Mon combat

par Noume




Yonbi avait reçu des coups violents sur tout le corps. Ses flancs étaient déchirés à de multiples endroits, le sang s’y échappait à profusion. Il était étendu sur le sol, au milieu des touffes herbeuses, et peignait le décor environnant avec des tâches écarlates à chaque respiration saccadée. De sa gueule béante aux crocs acérés s’échappait de longs râles insultants destinés à ses attaquants. Ceux-ci avaient déjà disparus quand Naruto arriva sur place.

- C’est pas vrai… ! Grinça-t-il en s’approchant du biju.

Les yeux révulsés, Yonbi sentit le blond à ses côtés et parut se calmer quelque peu. Il retrouva une respiration un peu plus régulière, tandis que Naruto examinait ses plaies avec sérieux.

- C’est pas trop grave. Conclut-il finalement. C’est plus superficiel que je ne le pensai.

- Superficiel ? Éructa Yonbi. Tu n’es même pas médecin, comment peux-tu croire que ton jugement est le bon ?

- Rha, la ferme. J’ai vu assez de blessures mortelles dans ma vie pour te dire que celles-ci n’en sont pas… Qui t’as fait ça ? J’ai senti plusieurs chakras étrangers mais ils ont disparu maintenant.

Yonbi se releva avec divers grognements, puis domina de toute sa hauteur le jeune shinobi. Il prit un air grave.

- Je ne les ait pas bien vus, ils étaient très rapides et restaient toujours dans l’ombre. Comme si la lumière du jour les effrayait. Au vu de leur manière de se déplacer et d’attaquer, c’était certainement des shinobis d’élite, mais allez savoir lesquels. Ils se ressemblent tous.

- Tu n’as pas vus leurs insignes ? Quelque chose ?

- Rien de bien pertinent. Ils avaient tous des tenues sombres et des armes de la même couleur. Que veux-tu que je te dise d’autre !

Naruto soupira. Yonbi était de trop mauvaise humeur pour qu’il réussisse à en tirer quoi que ce soit. Les blessures du démon singe s’étaient déjà arrêtées de saigner, témoignant de leur manque importance.

- S’ils étaient aussi forts que tu le dis, ils auraient pu te blesser plus gravement.

- Je les ais surpris alors qu’ils traversaient la forêt et je les ais poursuivit et attaqués. Ils n’ont pas dû vouloir se battre plus sérieusement que ça parce que le temps devait leur manquer ou à cause de la soudaineté de notre altercation.

Naruto ne répondit pas et balaya les alentours du regard. Il cherchait la moindre trace de chakra étranger, mais ne perçut rien. Les ninjas devaient être déjà loin.

Il arrivait souvent que l’on prenne la plaine pour déserte. Les bijus n’étaient pas du genre à s’exposer sous les yeux de tous, au contraire ils préféraient rester dans l’ombre. Les seuls moments où ils envahissaient l’endroit de toute leur taille était durant leurs altercations, plus nombreuses que l’on ne croyait. Les premiers temps, ce genre de rencontre fortuite arrivait souvent, le nombre de voyageurs ou de shinobis qui se retrouvaient nez à nez avec un des démons était important. Puis, le bruit avait dû se répandre qu’il ne fallait plus passer par cette plaine, car elle était hantée, remplie ou infestée par des bijus. Dans tous les cas, les gens arrêtèrent de passer par là et Naruto put enfin faire des nuits complètes.

- Comment ont-ils réussis à autant te blesser ? Demanda Naruto.

- Tu t’encroûtes, mon vieux. Railla Kyubi du fond du sceau.

- J’aimerais t’y voir un peu toi ! Gronda le démon singe, courroucé. Tu te caches dans ton sceau et ne voit pas la lumière du jour, alors ne me donne pas de leçon ou tu vas le regretter !

- Je t’attends, Son. Tu ne sembles pas te rappeler qui était le vainqueur de nos derniers combats. Je n’ai qu’à prendre le corps du gamin pour me matérialiser et te faire face.

- Bon hé, ça suffit ! Trancha Naruto. Manquerait plus que je doive aussi stopper les combats avec toi Kurama… ! Qui a dit que je pouvais vous laisser seuls ? Avant vous n’étiez jamais tous ensemble. Et pour que vous puissiez vivre sans avoir affaire aux shinobis, je dois rester là pour vous garder pour éviter les dérapages dans les deux camps. Avec ce train de vie, je vais crever avant d’avoir vingt-cinq ans !

Ces dernières phrases étaient destinées plus à Naruto lui-même qu’aux bijus, pourtant ceux-ci prirent ses réflexions très sérieusement.

Kyubi et Yonbi réalisèrent alors qu’ils en demandaient beaucoup au jeune réceptacle. Ils se turent, soudainement mal à l’aise.

- Tes amis sont partis ? Demanda Yonbi pour changer de sujet.

Naruto sembla se rappeler soudainement de la visite qu’il avait eue plus tôt dans la journée. Il sembla se remémorer avec préoccupation leurs échanges.

- Ils venaient aux nouvelles, et je me suis un peu emporté. Je crois qu’ils doivent me croire dingue maintenant.

- Il ne faut pas être très net pour accepter de passer ses journées avec les sept bijus réunis. Même l’ermite Rikoudo ne nous aurait pas supportés autant que toi.

Naruto souria à la remarque de Yonbi. Il se demanda quelle compagnie il préférait, les hommes ou les bijus ?

Avant qu’il n’ait sa réponse, ses pensées furent interrompues par un mauvais pressentiment. Naruto laissa immédiatement son masque froid et détaché reprendre le dessus sur lui-même, l’heure n’était plus aux divagations. Il tourna lentement la tête vers l’origine de son impression de mauvais augure, à savoir les chakras agressifs qui se dirigeaient vers lui à toute vitesse.

Yonbi aussi les avait remarqués. Il grinça des dents et n’eut même pas à informer Naruto qu’il s’agissait des mêmes chakras que tout à l’heure. Le blond avait déjà compris.

- Je vais m’en occuper. Dit-il d’un air absorbé

- Tu ne veux pas de l’aide ?

- Non, va retrouver les autres. Ce sera mon combat.

Naruto ne se fit pas répéter. Tandis que Yonbi prenait la direction de l’endroit le plus proche où se situaient les chakras des autres démons, Naruto lui, descendait sur la plaine d’un pas décidé.

Une brise douce balayait la terre sèche et le visage de Naruto. Il s’était stoppé au milieu de la plaine, et attendait en silence que ses ennemis se montrent. Car oui, c’était bien des ennemis, leur chakra ne le détrompait pas. Naruto malaxait déjà son chakra en suivant du regard le mouvement des assaillants dans la forêt alentour. Ils semblaient hésiter à sortir lui faire face, cette retenue fit bouillir son sang et lui donna encore plus envie de se battre.

Cela faisait longtemps que Naruto n’avait pas senti l’excitation du combat. Tout son corps était tendu comme une arbalète, prêt à bondir sur l’ennemi au moindre mouvement suspect.

Finalement ils sortirent des bois et firent face à Naruto. Celui-ci souria de satisfaction et attaqua.