Epilogue

par elane

Epilogue

 

Sur la route de Konoha

 

Alors que le soleil décline à l’horizon, Celn, Lune et Nyah arrivent dans un petit village sur la route de Konoha. La mère d’Océan regarde d’un œil amusé les deux ANBUs qui l’ont suivi dans toutes ses pérégrinations sur les traces des Anima et des gardiens pendant ces derniers jours. Ils en ont appris des choses sur les ancêtres de Lune, suivi tous les embryons de traces qu’ils avaient semés sur leur route avec une ferveur digne du plus pieux des pèlerins. Toute cette expédition a peu à peu pris l’allure d’une aventure passionnante et Celn a très vite montré un intérêt certain pour ses recherches qui s’est rapidement mué en une véritable passion pour tout ce qui touchait de près ou de loin les gardiens.

Un engouement presque aussi grand que celui qu’il éprouve pour le dernier gardien encore en vie.

Nyah s’autorise un petit sourire en voyant les efforts déployés par Celn pour approcher Lune. Des tentatives qui n’ont malheureusement pas toujours eu l’effet recherché. Mais il est si maladroit qu’elle le trouve attendrissant et Lune commence doucement à se détendre à son contact.

Très doucement, rectifie-t-elle, en voyant Lune lancer un regard noir à Celn qui vient de sortir une réplique moqueuse.

Au retour de leur séjour avorté à Elayah, le Kazekage avait demandé à Lune et Celn de continuer à l’escorter en civilpendant ces recherches. Le lendemain, lorsqu’elle avait vu le jeune shinobi, vêtu, d’un pantalon de bonne coupe surmonté d’une chemise immaculée, impeccable et armé d’un grand sourire, elle s’était bien malgré elle senti flattée.Celn, avec son regard sombre et ces cheveux noirs est un jeune homme des plus séduisants et charmeurs. Mais elle se souvient aussi de l’avoir vu perdre toute contenance comme seul un jeune homme amoureux peut le faire lorsque Lune avait fait son apparition.

Sur n’importe qui d’autre, cette combinaison d’une simple jupe rouge sombre qui s’arrêtait au-dessus du genou, de longue bottes noires et du haut noir, ajusté aurait paru juste élégant. Sur Lune, c’est tout simplement époustouflant.

Les gardiens sont connus pour leur beauté inhumaine. Et Lune ne fait pas exception. Les traits fins de son visage lui arrachèrent sans pitié une petite seconde de son temps, perdue dans sa contemplation et le verre opaque des petites lunettes qu’elle porte lui font regretter de ne pas pouvoir plonger dans ce regard si fascinant. Et contrairement à Celn, pense Nyah, la jeune femme n’a absolument aucune conscience de l’effet qu’elle produit sur son entourage.

Et ce fragment de pur onirisme aurait pu durer plus longtemps s’il n’avait pas été brisé en éclats par une réflexion mal à propos de Celn qui lui avait valu ses foudres pendant des heures. Les yeux écarquillés, la bouche entrouverte, il avait l’espace d’un instant perdu toute capacité de réflexion. Et au lieu de dire simplement ce qu’il pensait, il avait sorti une idiotie. Ah les hommes, tous les mêmes devant une femme qui leur plaît, pense Nyah en étouffant un petit rire.

Elle a bien tenté de l’aider, une ou deux fois, cet amoureux aussi transit que maladroit. Mais la malchance et leur application un peu trop zélée à s’occuper d’elle alors qu’aucun danger ne pèse plus sur eux n’avait pas joué en leur faveur. Ils ne la quittent jamais des yeux et à tour de rôle, ils vont même jusqu’à veiller sur son sommeil. Et essayer d’échapper à un ANBU, même quelques instants, pour les laisser un peu seuls, est loin d’être une chose facile. Elle est bien placée pour le savoir !

Celn s’approche d’elle en prenant son bras d’un geste de parfait gentleman. Cette nuit, ils allaient enfin dormir sous un vrai toit, dans un vrai lit et c’est Celn qui est chargé de veiller sur elle la première partie de la nuit. La première fois, elle avait essayé de protester arguant qu’il n’y avait aucun danger. Elle n’essaierait plus, sachant à quel point tout cela est peine perdue.

Une fois arrivés dans la modeste auberge du petit village sur leur route, Celn prend la parole en présentant Nyah comme son amie avec un petit sourire entendu et Lune comme sa sœur.

La réaction de leur hôte n’est pas exactement celle qu’escomptait Celn. Et Nyah est obligée de se mordre l’intérieur des joues pour ne pas rire.

La tirade outrée de l’aubergiste devant le manque de moralité de leur « couple » la met à rude épreuve mais c’est le regard perdu de Celn qui finit par lui arracher quelques éclats à peine contenus. Il leur avait bien donné les deux chambres, la première avec un seul lit et la deuxième plus spacieuse avec deux lits. Mais il avait lourdement insisté sur le fait qu’il n’admettrait pas un couple non marié sous son toit dans la même chambre. Par contre, un frère et une sœur…

Une fois dans la chambre, Celn remarque en réprimant un tremblement à quel point les deux lits sont proches. Lune, d’un geste pose son sac et s’assoit sur le matelas plus proche de la fenêtre.

-          Tu pourras la rejoindre plus tard, dit Lune, déjouer la vigilance d’un vieil homme un peu trop moralisateur ne devrait pas être insurmontable.

Celn acquiesce à contre cœur sans la quitter des yeux. Il sait qu’en ce moment, ouvrir la bouche ne lui servirait en rien et la regarder ôter lentement ses grandes bottes n’est pas un spectacle dont il aurait souhaité être privé à cause d’un mot déplacé. Depuis le début de leur périple, dans le sillage de l’infatigable et passionnée Nyah, il n’avait encore jamais vu ses jambes. Imaginé, rêvé et peut-être bien plus, mais pas vu de ses yeux… Alors non, il ne gâcherait pas le spectacle.

Son souffle se coupe lorsqu’il la voit libérer deux jambes aux lignes parfaites de leur carcan de cuir noir. Il devrait y avoir une loi contre le fait de ravir ainsi de telles merveilles aux regards des passants ! Mais ce n’est pas uniquement cette vision qui le trouble. Une longue et fine ligne sinueuse lui barre toute la jambe droite de son empreinte blanche.

Une cicatrice chez une kunoïchi n’est pas un spectacle étonnant.

Mais il connait les pouvoirs de guérison des gardiens. Ils sont aussi douloureux qu’efficaces et surtout ils ne laissent aucune trace. Sans s’en rendre compte, il se trouve en train de tracer du regard la cicatrice de Lune.

-          Je suis née avec les pouvoirs de gardiens mais je ne les ai pas maîtrisés avant l’âge de dix ans, dit-elle comme une excuse devant son regard insistant.

Celn ne comprend que trop bien la portée de ces paroles. Cette cicatrice, elle l’avait eu avant ces dix ans et elle avait un aspect bien trop étrange pour qu’elle soit le fait du hasard d’un accident. Quelqu’un lui avait infligé. Avant ses dix ans !

Outré, il s’approche d’elle et sans calculer aucun de ses gestes, effleure du doigt sa jambe. La respiration de Lune s’accélère sans qu’il y prête attention et sa peau frémit sous son doigt. Il est près, bien trop près pour Lune qui n’osecependant pas le repousser comme son instinct la pousse à le faire.

-          Qui ? demande Celn d’un ton froid qu’elle ne reconnaît pas.

-          Cela fait si longtemps. Est-ce vraiment si important ? demande Lune d’une voix faible qui prouve que ses souvenirs sont encore vifs.

-          Pour moi, oui, dit Celn d’une voix faussement calme en plantant son regard noir dans le sien.

Le souffle court, Lune se cache derrière l’ultime rempart des quelques mèches d’or qui lui tombe sur le visage, incapable de soutenir son regard plus longtemps.

-          Ne te cache pas, pas avec moi, dit Celn.

Lentement, il repousse ses cheveux et se demande un court instant comment il a pu se retrouver si proche d’elle sans qu’il s’en rende compte plus tôt. Et surtout par quel miracle, il n’a pas encore brisé d’un mot ce moment aussi terrifiant que magique. Du bout des doigts, il passe sa main doucement sur sa joue en la forçant à relever la tête vers lui.

La tristesse et la pointe de colère qui ternissent ses yeux perçants le font trembler.

-          Laisse-moi.

Deux mots, deux simples mots et il se sent plus meurtri que si elle lui avait envoyé un kunaï en plein cœur. Mais il ne va pas baisser les bras si facilement.

-          Non.

-          Laisse-moi !

Cette fois, c’est définitivement la colère qui domine. Bien que la voir tourner sa colère vers lui sans qu’il en comprenne la raison le blesse plus qu’il ne serait le dire, il se dit que cette rage est préférable à l’indifférence.

-          Lune...

-          Tais-toi. Cette blessure, toute la haine, la colère, les coups, tout ce que l’on réservait au gardien n’a jamais fait que glisser sur moi, sans heurt ni dommage. Et aujourd’hui, je tremble aux simples souvenirs de mon enfance, à la seule idée qu’on puisse me dévisager avec ces regards chargés de haine et de peur qu’on m’a toujours destinés, je…

Celn lui prend le bras fermement et la force à se taire d’un regard.

-          Il y a beaucoup de choses dont je ne suis pas très fier dans ma vie. Mais t’avoir permis de découvrir ta part d’humanité plutôt que de te laisser tomber dans cette indifférence dans laquelle tu essayais de te fondre n’en fait pas parti !

Lune tente de se détourner la tête mais il la retient :

-          Tu n’en as jamais vu que la partie sombre, celle que tu as toujours fuie. Mais, il n’y a pas que la peur, la haine et la colère. Il y a des choses qui valent la peine, qui peuvent aussi lumineuses que l’incroyable courage deNyah qui s’est interposée entre ton frère et toi et qui d’un seul regard a fait trembler ton père…

Un timide sourire apparaît sur les lèvres de la jeune femme et le cœur de Celn se serre.

-          … ou qu’un seul de tes sourires.

Une minute auparavant, l’envie de toucher sa peau douce, de s’emparer de ses lèvres, de sentir son parfum occupait toute la place dans son esprit. Et là, il ne souhaite que la prendre dans ses bras et l’étreindre jusqu’à ce que tout le mal qu’on ne lui avait jamais fait s’estompe et s’évanouisse au creux de ses bras.

Et en la regardant lever la tête vers lui, si fragile, se blottir dans ses bras, il se dit qu’il n’a pas juste envie de la serrer contre lui. Sentir le doux parfum qu’exhale sa peau et les mèches de ses cheveux d’or qui lui caressent doucement les mains est une torture délicieuse auquel il se soumet volontiers. Délicatement, il passe sa main dans ses cheveux et frémit en sentant Lune se presser un peu plus contre lui.

Bientôt, il ne pourrait plus contrôler quoi que ce soit et il avait trop peur de brusquer la jeune femme en ayant l’air trop empressé. Et l’idée qu’elle ne cherchait qu’une épaule pour pleurer, pas plus, lui triture les entrailles depuis trop longtemps. Elle ne cherche peut-être pas plus, pas moins que ce qu’elle avait avec Nyah…

Cette pensée lui fait l’effet d’une douche froide et il se sent prêt à tenter sa chance avec le propriétaire des lieux pour rejoindre Nyah. Elle, au moins, avait pris sa défense à Elayah !

Mais au moment de prendre congé, Lune ne le lâche pas et tend son visage vers lui. Elle prend dans ses mains le pendentif que lui avait offert Nyah, ce délicat fragment d’argent en forme de demi-lune.

-          Ce présent du Djinn me permet de contrôler mes dons de gardien, je le porte depuis que Nyah me l’a offert.

Voilà pourquoi il la comprend de mieux en mieux, pense Celn avec une pointe de sarcasme. Il se mord les lèvres pour ne pas l’interrompre.

-          Il me permet de ne  plus voir dans les ombres, de ne plus suivre les voies qui s’étendent à vos pas.

Ah, non… Finalement, il ne comprend toujours pas, pendentif ou non ! Il se mord la langue pour ne rien laisser passer.

-          Et c’est la première fois que j’ai peur de mes pouvoirs. Non pas pour ce que je pourrais y voir, mais ce que je ne pourrais ne pas y voir.

Totalement perdu ! Mais quelle importance, il est déjà plongé loin, très loin dans l’examen de ses deux billes d’améthystes qu’elle pose sur lui. Elle est à la fois bien trop proche et bien trop éloignée de lui.

-          Pour la première fois de ma vie, j’espère. Et j’ai peur.

-          Peur ? répète Celn d’une voix un peu trop rauque à son goût.

-          Peur de ne pas être dans tes pas, dans les voies de ton futur, j’ai…

Celn sourit avec tendresse et soulagement. Oh, elle ne pouvait avoir peur pour ça! D’un geste lent, il prend le pendentif dans ses mains et Lune se raidit en baissant les yeux.

-          Je ne connais pas le futur, dit Celn, mais quelle que soit la voie que j’emprunterais, je serais le plus heureux des hommes si tu acceptes de faire le chemin à mes côtés.

Lune lève les yeux, timidement avec ce regard transperçant qui semble fouiller jusqu’aux plus sombres recoins de son âme et elle se met à rougir à mesure que le sourire de Celn s’agrandit. Quoi qu’il arrive dans son futur, arriver à la faire rougir ainsi est des plus prometteurs…

Il n’a plus aucune raison de se retenir plus longtemps !

Il se penche sur elle et effleure de son souffle les lèvres entrouvertes de la jeune femme qui le fixe de ses grands yeux, le souffle court. A peine ses lèvres posées sur les siennes, ses mains s’engourdissent, cherchant désespérément le contact de sa peau qui s’électrise sous ses doigts. La saveur sucrée de sa peau, de ses lèvres, l’odeur enivrante de ses cheveux qui tombe sur ses épaules lui font perdre pied mais il se force à se détacher de ses lèvres généreuses et à lui parler. La lueur de peur dans le fond des prunelles de Lune n’avait pas totalement disparue. Il passe sa main sur sa joue avec tendresse.

-          Heureusement que tu ne sais pas à quel point tu es belle, tu deviendrais rapidement insupportable, dit-il.

La peur fait rapidement place à une foule d’émotion dont il n’en retient qu’une. Le plaisir d’accepter ce compliment à peine déguisé étire ses lèvres dans un petit sourire moqueur et il s’en empare avec avidité.

 

Au même moment, Nyah, allongée sur son lit, observe avec satisfaction la porte de sa chambre qu’elle avait bien pris soin de fermer à clé. Elle pense un temps à Celn et Lune, espérant que le jeune homme avait su tenir sa langue pour une fois ! Puis ses pensées vagabondent, les bras de son mari qui lui manquent, les sourires et les bêtises de ses deux garnements, le sérieux et l’application de son aîné qui la rend si fière. Elle plonge avec délice dans les bras de Morphée, un petit sourire sur les lèvres.

 

 

Konoha

Terrain d’entraînement

 

Aigle fixe ses deux équipiers sans pouvoir empêcher le petit sourire de pur contentement de flotter sur son visage. Dans ses mains, les fiches que lui avait donné Shikamaru et le rapport de deux des missions de l’équipe sept de Kuro. Maintenant, elle comprend la portée de la question d’Océan… Pourquoi sommes-nous l’équipe huit ? Et elle se rend compte à quel point il avait eu une longueur d’avance sur Eclat et elle avec cette simple question.

Océan et Eclat se consultent un bref instant du regard, se demandant clairement si leur équipière d’ordinaire si sérieuse n’a pas perdu l’esprit. Mais ils comprennent assez vite qu’une seule chose peut amener un tel regard sur le visage si impassible de la jeune Hyuga. Et ils n’ont pas besoin de la presser, tout viendrait assez vite !

-          Tu avais raison, dit Aigle en se tournant vers Eclat.

Le jeune équipier blondinet d’Aigle la fixe comme s’il ne pouvait pas réellement avoir entendu ces mots sortir de la bouche de la jeune Hyuga ! Dans ses rêves, peut-être, un rêve aussi fou qu’improbable…

-          Regarde !

Il prend sans trop y croire les fiches qu’elle lui tend et se fige, incrédule. Océan, en face pense qu’il n’a encore jamais vu quelqu’un dont les yeux étaient réellement prêts à sortir de leurs orbites ! Il se penche sur les fiches qu’Aigle lui a tendues avant de sursauter en entendant Eclat s’exclamer :

-          Je le savais !

-          Quoi ?! demande Océan qui commence à montrer une certaine impatience.

Eclat lui pose la liasse de papiers sous les yeux de son équipier qui se plonge dedans avec curiosité. Des fiches d’ANBUs, de la division Kuro. Ses parents lui avaient longuement parlé de cette division, la plus grande des divisions d’ANBUs selon eux, et ils sont tous les deux spécialistes en la matière. La première fiche au nom de Vert, spécialiste en Taïjutsu, membre de l’équipe sept de Kuro avec une liste impressionnante de missions puis capitaine de l’équipe quatre. Océan sourit car si seul le nom de Vert est inscrit sur sa fiche, il est reconnaissable entre tous avec sa combinaison verte et cette coupe au bol pas possible… Gaï, l’ami de leur Maître.

Vert, un surnom qui lui va assez bien.

L’équipe sept.

Noooooon ?!

Fiévreusement, il passe une à une les fiches avant de dévorer la dernière des yeux.

CHANCE

Capitaine de l’équipe sept

Leur Maître n’était pas qu’un ancien capitaine ANBU. C’était un ancien capitaine de Kuro !

Aigle leur montre une des fiches au nom de Newbie qui leur arrache à tous les trois un sourire de connivence. Le dernier membre de l’équipe sept qui n’avait pas eu l’honneur d’un surnom.

-          Vous ne devinerez jamais à qui appartient cette fiche, dit Aigle.

-          Un Uchiha apparemment, dit  Océan en détaillant la fiche.

-          Pas un Uchiha, dit Aigle, Itachi Uchiha.

Eclat, les yeux grands ouverts détaille chaque mot de la fiche comme si elle ne pouvait réellement exister.

-          Comment tu as eu accès à ça ? demande Eclat sans pouvoir détacher ses yeux des fiches.

-          La vrai question c’est comment un ancien capitaine ANBU de la division Kuro a bien pu se retrouver avec des genins dans les pattes ? demande Aigle.

 

-          Parce qu’elle l’a choisi.

Les trois genins se retournent dans un souffle en dévisageant Tsunade qui les dévisage avec un air amusé.

-          Maître Hokage, s’exclament en s’inclinant respectueusement les trois genins.

-          Et d’après ce que je vois, Chance a déjà commencé à déteindre un peu trop sur sa nouvelle équipe, dit-elle en fixant Aigle.

La jeune fille baisse les yeux, on lui avait interdit de montrer ces fiches à qui que ce soit.

-          Range tout ça, souffle Tsunade juste avant que Chance face son apparition

Yoshiko salue l’Hokage et observe avec méfiance l’étrange regard complice que s’échangent sa jeune équipe et Tsunade qui s’éloigne avec un petit geste de la main en guise de salut. Elle se tourne vers Aigle dont le regard brillant la déstabilise un court instant.

-          Un nouveau plan ? demande-t-elle.

-          Oh que oui !

 

Soirée chez Océan

 

Le père d’Océan avait invité pour le retour de sa femme tous ceux qui avaient été embarqué dans cette incroyable histoire. Il a hâte de revoir Nyah qui lui manque plus qu’il l’aurait imaginé. Mais elle vit son rêve, suivre les traces des Anima avec un vrai gardien. Il est si heureux pour elle qu’un bref instant, il aurait aimé qu’elle en profite plus longtemps.

Mais il se ravise assez vite en pensant à quel point gérer Kanye et Mo est épuisant ! Heureusement qu’Océan est là pour l’aider. Il doit admettre que tenir cette maison, pleine de vie, de rire et des bêtises de ses deux petites têtes blondes est un rôle dont Nyah s’acquitte avec un brio qu’il avait un peu sous-estimé. Beaucoup sous-estimé, se reprend-il.

Il a hâte, tellement hâte de la voir arriver, son sourire, son regard passionné, sa peau si douce… Nyah. Il espère qu’elle n’a pas trop mis à l’épreuve les deux ANBUs qui assuraient sa protection. Surtout cette jeune femme, ce gardien. Combien de fois lui en avait-elle parlé des gardiens de ce clan oublié de Suna, les yeux étincelants de passion et les mains tremblantes ? Lui seul sait à quel point sa femme peut se montrer persuasive quand elle avait une idée derrière la tête. Et il n’a pas peur pour sa femme mais pour les deux ANBUs.

Chance et Kakashi sont assis l’un à côté de l’autre en train d’écouter Naruto, Gaï et Lee raconter avec un enthousiasme qui a su charmer Kanye et Mo ainsi que l’équipe de son fils cette longue nuit à laquelle ils avaient difficilement survécu. Il tremble encore à l’idée que sa femme et son fils étaient présents dans cette folie. Il se laisse entraîner dans le récit et a bien du mal à croire que le jeune homme au regard fatigué qui s’est trouvé une place tranquille dans la jardin et est en train de rêvasser en regardant le soleil tomber à l’horizon est le stratège dont parleNaruto. La kunoïchi aux cheveux roses, l’Uchiha, Tenten et Neji se sont éclipsés devant le débordement habituel de leurs équipiers.

Soudain, sa peau se couvre de frissons délicieux lorsqu’il voit Kanye et Mo’ se lever d’un bond et courir vers le petit portail qui ouvre sur le jardin de la maison.

-          Maman !

Nyah, radieuse, ouvre les bras auxquels ses deux fils s’accrochent en riant. D’un geste, elle les embrasse en leur présentant les deux ANBUs en civil qui l’accompagnent.

Kanye et Mo fixent avec une attention comique Lune qui s’avance. Fixer est un mot faible, pense-t-il, il la dévore des yeux avec la même flamme qui illumine le regard de sa femme.

La jeune femme se paralyse devant le regard inquisiteur des deux enfants qui sont littéralement fascinés par son regard irisé.

-          Alors c’est vrai, dit Mo. Tu es un gardien. Comme dans les livres de maman. Un vrai gardien !

Embarrassée au plus haut point, Nyah tente de faire taire ses deux fils mais ils ont déjà pris Lune par la main pour l’entrainer dans quelques folles aventures que seule leur imagination peut créer. Et elle se laisse mener par son mari et Océan, heureuse d’être enfin rentrée à la maison et surprise de voir que tous étaient là.

Un buffet gigantesque avait été dressé dans le petit jardin et Naruto en avait déjà entamé une bonne partie sous l’œil désabusé de ses deux équipiers. Tous les deux, assis sur un banc qui avait déjà bien vécu, ils laissent échapper un soupir au même moment en voyant Lee se joindre à Naruto dans un défi aussi ridicule que bruyant.

-          Je les ai lu, dit Sasuke, et tu avais raison. Ses derniers mots étaient pour moi.

Sakura n’aurait su dire ce qui la touche le plus. Qu’elle ait eu raison, qu’il l’admette ou qu’il lui en parle. Les trois peut-être.

-          Tu commences doucement à t’y faire, dit Sakura avec un petit sourire.

Devant l’incompréhension de Sasuke, magnanime, elle s’explique.

-          J’ai toujours raison !

-          Sakura !

Alors qu’il se tourne vers elle, prêt à s’insurger devant un tel culot, il s’arrête, toute répartie cinglante morte sur ses lèvres devant le rire franc et moqueur de la jeune femme. A cet instant, l’évidence qu’il avait toujours cherché à occulter lui saute aux yeux.

Cette nouvelle Sakura lui plait.

Un peu trop.

 

Celn prend Nyah par le bras :

-          Je pense qu’il est temps d’aller porter secours à notre amie !

Nyah lance un regard horrifié à Celn et presse l’allure. Avoir laissé Lune avec ces deux fils n’était pas une bonne idée. Elle tend l’oreille, prête à s’orienter au moindre éclat de rire ou de verre brisé en se demandant bien ce qu’ils pouvaient avoir inventé ses deux garnements !

Mais rien, elle ne perçoit rien.

Après avoir fait quelques recherches, ils tombent sur Lune, assise à même le sol, dans un des coins du salon, Kanye et Mo en face d’elle, silencieux et sages comme elle ne les a jamais vu. Nyah se met à rougir atrocement lorsqu’elle se rend compte que Lune leur raconte ses propres exploits à Elayah. La façon dont elle avait attrapé par le col le père de Lune et qu’elle l’avait fait trembler du regard.

Kanye et Mo l’écoutent avec fascination et se précipitent vers elle avec fierté.

 

Kakashi et Chance se sont retirés à l’écart, ce qui n’a pas échappé à Naruto qui les suit à l’écart.

-          Maître ? Je me demandais, je…

Kakashi l’encourage d’un hochement de tête à continuer.

-          Cette nuit, dit Naruto hésitant, je… Je ne vous avais jamais vu baisser les bras devant qui que ce soit et surtout devant un enfant. Un enfant porteur du sharingan, d’un seul sharingan.

Au seul mot sharingan, Sasuke avait prêté toute son attention à la conversation. Chance se mord les lèvres devant l’embarrassante question. Mais Kakashi répond simplement :

-          Cet enfant était Obito Uchiha, mon meilleur ami et un grand ninja qui a donné sa vie pour la mienne et m’a donné mon sharingan juste avant de mourir.

Chance prend sa main en écoutant le ton détaché de Kakashi qui dissimule un peu trop bien la culpabilité et la douleur qu’il ressent encore avec force.

-          Obito, dit rêveusement Yoshiko. Je me souviens surtout d’un gamin pleurnichard avec des lunettes qu’ils portaient tout le temps, de ses retards et qu’il n’en faisait qu’à sa tête. Et que Minato a du plus d’une fois vous séparer s’il ne voulait pas retrouver l’Uchiha en pièces détachées !

Le regard mauvais de Kakashi fond bien vite devant le petit sourire nostalgique de Chance.

-          Je croyais que c’était votre meilleur ami, Maître, dit Sakura.

-          C’était mon seul ami, dit simplement Kakashi.

-          Kakashi n’était pas des plus sociables à l’époque. A part mon frère personne n’éveillait l’intérêt du génieHatake Kakashi, dit Chance, moqueuse. Tu étais toujours en train d’essayer d’impressionner Minato !

-          Yoshiko ! Tu veux que je te rappelle ton comportement envers ton premier capitaine ANBU… 

-          Nami Uchiha était le plus grand capitaine sous lequel j’ai jamais servi !

Celn et Lune se rappellent que Nami était son nom d’emprunt à Suna et Kakashi se met à rigoler devant la ferveur avec laquelle Yoshiko avait prononcé ses mots. Elle se tourne vers lui :

-          Tu sais, ça marchait plutôt bien.

Kakashi hausse un sourcil, sans comprendre.

-          Minato était vraiment fier de toi.

 

 

Six mois plus tard

Porte Sud

 

            A l’aube, cinq ANBUs, masques sur le côté se consultent du regard avant de s’élancer pour leur mission, leur première mission en tant qu’ANBU, en tant que membre de l’équipe huit de Kuro.

-          Attendez !

Dans un même mouvement, tous se retournent sur la femme aux cheveux blonds qui les détaillent avec nostalgie.

-          Chance, dit Kakashi en guise de salut.

-          Avant que vous ne partiez, j’ai quelque chose pour chacun de vous.

Elle ouvre un sac de toile noir et en sort un masque blanc de chat qu’elle envoie à Naruto qu’il attrape au vol :

-          C’était le masque de ton père, je pense qu’il te revient de droit.

Avec fierté, il l’observe sous toutes ces coutures avant de le mettre à la place de celui qu’il portait. Le cœur de Kakashiet Yoshiko se serrent un instant devant sa ressemblance incroyable avec Minato.

Yoshiko prend un cahier qu’elle envoie à Sakura :

-          Ce sont toutes les notes du Doc sur ses petits trucs maison, ajoute Chance. 

Kakashi et Yoshiko s’échangent un regard complice en sachant à quel point les petites recettes personnelles du Doc étaient utiles.

Puis Chance prend un second carnet rempli de l’écriture fine du Doc qu’elle lance à Shikamaru.

-          Je sais que tu as déjà lu nombre de nos rapports, dit-elle, mais ça se sont les notes personnelles du Doc. Tous nos plans B et toutes ses parties de shogi. Et plein d’autres choses… Particulièrement instructif !

Le jeune Nara place avec soin son présent dans son sac, il avait déjà hâte de s’y plonger. Sasuke n’avait pu s’empêcher de remarquer que le sac de Chance est déjà vide.

-          Sasuke, je vais te donner quelque chose que j’avais réservé à ton frère et que je n’ai jamais eu le temps de lui donner.

L’Uchiha se maudit de perdre toute contenance à chaque fois que l’on évoque son frère et  tend l’oreille avec un intérêt manifeste.

-          Reflet, dit-elle, c’est le surnom que j’avais prévu pour ton frère.

Le visage de Sasuke se fige un instant puis il affiche un petit sourire. Il se souvient des souvenirs que Chance lui avait fait partager sur son frère. Elle avait remarqué que ses émotions se reflétaient toujours un bref instant dans ses yeux noirs avant de se fondre dans son attitude impassible d’Uchiha. Ce surnom lui va aussi bien qu’il aurait convenu à son frère.

Kakashi affiche quelques signes impatients qui ne lui ressemblent guère.

-          Je croyais que tu avais quelque chose pour chacun de nous, dit-il un peu trop vite.

Avec un grand sourire, Chance s’approche de lui et lui murmure quelques mots à l’oreille que le font rougir jusqu’aux oreilles.

-          Je sais maintenant que tu feras tout pour rentrer au plus vite, lui souffle-t-elle.

 

 

Six ans plus tard

 

Sasuke fixe la jeune fille trop perdue dans ses pensées pour remarquer qu’il est immobile depuis cinq bonnes minutes. Doucement, il vient prendre place à ses côtés, surpris de voir son visage assombri par des pensées soucieuses. Depuis toujours, Perle ne laissait jamais transparaître ses sentiments, encore moins ses inquiétudes, de façon aussi claire.

L’Uchiha s’amuse du fait que, si Perle ressemble physiquement en tout point à sa mère, elle avait pris le sérieux et la réserve de son père. Il se dit aussi que s’il perce aussi bien son trouble, c’est uniquement parce qu’il la connait presque aussi bien que ses propres parents. Elle pense sûrement pouvoir lui dissimuler ce qui pèse sur son esprit à cet instant même.

-          Qu’est-ce qui ne va pas ? demande-t-il simplement.

Perle, du haut de ses six ans affiche un air vaguement contrarié avant de se reprendre si vite qu’un court instant, Sasuke se dit qu’il avait peut-être imaginé ce voile qui obscurcissait son regard.

Tant de sérieux et d’application chez cette fillette. A six ans, elle vient, tout comme son frère, de passer genin et avait déjà largement le niveau pour passer l’examen chunin. Elle a de qui tenir, pense Sasuke.

Depuis toujours, elle se glissait aussi souvent qu’elle le pouvait pour venir le voir et lui demander d’un regard son aide pour ses entraînements. Sa présence silencieuse et sa constante et discrète admiration pour tout ce qu’il avait bien voulu lui montrer, d’abord avec réticence puis de bon cœur, avait abattu une à une toutes ses barrières.

Et il avait dû au final capituler et avouer que l’improbable s’était produit.

Il s’était laissé apprivoiser par cette fillette aux yeux clairs qui l’appelait doucement parrain. Et à cet instant, il aurait tout donné pour voir apparaître un timide sourire sur ses traits fins.

-          Tout va bien, dit-elle d’un air convainquant.

-          Pas à moi, Perle. J’espère que ce n’est pas l’examen chunin qui te tracasse, tu…

-          Non, ce n’est pas ça, dit-elle en baissant les yeux.

Sasuke se tait, tout à fait conscient qu’il est toujours dur d’assembler les mots pour exprimer son malaise quand on est du genre solitaire… A six ans comme à vingt-deux, c’est une constante qui ne semble pas s’améliorer avec l’âge.

-          Ce n’est pas ça, répète-t-elle. Tout le monde attend tellement de moi. Tous me regarde comme si échouer pour moi n’était pas une option et tout ce que je réussi n’est que normal, en dessous de ce que j’aurai pu faire. Mais je n’ai ni le sharingan de mon père, ni le byakugan de Maître Neji, je suis obligée de travailler encore et encore pour tenter d’atteindre un objectif que je ne pourrais jamais qu’effleurer.

Sasuke sourit en pensant qu’au même âge, c’est vers son frère, ce but inaccessible qu’il tournait toutes ses pensées.

-          Tu savais que si ton père aurait dû accepter le poste d’Hokage s’il n’avait pas réussi à remettre Kuro sur pied ? Ton père, mon Maître est un des plus grand shinobis que je connaisse. Pourtant, comme toi il a grandi dans l’ombre de son père, un ninja terriblement puissant dont l’aura dépassait de loin celle des sanins eux-mêmes. Encore aujourd’hui, je suis sûr qu’il pense ne pas être à la hauteur de son propre père, comme je n’approcherais sûrement jamais le niveau d’excellence de mon propre frère.

Perle ouvre grand les yeux, incrédule.

-          Ta mère vit encore dans le souvenir de son frère. Ce ne sont pas ceux qui nous entourent qui nous disent si nous sommes forts ou puissants, ce sont les modèles que l’on choisit et les moyens que l’on se donne pour les atteindre.

La fillette lui offre enfin ce timide sourire qu’il accueille avec soulagement. Il s’approche d’elle et lui confie

-          Et crois-moi, ton père est autant conscient de tes efforts qu’il est fier de toi. Il vient souvent observer tes efforts, bien dissimulé dans l’ombre comme maintenant.

Du regard, il montre Kakashi qui s’avance en appelant sa fille du regard. Perle se précipite tant bien que mal vers son père en souriant.

-          Tu as encore mal, lui demande-t-il en désignant sa cheville bandée.

-          Un peu, dit-elle en baissant les yeux.

-          Grimpe, dit-il.

Perle se place bien vite sur son dos. Kakashi sourit derrière son masque. Sa cheville n’est qu’un prétexte entre eux pour qu’il continue à la porter et rentrer en filant sur les toits, sa fille sur le dos, ivre de vitesse, le vent sifflant sur son visage. Aucun des deux n’est dupes et il continue à jouer le jeu sans s’en plaindre le moins du monde, ravi d’être un des privilégiés à qui elle accorde sans compter ses éclats de rires.

Sa fille. Chaque jour, elle lui ressemble un peu plus et il en ressent une immense fierté, surtout à cet instant où il sent son cœur battre au même rythme que le sien. Un court instant, il se dit qu’il n’a pas hâte de se voir un jour ravir la place qu’il occupe dans la vie de sa fille par un autre homme que lui. Et il se ravise aussitôt en se disant que si sa fille est vraiment aussi proche de lui en tout point, du moins sur le caractère, il n’a pas de soucis à se faire avant encore longtemps.

 

 

Trois énormes pierres. Trois silhouettes. Perdues dans une immense clairière verdoyante aux abords du Village.

La première, un jeune homme blond, aux yeux d’azur en train d’observer avec grande attention les progrès de son jeune élève. Le jeune élève, un garçon aux cheveux d’argent et au regard sombre fixe avec une attention si grande, presque trop grande pour un enfant de six ans, sa main ouverte. Il en oublie la troisième silhouette, les yeux étincelants de fierté, parée de vert, qui l’encourage avec de grands gestes en prenant soin de ne pas faire le moindre bruit pour ne pas déranger l’enfant.

Un tourbillon bleuté, électrique apparait dans la main du garçon pendant quelques secondes avant de se dissiper dans un bref sifflement. Relevant la tête lentement, il affiche un sourire aussi éclatant que contagieux et se met à sauter de joie.

-          Ca y est ! J’y arrive ! Parrain, Oncle Naru, regardez ! Je vais enfin pouvoir participer à l’examen !

Gaï et Naruto ne peuvent empêcher une petite goutte de sueur couler sur leurs tempes.  Maîtriser le rasengan est l’unique condition qu’avait donnée Yoshiko à son fils pour qu’il tente l’examen chunin… La même condition que son frère lui avait imposé il y a des années de ça. A six ans, il est déjà prêt !

-          Faut que je montre ça à Perle ! Et à Maître Tenten !

Gaï se sent terriblement fier à la seule pensée de ses anciens élèves Neji et Tenten qui ont pris chacun la charge d’une équipe de genins. Neji a pris sous son aile la jeune Perle, une fillette aussi calme et distante que son père et cela convient parfaitement au Hyuga qui s’est attaché plus qu’il ne l’avouerait jamais à la fille de Kakashi. Tenten, elle a hérité de l’inépuisable Zéphyr, un blondinet aussi débordant d’énergie qu’irrésistible. Plus d’une fois, il l’a entendu dire qu’il lui rappelait Lee plus jeune avec un petit sourire nostalgique.

Se levant d’un bond, il se fige en entendant une voix au loin.

-          Zephyr !

Naruto et Gaï se fixent avec un petit sourire convenu en voyant la culpabilité se peindre sur le visage de l’enfant. La scène suivante, ils l’ont vu tellement souvent qu’ils auraient pu la décrire tout en fermant les yeux. Yoshiko arrivant dans un éclair blanc, les yeux noirs, la colère irradiant par tous les pores en train de chercher son fils.

Gaï se penche discrètement vers Naruto :

-          Il a fait quoi cette fois ?

-          Tout ce que je peux te dire c’est que cette fois, il ne va pas en sortir indemne ! souffle-t-il en s’efforçant de ne pas éclater de rire.

Chance empoigne le jeune garçon par le col dont les pieds ne touchent plus le sol depuis longtemps et file sans un mot. Comme souvent, Kakashi et Perle, assis tranquillement devant le porche de la maison partageant une tasse fumante de thé en silence, ils profitent simplement de leur présence l’un de l’autre avec une simplicité et une complicité devant laquelle Yoshiko n’avait jamais su résister. Kakashi aime ses deux enfants avec la même force mais autant Zéphyr, avec ses incroyables débordements est plus proche d’elle, autant Perle a hérité du flegme légendaire de son père. Ses équipiers la trouvent un peu hautaine et distante mais Neji a su sans peine percer les barrières de son caractère froid et mérité son admiration et son respect.

Zéphyr, par contre est une vraie boule d’énergie, aussi imprévisible et inépuisable que Naruto. Malgré toutes ses bêtises, il attire la sympathie et l’indulgence de tous. Personne ne pouvait lui en vouloir bien longtemps et l’inventivité qu’il mettait dans toutes ses idioties donnait souvent plus envie de rire que de l’en blâmer. Sauf si vous en étiez la cible !

-          Dis à ton père ce que tu as fait !

Perle et Zéphyr dans un même mouvement baissent les yeux. Bien sûr, sa sœur est au courant du dernier méfait de son frère. Kakashi lève un œil et attend patiemment l’explication :

-          Papa, j’ai…

L’injonction impitoyable du regard de sa mère le force à continuer

-          … pris ton apparence et je suis allé voir ton équipe. Je leur ai raconté votre première mission avec Flamme

Kakashi sourit. Depuis toujours, Yoshiko raconte à Perle et Zéphyr toutes les missions farfelues qu’ils ont effectuées au sein de Kuro. La première qu’ils avaient accomplie avec Flamme, alors que Yoshiko l’appelait encore Newbie, était un petit chef d’œuvre dans le genre. Ces missions n’étaient pas très flatteuses et elles avaient toujours fait bien rire les deux enfants qui ne cessaient de harceler Yoshiko pour qu’elle continue à leur raconter ces histoires, encore et encore.

-          Et, continue Chance avec un ton implacable.

-          Et je…

-          Zéphyr !

-          Je leur ai montré ton visage.

Perle sursaute en voyant son père se lever d’un bond, Zéphyr fuir bien vite devant sa colère et sa mère prendre place à ses côtés en riant du n’importe quoi de son frère.