses personnes s'étaient demandé d'où diable pouvait-il tenir un tel caractère, mais pour Tenten, il ne fallait pas aller chercher la réponse très loin :

̶̶ Boruto, qu'est-ce qu'on avait dit à propos de ton père?

La voix de Neji sonna sans appel, comme la cloche d'une église un jour d'exécution. Il avait cette espèce d'aura glacial qui inspirait la crainte et le respect, et qui était vraiment très efficace avec les petits malins désobéissants et trop gâtés. Boruto se calma direct, et osa à peine se tourner vers son oncle, mais trop fier pour admettre que Neji lui foutait carrément la trouille, il se contenta de croiser les bras et de bouder.

̶ Boruto, reprit Neji d'une voix un peu plus dur.

̶ D'accord, d'accord, je le referai plus, voilà t'es content ?! Grogna-t-il avant de partir en courant pour se cacher dans les jupons de sa mère.

̶ Désolé Neji, s'excusa Naruto avec un petit sourire gêné.

̶ Cet enfant est trop gâté, tu n'es pas assez sévère avec lui.

Non loin de là, à côté de la grande table du salon où étaient empilés un grand nombre de cadeaux d'anniversaire, Sakura s'était accroupie à la hauteur de sa fille et lui parlait :

̶ Chérie, tu n'as pas envie d'ouvrir tes autres cadeaux ?

Sarada ne répondit pas. Elle lisait encore et encore la lettre qui accompagnait le seul paquet qu'elle avait ouvert : « félicitations pour ton entrée à l'académie, bon anniversaire, papa. ».

̶ Non, pas pour l'instant, dit-elle en serrant le papier entre ses mains, je vais aller prendre l'air.

Elle sauta par la fenêtre et partit s'assoir sur une balançoire, dans le jardin derrière la maison. Sakura l'observait sans rien dire, et son sourire se fana pour laisser place à un regard douloureux.

Himawari dans les bras, Tenten qui avait suivi la scène s'approcha de Sakura :

̶ Qu'est-ce qu'elle a ? S'enquit-elle en jetant un œil à Sarada qui jonglait avec un kunai d'un air sombre.

̶ Ta-ten…cheveux, gazouilla joyeusement Himawari en tirant sur la coiffure de Tenten.

Comme tous les enfants de son âge, Himawari Uzumaki éprouvait une étrange affection pour les cheveux longs qu'elle adorait tirer, arracher, entortiller pour le plus grand déplaisir de son principal terrain de jeu qu'était la chevelure de Tenten. Afin de la maintenir occupée pour pouvoir discuter avec Sakura, Tenten détacha son interminable toison sous le regard illuminé de Himawari, et lui confia ses pinces à cheveux pour qu'elle s'amuse à les y accrocher.

̶ Laisses je m'en occupe, déclara une vois dans son dos.

Les deux mains puissantes de Neji se saisirent délicatement de la fillette qui, en apercevant son oncle préféré, avait complétement zappé Tenten et sa tignasse, car quand Neji était dans la pièce, plus rien n'existait autour de Himawari, même pas ses parents.

̶ C'est ça ma puce, va faire des couettes à tonton Neji.

Neji lui lança un bref regard avant de s'en aller, Himawari babillait dans les bras de son tonton chéri à qui elle faisait son plus beau sourire.

̶ On dirait bien que ce cher Neji à un faible pour les cheveux longs, plaisanta Sakura avec un sourire malicieux.

Tenten leva les yeux aux ciels. Elle avait bien vu que l'œil de Neji s'était attardé sur elle une seconde de plus que d'habitude, mais elle mit ça sur le compte de la surprise car il ne l'avait que très rarement vu les cheveux détachés.

̶ Si tu me disais plutôt ce qui se passe avec ta fille.

Soudain, le regard de Sakura s'assombrit. Elle entraina Tenten dans la cuisine pour se confier à l'abri d'oreilles indiscrètes.

̶ Sarada ne voulait pas de fête d'anniversaire, c'est moi qui aie insisté pour l'organiser. Je me disais que s'il y avait assez de monde autour d'elle ce jour-là, elle n'aurait pas ressenti l'absence de son père, je crois bien que c'est raté, confit-elle en avalant cul sec sa coupe de saké.

Depuis le retour de Sakura avec le bébé Sarada dans les bras, sept ans plutôt, Sasuke n'était pas revenu au village une seule fois. L'unique héritière des Uchiha n'avait jamais vu son père, elle ne connaissait son apparence que grâce aux photos qu'avait soigneusement conservées Sakura pour les montrer à sa fille. Elle ignorait également tout du passé de criminel de son Sasuke, Sakura ne trouvait donc pratiquement rien à lui répondre quand Sarada demandait où étais son père et pourquoi il ne rentrait jamais pour les voir.

̶ Les enfants ne sont pas stupides, ils le sentent lorsqu'on leur cache des choses, sourit tristement Sakura. Tu sais, je n'aurais jamais imaginé que le mariage était aussi…difficile, si on peut appeler ça un mariage. J'essaye de faire bonne figure devant Sarada mais plus le temps passe et plus je me demande si ce mariage est réel, si Sasuke m'a un jour…vraiment aimé, ou si cette union n'était qu'un moyen pour lui de reconstituer son clan, chose dont il s'est totalement désintéressé d'ailleurs, ajouta-t-elle en essayant d'avoir l'air gaie malgré la peine qui inondait ses yeux de larmes.

Tenten était touchée par la détresse de Sakura, elle ne se serait jamais douté que le médecin souffrait autant, elle qui était toujours souriante et de bonne humeur et elle était contente qu'elle se soit confié à elle.

̶ Mais bon, dès que je vois Sarada, toutes ces tristes pensées s'envolent,ajouta-t-elle en essuyant ses larmes. Les enfants sont incroyables, leur simple présence suffit à effacer toute les peines, elle est sans doute la meilleure qui me soit arrivée.

Les enfants …, pensa Tenten. Inconsciemment elle se tourna vers Neji qui couvait Himawari d'un regard doux et protecteur. Assise sur ses les genoux, elle s'amusait à mettre des barrettes dans les cheveux de ce dernier. Curieusement, un sentiment de tristesse étreignit soudain son cœur, elle réalisa soudain qu'elle ne connaitrait jamais ce bonheur qu'était la maternité.

̶ En parlant d'enfants, comment ça se passe avec votre équipe de Genins ? Demanda Sakura pour détourner la conversation. Tenten fit la grimace, dépitée.

Après avoir réalisé que Kakashi n'avait aucune intention de lui attribuer une nouvelle équipe de Genins, Neji s'était amèrement résigné à être le sensei de ceux qu'ils appelaient « bande de bras cassés ».

Voilà maintenant six mois qu'ils s'occupaient tous deux de Sayan, Seiji et Tsuyoi, et même s'il ne s'y était pas intéressé au départ, Neji avait fini par bien les connaitre.

Sayan, la tête brulée de l'équipe : bagarreur, vantard et individualiste, il rêvait de devenir le ninja le plus puissant du monde, et de prouver à tous que même sans technique héréditaire ni dons innés, on pouvait très bien devenir un ninja puissant et exceptionnel. Son Taijutsu était excellent et il avait une maitrise exceptionnelle du combat à l'épée pour son âge. Il passait son temps à défier Neji et à se pavaner devant ses coéquipiers on prétendant qu'il était le membre le plus fort de l'équipe. Mais il présentait de nombreuses faiblesses notamment dans la maitrise de son chakra et dans le ninjutsu, discipline qu'il négligeait totalement. Tenten s'amusait souvent à dire qu'il était un mélange entre Naruto et Sasuke, mais contrairement au deux ninjas, il ne donnait aucune valeur à l'amitié et au travail d'équipe.

Vient ensuite Heiji, la tête de l'équipe : réfléchi, observateur et bienveillant, il avait une mémoire extraordinaire et des qualités de chef d'équipe qu'il avait beaucoup de mal à mettre en avant à cause de son manque cruel de confiance en lui. Très inférieur physiquement par rapport à ses deux coéquipiers, il se faisait souvent bousculer par Sayan. Son domaine de prédilection était l'informatique. Il rêvait de mettre ses talents au service du Hokage et de devenir un grand cyber-ninja, ce qui avait laissé Neji très sceptique, selon lui ce genre de compétences n'avaient pas leur place sur le terrain.

Enfin, il y avait Tsuyoi, le cas difficile : douée, mais renfermée et lunatique, son hyper-émotivité la rendait instable et diminuait son efficacité, la rendant peu fiable aux yeux de ses coéquipiers. Elle avait un donc exceptionnel pour le Genjutsu et maitrisait parfaitement son chakra, pourtant elle faisait le maximum pour ne pas utiliser ses pouvoirs et refuser catégoriquement d'attaquer qui que ce soit. Mais ce qui inquiétait le plus Tenten, c'était son comportement global, la plupart du temps elle semblait affamée lorsqu'ils mangeaient ensemble à midi et une fois, alors qu'elle avait retiré sa capuche pour se rafraichir à l'abri des regards indiscrets, Tenten aurait juré avoir vu des marques de coups sur ses bras et ses épaules.

̶ Tu crois qu'elle est victime de maltraitance ? Demanda Sakura en fronçant les sourcils.

̶ J'en sais rien, répondit Tenten en haussant les épaules. Elle n'est pas très bavarde et elle ne me répondrait certainement pas si je lui demandais. Ce ne sont peut-être que des blessures dues à un entrainement excessif.

̶ J'ai peut-être une idée ! s'exclama Sakura après un moment de silence. Pourquoi ne pas me l'amener à l'hôpital pour un examen ?

̶ J'aimerais bien, mais comment le justifier, qu'est-ce que je pourrais dire à Neji ?

̶ Tu le connais mieux que moi, trouves un moyen de le convaincre. Demain je serais toute la journée à l'hôpital, essayez de passer le matin avant l'entrainement.

C'est ainsi que le lendemain, Tenten dispensa l'équipe d'entrainement pour la matinée :

̶ Un examen médical ? S'étonna Heiji Ce n'est pas une pratique habituelle pour les nouvelles équipes de Genins

̶ Encore un truc naze qui ne sert à rien ! Ronspeta Sayan en donnant un coup de pieds dans le sol.

̶ Plus vite on ira et plus vite ce sera terminer, vous verrez ce n'est qu'un contrôle de routine.

Si elle n'avait eu aucune peine à convaincre l'équipe onze, pour Neji c'était une autre histoire :

̶ Je te demande juste de me faire confiance sur ce coup, je t'expliquerai tout plus tard, avait-t-elle assuré devant le regard sceptique de Neji.

Comme promis, Sakura les attendait à son bureau à l'hôpital de Konoha. Sayan fut le premier à passer, suivi par Seiji. Enfin, ce fut le tour de Tsuyoi. Contrairement aux deux premiers, Tsuyoi ne réagit pas tout de suite lorsque Sakura l'invita à passer en salle d'examen. Tremblante, elle leva son regard mordoré empli de détresse vers Tenten, cette dernière s'accroupit à sa hauteur pour la rassurer:

̶ Sakura est un très gentil médecin, elle ne te fera pas mal, on veut juste s'assurer que tu es en bonne santé pour pouvoir partir en mission l'esprit tranquille, d'accord ?

Après un moment d'hésitation, Tsuyoi accepta de suivre Sakura, non sans lancer un dernier regard anxieux à Tenten. Dès que la porte se fut refermée, la jeune femme se tourna vers Neji, adossé à un mur non loin d'eux, elle sentit l'inquiétude s'emparer d'elle à mesurer que le temps passait. Bientôt une heure qu'elles étaient dans ce bureau, et Tsuyoi n'était toujours pas revenue, Seiji pianotait sur son ordinateur et Sayan aiguisait la lame de son Katana :

̶ Elles en prennent du temps pour un stupide examen ! s'emporta Sayan en donnant un coup de pied furieux dans le mur. Sensei, puisque c'est ok pour moi je voudrais m'en aller.

̶ Pas question, trancha Tenten d'une voix dure. Au lieu de vouloir te sauver tu ferais mieux de t'inquiéter pour ta coéquipière.

̶ Dites sensei, vous croyez que ça va aller pour Tsuyoi-chan ? Demanda Heiji d'un air soucieux.

̶ Je l'espère Heiji, je l'espère.

Leurs interrogations ne durèrent pas longtemps, Sakura venait d'ouvrir la porte, suivit de près par une Tsuyoi plus éteinte que jamais. Le regard dissimulé sous sa large capuche, elle avait ses mains enfoncés dans les poches et marchaient lentement derrière Sakura.

̶ Tsuyoi-chan, est-ce que ça va ? S'enquit Seiji en observant la jeune fille d'un air anxieux.

̶ Ça va, répondit elle d'une voix blanche. Est-ce que je peux rentrer à la maison ?

̶ Ce serait préférable, en effet, intervint Sakura. Comme ça, nous pourrons parler tranquillement et Tsuyoi-chan en profitera pour se reposer, dit-elle en adressant un sourire chaleureux à la fillette.

̶ Hun ! Comme toujours, il suffit que la pleurnicheuse exige pour qu'on lui dise Amen, maugréa Sayan en croisant les bras d'un air boudeur.

̶ Sayan, commença Tenten en se massant la tempe d'un air exaspéré, je te jure que si tu n'arrêtes pas de faire l'imbécile tu feras le tour du village au pas de course jusqu'au coucher du soleil.

̶ C'est injuste, discrimination ! Protesta Sayan.

̶ Ça suffit, lui intima Neji d'une voix polaire. Rentrez tous chez vous et demain, vous commencerez l'entrainement une heure plus tôt pour rattraper ce retard, exécution.

̶ Oui, sensei !

Tenten soupira, d'habitude elle n'aimait pas la façon qu'avait Neji de s'adresser à eux comme un tyran, mais elle devait bien avouer qu'un peu d'autorité de temps en temps ne faisait pas de mal. Ils suivirent donc Sakura dans son bureau et s'installèrent dans les deux chaises réservées aux visiteurs :

̶ Tout d'abord, je tiens à vous dire que Sayan et Heiji sont en excellente Santé, le problème, c'est Tsuyoi. Tu avais vu juste Tenten, cette petite est effectivement victime de maltraitance.

Le regard de Tenten se durcit, elle n'était pas surprise, elle avait bien senti que quelque chose n'allait pas avec cet enfant.

̶ Elle souffre de malnutrition, sans oublier les nombreuses traces de coups et de brulures sur ses jambes, son dos et ses avant-bras…

̶ Attendez une minute, intervint soudain Neji. Vous semblez oublier qu'il s'agit d'un ninja, ces blessures ne sont probablement que le résultat d'un entrainement intensif.

̶ Sauf que j'ai également constaté des marques de liens au niveau de ces poignets et de ces chevilles, il semblerait qu'elle ait souvent été attachée, ajouta-t-elle d'une voix grave.

Tenten ouvrit de grands yeux, une angoisse sourde lui enserrait soudain la poitrine :

̶ Est-ce qu'elle…, commença-t-elle, terrifiée à l'idée de finir sa phrase.

̶ Non, il n'y a pas de traces d'atteintes sexuelles, la rassura Sakura. J'ai discuté un peu avec elle et j'ai pu constater qu'elle souffrait également de maltraitance psychologique. C'est ce qui provoque ses troubles de l'anxiété et son hyperémotivité, et même si physiquement elle est très résistante, son état psychologique général est très faible, elle risque une dépression.

̶ Tout cela est certes regrettable, mais je ne vois pas en quoi cela nous concerne exactement, déclara Neji après un moment de silence.

Tenten se tourna vers son coéquipier, l'air incrédule.

̶ Tu n'es pas sérieux Neji, tu veux dire que tu n'en as rien à faire de ce que vient de nous raconter Sakura ?! S'indigna la Kunoichi.

̶ Ce n'est pas ce que j'ai dit, reprit-il d'une voix posé. Ce qu'a vécu Tsuyoi est monstrueux et j'ai beaucoup de peine pour elle, mais nous ne pouvons rien y faire, c'est aux services sociaux de s'occuper de cette affaire. Sakura doit transmettre les conclusions de son examen avec nos témoignages, ça devrait être suffisant pour ouvrir une enquête mais en attendant, nous ne pouvons rien faire de plus.

Et sans ajouter un mot, Neji remercia Sakura et sortit du bureau.

̶ Mais enfin Neji, reviens ! L'appela sa coéquipière en s'élançant à sa poursuite.

̶ Attends, je n'ai pas terminé, la retint Sakura. Cette petite doit changer d'environnement, elle a besoin d'un endroit stable et sur ou elle pourra se sentir en sécurité, autrement les conséquences sur sa santé psychologique pourraient être irréversibles. Je vais rédiger un rapport complet et je t'en fournirai une copie, ajouta-t-elle avec un sourire désolée. Malheureusement, c'est tout ce que je peux faire.

̶ Ne dit pas ça, grâce à toi on va peut-être pouvoir la sauver.

Tenten la remercia avant de prendre congés. Elle courut dans tout l'hôpital en espérant retrouver la trace de Neji mais rien à faire, il s'était tout bonnement volatilisé.

Le lendemain, l'équipe onze et ses deux senseis s'étaient retrouvés devant le terrain d'entrainement à six heures. La bouche pâteuse et les yeux englués par le sommeil, ils tremblotaient dans la fraîcheur de l'aurore.

̶ Dire que le soleil n'est même pas encore levé, rouspéta Sayan en baillant à s'en déboîter la mâchoire.

̶ Allez tout le monde, en position, ordonna Neji.

Tenten lui jeta un regard assassin, était-il humainement possible d'être aussi parfait en se levant à cinq heures du matin ? Ses vêtements n'avaient pas un pli et son visage n'affichait aucun signe de fatigue. A côté de lui elle avait l'air d'une vagabonde, ses cheveux étaient mal coiffés et elle avait à peine eu le temps de se brosser les dents.

Pas le temps de s'apitoyer sur son sort, l'entrainement avait commencé. Lancer de Kunais et Shurikens, sceaux, Ninjutsu ou maitrise du Chakra, Neji était passé en mode commando et ne leur avait laissé aucun répit. Tenten leva les yeux au ciel, le soleil tapait fort au-dessus de leur tête, il devait être un peu plus de midi et son estomac qui criait famine semblait confirmer cette supposition.

̶ Neji, on devrait faire une pause et les laisser déjeuner…

̶ Pas maintenant, trancha-t-il en se saisissant d'un Kunai.

Face à lui, une Tsuyoi toute tremblante tenait elle aussi un Kunai à la main, l'air de ne pas trop savoir ce qu'elle faisait là ni ce qu'elle était censé faire.

̶ Arrêtes de rêvasser et attaques-moi, ordonna Neji en fonçant droit sur elle.

Immobile, Tsuyoi réussi à parer le Kunai mais ne put éviter le coup de poing de Neji en plein sur son estomac, la propulsant plusieurs mettre plus loin. Tsuyoi resta à terre, le corps recroquevillé par la douleur.

̶ Relèves-toi, lui intima Neji d'un ton sans appel.

Le souffle court, les membres parcourut de spasmes, Tsuyoi se redressa péniblement sur ses jambes, et se remit en position de défense.

̶ Va y doucement Neji, elle est épuisée, intervint Tenten le regard oscillant entre la stature menaçante de Neji qui s'approchait d'un Tsuyoi tenant à peine en équilibre sur ses jambes.

̶ Tant qu'elle tiendra debout l'entrainement ne sera pas terminé, répliqua-t-il en fonçant de nouveau sur son élève.

Inquiète, Tenten décidé de se rapprocher pour suivre le combat, imitée par Sayan et Seiji qui avaient abandonné leur exercice de maîtris du Chakra. Les coups de Neji étaient anormalement violents, il ne laissait aucun répit à Tsuyoi qui tentait courageusement d'éviter ses coups, mais sans beaucoup de succès. Elle évita de justesse un kunai qui effleura sa cuisse, et se prit un puissant coup de pieds sur la joue. La douleur se lisait sur son visage à moitié caché par sa capuche, les deux mains serrées sur sa mâchoire, elle tomba à genoux.

̶ Ce n'est pas en restant en position défensive que tu pourras vaincre ton ennemi, tu as peur de m'attaquer, voilà pourquoi tu es si faible, asséna-t-il d'une voix glaciale en la toisant de toute sa hauteur.

Tsuyoi resta à genoux, le souffle court, elle était à bout de force.

̶ Le monde est ainsi fait, ce sont les forts qui dictent les règles, et les faibles doivent s'y plier. Ne t'attend pas à ce qu'on vienne à ton secours, on est toujours seul face à nos plus grandes batailles, et ces batailles c'est toi qui choisit comment les mener : rester à terre et être une victime, ou te lever, combattre et devenir plus forte.

Tsuyoi leva les yeux vers son sensei qui la fixait toujours avec le même air impassible. Mais contrairement à la dernière fois, elle resta à genoux, incapable de bouger un orteil alors que sa cuisse saigner abondamment.

̶ Bien, si tu ne viens pas à moi, alors je viendrais à toi…BYAKUGAN !

Neji bondit sur Tsuyoi comme un fauve, mais tout d'un coup, la jeune fille avait disparu de son champ de vision, obstrué par le regard furieux de Tenten qui s'était interposée entre son partenaire et son élève.

̶ Je crois que ça suffira pour aujourd'hui, déclara la voix froide de Tenten.

Les sourcils froncés, la Kunoichi aida Tsuyoi à se redresser. Elles titubèrent jusqu'à l'ombre d'un arbre, près d'une petite fontaine. Tenten lui tendit une bouteille d'eau tout en examinant sa blessure à la cuisse. La plaie était superficielle, elle entreprit de la désinfecter avec le petit kit de soin qu'elle transportait toujours dans son sac, et y apposa un pansement. Elle s'apprêtait à lui retirer sa capuche pour constater l'état de sa blessure à la mâchoire mais Tsuyoi lui saisit violemment le bras pour l'arrêter.

̶ Ne crains rien, personne ne te verra ici, il n'y a que moi, tu n'as aucune raison d'avoir peur, la rassura-t-elle. Tsuyoi hésita, elle regarda à gauche puis à droite, avant de relâcher la main de Tenten. Sa longue chevelure châtain était étroitement attachée en une interminable tresse dissimulée sous sa large veste rouge, elle avait tiré des leçons de l'incident avec Sayan.

Ses grands yeux mordorés étaient ternes et cerclés de cernes, son regard était absent, et pendant que Tenten examinait sa blessure, elle semblait ailleurs comme à l'extérieur de son corps, elle ne sursauta même pas à cause de la douleur.

̶ Ce n'est pas grave, enfin si on exclue le fait que tu auras une tête de hamster pour le reste de la semaine, plaisanta Tenten pour la faire rire, mais la jeune fille ne répondit pas, le regard toujours dans le vague.

La voir ainsi faisait mal au cœur à la maîtresse d'armes, pas au sens figuré, elle sentait vraiment son muscle se contracter douloureusement dans sa poitrine, qu'a-t-elle bien pu vivre de si effroyable pour en arriver à cet état ? Et comme si ça ne suffisait pas, voilà que Neji avait soudain décidé de la malmener !

En se remémorant son coéquipier, Tenten bondit sur ses jambes :

̶ Restes ici et reposes-toi, je reviens dans un moment, dit-elle à la petite avant de s'élancer d'un pas rageur vers Neji, fermement décidé à en découdre. Elle se planta devant le jeune homme qui était occupé à se réhydrater :

̶ Tu peux me dire ce qui ne va pas chez toi ?! Vociféra-t-elle, les mains sur les hanches et le regard fumant de colère.

̶ Que veux-tu dire ? Demanda-t-il d'une voix posé sans lui accorder un regard.

̶ De ce qui se serait passé si je n'étais pas intervenue tout à l'heure. Pourquoi est-ce tu t'acharnes comme ça sur cette gamine, tu ne trouves pas qu'elle en bave suffisamment comme ça ?

̶ Tu préférerais peut-être que je lui fasse des câlins en lui chantant que le monde est beau et que tout ira bien ? Demanda-t-il avec un rictus.

̶ Bien sûr que non, la réduire en bouillie serait bien plus efficace.

Soudain, Neji perdit son sourire, il referma sa bouteille d'eau et la remit dans son sac avec des gestes lents que Tenten reconnut comme les signes d'une colère refoulée.

̶ On nous a demandé de faire de ces Genins des ninjas compétents et c'est précisément ce que j'essaye de faire, répliqua Neji d'une voix froide, le reste n'est pas de mon ressort, je suis Jonin, pas psychiatre.

̶ Et c'est en les torturants que tu comptes leur enseigner quoique ce soit ? Tu oublies que ce ne sont encore que des enfants, objecta-t-elle, courroucée de voir à quel point la détresse de Tsuyoi lui semblait indifférente.

̶ Si je suis aussi dur, c'est peut-être parce que tu ne l'aies pas assez.

̶ Que veux-tu dire ? Interrogea Tenten en fronçant les sourcils.

̶ Que ce n'est pas en les dorlotant que tu en feras des Ninjas dignes de ce nom, arrêtes de les surprotéger, tu n'es pas leur mère.

Tenten ravala sa salive, quelque chose dans les dernières paroles de Neji lui avait fait mal, pourquoi ? Elle ne saurait le dire.

̶ Je ne les surprotège pas, j'essaye juste de faire mon travail, un bon sensei doit savoir faire preuve d'empathie et de pédagogie…

̶ Notre rôle est de leur enseigner à se battre pour accomplir leur mission et rester en vie, tu peux me dire en quoi leur servira l'empathie au cours d'un combat ?

̶ Tu sais, n'importe qui peut apprendre à ces gosses à planter un Kunai ou à donner des coups de pieds, je pense que notre rôle en tant que sensei va bien au-delàs de ça. Leur apprendre à avoir confiance en eux pour progresser et travailler en équipe fait aussi partie de notre rôle.

̶ Hun ! On croirait entendre Gai-sensei, railla-t-il avec mépris.

Tenten fronça les sourcils. Tout à l'heure durant l'entrainement, le regard qu'il avait lancé à Tsuyoi lui rappelait celui qu'il avait pendant son combat contre Hinata des années plutôt, un regard rempli de rage et de cruauté, qu'arrivait-il donc à son coéquipier ?

̶ Tant mieux, lui au moins se préoccupait vraiment de ses élèves, conclut-elle d'une voix basse, blessée par l'attitude de Neji.

Elle tourna les talons sans attendre de réponse. Quoi qu'il en soit, même si Neji ne la soutenait pas sur ce coup, elle était fermement décidée à sortir Tsuyoi de cet enfer.


Chapitre 3 terminé!

Dans cette histoire, je compte traiter un certain nombre de sujets qui me tiennent à cœur, notamment la violence contre les enfants. Je pense qu'il est important de garder les yeux ouverts autour de soi, certains enfants sont incapables de crier leur détresse pas peur ou incapacité, certains pensent même mériter ce qui leur arrive ou pire, que le fait d'être battu et maltraité et totalement normal. Rester vigilants aux signes de maltraitance peut permettre de sauver une vie.

Voilà, merci pour votre attention, et au prochain chapitre j'espère.