Péripéties et erreurs de jugement

par Apfane Chan

Chapitre 2

Le lendemain, Naruto était tellement perdu dans ses pensées à l'Académie qu'il en oubliait de jouer les idiots. Certains, comme l'observateur Shikamaru, le remarquèrent. Ce jour-là, Naruto ne pensait qu'au livre. Il se demandait sans arrêt quelle pouvait être la vie de l'enfant du Yondaime, qui ne le savait pas. Etait-il seul, lui aussi? Ou était-il protégé, caché? Il se disait sans cesse, que cet enfant devait être chanceux, jamais seul. Admiré. Pas comme lui. Mais les mots du livre lui revenaient en tête « On peut être entouré d'une foule de monde, et se sentir incroyable seul. » était-ce son cas? Comme Sasuke? Et puis, une autre question : Pourquoi avoir masqué le nom de sa mère. Dans ce cas, lequel pouvait-il être?

Toutes ces questions travaillaient tant Naruto, qu'il n'avait pas l'énergie de porter son masque habituel. Parfois, le professeur Iruka lui posait des questions auxquelles il répondait simplement sans prêter attention aux réactions. Après quelques questions, il se flagella mentalement et se reprit.
Mais le mal était fait. Le renard n'était pas un imbécile. Les enfants étant particulièrement bavards, pendant la récréation, le mot se répand comme une trainée de poudre dans le village.

A la sortie de l'Académie, Naruto voulut fuir le plus vite possible pour éviter les représailles qu'il avait toujours craint. Mais devant les grilles, les villageois, armés, se tenaient prêts. Les enfants ne comprenaient pas mais virent tous Naruto se raidir et chercher un moyen de fuir, en vain. Les parents récupérèrent leurs enfants, les laissèrent plus loin puis revinrent. Mais ils étaient tellement préoccupés par leur haine qu'ils ne remarquèrent pas que l'un d'entre eux les avaient suivis. Shikamaru.
« Alors, sale démon, tu réponds bien aux questions maintenant ? Tu faisais semblant d'être bête pour nous avoir c'est ça! Tu veux t'entrainer pour détruire le village et tous nous tuer !
NON ! Je ne veux pas, je ne l'ai jamais voulu ! Et je ne le voudrais jamais ! Répondit-il en criant.
Menteur ! Sale gosse ! On aurait du te tuer à la naissance !
Pourquoi vous me haïssez ? Je ne vous ai rien fait
Tu mens encore ! Tu n'aurais pas du naître sale monstre ! »
Shikamaru était choqué ! Les villageois haïssaient Naruto mais lui reprochaient ... d'être né! De là où il était, il les vit se réunir en cercle autour de lui en brandissant leurs armes diverses. Il se mit à courir et hurler vers le blond mais étaient bloqué par le groupe. Il dut assister, impuissant, au passage à tabac de ce camarade qu'il croyait idiot, jovial et heureux mais qui n'était rien de tout ça. Comment cela était-il possible ? Puis il entendit gémir :
« Non...Non...je ne veux pas mourir ! Pas maintenant je n'ai pas fini le livre...le livre...la bibliothèque...ma maison...mon refuge »
Puis il sombra dans l'inconscience. N'y tenant plus, Shikamaru sortit de sa torpeur, se flagellant de sa faiblesse, partit chercher le Sandaime mais vit qu'il était déjà en route. Il le rejoignit et lui expliqua ce qui s'était passé. Ils arrivèrent rapidement sur les lieux et Sandaime put retrouver le pauvre enfant, Shikamaru à ses côtés. Il les regarda avec haine. Surtout ses parents qui bien qu'ils ne portaient pas d'armes, semblaient se délecter du spectacle.
« Que fais-tu là, Shikamaru, demanda un professeur.
-Vous étiez tellement concentrés à battre un enfant de sept ans que vous ne vous étiez même pas rendus compte que j'étais là? Cracha-t-il sans même employer son mot.
J'ai tout vu, tout entendu, galère. Vous êtes ignobles, tous autant que vous êtes ! Je ne sais pas ce que vous lui reprochez mais j'ai bien compris qu'il n'en savait rien, ne comprenait rien et surtout n'avait rien mérité de tout ce traitement galère. Vous êtes des monstres, les parents galère !
-Comme on dit, la vérité sort de la bouche des enfants. « Galère » Shikamaru a raison et vous devriez avoir honte ! J'ai honte de moi d'avoir laissé ce pauvre petit subir tout ça. D'entre l'enfant qui renferme ce que vous qualifiez de monstres sans le savoir parce qu'il a eu le malheur de naître le mauvais jour avec de grandes capacités, et vous qui le frappez sans être capable de voir l'enfant que vous frappez, un être au grand coeur sans défense, demandez vous qui est vraiment le monstre ici ! Il n'y a pas plus sourd que celui qui refuse d'écouter ! Sur ce, bonne soirée. Viens avec moi Shikamaru ! »
Ils partirent en direction de l'hôpital. Shikamaru demanda à rester auprès de son camarade. Il avait compris que le pauvre n'avait personne et bien que c'était galère ressentait l'envie de l'aider.


Lorsque Naruto se réveilla, le lendemain, et vit Shikamaru, il fut incroyablement, et agréablement, surpris. Cela ne passa pas inaperçu au brun « Alors c'était ça sa vie » se dit-il.
« Salut, Shikamaru. Que fais-tu ici?
-Tu te souviens de ce qui s'est passé hier?
-Tu l'as vu?
-Je suis désolé de n'avoir pu t'aider. Galère.
-Ce n'est rien, que tu sois là est déjà suffisant.
-Alors c'est pour ça que tu faisais semblant d'être idiot?
-Oui, c'est pour ça.
-Mais comment peux-tu supporter cette vie galère?
-J'ai un refuge...
-Le livre dont tu parlais hier?
-Oui..

-Parle-moi de ce livre, Naruto, demanda le Sandaime en entrant dans la chambre avec un sourire tendre.
-Vous ne le connaissez pas? Cela m'étonnerait, répondit-il avec un sourire.
-De quel live vous parlez, demanda Shikamaru.
-Des Mémoires du Yondaime. Lâcha Naruto d'un air rêveur.
-Ouah, ne put que dire Shikamaru. Je peux aller te le chercher, ça m'intéresse.
-Oui merci.
-Inutile, je l'ai apporté. Dit le Sandaime, heureux de cette nouvelle amitié.
-Quoi, vraiment? Mais comment saviez-vous?
-Je vois tout ce qui se passe dans le village, mais j'ai toujours veillé sur toi, Naruto!
-Que...que..vraiment?articula un Naruto ému
-Oui et j'ai glissé ce livre car je savais que tu saurais l'apprécier à sa juste valeur.
-Merci...Tu veux lire avec moi, Shika?
-Euh, oui oui..
-Donc...


Mémoires du Yondaime: La première fois que j'ai tué.


« Je suis désolé, mon fils (je sais que tu seras un garçon depuis peu) d'avoir à aborder ce chapitre si vite, mais la mort accompagne la vie du shinobi depuis son plus jeune âge. J'espère pour toi que tu n'en as pas encore fait l'expérience, mais il faut être préparé, et surtout accompagné pour la supporter. J'espère que tu es accompagné, mon fils. Les amis te permettent de survivre aux épreuves qui se présentent dans ta vie.
La première fois que j'ai tué fut l'une des plus dures épreuves de ma vie. Mais elle était aussi l'une des plus importantes pour l'homme que je suis devenu. Dans ce monde barbare qu'est le monde ninja, un grand homme est un homme qui a beaucoup tué. Je pense qu'un grand homme est celui qui arrive à être en paix avec lui-même, malgré ce grand nombre. Toujours chercher la vie malgré la mort que l'on apporte sans arrêt. Une bonne action est toujours payante.
Ce jour-là, mon équipe et moi avions onze ans. Deux genins et un jeune chuunin accompagnés d'un sensei pervers. A cette époque, les jeunes n'étaient pas encore autorisés à monter trop en grade. Il fallait conserver les génies et perles pour la guerre à venir. Notre mission était une mission de rang B. Nous devions protéger un riche marchand jusque dans un pays voisin, menacé par des ninjas déserteurs de faible niveau.
La mission se passait bien. Nous n'avions rencontré que quelques brigands que nous avions capturés sans grand effort. Nous approchions de la destination quand nous tombâmes dans une embuscade. Plus d'une centaine de déserteurs de rangs supérieurs nous tombèrent dessus, littéralement. Jiraya-sensei se retrouva séparé du reste du groupe et faisait une véritable boucherie. Quant à nous, nous nous défendions de notre mieux. Mais lorsque le chef s'approcha de notre client et de Hana qui le protégeait, j'ai paniqué. Elle était épuisée et affaiblie. Je sentais ce qu'il allait arriver. J'attrapai donc un kunai marqué d'une balise, une technique que je venais de découvrir et que je ne maîtrisais pas encore parfaitement. Je le lançai au loin vers le chef et me téléportais en pensant me retrouver entre Hana et l'homme. Mais je me trompai. Lorsque j'ouvris les yeux, un liquide chaud coulait su ma main.
Du sang.
Je vis dans le regard de l'homme la surprise, la terreur, la tristesse, la mort. Je venais de le tuer. Choqué, j'étais figé dans mon geste. C'est Hana qui se chargea d'éloigner le corps de ma vue.
Les ennemis fuirent juste après ça. Leur chef était mort et Jiraya, l'une des trois feuilles légendaires, venaient de décimer leurs troupes. Celui-ci s'approcha d'ailleurs et lorsqu'il vit dans quel état j'étais, il compris rapidement. Il était passé par là. Il comprenait. Il vint me prendre dans ses bras, dans ce geste paternel qui me manquait tant et je me laissai aller.

« Donner la mort est une épreuve par laquelle doit passer tout shinobi. N'en sois pas fier. Jamais. N'aime pas tuer. Mais respecte ceux que tu as tué et ne les oublies pas. Sache que dans ce monde de haine, c'est tuer ou être tué avec ses amis. Si tu ne l'avais pas tué, il aurait éliminé Hana et notre client. Tu les as sauvé et c'est tout ce qui compte. »

Ces mots me réconfortèrent. Ne les oublies pas, mon fils. Ils t'aideront lorsque tu vivras cette épreuve. A la fin de notre mission, j'étais enfin devenu un vrai shinobi, un adulte. En fait, toutes mes idées sur ce monde viennent de ce jour et de ces mots. Puissent-ils te guider un jour, mon fils »

Naruto referma le livre, ému, comme la première fois. Shikamaru était dans le même état. Tous deux dans cette chambre d'hôpital, ils regardaient le livre comme des pieux regarderaient une divine relique. Le Sandaime était également ému du souvenir de ce grand homme qu'il avait choisi comme Quatrième, successeur et prédécesseur. Minato avait toujours été un génie, mais il avait également eu la chance d'être guidé très tôt et entrainé par les meilleurs. Il regarda Naruto et eut une vision. Cet enfant, héritier du Quatrième, intelligent d'une certaine manière et doué d'un mental invincible serait un Hokage idéal pour peu qu'il soit bien entrainé. Ce serait d'ailleurs la parfaite excuse pour ramener Jiraya au village. Enfin, le conseil pourrait être ravi que le jinchuuriki du village soit entrainé particulièrement, l'élevant en arme dévoue au village (enfin c'était ainsi qu'il le présenterait au conseil, avant que sa véritable identité ne soit révélée). Il était décidé. Il s'approcha donc du lit et interpela Naruto.
« Dis moi, Naruto, que dirais-tu si je prenais directement part à ton entrainement à partir de demain? »
Naruto et Shikamaru n'en revenaient pas. L'Hokage, l'entrainerait lui? Personnellement?
« Euh..oui.. mais pourquoi?
-Et bien je pense que, vu la situation,tu auras du mal à correctement suivre les cours à l'Académie. De plus, comme je l'ai dit précédemment, j'ai toujours veillé sur toi et comme tu n'as personne, je vais t'aider à te développer correctement. Tu acceptes?
-Euh...oui...bien sûr... Merci Jiji-sama!!
-Jiji-sama? Demanda Shikamaru, ce à quoi Sandaime sourit. 'Tu es un sacré phénomène Naruto!'
-Bon, rentrez chez vous maintenant. Il faut libérer les lits. A demain!
-A demain!
-Je te ramène chez toi? Demanda Shikamaru.
-Ce n'est pas trop galère? Sourit Naruto
-Galère...
-Ok Allons-y! »

Sur le chemin, ils restèrent silencieux, perturbés par tous ces évènements mais Shikamaru eut tout le loisir d'observer la vraie vie de Naruto : les regards haineux, les jets à éviter,... et les sourires de Naruto constants. Comment cela était-il possible? Malgré toute cette haine, il émanait de Naruto une aura de chaleur et de confiance tandis qu'il serait le livre contre son coeur comme un talisman.
« Comment fais-tu pour survivre à cette vie galère?
-Hm?? demanda Naruto en se retournant vers Shika.
-Comment tient-tu?
-Si je réagissais avec haine, je serais comme eux. De plus, je leur donnerais satisfaction. Mon rêve, c'est de devenir Hokage, car ainsi le village reconnaîtra ma vraie valeur. Et puis, même si les villageois ne m'aiment pas, le village c'est des valeurs, des constructions, des idées qu'ils partagent entre eux. J'aime ce village. Et puis, aujourd'hui, pour la première fois de ma vie, j'ai un ami et un maître. Tout ce qu'il me faut pour être bien. Sans oublie le livre. »
Ces mots rendirent perplexes de nombreux villageois en plus de Shikamaru. Ces idées étaient si bienveillantes, comment le démon pouvait-il dire ces mots? Certains commençaient à se demander s'ils n'avaient pas eu tord, d'autres n'en démordaient pas en disant qu'ils ne devaient pas être dupés par le renard. Shikamaru, lui, était impressionné, et pour la première fois de se vie, entrevoyait un objectif : devenir le second de Naruto, son bras droit. Peut-être arriverait-il à se mettre au travail? Tout est possible.
Lorsqu'ils arrivèrent enfin devant l'appartement de Naruto, il était dévasté. Naruto résista comme il put au chagrin mais put se reprendre lorsque son ami l'invita chez lui avec l'assurance que ses parents ne lui feraient rien. Naruto était un peu angoissé mais suivit son nouvel ami jusque devant une grande et belle maison traditionnelle de clan. Les Nara étaient l'une des plus importantes familles du village. Naruto entra timidement derrière son ami lorsque le chef de clan s'approcha.
« Papa, l'appartement de Naruto a été ravagé par les villageois galère. Alors il a besoin d'un hébergement. Je l'ai invité ici, et si vous ne voulez pas je partirai avec lui.
-Shikamaru, non! Je ne voudrais pas que tu te sépares de ta famille à cause de moçi!
-Tu devrais penser à toi de temps en temps pour changer, tu ne vas pas dormir seul dans la rue!
-Très bien Shikamaru, il peut rester mais il dormira dans ta chambre, répondit son père avec colère.
-Bien sûr ! Viens Naruto, on va jouer au Shoji, je suis sûr que tu peux comprendre les règles. »
Shikaku observa son flemmard de fils s'éloigner énergiquement avec Naruto avec un sourire béat, perplexe. Ils allaient jouer au Shoji? Avec cet idiot? ET son comportement était si étrange. Naruto s'était montré humble, timide et, comme Shikamaru l'avait si bien souligné, désintéressé. Quelle surprise venant de lui! Ce garçon démon devrait être tout l'inverse! Le démon était hargeux, haineux et assoiffé de sang. Tout le contraire de ce Soleil! Peut-être avaient-ils tort! Peut-être son fils et Sandaime avaient-ils raison. Il devrait en avoir le coeur net.