Je suis une femme

par amycybille

Chapitre Premier : Je Suis Une Femme

 

 

 

 

 

 

C'est au premier jour du printemps que notre histoire commence. Quel détail stupide me direz-vous ! Je sais. Mais pour notre héroïne aux cheveux rose et aux yeux verts, allongée sur son lit la tête plongée sur un parchemin, ce jour était un jour assez spécial.

En effet, aujourd'hui, c'était son anniversaire. Elle avait dix-huit printemps. C'était peut-être banal, mais au pays du feu, cet anniversaire était un évènement. A dix-huit ans, chaque garçon finissait sa formation de ninja, et se devait d'être prêt pour la moindre guerre. A l’inverse, chaque fille devait se présenter à la marrine de son village afin que cette dernière détermine une hiérarchie entre les jeunes femmes, les classant selon leur capacité à être de bonnes épouses. Dans chaque village une marrine était désignée pour apprendre aux jeunes filles du pays du feu à être de parfaites futures fiancées soumises. Le sort des futures fiancées et de leur famille était uniquement déterminé par ce classement ignoble que l’on infligeait à leur fille sans aucun état d’âme. Si votre nom figurait vers le haut de la liste, pas de doute que le nom de votre famille allait devenir illustre et que votre mari serait un ninja de haut rang. Un honneur et une fierté qui n’avaient aucun prix ! Si votre nom était vers le bas, il était fort probable que votre nom allait être très rapidement signe de disgrâce et de misère. Vous aurez alors droit à des prétendants de basses classes.

 

C’est pour cela que cette jeune fille était allongée sur son lit depuis bientôt deux heures. Elle révisait et essayait en vain d’apprendre par cœur les qualités requises et les défauts à ne pas avoir. Sakura trouvait cela d’un ennui mortel, elle préférait très fortement les entrainements musclés qu’elle avait depuis sa plus tendre enfance avec Neji Hyuga, son ami de toujours. Ces deux-là avaient toujours étaient ensemble, passant le plus clair de leur temps à jouer au ninja, puis le temps passant, à s’entrainer sérieusement. C’était Neji qui lui avait appris les bases du combat et du ninjutsu. Elle en avait était très fière, mais très vite la rose avait compris la terrible vérité ; Neji était destiné à briller dans ce domaine, à être reconnu en tant que ninja de haut rang, mais elle, était destiné à bien plus ennuyeux, devenir l’épouse parfaite. Oui, car une femme ninja était une chose des plus impensable !

 

A présent l'aube arrivait  et le soleil pointait le bout de son nez. La jeune fille jeta un coup d'œil par la fenêtre de sa chambre pour vérifier l'heure, grâce à la position du soleil. Elle poussa un cri de frayeur en constatant qu'il était déjà sept heures du matin. Elle se leva en vitesse en emportant son parchemin avec elle. Elle courut à travers la grande maison, où elle vivait depuis sa plus tendre enfance, en direction de la salle de bain.

 

Ô si cela ne tenait qu’à elle, ce satané examen à la noix serait vite réglé ! « Bonjour Madame la Marrine, vous et moi nous savons toutes les deux que ce n’est pas mon destin, alors finissons-en et mettez-moi tout au bas de la liste ! Sans rancune ! ». Malheureusement, les choses ne pouvaient pas se passer ainsi, elle devait réussir, pour sa famille et ses ancêtres. Un sang noble coulait dans ses veines, celui des Haruno. Une famille très respectée dans tout le pays du feu pour ses valeureux ninjas et ses épouses parfaites. Tous les membres avait fait honneur à la famille en faisant dignement leur devoir. Bons ninjas et bonnes épouses. Et maintenant c’était son tour ! Il fallait qu'elle arrête de rêver. Seuls les hommes pouvaient devenir des ninjas.

 

Quand elle eut fini de s'habiller elle partit vers l'immense jardin qui s'étendait autour de sa maison. De loin, elle vit son père, assis sur un banc situé sous l'arbre aux fleurs de cerisier. Elle s'approcha de lui et lui tendit une tasse de thé, pleine à ras-bord. L'homme leva la tête vers sa fille.

 

_" Tiens père ! N'oublie pas ce que le docteur a dit, commença t-elle sérieusement, deux tasses de thé le matin ... et deux le soir !

 

L'homme prit un air affolé et dit ;

 

_ Sakura ... tu devrais déjà être au village ! La dame marrine t'attend. Nous comptons sur toi pour défendre l'honneur de la famille.

 

_ Ne t'inquiète pas père, je ferai de mon mieux !

 

Elle finit sa phrase avant de lui faire un baiser sur le front. Elle commença à partir en se retournant vers son père:

 

_ Et bois ton thé !

 

L'homme prit un air attendri. Sa fille était tellement attentionnée ... il savait qu'elle allait réussir ! Il en était certain.

 

 

 

 

***

 

 

 

 

_" C'est moi, s’écria la jeune femme en sautant avec dextérité de son cheval pour effacer la grimace stricte qui trônait sur le visage de sa mère, qui l’attendait avec impatience devant une petite maisonnette marron.

 

_ C'est bien le jour pour être en retard ! s’écria cette dernière en levant les yeux au ciel comme pour lui demander ce qu’elle avait bien pu faire pour recevoir ce châtiment.

 

La jeune fille aux cheveux roses prit un air de chien battu et dit :

 

_ Mais maman ! J'étais ...

 

_ Non ! la coupa sa mère, aucune excuse ! Ta grand-mère et moi t'attendons depuis dix minutes, jeune fille !

 

La dite grand-mère sortit de la maisonnette avec un grand sourire et s'approcha de Sakura pour la pousser à l'intérieur en disant :

 

_ Aller ! Dépêche-toi ma chérie !

 

La jeune fille fut relavée, habillée, coiffée, et maquillée telle une princesse. Résultat, elle était splendide. Malgré son retard elle arriva à l'heure chez la marrine. Elle dévisagea un peu les filles qui lui faisaient concurrence. Elles n'étaient que cinq et parmi ces cinq demoiselles elle reconnut son amie de toujours, Hinata Hyuga. C'est vrai qu'elles étaient nées le même jour ! Avec le stress elle avait complètement oublié ce détail. Soudain, elle se sentit moins seule. Elle s'approcha de son amie et lui fit remarquer sa présence.

 

_ Salut Hinata ! s'écria t-elle joyeusement.

 

La brune se retourna vers son amie et fit un sourire timide.

 

_ Ouah ! Tu ... tu es très belle ! dit-elle en la prenant dans ses bras.

 

Sakura lui répondit qu'elle aussi et elles discutèrent un petit moment. Soudain, une porte s'ouvrit et une femme très maigre au visage sévère dévisagea les cinq jeunes filles, qui attendaient depuis quelques minutes déjà.

 

_ Oh lala ! Elle est là ! C'est la marrine ! murmura Sakura, effrayée, qui sentait une boule se former dans son ventre.

 

_ Ne t'inquiète pas, tu .. tu y arriveras Saku ! Moi, je me fiche de cette satanée liste, lui chuchota Hinata en posant tendrement sa main blanche sur le bras de son amie, ma grande sœur Hanabi a déjà donné l'honneur à ma famille, elle est mariée à Itachi Uchiwa alors peu importe les résultats. Je ne serai pas un déshonneur pour ma famille ... Tu comprends ? En plus ... Neji est devenu, il y a deux ans, un des plus grands ninjas du pays. Ma famille est comblée. Alors que toi, tu es la seule enfant ! Ton père compte sur toi. Tu peux le faire, Courage !

 

La jeune fille aux cheveux roses eut tout d'un coup du courage à revendre. Son amie arrivait toujours à lui faire reprendre confiance en elle. Elle comprenait parfaitement la situation d'Hinata. C'est sur que sa sœur était considérée comme une héroïne ! Être mariée à un Uchiwa, ce n'est pas anodin ! Tout le monde savait que cette famille descendait d’une longue lignée de grands ninjas réputés. Si une famille mariait leur fille à un Uchiwa, on pouvait être sur que cette famille serait connue et honorée pour au moins quelques siècles. Contrairement à la famille Haruno, la famille Uchiwa était uniquement constituée d'hommes, mis à part les épouses, qui avaient pour rôle d'enfanter. Sakura souffla et entendit la marrine élever sa voix grave.

 

_ Haruno Sakura !

 

Sakura s'avança vers la marrine, qui la fit entrer à l'intérieur d'une petite maisonnette. La femme ferma la porte derrière elles puis se tourna vers la fleur de cerisier, munit de son bloc notes. Elle reluqua la jeune fille avec attention et se retourna en marquant en même temps sur son bloc notes.

 

_" Trop chétive ! Pas bonne pour porter un enfant ...

 

Sakura tripotait ses doigts en entendant les paroles de la femme. C'était mal parti pour elle. Si cette mégère se mettait à énumérer tous ses défauts corporels, elles allaient y passer la nuit !

 

_ Énumère les qualités requises pour être une bonne épouse ! demanda la marrine sur un ton sec en regardant Sakura d'un mauvais œil.

 

_ Euh ...oui, begaya Sakura en essayant de ne pas se tromper, ... calme, ..., polie et douce bien entendu, ...

 

_ J'attends ! s'impatienta la marrine, toujours aussi sec.

 

_ ... avenante, ... réservée, ... ah oui, ponctuelle ! Et surement ... voluptueuse !

 

_ Pardon ?! s'énerva la femme en s’étouffant par la même occasion avec sa propre salive. Voluptueuse ? s’étrangla t-elle à nouveau.

 

La jeune rose leva les yeux vers son ancien professeur, un air de chien battu sur le visage, essayant comme elle pouvait de lui inspirer de la pitié.

 

_ C’est ce que j’ai dit ? lui demanda t-elle d’un air faussement outré, ce n’est pas ce que je voulais dire pourtant !

 

La marrine connaissait Sakura depuis sa plus tendre enfance, et elle savait parfaitement que cette jeune femme n’avait aucunement les qualités requises, pire encore, son esprit rebelle était un obstacle pour l’honneur de sa famille ! Cet innocent petit mot n’était pas une erreur de la part de Sakura, c’était une provocation ! Et cela, la marrine le savait mieux que quiconque ! Malgré l’importance de la situation cette fille trouvait encore le moyen de provoquer l’autorité, cela était plus fort qu’elle !

 

_Écoutez-moi bien jeune fille ! cria soudainement la maigrichonne en décidant que tout cela avait assez duré, jamais vous ne serez une bonne épouse, jamais ! Je le sais et vous le savez ! Inutile de continuer cette entrevue. La première fois que je vous ai vue, j'ai su…  Vous êtes un esprit rebelle, une honte pour vos ancêtres !

 

La marrine racla sa gorge après son discours agressif et montra la porte à son ancienne protégée. Sakura allait protester, comme elle le faisait toujours, mais les mots restèrent coincés dans sa gorge. Protester ? Oui, mais pourquoi faire ? Ce qu’avait dit la marrine était exact, elle le savait. Peu importe les efforts qu’elle faisait elle ne pourrait pas changer de sitôt ! Sakura alla jusqu'à la fameuse porte, résignée, en retenant ses larmes. Son échec voulait bien entendu dire « déshonneur », mais que pouvait-elle y faire ? Rien du tout. « Voluptueuse », ce mot elle l’avait sorti volontairement, comme pour s’opposer à ces traditions stupides. Pourquoi une épouse ne pouvait pas l’être ? Pourquoi une femme devait-elle renoncer à ses plaisirs pour ceux de son mari ? Injustice que tout cela, et jamais elle ne pourrait cautionner cette horreur ! Avant que Sakura ne touche la poignée de la porte, la voix de la marrine retentit une dernière fois.

 

_ Les deux dernières qualités étaient raffinée et docile. Si vous vous étiez résigné à me les dire toutes, j'aurai peut-être pu vous choisir par respect pour votre noble famille, qui ne mérite pas de vous avoir !

 

A ces mots blessants, la fleur prit la poignée de la porte entre ses doigts en la serrant de toutes ses forces pour ne pas pleurer.

 

_ De plus, une bonne épouse ne doit jamais se sentir voluptueuse, jamais elle ne doit contredire son époux, jamais. Le mariage n'est pas fait pour vivre un amour ! Tout est question d’honneur. Maintenant partez !

 

Sakura s'exécuta sans broncher. Cela ne ferait qu'aggraver la situation. La rose savait parfaitement que la marrine ne l’avait pas recalé uniquement à cause de ces simples qualités ridicules à énumérer ! Cette femme avait essayé de lui enseigner ce qu’elle savait, mais en vain. Sakura n’était pas un esprit docile, tout le monde le savait, et c’est cela qui avait causé sa perte. La marrine savait que c’était une perte de temps… et quand bien même Sakura aurait réussi à sortir de sa bouche ces quelques mots stupides, cela n’aurait rien changé.

 

Elle sortit et marcha droit vers un banc, en passant parmi les quatre jeunes filles qui attendaient leur tour. En passant devant Hinata, elle lui fit un sourire forcé, et partit s'assoir. Elle allait quand même attendre les résultats. De toute façon elle savait qu'elle n'était pas faite pour ça. Toutes les filles passèrent une par une. Quand ce fut le tour d' Hinata, Sakura lui fit un signe d'encouragement. En attendant que la dernière fille sorte, elle entendit une discussion entre deux hommes, qui était assis sur un banc un peu plus loin.

 

_" Je savais qu'Orochimaru finirait par rentrer dans le pays !

 

Sakura prit un air effrayé. Orochimaru ? Au pays du feu ? Impossible, et pourtant ! Elle ne le connaissait que de nom, mais tout le monde disait que c'était un ninja barbare, qui avait failli détruire tous les villages alentour et tuer l'Empereur lui-même.

 

_ Ouais ! L'armée demande à tous les hommes en mesure de se battre d'intégrer un camp d'entrainement afin de combattre Orochimaru et son armée de barbares ! La guerre est déclarée !

 

La fleur prit peur. Alors la guerre est déclarée ?! Puis en tournant la tête, la fleur vit une affiche, où un message était écrit noir sur blanc. "Orochimaru a envahi le pays du feu, avis à tous les hommes capable de se battre, dirigez vous vers un camp au plus vite ! La guerre a commencée !" Elle réfléchit un instant. Elle savait que son père n'était pas en mesure de se battre, à cause de ses blessures de guerre. Elle fut interrompue par la voix de la marrine.

 

_" Après avoir jugée vos capacités, j'ai choisis sans remords, celle qui sera la première de la liste de Konoha, Hinata Hyuga !

 

Hinata se tourna vers son amie avec un air triste.

 

_ Je suis désolée ! s'excusa t-elle en s'inclinant.

 

_ Non Hinata ! Ne le sois pas. C'est moi qui ne suis pas à la hauteur de ce qu'on me demande, répondit la fleur les larmes aux yeux.

 

_ Mais non voyons ! la réconforta son amie en la prenant dans ses bras, tu es quelqu'un d'extraordinaire. Ne désespère pas ! Tu trouveras ce pourquoi tu es faite. Tu verras ...

 

La jeune fille aux cheveux rose regarda Hinata en la remerciant. Quelques heures après, la fleur était rentrée chez elle. Quand elle vit son père, elle échappa à son regard, trop honteuse. Elle attacha son cheval à l'écurie et regarda son reflet dans l'eau calme du mini lac, qui siégeait dans le jardin. A présent, le soleil était très haut dans le ciel. Sakura se regarda, puis sentit quelqu'un s'assoir à coté d'elle. En voyant que la personne était son père, elle tourna la tête.

 

_ Quelles magnifiques fleurs nous avons cette année .... dit-il en montrant les nénuphars qui flottaient sur l'eau. Mais regarde .... dit-il en montrant un nénuphar fermé, celle-ci est en retard ! Pourtant lorsqu'elle s'épanouira, elle sera à mes yeux la plus belle de toutes ! finit-il en regardant sa fille, qui avait tourné la tête pour regarder son père.

 

En comprenant à quoi il faisait allusion, elle lui sourit et l'embrassa sur la joue.

 

 

 

***

 

 

 

A présent, il était minuit. Tout le monde dormait. Tous .....Non ! Pas Sakura, en tout cas. Tout le monde était dans son lit mais elle ... elle était sous la pluie, accoudée à une statue de pierre, représentant le fondateur de la famille Haruno. Le plus vieux de tous ses ancêtres. Suis-je une incapable ? Est-ce que je vaux quelque chose ? Sakura était perdue. Elle repensait au bon vieux temps, où elle était encore enfant, rêvant de devenir un ninja, voulant être un garçon ... jamais elle ne sera docile ... où ... ponctuelle ... elle voulait seulement être elle-même. Sakura releva la tête et regarda ses mains.

 

_" Ce que je suis ....

 

Soudain, elle se leva et partit en direction de sa chambre. Elle ouvrit son armoire et en sortit une épée. Elle s'agenouilla face à la fenêtre et amena son épée prés de ses cheveux, lui arrivant en bas du dos. Dans un coup sec, elle les coupa au ras des épaules. Elle se releva, partit dans une autre pièce, et ouvrit une autre armoire où se trouvait une armure, celle de son père. Elle s'attacha les cheveux, s'habilla de l'armure de son père et prit son épée. Elle entra dans l'écurie et prit son cheval noir. Elle le monta et partit au galop sous la nuit pluvieuse. Je suis une femme .... Et alors ? .... à partir de ce soir .... je suis un homme ...

 

 

 

 

 

Amy.